27 Février : Don Khone – Don Det : 7 km (9 323 km)

C’est ce matin que Céline et Jean-Pierre repartent pour un long voyage vers la France (Paksé-Paris via Vientiane et Hanoï !). Toute la tribu est donc levée de bonne heure pour partager un dernier petit-déjeuner avant les au-revoirs. Nous devrions avoir le plaisir de les retrouver le 1er Mai à Luzech pour immortaliser l’émotion du retour…

Nous flânons un petit peu avant de reprendre nos vélos pour nous rendre à Don Det, la petite île située au Nord de l’île de Don Khone, que l’on rejoint grâce au fameux pont colonial que nous avons traversé et retraversé hier, pont qui avait été construit par les français pour y installer… une voie ferrée !

Nous avons rendez-vous avec Yohan, jeune trentenaire français qui voyage pendant 6 mois à vélo en Asie du Sud-Est et que nous avions rencontré furtivement en partant de Paksé. Nous nous étions échangés nos coordonnées Whatsapp et aujourd’hui nous nous retrouvons pour le déjeuner. Il est parti il y a 4 mois, sans avoir une grande expérience du voyage à velo et nous confie qu’il aurait du mal aujourd’hui à voyager différemment tant ce mode de locomotion lui offre une liberté des plus précieuses. Forcément, nous le comprenons !!! Il repart demain en direction du Cambodge et pourra ainsi nous donner des informations sur la traversée de cette frontière,  connue pour son haut niveau de corruption ainsi que sur l’état de la route qui est également annoncée comme complexe.

Il est 14h00 lorsque nous avons fini de déjeuner et un front enfantin réclame, à l’unanimité, une bonne baignade ! En venant rejoindre Yohan, nous sommes passés devant plusieurs hôtels avec piscine et comme nous leur avions promis du repos après ces dernières chaudes journées de vélo, leurs revendications sont recevables .  Nous pensions pouvoir leur opposer le prix hors budget de ces hébergements mais finalement un des hôtels nous propose une chambre familiale avec petit-déjeuner inclus pour un montant inférieur à 50% d’un hôtel Formule 1 en France. Alors… avant de repartir sur les routes, nous allons nous offrir deux nuits dans ce cadre paradisiaque.

Et pour couronner le tout, ce soir, après un apéro pris avec vue sur le soleil se couchant sur le Mekong, Yohan nous amène manger dans l’un des bons plans qu’il a repéré : un buffet à volonté avec notamment de la viande au barbecue et de nombreux légumes et fruits pour moins de 5€ par personne. Décidemment, ce Laos a de nombreux atouts !

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26 Février : Phonsaad – Don Khone : 51 km (9 316 km)

Nous rangeons notre campement de bonne heure afin d’avoir chargé nos vélos avant l’arrivée des élèves. Nous installons notre grande nappe orange et déjeunons en plein air en accueillant les premiers arrivants.

Céline et Jean-Pierre sont, eux aussi, présents de bonne heure pour cette dernière journée de tournage. Nous apprécions autant leur professionnalisme que leur joie de vivre et leur manière d’être. Deux belles personnes qui auront beaucoup donné d’eux mêmes pour enchaîner les prises de vue et les questions, parfois dans des conditions très peu confortables. Ils font leur métier avec passion et transmettent ainsi une belle énergie.

Nous oublions progressivement l’existence de la caméra. Même s’il nous faut avancer un peu plus vite que prévu afin de proposer plusieurs cadres de vue possibles, leur présence n’est en aucun cas gênante, bien au contraire, nous prenons bien du plaisir à échanger avec eux en off, notamment lors des repas.

Nous arrivons à l’embarcadère qui permet de rallier les îles de Don Det et Don Khone, deux des trois îles habitées sur les 4 000 îles qui ne doivent certainement leur nom qu’à un expert du marketing touristique.

Nous mettons tout notre matériel sur une grande pirogue à moteur et partons pour une belle traversée qui serpente entre les îlots et offre un dépaysement total.

A l’arrivée, nous nous installons tous dans la même guesthouse avant de déjeuner et de reprendre les vélos pour les dernières prises de vue. Nous traverserons notamment un superbe pont colonial qui relie les deux îles. Les images de drone de Jean-Pierre devraient être bien sympas !

Nous poursuivons notre route vers des cascades situées sur l’île. Un très bel endroit où nous resterons de longues minutes avant de tous profiter d’une belle baignade dans une zone comportant moins de courant.

Nous terminons la journée par une petite marche nocturne et un très bon repas pendant lequel nous poursuivons nos conversations auxquelles les enfants participent avec plaisir.

Céline et Jean-Pierre repartiront demain matin pour la France. Quant à nous, nous allons nous octroyer un ou deux jours de pause dans ce petit paradis avant de repartir pour le Cambodge.

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Des questions ?

Et oui, cela fait bien longtemps que nous n’avons pas ouvert la boîte à questions et vous avez bien fait de nous le faire remarquer.

Dans une petite semaine nous devrions arriver à Siem Reap pour y admirer les temples d’Angkor. Nous nous poserons quelques jours, l’occasion de répondre à toutes les questions que vous avez (même celles que vous n’osez pas poser !).

N’hésitez donc pas à indiquer vos questions en commentaires, ci-dessous, ou par courriel famille.caudrillier@gmail.com.

Vous avez jusqu’au 7 Mars

A bientôt.

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25 Février : Soukhouma – Phonsaad : 59 km (9 265 km)

Nous partons dès les premières lueurs du jour car nous savons que la journée risque d’être encore très chaude.

Nous découvrons également rapidement que l’asphalte s’efface au bout de quelques kilomètres pour laisser place à une vaste piste poussiéreuse où il est difficile de trouver un espace qui ne ressemble pas à de la tôle ondulée. Forcément, notre vitesse horaire s’en ressent et, alors que nous avions donné rendez-vous aux journalistes à 10h00 pour la traversée du Mekong en bac, il nous faudra une bonne heure de plus pour y arriver, les gorges totalement asséchées par un vent de face qui ne cesse de durcir.

Les points d’eau sont beaucoup plus rares et lorsque nous retrouvons enfin de l’eau fraiche, c’est la délivrance.

Nous traversons le Mekong sur une drôle d’embarcation. Un ponton flottant qui transporte également les véhicules à moteur sur l’autre rive. Nous profitons de ce moment magique au milieu de ce fleuve mythique.

Nous débarquons puis déjeunons (du sticky rice, c’est l’un des seuls plats que l’on trouve mais c’est bourratif à souhait pour les cyclistes que nous sommes) puis poursuivons sous une chaleur qui commence à se faire de plus en plus lourde.

Les journalistes souhaiteraient faire des images des grandes cascades situées  au Sud du Laos. Nous avançons donc autant que nous pouvons mais plus l’après-midi avance , plus nous sommes cuits. A l’entrée d’un village, un collège rural semble encore bien animé. Nous pénétrons dans l’enceinte et essayons de trouver un adulte afin de demander un coin d’ombre pour nous y installer. On nous conduit dans ce qui semble être la salle des Profs et nous allons alors vivre quelques dizaines de minutes sans comprendre ce que la dizaine d’adultes qui nous observe tout en échangeant , pense de notre demande. Il y a bien deux professeurs d’anglais mais, même avec elle, le dialogue est des plus complexes puisque nous n’aurons droit qu’à des « What is your name ? » et « How old are you ? »… un peu léger pour permettre une discussion de fond…

Un « OK » accompagné d’un large sourire nous permet de comprendre que la salle a enfin donné son aval. Mais, alors que nous commençons à nous rejouir de cette bonne nouvelle, l’un des enseignants, qui vient d’appeler le Chef du village, nous indique le veto de ce dernier. Nous essayons de comprendre mais apparemment, il n’est pas possible de discuter les décisions du Chef du village.

Nous essayons alors d’envoyer notre délégation « glamour et craquante », Valérie et Naïa, accompagnées du chauffeur des journalistes pour assurer la traduction auprès du Chef du village.

Mais ce dernier n’adressera pas la moindre parole à la gente féminine et daignera seulement discuter avec le chauffeur qui, semble-t-il a trouvé les bons mots pour renverser la position.

C’est donc avec l’aval du Chef des misogynes que nous pouvons désormais nous installer. Les enseignants nous indiquent alors qu’une salle de classe va être mise à notre disposition afin que nous puissions y installer notre campement.

Céline et Jean-Pierre profitent de cette fin d’après-midi pour filmer quelques séquences complémentaires qui risquent de sentir la fatigue…

L’heure du repas arrive et pour agrémenter le fameux « sticky rice » nous décidons de ressortir le réchaud et de se cuisiner des oeufs au plat mais la fraîcheur de ces derniers semble  à désirer , ce qui sera confirmé par un ultime oeuf pourri qui s’écrasera au milieu de la poêle. Nous nous contenterons donc d’un « sticky rice » et de pastèque chaude !

Nous ne tardons pas à nous écraser sur nos tapis de sol, éprouvés par cette chaude mais toujours aussi belle journée.

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24 Février : Nonghor – Soukhouma : 51 km (9 206 km)

Il est 7h30 lorsque nous quittons l’enceinte du temple qui nous a accueillis pour la nuit.

La nuit n’a pas été aussi calme que d’habitude. Des chats qui viennent se faire les griffes sur le bas des tentes, des vaches qui viennent renifler nos moustiquaires et, pour finir, quelques galinacées qui viennent picorer les miettes du repas de la veille au soir. Une ménagerie sympathique mais un peu envahissante…

Nous rejoignons le Wat Phou dès son ouverture. Cet ensemble architectural Bouddhiste a été construit entre le Vème et le XIIème siècle par les Khmers. Il présente de nombreuses analogies avec Angkor Wat même si, ici, le site est très restreint.

De grands bassins, des temples construits avec des immenses blocs de pierres et de nombreuses sculptures taillées dans la roche, la découverte vaut le coup même si nous l’imaginions plus importante.

Le point de vue depuis la partie haute où se trouve une superbe source permet d’admirer le paysage et d’être en admiration devant cette civilisation qui maitrisait déjà les grands principes de l’architecture et la gestion de l’eau grâce à de savants systèmes d’irrigation.

Nous terminons la visite par la découverte du musée qui explique l’origine de ces temples, le travail formidable réalisé par les Khmers et la découverte du site au XIXème siecle par des explorateurs français.

Nous reprenons la route et décidons, au bout de quelques kilomètres, d’essayer d’emprunter un chemin non accessible aux voitures. Jean-Pierre et Céline troquent donc leur van contre un scooter et passeront ainsi toute la journée avec nous. Quelques ponts en bambous offrent quelques sensations, les craquements et les trous n’étant pas des plus rassurants pour y passer avec tout notre chargement.

Après une nouvelle pause « boisson fraîche », bien nécessaire au regard de la température ambiante qui commence à être très élevée, l’heure de se séparer avec nos si chers compagnons de route arrive. Nathalie, Bastien et Timėo remontent vers Paksé alors que nous allons poursuivre notre route vers le Cambodge. Nous aurons passé une semaine cycliste pleine de découvertes et d’émotions avec ces courageuses personnes qui se sont vite adaptées à la vie nomade et au confort parfois précaire. Leur présence nous a été précieuse et nous serons heureux de les retrouver dans quelques semaines.

C’est donc avec un peloton réduit à deux simples unités que nous poursuivons sur ce chemin chaotique mais de toute beauté. Toute la journée, nous aurons vraiment l’impression de rouler dans le vrai Laos, celui des petits villages disséminés le long du Mekong, des rizières et des animaux domestiqués mais laissés en liberté.

Les séquences de tournage dans cet environnement sauvage et exigeant s’enchaînent. Les images du drone de Jean-Pierre seront certainement de toute beauté avec ces couleurs si vives et l’animation si joyeuse lors de la traversée de ces zones difficilement accessibles.

Au bout d’une quarantaine de kilomètres, nous retrouvons un peu d’asphalte et rejoignons une petite ville située non loin. Nous nous installons dans une Guesthouse où la douche nous permettra de faire disparaître une épaisseur non négligeable de poussière ocre mélangée à la sueur du jour.

Après plusieurs kilomètres à pied afin d’essayer de trouver un resto dans cet axe loin des zones touristiques, nous dînons avec Céline et Jean-Pierre, débriefons sur la journée et essayons de planifier l’itinéraire à venir.

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23 Février : Paksé – Nonghor : 45 km (9 155 km)

Le rendez-vous a été donné, à la sympathique équipe de journalistes qui va nous suivre pendant quelques jours, à l’entrée du pont qui surplombe le Mekong avec le grand Boudha doré en toile de fond. Pas mal pour une première image !

Très vite, nous trouvons également un chemin de traverse comme nous les aimons. De la terre ocre, de petites maisons disposées ça et là le long des rizières et de nombreux animaux qui nous regardent passer avec un certain étonnement.

Dans ce cadre sauvage et loin de la circulation, les prises de vues se succèdent. Nous revenons progessivement sur la route principale qui va vers Champassac.

Alors que nous venons tout juste de dépasser le vingtième kilomètre, une voiture se met au niveau de Valérie et le chauffeur commence à lui poser des questions sur le voyage avant de lui proposer que nous nous arrêtions pour boire dans l’hôtel-restaurant dont il est propriétaire et qui est situé deux kilomètres plus loin.

John est Irlandais. Il a beaucoup voyagé et, depuis cinq ans, a posé ses bagages dans ce petit coin de paradis. Avec son épouse d’origine laotienne il a construit un magnifique complexe hôtelier de luxe. Nous y passerons de belles heures à déjeuner sur l’herbe ou à s’amuser sur de gigantesques balançoires. Nous hésitons même à y rester jusqu’au lendemain puisque John nous a proposé de déposer nos tentes sur sa belle pelouse.

Mais nous voulons aussi profiter de Timėo, Bastien et Nathalie qui repartiront déjà demain vers Paksé avant de redescendre directement au Cambodge puis en Thaïlande.

Les journalistes sont, eux aussi, bien intéressés pour tourner de nouvelles images de notre beau peloton. Nous reprenons donc la route pour une petite vingtaine de kilomètres, profitant des échoppes en bord de route pour faire quelques provisions pour le repas du soir. Nous découvrirons notamment le riz gluant cuit dans du bambou. Le mode de cuisson est original et permet surtout de conserver la chaleur du riz.

Nous ne sommes plus qu’à quelques kilomètres du Wat Phou, ce superbe temple construit par les Khmers et dont il reste encore aujourd’hui quelques vestiges.

Sur la route, c’est une nouvelle fois dans l’enceinte d’un temple que nous poserons nos tentes après avoir reçu l’aval du responsable des Moines locaux.

De nombreux enfants viennent partager avec nous cette fin d’après-midi bien animée. Toujours sous le regard discret de la caméra, nous partageons notre dîner avant une dernière soirée à 8. Cette semaine sera passée bien vite…

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22 Février : Paksé

Nous commençons déjà à regretter la petite laine que nous enfilions le matin et le soir sur le plateau des Bolovens. La température du bord du Mekong est étouffante et même le petit ventilateur accroché au plafond de la chambre a bien du mal à rafraîchir l’air ambiant.

Tout le monde est donc réveillé assez tôt et, pour compenser cette difficulté de jouir pleinement d’une belle grasse mat’, nous nous rattrapons avec un petit-dėj’ bien gourmand.

Nous voulons profiter de la matinée pour continuer à découvrir Paksé, avant de nous mettre à l’abri, l’après-midi aux heures les plus chaudes de la journée. Nous prenons un Tuk-tuk qui nous rapproche du Phu Salao, un grand Bouddha doré qui surplombe la ville depuis l’autre rive du Mekong. L’ascension commence alors. 233 marches, pour certaines bien raides et impressionnantes qui nous permettent de rejoindre un vaste promontoire sur lequel repose le fameux Golden Bouddha.

Quelques mètres plus haut,  des dizaines de petits Bouddhas sont alignés et mènent vers un temple où nous assistons à quelques bénédictions de visiteurs par les Moines.

Nous nous arrêtons quelques minutes devant le temple pour contempler la superbe vue qui s’offre à nous : le Mekong, la ville de Paksé et, un peu plus haut, le fameux plateau des Bolovens.

Nous redescendons à pied et, portés par notre élan, décidons de traverser le Mekong également en marchant puis finalement terminerons les trois derniers kilomètres en déambulant à travers les marchés colorés et les chaudes avenues de la ville.

Après le déjeuner, Valérie et Nathalie profitent d’un temps libre en commun pour partager une séance de massage , régénératrice et faire quelques achats (la tentation pour tous ces beaux tissus dans les marchés locaux est irrésistible !).

Après une petite partie de cartes collective, nous préparons nos affaires pour un départ matinal demain matin puis organisons un apéritif d’accueil pour Céline, la réalisatrice, et Jean-Pierre, le cameraman que nous avons connus au Costa-Rica et que nous avons le grand plaisir de retrouver.

Nous organisons alors le programme des prochains jours avec de multiples variantes. Le rendez-vous est donné pour demain à 7h30 sur le pont qui enjambe le Mekong, en face du Golden Bouddha…

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21 Février : Lak 35 – Paksé : 35 km (9 110 Km)

Nous commençons à nous habituer au réveil au gong. Un peu moins délicat qu’un réveil avec France-info mais beaucoup plus efficace qu’un simple bip-bip.

Nous plions donc nos tentes, ramassons les duvets et autres affaires avant de préparer le petit-déjeuner que nous partagerons  , en même temps que les Moines partagent le leur sur de beaux plateaux ronds à quelques mètres de nous. De nombreux villageois sont également présents ce matin et partageront leur premier repas de la journée une fois que les Moines auront fini le leur.

Après la désormais traditionnelle séance de selfies et de partage d’adresses FaceBook avec nos amis les Moines 2.0 nous reprenons la route pour l’une des étapes la plus facile depuis 9 mois. Quasiment 35 kilomètres de descente avec juste ce qu’il faut pour se laisser glisser sans avoir à vraiment appuyer sur les freins. Faire du vélo ainsi fait oublier toutes les côtes des jours précédents.

Avec un lever matinal ,  nous arrivons à Paksé à… 9h30 ! Pour fêter cette arrivée et la fin de ce beau tour du plateau des Bolovens (qui est loin d’être un plateau en fait !), nous nous offrons un petit-déjeuner dans l’une des boulangeries françaises de la ville : baguette, beurre, confiture, miel, crêpes… que c’est bon !

Nous rejoignons la Guesthouse où nous avions séjourné lors de notre arrivée à Paksé et nous posons à nouveau pour deux jours. Demain soir, les journalistes devraient nous rejoindre pour quelques jours le long du Mekong via Champassak et les 4 000 îles.

En attendant, nous prenons soin de nous, lessive, barbier, courses alimentaires et de nombreux jeux entre cousins qui ont hérité d’une chambre pour eux seuls. Un quartier général de la cousinerie où seuls les enfants ont leur droit d’entrée. C’est de bonne guerre et nous aimions tant ces moments là à leur âge que nous faisons tout pour préserver ces temps de grande complicité. En fait, ils ne viennent nous chercher que lorsque Naïa commence à les agacer un peu ou les empêche de jouer.

La pause déjeuner se fera près d’un petit marché. Seule Nathalie, qui récupère, déclarera forfait pour cette nouvelle promenade urbaine.

Temps calme, film et… exercices scolaires viendront occuper cette après-midi de repos , bienvenue après 5 jours de vélos.

En soirée, pendant que Nathalie joue à la mère de famille nombreuse, Valérie et Christophe s’offrent une petite soirée en amoureux. L’occasion d’echanger sur les projets à venir tant au niveau familial que professionnels.

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20 Février : Katuak – Lak 35 : 32 km (9 075 km)

Comme pressenti, la nuit a été un peu fraîche cette nuit et, alors que le gong, situé à quelques mètres de nos tentes, se met à résonner, nous profitons de la courte étape qui nous attend pour nous enfoncer quelques dizaines de minutes supplémentaires dans nos duvets.

La plupart des Moines sont absents au moment du départ, nous saluons quelques « Moinillons » aux sourires angéliques et finissons la montée vers Paksong. Il nous faut trouver un peu de Wifi pour envoyer les prochains articles. Nous nous arrêtons donc pour une pause café et boissons fraîches qui permettent de garder le lien tout en étant confortablement installés.

Voici enfin venue l’heure de la descente ! 70 km de dénivelé très favorable nous attendent désormais pour revenir à Paksé et dévaler ainsi 1 200 mètres d’altitude.

Au bout de quelques kilomètres, nous bifurquons vers une petite route en terre qui conduit vers Tad Yuang, l’une des plus belles cascades de la région.

L’endroit est payant mais bien aménagé et surtout permet de laisser nos vélos sous surveillance.

Nous descendons donc le sentier qui mène à la cascade et, en effet, c’est magnifique. Un vrai décor de film romantique !

La baignade est tolérée et toute la tribu se retrouve donc rapidement dans le large bassin dans lequel se déversent les eaux de cette impressionnante cascade.

Après un déjeuner rapide nous retournons vers la rivière où les cousins se régalent dans les bassins , présents en amont de la belle cascade.

Nous passons une belle après-midi dans ce petit coin de paradis et, comme il n’est malheureusement pas possible de camper sur place, allons retrouver nos vélos avant que la nuit ne s’annonce.

Nous faisons quelques kilomètres avant de trouver une nouvelle fois refuge… dans un temple Bouddhiste !

On nous installe dans la salle de prière du bâtiment principal. Le gong est à quelques mètres et les premiers coups sont annoncés à 5h00 demain matin…

En attendant, nous profitons de la soirée pour faire quelques exercices scolaires et partager le visionnage d’un petit film.

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19 Février : Kopuntai – Katuak : 38 km (9 043 km)

Après cette incroyable journée d’hier, nous avons passé une bonne nuit dans nos petites cahutes en bois. La lumière du jour naissant qui illumine la vallée offre une impression de sérénité des plus précieuses.

Nous rejoignons Hook et sa famille qui nous ont préparé un petit-déjeuner apprécié de tous,  arrosé d’un fort café maison ou d’une infusion réalisée à partir de feuilles d’essence locale. Le café et l’infusion sont filtrés par des morceaux de bambous et la boisson est, elle même, consommée dans de petits verres du même végétal.

Hook nous racontait hier que les personnes de son village n’ont pas de carte d’identité ni de permis de conduire et encore moins de carte de crédit ou de passeport pour la simple et bonne raison… qu’ils n’en ont pas besoin puisqu’ils ne sortent jamais du village !

Depuis quelques années, le gouvernement national a obligé les enfants qui veulent aller à l’école à avoir un numéro d’identité. Les choses sont donc en train d’évoluer et nous avons croisé hier plusieurs jeunes, téléphone à la main, en train de converser sur FaceBook ou Snapchat.

Les anciens eux, nous regardent amusés ou méfiants, devant ce choc de culture entre une famille qui est partie à l’autre bout du Monde pour faire du vélo et un village vivant quasiment en autarcie.

Nous aurons grandement apprécié ce temps partagé avec eux, leur simplicité, leur solidarité inter-générationnelle et leur sens du partage.

Nous repartons et poursuivons notre ascension. Nous atteignons progressivement les 1 300 mètres d’altitude et après un déjeuner composé du plat certainement le plus consommé dans le pays : des noodle-soups, nous poursuivons sous un ciel qui commence à se charger de gros nuages noirs. Les premières gouttes arrivent. Nous cherchons une école pour s’y refugier mais c’est une, nouvelle fois, un temple Bouddhiste qui nous accueillera.

Encore une hospitalité incroyable des Moines locaux qui nous permettent d’installer nos tentes sous un grand abri et nous offrent de l’eau mais également le fait d’utiliser leurs toilettes et leurs douches.

Nathalie et Valérie se chargent de concocter un apéritif dinatoire à base, essentiellement, de légumes et de fruits pendant que les enfants sont motivés par quelques exercices scolaires.

Dans la soirée, pour la première fois depuis bien longtemps, nous ressentons la sensation de froid. L’altitude, la pluie ont laissé un air frais loin d’être désagréable et dont nous profitons avant de redescendre dans la vallée demain ou après-demain.

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18 Février : Tad Lo – Kopountai : 19 km (9 005 km)

La baignade des éléphants offre des images tellement impressionnantes que nous y retournons encore ce matin avant de prendre les vélos. Le cornac nous semble moins doux que celui d’hier et bouscule un peu sa volumineuse monture qui ne semble pas vouloir de ce bain matinal même s’il présente l’occasion d’un nettoyage nécessaire. Le spectacle est donc un peu moins « naturel » qu’hier soir mais la vue de l’immersion de ce bien bel animal reste magique.

Nous partons saluer nos amis camping-carristes qui profitent de la matinée fraîche pour faire les exercices scolaires avant de rouler sous climatisation l’après-midi (chaque mode de locomotion incite à un rythme différent…).

Quelques kilomètres de plat puis une nouvelle montée qui nous permet, tour de roue après tour de roue, de repasser au dessus des 700 mètres d’altitude. Dans cette belle montée nous croisons un cyclovoyageur allemand puis quatre cyclovoyageurs anglais qui semblent éblouis devant tous ces T-shirts jaunes.

Grâce à l’application Ioverlander nous avions repéré un lieu intéressant à découvrir tous ensemble. En effet, depuis quelques années une ethnie locale a ouvert les portes de son village et accueille, sans grande publicité, quelques chanceux phalangs. Originaires d’Inde, les habitants sont animistes et sont arrivés dans cette zone montagneuse du Laos il y a plus de 200 ans. Ils vivent notamment de la culture de café organique, exportée principalement vers le Vietnam.

Nous avons la chance de participer à une visite du site et d’apprendre , grâce à notre guide Hook qui, dans un anglais parfait, nous conte l’histoire du café et nous présente différentes variétés bien différentes de celles que nous avions eu la chance de voir au Costa-Rica. Il existe, en fait, plus de 140 variétés de cafeiers regroupés au sein d’une vingtaine de familles (robusta, arabica, tipica…). Nous retrouvons ces belles baies rouges qui nous offrent, une fois séchées et torréfiées, ce nectar si apprécié en Europe. Ici la variété donne des grains au fort taux de caféine utilisé principalement pour les boissons énergisantes comme celle du taureau rouge.

Nous poursuivons la visite par une présentation fort intéressante des plantes médicinales utilisées par le chaman local. Des feuilles, des baies et de nombreuses racines qui servent à éliminer mal de dos, fièvre ou encore quelques infections.

Hook nous donne également de nombreuses informations sur les croyances et coutumes de son ethnie, les Katu. La polygamie est de mise dans celle-ci. Il n’est pas rare que les hommes aient 3 ou 4 femmes et donc une ribambelle d’enfants. Chaque famille vit ensemble de générations en générations. Hook habite donc avec ses parents, ses frères, ses soeurs, les enfants… Ils sont ainsi 34 au sein de sa maison !

Plus de 700 personnes vivent ici dans ce petit bout du Monde qui semble avoir échappé au temps.

Hook propose également la possibilité d’être hébergé dans de petites cases qu’il a construites sur un terrain en contrebas du village. C’est donc là que nous allons passer la nuit après un très bon repas partagé avec Hook et sa grande famille dans la pièce principale de leur maison.

Sur le chemin du retour nous nous arrêtons pour l’activité principale du village en ces nuits de grosse lune : la chasse aux grillons, sauterelles et grenouilles. Nos hôtes procéderont à leur cuisson sur un petit feu de bois posé sur quelques pierres à même le sol en planches de la terrasse. Nous essayons de faire bonne figure dans cette dégustation malgré l’appréhension. Un ressenti que Naïa n’a absolument pas puisqu’elle grignote grillons sur grillons comme s’il s’agissait d’un simple plat de frites.

Nous passons une bien agréable et improbable soirée, nous nourrissant au propre comme au figuré, de cette ethnie que nous observons avec nos yeux d’anthropologues amateurs.

Encore une journée dont nous nous souviendrons longtemps !

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17 Février : Nongbokyai -Tad Lo : 48 km (8 986 km)

Nous essayons un réveil matinal afin que la joyeuse colonie souffre un peu moins de la chaleur. 3 monos pour 4 pré-ados et une petite fille, c’est un bon taux d’encadrement mais cela n’accélère pas pour autant la mise en route.

Nous recevons la visite de villageois quelque peu intrigués par cette drôle de famille. En effet, un homme avec deux femmes et cinq enfants, cela peut provoquer quelques interrogations sur un encadrement polygamique de la fameuse colonie ! Valérie et Nathalie mettent donc leur visage l’un à côté de l’autre afin de démontrer qu’elles sont soeurs mais l’on voit bien à la tête de certains de nos interlocuteurs que le doute n’est pas tout à fait levé. En plus, tous habillés avec le même t-shirt, rien n’est fait pour éclairer nos explications…

Nous partons donc en saluant et remerciant nos voisins encore songeurs et reprenons la route qui remonte à nouveau sur une petite vingtaine de kilomètres. Quelques problèmes techniques sur les fragiles vélos chinois achetés à Vientiane viennent ralentir la cadence mais grâce à un dernier long faux-plat descendant nous arrivons à Tad Lo vers 13h30. Et qui retrouvons nous en arrivant, bien installée devant de superbes cascades : La famille Lopez et leur camping-car. Un véhicule qui a trouvé un double puisqu’un autre imposant véhicule est garé à côté. Une famille franco -vénézuélienne qui parcourt l’Asie depuis déjà 6 mois et qui compte rentrer en France en 6 mois depuis le Laos.

Nous partons déjeuner, déposons nos affaires dans une guesthouse puis allons profiter d’un bon bain dans la rivière et  d’un majestueux spectacle : le bain des éléphants. En effet, tous les jours à 7h30 et 16h30 deux beaux pachydermes viennent se rafraîchir dans les eaux profondes de cette rivière.

Nous terminons cette fin d’après-midi avec nos amis camping-carristes qui proposent aux enfants de tester une descente en rappel depuis un petit pont surplombant la rivière. C’est la fête !

Puis, nous dînons tous ensemble autour d’un  feu de bois et de bons souvenirs ou projets de voyages. La colonie, elle, s’est encore agrandie…

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16 Février : Paksé – Nongbokyai : 47 km (8 938 km)

Le peloton jaune se prépare. Quelques derniers réglages ou ajustements sur les vélos, le tri des affaires qui ne nous seront pas nécessaires au cours des 5 prochains jours et que nous pouvons donc laisser à Paksé et c’est parti !

Les uns derrières les autres nous filons vers l’axe pricipal qui rejoint le plateau des Bolovens. Avant de partir nous nous arrêtons dans un petit commerce pour faire le plein d’eau fraîche. Nous achetons deux bouteilles d’eau mais très vite Naïa se voit offrir une brique de lait de soja puis un gros paquet de céréales, puis 5 gros paquets… et pour finir un immense parasol pour mettre sur la carriole. Nous avons alors accéléré le départ avant qu’ils ne nous donnent tout ce qu’il y avait dans le magasin !

Timėo, Bastien et Nath sont vite témoins de l’extraordinaire générosité des laotiens.

Les 20 premiers kilomètres en faux-plat montant permettent une belle mise en jambe. Nous nous arrêtons en haut et déjeunons à côté de sympathiques cyclistes, membres d’un club Thailandais, qui s’entrainent sur de superbes vélos de course minimalistes : sans vitesse et surtout… sans freins ! Cela leur permet de travailler leur sens de l’anticipation nous indiquent-ils. Anticipation ou crispation quand on voit l’état de certaines routes et le non respect quasi-systématique de la priorité à droite…

Rares sont les villages sur cette première partie de la boucle du plateau des Bolovens. Nous souhaitons rejoindre les cascades de Tad Lo demain mais elles sont encore à une quarantaine de kilomètres. Nous recherchons donc un lieu où poser nos tentes et rentrons dans l’enceinte d’un temple afin de solliciter l’hospitalité. Les Moines ne sont pas là mais une personne du village qui semble être en charge de ce lieu nous propose de nous installer… où nous voulons !

C’est donc, une nouvelle fois, sous la bienveillance de Bouddha que nous nous installons. Un large espace au coeur d’un batiment ouvert de toutes parts accueille nos 3 tentes et l’ensemble de nos affaires.

Une douche au seau, quelques exercices scolaires et voici les enfants partis jouer avec les nombreux bambins qui sont venus s’amuser dans la cour du temple.

Nous dinerons en cercle sur le sol, sous l’oeil de Bouddha et le regard amusé des villageois.

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Et si on roulait ensemble ?

Dans quelques semaines nous rejoindrons le continent européen.

Pour s’offrir une arrivée en douceur, nous avons prévu d’arriver à Madrid en avion puis de remonter progressivement vers le Lot en vélo.

Nous devrions partir de la capitale Espagnole vers le 7 avril après un dernier vol depuis Bangkok. Nous remonterons alors doucement vers Soria puis Burgos ou Pampelona avant de retrouver la France du côté de Bayonne. Après quelques étapes sur les pistes cyclables des Landes, nous irons jusqu’à Bordeaux pour rejoindre le canal latéral à la Garonne que nous remonterons jusqu’à Moissac d’où nous prendrons le chemin de Luzech avec une arrivée prévue le mercredi 1er Mai.

Nous aurons plaisir à partager, avec tous ceux qui le souhaitent, une journée ou plusieurs jours de ce dernier mois de voyage en itinérance.

Si vous voulez plus de précisions sur nos dates (prévisionnelles encore pour l’instant!) de passage ou le matériel nécessaire n’hésitez pas à nous envoyer un petit message à famille.caudrillier@gmail.com ou par Whatsapp : 0610750493.

Nous proposerons également sur la dernière étape un pique-nique partagé (en plein air ou à l’abri, suivant le temps) et une courte dernière après-midi de vélo adaptée aux familles.

Nous prévoyons enfin une soirée de retrouvailles, ouverte à tous ceux qui le souhaitent, le samedi 4 mai à la salle de Trescols à Luzech (ancienne école maternelle). Nous vous donnerons plus de précisions ultérieurement.

Au grand plaisir de vous rencontrer ou de vous retrouver !

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15 Février : Paksé

Toute la famille est tellement excitée à l’idée de retrouver Timėo, Bastien et Nath que dès 6h30, Valérie, Lalie et Esteban sont déjà sur le vélo en route pour la gare routière. Seule Naïa récupère encore un peu…

Nos nouveaux compagnons de route sont finalement déposés, après une nuit de bus entre Vientiane et Paksé, à une troisième gare routière située, cette fois, plus au Sud. Quelques kilomètres après ils rejoignent donc leur comité d’accueil avant de partager, avec toute la famille, un gourmand déjeuner d’accueil dans la chambre de la guesthouse.

Ils ne sont pas venus les mains vides et nous apportent de nombreux cadeaux de la famille et des Amis. C’est encore Noël !

Nous profitons de la matinée afin de trouver un porte-bagages pour l’un de leurs vélos et procéder aux réparations nécessaires après le trajet en bus. Quelques exercices scolaires et la gestion de la lessive viendront  vite compléter cette première demi-journée de retrouvailles.

Nous partons pour une longue promenade dans les rues de Paksé pour rejoindre le Dao Hueang Market, l’un des plus grands marchés du Laos. Après un passage très coloré dans le rayon des fruits et légumes, les étals de viande et de poissons donnent parfois le tournis, notamment aux nouveaux arrivants encore peu accoutumés à ces visions parfois odorantes et peu respectueuses des animaux ainsi proposés.

L’après-midi nous profitons de disposer enfin d’une connexion WiFi (très lente mais existante) pour programmer les prochains articles, répondre aux messages et travailler un peu plus l’itinéraire prévisionnel entre Madrid et Luzech.

Les nouveaux arrivants pourront eux profiter d’un temps de repos necessaire après un long-long-long voyage pour nous rejoindre (Lyon-Bangkok, via Moscou en avion puis une nuit de train entre Bangkok et Vientiane puis une nuit de bus entre Vientiane et Paksé !).

Nous sommes heureux de fêter ces retrouvailles avant l’heure et de pouvoir partager un peu de notre quotidien au cours de ces prochains jours. Les cousins ne se quittent plus et les adultes en profitent pour remettre à jour l’état des nouvelles venant de France.

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14 Février : Ban Kouamphavang – Paksé : 24 km (8 891 km)

Le jeu du Roi du silence s’impose pour ranger tout notre campement le plus discrètement possible et partir sur la pointe des pédales ! Il nous reste 15 km pour arriver à la gare routière. Nous les parcourerons à un bon rythme mais pas suffisamment pour prendre le premier bus, celui de 8h30. Dommage car c’était aussi le plus confortable. Pas de regrets finalement car ce bus, réservé principalement aux touristes ne possédait pas de galerie sur le toit pour embarquer nos vélos et la carriole.

Il reste deux bus qui vont à Paksé aujourd’hui. L’un à 10h30 et l’autre… à 23h00. Autant dire que nous sommes motivés pour prendre le premier. Nous débarrassons nos montures de toutes leurs sacoches et les montons (difficilement !) sur le toit. Christophe y remontera à toute vitesse lorsqu’il verra l’assistant du chauffeur attacher les vélos à partir des disques de frein et d’autres parties sensibles de nos fidèles deux roues.

Nous partons enfin pour 300 km… et plus de 7h00 de voyage. Notre St Valentin 2019 aura donc eu lieu principalement dans un bus. Et quel bus ! Pas d’amortisseurs, des sièges aussi confortables que des bancs en bois et des fenêtres brinquebalantes qui tiennent parfois uniquement grâce à du gros scotch.

Nous regrettons rapidement le confort de nos vélos. Ça secoue en continu et ne permet , ni de faire les exercices scolaires prévus (heureusement, pour réviser les tables de multiplication ou l’orthographe, l’oral suffit !) ni de travailler les prochains itinéraires envisageables, ni même d’écrire ou de dessiner.

Nous observons alors la vie du bus. Les marchands ambulants qui le prennent d’assaut à chaque ralentissement, la musique que personne n’écoute malgré un volume assourdissant et les discussions que tentent d’entamer certains passagers. Nous faisons justement la connaissance de Melissa, seule autre étrangère parmi les passagers, qui voyage pendant 3 mois en Asie du Sud-Est. Elle vient d’avoir un accident de scooter, en faisant la boucle près de Thakhek que nous venons de faire, et doit donc abandonner l’idée de faire le tour du plateau des Bolovens avec le même moyen de locomotion. En attendant, elle descend donc à Paksé pour réfléchir à la suite de son voyage.

17h45, le bus s’arrête dans une gare routière en pleine campagne. Le chauffeur nous confirme que les bus locaux s’arrêtent ici, à 7 km de Paksé alors que les bus touristiques poursuivent jusqu’au centre ville.

Jamais deux sans trois et, en effet, pour la troisième fin d’après-midi nous allons jouer au chat et à la souris avec le soleil. La course-poursuite est retardée par les dégâts supportés par nos vélos après plus de 7h00 de secousses. Le dérailleur du Pino rouge est bien tordu tandis que le frein arrière du Pino blanc… ne freine plus !

Nous faisons des rafistolages temporaires en attendant d’y voir plus clair et fonçons, aussi vite que nous le pouvons, vers Paksé. Il y a beaucoup de touristes, à cette époque de l’année et les guesthouses sont soit complètes, soit proposent des prix qui nous paraissent trop élevés (il faut toutefois relativiser car les prix des chambres sont entre 13 et 20 Euros au lieu des 5 à 7 Euros vus jusqu’à présent).

Nous trouvons enfin une grande chambre où nous pouvons tous nous installer et nous doucher avant d’aller se faire un petit restau dans cette ville très touristique.

Nous nous couchons en préparant l’arrivée de Nath, Bastien et Timėo qui devraient arriver, avec le bus de nuit, demain matin à 7h00 à Paksé.

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13 Février : Thaleng – Ban Kouamphavang : 96 km ! (8 867 km)

Voici encore un réveil magique. La lumière du jour s’annonce, avant un soleil qui dépasse peu à peu la cime des arbres en se reflétant sur le lac. Le spectacle offert par la nature est encore grandiose.

Nous avons mis notre réveil à 5h30 mais, portés par cette ambiance intemporelle, la récupération des efforts d’hier et de délicieux pancakes commandés au restaurant voisin, nous ne donnerons les premiers coups de pédale que vers 8h30.

Les Français et Québécois rencontrés hier nous dépassent au fil des kilomètres sur leurs scooters avec des encouragements joyeux portés par les voix de ces sympathiques voyageurs au long cours.

En passant près du barrage nous avons une pensée pour Jean-Pierre qui a orchestré la construction de cet imposant et utile ouvrage.

Nous rejoignons Nakaï et entamons une impressionnante descente qui nous ramène vers des chaleurs moins supportables alors que nous avons oscillé ces deux derniers jours entre 500 et 700 mètres d’altitude.

Nous déjeunons au bout de 40 km et convenons de pédaler jusqu’à la tombée du jour afin de nous rapprocher le plus possible de Thakhek.

Nous rejoignons un axe, bien chargé en camions qui vont du Vietnam tout proche (nous sommes à une petite trentaine de kilomètres de la frontière) vers la Thaïlande. Nous y croisons Rémi et Hélène, deux cyclovoyageurs Lyonnais partis de France il y a 6 mois et qui sont à la moitié de leur beau voyage (vous pouvez faire leur connaissance sur http://www.azimut136.com). Nous partageons encore de bons moments avec ces sympathiques voyageurs, avant de reprendre la route sous un soleil qui décline déjà à l’horizon. Nous entamons alors une course contre la montre avec la lumière du jour. Après deux jours sans douche nous ressentons et sentons l’impérieuse nécessité d’un bon décrassage. Pas beaucoup de Guesthouse à l’horizon. L’application GPS en annonce enfin une. Pourtant aucun panneau n’est présent lorsqu’il faut quitter la route principale pour s’enfoncer sur un petit chemin de terre. Au bout de 800 mètres de piste (pendant lesquels nous commençons à faire le deuil d’une bonne douche) nous tombons sur un camp de barraquements en paille, perdu dans la forêt. Il y a du monde de partout. Essentiellement des jeunes d’une vingtaine d’années venus s’adonner aux plaisirs de l’escalade sur les impressionnantes parois qui surplombent le site ou des amateurs de yoga qui viennent profiter de classes privilégiées dans cet environnement incroyable.

Il n’y a plus de place dans les cases sur pilotis mais nous avons la possibilité de planter nos tentes… et de profiter des installations pour avoir la douche que nous espérions.

Nous montons notre campement dans la pénombre naissante et courons apprécier ce plaisir simple de l’épiderme respirant.

Nous dinons au milieu des grimpeurs et yogueurs et retrouvons nos couchages. Il nous reste désormais une poignée de kilomètres pour rejoindre Thakhek d’où nous espérons prendre un bus pour Paksé et rejoindre la famille qui nous y attend.

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12 Février : Nongkok – Thaleng : 106 km ! (8 771 km)

Nous partons avec le lever du soleil sur un tapis de cendres et une fumée qui se mêle au brouillard matinal. Le feu, lui, semble s’être arrêté. Tant mieux pour ce petit village !

La première côte est bien raide, et en plein effort la chaine du Pino rouge saute pour se retrouver coincée derrière la cassette (les pignons). Impossible de l’en déloger. Il faut tout démonter pour qu’elle daigne se remettre en place. Cela nous prendra une bonne demi-heure et nous pédalerons toute la journée les mains noires de cambouis…

Les crédits alloués pour les routes laotiennes ne sont certainement pas comparables à ceux destinés aux routes thaïlandaises et il n’est pas rare que l’asphalte s’arrête pendant quelques centaines de mètres ou, plus étonnant, ne soit disponible que d’un seul côté de la route. Lorsque nous sommes du bon côté il nous faut alors faire attention aux projections de cailloux qui, sous l’effet de la pression de pneumatiques, peuvent arriver très vite. Le port du casque et des lunettes sont de rigueur…

Nous croisons un nouveau couple de cyclovoyageurs Hollandais partis pour 3 mois en Asie du Sud-Est. Ils sont peu chargés car ils dorment uniquement en Guesthouse ce qui peut se comprendre au regard du coût de ces dernières et des nombreuses possibilités d’hébergements… si l’on reste sur les axes touristiques !

L’unique et frugal repas d’hier est déjà digéré depuis longtemps et les 20 derniers kilomètres avant d’arriver à Lak Sao se feront sans beaucoup d’énergie dans les moteurs. Nous roulons sur les réserves. Il est temps de se poser et de prendre un vrai repas. Nous arrivons à Lak Sao, galérons un peu pour trouver un restaurant qui propose autre chose qu’une soupe de pâtes de riz et trouvons enfin un petit restaurant qui propose des pâtes (de blé !) et du riz. Affamés, nous commanderons tout en double !

Nous repartons par une route inexistante ou marquée très finement sur nos cartes papiers ou numériques et avons l’excellente surprise de trouver certainement une des meilleures routes du Laos. Un revêtement parfait, peu de circulation et un paysage fort agréable. D’énormes massifs d’arbres de pampa s’agitent au gré du vent et donnent un effet vivant à cette nature qui nous entoure.

Portés par ces éléments, nous commençons à imaginer que nous pourrions peut-être atteindre aujourd’hui le lieu que nous pensions rejoindre demain. Le conseil de famille donne un avis unanimement favorable à cette tentative et nous voilà partis pour une longue chevauchée. Nous arrivons enfin au lac de Nam Theun, une énorme retenue d’eau (plus grande que le lac leman !) artificielle construite pour les besoins du barrage hydroélectrique qui permet notamment d’alimenter… la Thaïlande !

De nombreux arbres restent présents au sein des innombrables méandres. Jean-Pierre nous expliquait qu’il s’agissait d’un choix afin d’éviter le braconnage de ces espèces parfois précieuses. Cela a également permis la prolifération de micro-algues qui ont favorisé un écosystème très riche en poissons, pour le plus grand bonheur des villages environnants.

Au bout de plus de 100 km et plus de 1 000 mètres de dénivelé positif nous arrivons enfin à Thaleng, un petit bout de terre au milieu du lac où se sont implantées quelques Guesthouses pour les nombreux voyageurs qui viennent admirer les paysages environnants. Le lieu a tellement la côte que tout est plein mais un restaurant situé au bord du rivage nous permet d’installer nos tentes sur une plaine herbeuse avec vue imprenable.

Le soleil se couche, nous nous dépêchons de monter notre campement puis allons prendre un bon repas au restaurant où nous rencontrons un très sympathique groupe de français et québécois, en couple ou en famille, partis pour 6 mois à un an visiter notre belle planète. Ils se sont rencontrés sur un bateau à Luang-Prabang (au Nord du Laos) et ont décidé de faire ensemble la boucle du lac en scooter. Ce moyen de locomotion est, en effet, très utilisé par les backpakers en Asie. Facile et économique il semble ravir leurs utilisateurs comme Didier et Isa qui ont testé ces deux roues déjà plusieurs fois au cours de leur voyage.

Nous ne sommes plus qu’à une centaine de kilomètres de Thakek que nous rejoindrons certainement en deux jours (mais après la folie d’aujourd’hui, on ne sait jamais…) d’où nous prendrons un bus pour Paksé où nous retrouverons Tata Nath et les cousins pour une boucle à vélo sur le plateau des Bolovens.

En attendant, il est temps de récupérer…

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Guatemala et Salvador en vidéo !

Une petite vidéo pour le Week-End ?

Voici quelques images du Guatemala et du Salvador. L’Aventure continue…

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11 Février : Na Hin – Nongkok : 6 km (8 665 km)

La nuit a été calme et nous profitons d’un réveil matinal pour nous rendre à vélo jusqu’au prochain village, bien plus grand que celui qui nous a accueilli hier soir.

Nous interrogeons une commerçante sur les moyens de rejoindre les grottes de Kanglor situées à 40 kilomètres, au fin fond d’une route sans issue. La dame se démène alors pour nous trouver une solution. Quelques minutes plus tard un mini-bus local (avec deux banquettes ouvertes à l’arrière) arrive et nous propose de nous amener jusqu’aux grottes moyennant un tarif qui nous semble très correct au regard du nombre de kilomètres à effectuer.

Quant à nos vélos, pas de problème ! La charmante dame nous les gardera près de son commerce (et refusera toute compensation , excepté de petits vélos de notre fabrication…).

Il nous faut pratiquement 1h30 pour rejoindre l’entrée des grottes. Le site est géré par une communauté dont la charte d’accueil (traduite en français, comme l’ensemble des panneaux sur le site !) nous paraît extrêmement respectueuse de la population autochtone.

Après quelques centaines de mètres à pied nous prenons place sur une petite barque pour une incroyable promenade sous-terraine. Des créations minérales d’une incroyable beauté figurent tout au long de cette galerie de plusieurs kilomètres de long. Cette dernière n’a été découverte qu’en 1920 lorsque des villageois se sont étonnés de voir arriver des canards sous la montagne. En explorant cette grotte ils ont reussi à rejoindre un village situé à plus de huit heures de marche (et 3 cols !). Il nous faudra aujourd’hui une heure de petit bateau à moteur.

Le site est magnifiquement mis en valeur par des lumières et de petits parcours pédestres permettant de tomber en admiration devant certaines oeuvres de dame nature.

Nous avons bien fait de tenter cette petite escapade et garderons certainement longtemps l’image de ce magnifique spectacle.

Sur la route du retour, notre bus collectif accueillera deux autres Français (Bastien et Sophie) ainsi qu’un Argentin (Nicolas) avec qui nous échangerons longuement sur les grottes de Kanglor et sur les voyages.

Nous retrouvons nos vélos et tentons 9 km supplémentaires avec eux dans le bus afin de gravir une nouvelle côte. Il est 17h00, nous arrivons dans un petit village et trouvons une chambre dans ce qui a du être un jour une Guesthouse. Nous n’avons rien mangé depuis le petit-déjeuner et les enfants ont encore fait preuve d’une belle résistance. Les étals sont peu achalandés dans les petites épiceries et nous avons du mal à  trouver de quoi manger. Nous nous contenterons donc de 3 bols de noodle soups et des biscuits que nous avons eu la sagesse de garder dans notre sac de nourriture.

Nous allons rejoindre notre couchage alors qu’un immense feu se déclare à la sortie du village. Nous semblons les seules personnes inquiètes de l’ampleur du phénomène. Pourtant des cendres commencent à tomber d’un ciel qui ne cesse de rougir. Nous sortirons de temps en temps pour nous assurer que nous sommes toujours en sécurité…

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Un nouvel épisode audio de la VeLove Family

Grâce à Christophe DELRIVE, le magicien du son, nous avons le plaisir de partager avec vous un nouvel épisode audiophonique relatif au voyage.

Une chanson de Naïa, le passage de l’Amérique centrale à l’Asie, de longs propos sur les enfants et quelques mots de Lalie et Esteban, voici ce qui vous attend grâce à ce nouvel enregistrement réalisé à l’autre bout du Monde et retravaillé à la baguette magique.

http://voice4ever.eu/fr/podcast/

Vous pourrez ainsi découvrir ce 5ème épisode…

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10 Février : Paksan – Na Hin : 48 km (8 659 km) + vélo-stop

Cette fois-ci nous nous levons à la bonne heure. Le temps de rassembler nos affaires, de tout remonter sur nos vélos et de partager un petit-déjeuner, nous voilà repartis sur la 13.

Cet axe principal ressemble parfois plus à un morceau de gruyère qu’à une route nationale mais le peu de circulation nous permet d’essayer d’éviter les trous les plus importants.

De nombreux maraîchers vendent leur production au bord de la route dans des petites cahutes faîtes de bois et de feuilles de bananiers. Des citrouilles, de gros navets, une multitude d’herbes aromatiques côtoient de délicieux épis de maïs dont se régalent les enfants.

Nos pérégrinations cyclistes nous permettent de constater qu’ici aussi il reste bien du chemin à parcourir pour sensibiliser les habitants à la gestion du plastique. Nous voyons ainsi nombre de temples de toute beauté précédés à l’extérieur par des m3 de bouteilles et de sacs qui semblent s’accumuler au fil du temps.

Nous atteignons la petite ville de Pakading au bout d’une quarantaine de kilomètres. Un long pont surplombe une large rivière qui vient se jeter dans le Mekong. Encore un bien beau paysage.

Quelques kilomètres plus tard nous nous arrêtons pour une pause boissons fraîches. En refaisant nos calculs nous ne pouvons que constater que la boucle que nous souhaitons faire autour du barrage nécessitera d’augmenter sensiblement un nombre de kilomètres déjà au-delà de notre moyenne. Il nous faut donc abandonner l’idée de parcourir cette boucle à vélo ou trouver un autre moyen de locomotion pour avancer plus vite.

Nous n’avons pas encore essayé le « vélo-stop » en Asie et c’est donc l’occasion de tenter l’expérience.

Difficile de trouver un camion suffisamment grand qui ne soit pas déjà surchargé de buffles, de briques ou de nombreuses personnes. Nous nous installons à la sortie d’une station service et trouvons enfin un véhicule qui se dirige vers Paksé et qui pourra donc nous déposer une quarantaine de kilomètres plus bas, à l’intersection avec la petite route que nous devons prendre pour commencer à grimper vers le barrage.

Le sympathique chauffeur ne parle que peu de mots d’anglais mais cela permet tout de même à Valérie de discuter avec lui à l’avant pendant que Lalie et Christophe disposent d’une vue imprenable assis à l’avant des vélos sur la petite plateforme arrière.

Il nous dépose, comme convenu, 40 km plus bas et refuse le billet que nous lui tendons afin de le dédommager en nous gratifiant d’un grand et beau sourire.

Pour être encore un peu plus tranquilles pour les prochaines étapes et faire un tour aux grottes de Kanglor recommandées par Annie et Jean-Pierre, il nous faudrait idéalement trouver un nouveau véhicule qui nous permette de monter les 30 premiers kilomètres. Il nous resterait alors deux étapes de montagne avant de redescendre vers Thakek puis rejoindre Nathalie, Bastien et Timėo vers Paksé.

Nous nous installons en bordure de route mais la mission s’avérera complexe. En effet nous sommes vites rejoints par un grand nombre d’habitants et notamment d’enfants qui viennent profiter, en ce jour de repos dominical, de l’animation que nous constituons. Difficile donc d’être attractifs pour d’éventuels chauffeurs lorsque nous nous retrouvons une quinzaine de personnes en bord de route.

Nous en profitons donc pour échanger avec ces sympathiques familles et échangeons quelques leçons de laotien contre des mots de français. La fabrique de petits vélos multicolores tourne a plein régime alors que nous avons droit à une démonstration de fabrication de balais en paille.

Tout d’un coup un petit camion avec quelques hommes à l’arrière arrive à notre niveau. Nous leur faisons signe et l’un des voisins vole vite à notre secours pour qu’ils essayent de nous embarquer tous avec nos vélos. C’est acrobatique mais ça rentre ! 30 km d’une route défoncée nous attendent avec des camions citernes qui s’amusent à nous doubler dès que la pente s’affaiblit, virage ou pas…

Heureusement le paysage, lui, est sublime. D’immenses rochers karstiques surplombent la route constituant parfois des cirques majestueux d’épines sombres.

Au crépuscule, nous arrivons (entier !) à Na Hin d’où part la petite route pour les grottes de Kanglor. Nous nous posons dans une Guesthouse, fourbus par cette journée intense et pleine de rebondissements. L’Aventure dans l’aventure…

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9 Février : Thangbeng – Paksan : 68 km (8 611 km)

Voulant éviter l’expérience caniculaire d’hier, nous mettons notre réveil à 5h00. Nous sommes prêts à 5h40, oui mais voilà… il fait encore nuit ! Il nous faudra attendre 6h20 afin de décider que le jour est assez levé pour partir en toute sécurité. Nous le saurons pour demain…

L’air est frais et agréable. Les villages se réveillent lorsque le disque solaire d’un rouge flamboyant commence à faire son apparition. Il se découvre à la cime des arbres, nous offrant des lumières enchanteresses qui s’estompent peu à peu.

Des lignes droites et un asphalte disparate mais roulant nous permet de bien avancer. Tout d’un coup, sur le bord de la route, à proximité du Mekong, nous apercevons un camping-car de voyageurs. Nous ralentissons et voyons un homme portant le maillot de l’Argentine sortir de l’habitacle. Comme aimantés ,nous nous dirigeons alors les uns vers les autres. La famille Perez est originaire de Mar del Plata, en Argentine, les deux parents et leurs enfants âgés aujourd’hui de quatre et deux ans et demi sont partis depuis près de deux ans d’Espagne et ont utilisé uniquement leur camping-car. Après avoir traversé l’Europe, ils sont passés par l’Iran, le Pakistan, l’Inde, le Bangladesh et la Birmanie avant d’arriver en Thaïlande puis au Laos. Ils vont désormais poursuivre leur route vers le Sud pour entrer au Cambodge, revenir en Thaïlande et descendre vers la Malaisie et Singapour où ils vont essayer de trouver un ferry qui les amènera jusqu’en Australie… avant de repartir pour de nouvelles aventures. Ils ont la chaleur des argentins et l’esprit ouvert des voyageurs. Nous restons pratiquement trois 1/4 d’heure à discuter avec eux, retrouvant le plaisir d’échanger en espagnol et s’offrant mutuellement de petis cadeaux. Nous parlons, bien évidemment des bienfaits des voyages pour les enfants et nous rejoignons sur leurs capacités d’adaptation qui semblent être sans limites. En nous quittant, leurs enfants semblent vouloir poursuivre leur voyage à vélo tandis que les nôtres auraient bien fait quelques semaines en camping-car…

Si vous voulez en savoir plus sur cette sympathique famille vous pouvez les retrouver sur FaceBook, Instagram ou YouTube en tapant « loslopezxelmundo » (Les Lopez (leur nom de famille) par le Monde).

La chaleur a refait son apparition et nous essayons d’accélérer afin de rejoindre Paksan, une petite ville située quelques dizaines de kilomètres plus loin, et se mettre au frais pour l’après-midi. Il y a de nombreuses Guesthouses. Nous en trouvons une toute simple mais au prix imbattable (5 € la chambre) et nous y posons avant d’aller déjeuner. Lalie et Esteban enchaînent avec quelques exercices scolaires avant un temps de repos bienvenu.

En soirée nous étudions à nouveau la carte du Laos. Annie et Jean-Pierre nous ont parlé de deux belles boucles à faire à vélo. Mais le Laos c’est grand et nous devons calculer nos dates approximatives dans quelques villes du Sud afin d’accueillir Nathalie, Bastien et Timeo dans un premier temps , puis l’equipe de tournage pour M6 dans un second temps. Les distances parcourues ces prochains jours nous permettront d’affiner les possibilités envisageables…

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8 Février : Makhio – Thangbeng : 65 km (8 543 km)

La musique Thaïlandaise suivie d’un concert d’aboiements n’a pas permis un sommeil d’extrême qualité. Mais encore bercés par la belle soirée d’hier et l’accueil de la population, nous émergeons avec le sourire, prêts pour une nouvelle journée de découverte de ce beau pays.

Les Moines 2.0 viennent encore passer un petit temps avec nous. Ya nous montre le bracelet (orange bien entendu !) que lui a remis Valérie hier, nous lui montrons celui qu’il a noué à chacun de nos poignets. Signes d’union et de partage.

Nous les quittons sous leurs yeux amusés de voir une telle expédition familiale s’élancer sur de bien drôles de machines.

Lalie, en sortant, aura cette réflexion qui invite à la discussion : « c’est quand même plus joyeux de dormir au pied d’un Bouddha souriant qu’au pied d’un Jésus mort sur la croix »…

La piste de terre battue nous attend pour une trentaine de kilomètres à l’accent sauvage le long du Mekong. Nous nous couvrons progressivement d’une belle pellicule de sable .  Le passage dans quelques villages où les riverains ont parfois arrosé (noyé ?) la piste afin d’éviter les nuages de poussière nous invite à quelques slaloms et dans les pires des cas à des séances de décrassage des gardes-boues (qui portaient trop bien leurs noms !). Les Laotiens nous interpellent avec de souriants « Sabaiidi » qui dansent dans leurs paroles. Nous leur répondons et nous nourissons de leurs sourires mêlés certainement de la surprise de voir une famille de « phalangs » si loin des axes touristiques.

Et puis, tout d’un coup, une route faîte en béton apparaît ! Les cyclovoyageurs rencontrés hier nous avaient prévenu et effectivement : quel contraste ! Une dizaine de kilomètres sur lesquels nous nous sentons pousser des ailes. La route est large, nous en profitons pour rouler de front et échanger ainsi nos multiples observations.

Lorsque nous rejoignons « la 13 », la route principale qui descend vers le Cambodge, il est à peine 11 heures mais le soleil frappe déjà très fort. Nous avons l’impression de sécher puis de cuire sur l’asphalte.

Nous nous promettons de partir encore plus tôt demain matin et après une quinzaine de kilomètres, nous réfugions sous l’air climatisé d’une guesthouse. Nous déjeunons sans trop d’appétit, happés par cette puissante chaleur, avant que certains d’entre ne s’adonnent aux bienfaits d’une sieste réparatrice.

Quelques exercices scolaires et jeux (à l’ombre !) permettront de goûter aux températures plus respirables de la fin d’après-midi.

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7 Février : Vientiane – Makhio : 59 km (8 478 km)

Difficile ce matin de quitter une chaleur familiale dans laquelle nous nous sentons si bien. Van Tong nous fait la surprise de venir partager le petit-déjeuner, un temps que nous savourons tous ensemble avant de remettre les sacoches sur nos vélos et d’embrasser nos hôtes pour leur incroyable accueil. Nous savons que nous aurons certainement l’opportunité de les rencontrer à nouveau en France et les au-revoir sont ainsi plus faciles.

Nous partons par les petites routes qui, très vite, se transforment en chemin de pierres et de terre. Un petit bruit au niveau des roues de la carriole nous invite à faire un petit détour pour passer par le magasin de Willy et resserrer encore un peu les axes.

Nous repartons sur ces mêmes petits chemins qui nous invitent à explorer la campagne environnante, à passer entre quelques troupeaux de chèvres et à redoubler de vigilance lorsque la terre se transforme en piste sablonneuse.

Quelques portions asphaltées nous permettent de doubler, voire tripler, notre moyenne horaire. La vitesse retrouvée a ainsi le bénéfice de nous apporter également un peu d’air car la température ne cesse de grimper avec la fin de la matinée.

La pause méridienne est la bienvenue et nous avalons des litres et des litres d’eau fraiche qui viennent ravir nos gorges asséchées.

Nous retrouvons le Mekong et les magnifiques paysages qu’il propose. Nous croisons Nicole et Christian, deux cyclovoyageurs de Vierzon qui remontent vers Vientiane après une boucle de 4 semaines au Laos. Ils nous donnent de précieux renseignements sur l’état des routes situées en aval et nous rassurent ainsi sur l’itinéraire à venir.

Nous continuons à avancer de village en village et guettons d’éventuels temples ou écoles dans lesquels nous pourrions poser nos tentes. Au coeur d’un village bien animé , traversé par une belle piste, Lalie aperçoit un joli temple un peu en retrait.

Les Moines sont dans la cour et nous allons leur demander si nous pouvons nous installer ici pour la nuit. Comme en Thaïlande, la réponse fuse : « pas de problème, où vous voulez ».

Nous nous installons sous une petite terrasse couverte. Elle surplombe le Mekong et nous offre un panorama incroyable. En face, des boîtes de nuit Thaïlandaises ont déjà les watts qui résonnent dans la vallée.

Les Moines reviennent pour nous apporter de l’eau, puis des biscuits, puis une énorme peluche pour Naïa, une mini statuette et des bracelets porte-bonheur… leur générosité toute naturelle semble sans limites !

Christophe discutera un long moment avec un jeune Moine qui, grâce à une application qui traduit directement le lao en anglais, lui explique de nombreux éléments sur la vie de ces jeunes bouddhistes. « Ya » est Moine depuis deux ans et retournera dans quelques années retrouver son travail de photographe. La plupart des Moines ne le restent que quelques années, souvent à des périodes charnières de leur vie. Durant ces années, ils accomplissent de nombreuses prières, aident la population locale et respectent certaines règles qui régissent leur journée. Un lever à 4h00 (tous les jours !), un temps de prière, l’aumone offerte à leur passage dans les rues du village puis le repas qu’ils n’ont droit de consommer que le matin. Après midi, ils pourront boire mais devront attendre le lendemain matin pour se substanter à nouveau.

Pendant cette belle discussion, Valérie et les enfants font un tour de ce village si accueillant et dynamique. De nombreux habitants viendront passer un bout de la soirée avec nous, la traduction numérique aidant toujours au dialogue.

Nous dînons (discrètement !) et nous régalons, en dessert, d’une savoureuse tablette de chocolat que Jean-Pierre a délicatement déposée dans notre sac de nourriture ce matin.

Les Moines reviendront passer un bon moment avec nous avant que nous  nous couchions. La soirée se terminera par un partage d’adresses FaceBook. Ils sont loin d’être connectés uniquement à Bouddha ces sympathiques Moines !

Cette première journée de vélo sur les petites routes du Laos nous a déjà réservé de bien belles surprises !

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6 Février : Vientiane

Après une nouvelle séance de gymnastique matinale, Annie et Valérie sont rejointes par Lalie chez le coiffeur qui s’occupera notamment des pointes qui commencent à être bien abîmées. Un peu d’épaisseur en moins sera sans doute également bienvenue pour les prochains jours à vélo qui s’annoncent bien chauds.

Annie et Jean-Pierre sont des machines à solutions et essayent de nous aider à répondre à toute les problématiques que nous rencontrons. Leur connaissance de Vientiane et leur réseau sont de formidables atouts. C’est ainsi que nous avons enfin trouvé trois beaux vélos qui serviront à Nathalie, Bastien et Timéo pour les quelques centaines de kilomètres que nous ferons ensemble sur les routes du Laos. Ils ont même réussi à trouver quelqu’un qui aurait pu nous réparer la vitre de la tablette, c’est dire ! Le coût étant quasiment aussi important que la valeur de la tablette nous ne procéderons pas à la réparation mais trouver la bonne vitre est déjà à considérer comme un exploit.

Le change est complexe au Laos et les portefeuilles grossissent à vue d’oeil lors des retraits. En effet nous nous retrouvons vite Millionnaires ! 1 € valant 9 800 Kips laotiens, un retrait de 100 € équivaut à près de 1 000 000 de Kips. De quoi faire tourner la tête !

A midi, nous découvrons le Bo Bun, un plat vietnamien et laotien aux saveurs exquises. Nous déjeunons dans le restaurant tenu par des amis Laotiens d’Annie et Jean-Pierre, des entrepreneurs qui se sont lancés dans plusieurs champs d’activité avec tous les possibles qu’offre un pays en plein développement comme le Laos. Entendre leur dynamisme et leur foi en l’avenir est un véritable plaisir.

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Jean-Pierre nous aide à rapatrier les nouveaux vélos chez lui tandis qu’Annie se transforme en baby-sitter pour le plus grand plaisir des enfants.

Nous passons une dernière soirée dans cette belle chaleur familiale que nous ont offert Annie et Jean-Pierre durant ces superbes journées passées à Vientiane. Nous avons fait le plein de calories gustatives et humaines durant ces premiers jours laotiens qui nous donnent bien envie de découvrir plus amplement ce magnifique pays.

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5 Février : Vientiane

Valérie se lève aux aurores afin d’accompagner Annie et Jean-Pierre à leur séance de gym tonique quotidienne. Une bien belle manière de débuter la journée sous les directives et les conseils avisés de Van Tong.

A leur retour, Christophe repartira en centre-ville à vélo afin d’essayer de trouver trois vélos d’occasion qui pourraient convenir à Nathalie, la soeur de Valérie, et Bastien et Timéo, deux neveux qui viendront pédaler avec nous pendant une dizaine de jours au Laos.

Quelques exercices scolaires viendront rythmer cette matinée avant ,encore ,un succulent repas préparé par Annie (pas de doutes, nous reprenons des forces !).

Nous décidons ensuite d’aller visiter tous ensemble le COPE (Cooperative Orthotic & Prosthetic Enterprise) Center. Il s’agit d’un lieu d’information et de sensibilation créé par une ONG relatif aux dégâts humain causés par les bombardements lors de la guerre du VietNam. Dégâts encore d’actualité puisque chaque année, plus de mille personnes sont encore victimes de bombes qui explosent. Le Laos détient le triste record du pays le plus bombardé au Monde. Entre 1965 et 1974, une bombe est tombée, en moyenne, toutes les 8 minutes, sur le pays et notamment sur certaines zones. Jean-Pierre qui a géré la construction d’un barrage hydroélectrique au Laos nous indiquait hier que lors des travaux destinés à créer la retenue d’eau ce sont deux millions de bombelettes et de fragments de bombes qui ont été retirés. Des millions de bombes restent encore disséminées un peu partout et continuent à tuer ou à mutiler des personnes et notamment des enfants. COPE essaye alors de réappareiller les personnes qui ont perdu un ou plusieurs membres et de les accompagner au niveau psychologique.

Voilà encore une visite qui ne laisse pas indemne et qui montre à la fois la puissance de la cruauté humaine et les efforts réalisés pour aider toutes ces personnes sacrifiées sur l’autel des atrocités et de l’inimaginable.

La sensibilité des enfants exprimée par leurs innocentes questions à la sortie de la visite nous invite à cheminer afin que ces générations prennent acte de l’Histoire et fassent tout pour qu’elle ne se répète pas.

C’est un moment plus convivial qui nous attend par la suite puisque nous retrouvons ici, à Vientiane, Tonton Yves et Tata Jeanine venus découvrir le Laos pendant quelques semaines en mode backpaker. Ils voyagent avec un couple d’Amis, Mauricette et Michel et nous nous retrouvons tous au bord du Mekong pour une bien belle soirée. Une promenade le long des berges, une démonstration de dragons et de pétards (et oui, en ce 5 février nous sommes le jour du nouvel an Chinois et de la fête du têt), un bon repas en terrasse suivi d’une prolongation offerte par un ami d’Annie et Jean-Pierre dans un chaleureux café de cette ville aux multiples facettes… la soirée est faite de rencontres et de surprises, deux ingrédients parmi les plus savoureux d’un voyage.

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4 Février : Vientiane

Nous profitons du confort de cette belle et douce maison pour dormir confortablement et longtemps. Annie et Jean-Pierre reviennent de leur séance de gym matinale quotidienne au moment où la maisonnée se réveille. Nous partageons un bon petit-déjeuner avant de nous rendre en centre-ville afin de confier nos vélos à un spécialiste qui pourra notamment vérifier leur état et essayer de trouver de nouveaux roulements pour les roues de la cariole qui ont pris un jeu certain ces dernières semaines.

Nous récupérerons tout notre matériel dans un temps record et parfaitement réglé. Merci Willy !

Nous nous régalons des discussions que nous pouvons avoir avec Annie et Jean-Pierre. Leur connaissance du Laos, de ses coutumes et des ses habitants est une mine d’informations des plus utiles lorsque l’on arrive dans un pays.