5 Juillet : Abra Pampa – La Quiaca : 77 km ( 2 463 km)

La journée commence de bonne heure pour les parents qui communiquent par mail avec la base arrière située en Isère : Maminou la débrouillarde. En effet nous avons appris qu’il y actuellement une épidémie de fièvre jaune en Bolivie et que des touristes ont été refoulés de la frontière, du fait qu’ils n’étaient pas vaccinés. La difficulté rencontrée pour la VeLove Family est que, si toute la famille est bien vaccinée, Christophe, lui, s’est fait piquer à Amiens en 2001 avant son premier grand voyage à vélo avec l’Odyssée de l’Espoir. Le reste de la famille a pu compter sur le Dr Lecine du CVI de Cahors ainsi que sa sympathique équipe pour se mettre à jour.

Il faut donc retrouver une trace de la vaccination de Christophe en 2001 au cas où un justificatif serait demandé à la frontière. C’est là que Maminou intervient. Elle contacte le CVI de Cahors qui contacte le CVI d’Amiens qui renvoit en un temps record le précieux sésame à Cahors qui nous le retransmet. Il n’y a pas de problèmes… il n’y a que des solutions ! Merci aux équipes d’Amiens et de Cahors pour leur réactivité et Merci, bien entendu, à Maminou pour cette brillante coordination.

Pendant ce temps là, les enfants dorment et se réveilleront vers 9h00. Nous avons en effet décidé de laisser faire les choses et de partir… quand tout le monde aurait un peu récupéré.

Dans la cuisine commune nous retrouvons le cyclovoyageur qui nous avait donné le tuyau pour le logement hier. Il est Uruguayen et voyage à vélo avec 3 de ses compatriotes (un 4ème les suivant en stop). Ils vont également vers le Nord. Vers 10h00 nous sommes prêts pratiquement ensemble… Nous partirons donc en petit peloton franco-uruguayen. Forcément ça parle encore foot, le quart de finale de demain opposant la Celeste aux Bleus.

A la sortie de la ville, un long faux plat montant (de 50 km !) commence. Nous essayons de prendre un relais. Nous soutenons les 15 km/h pendant 5 km et sommes tout heureux de pouvoir amener la troupe à une vitesse que nous atteignons rarement. Mais quand la locomotive Uruguayenne se met en marche et passe devant, le compteur oscille entre 18 et 20 km/h. Les wagons français s’accrochent, font le yo-yo et essayent de ne pas laisser paraître de signes de faiblesse en cette veille d’affiche footballistique. Nous tiendrons ainsi pendant 20 km puis profitons d’une pause « feuilles de coca » qu’ils semblent apprécier pour leur indiquer que nous allons faire une pause un peu plus longue. Nous nous donnons rendez-vous demain à 11H00 à La Quiaca pour voir le match ensemble et les laissons s’envoler. Si la France passe en demi-finale aurons nous le privilège de rencontrer des cyclistes Belges ou Brésiliens ?

Nous reprenons sur notre rythme familial mais, dès les 30ème kilomètre, Christophe commence à donner des signes de faiblesse. Sa lutte « testoronaire » du matin à 3 600 mètres d’altitude a laissé des traces. Il n’arrive plus à avancer. Une pause, puis une autre, lui permettent de récupérer un peu d’énergie pour continuer… à vitesse réduite. Le vent lui, comme prévu, s’est renforcé et c’est à l’abri, sous une voie ferrée désaffectée, que s’effectue la pause déjeuner.

Nous repartons toujours à vitesse très réduite sur de longues lignes droites en faux plat montant (nous repasserons au-dessus de la barre des 3 700 mètres) qui ont également un impact sur le moral. Un village est situé 25 km avant La Quiaca. Nous achetons une boisson sucrée afin de reprendre un peu de forces… pendant que Naïa drague le petit-fils de l’ėpicière.
L’effet énergisant de la boisson est de courte durée, Christophe n’arrive plus à tracter son attirail. Valérie sort donc une de nos dernières cartes possibles et propose de changer de monture. Elle fera une quinzaine de kilomètres en tractant la carriole (NDLR : c’est vraiment une femme exceptionnelle !). Christophe récupère ainsi et retrouve enfin de l’énergie quelques kilomètres avant de rentrer dans La Quiaca sous une lumière crépusculaire.

Les enfants apposent un petit autocollant de la VeLove Family sur le panneau situé à l’entrée de la ville sur lequel figure la trace des cyclovoyageurs de passage et nous poursuivons jusqu’au centre ville.

Nous sollicitons quelques passants pour avoir de bonnes adresses de logement (nous utilisons fréquemment cette méthode et avons abandonné depuis longtemps les sites internet des grands voyagistes qui proposent souvent des prix bien supérieurs à ceux que l’on peut trouver par le bouche à oreille et qui offrent peu de mixité avec les touristes locaux). C’est parfois un peu long et galère mais, encore une fois, nous trouverons des conditions de logement qui satisferont toute la famille.

Pour se remettre de ces étapes marathon et parce que nous avons grand plaisir à rester un jour de plus en Argentine, ce pays qui nous aura si bien accueilli, nous ferons un jour de pause demain avant de passer la frontière Bolivienne située… à 3 km !

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4 Juillet : Azul Pampa – Abra Pampa : 56 km (2 386 km)

L’eau mise dans les bidons s’est transformée en glaçons en moins d’un quart d’heure. Les « Payasos » qui ont voulu dormir dans leur van sur le parking de l’école ont vu des stalagtites pousser au dessus de leur couchage pendant la nuit. Nous avons bien fait de ne pas dormir dehors…

Les premiers élèves devant prendre possession de leur salle de classe à 8h30, nous sommes prêts à partir dès 8h00. Seul problème, si la lumière de l’astre solaire éclaire déjà la vallée, ses rayons ne sont pas encore sortis de la cime des montagnes qui nous cernent. Le thermomètre flirte avec les – 6° lorsque nous saluons les payasos et donnons les premiers coups de pédales. Les pourcentages de la pente sont très rapidement élevés, ce qui ne laisse pas de temps de rodage. Nous avançons donc très lentement et nous avons tous bien froid. Naïa et Esteban partiront dans des crises de larmes qui nous feront  culpabiliser de les exposer à de telles situations. Mais nous savons que cela va rapidement aller mieux, dès que les premiers rayons du soleil nous atteindront. Le froid se sera transformé en souvenir.

Effecfivement, lorsque nous arrivons sur le plateau, au bout de 5 km de montée, nous commençons l’effeuillage. Les couches de vêtements rejoignent progressivement la carriole ou les filets positionnés sur les sacs arrières.

Si le vent est toujours présent et toujours de face, il n’est pas encore très fort. C’est le privilège du départ matinal car nous savons qu’il s’intensifiera à la mi-journée.

Nous ne tardons pas à apercevoir de nombreux troupeaux de vigognes et de lamas, ce qui a pour effet de redonner de l’éclat dans les yeux des enfants.

Le col est à 25 km du départ, nous l’atteignons vers 13h00,  fiers d’avoir atteint 3 780 mètres à la force de nos mollets  Nous en profitons pour faire quelques photos.

Nous entamons la descente mais le vent nous gachera, en partie, ce plaisir car il nous faut continuer à pédaler pour avancer. Pour la première fois depuis près d’une centaine de kilomètres le compteur affiche une vitesse à deux chiffres, ce qui limite la déception de ne pas pouvoir s’envoler en roue libre.

Il est 14h30 et nous n’avons pas encore déjeuné mais nous poursuivons encore quelques kilomètres car nous savons que d’immenses dunes de sable se situent non loin de notre parcours. 2 km de chemin de terre et 500 mètres à pied plus loin, nous pique-niquons au pied des dunes avant de nous lancer dans des montées lentes (les pentes sont raides et le souffle est court, nous sommes encore à 3 500 mètres) mais les descentes extrêmement rapides que ce soit à pas de géant ou en roulé-boulé. Les enfants sont à fond ! Esteban serait bien allé jusqu’au sommet pour allonger le plaisir. Comme quoi, malgré la fatigue générale il reste encore un peu d’énergie…

Nous puiserons dans nos réserves pour rejoindre la route principale et effectuer les 8 km qui nous séparent d’Abra Pampa.

Nous nous dirigeons vers la place centrale et un cyclovoyageur argentin vient à notre rencontre. Nous discutons avec lui  Il nous indique qu’il a trouvé un bon plan pour le logement. Effectivement 300 pesos (environ 8 Euros) la chambre, ça sent les prix boliviens ! C’est rudimentaire mais ça ira très bien pour ce soir.

Il nous reste 72 km pour rejoindre La Quiaca. Le vent est annoncé, comme aujourd’hui, à partir de midi. Arriverons-nous à rejoindre La Quiaca en un jour (ce qui implique de se lever tôt à nouveau) ou prendrons-nous deux jours pour y aller (sans ville entre les deux)? . L’heure est à la réflexion…

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3 Juillet : Humahuaca – Azul Pampa : 40 km (2 330 km)

La météo consultée au saut du lit laisse entrevoir une belle journée… avec un vent du Nord qui s’accentue dans la journée s’accompagnant de rafales à 80 km/h. Le vent se renforce encore les jours suivants. Il nous faut donc essayer de partir rapidement !

Anna-Maria et Guillermo, les gérants de l’hospedaje, sont vraiment adorables. Ils ont du mal à nous laisser partir… et nous avons du mal à les quitter. Boostės par un (gros) petit-déjeuner nous repartons vers la ruta 9 qui doit nous amener jusqu’en Bolivie. Au bout de 3 km, une voiture nous depasse et s’arrête quelques dizaines de mètres devant nous. C’est Guillermo qui revient à notre rencontre pour nous apporter le verre oublié que nous utilisons pour Naïa (un verre qui évite les dégâts des eaux à chaque repas). Merci Guillermo !

La route monte d’entrée, parfois modérément (« suave » comme ils disent ici), parfois plus intensément. Au bout d’une dizaine de kilomètres une belle côte de plus de 2 km à 10 % nous entraîne sur un plateau en escalier que nous grimperons toute la journée. Effectivement il y a du vent et il se renforce à chaque heure si bien qu’à la pause déjeuner nous n’avons fait que, péniblement, une petite vingtaine de kilomètres. Un abri pour prier à la fois Gauchito Gil, la Difunta Correa et San Expedito (belle mutualisation !) nous sera bien utile. Le vent est si fort que nous mettons en cercle afin qu’il n’emporte pas nos victuailles. Il nous reste un peu moins de 20 km avant le prochain hameau et encore 40 pour le prochain village. Ce dernier objectif s’avère vite impossible à atteindre avec les rafales de vent qui se succèdent et nous obligent de temps à autres à nous arrêter afin de ne pas prendre de risque sur la chaussée. Parfois nous repartons pour 50 mètres, parfois pour un peu plus longtemps…

Même au cours des rares descentes en montagnes russes que nous offre le parcours nous sommes obligés de pédaler. Lorsque nous arrivons au bas de la montée suivante autant dire que notre élan est proche du néant.

Ce vent nous éreinte. Nous n’arrivons plus à avancer. L’altitude, le dénivelé s’ajoutent à la complexité. Chacun tente alors d’avoir quelques paroles positives lorsqu’il voit que l’un des membres de la famille commence à se décourager. Nous pédalons, nous poussons, nous nous accrochons aux kilomètres qu’il nous reste avant le hameau indiqué sur la carte.

Il est près de 18h00 lorsque nous atteignons enfin Azul Pampa, petit hameau composé d’une chapelle, d’une épicerie et d’une école. Ici pas de maison, elles sont disséminées dans la montagne avoisinante. Nous rencontrons Faustino qui gère la petite épicerie, il nous propose dans un premier temps de dormir dans le auvent de la chapelle puis, au regard du froid qui s’annonce encore cette nuit (nous sommes desormais à plus de 3 500 le et on peut apercevoir quelques petites plaques de neige autour du hameau) nous ouvrira la salle de classe de cette petite école qui compte… 8 élèves ! Comme Sandrine, Philippe et leurs quatre enfants, il y a 6 ans, nous dormirons, nous aussi sous le tableau noir de cette petite école (cf « allons voir si la terre est ronde »).

Alors que nous préparions le repas et installation tapis de sol et duvets, nous entendons frapper au carreau de la vitre. Ce sont les « Payasos » : Nicolas, Estefania et Dianella qui ont reconnu nos vélos depuis la route. Enchantés de ces retrouvailles nous nous installons tous ensemble autour des petites tables de classe et partageons nos repas. Le monde n’est pas plat mais il n’est pas si grand et permet ainsi au hasard de faciliter de belles rencontres.

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Réponses aux questions – 2ème mois

Comment avez-vous calculé le budget du voyage sur 1 an? + Quel budget par jour pour les repas (si ce n’est pas indiscret) ?

Pas de tabou sur ce point bien que nous n’ayons pas de calcul précis. Nous pensons qu’en moyenne nous devrions dépenser environ 1 000 Euros par mois. Notre parcours passe quasi-exclusivement par des pays dont le taux de change est bien plus faible que celui de la zone Euro. Il y a des pays où nous dépenserons un peu plus et d’autres un peu moins. L’Argentine, pays dans lequel nous serons restés quasiment deux mois, doit se situer dans le top 3 des pays les plus chers que nous allons traverser (après l’Espagne et le Costa-Rica) et pourtant pour donner un ordre d’idées :

– une nuit en cabaña (petit appartement tout équipé, choix souvent fait pour pouvoir cuisiner par nous mêmes ) ou en hôtel nous aura coûté, par nuit pour 5, entre 700 et 1 500 pesos (entre 20 et 43 Euros) en sachant que nous avons majoritairement campé ou été hébergés.

– un repas pour 5 au resto entre 350 et 700 pesos, boissons incluses (entre 10 et 20 Euros). Lorsque nous y allons, nous commandons seulement 3 ou 4 plats que nous partageons, en sachant que cela suffit amplement car les assiettes sont très copieuses. Pour le repas de midi, le plus souvent nous pique-niquons : pain, fromage, saucisse, jambon, chips et depuis quelques semaines pas mal de légumes et de fruits. Le ravitaillement dans les « kioskos », épiceries locales, nous revient entre 200 et 300 pesos avec quelques boissons (entre 6 et 9 Euros). Le soir, un paquet de pâtes (20 pesos, 60 centimes d’Euros) et quelques avocats/tomates en entrée ainsi que quelques laitages en dessert (ce qui semble le plus cher, entre 1 et 2 Euros par yaourt).

Nous n’hésitons donc pas à nous faire plaisir de temps en temps. Un petit resto ou une bonne glace (elles sont délicieuses par ici). Lalie fait une cure de Menta/Granizada (Menthe/Chocolat 500 grammes) , qu’elle partage avec ses parents… on vous rassure, coûte 80 pesos (2,30 Euros).

Pour le reste, un plein de 0,5 litre d’essence par semaine pour le réchaud (10 pesos mais le plus souvent il nous est offert), quelques produits d’hygiène, dont les couches pour Naïa, quelques entrées payantes dans les musées et comme nous ne pouvons pas acheter grand chose comme souvenirs, en raison de notre mode de locomotion, c’est à peu près tout.

Qu’avez vous en réserve avec vous ?

Nous avons depuis le départ 3 paquets de nouilles chinoises au fond d’une sacoche au cas où + quelques barres de céréales. Nous essayons surtout de faire attention à l’eau. Pour l’instant, excepté les zones désertiques des grands parcs nous arrivons toujours à trouver au moins un village par jour pour faire le ravitaillement en nourriture. L’eau en Argentine est potable quasiment partout. Ce ne sera plus le cas en Bolivie où il nous faudra utiliser le filtre à eau que nous avons apporté… ou acheter de l’eau en bouteille.

Arrivez-vous à varier les menus ? Les pâtes et le riz, c’est bon, mais tous les jours ou presque, ça peut lasser !

Pour les pique-nique nous (en tout cas les adultes) commençons un peu à saturer des hot-dogs (froids !). Heureusement depuis quelques semaines avec les légumes, les fruits, la charcuterie et le fromage de chèvre nous arrivons à varier plus largement cette pause déjeuner.

Pour le soir, lorsque nous cuisinons sur le réchaud, le plus souvent c’est « pasta party ». Le plus rapide et le plus adapté. 500 grammes de pâtes (ce qui rentre dans notre casserole)..Çà commence à faire un peu court et il nous faudra bientôt penser à faire un deuxième service… ou à acheter une casserole plus grande ! Crème, beurre, fromage, jambon, viande ou sauce tomate peuvent venir agrémenter la cuisson du soir. Pour l’instant personne ne sature et lorsque nous allons au resto, très souvent les enfants (surtout Lalie) commandent… des pâtes ! Lorsque nous disposons d’une cuisine cela nous permet d’élaborer d’autres menus : risotto, riz au four, frites, purée, omelette, crêpes, gâteaux…

Nous aimons également goûter aux plats que proposent les marchands en bord de route. Ici dans le nord de l’Argentine, ils proposent de délicieuses tortitas cuites sur le barbecue et parfois garnies de fromage, jambon, tomate… des paninis à l’Argentine, quoi!

Vous êtes vous renseignés sur le type de faune que vous pourriez croiser?

Nous discutons souvent avec les locaux et essayons d’écouter leurs conseils. Nous essayons également d’éviter de rouler à la tombée de la nuit, à l’heure où nombre d’animaux sauvages sortent. Il n’y a pas d’animaux vraiment dangereux en Amérique du sud.

Les animaux sont une des raisons principales pour faire une pause : lamas, chevaux, chèvres, cochons, oiseaux… leur présence est un vrai spectacle que Naïa se régale d’admirer depuis sa carriole.

Vue d’ici votre aventure a l’air facile est ce vraiment le cas ????

On ne peut pas se plaindre. Pour l’instant, excepté quelques étapes plus difficiles que d’autres, tout va bien. Les enfants sont supers, ils participent pleinement à l’aventure et nous avons rencontré des dizaines de personnes qui ont été formidables avec nous. La fatigue est là par moment, mais nous arrivons quand même à nous octroyer de bonnes nuits de repos.

Quel est le sport national en Argentine qui existe depuis le XVIIe siècle :

Il s’agit du pato ! Ce sport s’effectue à cheval : 2 équipes de 4 joueurs s’affrontent pour amener la balle (le pato) dans le panier adverse. Initialement un canard (pato, en espagnol) se trouvait à l’intérieur de cette balle. Nous n’avons pas eu la chance de voir un match en direct…

Questions pour Lalie et Esteban :

Quels sont vos animaux préférés que vous ayez vus en Argentine ?
– Lalie : Les lamas et les porcelets
– Esteban : Les codors et les lamas.

Quelles drôles de plantes avez vous vues ?
– Ensemble : Nous avons vu des cactus, des petits piquants qui se collent aux roues des vélos, à nos vêtements, des plantes où poussent des tortellinis.

Quel paysage vous a le plus étonné ?
– Lalie : Le paysage du parc d’Ishigualasto et celui du petit village de Purmamarca.
– Esteban : Celui de la montagne aux 7 couleurs.

Dans quels endroits avez vous préféré et détesté dormir ?
– Lalie : J’ai préféré dormir dans le bus d’une famille de voyageurs et détesté aucun.
Esteban : J’ai préféré dormir dans la cabana face a la montagne aux 7 couleurs et détesté aucun.

Quels sont vos plats préférés ? à part les pâtes et les glaces bien sûr !
– Lalie : Empanadas jambon-fromage et les crêpes de papa
Esteban : Hamburger-frites

Qu’est ce qui vous plait le plus dans ce voyage ?
– Ensemble : Le paysage, de voyager avec nos parents, les animaux.

Que trouvez vous de difficile ?
– Lalie : Les grosses montées.
– Esteban : De pédaler.

Les questions de la classe de CE2-CM1 à Lalie :

Comment avez-vous fait pour boire quand l’eau était glacée ?
– Nous avons réchauffé les gourdes au soleil… il a fallu attendre un peu.

Comment fait votre papa Lalie et Estéban, pour ne pas avoir froid aux jambes ?
– Il est un peu fou et très fort.

Vous avez de la chance de voir de beaux paysages. On a vu des photos de cactus, ils ont l’air magnifiques.Quelle quantité d’ eau y a-t-il dans un cactus?
Quelle est la taille minimum et maximum des cactus que vous avez vus ?
– Oui on voit beaucoup de cactus, on aime beaucoup ça,  c’est rigolo.
Leur taille minimum était la taille d’un doigt et leur taille maximum celle d’un poteau électrique.Nous avons par contre été surpris de voir que les cactus avaient un tronc creux. Avec ce bois , ils fabriquent beaucoup d’objets.

Est-ce qu’il y a beaucoup de pièces et billets différents en pesos argentins?
– Il n’y a pratiquement pas de pièces mais beaucoup de billets de 5, 10, 20, 50, 100 et 500 pesos.
35 pesos = 1€. Les billets de 5, 10 et 20 pesos ne valent donc que quelques centimes d’euro. Ces petits billets sont souvent très vieux et usés.
A la place de pièces, ils donnent souvent des bonbons pour rendre la monnaie.

Quels dinosaures avez-vous vus au musée ?
– A Ishigualasto on a vu un squelette d’Eoraptor lunensis, un des plus anciens dinosaures connus. Il était assez gros et impressionnant.

Quelle a été la journée la plus dure pour vous ?
– Une journée où il a fait vraiment très froid et le vent soufflait fort. Il a fallu faire 25km pour trouver un endroit pour se réchauffer : un petit aéroport.

Est-ce-que les lamas étaient doux ?
– Ils ne se laissent pas tous caresser mais on en a rencontrés un qui a été élevé au biberon et qui était très affectueux. Il était très doux comme une peluche et s’appelait Antonio.

Dans quel pays allez-vous après l’Argentine ?
–  Nous arriverons en Bolivie dans quelques jours et devrions y rester plus d’un mois. Ensuite nous irons au Pérou. Nous y serons encore en septembre quand ce sera la rentrée scolaire pour vous.

Comment avez-vous réparé la roue du vélo, avec des rustines ?
– Papa a enlevé l’épine du pneu avec ses dents et changé la chambre à air en en mettant une neuve. Plus tard il a réparé la chambre à air trouée avec une rustine.

Combien de gens avez-vous rencontrés ?
– Des centaines. Nous en rencontrons chaque jour. Certains nous ont même accueillis chez eux. Nous rencontrons aussi beaucoup d’autres voyageurs.

Est-ce que c’était impressionnant de savoir que des chiens avaient mangé votre repas ?
– Nous n’avons pas trop réalisé. Il y a vraiment beaucoup de chiens en Amérique du Sud. Beaucoup n’ont pas de maison et mangent ce qu’ils trouvent.
Ici dans le nord de l’Argentine ce qu’on trouve rigolo, c’est que beaucoup de gens habillent leurs chiens!

 
Quel a été votre moment préféré ?

– Je n’ai pas vraiment de moment préféré car tout était super.
J’aime beaucoup rencontrer de nouveaux copains et jouer avec eux.

Avez-vous envie de revoir vos copains et copines ?
– Oui bien sûr c’est ce qui nous manque le plus!

Les questions de la classe de CE1-CE2 de Luzech à Esteban :

Est-ce que tu vas bien ?
– Oui je vais bien.

Est-ce que tu as vu des condors ?
– Oui j’en ai vus beaucoup. Ce sont de grands rapaces noirs qui planent dans le ciel. On n’ en a pas vu de près mais on a regardé sur Internet et on a rigolé car ils sont beaucoup moins beaux de près : ils ont une tête de dindon.

Est-ce que tu as eu peur de quelques animaux?
–  Quelques grosses araignées.

Est-ce que l’Argentine te plait ? Pourquoi ?
– Oui ça me plait parce que les gens sont gentils. Je suis content aussi parce que dans tous les villages même tout petits, il y a un terrain de foot.

Est-ce que tu comprends l’espagnol ?
– Un poco! On parle pour se faire des copains et on fait des exercices en Espagnol sur la tablette.

Quelle chose te manque le plus depuis ton départ ?
– Vous mes copains!

Bonus :

Lalie, peux tu calculer le nombre de coups de pédales que tu devrais faire durant cette année de voyage et nous expliquer comment tu t’y es prise ?

  – Pour calculer le nombre de coups de pédales que je ferai en 1 an, voilà  comment j’ai fait :

1) j’ai calculé combien de fois j’ai appuyé sur la pédale de droite sur 1 km sur une route plate. Résultat : en moyenne 320.
2) comme j’ai 2 pédales on fait 320 x 2 = 640.
3) je sais que nous devrions parcourir environ 10 000 km en tout.
4) J’ai multiplié le nombre de coups de pédales par 10 000.
5) ça fait (à peu près) 6 400 000 coups de pédales. Pas mal, non ?

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2 Juillet : Humahuaca

Les personnes âgées qui gèrent l’hospedaje dans lequel nous sommes sont adorables. D’un petit déjeuner servi avec beaucoup d’affection aux nombreux conseils sur la visite de la ville et les étapes qui nous attendent, ils sont d’une attention très touchante.

Le marché est situé à quelques « cuadras » :en Amérique du Sud on donne des indications le plus souvent en nombre de carrés de bâtiments composant la ville. Nous y allons donc avec enthousiasme. Nous aimons ces ambiances où se mêlent épices, fruits et légumes dans des contrastes de couleurs mettant en exergue chaque produit. C’est beau, ça sent bon et ça discute de partout. Voilà des lieux de vie ressourçants.

A quelques encablures, un autre marché concerne les vêtements et les ustensiles de cuisine. Dans ce dédale de petites échoppes, Valérie et Lalie trouveront de quoi compléter leur collection de laine et de fil « enserado » afin de parfaire leur maitrise du crochet et de la confection de bracelets.

Nous avons ce privilège de pouvoir flâner, de prendre le temps et nous ne nous en privons pas. Les enfants, qui semblent en pleine forme, demandent à remonter au niveau du monument qui surplombe la ville. Un superbe escalier de pierre y mène, nous poursuivons notre remontée de cette petite ville qui a su garder tout son charme. Arrivés à la hauteur de l’édific, érigé en l’honneur des héros de la guerre d’indépendance (début du XIXème siècle), nous avons une vue magnifique sur les roches sédimentaires qui entourent la cité. Certaines ont plus de 68 millions d’années et offrent toujours un spectacle d’une pureté indescriptible.

Nous déjeunons en ville puis rentrons pour la sieste de Naïa, temps qui nous permet de répondre à vos questions et de nous détendre. Il nous faudra être en pleine forme demain matin pour poursuivre notre montée vers la Bolivie.

En fin d’après-midi, nous repartons pour un tour de ville. Nous voulons essayer de manger tôt pour rentrer préparer les affaires et partir dès que possible demain matin. Une sandwicherie hors du quartier touristique, cela convient à tout le monde pour ce soir. Notre première mésaventure argentine arrive au moment de l’addition. Le tenancier nous demande une somme bien supérieure au total des prix de nos sandwichs (des Lomitos et Hambuguesas très bons par ailleurs). Nous lui faisons remarquer et, surpris, il commence à baraguiner que les prix indiqués sur la carte sont anciens et ne sont plus valables. Notre espagnol nous permet désormais d’argumenter sans problème et de lui faire comprendre qu’il ne peut pas agir ainsi. Ce n’est pas pour la somme que cela représente pour nous mais juste une question d’honnêteté. Gêné par cette situation il nous tend discrètement un billet. Nous continuerons notre argumentation puis le laissons à sa reflexion.

Nous espérons que, la prochaine fois, il  se comportera honnêtement. Et oui, il y a des filous partout…

Cet épisode passé, nous rentrons nous coucher  . Cette rencontre ne nous fera pas changer d’avis sur le peuple Argentin : un peuple attentionné, honnête et courageux.

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1er Juillet : La Banda – Humahuaca : 42 km (2 290 km)

Même dans notre petite chambre la nuit n’a pas été bien chaude. Heureusement, nous avions nos duvets à portée de main et la chaleur issue de la proximité familiale.

Dès 10h00 nous serons pourtant en t-shirts. Quand le soleil commence à sortir, il fait rapidement très chaud. Un cyclovoyageur argentin nous avait répondu lorsque nous abordions le thème des températures nocturnes très froides : « Les nuits sont froides mais le chauffage du pauvre est efficace ! ». Effectivement ce chauffage universel marche très bien en Argentine.

Nous poursuivons notre longue montée. Au bout de quelques kilomètres nous traversons enfin le tropique du capricorne. Nous voilà sur le 23ème parallèle ! Une immense horloge solaire a été installée pour marquer l’importance de ce lieu.

Nous dansons sous les sunlights du Tropique puis reprenons la montée vers l’altiplano. Nous y allons à notre rythme. Un rythme lent mais régulier. Ces dernières étapes nous ont appris à associer, l’éloge de la lenteur à l’école de la patience.

Cette montée, à rythme très modéré  nous permet d’apprécier encore plus le paysage ET rappelle la chance que nous avons de pouvoir les découvrir ainsi à vélo. Les habitations changent. Elles sont désormais nombreuses à être construites en adobe: ces briques de terre sèche qui s’imbriquent les unes sur les autres, et sont en harmonie avec les roches environnantes.

Les visages changent également depuis quelques jours. Les peaux se noircissent, les yeux se brident légèrement. Mais toujours les mêmes encouragements, si chaleureux, et la même douceur à notre égard.

Pour l’instant nous ne ressentons aucune difficulté liée à l’altitude. Le souffle reste très correct. On y va tranquille et on évite d’accélérer quand la pente se fait un peu plus douce. Pas de mal de tête non plus. Seule une fatigue musculaire commence à être présente. Devons-nous l’attribuer à l’altitude ou à la répétition des étapes de montagne ? Nous en saurons plus dans quelques jours !

Nous arrivons enfin à Humahuaca, ville touristique qui sera l’une de nos dernières cités de taille importante avant La Quiaca, à la frontière bolivienne.

Nous trouvons une chambre assez rapidement, ce qui nous laisse un peu de temps pour découvrir la ville à pied.

Pour parfaire notre acclimatation à l’altitude (nous avons atteint les 3 000 mètres) nous resterons deux nuits ici. De quoi récupérer avant les deux dernières étapes qui nous conduiront au col, situé lui, à 3 700 mètres.

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30 Juin : Purmamarca – La Banda : 33 km (2 248 km)

La probabilité de trouver un poste de télévision avant une vingtaine de kilomètres est extrêmement réduite . Notre envie de partager la rencontre sportive du jour dans une ambiance sur-chauffée est importante. En conséquence, nous décidons de ranger nos affaires mais de ne commencer à pédaler qu’après le match du jour qui débute à 11 h.

On nous indique un bar avec de l’ambiance . Effectivement il y en a. Nous nous faisons tout petit dans cette atmosphère sud-américaine, les enfants jouant la carte de l’amitié franco-argentine avec leurs beaux maillots bleus et blancs. Nous voyons nos collègues de tablées passer par le spectre de toutes les émotions. De la déception à l’espoir, de la confiance au désespoir.

7 buts et 90 minutes plus tard (quel match !) nous remontons sur nos vélos. Cette fois, pas de concert de klaxons mais un peuple Argentin qui reste toujours très chaleureux, même en cet instant de deuil footballistique.

Nous attaquons par 3 km de descente afin de rejoindre la route principale. De beaux lacets que nous prenons le temps de savourer. Ensuite… ça monte… longtemps ! une pente plutôt douce avec quelques grimpettes . L’absence de vent nous permet d’avancer sans avoir à lutter.

Nous arrivons à Tilcara vers 16h30. Conseil de famille : s’arrêter dans cette ville ou continuer encore un peu afin d’alléger l’étape (et le dénivelé !) de demain? La majorité absolue a parlé : on continue !

7 km et une heure plus tard nous décidons de trouver un endroit pour dormir. A l’altitude où nous sommes (un peu plus de 2 500 mètres) nous ne dormirons pas sous la tente et certainement plus jusqu’en Bolivie, les nuits étant de plus en plus fraîches.

Nous trouverons, dans ce qui fut certainement un temps un hôtel, une chambre chez l’habitant. Et pas n’importe quel lieu puisqu’il s’agit d’une ferme. Moutons, chèvres, chevaux déambulent dans le champ attenant entre deux cultures d’ail.

Demain, 500 mètres de dénivelés nous attendent encore dans cette belle vallée d’Humahuaca. Nous entamons notre dernière semaine argentine…

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29 Juin : Purmamarca

Nos tapis de sol et nos duvets sont confortables mais dormir dans de vrais lits, ce n’est pas mal non plus !

C’est donc après une nuit confortable que nous nous apprêtons à passer cette journée sans vélo. Sans vélo,  mais pas sans activité physique puisqu’une belle randonnée autour du « Cerro Colorado » est au programme.

Nous rejoignons le départ du chemin de randonnée et tombons sur un van que nous reconnaissons aisément : celui des « payasos en viaje ». Souvenez-vous cette famille Argentine rencontrée après Pituil qui se dirige également vers le Nord dans un superbe combi VW coloré. Ils se sont installés à l’entrée du chemin de randonnée pour y vendre quelques produits faits main et financer ainsi leur voyage.

La joie des retrouvailles est réelle. Leur fille, Dianella est toute heureuse de retrouver des copains et décidera rapidement de nous accompagner.

Découvrir ces paysages à pied est un véritable régal. Des sentiers escarpés pour les plus téméraires rejoignent de temps à autre des chemins plus larges et accessibles. Nous prenons notre temps, admirons les nuances de couleurs qui s’offrent à nous et immortalisons ces beautés pures en nos pupilles… naturelles et numériques.

Après un déjeuner pris à l’appartement, une  séance de travaux scolaires agrémentée de réponses aux questions posées aux enfants, occupera une bonne partie de l’après-midi.

Dianella les rejoindra pour de belles parties de jeux internationaux et un apprentissage linguistique accéléré.

Nous profitons de pouvoir cuisiner plus aisément que sur notre petit réchaud pour inviter les Payasos à dîner: un apéritif dînatoire composé de multiples tapas à picorer. Simple mais convivial.

Nous échangeons quelques tours de magie, des astuces manuelles (les filles deviennent expertes en bracelets en tous genres) et beaucoup de fraternité.

Pour nous l’Argentine et la France ont déjà gagné !

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28 Juin : Volcan – Purmamarca : 26 km (2 215 km)

Après une bonne nuit dans cette grande salle paroissiale, nous faisons la connaissance au petit matin de cuisiniers qui viennent préparer le repas, pour l’école, dans la cuisine de la paroisse. Leur accueil est similaire à celui que nous avons eu la chance de recevoir depuis le début de notre remontée de leur grand pays : extrêmement chaleureux et humain.

Au moment de repartir, l’un d’eux arrive avec un immense sac rempli de pommes et d’oranges. Quelle générosité ! Nous le remercions et ne prendrons que 4 pommes et 4 oranges lui expliquant que le poids  est limité à vélo.

Une petite étape aujourd’hui au niveau de la distance, mais nous mettrons quasiment 4 heures pour parcourir ces 26 petits kilomètres: en raison, tout d’abord, du vent de face qui s’est levé pendant la nuit, un vent avec de fortes rafales qui nous épargne lorsque nous longeons les rochers mais qui nous offre de beaux combats contre les bourrasques lorsque nous nous en éloignons. Nous prenons notre temps et nous arrêtons de temps à autre pour contempler le paysage ou pour discuter avec les personnes qui nous interpellent sur la route.

Dans cette  montée nous rencontrons un nouveau cyclo-voyageur. Nicolas, un Argentin de Buenos-Aires, est parti d’Uschuaïa pour remonter toute la « Ruta 40 » jusqu’à La Quiaca, à la frontière Bolivienne, et redescend désormais à la capitale. Nous échangeons quelques bons plans, lui donnons notre carte avec nos coordonnées, pour l’un des prochains voyages qu’il prévoit de faire en France et nous souhaitons bonne route.

Les derniers kilomètres pour rejoindre Purmamarca grimpent un peu plus mais les paysages sont tellement magnifiques que nous apprécions d’aller si « des-pa-ci-to » comme le chantait si bien un « tube latino ». Les couleurs des roches sont saisissantes : du bleu, du vert, du jaune, du rouge… la palette  s’intensifie à chaque virage !

Nous arrivons enfin dans Purmamarca, un village très touristique bien que nous soyons actuellement en basse saison. Le prix des Cabanas et des hôtels est bien supérieur à celui que nous avons rencontré jusqu’à présent. Nous arpentons quelques rues à la recherche d’un bon plan .C’est une personne que nous croiserons qui nous l’offrira sur un plateau. Un coup de téléphone et quelques dizaines de mètres plus loin nous tombons sur un petit appartement confortable et au rapport qualité/prix difficilement abattable. Nous voilà bien installés au cœur de ce beau village.

Seul l’accès est un peu rock’n’roll et nécessitera du bricolage pour rentrer vélos et carriole. Nous profitons de cette fin d’après-midi pour nous promener dans des marchés très colorés et discuter avec les habitants. Forcément après la première question : « D’où venez-vous ? » les discussions du jour enchaînent irrémédiablement sur le match de samedi. Telle une pirouette, nous lançons alors un « que le meilleur gagne ! », ce qui reflète également l’état d’esprit dans lequel nous sommes.

S’en suivent quelques courses, la lessive, un repas « comme à la maison » et un petit film. Demain nous resterons sur Purmamarca afin de faire une belle randonnée autour de la montagne aux 7 couleurs et de poursuivre notre acclimatation à l’altitude.

PS : Belle fête estivale à tous nos Amis de Boissor. Bon courage aux organisateurs. Boissor plage sous le soleil Lotois ça va être superbe !

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27 Juin : San Salvador de Jujuy – Volcan : 39 km (2 189 km)

Nous voilà sur la route 9, celle qui devrait nous amener jusqu’à La Quiaca, dernière ville Argentine avant de franchir la frontière Bolivienne. Mais avant cela, 250 kilomètres de pente quasi-exclusivement ascendante nous attendent.

Nous savions que cette première portion serait difficile . Les prévisions se sont révélées exactes: 30 km de montée sans la moindre portion de plat, 30 km à faire tourner nos jambes sans avoir l’opportunité de les laisser se reposer.

Si les 25 premiers kilomètres s’accomplissent sur des pentes comprises entre 5 et 10 %, les 5 derniers, en lacets, dépasseront aisément les 10 % lors de chaque virage. Nous avons rechargé les batteries avec un pique-nique au bas de cette rampe, mais il faudra  venir à bout de ce petit col à 2 100 mètres: petit col que nous avons grimpé sans poser pied à terre alors qu’il y a encore quelques semaines cela nous aurait été impossible. Le bénéfice sportif de ces premières semaines est incontestable, même si nous savons que cela sera sans doute insuffisant pour rejoindre, sans difficultés, le plateau bolivien.

Depuis le départ, nous avons perdu quelques kilos superflus et avons gagné en tonus musculaire .Mais la succession de montées et l’altitude annoncent de rudes challenges en perspective.

D’ici quelques jours nous commencerons à mâcher des feuilles de coca, celles que vendent de nombreux marchands en bord de route et qui déforment les joues de certains de nos interlocuteurs. En attendant, nous nous astreignons à boire régulièrement, au moins tous les 5 km. Chacun doit s’efforcer de faire boire son copilote même s’il n’a pas soif. C’est la règle que nous nous imposons pour éviter tout risque de déshydratation due à l’altitude.

En fin d’étape, la route redescend et nous retournons assez vite à 2 000 mètres. Nous cherchons dans le premier village, en bord de route, un lieu pour dormir. Les hospedajes semblent tous fermés en cette saison peu touristique. Une personne qui nous voit passer et repasser dans les rues de ce village fantôme nous interpelle. En apprenant que nous sommes français,  il nous parle forcément… football puis nous demande où nous allons dormir. Devant notre réponse évasive ,  il nous propose de dormir dans la salle paroissiale. Cet amateur de foot est le Padre Mario . Il nous ouvre  une grande pièce dans laquelle nous pourrons préparer notre repas et dormir.

Ce soir, nous avons mal aux jambes, mais l’étape prévue demain s’annonce plus courte. Elle devrait nous amener jusqu’à Purmamarca, un village un peu à l’écart de la route principale  que nous ont vivement recommandé Jorge  rencontré à Mendoza ainsi que de nombreux voyageurs connus depuis.

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26 Juin : El Carmen -San Salvador de Jujuy : 43 km (2 150 km)

Le gel est venu figer l’humidité. Le spectacle en sortant de la tente laisse apparaître un paysage (et des affaires !) blanchis par le givre. Nous n’avons pas eu froid dans nos confortables duvets mais ces derniers se retrouvent trempés au lever. Nous nous armons donc de patience pour les faire sécher. Le soleil, lorsqu’il dépassera les cimes environnantes, sera bien précieux. En moins de deux heures nous gagnons quasiment 20°.

10h30, il est temps d’y aller. Nous ferons sécher les dernières affaires encore humides ce soir.

Très rapidement, deux cyclotouristes argentins arrivent à notre hauteur. Nous les avions vu arriver hier dans la nuit et nous apprendrons qu’ils se sont arrêtés à quelques centaines de mètres de notre campement. Ce sont deux cousins, Juan-Cruz et Esteban, qui sont partis de chez eux, au centre de l’argentine, et qui remontent ainsi vers l’Amérique centrale. Hier, pendant une grande partie du trajet, ils étaient environ à une heure derrière nous mais ils ont perdu du temps sur la fin avec la casse de l’un de leurs porte-bagages. Alors qu’ils essayaient de le réparer, ils nous indiquent être tombés nez à nez avec deux grands pumas. Avec humour, ils précisent que le vent contraire a fait qu’ils ne se sont pas retrouvés sur leur menu.

Nous ferons toute la route jusqu’à San Salvador de Jujuy, ensemble, dans un peloton désordonné permettant les échanges sur nos aventures respectives. Encore deux chouettes garçons avec de belles valeurs. Arrivés sur la place centrale de San Salvador de Jujuy (prononcer « rourouille » !) nous mettons nos denrées en commun pour un pique-nique international. Nous apprécions ces rencontres et ces temps d’échange auxquels participent de plus en plus facilement les enfants.

Après une dernière photo colorée et la promesse de nous revoir dans quelques jours dans la longue montée qui nous attend, nous partons à la quête… d’un bar ! Car oui, c’est l’heure du match. Policiers, taxis… toute la population semble s’être arrêtée pour suivre le match à la TV ou à la radio. Nous ne sommes plus des grands adeptes du football professionnel tant il est devenu l’archétype du sport business mais nous devons reconnaître que la coupe du monde a cette capacité à faire du lien entre les nations et à unir les populations. Nous vivons le match dans une ambiance où perlent  une émotion et une passion contagieuses, sautant dans les bras les uns des autres lors des buts de l’albiceleste et à la fin du match. Ce coup de sifflet final marque un énorme soulagement pour tout un peuple. C’est à ce moment là que nous apprenons que le prochain match aura lieu… contre la France !

Nous reprenons les vélos pour sortir de la ville. Un concert de klaxons nous accompagne. L’allégresse est à la hauteur du soulagement. Nous accompagnons les chants : « Argentina ! Argentina ! ». C’est déjà la fête avant même la phase finale !

La perspective de dormir dans des duvets encore humides ne nous enchante guère. Au bout d’une dizaine de kilomètres, après avoir entamé la montée, nous louons une petite cabana qui nous offrira tout le confort nécessaire. Un confort salutaire car demain nous commençons à nous élever et allons passer de 1 400 mètres d’altitude à près de 2 000. La montée se poursuivra ensuite pendant 200 km pour tutoyer les 4 000 mètres. Une montée que nous allons effectuer à coup de petites étapes afin de favoriser l’acclimatation.

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25 Juin : Salta – El Carmen : 70 km (2 107 km)

Grâce à notre super GPS « LalieLalie », fier concurrent de « TomTom » (une voix certes un peu aiguë mais le privilège d’avoir un commentaire sur tout ce qu’il y a à voir), bien aidé par « MapsMe » , nous sortons aisément de Salta et empruntons un maximum de pistes cyclables.

Une douce montée commence dès la sortie de l’agglomération. Alors que nous faisons quelques provisions pour les repas du jour, dans une petite épicerie, nous croisons Mickaël, ce cyclovoyageur aveyronnais, que nous avions rencontré dans la montée de la Cuesta de Miranda (celle avec la neige et la glace !), il y a déjà plusieurs semaines. Depuis, il est monté vers la frontière bolivienne par la route Chilienne et compte descendre désormais la « 40 ». Avant cela il va s’arrêter quelques jours à Salta et y fêter son anniversaire.

25 km d’une belle montée entrecoupée d’une pause déjeuner dans un endroit magnifique (entourés de chevaux, de vaches, de chèvres… le tout autour d’un lac bleu azur) et nous voilà au col. Enfin… au premier col, car par la suite ça redescend et ça remonte deux fois successivement. Heureusement les pentes sont largement acceptables et, bien que la vitesse soit réduite, la route nous offre beaucoup de plaisir. Les camions et les bus ne sont pas autorisés à prendre cet itinéraire de moyenne montagne, en raison de l’étroitesse de la chaussée .La faible circulation nous convient parfaitement.

Nous faisons de nombreuses pauses, souvent pour parler avec des personnes intriguées par notre équipage. Des policiers, des motards, des automobilistes avec lesquels nous partagerons à chaque fois quelques instants fort sympathiques.

Après le premier col, le paysage change complètement pour nous offrir une virée dans une forêt tropicale (nous devrions passer le tropique du capricorne dans les prochains jours). De vastes lianes sont accrochées à des arbres gigantesques. La végétation est extrêmement dense et les couches successives de végétaux donnent une atmosphère des plus dépaysantes.

Le précipice,profond de plusieurs centaines de mètres sur une large portion de cette route, nous fait mieux comprendre pourquoi certains vehicules y sont interdits.

Nous redescendons vers El Carmen et quelques kilometres avant la ville nous installons dans le camping municipal. Il est déjà 18h30 : une longue journée de vélo !

Montage de la tente, repas et jeux se succèdent avant de rejoindre nos duvets et de reprendre quelques forces. Demain, outre de nouveaux kilomètres à vélo, un match à forte intensité émotionnelle s’annonce pour l’Argentine. La France étant déjà qualifiée, nous serons à leurs côtés. Pour le meilleur… comme pour le pire !

PS : Bientôt la fin du mois de Juin, si vous avez des questions n’hésitez pas à les poser. Nous profiterons de la prochaine pause pour essayer d’y répondre. Nous avons déjà enregistré celles de Priscilla, de Magali et de l’école.

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24 Juin : Salta

Nous avons bien envie de mieux connaître cette belle ville de Salta avant de poursuivre notre route. Après un sommeil prolongé et un bon petit déjeuner nous partons donc pour une petite randonnée vers le centre ville.

En ce dimanche, les rues sont bien moins agitées qu’hier. Nous qui avions du mal à nous frayer un chemin avec notre imposant chargement, n’aurions plus aucune difficulté aujourd’hui. Nous allons visiter le MAAM (Museo de Archeologia de Alta Montana) situé sur la place centrale.

Ce Musée a la particularité de présenter les trouvailles qu’un groupe d’archéologues a effectuées dans la glace , au sommet d’un volcan voisin à plus de 6 700 mètres d’altitude. Cette découverte est relativement récente puisqu’elle  date  de 1999. Ce volcan était un lieu de sacrifices pour les Incas et c’est ainsi qu’ont été trouvés des objets sacrés mais aussi et surtout 3 momies d’enfants parfaitement conservées. L’une d’elles est présentée à tour de rôle au public. Son observation est assez saisissante tant la conservation est bonne. De nombreux films et panneaux donnent de plus amples informations sur les rites incas et sur ces 3 enfants de 6, 7 et 15 ans qui furent sacrifiés. Les deux plus jeunes, issus de grandes lignées, furent symboliquement mariés puis drogués avant d’être « offerts » aux divinités.

Esteban sort un peu bouleversé de cette rencontre, ne comprenant pas cette injustice dont ont été victimes ces enfants. Nous aurons une belle discussion, à table, sur l’importance de ne pas juger une société, sur l’importance de toujours replacer les événements dans leur contexte et de bien observer les éléments de contexte pour essayer de comprendre.

Ce déjeuner nous le prendrons dans un restaurant improbable situé au fond d’une cour et annexé à une maison privative. Un lieu qui nous a été recommandé par un couple de locaux avec lesquels nous avons sympathisé sur une place voisine. Pas un touriste ici, juste des habitués et une cuisine excellente et extrêmement copieuse.

(Photo d’une des momies issue du net, la prise de vues dans le musée étant interdite)

Nous nous baladons dans le « Parque San Martin » et y trouvons le seul objet qui nous fait vraiment défaut depuis le début du voyage : un porte-bébé ! En effet, Naïa commence à peser et lorsque nous nous lançons dans de longues promenades, cela commence à devenir difficile. Celui que nous avons trouvé est un peu petit, mais sera bien pratique !

Le reste de l’après-midi est consacré à une belle partie de foot, aux devoirs et à quelques réparations.

Nous ressortons en début de soirée dans le parc ou règne une belle agitation. En ce jour de repos musculaire, les enfants veulent faire… du vélo ! Oui mais sur des montures spécifiques qui leur permettront même d’amener Naïa avec eux.

Nous nous amusons à observer les chiens depuis ce matin. Ils portent quasiment tous un petit vêtement. Cela va du petit veston « Adidas », à la robe façon tailleur en passant par l’inévitable tenue bleu et blanc flanquée du numéro 10. Drôle de mode !

Nous dînons dans le parc et revenons goûter une grosse nuit de sommeil avant la sortie de Salta et le premier col prévu demain.

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23 Juin : El Carril – Salta : 36 km (2 037 km)

Les nuits sont si humides que la tente paraît trempée comme si elle avait dû affronter un gros orage. Nous prenons le temps ce matin de la faire sécher car ce soir nous dormirons à Salta et nous ne souhaitons pas la conserver mouillée.

Autre témoin de cette  humidité:les fils électriques sont parsemés de petites plantes dont les graines ont sans doute été transportées par les innombrables oiseaux qui s’y perchent.

Les villages traversés depuis quelques jours proposent de plus en plus de fruits et légumes, ce que nous avions du mal à trouver dans le Sud. Nous nous régalons désormais de belles tomates, de caloriques bananes et de succulents avocats.

Lalie qui commence a bien maîtriser « maps me » nous trouve une belle piste cyclable qui nous permettra de faire les 15 derniers kilomètres en toute sécurité.

Il y a de la Vie à Salta. Beaucoup de gens dans les rues. Des marchands sur les trottoirs. De la musique à tous les coins de rue. Cela change des zones désertiques que nous avons traversées.

Nous déjeunons près de la magnifique place centrale puis cherchons un petit hôtel pour la nuit. Un petit hospedaje, situé à côté de la gare routière et au rapport qualité/prix remarquable, fera parfaitement l’affaire.

Un grand parc situé non loin nous offrira une belle balade avant de dîner en testant quelques nouveautés chez les marchands de rue.

Un rafraîchissement de la température est prévu pour demain. Nous allons certainement en profiter pour nous poser un peu et reprendre des forces avant les premières étapes de montagne qui s’annoncent.

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22 Juin : La Vina – El Carril : 61 km (2001 km !)

L’humidité matinale est revenue et avec elle, la nécessité de faire sécher la tente avant de partir… ou de la ranger mouillée. Le soleil ayant du mal à élever ses rayons au-delà des montagne,s nous optons pour la deuxième option, ce qui occasionne quelques centaines de grammes supplémentaires à transporter.

Nous quittons notre champ précédés par des nuées de perruches virevoltant d’un arbre à l’autre en nous offrant un superbe ballet vert émeraude.

Deux kilomètres et nous nous arrêtons déjà. Une station service sur le bord de la route, synonyme de Wifi, nous permettra après moult patience de vous adresser les derniers articles et leurs nombreuses photos.

Finis les canyons et les vallées surplombées d’imposants rochers. La plaine s’annonce et avec elle, une succession de montagnes russes pour lesquelles nous essayons d’optimiser notre élan avant de nous faire happer par la dure loi de la pesanteur.

De vastes champs de maïs et de blé bordent désormais la route qui semble bien fade au regard de celle contemplée au cours des deux derniers jours.

Nous pique-niquons sur la place de Coronel Moldes, une petite ville qui sent la douceur de vivre.

La circulation semble s’intensifier par la suite. De nombreuses routes rejoignent notre itinéraire pour rallier Salta.

Nous atteignons le 2 000ème kilomètre depuis le départ et en profitons pour faire une petite photo souvenir. Une grande ferme est située un peu plus loin. Nous demandons l’autorisation de planter la tente en bordure mais c’est sur un petit coin de pelouse au milieu des paons et autres volatiles que l’on nous propose  pour  nous installer. Les enfants sont ravis et partent à la recherche de plumes pendant que les adultes installent le campement. Il ne nous reste plus qu’une petite trentaine de kilomètres avant de rejoindre Salta, ville symbole du Nord de l’Argentine.

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1 mois et demi d’Aventure : quelques images !

Valérie a profité de cette pause à Cafayate pour monter un petit film sur ces premieres semaines. Voici donc quelques images que nous avons grand plaisir à partager avec vous.

 

La version HD sera mie en ligne dès que nous aurons un Wifi performant…

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21 Juin : Garganta del Diablo – La Vina : 58 km (1 940 km)

Dormir sous tente lorsque le temps est clément est un véritable délice. Le bruit de la rivière, les douces caresses du vent sur la toile, les premiers rayons du soleil qui viennent réchauffer l’habitacle sont autant de perceptions qui viennent aiguiser nos sens.

Nous démontons la tente juste avant que des hordes de touristes soient déversées par de nombreux bus au pied de la gorge avec une même consigne : vous avez 10 minutes ! Bienvenue dans la consommation du selfie et du fast checking.

Nous observons ce ballet en compagnie de nos amis brasseurs. Lalie se réveille de sa douce nuit dans sa maison roulante, Oscar et Azul s’essayent au Pino et nous poursuivons nos échanges avec ce couple fort sympathique pendant que les enfants s’apprennent des chansons et font des rondes.

Nous nous donnons rendez-vous en France et poursuivons notre chemin sur cet itinéraire toujours aussi somptueux. Peu à peu les dégradés de rouge laissent place à une végétation verdoyante. Le faux plat descendant est annihilé par un vent de face parfois soutenu mais peu importe dans un tel paysage nous revendiquons la slow life.

Une petite pause « empanadas » et nous poursuivons une quinzaine de kilomètres avant de nous installer juste à temps dans un petit resto avec une poignée d’Argentins pour regarder le match de l’équipe nationale. C’est à une véritable déconfiture et à la décomposition de nos voisins de tablée que nous assistons. Nous aurions tant aimé que ce Mundial se transforme en éclaircie dans le sombre paysage économique que traversent nos hôtes.

Les enfants, eux, ont encore trouvé des copains : une famille franco-argentine s’est arrêtée au même endroit et les enfants refont le match sur l’herbe voisine.

Il est 17h00, l’heure de repartir pour faire encore quelques kilomètres et chercher un lieu de bivouac. Nous nous laissons piéger par les clôtures qui bordent désormais la route et avançons jusqu’à la tombée de la nuit avant de trouver un petit chemin qui s’enfonce dans les champs.

Au bout de quelques centaines de mètres nous trouvons notre lieu de campement. Chacun à son poste, l’installation de notre demeure itinérante est finalisée en une 20aine de minutes (tente, couchages et préparation de l’eau chaude pour le repas compris). Les prochaines étapes s’annoncent un peu plus physiques pour rejoindre Salta située désormais à une petite centaine de kilomètres. Mais la magie des paysages que nous avons traversés ces deux derniers jours est une formidable source d’énergie qui alimente notre soif de nouvelles découvertes.

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20 Juin : Cafayate – Garganta del Diablo : 52 km (1 882 km)

Après ces trois journées de pause à Cafayate, la route nous appelle à nouveau. Nous sommes heureux de retrouver cette vie de nomade même si se poser de temps en temps est fort appréciable et permet une récupération indispensable.

Nous pensions partir vers 9h00 mais le temps de rassembler toutes nos affaires, de nettoyer un peu l’appart et de charger les sacoches sur nos vélos il est déjà 10h00. Un amical salut à nos nouveaux amis Lillois et nous voici sur la route de Salta.

Et quelle route ! Nous ne nous souvenons pas avoir pédalé dans un cadre aussi incroyable ! Des trésors géologiques à perte de vue. Des gorges, des canyons, des sculptures naturelles forgées par l’érosion aquatique. Nous nous arrêtons tous les 500 mètres pour immortaliser la beauté incroyable de ce lieu. Les formes, les couleurs, tout est incroyablement magique. Nous en prenons plein les yeux et en plus… le dénivelé nous est également favorable !

Nous pédalons dans ce décor somptueux, comprenant nombre de sommets depassant les 6 000 mètres, en nous répétant la chance que nous avons. Nous nous sentons les rois du Monde !

Pour parfaire la carte postale, une rivière (la première que nous voyons avec de l’eau depuis bien longtemps) coule en contrebas. Une herbe bien verte vient la border, un nuancier serait trop fade pour transparaître ce festival de couleurs.

En ce dernier jour d’automne, le temps est également de la partie. 23 à 24 °, assez pour aller s’amuser avec les enfants pour une simple trempette qui fini par une bataille d’argile donnant forcément prétexte à une baignade intégrale.

Nous poursuivons notre route et arrivons à la Garganta del Diablo (la gorge du Diable). Deux formations rocheuses légèrement écartées qui permettent de se faufiler dans un interstice composé de quelques parois appelant, pour le plus grand bonheur des enfants, quelques exercices d’escalade assez physiques.

Sur le parking, un grand bus de voyageur est stationné. Oscar, Janina et leur fille, Azul, sont partis depuis un an et sont sur le chemin du retour vers chez eux en Patagonie. Un petit frère ou une petite soeur viendra bientôt agrandir cette jolie famille. Pour financer leur voyage… ils vendent des bières artisanales de Patagonie. Un petit écriteau disposé à l’arrière de leur imposant véhicule précise que chaque bière vendue leur permet de faire 15 km supplémentaires. Nous plantons la tente au pied des gorges puis les rejoignons. Nous passons un très bon moment avec eux. Ils proposent à Lalie de venir dormir dans le bus cette nuit. Elle saute au plafond !!!

Nous nous faisons cuire quelques pâtes, les aidons à faire quelques kilomètres supplémentaires et finissons la soirée sous une myriade d’étoiles dans cette incroyable vallée. Ce soir nous sommes les rois du Monde !

PS : toute notre tendresse de reconfort pour notre Ami Abdon

PS’ : comme c’était magnifique… il y a beaucoup de photos !

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19 Juin : Cafayate

Nous sommes bien dans ce petit appartement et ne nous sentons pas tout à fait prêts pour repartir. Il nous reste encore quelques réparations ou réglages à faire (tapis de sol qui n’ont pas aimé les cactus, réchaud à finir de purger, changement de porte-bidons sur les velos, contrôles et réglages…). Nous avons donc décidé de rester une journée de plus dans cette belle ville de Cafayate !

Le matin nous en profitons pour faire une petite balade… à vélo ! Mais sans bagages ça change pas mal de choses ! Nous nous rendons à la chèvrerie de Cafayate et y dégustons une belle variété de fromages (avec une pensée pour nos amis de Rocamadour). La ferme compte de nombreuses chèvres (dont de tout petits chevreaux nés dans la nuit) mais aussi des vaches, des chevaux et toute une brochette de palmipèdes. Josephina, la fille de la propriétaire en a profité pour venir avec nous… et donc faire un tour de vélo !

En début d’après-midi nous retrouvons Erwan, Sarah et leurs garçons à qui nous prêtons nos montures afin qu’ils puissent eux aussi s’adonner aux plaisirs du tandem. Pendant ce temps, Christophe passera entre les mains de sa coiffeuse préférée et les enfants apprendront plusieurs techniques permettant de réaliser de superbes bracelets. Nous en profiterons également pour aller retirer de l’argent. Depuis 48 heures tous les distributeurs de la ville s’annoncaient vides. Dès qu’ils ont été réapprovisionné, les files d’attente ont recommencé, toujours avec la même impression de fatalisme face à un pesos qui n’en fini pas de dégringoler.

Nous profitons d’avoir à nouveau un peu de liquidités pour s’offrir une glace et pourrons ainsi découvrir deux nouveaux parfums : la glace au Malbec et celle au Torrontes (cépage blanc argentin). Cafayate est vraiment la ville du vin. De grandes caves, les bodegas, sont présentes un peu partout, même en centre ville. On peut y déguster du Cabernet-sauvignon, du Tannat, du Merlot et bien entendu du Malbec. Certains de ces cépages sont situés à plus de 2 000 mètres d’altitude et beaucoup ont fait le choix du bio. L’enclavement de Cafayate ne facilite pas l’export mais la qualité des vins que nous avons goûté fait qu’ils méritent d’être connus.

L’heure du rangement est arrivée. Il nous reste 200 km pour arriver à Salta. 200 km dans une vallée qui s’annonce superbe. Puis il faudra à nouveau recharger les batteries pour ce qui s’annonce être la partie la plus physique du voyage. Si tout va bien, dans moins de 15 jours nous devrions arriver… en Bolivie !

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18 Juin : Cafayate

Nous avons besoin de récupérer, nos organismes nous le font sentir. Depuis bien longtemps nous n’avions pas dormi tous aussi longtemps…

Un bon petit-déjeuner pour élever notre niveau d’énergie et nous voilà partis pour le centre ville. Trois missions ce matin dont une plus complexe que les autres. Si le linge et les courses pour ce soir se font aisément, la recherche de fil chenille se transforme en un grand jeu de piste. La chasse au trésor version argentine. Tous les commerces que nous interrongeons n’en ont pas ou plus mais nous indiquent l’adresse d’un autre magasin où nous en trouverons surement. Et cela… plus d’une quinzaine de fois à la suite. Résultat : nous parcourons une grande partie de la ville à pied et finissons , bien après nous être séparés sans se retrouver (pour compliquer la chose) par mettre la main sur ces petits bouts de métal tant recherchés. Nous nous retrouvons tous à l’appartement. Lalie et Esteban vont enfin pouvoir se mettre à la confection de petits vélos selon la methode apprise de Sebas à San Agustin del Valle Fertil.

L’après-midi passera encore bien vite entre dictées, maths, éducation civique et préparation du repas de ce soir,

En effet, ce soir nous avons le plaisir de recevoir une famille de Français, que nous avions croisée sur la place centrale, le soir de notre arrivée.

Erwan, Sarah et leurs trois garcons (Titouan, Gabriel et Marius) sont partis pour un grand voyage de trois mois, en sac à dos, en Argentine, au Brésil et au Canada. Nous trouvons beaucoup de similitudes dans nos projets respectifs et notamment le souhait de vivre intensément une Aventure familiale avec les enfants. Le goût des rencontres, l’adaptation permanente et le plaisir des choses simples nous rapprochent de cette famille Lilloise. Les enfants sont tout heureux de trouver des copains avec qui jouer… en français ! Douce soirée francophone dans l’hiver argentin…

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17 Juin : Cafayate

Une savoureuse odeur de pain perdu vient réveiller les derniers levés. Valérie a décidé de joindre l’utile à l’agréable et de transformer le pain rassi que nous transportions depuis déjà quelques jours en de savoureuses brioches.

Aujourd’hui c’est dimanche et il faudra donc attendre demain avant de s’attaquer à chaque arrêt à la mission « propre »  : le linge sale. Le marché couvert est lui ouvert ce matin. L’occasion de déambuler devant des étals colorés aux odeurs subtiles. Nous achetons de quoi faire les deux repas du jour et revenons à l’appartement où les enfants et Valérie s’attellent à préparer un délicieux repas pour la fête des papas. Dessins, poèmes, petits souvenirs et beaucoup de tendresse : voilà un papa comblé.

L’après-midi passera bien vite entre la sieste de Naïa, les travaux scolaires des grands, la maintenance du blog (nous avons rajouté une nouvelle option à droite du blog vous permettant de retrouver les articles par pays, pas encore très utile pour l’instant mais dans quelques mois la liste devrait s’allonger) et le lien avec de nouveaux hôtes de Woofing, ceux qui devaient nous accueillir à Salta nous ayant finalement annoncé leur impossibilité de nous héberger pour raisons familiales. C’est donc finalement vers La Paz que nous devrions nous arrêter quelques jours pour travailler dans une ferme agro-écologique et partager le quotidien d’une famille locale.

Nous en profitons également pour lire l’actualité de ces derniers jours et avons une pensée pour toutes les personnes qui ont subi les inondations de ces derniers jours en France. Nous adressons ainsi nos voeux de réconfort aux résidants du foyer-logement de Luzech et à nos amis Dominique et Florence dont le magasin ne semble pas avoir été épargné par les trombes d’eau Luzechoises.

En fin d’après-midi, les filles iront se promener en ville pendant que les garçons useront de loisirs plus numériques. Le repas du soir est à nouveau un repas de fête puisque Lalie et Valérie ont préparé un riz au four, plat familial que nous avons si souvent réservé aux cyclistes accueillis à Boissor, dans le cadre du réseau Warmshower, et un brownie. La cuisine au réchaud c’est pratique, mais le luxe d’une vraie cuisine permet de rompre avec nos repas de cyclistes nomades.

Ce soir les enfants sont invités à jouer, après le repas, par les jeunes filles des propriétaires de l’appartement à qui ils avaient apporté un peu de gateau un peu plus tôt. Une belle journée de fête à l’autre bout du monde.

PS : la VeLove Family souhaite une bonne fête à tous les Papas

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16 Juin : Corral de Piedra – Cafayate : 48 km (1 830 km)

Si le lever est matinal pour ceux qui veulent voir le match de l’équipe de France (quelle idée de jouer à 7 heures du matin !), d’autres en profitent pour récupérer un peu de sommeil.

Les enfants retrouvent lamas, ânes et chèvres pendant que les adultes discutent entre eux. Le hasard de l’enchainement Mundialistique fait que l’Argentine joue également ce matin. Regarder le match de l’équipe nationale avec une famille locale ne se refuse pas, même si nous aurions pu profiter de l’opportunité d’être seuls sur la route pendant 90 minutes.

De vaillants Islandais ont contrarié des Argentins quelque peu timorés. La déception est grande mais on nous invite à partager un moment précieux : la préparation du repas. Et cela se refuse encore moins qu’un match de Messi et compères ! Entrer dans la cuisine, c’est partager une dose d’intimité, c’est apprendre de nouvelles recettes tout en échangeant sur de multiples sujets. Nous passons ainsi de la préparation de la viande pour les empanadas à la confection de pâtes maison, des résultats footballistiques aux habitudes locales. René et Brigida insistent pour que nous restions partager le repas avec toute la famille. Encore un moment de partage à apprécier.

Lalie se regalera des pâtes maison (les meilleures qu’elle n’ait jamais mangé indique-t-elle… et pourtant rien que depuis le début du voyage nous en avons mangé quelques kilos !), pendant que les adultes échangent encore quelques conseils avant que les activités du samedi après-midi ne viennent mettre un terme à ces precieux instants.

Il est 15h00  nous reprenons la route. Une route qui nous réserve quelques montagnes… russes pour arriver dans la vallée de Cafayate, l’alter-ego de notre Cahors en France. Des vignobles de partout, de somptueuses bodegas sauf qu’ici  , tout est gigantesque. Les parcelles de vignes font souvent plusieurs centaines d’hectares pendant que les caves en marbre blanc sont d’un luxe tapageur.

La nuit tombe, nous arrivons à Cafayate: une ville très touristique avec de nombreux restaurants et des boutiques de souvenirs. Nous nous éloignons un peu de la place centrale et trouvons un petit appartement qui sera parfait pour les deux jours à venir. Et oui, après 10 jours de vélo, il nous faut répondre à certaines taches ménagères, reprendre quelques leçons scolaires, réparer certains éléments en délicatesse (des tapis de sol notamment) et surtout récupérer de l’énergie avant de rejoindre Salta. Vaste programme…

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15 Juin : Santa Maria – Corral de piedra : 48 km ( 1 782 km)

Après la journée marathon d’hier, nous trainons un peu afin que chacun puisse se réveiller à son rythme et récupérer un maximum d’énergie.

Nous sortons de Santa Maria par un petit pont qui traverse la rivière voisine et revenons ainsi sur notre chère Ruta 40. Encore un itinéraire  de toute beauté. Finies les zones désertiques, la route sinueuse emprunte un parcours à flanc de coteaux laissant découvrir en contre-bas de belles vallées bien vertes.

Le macadam, d’une qualité remarquable, est bien agréable, même avec un petit vent de face. Au bout d’une trentaine de kilomètres nous arrivons à un embranchement qui propose de se rendre aux ruines de Quilmes. Car oui, Quilmes avant d’être la bière la plus connue en Argentine était le nom d’un peuple indigène vivant dans cette zone géographique.

Bien que le chemin de terre soit terriblement ensablé et qu’il monte sur un peu plus de 4 km, nous optons pour cette pause culturelle. Et nous avons bien fait car nous avons encore passé un superbe moment dans ce lieu peu commun. Une ancienne ville faite de murs en pierres sèches avec des zones communes pour l’agriculture, des lieux de dévotion et des espaces pour les rencontres sociales. Ce peuple vouait une véritable adoration et un profond respect à la « Pachamama » : la Terre-Mère. Tout était donc fait pour la protéger et apprendre à la connaître afin d’en retirer tous ses bienfaits. Un espace très visuel permettant de découvrir cette culture assez exemplaire nous a passionnés .

Les Quilmes ont été décimés au XVIème siècle avec l’invasion des conquistadores espagnols mais leurs règles de vie et les valeurs qu’ils défendaient peuvent continuer à inspirer nos sociétés contemporaines.

En souvenir, nous acheterons un petit drapeau qui représente le peuple indigène: de belles couleurs arc-en-ciel qui flottent désormais à l’arrière de la carriole.

Il est 16h30 . Le soleil menace de s’évanouir derrière les sommets qui bordent le site. Il est temps de redescendre vers la route. Nous faisons quelques kilomètres et sommes attirés par deux lamas en bord de route. Juste à côté : « un hospedaje » qui nous accueille, sur le principe : » vous êtes les bienvenus et vous donnez ce que vous voulez » . Des ânes, des chèvres viennent bientôt rejoindre les deux lamas. C’est le paradis pour les enfants et un lieu magnifique pour terminer cette nouvelle journée Argentine.

Nous passons une délicieuse soirée avec René, Brigida et leurs deux filles. Quelques tours de magie de Lalie, des pitreries de Naïa et des empanadas. Encore une belle journée…

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14 Juin : Los Nacimientos – Santa Maria : 106 km ! ( 1 734 km)

– 8°, c’est ce qu’indique le compteur, pourtant à l’abri du vent, lorsque nous reprenons la route ce matin. Auparavant, nous avons partagé le petit-déjeuner avec les écoliers et leurs enseignants. Un bon thé chaud qui nous aura permis de conserver quelques degrés corporels. Cette école comme beaucoup d’autres que nous avons croisées en Argentine a la particularité d’accueillir des élèves de primaire le matin et des collégiens l’après-midi . Nous avions donc quitté des adolescents hier soir et saluons ce matin de tout jeunes écoliers.

Le soleil ne souhaite apparemment pas sortir de sa couverture de nuages ce matin. L’air extérieur reste glacial. Nos gourdes pourtant remplies avec de l’eau tiède ce matin se transforment vite en glaçons. Les doigts de pied ne tardent d’ailleurs pas à rejoindre cet état.

Nous savons qu’il nous reste encore 19 km de montée mais nous avions espéré conserver un vent favorable. Malheureusement, il a encore changé de sens pendant la nuit. 19 km de lutte contre cet ennemi invisible qui brule nos calories. Lalie et Esteban commencent à avoir les larmes aux yeux, rongés par le froid qui les envahit. Les parents serrent les dents et commencent à penser à d’autres alternatives pour cette longue traversée.

Un aéroport,  perdu au milieu de nulle part , marque la fin de la montée. Le vent souffle avec force et nous sommes déjà éreintés. Nous rejoignons le hall d’attente de l’aéroport afin d’y trouver un peu de chaleur. Nous sommes accueillis par Christian, notre ange gardien du jour. Il s’occupe de la tour de contrôle mais également de la sécurité du site, construit afin de développer l’industrie minière située à quelques centaines de mètres. Il nous apporte du thé chaud, du pain et un petit chauffage qui contribueront grandement à la récupération de l’équipe.

Un coup d’oeil à l’extérieur : les petits drapeaux qui flottent derrière nos vélos ont changé de sens. Christian, nous explique que cela peut arriver plusieurs fois dans une seule journée. Nous nous dépéchons de repartir ! C’est le pied, ou plutôt la roue libre: 25 à 30 à l’heure alors qu’une heure plus tôt nous n’arrivions pas à dépasser les 7 km /h !

Nous enchaînons les kilomètres avec une seule peur : que le vent change à nouveau de sens. Ce fameux vent finit par s’arrêter. Nous nous arrêtons nous aussi, pour déjeuner et lorsque nous voyons à nouveau les drapeaux flotter dans le bon sens, nous remontons sur le pont pour poursuivre notre traversée. En chemin, nous observons d’innombrables troupeaux de vaches, de chèvres ou d’ânes vaquant librement dans cette immense plaine sablonneuse.

Nos arrêts s’échelonnent selon les caprices du vent. Nous arrivons ainsi à atteindre le bout du plateau. S’ensuit une belle descente, récompense de ces journées de montée. Nous nous étions fixé d’arriver au maximum à San Jose. Nous y arrivons au bout de 85 km mais Lalie et Esteban, tout contents de voir la barre des 100 km s’approcher insistent pour continuer. Ils veulent être 100 bornard à vélo, et aussitôt cette limite franchie, afficheront une certaine fierté qui ne les quittera pas de la soirée. Nous arrivons dans la banlieue de Santa Maria et trouvons une chambre dans un hôtel, sans eau chaude, et avec un Wifi défaillant mais des lits qui feront du bien à toute la famille après ces dernières journées éprouvantes.

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13 Juin : Termas de Hualfin – Los nacimientos : 29 km (1 628 km)

Si vous avez déjà parcouru le blog de la VeLove Family, vous avez pu lire cette phrase « Chaque jour est une Aventure ! ». Et bien nous allons vous rapporter les Aventures du jour.

Après une nuit passée bien au fond de nos duvets, car il n’a pas fait bien chaud dans notre petite pièce, nous essayons de partir tôt pour cette journée de montagne qui s’annonce. Deux événements viendront changer le cours des évènements. Tout d’abord, il a fait encore plus froid que prévu cette nuit. Lorsque nous nous apprêtons à monter sur nos vélos vers 8h00 , le compteur annonce encore un – 6°. Résultat : ce qui restait d’eau dans nos gourdes est gelé et la seule canalisation à disposition l’est également. Deuxième événement : notre première crevaison. Une épine perfide a délicatement dégonflé la roue avant du Pino blanc pendant la nuit. Alors que nous étions prêts à partir avec entrain, nous voilà à changer la chambre à air… par -6° ! Forcément l’enthousiasme prend également un coup de froid.

Nous rejoignons la « ruta 40 » par le chemin en ripio et prenons le temps de faire quelques prises de vue dans ce paysage ocre au soleil levant.

Hualfin, le premier village, est à 7 km. Il est en contrebas de la « 40 » et nous hésitons donc à y descendre pour aller nous ravitailler en eau. Nous ne savons pas ce que nous allons pouvoir trouver plus haut et optons pour la descente , même si elle appellera une remontée. Nous arrivons devant un collège. Il y a une belle animation. Nous nous approchons afin de demander de l’eau et sommes pris en quelques minutes dans une spirale féerique. Le cross annuel du collège va partir dans quelques minutes. Le Directeur vient à notre rencontre et est tellement surpris et ravi de notre présence qu’il nous demande d’ouvrir la première course de deux kilometres. Nous voilà donc à sprinter pendant deux kilomètres afin de précéder de jeunes adolescents déchaînés.

Une fois arrivés et tellement heureux de l’animation supplémentaire que notre présence a pu engendrer, le Directeur nous propose d’ouvrir également la course de 5 km des 4ème et 3ème. Nous voilà donc repartis dans un parcours alternant asphalte et ripio avec, pour le plaisir, un passage à gué. Heureusement, même si nous luttons dans les passages difficiles pour tenir la cadence, les descentes sont à notre avantage et nous arrivons à reprendre quelques dizaines de mètres aux premiers qui courent entre 16 et 17 km/h.

A l’arrivée « Nuestros Amigos de Francia » comme nous appelle désormais le Directeur au micro qu’il manie tel un DJ arranguant la foule, sont invités à remettre les médailles aux vainqueurs. Naïa ne se fera d’ailleurs pas prier pour s’exécuter dans ce rôle . Sa petite taille amène les athlètes à se pencher au ras du sol devant les encouragements et les rires de la foule surchauffée.

Nous sommes ensuite entraînés dans la grande salle commune où l’on nous invite à partager le repas avec les élèves et les professeurs. De grandes tablées, une ambiance très bon enfant où les élèves donnent de la voix pour mettre en avant leurs classes, le tout sous la houlette musicale du Directeur assis derrière les platines. De grands moments de joie partagés avec tous ces élèves et le corps enseignant.  Des moments aussi inattendus qu’inoubliables… pour quelques litres d’eau !

Nous repartons en début d’après-midi et attaquons la montée. Le dernier village avant la zone désertique est en vue, il est déjà 16h00. Nous ne prendrons pas le risque de nous aventurer en altitude avec les températures annoncées. C’est un tout petit village mais il y a tout de même une école. Nous demandons s’il serait possible de nous y abriter pour la nuit. Quelques minutes plus tard, la réponse arrive de la Directrice. Pas de problème, nous pouvons nous installer dans le hall d’entrée mais il nous faudra attendre 19h00 que les derniers cours se terminent.

Un Professeur d’Anglais nous croise dans les couloirs et nous propose d’intervenir dans sa classe. Pendant près d’une heure nous alternerons entre la langue de Shakespeare et celle de Cervantes, répondant aux questions d’élèves fort studieux et de leur professeur enjoué.

La fin de la montée et la traversée de la zone inhabitée auront donc lieu demain mais ce soir, en nous couchant, nous avons vraiment l’impression d’avoir passé une belle journée… à l’école de la Vie !

PS : ce soir nous avons une pensée pour Jean Galiana, pour notre Ami Vincent et toute sa chère famille

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11 Juin : sur la route de Londres – La puerta de San Jose : 49 km (1 550 km)

Notre comptage nocturne nous permet ce matin d’indiquer qu’environ 50 % des automobilistes (avec un pourcentage plus important pour le camionneurs) se rappellent au bon souvenir de Gauchito Gil en lui adressant quelques coups de klaxon à chacun de leur passage.

Cela ne nous a pas empêché de passer une bonne nuit dans ce lieu insolite. Nous avalons les 15 km qui nous séparent de Londres en guise de mise en route puis poursuivons jusqu’à Belen. Nous resterons quelques heures à proximité de la place centrale de cette petite ville qui paraît très animée. Nous nous restaurons, nous connectons et discutons avec les personnes qui viennent très spontanement vers nous. Il faut dire que l’originalité de nos montures, leur charge et les frimousses des enfants attirent bien des curieux. « De donde vienen ? » (vous venez d’où ?) est une question que nous entendons des dizaines de fois par jour, parfois même par des automobilistes qui ralentissent à notre niveau pour nous la poser et qui repartent satisfaits aussitôt la réponse donnée en levant leur pouce bien haut. Lorsque nous nous arrêtons, comme ce fut le cas sur cette place, cela permet souvent aux personnes d’engager la conversation. Nous glanons quelques précieuses informations sur la suite de l’itinéraire lors de ces occasions et assistons souvent à la stupeur de nos interlocuteurs de nous savoir sur la route pour un si long voyage. Nous pouvons mesurer également un élément qui revient souvent : en effet, très fréquemment on nous dit qu’ici les gens sont bien mais que plus haut, il faut se méfier. Et lorsque nous arrivons plus haut sur la carte, les personnes tiennent le même discours des contrées voisines. La peur de l’étranger, une peur souvent infondée qui ne permet pas d’apprécier toute la richesse de l’autre. Modestement, à notre petit niveau, nous leur indiquons que nous pensons qu’ils seront aussi gentils qu’ici et finissons par leur montrer la phrase inscrite sur nos t-shirts. La conversation bifurque alors souvent sur un autre sujet…

Le froid est annoncé pour les jours à venir et une longue étape de montagne nous attend demain (et après-demain). Il fait bon aujourd’hui et nous sommes en forme. Le conseil de famille décide donc à l’unanimité (moins une voix qui dort dans la carriole…) de poursuivre sur une quinzaine de kilomètres. Cela nous permettra d’être plus proches des thermes de Hualfin où nous comptons bien nous délasser demain.

Ce petit supplément kilométrique monte, certes, mais il est de toute beauté. De larges gorges qui forment un canyon aux couleurs pastels. Une rivière en contre-bas ajoute à la grâce de ce paysage de western. C’est dans une courbe que nous rencontrons un nouveau cyclotouriste. Richard est Vénézuélien, il est parti depuis plusieurs mois pour se rendre au Pérou où avait lieu le rassemblement mondial des cyclo-voyageurs. Le prochain aura lieu à Lhassa, au Tibet, en 2020. Il s’est donc donné le challenge d’y aller… à vélo (excepté bien entendu la traversée de l’Atlantique pour laquelle il fera du bateau-stop). Il redescend donc actuellement vers Buenos-Aires avant un long voyage maritime vers la peninsule ibérique. Il passera ensuite par la France pour prendre la route de la soie et rejoindre Lhassa. Tout un programme !

Nous passons un bon moment avec lui, échangeons quelques précieuses informations sur nos routes respectives et lui offrons une chambre à air 26″, celle de son pneu arrière étant très fatiguée. Nous lui donnons rendez-vous en France s’il y arrive après le 1er Mai 2019 et sinon lui assurons que nous pourrons lui trouver des étapes chaleureuses lors de son passage (peut-être vous ?).

Ces rencontres, mêmes furtives, permettent de prendre de grands bols de sourires et de joie. Un régal !

Nous poursuivons sur quelques kilomètres et nous posons dans un camping municipal dont nous sommes les seuls occupants. Imaginez un grand camping de bord de mer en France au mois de décembre, c’est calme non ? Au moins ce soir, pas de klaxon en approche. Uniquement le souflle d’un vent froid qui durcit d’heure en heure…

PS : Bienvenue dans ce beau monde à Louise Guillouzic !

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12 Juin : La puerta de San Jose – Termas de Hualfin : 49 km (1 599 km)

En une nuit nous avons perdu 11°. Cela reste encore supportable par le fait qu’il n’y a pratiquement plus de vent. Le froid sec nous convient surtout lorsque les premiers rayons du soleil viennent réchauffer nos corps.

Nous poursuivons notre remontée en altitude. La route monte en continu mais avec des pourcentages tout à fait acceptables. Nous passons d’une vallée à l’autre, atteignons un plateau puis un autre. A chaque fois nos yeux s’émerveillement devant la beauté naturelle qui s’offre à nous. Nous aimons le rythme lent qu’impose le voyage à vélo. Il nous permet de découvrir les changements d’écosystèmes de manière feutrée, de caresser les évolutions topographiques et de contempler chaque nouveauté.

Sur les derniers kilomètres nous parcourerons une route creusée dans un canyon de sable. Beauté majestueuse d’oeuvres temporaires modelées par les vents opposés. L’érosion sculte ici des formes d’une finesse angélique.

Les thermes de Hualfin ne sont accesssibles que par une route non carrossable en ripio. 4 km, c’est peu mais c’est beaucoup après une journée de vélo quasi exclusivement composée de pentes ascendantes. Nous nous lançons dans un nouveau canyon, échangeons avec quelques cavaliers (qui montent à cru !) et arrivons enfin dans un cirque naturel aussi inattendu que sublime.

La nuit tombera dans une heure.Nous demandons s’il n’y aurait pas une pièce pour que nous puissions dormir à l’abri. Tout esf fermé mais ils sont en train de refaire une chambre pour la prochaine saison. Ils nous la laissent contre quelques pesos.C’est parfait car les prévisions annoncent – 3° pour cette nuit.

Une fois le couchage organisé vient alors l’heure du bain tant attendu. De petites pièces sont équipées de larges baignoires dans lesquelles se déversent les eaux thermales à 36 °. Nous pouvons facilement y rentrer à 4 + une petite Naïa toute contente de nager dans sa piscine. Nous y restons une bonne heure à réchauffer nos corps, à chanter…. à se shampooiner !

La sortie du bain se fait rapidement car l’air extérieur est déjà bien froid. Nous mangeons dans notre petite chambre et nous préparons à une longue nuit afin d’être en pleine forme demain matin. Une dernière étape de montagne nous attend afin d’atteindre un nouveau plateau qui descendra ensuite vers Cafayate. Nous sommes remontés à 1 900 mètres et devrions atteindre les 2 500 mètres demain. Pour compliquer le programme une longue zone de 80 km, sans village, est également à l’ordre du jour. Oui vraiment, la nuit sera bonne…

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10 Juin : Alpasinche – sur la route de Londres (et oui !) : 66 km (1 501 km)

Nous déjeunons à l’extérieur ce matin. La température est supportable et nous sommes prêts à nous lancer sur ces grandes lignes droites qui nous attendent. Avant cela, une petite côte nous permet de nous échauffer. Et c’est parti !

Grâce à tous ceux qui nous ont souhaité bon vent, celui-ci a tourné et vient désormais du Sud. Il n’est pas très fort . Rien que le fait de ne plus l’avoir de face est déjà une belle récompense. Le vent du Sud est également signe de rafraîchissement dans les prochains jours. Nous devons donc profiter pleinement de la belle journée que nous avons.

Tout le monde est en forme, ça discute, ça chante et ça fait quelques exercices pratico-pratiques. Lalie vous racontera prochainement combien de coups de pédales elle devrait donner cette année et vous soumettra son raisonnement.

Nous avons déjà franchi la barre des 40 km lorsque nous nous arrêtons pour la pause déjeuner. Nous avions visé le kilomètre 4040 de la « ruta 40 » mais la borne a disparu, comme d’ailleurs celle du 4000ème kilomètre. A croire que cela est aussi convoité que les panneaux de Montcuq !

Nous nous arrêtons à une quinzaine de kilomètres du premier village, dénommé Londres (ça sonne exotique ici !). Nous avons repéré en contre-bas de la route un petit édifice en l’honneur de Gauchito Gil entouré de quelques tables et… d’un four à pain !

Après la Difunta Correa, c’est au tour de Gauchito Gil de nous accueillir. Gauchito Gil est une légende très ancienne qui s’est perpétuée et développée avec le temps. D’après ce que nous en avons compris, il s’agissait d’un bandit de grand chemin qui prenait aux riches pour donner aux pauvres (le Robin des bois Argentin). Un jour, au pied d’un arbre, un policier l’arrête et s’apprête à le tuer. Gauchito Gil lui aurait alors dit qu’en rentrant chez lui, ce policier apprendrait que son fils est gravement malade et qu’il est condamné. Il aurait poursuivi en lui indiquant qu’il pouvait le tuer mais qu’en apprenant la nouvelle lorsqu’il rentrerait, il devait prier pour lui et son fils serait alors guéri. C’est ce qu’il fit, et son fils eu une guérison miraculeuse. Depuis, un peu partout en Argentine, au pied des arbres, on retrouve de petites stèles en l’honneur de Gauchito Gil, coiffées de tissus rouges en référence au bandana que Gauchito Gil portait autour du cou (Renaud se serait-il inspiré de cette légende ?).

C’est donc grâce à Gauchito Gil que nous disposons ce soir de ce lieu de bivouac. Et puisque ceux qui ont aménagé cet espace ont construit un four à pain, c’est l’occasion de le faire fonctionner. Ramassage du bois, coupe de brindilles et allumage… ça chauffe. L’occasion pour Esteban d’apprendre à faire du pain avec de la farine que nous avons au fond du sac de provisions. Et pour une première, c’est plutôt réussi, de petits pains façon « brioches au chocolat » dont toute la famille se délectera en dessert.

Nous rejoignons nos couchages en ayant confirmation d’une habitude des camionneurs:  chaque fois qu’ils passent devant une stèle de Gauchito Gil, ils donnent quelques coups de klaxon. Une nuit rythmée nous attend donc…

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9 Juin : Pituil – Alpasinche : 59 km (1 435 km)

La nuit partagée dans la salle du catéchisme a été agréable et reposante. Nous prenons le petit-déjeuner avec Laura, préparons nos sacoches, cherchons un point Wifi pour pouvoir vous envoyer des nouvelles régulières (et lire vos commentaires) et reprenons la route. Laura s’en va vers le Sud, elle croisera certainement quelques unes de nos connaissances.

Au bout d’une dizaine de kilomètres, un van coloré nous double en klaxonnant puis s’arrête quelques centaines de mètres plus loin. En sort un couple et une jeune fille de 9 ans. Ils sont de Buenos-Aires et sont partis pour un an de voyage. Ils remontent, eux aussi ,la « ruta 40 » et souhaitent aller jusqu’en Colombie. En chemin ils s’arrêtent pour faire des numéros de cirque. D’ailleurs leur projet s’appelle « payasos en ruta » (les clowns en voyage). Nous échangeons quelques menus cadeaux et promettons de nous revoir un peu plus haut. Après la Colombie, ils vont certainement aller en Amérique Centrale. Nous devrions y être à la même époque. Un nouveau rendez-vous à honorer !

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Cette rencontre alimentera nos discussions pendant plusieurs dizaines de kilomètres. Les enfants se mettent à rêver d’un prochain voyage en van et prévoient ce qu’ils emporteront. Esteban va même plus loin. Il  imagine l’aménagement intérieur et toutes les commodités qui pourront garnir cet espace.

En attendant… nous continuons de pédaler. Plus de vent, de belles descentes, des rencontres : le moral des troupes est de nouveau au beau fixe. Les kilomètres défilent.

Nous savons qu’une nouvelle zone de 80 km, sans village, nous attend demain. Nous souhaitons donc atteindre la dernière zone habitée avant ce no man’s land. Nous prenons tout de même le temps de faire quelques pauses : nous déjeunons dans un parc de jeux avant d’assister à un cours de cuisine dans une école puis  nous  savourons une petite glace.

Nous arrivons sur la place du dernier village. Il est temps de s’arrêter. On nous indique que le restaurateur du coin a l’habitude de recevoir des cyclistes. En effet, dans une pièce du 1er étage en construction, un matelas est posé au sol pour y recevoir les voyageurs. Un bon repas et un toit: voilà de quoi prendre des forces avant d’attaquer les 80 km rectilignes qui nous attendent avec… un seul virage en vue… sur tout l’itinéraire.

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8 Juin : Sur la route de Pituil – Pituil : 35 km (1 376 km)

La double protection dont nous avons bénéficié cette nuit aura été précieuse. Malheureusement, force est de constater une fois revenus sur la route, que le vent n’a pas faibli depuis hier.

La route continue à monter. L’itinéraire est d’une rectitude absolue : nous apercevons,  à l’horizon, le lieu que nous atteindrons dans deux…ou trois heures ! Heureusement le paysage reste magnifique. Le vent qui surfe sur nos tympans ne permet plus de tenir une conversation entre les coéquipiers. La route paraît d’autant plus interminable.

Mais pourrions-nous nous plaindre ? Non, bien entendu, nous avons choisi d’être là. Et même si l’effort depuis deux jours est intense, il n’est rien face aux épreuves que certains ont à traverser au quotidien. En ces moments physiquement soutenus nous avons une pensée pour tous nos amis qui ont vécu ou qui doivent vivre avec la maladie : sclérose en plaques, cancer… Nous avons beaucoup de personnes exemplaires autour de nous qui sont autant de sources d’énergie . Des étoiles qui brillent en continu  dans notre ciel nomade.

Nous arrivons enfin à Pituil, seul village dans cette longue vallée. Le prochain est à une quarantaine de kilomètres. Il est temps de refaire le plein d’eau.

Il y a de l’animation dans la cour de l’école du village. Nous demandons de l’eau, on nous offrira bien plus… Un bon repas tout d’abord. Les élèves ont fini de manger, il reste des pâtes au poulet et du riz au lait. Un menu parfait pour des cyclistes ! Nous nous retrouvons donc dans la cuisine de l’école où tout le monde est aux petits soins avec nous.

Une belle apres-midi ensuite, faite d’interventions en classe pour Lalie et Esteban et de temps de récréation où les petits français se mélent aux argentins. On nous apporte encore du pain, de la pâte de coing… et beaucoup de gentillesse. L’école va fermer pour le week-end mais on nous propose d’aller voir la personne qui s’occupe du catéchisme. Bon plan gagnant car, après son cours, elle  met à notre disposition une petite pièce de la salle paroissiale.

La salle donne sur la place centrale où les enfants retrouvent leurs copains. Ça n’arrête pas de jouer. Laura, une cyclovoyageuse argentine qui descend de la Bolivie pour rejoindre Ushuaia par la fameuse « 40 » nous croise sur la place. Nous lui proposons de se joindre à nous pour la soirée. Voilà une journée qui a commencé dans le vent et qui se termine dans la douceur d’un petit village argentin. Une véritable oasis dans le désert…

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7 Juin : Chilecito – sur la route de Pituil : 43 km (1 341 km)

Un dernier petit-déjeuner autour d’une table et dans un cadre confortable apprécié, le temps de rassembler toutes nos affaires dispersées après ces deux journées sédentaires et nous sommes enfin prêts pour partir rejoindre « la 40 ».

Nous sommes un peu chargés en provisions car le prochain village est à près de 80 km et nous n’avons pas pour objectif de l’atteindre ce soir.

Une petite descente pour quitter Chilecito puis c’est une belle montée qui nous attend. 10 km de montée sans pourcentage mais avec 250 mètres de dénivelé positif.

Il est déjà 14h00 lorsque nous arrivons en haut. Il est temps de se restaurer. Quelques empanadas et les traditionnels sandwichs permettront de retrouver des forces. Alors que nous nous apprêtons à aborder une grande descente vers la vallée suivante, le vent commence à se lever. Discret d’un premier abord, il s’intensifie rapidement au point que la descente, que nous suhaitions savourer en dessert, se trouve être une épreuve de force. Il nous faut pédaler pour avancer sous peine de point mort. Et lorsque la route recommence à s’élever à nouveau, il est toujours là, en pleine face. Il  nous faut pédaler… pour ne pas reculer. Eole est parfois bien ingrat face à l’effort du cyclovoyageur !

Nous avançons difficilement. Inutile de s’acharner à lutter contre les éléments naturels. Nous nous sentons comme des fourmis dans un courant d’air. Mieux vaut trouver un abri. Demain sera un autre jour .  Même si nous n’avons pas fait autant de kilomètres que nous l’aurions voulu aujourd’hui afin de se rapprocher de Pituil, lieu de ravitaillement en eau, mieux vaut garder des forces. Nous regardons sous les ponts : trop bas ou servant de décharge. Nous scrutons les gros arbres : il semblent eux-mêmes souffrir de ces bourrasques. Nous avançons encore un peu et voyons un mur de cannisses au loin. Il sert à abriter une petite stèle en hommage à la Difunta Correa. C’est parfait !

La tente plantée, nous profitons de la dernière demi-heure de soleil pour faire un petit tour aux environs. Les enfants s’essayent à la pétanque version pierre sur sable. Quelques épines de cactus se glissent insidieusement dans les chaussures… il est temps de s’approcher de notre abri de fortune… et de la Difunta Correa. Après quelques chansons puis quelques pâtes, nous rejoignons notre couchage, sous bonne protection !

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6 Juin : Chilecito

Encore quelques heures de sommeil stockées précieusement et la maisonnée se retrouve pour un petit-dejeuner enrichi du reste des « crêpes » d’hier soir.

Dans la foulée, les filles se lancent dans la pâtisserie (toujours avec les moyens du bord…) et profitent de la mise à disposition d’un four pour préparer un brownie qui servira de pause gourmande pour ces prochains jours.

Une nouvelle rando au milieu des cactus sur les hauteurs de Chilecito et nous redescendons près de la gare routière pour nous restaurer.

Nouvelle après-midi scolaire (ça devient un stage intensif !), révision des vélos, bricolages divers et variés (nous avons également nettoyé le réchaud et changé le carburant, cela semble avoir été efficace… pour l’instant !).

Un petit point sur l’itineraire des jours à venir laisse apparaître que nous ne devrions pas rencontrer de ville avant 5 ou 6 jours. Seuls des villages seront sur la route. Ce qui veut donc dire que nous pourrons nous ravitailler (parfois avec prudence car il y a des « trous » de plus de 70 km) mais qu’il n’y aura pas de banque pour retirer du liquide. Nous essayons de ne jamais avoir trop d’argent sur nous mais suffisamment pour subvenir à nos besoins. Cette gestion du portefeuille n’est pas évidente en Argentine à cause du système bancaire qui se « sucre » sur les comptes étrangers. En effet avec notre carte, les guichets automatiques refusent les retraits supérieurs à 2 000 Pesos (3 000 parfois dans certaines banques en rusant un peu…). Mais chaque retrait est ponctionné de frais allant de 124 à 248 Pesos (soit de 6 à 12 % !). 1 000 Pesos valent actuellement environ 33 Euros.  Lorsque nous dormons sous la tente notre budget quotidien est de 300 à 400 Pesos et entre le double et le triple lorsque nous prenons un logement. Il nous faut donc retirer plusieurs fois 2 000 Pesos et donc payer de multiples frais bancaires. Si cet argent servait directement au peuple Argentin, nous y serions presque favorables en raison de la dévaluation entre nos deux monnaies . Mais cet argent ponctionné, les Argentins n’en bénéficieront certainement pas… ce qui nous donne une impression de racket à chaque retrait !

Ces considérations purement matérielles mais non négligeables pour l’organisation effectuées, nous passons une dernière soirée « comme à la maison » avant de repartir demain vers de nouvelles aventures nomades. Ces deux journées de pause à Chilecito auront été bénéfiques pour nos organismes qui ont récupéré de l’épisode glacial. Un réchauffement est annoncé pour ces prochains jours. Nous comptons bien en profiter !

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5 Juin : Chilecito

La journée démarre en douceur : un petit déjeuner autour d’une table, des tartines beurrées, un thé chaud. Nous apprécions ce confort qui nous paraissait pourtant fort banal, il y a encore quelques semaines.

Nous avons repéré hier, en arpentant les rues de la ville, la silhouette imposante du « Cristo del Portezuelo » qui surplombe cette calme cité. Une belle promenade, à pied cette fois-ci, nous attend donc. L’occasion de déambuler dans les rues avec notre curiosité éveillée par des habitudes culturelles parfois très différentes de celles que nous connaissons en France. Cela va des poubelles en forme de paniers métalliques disposées devant chaque maison, aux « kioskos » ces innombrables petites épiceries qui ne vendent parfois qu’une dizaine d’articles, en passant par des bouteilles posées sur le toit des voitures afin d’indiquer… qu’elles sont en vente !

Lors des échanges avec la population locale, nous découvrons également le « fatalisme » argentin. Cela fait presque 20 ans que le pays est englué dans une crise économique dont l’issue semble chaque jour s’éloigner avec les dévaluations successives du peso. La colère contre les politiques est sous-jacente, notamment contre l’ancienne Présidente, celle qu’ils surnomment « La Cristina », Christina Kirchner qui ne semble pas avoir laissé un souvenir positif impérissable.

Fatalistes mais actifs, les argentins se débrouillent comme ils  peuvent. De multiples petits boulots et des activités officieuses (À Pangacillo, nous avons  appris que notre voisin était le boulanger clandestin du village. Tout le monde s’en arrangeait. Dans sa petite maisonnette il faisait du pain de très bonne qualité… ).

La vie continue… les terrasses des cafés sont bien garnies . Dès qu’un rayon de soleil fait son apparition, les glaces retrouvent  succès. Les Argentins sont de fervents croyants, dans des légendes mystiques telles que celles de la Difunta Correa, de Gauchito Gil, ou dans la Foi Chrétienne qui se diversifie en de multiples courants ecclésiastiques. Cette Foi, ils la revendiquent . Nous sentons que cela participe à leur donner la force de croire en un avenir meilleur pour le pays.

Comme un symbole : un Christ surplombe la ville, tel le Cristo Redemptor  de la baie de Rio de Janeiro. Nous sommes en admiration devant cette oeuvre monumentale et les points de vue qu’elle offre à la ronde.

Dans notre élan, nous poursuivons jusqu’au centre ville, faisons quelques courses pour le repas du soir et dégustons de délicieux plats de viande argentine. Le reste de l’après-midi sera consacré à des exercices scolaires et à une partie de foot. Une nouvelle triplette  arbore fièrement les couleurs de l’Albiceleste, l’équipe nationale Argentine.

Nous passons une douce soirée de repos. Quelques crêpes (enfin !… des crêpes à l’allure de pancakes car nous n’avons que des ustensiles de camping) dont se régale la famille, quelques notes de musique qui nous entrainent dans des chorégraphies familiales et une nouvelle nuit au chaud. La récupération est bien là….

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4 juin : Sanogasta – Chilecito : 47 km (1 298 km)

Cette nuit dans le garage aura été… réparatrice ! Nicolas et Nancy ont insisté hier soir pour que nous venions prendre le petit-déjeuner chez eux. Nicolas est déjà parti . Il part tous les matins à 6h00 pour prendre des bus qui l’amèneront jusqu’à l’école où il enseigne. Il y a une école juste en face de la route devant chez eux, ce sont des enseignants de Chilecito qui y viennent. L’éducation nationale argentine semble avoir la même cohérence d’affectation que son homologue française… Nancy, elle, est avocate et commence un peu plus tard. Elle aussi devra rallier Chilecito en bus (nous aurions presque pu la prendre sur nos porte-bagages …). Merci encore à cet adorable couple qui nous a ouvert ses portes au hasard d’une séance de running.

11 km de descente (nous sommes passés sous les 1 000 mètres d’altitude !) puis une piste cycable de très belle qualité nous emportent jusqu’à Chilecito. Nous flanons un peu sur la place centrale. Des journalistes radio arrivent pour nous interviewer. Nous nous mettons ensuite en quête d’un logement. Le centre ville reste au dessus de notre budget et n’est composé que d’hotels alors que nous voudrions un coin cuisine pour alterner repas maison et repas pris à l’extérieur. « Les Andes en roue libre » nous ont conseillé une cabana en contre-bas de la ville. Nous nous y rendons. L’endroit est certes excentré mais superbe avec de larges espaces partagés et la possibilité de garer nos vélos en toute sécurité.

Le soleil revient ! Comme un pied de nez à la journée d’hier, nous nous offrons : une glace ! Nous la dégustons dans le vaste jardin collectif. Nous la savourons…

Un nettoyage de fond en comble de la carriole (la petite maison roulante de Naïa en avait vraiment besoin), un peu de détente numérique ou littéraire et nous arrivons déjà à la douche (chaude, si bonne !) et à un bon repas maison. Oui, vraiment, le confort, c’est appréciable…

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3 Juin : Pagancillo – Sanogasta : 76 km (1 251 km)

La semaine prochaine des températures plus clémentes sont annoncées mais, en attendant, il nous faut faire avec ce froid glacial qui persiste sur la vallée. Nous avons envie de retrouver un peu de chaleur.La vallée suivante a la réputation d’être toujours plus chaude. Une motivation supplémentaire pour essayer de l’atteindre dès aujourd’hui.

Seul problème il nous faut parcourir 20 km sur une route en ripio puis passer un col. Pour le ripio, ça demande un peu d’attention et parfois de l’agilité afin de traverser des zones sablonneuses . Le plaisir est tellement immense de se retrouver en pleine nature sans aucun autre véhicule que nous en oublions  la difficulté de tracter la carriole lorsque les roues du vélo arrivent à agripper une trace et que les roues de la carriole débordent sur le sable ainsi rejeté. Nous mettrons tout de même près de 3 heures pour venir à bout de ce chemin en » faux plat montant » qui nous évite un long détour par la route.

Nous retrouvons l’asphalte de la « 40 » avec grand plaisir. La « ruta 40″ ou la »40 » est l’une des plus grandes routes du Monde. Elle traverse l’Argentine dans toute sa hauteur. Plus de 5 000 km ! Beaucoup de sud-americains la parcourent en voiture, en moto, à vélo et parfois même à pied. Il faut dire qu’elle passe par des endroits magnifiques comme ces longs canyons que nous arpentons aujourd’hui. Quel dépaysement ! Et lorsque le ciel se dégage pour laisser passer quelque lueur de bleu azur sur les neiges qui nous entourent juste au dessus de ce paysage d’ocre, nous retrouvons nos couleurs nationales.

Ces couleurs nationales , nous les verrons flotter à l’arrière du vélo du premier cyclo-voyageur que nous rencontrons sur la route. C’est donc un français qui vient de l’Aveyron (un voisin donc !). Il s’appelle Mickaël et après être parti de Buenos Aires pour rejoindre Ushuaïa (le début de la célèbre « Ruta 40 » !) il est remonté vers Mendoza où il vient de s’arrêter un an pour travailler. Il est reparti depuis quelques semaines pour finir son tour d’Amérique du Sud. Nous le recroiserons cerainement un peu plus au Nord.

Nous déjeunons dans le froid, ce qui renforce notre envie de passer de l’autre côté du col. Il est 15h00. Le col est annoncé à 12 km. Nous nous donnons l’objectif d’y arriver avant 18h00 afin que nous puissions compter sur la dernière heure du jour pour redescendre de quelques centaines de mètres. Les premiers hectomètres se font facilement puis nous attaquons des pentes à plus de 10%. Ça se complique, surtout que nous arrivons au niveau de la neige.

18h04, après plus de 3 heures de contre la montre, nous voici enfin au col, à 2 020 mètres d’altitude. Enfin… presque ! En effet, nous savions qu’il y avait une petite descente dans la foulée puis une remontée pour passer un nouveau col marqué à 2 040,50 mètres (ce demi-mètre revêt toute son importance lorsqu’il est si chèrement gagné !). Une photo pour immortaliser cette montée dans la neige puis nous nous habillons aussi chaudement que possible pour attaquer l’impressionnante descente qui plonge de l’autre côté. Nous descendons des dizaines de mètres d’altitude à la minute.

Nous sommes comme aspirés par la chaleur que nous espérons retrouver dans la plaine. Cette descente rapide qui a suivi la montée glaciale vers le col a eu raison des doigts de Valérie . Elle est frigorifiée. Il commence à faire nuit noire. Il nous faut trouver une solution rapidement. Notre « Ange gardien » du soir s’appelle Nicolas. Il faisait son footing lorsqu’il nous aperçut… un peu perdus. Rapidement, il nous propose de venir nous installer dans son garage. Nous le suivons sur plusieurs kilomètres et arrivons chez lui. Son épouse, Nancy, nous accueille avec un thé chaud et quelques galettes dégustées autour du poêle. Ils nous font de la place dans le garage, amènent un peu de chauffage et insistent pour que nous venions prendre le repas chez eux. Ariel, un de leurs neveux est également chez eux et participera avec enthousiasme aux tours de magie réalisés par Lalie. Nous mangeons au chaud, des pâtes et un delicieux locro. Nicolas et Nancy sont très touchants, généreux et prévenants. Encore une belle rencontre dictée par le destin…

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2 Juin : Pagancillo

La journée commence par un petit-déjeuner préparé par les enfants : l’annonce d’une vraie journée de repos !

Ayant eu le privilege de dormir avec Naïa, ils ont bénéficié de son réveil matinal et ont donc joint l’utile à l’agréable.

Quelques courses, un peu de maintenance sur les vélos et la carriole, des tests sur le blog afin d’y insérer une carte (nous avons finalement gardé « tripline » que nous avions déjà utilisé pour la présentation de l’itinéraire. Cela permet de ne pas avoir trop d’applications à mettre à jour, en espérant que cela vous conviendra… N’hésitez pas à nous demander des améliorations. Nous essayerons d’y répondre ).

Une grande séance de travail scolaire, quelques retrouvailles sur « Whats’app » (du Nord au Sud !), une balade dans les champs environnants  à la boussole, et nous voilà prêts pour attaquer la longue journée qui nous attend demain.

Un col (la cuesta de Miranda) est au programme avant de replonger vers la route de Chilecito, une ville dans laquelle nous resterons une ou deux journées avant de reprendre la route plein nord en direction de Salta.

La veillée du soir est l’occasion d’apprendre à jouer aux cartes espagnoles que nous avons depuis quelques jours. Un jeu aux réflexes mathématiques qui permet d’associer le ludique à l’apprentissage.

Merci encore pour tous vos messages. Nous sommes conscients de la chance que nous avons de pouvoir vivre une telle aventure  C’est un réel plaisir de la partager avec vous tous. Savoir que cela permet à certains de voyager ainsi par procuration nous donne chaque jour plus de forces… même quand il fait très froid et que cela monte !

Ce soir nous avons une pensée particulière pour toute la famille Mörch et nous associons à leur peine.

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1er juin : Quelque part dans le Parc de Talampaya – Pagancillo : 75 km (1 175 km)

Du givre vient perler sur notre tente et sur les sièges avant de nos vélos ce matin, signe d’une nuit bien fraiche que nous avons passée bien au fond de nos duvets. Et pour passer du fond du duvet au vélo quand il fait si froid, mieux vaut faire vite !

Rouler le matin permet de voir plus facilement des animaux. Et ce fut le cas encore ce matin : toujours des guanacos et des perruches mais également un superbe groupe de Nandus, de petites autruches qui se deplacent avec grâce tels de petits rats de l’opéra avec leurs tutus à froufrous.

Nous essayons de gérer le froid du mieux possible. Lalie et Esteban qui sont à l’avant des vélos sont sur-exposés aux courants d’air glaciaux. Ils sont couverts autant que possible et essayent de garder un pédalage régulier afin de ne pas avoir trop froid aux pieds. La route est en faux plat descendant et la vitesse retrouvée accentue la sensation de froid. 42 ème km, un total cher aux marathoniens (nous en profitons pour saluer les coin-coin du Nico qui ont commencé leur entraînement en vue du prochain Marathon du Médoc). Nous arrivons à l’entrée de la zone qui propose de découvrir les grandes barres rocheuses et les ptérogliphes du parc. Nous nous renseignons. Le coût de l’entrée nous parait bien cher: plus de 4 fois celui du parc d’Ischigualasto pour une visite qui ne peut s’effectuer qu’en grand groupe. Nous venons de passer deux jours seuls dans la nature et nous retrouver entourés de hordes de touristes qui débarquent en bus n’est pas pour nous séduire.

Il fait toujours aussi froid. Il est possible de camper dans cette zone mais imaginer une seconde nuit à la fraîche ne fait pas beaucoup d’adeptes au sein de la tribu. Nous mangeons nos sandwichs au chaud et retrouvons un peu de force et de motivation. Le prochain village est à plus de 30 km et même si la proposition de le rallier ce soir requiert à peu près le même nombre d’adeptes que la nuit sous tente, la promesse d’une nuit au chaud finit de convaincre la troupe.

Finalement ces 30 km passeront vite entre la rencontre de jeunes français présents en Argentine pour un an grâce au Rotary Club, celle d’un jeune Colombien qui nous croise en voiture et qui a fait un long voyage à velo par le passé et les nombreux encouragements des véhicules qui nous doublent. Nous arrivons à Pagancillo !

L’entrée du village est marquée par une zone de contrôle des fruits (entre chaque region, il y a un contrôle afin d’interdire la circulation de fruits et aujourd’hui nous passons de la région de San Juan à celle de La Rioja). Les douaniers s’inquiètent de nous voir arriver  par ce froid et interpellent une personne qui passe par là afin qu’elle nous montre l’une de ses Cabanas. Nous la suivons et arrivons au coeur du village. Une cuisine, un lieu sécurisé pour mettre les vélos, 5 couchages, le tout pour un prix très modique (5 fois moins cher que la visite guidée du parc de Talampaya !). C’est parfait ! La décision est prise, demain nous nous reposerons ici. Le col que nous devons prendre pour rejoindre Chilecito est complètement enneigé depuis hier. Cela lui laissera le temps de fondre un petit peu…

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31 Mai : « Parque d’Ischigualasto » – quelque part dans le « parque de Talampaya » : 42 km (1 100 km)

Cette nuit à l’abri nous a fait du bien et si le vent s’est quelque peu essoufflé, le froid glacial est toujours présent à l’exterieur. Un grand Merci au personnel du Parque d’Ischigualasto d’avoir autorisé cette installation de fortune qui nous permet d’être tous en forme au petit matin.

Romina  a également retrouvé des forces. Nous dejeunons ensemble et apprenons à la connaître. Encore une très belle personne que nous rencontrons sur notre chemin. Une jeune femme pleine de courage qui voit la vie avec un optimisme qu’elle transforme en bonne humeurr contagieuse. Nous pédalerons les 17 premiers kilométres en sa compagnie avant qu’un croisement la fasse partir à droite vers San Agustin et que nous prenions à gauche en direction du parc de Talampaya.

Durant ces premiers kilometres nous apercevrons et croiserons des dizaines de Guanacos, certains restant immobiles au milieu de la route, nous lançant des regards interrogateurs. Nous observons leur démarche chaloupée, leur tête haute portée par un long cou qui leur donne des allures de girafe et leur course dodelinante fidèle à celle des camélidés. Notre départ matinal nous aura sans doute permis d’être les spectateurs de ces majestueux ballets.

Nous quittons Romina avec l’espoir de la retrouver dans quelques jours avec Sebas plus au nord.

La traversée du dernier village avant d’entrer dans le parc nous oblige à calculer les réserves de nourriture et d’eau . En effet, le prochain village est à plus de 90 km (et la prochaine station essence à 120 km, cela voulant donc dire qu’il nous faudra faire avec l’essence de mauvaise qualité qui met à mal notre réchaud pendant au moins encore trois jours). Nous nous renseignons également sur la météo. La pluie est annoncée dans trois jours. Nous devons donc essayer de traverser le parc en deux jours pour ne pas être obligés de rouler mouillés. Autant  faire du vélo lorsqu’il fait froid nous est supportable, grace à notre équipement, autant le démontage et remontage de la tente sous la pluie nous sont très désagréables.

La route s’incline à nouveau et nous atteignons les 1 500 metres d’altitude lorsque nous décidons de trouver un bivouac pour cette nuit. Nous nous éloignons un peu de la route et nous installons dans une plaine sableuse.

Nous montons rapidement le double toit de la tente afin de s’y réfugier pour avaler nos sandwichs du jour. Nous reprenons des forces et décidons d’aller explorer les alentours. Une colline puis une autre… puis une autre… nous nous retrouvons avec un superbe point de vue et quelques beaux exercices de blocks pour les enfants.

De retour au campement, tout le monde se mobilise pour aller chercher pierres, brindilles et bois mort qui nous permettront de faire du feu la nuit venue. Les saucisses crépitent au bout de leurs batons, les yeux brillent à la lueur du feu, la joie de se retrouver ici est évidente. Des cyclovoyageurs avaient diffusé un film (que l’on peut retrouver sur YouTube) qu’ils avaient intitulé « Sales, Libres et Heureux ». Ce soir encore nous partageons ces sensations.

Les garçons se chargeront d’éteindre le feu en soulageant des envies naturelles et tout le monde regagnera son duvet. Il est 20h00, il fait déjà moins un degré dehors…

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30 Mai : Balde Del Rosario – Parque de Ischigualasto : 30 km (1 058 km)

Nous avons perdu plus de 20 degrés en une nuit. La faute à un vent glacial qui est annoncé pour plusieurs jours sur la région. Autant dire que personne n’a vraiment envie de sortir de son duvet ce matin !

Nous attendons que quelques rayons de soleil réchauffent la tente pour mettre le nez dehors. Nous accélerons ensuite le rangement des multiples sacs (5 duvets + 5 draps de soie + 5 tapis de sol, ça fait quelques sacs…) afin de pouvoir prendre la route du parc d’Ischigualasto. Mauvaise nouvelle, en plus d’être glacial le vent est… de face ! Il vient du Nord alors que nous y allons. Un vent continu, lancinant et épuisant. 9, 8, 7 km/h, notre vitesse décroît à mesure que croît notre fatigue. Chaque coup de pédale est écrasé avec force et donne pourtant l’impression de faire du sur-place. Nous essayons les positions les plus aérodynamiques possibles mais nos paquebots sur roues ont une telle prise au vent qu’en dehors de nous permettre de changer les zones d’appui, cela ne sert pas à grand chose. Et pour couronner le tout, ça continue de monter. Depuis hier nous avons repris 600 mètres de dénivelé positif et atteignons les 1 400 mètres d’altitude à l’entrée du parc.

Nous sommes frigorifiés et rentrons dans la cafétéria pour avaler quelque chose de chaud. Il nous faut faire vite car un nouveau groupe va bientôt partir pour une visite du parc. La visite dure 3 heures et ne peut s’effectuer qu’avec des véhicules personnels (ou via des tour-operators depuis San Agustin). Valérie demande à quelques chauffeurs s’ il leur reste de la place. C’est gagné : les 3 filles d’un coté, les deux garcons de l’autre.

Outre le fait que cela nous permettra de rencontrer des couples d’Argentins toujours très chaleureux, nous pourrons visiter un lieu d’une beauté rare. Un site sculpté par la nature où furent découverts les plus anciens des dinosaures. Nous passons de formes géologiques incroyables à des canyons d’un ocre lumineux en passant par la vallée de la lune, qui est conforme à l’imaginaire que nous pouvons nous faire du satellite de la terre. D’ailleurs Ischigualasto, en langue autochtone, signifie : la terre sans vie. Sans vie et pourtant si vivante. L’eau, le vent, l’érosion ont créé des tableaux minéraux qui ne pourront certainement jamais être reproduits par l’être humain avec une telle splendeur.

Il est 18h00 lorsque nous revenons à l’entrée du parc. Le vent et le froid sont toujours là et le premier village est à 15 km. Nous demandons à la personne qui s’occupe de l’accueil si elle pense qu’il serait possible d’avoir une petite pièce à l’abris du vent pour la nuit. Elle va interroger son supérieur et revient avec une nouvelle qui rassurera toute la famille : exceptionnellement, nous pouvons dormir dans la salle qui sert d’accueil. Une seule condition : être partis pour l’ouverture du parc demain à 8h00. Pas de problème nous sommes trop heureux de pouvoir terminer cette journée sans avoir à monter la tente et manger dans le froid.

Une heure plus tard, une jeune cyclo-voyageus Argentine, Romina, viendra taper à la porte pour voir si elle pourrait se joindre à nous. Elle vient de faire 70 kms et est épuisée . Nous l’accueillons avec… un petit apéro ! Et oui c’est important ce petit temps de convivialité qui permet de se retrouver, de faire le débriefing de la journée… et d’attendre que les pâtes cuisent.

Romina voyage depuis près de 3 ans, essentiellement en Amérique du sud. Demain elle a rendez-vous avec Sebas (le cercle des cyclovoyageurs s’élargit) avec qui elle va rouler quelque temps avant de repartir seule.

Elle rejoint rapidement son couchage afin de récupérer et devrait repartir avec nous sur quelques kilomètres demain matin.

Ce soir, pour notre premier mois de voyage, nous dormons au milieu des dinosaures !

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29 Mai : San Agustin Del Valle Fertil – Balde del Rosario : 46 km (1 028 km)

Le linge, le plein d’essence pour le rechaud, un peu de rangement… nous vacons aux préparatifs de ces prochains jours en itinérance.

Sebas est venu nous rejoindre, à la grande joie de toute la famille qui apprécie ce jeune homme généreux et ouvert sur le monde. Un autocollant de Rodar Tierra, le nom de son voyage, ira rejoindre nos vélos tandis que la VeLove Family se retrouvera également sur son cadre. Un petit bout de nous tous continuera donc ce voyage ensemble.

Nous nous donnons rendez-vous quelque part sur la route du Nord de l’Argentine, passons au bureau d’information du parc d’Ischigualasto afin de savoir si nous pourrons y rentrer avec nos vélos (apparemment cela s’annonce compliqué, c’est plutôt réservé aux(4×4) puis poursuivons notre route sur « le chemin du Monde ». Il est déjà midi !

Les enfants sont impatients d’arriver au 18eme kilomètre afin d’immortaliser le premier millier… et de savourer une tablette de chocolat que Sebas leur a donnée en partant !

Des condors tournoient dans le ciel pendant que de petits chiens de prairie traversent l’asphalte pour rejoindre leurs galeries de part et d’autre de la route. Furtif et amusant !

Nous avons hâte d’arriver aux parcs d’Ischigualasto et Tampalaya afin de pouvoir observer de nombreux animaux. Si tout va bien nous serons à leurs portes demain soir.

Le très faible trafic nous permet de rouler avec les deux vélos de front. Nous discutons à 4, parfois à 5, nous jouons et nous arrosons mutuellement car le thermomètre est passé au dessus des 30 degrés (et dire que cette nuit il devrait faire environ 5°, belle amplitude thermique ! ).

Balde del Rosario, une petite épicerie en bord de route, quelques jeux, des chevaux, des poules, c’est ici que nous planterons la tente.

Désormais le montage s’avère assez rapide. Nous tergiversons beaucoup moins qu’au départ et avec la participation collective le campement prend forme rapidement.

Un peu de cuisine (avec les caprices du réchaud qui ne semble pas apprécier le remplissage du matin), quelques histoires et nous voilà prêts pour une nouvelle nuit au coeur de l’Argentine.

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