31 Mars : Bangkok

Nous profitons de la relative fraicheur matinale pour commencer le démontage des vélos. Cela permet aussi aux enfants de dormir un peu plus longtemps après la soirée « jeux de société » dont ils ont pu bénéficier hier soir jusqu’à une heure… tardive !

Il nous manque un outil : une longue clef de 6 ,  nécessaire pour séparer les pinos en deux. Impossible de remettre la main dessus. Peut-être l’avons nous perdue dans nos manipulations de sacs. Nous nous arrêtons donc pour rejoindre la famille Macé qui est arrivée hier du Japon. Nous les retrouvons avec plaisir et partons ensemble prendre le « skytrain », le métro aérien de la ville, pour aller arpenter les allées de l’un des plus grands marchés d’Asie : le Chatuchak week-end market.

Plus d’un kilomètre carré d’échoppes en tout genre, passant des produits artisanaux locaux aux nombreux objets « Made in China ». Tout est organisé en secteurs sensés regroupés des familles de produits mais au bout d’un moment nous restons avec l’impression que tout le monde vend un peu la même chose. Nous déjeunons au coeur du marché sur une longue table capable d’accueillir ces 10 cyclovoyageurs français en vadrouille.

Chacun part ensuite de son côté pour visiter ces allées bondées de locaux et de touristes. Nous ne résistons pas à quelques emplettes destinées à finir en cadeaux,  avant de nous mettre à la recherche de la fameuse clef nécessaire au démontage.

Il n’y a pas de « secteur bricolage » dans le marché et nous partons donc à l’assaut des rues adjacentes. Nous arriverons finalement dans les rayons d’un supermarché  où nous trouvons la fameuse clef avec, forcement l’inscription… « Made in China » !

Il est déjà 18h00 lorsque nous rentrons. Marc vient nous donner un coup de main pour terminer la mise en cartons et amène Diane, leur benjamine, qui vient dormir ce soir, dans notre grand dortoir afin de pouvoir participer demain, avec nos enfants, à une grande journée de détente que nous leur avions promise depuis bien longtemps…

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30 Mars : Bangkok

Les nuits en dortoir ça rappelle les colos mais ce n’est pas forcément des plus reposants. Entre le colocataire qui répond au téléphone à deux heures du matin et qui commence à raconter sa vie tranquillement allongé à 20 cm du lit voisin et celui qui a besoin de se bruler fréquemment les poumons en sortant pour se griller une cigarette, nous avons l’impression que nos enfants, qui dorment d’un sommeil lourd, eux, sont des anges.

En revanche, Naïa et Esteban sont de vrais lève-tôt et il faut donc les exfiltrer de bonne heure et discrètement de la chambrée pour rejoindre la salle commune située au rez-de-chaussée. Nous dormirons mieux demain…

La première partie de la matinée est consacrée à la recherche de cartons et aux exercices scolaires. Autant essayer d’effectuer d’abord les tâches les moins divertissantes. Pour l’école pas de problème, en revanche pour les cartons de vélos, c’est plus compliqué. Nous allons voir tous les magasins de vélos à 5 km à la ronde mais ils sont soit fermés , soit sans cartons disponibles. Le dernier nous laisse tout de même une adresse située un peu plus loin. Nous verrons plus tard…

Afin d’essayer de jongler entre la corvée de l’emballage des vélos et un programme plus ludique, notamment pour les enfants, nous prenons nos maillots de bain afin d’essayer de rejoindre un complexe aquatique situé au Nord de la ville. Mauvaise idée ! Il nous faudra plus d’une heure de transport dans les bouchons de cette mégalopole de plus de 9 millions d’habitants pour rejoindre le parc aquatique… fermé pour rénovation jusqu’au 21 avril…

Entre la nuit légère, la recherche infructueuse des cartons et cette expédition ratée, ce début de journée n’est pas des plus faciles. Mais il ne faut jamais tomber ni dans le catastrophisme ni dans le pessimisme à outrance et après la pause déjeuner nous déciderons de rejoindre l’un des grands parcs de la ville où nous passerons une très belle après-midi. D’abord parce que ce parc, de plusieurs kilomètres carré, est superbement arboré et parsemé de petits lacs qui font oublier que nous sommes au coeur d’une si grande ville et ensuite parce qu’un grand nombre d’animations y sont organisées. L’une d’elles, menée par une grande association locale en faveur de la valorisation de l’écologie ravira petits et grands. Stands d’information et de sensibilisation à la biodiversité, confection de terreau, et surtout… de multiples activités dans les arbres ! Escalade sur corde pour grimper en haut d’un superbe arbre, parcours d’accro-branches et tyroliennes. Esteban et Lalie s’en donnent à coeur joie même si cette dernière doit composer avec une jambe qui tire encore un peu par moment.

En rentrant, nous passons faire un tour à l’adresse du magasin de vélo qui nous avait été conseillé ce matin. Il dispose d’un nombre très conséquent de cartons neufs de toutes tailles qu’il vend moins d’un Euro pièce. Rassurés, nous en prenons 5 et nous mettons à la recherche d’un tuk-tuk qui pourra nous embarquer avec tous ces cartons. L’avantage, dans un pays comme la Thaïlande, c’est que rien ne leur paraît compliqué et que tout le monde cherche une solution, pas forcément la plus académique ou la plus sûre mais, pour le moins, la plus pratique.

Nous voilà donc embarqués pour rejoindre notre auberge de jeunesse dans laquelle nous pouvons entreposer nos précieux emballages.

La journée a été dense et nous nous mettrons au démontage et à l’empaquetage demain ou après-demain. En attendant, nous profitons d’être seuls dans le dortoir pour  regarder un petit film en famille et faire quelques jeux de société…

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Une nouvelle vidéo : Nicaragua – Costa-Rica

En attendant le reportage de M6, voici la dernière réalisation de la VeLove Family.

Quelques images de ces beaux souvenirs au Nicaragua et au Costa-Rica que nous avons le grand plaisir de partager avec vous :

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29 Mars : Bangkok : 29 km (10 214 km)

Nous voulions goûter à la jungle urbaine de Bangkok, et bien nous avons encore été bien servis !

Le réveil se fait en douceur et assez tardivement, signe que les efforts déjà déployés hier ont laissé quelques traces de fatigue.

Nous voulons nous rapprocher du centre et notamment de l’hotel réservé par la famille Macé qui arrive demain sur Bangkok. Nous avions eu le plaisir de les rencontrer en février 2018 au superbe festival sur le voyage à velo organisé par l’association « la roue tourne » à Roques sur Garonne dans la banlieue de Toulouse. Marc et Nadège sont partis en août 2018 avec leurs 3 enfants, François, Pauline et Diane (14, 13 et 8 ans) pour un grand voyage d’un an… à vélo ! Alors forcément, lorsque l’on a réalisé que l’on allait finalement pouvoir se croiser on a essayé de se caler un rendez-vous.

Pour rejoindre le quartier où ils vont résider durant leur pause sur Bangkok il nous faut faire une vingtaine de kilomètres. Nous mettrons plus de 4 heures ! 4 heures où la vigilance est de mise et les efforts parfois violents, notamment lorsque nous empruntons ce que nous croyons être une piste cyclable. Des panneaux et de larges inscriptions au sol ne laissent pourtant pas planer de doutes sur cette grande piste peinte en vert mais tout se corse lorsque nous arrivons face à un grand escalier. Nous nous disons donc que cela doit être exceptionnel et poursuivons mais l’exceptionnel devient la règle et nous alternons quelques centaines de mètres sur le vélo avec des montées avoisinant les 45° et donc peu adaptées à nos montures bien chargées. 1 heure pour faire 2 km sur la piste cyclable… nous sommes finalement heureux de retrouver les grandes avenues pleines de véhicules !

L’auberge de jeunesse dans laquelle la famille Macé a réservé une chambre familiale est pleine et on nous indique d’autres hébergements qui sont , soit hors budget, soit complets (apparemment il y a une compétition sportive sur Bangkok ce week-end) ou ne disposent pas de lieu pour entreposer nos vélos ou les futurs cartons. Il nous faut, en effet, essayer de trouver un lieu où nous allons pouvoir bricoler un peu pour le dernier démontage de nos vélos.

Au fond d’une rue sans issue, dans une auberge de jeunesse que seuls les locaux semblent connaître, nous rencontrons la gérante qui fera tout pour que nous puissions être bien chez elle. Il n’y a plus de chambre disponible mais, pour cette nuit, nous dormirons dans l’un des dortoirs (c’est vrai qu’à 5, on prend déjà pas mal de place !).

Ces derniers kilomètres en Thailande auront été éprouvants.Nous sommes bien heureux d’avoir rejoint notre ultime hébergement asiatique à vélo et d’avoir profité de ce dépaysement culturel avant de rejoindre notre chère Europe.

Nous avons désormais 5 jours pour souffler, profiter de la ville et préparer nos affaires pour le vol du 4 avril vers Madrid.

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Retrouvez la VeLove Family le 14 avril à 21h00 dans Zone Interdite sur M6

Comme certains d’entre vous l’on découvert, la diffusion du reportage sur les voyages en famille aura lieu plus tôt que prévu et est donc programmée le 14 avril à 21h00 sur M6.

Votre VeLove Family fait partie des trois familles qui ont accepté ce challenge audiovisuel.

Tout ce que nous espérons, c’est que ces quelques images permettront de donner des idées à d’autres en montrant que rien n’est impossible.

Comme un symbole, l’annonce de ce reportage a été faite à la fin du précédent numéro de Zone Interdite qui portait sur la trisomie et l’autisme. Un lien fort qui nous rappelle toutes les magnifiques émotions que nous avons eu la chance de vivre à Boissor, complexe medico-social dans lequel nous avons travaillé et vécu pendant 11 belles années.

Nous attendons l’annonce du thème du numéro suivant afin de, peut-être, y lire un signe du destin…

En attendant, vous pouvez avoir un premier aperçu de quelques images sur le lien suivant au bout de 1h58mn et 10 secondes :

https://www.6play.fr/zone-interdite-p_845/autistes-ou-trisomiques-differents-et-heureux–c_12322699

Nous devrions être encore en Espagne lors de cette diffusion , vous verrez donc certainement ce reportage avant nous. Si notre prestation n’a pas été trop catastrophique, nous pourrons ensuite la regarder certainement en replay mais si l’un(e) d’entre vous pouvait nous l’enregistrer nous en serions ravis.

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28 Mars : Laem Mae – Klaeng – Bangkok : 44 km (10 185 km)

Nous laissons passer une nouvelle averse et repartons sur les routes Thaïlandaises après ces deux jours de pause… et d’émotions !

Nous testons donc le Pino en version « brancard », Lalie ne pouvant pas trop forcer au risque de ralentir la cicatrisation, surtout que nous nous rendons à l’hôpital de Klaeng pour vérifier l’état de la plaie et procéder à la seconde injection du vaccin.

Nous n’empruntons que des petites routes perdues entre les plantations de durians et de cocotiers, entre les bassins destinés à l’élevage des crevettes ou à celui des crabes. Nous savourons ces ultimes kilomètres asiatiques dans ce pays tout à fait adapté à la pratique du voyage à vélo.

Bonnes nouvelles pour Lalie en sortant de son rendez-vous, la blessure a commencé à bien se refermer et aucun point ne sera donc nécessaire.

Il nous faut désormais essayer de trouver un autre moyen de locomotion pour rallier Bangkok car nous n’avons plus vraiment le temps d’y aller à vélo, surtout avec une jambe en moins.

La recherche d’un véhicule motorisé s’avérera un peu plus complexe que prévu. Les bus ne sont pas adaptés pour embarquer nos montures XXL et ils ne disposent pas de galeries sur le toit comme nous avions pu en trouver au Laos. Restent les pick-ups qui servent de taxis avec leurs deux rangées de sièges opposées à l’arrière. Mais aucun chauffeur ne semble vouloir affronter la jungle routière de Bangkok (nous comprendrons mieux quelques heures plus tard…). Nous trouverons alors un compromis : nous montons toutes nos affaires avec nous à l’arrière d’un véhicule et le chauffeur nous dépose une vingtaine de kilomètres avant l’entrée dans l’agglomération de la capitale Thaïlandaise. Marché conclu !

Nous voilà donc partis pour 170 km et 3 heures de voyage avec quelques pointes de vitesse auxquelles nous ne sommes plus habitués en roulant principalement à vélo.

Il est pratiquement 17h00 lorsque nous finissons de tout remonter au bord de la route et attaquons nos premières artères gonflées d’un trafic de plus en plus dense.

Parfois, un léger espace nous permet de nous glisser entre deux rangées de voitures mais il nous faut faire preuve de vigilance avec la carriole. Nous fanfaronnons en chantant « A Bangkok à vélo, on dépasse les autos, à vélo… » plagiant un Joe Dassin… qui bientôt s’arrête de chanter, bloqué par la circulation qui ne laisse désormais guère d’espace.

Pour compliquer les choses, certaines routes sont imposées en sens unique à certaines heures de la journée et nous obligent à de grands détours et à quelques allers-retours inutiles une fois que nous constatons le sens qui ne semble jamais être en notre faveur.

La nuit est tombée, et notre avancée, de complexe,  se transforme en dangereuse. Nous cherchons une chambre pour la nuit et après quelques échecs (pas facile notamment de trouver un lieu qui accepte nos grandes montures) nous trouvons une belle chambre à un prix que l’employée réduira considérablement en nous voyant arriver à vélo… dans un état de fatigue certain.

Une bonne douche, un « pique-nique amélioré » pris sur notre tapis orange au pied des lits et tout le monde est prêt pour une bonne nuit de sommeil.

Demain, derniers kilomètres Thailandais afin d’essayer de s’approcher un peu plus du centre de cette mégalopole.

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27 Mars : Laem Mae

Faute de pouvoir reprendre la route (les endorphines n’aiment pas beaucoup le repos) nous profitons du confort que nous avons la chance d’avoir pour dormir un maximum et se préparer de bons petits plats (une belle purée maison, ça faisait longtemps et tout le monde est fan !).

Nous consacrons une bonne partie de la matinée à une grande séance d’exercices scolaires. Il va  falloir augmenter un petit peu ce temps là dans les prochaines semaines afin que les enfants puissent tenir 7 heures par jour en classe à partir du mois de Mai…

Nous profitons egalement de cette journée qui nous offre un peu de temps pour répondre aux messages reçus et poursuivre nos recherches d’emplois. Pas si facile à distance mais heureusement avec Internet on peut prendre de nombreux contacts. Bientôt, sans le décalage horaire que nous avons actuellement (+ 6 heures par rapport à la France) ce sera encore plus pratique.

Nous goutons une dernière fois à l’eau salée de la plage toute proche. Contrairement à ce que nous connaissons en France, sur la côte atlantique, il n’y a qu’une marée par jour ici. Elle est assez importante et, inévitablement, vomit chaque jour des centaines de kilos de déchets. A l’avenir, nos enfants auront-ils encore le Bonheur de se balader sur des plages immaculées, rien n’est moins sûr !

Les filles se rendent à la clinique pour le changement de pansement : cette fois c’est James, un anglais installé dans le quartier qui leur propose de les conduire gracieusement. Pendant ce temps les garçons commencent à ranger l’appartement et préparent un apéritif dînatoire. Demain, il nous faut retourner à l’hôpital de Klaeng, situé à une vingtaine de kilomètres d’ici, pour la deuxième injection antirabique. Nous avons finalement décidé de nous y rendre à vélo puis d’essayer de trouver un transport en commun afin de rallier Bangkok.

Lalie, elle, n’a pas perdu son joli sourire malgré bien des émotions animalières entre piqûres et morsures…

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1er Avril : Bangkok

Ce vent de liberté que nous ressentons depuis désormais 11 mois nous enivre. Quel Bonheur de partager, chaque jour, cette belle aventure qui nous nourrit tant, sur le plan humain. Revenir directement en Europe, sans être certains de pédaler au soleil et retrouver un pays en proie aux doutes et aux difficultés du « vivre ensemble », nous apparaît aujourd’hui et de plus en plus comme une épreuve difficilement surmontable.

Nous n’avons pas envie, non plus, de nous lancer dans une nouvelle recherche de cartons, de démontage, d’emballage et de remontage et le moyen le plus simple pour éviter cela… c’est d’essayer de ne plus prendre l’avion.

C’est donc décidé, nous allons rentrer par la voie terrestre. A vélo jusqu’en Chine et la frontière russe puis un voyage en transiberien qui nous permetttra de rentrer par les pays du Nord de l’Europe pour un retour en France prévu le 15 février 2020.

L’Aventure continue…

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26 Mars : Laem Mae

Lalie a passé une bonne nuit. Sa blessure à la jambe lui tire un peu mais elle ne présente aucun symptôme inquiétant et a même retrouvé son beau sourire.

Il nous faut cependant revoir nos plans car une seconde injection de vaccin antirabique sera nécessaire dans deux jours. Reprendre les vélos aujourd’hui présente donc trop de risques entre la fatigue créée par toutes ces émotions et l’incertitude de nos prochains lieux de bivouac. Nous allons donc rester sagement à Laem Mae, cette petite station balnéaire bordée par la plage , fréquentée principalement par… des Suédois !

La solidarité Thaïlandaise locale va très vite se mettre en place. On nous trouve un nouvel appartement à un prix encore inférieur à celui d’hier, on nous indique l’adresse d’une pharmacie où nous pourrons trouver un pansement « waterproof » afin que Lalie puisse tout de même se baigner et on nous offre un régime de bananes et de délicieux nems.

Valérie se remet des nombreuses émotions de ces dernières 24 heures en bénéficiant du massage thaï qu’elle n’a pas pu faire hier. Un massage énergique et drainant !

Après un pique-nique pris dans l’appartement , nous profitons du retour du soleil pour retrouver les vagues du golfe de Thaïlande. De quoi oublier les dernières péripéties. Nous profitons également d’un accès à l’eau en extérieur pour laver vélos et carriole.

L’hôpital a souhaité que le pansement soit refait tous les jours par les professionels de la clinique locale et Lalie et Valérie s’y rendent donc en fin d’après-midi. Là encore, la solidarité et la générosité des habitants de ce quartier est précieuse : elle seront conduites gracieusement en tuk-tuk.

Il nous faut désormais réfléchir également à un plan B pour rejoindre Bangkok car nous n’aurons plus le temps de rejoindre la capitale Thaïlandaise à vélo et prendre ensuite le temps de préparer les cartons. Notre épopée asiatique se termine donc un peu en eau de boudin crocs de chiens. Cette petite pause imprévue va permettre à Lalie de récupérer complètement et de classer cette expérience au rang des souvenirs.

Et puis, il nous reste encore de belles semaines à vélo pour rentrer dans le Lot…

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25 Mars : Ban Phe – Laem Mae : 12 km (10 141 km)

Une très belle journée s’annonce. Tout le monde est en forme et entoure Valérie d’une tendre enveloppe de douceur pour son 25 ème anniversaire 😉.

A journée exceptionnelle, conditions climatiques exceptionnelles ! Alors que nous n’avons connu que du soleil depuis plusieurs semaines (mois ?), le ciel gronde ce matin et des trombes d’eau s’abattent sur le bord de mer.

Nous attendons mais la pluie continue à tomber abondamment. Avant que la route ne se transforme en piscine, nous rassemblons tout le courage qu’il nous reste pour remonter sur les vélos et rejoindre l’appartement qui nous attend pour passer cette belle journée.

Nous savons que nous n’en avons pas pour longtemps et roulons sous la pluie en sachant que nous pourrons bientôt être au sec. Nous transformons donc la célèbre phrase en « si tu crois que ce sont les rayons de soleil qui te rendent heureux , c’est que tu n’as jamais pédalé sous la pluie ! »

En arrivant, il nous faut résoudre un beau jeu de piste pour trouver les clefs qui ont été laissées successivement à plusieurs commerces.

Nous savourons cette installation dans ce sympathique appartement… avec cuisine ! De quoi préparer un premier repas d’anniversaire agrémenté de biens des douceurs. Valérie, à intervalles réguliers, est invitée à tirer un petit papier avec un tendre mot écrit par un membre de sa famille. 37 petits mots qui définissent tout ce que Valérie représente à leurs yeux (il y avait encore de la place pour 90 années supplémentaires…).

Il pleut toujours et le temps invite au jeu de cartes. Une contrée (toujours ponctuée de la découverte de petits mots) permettra de partager encore un beau moment.

Valérie a bientôt rendez-vous pour l’un de ses cadeaux du jour : une heure de massage thaï ! Lalie et Christophe profitent qu’elle soit encore à l’appartement pour courir au supermarché tout proche afin d’acheter de quoi réaliser un nouveau repas de fête.

Mais c’est certainement la plus grosse épreuve que nous ayons connue jusqu’ici qui nous attend. En revenant, Lalie et Christophe décident de rentrer en courant, sans voir un chien abandonné bien caché. Ce dernier se jette sur Lalie et lui croque un mollet. Christophe réussit à l’éloigner mais ne peut que constater la blessure. Un croc s’est incrusté dans la chair et même si nous nous savons vaccinés contre la rage, la situation demande un effort certain pour ne pas transmettre son angoisse.

Christophe part avertir Valérie pendant que des riverains prennent soin de Lalie. Nous souhaitons que Lalie puisse être oscultėe par un médecin et l’une des personnes présentes se propose d’être notre chauffeur. Valérie saute dans la voiture avec Lalie. La clinique locale indique ne pas pouvoir prodiguer de tels soins et invite à rejoindre l’hôpital situé à une vingtaine de kilomètres.

Entre temps, le Docteur Lecine du CVI de Cahors confirme la nécessité de procéder à deux nouvelles injections de vaccins (contre 5 si Lalie n’avait pas déjà été vaccinée + toute une batterie de test), une aujourd’hui et une dans 3 jours. Sacré Thierry Lecine qui, même à 15 000 km, assure un suivi aussi professionnel qu’humain !

Après la piqûre et un beau pansement, tout le monde se retrouve enfin pour partager cette soirée d’anniversaire. Une de celles que l’on ne risque pas d’oublier. A journée exceptionnelle… émotions exceptionnelles !

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24 Mars : Ban Khung Wiman – Ban Phe : 58 km (10 129 km)

Ce petit coin de pelouse face à la mer était bien agréable. Même si la nuit a été bien transpirante (les tapis de sol « modernes » sont bien pratiques au regard du poids/confort mais leur revêtement en plastique a un effet « collant » lorsqu’il fait très chaud) elle fut calme et nous nous levons bercés par les flots de la marée montante qui viennent chatouiller la digue que nous surplombons.

Nous faisons sécher les tapis de sol (!), partageons le petit-déjeuner puis finissons de ranger le campement et reprenons la route. Celle-ci s’éloigne un peu du rivage pendant une trentaine de kilomètres avant de nous ramener le long des plages du bord de mer.

Demain, c’est l’anniversaire de Valérie ! Dernier jour « férié » sans vélo de la VéLove Family. Nous recherchons un endroit confortable pour passer cette journée. L’exigence de Christophe afin que sa douce soit coocoonée dans un endroit des plus agréables amène à avaler quelques kilomètres supplémentaires pour border un nouveau rivage… entièrement privatisé par les resorts, ces complexes hoteliers de luxe qui ne répondent pas au critère de lieu familial et chaleureux recherché et surtout dont la moindre petite chambre est bien au-delà du budget pourtant « exceptionnel » que nous nous sommes fixés pour le bel événement de demain.

Il est 13h00 et les enfants font vite ressentir qu’ils veulent arrêter cette chasse au mouton à 5 pattes. Il fait très chaud et ils comptent bien profiter encore un peu de la plage que nous quitterons dans un ou deux jours pour ne la retrouver… que du côté de Bayonne !

Nous trouvons un hôtel qui pourra nous accueillir aujourd’hui. Il est situé en bord de plage et nous passerons la majeure partie de cette chaude après-midi dans l’eau. Le sable, lui, est jonché de détritus que même le personnel des resorts ne semble plus motivé à enlever. Cela donne de longues lignées de produits usagés, la plupart en plastique, dans un cadre pourtant idyllique que la plupart des touristes ne verront pas, centrés autour des piscines des hôtels… ou sur leur smartphone.

Nous trouvons tout de même quelques espaces pour nous adonner à la construction « d’oeuvres » éphémères et offrir quelques abris de fortune aux quelques crabes attrapés.

La fin d’après-midi nous permet de poursuivre nos recherches sur Internet d’un lieu adapté au dernier anniversaire de notre périple sous les tropiques. En farfouillant un peu nous trouvons un appartement moitié moins cher que la chambre louée pour cette nuit. Seul inconvénient, il nous faut rebrousser chemin sur une petite dizaine de kilomètres. C’est la première fois de l’année que nous rebrousserons chemin et que nous pédalerons un jour d’anniversaire mais l’anniversaire de Valérie vaut bien des premières !

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23 Mars : Chanthaburi – Ban Khung Wiman : 41 km (10 071 km)

Ce matin, c’est cap à l’Ouest ! Le golfe de Thaïlande est à une trentaine de kilomètres et nous comptons bien le remonter pour suivre son rivage pendant quelques jours.

Les sacoches sont plus longues à faire après quelques jours d’arrêt et le rythme matinal est un peu plus lent. Entre le rangement, la préparation des vélos et quelques courses pour le pique-nique du jour nous ne « décollons » finalement que peu avant 9h00.

Il fait déjà chaud mais nous savons que dans quelques heures nous retrouverons le plaisir de barboter dans la mer. Pour avancer un peu plus vite, nous résistons à l’appel des petites routes et suivons l’axe principal équipé d’une incroyable piste cyclable. Nous pouvons donc rouler en toute sécurité et observer une succession de marais salants avant de retrouver nos chères noix de cajou avec leurs têtes à l’envers.

Mer en vue ! Nous surplombons la baie et dévalons la dernière pente pour atteindre une grande plage de sable… qui se rétrécit à vue d’oeil avec la marée montante. Nous apercevons un vélo de cyclovoyageur. Son propriétaire est dans l’eau et ne tarde pas à nous rejoindre. Il s’agit d’Anton, un Russe d’une trentaine d’années. Il était parti de Russie avec sa femme et sa fille mais, arrivés en Inde, sa femme, trop fatiguée, a décidé de rentrer avec leur fille. Lui a décidé de continuer pendant 3 mois jusqu’au Vietnam ! Il nous demande des précisions sur les fruits qu’il pourra trouver au Cambodge et au Laos car il est fruitarien et se nourrit donc exclusivement de fruits. Nous discutons longuement avec lui avant qu’il ne nous pose quelques questions en russe (qu’il traduit en anglais) tout en nous filmant avec une petite caméra, le tout habillé à la Patrick dans Camping. Etonnant personnage !

L’appel de la baignade… et des chateaux de sable se fait de plus en plus fort et nous profitons de ces heures qui sont les plus chaudes de la journée pour faire une bonne pause le long du rivage.

Nous reprenons la route dans l’après-midi pour quelques kilomètres. Avant que la route ne s’écarte de la mer pendant une trentaine de kilomètres, nous apercevons une vaste demeure qui a du accueillir, jadis, un complexe touristique. Seule la maison principale reste entretenue, les autres bâtiments semblent à l’abandon. Une vaste prairie s’avance vers les flots. Nous demandons au propriétaire des lieux si nous pouvons y planter nos tentes. Pas de problème, il nous indique le lieu qui lui semble le plus approprié, face à la mer.

Nous installons notre campement. Les enfants  feront une petite séance d’exercices scolaires avant que Lalie, qui grimpe dans les arbres dès qu’elle en voit un, ne tombe sur un nid de guêpes ou d’abeilles, ce qui aura pour conséquence de multiples piqures (une dizaine) dont la douleur mettra quelque temps à s’estomper.

Un bon repas maison permettra d’oublier cette petite mésaventure. Pour l’occasion nous ressortons le réchaud qui n’avait plus eu l’occasion de chauffer depuis un petit moment. Des spaghettis sauce philadelphia (fromage qui ressemble un peu à du kiri), accompagné de son lit de concombres et de tomates. Les 500 grammes de pâtes sont partis très rapidement…

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22 Mars : Koh Chang – Chanthaburi

Après un dernier petit-déjeuner partagé avec Didier et Isa sur la terrasse faite en palettes de cette sympathique Guesthouse pour backpakers, nous finalisons nos sacs et rejoignons le bord de route de l’axe principal qui rejoint le port.

Nous embrassons nos amis qui vont avoir le plaisir de passer quelques jours supplémentaires dans ce décor de carte postale avant de rentrer à Figeac, fin Mars, et trouvons un taxi partagé (un pick-up aménagé à l’arrière avec deux rangées de sièges qui se font face) et retraversons l’île , du Sud au Nord.

Nous faisons la connaissance de David, un Américain originaire de l’Oregon, qui travaille en Thaïlande depuis 7 ans. Il écrit des articles pour un guide de voyage destiné aux anglophones qui veulent voyager en Asie du Sud-Est (www.travelfish.org).

Il parle très bien le Thaï et nous sera d’une aide précieuse dans nos pérégrinations du jour. Car après le pick-up, nous rejoignons le Ferry (en arrivant grâce à lui jusqu’au bon quai d’embarquement, car il y en a deux distants de quelques kilomètres) puis, après une heure de traversée, prenons à nouveau un bus qui nous permettra de quitter la zone portuaire avant de reprendre un pick-up pour aller du port à la gare routière de la ville de Trat où nous pourrons, enfin, prendre un bus qui nous ramènera sur Chanthabury après 1h30 de trajet. Grâce à David nous avons pu enchaîner les transports tout en payant le prix local, ce qui est fort appréciable.

Nous laissons David qui rentre sur Bangkok et après avoir fait quelques courses à la première superette rencontrée pour déjeuner… à 16h00, rentrons vers l’hôtel où nous avons laissé vélos et sacoches.

Nous avions un peu d’appréhension mais rien n’a bougé alors que le tout était entreposé… dans le couloir ! En voyageant en Asie du Sud-Est, dans des pays où il y a très peu d’atteintes aux biens, nous avons progressivement appris à baisser la garde sur les risques liés au vol de notre matériel. Nous savons qu’il nous faudra toutefois être prudents lorsque nous rentrerons en Europe où les risques semblent bien plus importants.

Nous repréparons toutes nos affaires afin de pouvoir repartir demain matin à l’aube. L’idée est de rejoindre le littoral distant d’une trentaine de kilomètres afin de pouvoir le remonter pendant 3 ou 4 jours avant de prendre le cap de la capitale Thaïlandaise.

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21 Mars : Koh Chang

La nuit de Naïa a été meilleure… et donc celle de ses parents également.

Petit-déjeuner et exercices scolaires viennent précéder une grande baignade le long de la côte. L’occasion d’apercevoir de superbes coraux ainsi que de nombreux poissons multicolores et des concombres de mer qui amusent beaucoup les enfants.

Nous rejoignons ainsi une petite plage de sable, lieu idéal pour se perfectionner à la construction des chateaux de sable et à la chasse aux crabes. Nous partageons le pique-nique, sur une petite terrasse d’un resort qui semble abandonné… sauf par quelques singes qui n’hésitent pas à montrer les dents pour tenter de voler un peu de nourriture ou tout autre objet à leur portée.

La température de l’eau, elle, nous semble étonnamment élevée à tel point qu’elle n’a pas l’effet raffraichissant escompté. Nous apprendrons qu’avec le réchauffement climatique, la température de l’eau a largement augmenté dans ce golfe de Thaïlande ces dernières années. La plupart des coraux s’abiment en raison de ce changement brutal et c’est tout l’écosystème marin qui se détraque en cascade. Alors que les marches en faveur de la protection climatique se développent, nous ne pouvons que confirmer les dérèglements qui viennent affecter certaines parties du globe que nous avons argentées.

Toute la famille profitera de la fin d’après-midi pour se reposer avant une dernière belle soirée dominée par un superbe soleil couchant. Demain, nous repartons retrouver nos vélos à Chanthaburi d’où nous poursuivrons notre route vers Bangkok.

300 km de routes asiatiques nous attendent encore, de quoi partager encore de belles émotions !

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20 Mars : Koh Chang

Naïa n’a pas passé la meilleure nuit de sa vie… et ses parents non plus. Une fièvre qui fait le yo-yo sans jamais monter très haut, pas d’inquiétude pour l’instant mais la surveillance se poursuit.

Lalie et Esteban, eux, sont en pleine forme et, après avoir profité du luxe de dormir dans un bungalow séparé, se lèvent à leur rythme pour petit-déjeuner puis attaquer une séance d’exercices scolaires.

Naïa retrouve un peu d’energie dans la matinée, assez pour que nous envisagions d’aller passer quelques heures au bord de l’une des plages de sable de l’île.

Quelques kilomètres de pick-up plus tard nous voici donc sur Ban Bang Bao sous un soleil qui a fait sa réapparition après quelques passages nuageux.

Nous arrivons en fin de marée haute et ne pouvons que constater la quantité de détritus ramenés par cette mer, pourtant si belle, sur la plage. Nous marchons plusieurs centaines de mètres, le long du rivage, afin de trouver un espace à l’ombre qui ne soit pas privatisé par les nombreux hotels de luxe qui se sont appropriés l’espace public. La majorité des clients sont allongés sur leur transat les yeux non pas rivés vers la superbe baie qui leur fait face mais… vers leurs smartphones ! En quelques minutes nous avons une image peu optimiste de la société dite moderne : des êtres humains hypnotisés par leur écran pendant que la mer déborde de plastique… A nous de tout faire pour que la nouvelle génération ne soit pas aussi attentiste que ses aînés !

Nous passons tout de même de belles heures dans ce cadre exotique. La chasse aux crabes se révèle un excellent exercice de motricité rapide pendant que les éternels chateaux de sable invitent à l’imagination.

Nous revenons en fin d’après-midi vers nos bungalows, où, pendant que Naïa, qui a l’air d’aller mieux, fera une petite sieste, Lalie et Esteban se lanceront dans une seconde séquences d’exercices scolaires avant une partie de belote face au soleil couchant. L’heure de l’apéro approche, nous le partageons tous ensemble avant de passer une douce soirée dans ce cadre des plus dépaysants.

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19 Mars : Chanthaburi – Koh Chang

Nous dormons un peu plus ce matin… jusqu’à 7h00. Nous partageons le petit-déjeuner, discutons avec un couple de cyclovoyageurs Canadiens partis depuis 22 mois… et 30 000 km (nos 10 000 paraissent bien petits à côté) puis prenons un mini-bus en direction du port où nous pourrons prendre un bateau pour Koh Koot qui se transformera finalement en un trajet pour Koh Chang, une île plus proche de la côte, au regard des prix prohibitifs qui nous sont demandés pour rejoindre la destination prévue initialement.

30 minutes de mer plus tard, sur un énorme ferry métallique, et nous voilà sur l’île très arborée de Koh Chang.

Naïa n’est pas très en forme depuis ce matin, elle a même un peu de fièvre, et se retrouve sans beaucoup d’énergie. Le « routard » préconise une adresse avec des bungalows à un prix abordable. Nous prenons un transport en commun pour rejoindre le complexe en question mais les informations que nous avions ne semblent plus tout à fait à jour. Les prix ont doublé alors que le site semble ne pas avoir été entretenu depuis un moment. C’est loin d’être accueillant.

Comme nous avons prévu de passer 3 nuits sur l’île nous cherchons un lieu plus agréable et finissons au bout de quelques recherches, à trouver de belles cabanes un peu plus au Sud.

Ici pas de plage de sable fin mais cela ne nous empêche pas de faire une première virée dans l’eau avec masques et tubas et de rejoindre ainsi une petite crique de sable située non loin. Nous nous relayons auprès de Naïa. Cette dernière, après une bonne sieste et avoir réussi à avaler un doliprane retrouve progressivement la forme et même un peu d’appétit en soirée. Demain, nous avons une journée sans programme, ou plutôt si, avec un seul programme : récupérer et se reposer !

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18 Mars : Pong Nam Rom – Chanthaburi : 62 km (10 030 km)

La Thaïlande est également le Royaume de la générosité. Ce matin, avant de partir, la propriétaire de la Guesthouse tient à nous offrir un régime de bananes, puis deux, puis trois… Sans oublier quelques bouteilles d’eau, le tout chargé dans le coffre de la carriole qui va finir par exploser.

Plus tard dans la matinée on nous offrira encore, par deux fois, des bouteilles d’eau fraîche. Nous n’avons que des petits vélos et des sourires à offrir en échange mais nous sentons bien que leurs gestes sont guidés par leur coeur et qu’ils sont heureux de rentrer ainsi en contact avec nous. Peu parlent Anglais mais, avec le langage des mains et du visage, nous arrivons toujours à échanger quelques mots.

Après une petite dizaine de kilomètres, qui viennent récompenser les deux dernières journées en faux plat montant, nous bifurquons pour retrouver ces petites routes de campagne que nous affectionnons tant. Encore un régal ! Nous roulons entre des plantations exotiques et découvrons, par là même, les arbres sur lesquels poussent certains fruits que nous avons goûtés récemment. Des ramboutans, des mangoustans, des durians, des longanis et, bien entendu, des bananes et des noix de coco : une déambulation des plus dépaysantes.

C’est dans ce cadre que nous franchissons, main dans la main, notre 10 000ème kilomètre ! Nous pensions que nous l’atteindrions en France mais finalement nous avons un peu d’avance… ou de détours en plus ! Que de chemin parcouru, de rencontres, quelques difficultés et beaucoup de Bonheur au cours de ces kilomètres. Il nous reste désormais 1 000 à 1 500 kilomètres pour rentrer dans le Lot…

A Chanthaburi, nous retrouvons Didier et Isa avec lesquels nous avons prévu de faire une petite virée sur l’ile de Koh Koot, située un peu plus au Sud. Nous nous mettons en quête d’un hébergement pour ce soir mais sommes surpris par les tarifs pratiqués par les hôteliers de cette ville à laquelle, pourtant, nous ne trouvons aucun charme. Chanthaburi est une ville spécialisée dans la joaillerie et notamment dans les rubis. La majorité des magasins vendent donc des pierres précieuses et lorsque l’on a peu d’intérêt pour ces minéraux, il est difficile de trouver des qualités à cette cité très « bling-bling ».

Nous cherchons un bon moment et décidons de nous éloigner du centre afin d’élargir nos recherches en périphérie. Nous trouvons finalement de quoi nous loger dans l’un de ces hôtels aux longs couloirs qui ressemblent plus à ceux des hopitaux qu’à ceux d’un espace hôtelier.

Nous partons ensuite organiser notre trajet de demain. Il nous faut, en effet, rejoindre l’embarcadère du ferry à destination de Koh Koot. Les filles prennent en charge les négociations et trouvent un chauffeur de van qui nous amènera demain matin jusqu’au port.

3 jours de détente devraient nous attendre avant de reprendre la route vers Bangkok pour un dernier tronçon exotique avant de retrouver l’Europe.

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Cambodge : chaudement beau !

Nous avons découvert le Cambodge ces 2 dernières semaines ! C’était le dernier pays « inconnu » de notre voyage. Il faut toujours un peu de temps en arrivant dans un nouveau pays pour observer les façons de faire, trouver notre façon d’y voyager : de dormir, de manger, d’échanger avec la population…

Les premiers jours après la frontière sont compliqués : une route poussiéreuse et en très mauvais état, une chaleur étouffante, très peu d’échoppes, aucune équipée de réfrigérateur, des difficultés d’accès à l’eau courante, une communication délicate avec les habitants. On en a un peu bavé jusqu’à Siem Reap, malgré la bienveillance constante et les sourires chaleureux que nous croisons sur le chemin. Est-ce la température, la fatigue accentuée par la chaleur, la faim, la soif, quelques indigestions… sans doute ?surtout la chaleur !

Siem Reap nous a offert tout le (ré)confort d’une ville touristique à bon prix. Nous nous sommes régalés tant sur le plan culturel (avec la visite des mythiques et somptueux temples d’Angkor) que gastronomique (avec de la nourriture variée, savoureuse et fruitée ! Mmmh les smoothies mangue – passion !!).

Le trajet en bateau jusqu’à Battambang restera parmi nos grands souvenirs ! Une rivière pleine de vie et de couleurs, pas du tout « polluée » par le tourisme de masse : on ne nous vend rien, on se contente de nous saluer chaleureusement !

Au Cambodge, nous avons été apostrophés en anglais par des milliers de « Hello », même par les tous jeunes enfants, qui courent toute l’allée de leur maison pour nous offrir leurs sourires. Le « Bonjour » Khmer (qui se prononce « Sourcidaï ») est rarement utilisé pour s’adresser aux étrangers.

Le dollar américain lui aussi règne en maître. Nous restons stupéfaits de cet incroyable fonctionnement. Toute la population semble pourtant habituée à cette gymnastique improbable de deux monnaies qui cohabitent. Impossible pour nous de ne fonctionner qu’avec la monnaie du pays (le riel) : les distributeurs de billets ne délivrent que des billets verts…

Nous mettons toujours un peu de temps pour adopter les mots et les gestes des pays que nous traversons… mais ils deviennent rapidement de nouvelles habitudes dont nous mettons ensuite également toujours quelque temps à nous défaire… Les « bonjour » et « merci » bien sûr (on s’embrouille un peu après chaque frontière), mais aussi les gestes. Au Laos et au Cambodge, on donne toujours les choses avec les deux mains (même les billets pour payer) et on les reçoit toujours également des deux mains. En Thaïlande ce n’est plus du tout le cas.

De la même façon, dans les derniers pays que nous avons traversés on se salue et on se remercie toujours les deux mains jointes au niveau du visage. Ce geste là rentrera vraisemblablement en Europe, dans nos bagages culturels .

Le Cambodge nous aura donc marqué : par l’aridité de son climat, les conditions de vie souvent très difficiles des populations rencontrées et l’atrocité de son histoire récente. Mais aussi et surtout par les sourires de ce peuple courageux, par les vestiges grandioses des civilisations passées, et par la diversité de ce que nous avons eu la chance d’observer et de découvrir…

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17 Mars : Pailin – Pong Nam Rom : 52 km (9 968 km)

4 heure du matin, c’est le branle bas de combat dans le couloir de l’hôtel. Une horde de Chinois crie, se racle la gorge et vient même toquer à notre porte afin de s’assurer que tout l’étage est bien réveillé. Pas de doutes, nous le sommes ! Nous essayons de leur faire comprendre que nous aimerions dormir un peu plus mais notre demande n’a aucun effet. Seule l’enguelade que nous leur passons lorsqu’ils n’arrêtent pas de toucher nos vélos malgré quelques avertissements aura pour effet de les faire reculer.

Le seul bénéfice que nous trouvons à ce réveil matinal est d’anticiper encore un peu plus notre départ. Nous prenons tout de même le temps de partager le petit-déjeuner que nous sortons de nos sacs, rejoints par le patron de l’hôtel désolé pour cet incident guère controlable. Cela nous permettra également d’échanger avec les enfants sur ce qu’ils voient depuis quelques semaines, quasiment à chaque fois, que nous croisons des groupes de Chinois. L’occasion de leur indiquer que nous avons le droit d’exprimer notre mécontentement lorsque nous sommes face à ce qui nous semble être du manque de respect mais qu’il nous faut toujours éviter de juger. Notre conception européenne du respect est loin de celle qui semble être adoptée par d’autres sociétés dont la société Chinoise. Qu’ils soient prêts à bousculer tous ceux qui sont devant eux pour prendre une photo ou qu’ils attrapent sans cesse Naïa dans leurs bras pour prendre des photos avec elle sans, bien entendu, lui demander son accord, leur semblent normal. Seul élément qui est difficilement excusable, l’état de saleté dans lequel ils laissent les lieux qu’ils utilisent. Le parking de l’hôtel jonché de plastiques et de crachats est encore là pour en témoigner ce matin. Observer sans juger, tâche parfois difficile…

Au bout de 18 km de faux plat montant nous arrivons en vue de notre dernière frontière asiatique. Les tampons de sortie du Cambodge sont vite obtenus, sans aucune demande. Quant à l’entrée en Thaïlande, les grands panneaux indiquant « No Tips » (interdiction de donner des pourboires) permet d’attendre son tour sereinement.

Voilà un passage qui nous réconcilierait presque avec les postes-frontières…

Il est déjà 10h00 lorsque nous rentrons à nouveau dans le Royaume de Thaïlande et… sa conduite à gauche !

Après les grandes plaines du Cambodge nous retrouvons rapidement un terrain accidenté et quelques belles montées. Les nuages d’hier ont disparu et les grimpettes se font sous un soleil de plomb.

Lorsque nous arrivons enfin en vue d’un village nous sommes assoiffés et affamés. Heureusement, nous retrouvons le confort des 7-eleven, ces petites supérettes, qui proposent de nombreux produits frais. Tels des vagabonds impatients nous nous substantons sur les marches du magasin et offrons quelques refroidissements à nos corps bouillonnants.

Aujourd’hui, c’est Dimanche et les écoles sont donc fermées. Les temples eux, se font rares depuis ce matin. Nous repartons et trouvons une petite Ghesthouse (bien trop petite pour accueillir un car de Chinois !). Nous prenons une chambre et passons l’après-midi à l’abri de la chaleur. Exercices scolaires, jeux de cartes et repos seront les bienvenus.

Il ne nous reste plus qu’une cinquantaine de kilomètres pour rejoindre Chanthaburi ou nous retrouverons Isabelle et Didier pour une nouvelle pause.

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16 Mars : Phnom Kdong – Pailin : 77 km (9 916 km)

Quelques averses matinales résonnent sur les toits en tôle. Le rafraîchissement est immédiat et des plus agréables. Nous partageons le petit-déjeuner confectionné avec générosité et beaucoup d’attention par Saro et son épouse.

Il nous tend également un sac plein de bananes, mangue et ananas afin que nous ne manquions pas de vitamines pour notre journée de vélo. Encore de bien belles personnes rencontrées ici.

Nous embrassons Isabelle et Didier qui repartent vers Battambang en scooter. Nous devrions les retrouver dans 3 ou 4 jours, 180 km plus à l’Ouest sur la côte Thaïlandaise.

Il fait lourd et après une dizaine de kilomètres, des éclairs zébrent le ciel pendant que le bruit sourd du tonnerre se fait entendre. Nous trouvons refuge sous le toit ouvert d’un petit restaurant et, en attendant le retour au calme, sortons le Uno et y jouons avec les personnes présentes.

La couverture nuageuse est toujours là mais l’orage semble être passé. Nous profitons de l’absence des rayons de soleil pour avancer. A 13h30 nous avons déjà parcouru 50 km et nous arrêtons pour déjeuner. Nous sortons notre sac de pique-nique mais il est infesté de fourmis ! Elles sont rentrées partout et rien n’est vraiment récupérable. Nous parcourons quelques kilomètres supplémentaires en espérant trouver de quoi déjeuner dans les villages à venir mais à part des brochettes de rats et des soupes dont nous ignorons le contenu rien ne semble vraiment disponible. Quelques biscuits et les fruits offerts par Saro feront l’affaire. Les enfants sont motivés pour rouler encore l’après-midi et se rapprocher ainsi de la frontière Thaïlandaise.

Sur la route, les villages traversés comprennent souvent un ou deux grands bâtiments rutilants, il s’agit des établissements bancaires. Lalie lâchera alors cette phrase : « c’est incroyable, ils pourraient faire les bâtiments des banques plus petits et agrandir les écoles ! ». Du haut de l’intelligence et de la naïveté de ses 10 ans, Lalie vient de toucher du doigt l’un des facteurs qui risquent de sonner le glas de notre civilisation… Nous échangerons ainsi longuement sur certaines folies capitalistes, la mondialisation et la place de l’éducation (d’autant plus importante dans un pays comme le Cambodge où, dans l’Histoire récente, les Khmers rouges ont manipulé la population en bannissant son instruction).

Les kilomètres se font plus longs et la fatigue de plus en plus présente mais Pailin est désormais à portée de roues. Le centre ville est animé par les obsèques d’un Moine. Celui-ci est transporté dans un cercueil transparent posé sur un énorme véhicule en forme de dragon. Des dizaines de Moines, une fleur blanche à la main constituent le cortège orangé et psalmodiant.

Après avoir passé le centre-ville, nous trouvons une chambre dans laquelle nous pouvons prendre une bonne douche et nous étendre pour notre dernière nuit au Cambodge. Demain, nous retrouverons la Thaïlande !

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15 Mars : Battambang – Phnom Kdong : 19 km (9 839 km)

C’est un plaisir de reprendre les vélos ce matin… même s’ils sont un peu amochés par le transport d’hier.

Dans la nuit, Igor (une perle !) le gérant de Locapino qui nous a vendu le Pino rouge a répondu à notre message et nous devrions avoir, gracieusement, un nouveau bras du guidon dès notre arrivée à Madrid. Il n’y a plus qu’à espérer que la soudure tienne les 500 km qu’il nous reste à parcourir en Asie…

Battambang, bien que peu connue, est la deuxième ville du Cambodge par sa population. Traverser l’agglomération nous prend pratiquement 10 km avant de se retrouver sur un axe principal qui rejoint la Thaïlande à une centaine de kilomètres de là.

Sur le bord de la route, de nombreuses échoppes proposent du rat au barbecue. Nous passons notre tour et poursuivons jusqu’au bas d’une petite colline au pied de laquelle se trouve un hébergement assez confidentiel proposé par des locaux. Il s’agit d’un hébergement chez l’habitant qui n’est pas encore repéré par « Maps Me » et compagnie mais dont nous avions eu connaissance par nos Amis Florence et Benoît.

Ce lieu est situé au pied d’une grosse colline qui contient trois spécificités touristiques que nous allons découvrir l’après-midi.

La première est la plus difficile à concevoir tant elle confirme que l’Homme est capable des pires atrocités. Appelées les « killing caves », des grottes de plusieurs dizaines de mètres de haut ont été utilisées par les Khmers rouges pour y jeter des milliers d’opposants après d’insoutenables tortures. C’était il y a 40 ans à peine ! Un mémorial rappelle de façon imagée cette horreur à côté de nombreux ossements et cranes fracturés par ces chutes mortelles.

Heureusement, les deux autres lieux sont plus « légers ». Tout en haut de cette colline, des temples ont été construits et sont également le lieu de villégiature de nombreux singes. La vue sur la vallée est splendide et le spectacle de ces petits mammifères est des plus divertissants .

Nous redescendons enfin pour aller assister à une autre merveille de la nature. L’une des grottes abrite des millions de chauve-souris qui, tous les soirs vers 18h00 partent pour une virée nocturne. 10 Millions selon les syndicats, 5 000, selon les forces de l’ordre, et 6,5 Millions, selon les spécialistes. De petits cousins de Batman sortent ainsi chaque soir pour aller débarrasser la nature de quelques millions de moustiques ou autres insectes nocifs pour l’agriculture locale (notamment la riziculture). Pendant plus de 20 minutes, une nuée de chauve-souris, large de plusieurs mètres, s’échappe de la roche. Nous profitons pleinement de ce moment si étonnant avant de rentrer retrouver Saro et sa famille. Ils nous ont préparė un délicieux repas que nous apprécions grandement tout en échangeant longuement avec Saro dans un anglais qu’il manie parfaitement.

Son histoire est également poignante et est en lien avec ce que nous avons vu aujourd’hui. Saro est né il y a 31 ans dans un camp de réfugiés mis en place du côté Thaïlandais par les Nations Unies afin d’accueillir les millions de personnes qui fuyaient le régime de Pol Pot et ses Khmers rouges. Il est resté jusqu’à l’âge de 10 ans dans ce camp avant de venir s’installer avec ses parents et ses 6 frères et soeurs dans le village au sein duquel il nous accueille. Il a pu faire quelques années de collège avant de travailler en tant que chauffeur de tuk-tuk. Il exerce toujours cette activité mais il a ouvert en complément cette petite « maison d’hôtes » toute simple mais où, avec son épouse, ils proposent un accueil des plus chaleureux.

Nous avons passé encore une bien belle journée et sommes heureux de l’avoir partagée avec Didier et Isa. Demain, ils retourneront en scooter à Battambang pendant que nous poursuivrons notre route vers la frontière Thaïlandaise. Nous devrions nous retrouver encore une fois sur la côte afin de partager ensemble quelques jours au goût d’aventure.

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14 Mars : Siem Reap – Battambang

Lever à 5h00. C’est presque une heure de grasse mat’ par rapport à ces dernier jours !

Didier et Christophe enfourchent les vélos aux premières lueurs du soleil afin de rejoindre l’embarcadère situé à 14 km. Les filles et Esteban les rejoindront un peu plus tard en bus. La route est des plus agréables. Les enfants partent à l’école habillés de leur uniforme , sur des vélos souvent trop grands. La culture de fleurs de lotus d’un côté, des fermes de crocodiles de l’autre c’est… exotique !

7h00 : Didier et Christophe sont arrivés à bon port. Ils attendent les filles qui devraient arriver d’ici peu. 1h00 plus tard, toujours rien, alors que le bateau était annoncé partant à 7h30.

Des bus de Chinois se succèdent mais toujours pas le reste de la troupe en vue.

8h30, les filles et Esteban arrivent enfin avec d’autres voyageurs. Parmi le personnel, personne ne s’affole : ce « petit retard » a l’air tout naturel.

Nous chargeons tout notre matériel sur le toit du bateau et partons pour une superbe traversée du Tonlé Sap, ce grand lac situé au Sud de Siem Reap. Des villages flottants, de nombreuses embarcations et une vie bien présente de tous les côtés.

Après le lac, nous suivons une rivière tout aussi joyeuse. Le bateau passe au milieu des maisons qui flottent sur des rondins de bois ou des tonneaux métalliques, des commerces, des écoles. Partout le même sourire de la population qui cesse pendant quelques secondes ses occupations pour nous saluer.

Nous sommes en saison sèche et la hauteur des pilotis qui supportent les maisons situées sur le rivage laissent entrevoir l’écart du volume d’eau avec celui que nous connaissons aujourd’hui.

Le bateau commence à racler le fond. Il s’arrête sur le ponton d’une petite épicerie. On fait signe à tout le monde de descendre et de récupérer les affaires. Pour nous, le retour sur la terre ferme s’annonce un peu plus complexe avec nos grands vélos et la carriole. Mais nous pouvons compter sur l’aide de Didier et Isa ainsi que sur celle d’autres passagers pour empreinter cet itinéraire quelque peu acrobatique. Tout le monde s’entasse ensuite sur deux pick-up sauf… qu’il n’y a plus de place pour nos vélos et la carriole alors que la compagnie auprès de laquelle nous avons acheté nos billets s’était engagée à les transporter. L’un des chauffeurs va alors à la rencontre du propriétaire d’un petit camion. Celui-ci doit se rendre vers Battambang pour ramener plus d’une cinquantaine de gros bidons d’essence. Il accepte de prendre notre matériel mais nous demande de le laisser au bord de la piste en attendant leur départ. Les pick-up, eux, sont prêts à partir mais Christophe, ne pouvant se résigner à laisser ainsi nos chères montures, descend du pick-up et précise au chauffeur du camion qu’il partira avec lui.

Après plus d’une demi-heure de chargement, les vélos et la carriole prennent enfin place au dessus des bidons. Mauvaise idée car le chemin empreinte des passages extrêmement cabossés et surtout très étroits, tant et si bien que lors d’un passage mal négocié le guidon du Pino rouge embrasse un tronc qui brise immédiatement l’un des bras de ce pauvre guidon.

Arghh ça sent la difficulté !

Le camion repart avec un Christophe dépité  qui imagine le casse-tête qui l’attend à l’arrivée. Il faudra près de trois heures pour rejoindre Battabang, un peu plus pour le pick-up dans lequel sont installées les filles, leur véhicule ayant cassé… un essieu !

Christophe, parti pourtant largement plus tard, arrive en premier à Battambang. Le chauffeur propose de le laisser au terminal de bus mais autant profiter de cette petite avance pour essayer de trouver une personne qui pourrait être capable de souder la tige du guidon. Cela n’enchante guère le chauffeur qui, alors que Christophe est devant dans un tuk-tuk sensé montrer le chemin du quartier des soudeurs, fait soudainement demi-tour pour rentrer à la gare routière et y déposer les vélos à toute vitesse. Heureusement, entre temps, Didier est arrivé et récupère tout le matériel.

Christophe arrive peu après et ne peut que constater la fuite du chauffeur de camion. Il repart en tuk-tuk en embarquant le pino rouge pendant que Didier reste avec le pino blanc et la carriole en attendant l’arrivée des filles et d’Esteban.

Un soudeur, rapide mais pas des plus consciencieux (le résultat étant assez tordu !), permettra à Christophe de reprendre la route pour rejoindre Didier puis le reste de l’équipe arrivée entre temps  qui s’est réfugiée dans un hôtel voisin avec piscine. De quoi se détendre après cette journée dense et pleine de rebondissements.

Demain nous sommes heureux de reprendre les vélos !

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13 Mars : Siem Reap – Angkor – Siem Reap : 23 km (9 820 km)

Les temples d’Angkor valent bien un nouveau lever à 4h00 du matin !

Grâce au pass 3 jours que nous avions pris, nous n’avons pas besoin, ce matin, de faire le long détour pour aller chercher les tickets. Nous filons donc droit, doublés par des dizaines de tuk-tuk emportant leurs clients encore à moitié endormis.

Arrivés devant Angkor Vat, nous prenons la sacoche avec le petit-déjeuner et allons partager ce dernier à l’intérieur de la première enceinte, face aux trois tours les plus photographiées d’Angkor. Nous ne sommes pas les seuls à être là ! Mais la zone est si étendue, qu’à part une concentration d’objectifs qui veulent absolument capturer le reflet du temple dans l’eau au soleil levant, nous avons de l’espace et nous asseyons pour contempler ce superbe spectacle.

Une fois le soleil apparu et un peu plus haut dans le ciel, nous pénétrons dans cet immense temple superbement conservé et accessible de toute part.

Nous repartons ensuite vers le Nord, contournons le magique temple du Bayon et ses 216 visages pour nous attarder sur l’un des temples à l’histoire bien particulière. Celui-ci avait commencé à être démonté entièrement afin de renforcer les fondations qui donnaient des signes de fatigue. Les milliers de blocs de pierres avaient été numérotés et dispersés sur plusieurs hectares dans la forêt environnante. Mais lors du remontage, les khmers rouges ont pris le pouvoir, interdit l’accès et brûlé toutes les archives. Remonter ce puzzle géant s’est alors avéré très complexe. Plus de 12 ans ont été nécessaires pour refaire les plans et 8 pour le reconstruire. Le tout grâce à une équipe française qui a assuré l’intégralité de la conduite des travaux. Fait intéressant, on peut grimper tout en haut de ce temple pour avoir une vue magnifique sur les alentours et lors de la descente on peut admirer un superbe Bouddha couché fait d’immenses blocs de pierre en 3 dimensions. Le génie humain !

Nous pédalons encore un peu au sein de ces incroyables vestiges avant de rentrer et de se rafraîchir dans la piscine pour le plus grand bonheur des petits et des grands.

Dans l’après-midi, un temps de repos permettra de récupérer de ce lever matinal avant d’être rejoints par une famille qui voyage pendant un an en sac à dos et dont nous avions fait la connaissance (virtuelle jusqu’à aujourd’hui !) grâce aux réseaux sociaux.

Nous partageons un apéritif tous ensemble. 2 familles et un couple de voyageurs qui s’échangent anecdotes et conseils tout en étant unanimement d’accord sur l’apport de telles Aventures pour certaines prises de conscience.

Nous nous retrouverons peut-être tous en France dans quelques mois et, en attendant, il est temps de refaire les sacoches. Demain, lever à 5h00 pour rejoindre l’embarcadère d’où nous prendrons un bateau puis un bus en direction de Battabang.

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Des questions… des réponses !

Merci pour vos questions. Nous avons essayé d’y répondre mais nous pourrons détailler plus amplement à notre retour…

Côté « bien-être » :
Question cruciale … comment allez vous ?
Nous allons super-super bien ! Des petits coups de fatigue de temps en temps dûs  au climat (il fait trèèès chaud) mais rien d’ingérable. Nous sommes tellement conscients chaque jour de la chance que nous avons (et que nous sommes allés chercher…) que rien ne nous a paru vraiment difficile jusqu’à aujourd’hui. Il faut parfois anticiper, souvent s’adapter mais nous essayons de gérer chaque journée comme un formidable cadeau.

Côté matériel :
Quels matériels avez vous vite abandonné (sans parler des vêtements) ?
Et bien, finalement, nous n’avons pas abandonné grand chose. Nous avons eu la chance, avec les différentes visites que nous avons eues, de pouvoir échanger nos affaires d’hiver contre des affaires plus légères et plus adaptées à la chaleur.

Qu’avez vous acheté qui vous manquait ?
Pas grand chose, là non plus. Un porte bébé pour transporter Naïa lors des grandes promenades.

Quelles applications utilisez vous pour préparer vos itinéraires, vous semblez chaque fois bien anticiper les dénivelés ? Faites vous un suivi en direct sur gps ou smart phone et lequel ?
Nous utilisons principalement l’application « OsmAnd ».
Nous avions acheté, avant de partir, la version « OsmAnd Unlimited » pour 2,99€ et c’est sans doute un des meilleurs achats que nous aillions fait.
Cette application permet d’utiliser plusieurs supports de carte et surtout donne une image bien précise des dénivelés en précisant la durée des montées (et des descentes, bien entendu !) et leurs pourcentages. Il est également vraiment meilleur que MapsMe pour indiquer les chemins à prendre à vélo (même si parfois c’est plus pour des VTT).
Nous marquons nos arrêts avec un petit signet sur la carte, juste en souvenir.
L’application est sur Android et il semble y avoir plus de mal à la trouver sur Iphone.En complément, nous utilisons les applications « Maps Me », pratique pour trouver un commerce, notamment, et « Ioverlander » qui contient de nombreux bons plans de bivouac, particulièrement en Amérique du Sud.

Préparez-vous un guide spécial cyclovoyageurs family pour la partie logistique ?
Lucho et Jose-Carlos ont réalisé ce superbe outil auquel nous avons essayé, bien modestement de collaborer. Vous pouvez retrouver ce guide en téléchargement gratuit à l’adresse :
https://pedalamundos.com/index.php/guia-de-cicloturismo-para-principiantes/?fbclid=IwAR0nKTKMjNhc8FgQqSZ0RMhbwHmcugVlxWkg6oSFhYvsprnXxA2evc-2JLg

Nous essaierons de travailler sur sa traduction en Français (avec tous les autres volontaires, n’hésitez pas à nous contacter à ce sujet…) lorsque nous serons rentrés.

Côté nourriture :
Pas marre de manger toujours la même chose ?
Ah la nourriture ! C’est une des principales sources d’énergie du cyclovoyageur et c’est vrai que, dans certaines zones, elle manque un peu de variété (la France possède un tel choix culinaire que ça donne de mauvaises habitudes…). Mais finalement on arrive à faire avec ce qu’il y a et nous savons toujours que nous pourrons trouver plus de choix dans certaines zones plus touristiques. Cela décuple alors le plaisir de retrouver certains mets…

Avez-vous prévu d’éditer un guide gastronomique des meilleurs petits plats Vélovefamily ?
Plusieurs cyclovoyageurs ont couplé leur Aventure avec les recettes culinaires. Il existe d’ailleurs un très bon livre intitulé « Cuisin’Situ ».
Nous avons également eu la chance de rencontrer Romain et Aurélie qui ont surnommé leur voyage : « Bikekitchen ». Tout un programme !
En ce qui nous concerne, nous ne pouvons que recommander d’emporter une petite poêle qui permet de varier les plaisirs (Oeufs au plat, tortillas de patatas, cheese-naan et, bien entendu… les sacro-saintes crêpes !)

Côté budget :
Au niveau budget, votre prévisionnel était-il bon ? Les petits « extras » bien appréciables et appréciés semblent en être la preuve.
Il faudra que nous fassions les comptes de manière plus approfondie en arrivant mais pour l’instant ça a l’air d’aller. Il est vrai que nous passons essentiellement par des pays où le coût de la vie n’a rien à voir avec l’Europe. Même les petits extras, quand on les compare à des extras similaires en France, ne sont pas souvent très onéreux.

Côté « voyage » :
Comment avez vous préparé vos passages de douanes ? Tarif, corruption, histoire de tampon ou autres ?
Nous avons lu quelques récits de voyageurs et avons discuté avec les personnes rencontrées en chemin. En Asie, il a fallu essayer d’aborder ces passages avec le plus de sérénité possible car la seule envie naturelle qui vient lorsque l’on nous demande un backshish est d’emplatrer notre interlocuteur contre le mur. Nous avons souvent été remontés contre quelques touristes qui nous incitaient à payer en nous disant « ici c’est comme ça », ne mesurant pas que leur fatalisme les rendait complice de cette situation. Nous avons pu encore mesurer la chance que nous avions d’être en vélo et d’avoir le temps. La présence des enfants a certainement permis également d’accélérer certains passages.

Côté « enfants » :
Votre petite Naia, qui a bien grandi, ne se verrait-elle pas plus souvent sur le siège avant du vélo ? Et vos « 2 grands » sur des vélos indépendants ?
Naïa s’est fait quelques kilomètres à l’avant du Pino mais ses jambes sont, pour l’instant, bien trop courtes pour qu’elle puisse participer au pédalage. Elle adore sa carrriole, ce petit univers qui lui permet de se reposer, de jouer et, en Asie, d’être à l’abri des nombreuses personnes qui la prennent dans leurs bras ou lui tripotent les cheveux sans lui demander sa permission.
Quant à Lalie et Esteban, si c’était à  refaire nous choisirions, sans aucune hésitation, les mêmes montures. Il aurait été impossible de faire le même itinéraire (qui commençait au bout d’une semaine par la traversée de la cordillère des andes puis qui enchaînait avec la montée sur les altiplanos boliviens et péruviens…) et nous aurions été peu sereins sur certaines routes d’Amérique centrale. Ces tandems ont permis aux enfants de pouvoir se reposer certains jours et surtout nous ont offert de très nombreuses discussions que nous rêvions d’avoir avec eux. Il n’avaient que 7 et 9 ans au moment du départ et s’ils avaient dû faire le même parcours en solo, le risque était de les écoeurer de l’effort que demande parfois le vélo. Rien n’est impossible et il est évidemment possible de partir avec des enfants de cet âge sur leurs propres vélos mais, en ce qui nous concerne, nous pensons que c’était encore un peu trop tôt. Après 10 ans, la question se pose peut-être déjà un peu moins. D’ailleurs Lalie commence à évoquer que, pour les prochains voyages, elle voudrait s’essayer avec son propre vélo.

Pour l’école par quel biais passez vous? J’imagine qu’il ne s’agit pas du CNED? Avez vous monté un partenariat avec l’école où étaient vos enfants? Quels conseils pourriez vous nous donner sur cette question?
Nous avons fait le choix de ne pas passer par le CNED, trop encombrant et contraignant à notre sens alors que nous voulions que, cette année, ils puissent en profiter pour aller à leur rythme et que l’école soit vécue comme un plaisir et non comme une contrainte.
Nous avons eu la chance de pouvoir compter sur le soutien important des instituteurs de Lalie et Esteban qui nous ont beaucoup aidés à préparer le programme. Nous nous sommes concentrés uniquement sur le français et les maths mais, en chemin, ils ont appris beaucoup d’autres choses.
Nous avons dû les déscolariser et ils seront scolarisés à nouveau au mois de Mai dans leur ancienne école. Cela permettra aux enseignants de vérifier leur niveau et que nous puissions préparer tranquillement le passage de Lalie en 6ème (et d’Esteban en CM1).
Symboliquement, nous sommes partis de la cour de récréation de l’école le 28 avril 2018.
Nous avons proposé aux enseignantes d’effectuer des échanges au fil du périple et échangé deux fois, pour le moment, des questions/réponses avec une des classes de l’école.
Une enseignante en Géographie de l’un des collèges de Cahors a calqué une partie de ses cours sur notre itinéraire. Nous avons pu faire une séance en visio avec les élèves lorsque nous étions au Nicaragua et nous devrions en avoir une nouvelle dans les prochaines semaines.

Les enfants, vous allez bientôt rentrer et devoir affronter la curiosité et les questions de vos followers et autres admirateurs/trices. Êtes vous impatients d’aborder cette étape programmée ou souhaiteriez vous avoir un temps de repos en France avec vos proches avant d’affronter les supporters?
Nous n’avons pas l’impression d’avoir fait quelque chose d’exceptionnel pour avoir des supporters. On a juste eu la chance de faire un grand voyage. Nous commençons à être impatients de retrouver tous nos copains et copines ainsi que toutes les personnes que l’on aime.

Parmi tous les pays traversés vous avez toujours joué et partagé avec les autres enfants souvent avec un ballon au bout des pieds. Avec votre expérience, qu’est-ce qui, selon vous, rassemble les enfants aussi facilement ? Le jeu, le sport, les mots ou sourires, la curiosité….?
Nous pensons que c’est surtout la joie de se retrouver entre enfants. Les autres enfants sont souvent curieux lorsqu’ils nous voient arriver et soit ils viennent vers nous, soit nous allons vers eux. Nous avons pu offrir de nombreux petits vélos en fil chenille un peu partout.

Côté medias :
A propos de Céline et Jean-Pierre (ndlr : realisatrice et caméraman), ou plutôt de leur chauffeur. Celui-ci partage-t-il des moments avec vous, outre celui où il vous a servi d’interprète ? Est-il laotien ?
Le Chauffeur de Céline et Jean-Pierre était effectivement Laotien. Il habitait Paksé et travaille pour une compagnie de transport privé. Il a su se faire discret pendant tout le tournage (pas facile notamment avec un gros véhicule tel que celui qu’il avait car il faut le « planquer » à chaque fois que la caméra tourne afin qu’il n’apparaisse jamais sur les images…). Nous avons un peu échangé avec lui et il a pu nous servir d’interprète, notamment dans une école où il a fallu aller rencontrer le chef du village.

Quelle direction Céline et Jean Pierre prennent ils? Quel est leur futur projet ?
Céline et Jean-Pierre repartaient pour la France. Céline allait commencer à se mettre au montage (il y a trois familles dans ce reportage) et Jean-Pierre se posait quelques jours avant de repartir filmer un sujet en Papouasie !

Quand et où le reportage sera t’il diffusé ?
Il s’agit d’un reportage pour l’émission « Zone Interdite » sur M6. Il était prévu pour cet été mais il y a eu du changement ces jours ci. Il semblerait qu’il n’y aura finalement peut-être pas une mais deux émissions sur le thème du voyage en famille (fin du printemps ou été). Nous vous tiendrons informés lorsque nous en saurons plus. Trois familles ont été filmées : une en camping-car, une autre en sac à dos et enfin une à vélo. Nous avons accepté d’être filmés en espérant donner envie à d’autres familles de se lancer dans l’Aventure. On verra bien…

Comment trouvez-vous l’énergie (et le temps) d’écrire une page par jour ?
C’est encore un mystère… Christophe n’arrive pas à s’endormir le soir sans avoir tapé sur la tablette quelques anecdotes du jour. Valérie qui prend un grand nombre de photos chaque jour doit trier ces dernières pour en faire une sélection et en retravailler certaines, ce qui prend pas mal de temps. Nous avons été tellement surpris par le nombre de personnes connues et inconnues qui a commencé à nous suivre que leurs retours nous ont donné toute l’énergie nécessaire pour envoyer chaque jour un épisode de « vélo réalité », certainement moins visuel et accrocheur que la « télé-réalité » mais assurément plus « nature ».

Côté « réflexions » :
Malgré votre formidable envie de découverte, d’ouverture, de tolérance et d’apprendre de l’autre au travers de votre voyage vous avez quand même fait remonter plusieurs fois des incohérences du comportement humain face à la nature, à la consommation et autres sujets depuis le départ de votre voyage. Comment évolue cette soif de découverte par rapport à ce constat commun à tous les pays, même si dans vos derniers récits cela est moins vrai?
Ce voyage a souvent été l’occasion d’échanger avec les enfants sur ce que nous avons pu observer au quotidien. Deux grands constats qu’ils feront certainement remonter :

– la calamité que représente le plastique pour notre planète et l’urgence de trouver des substituts tout en accélérant la sensibilisation d’un nombre croissant de personnes (et notamment les enfants) à la gestion des déchets. Que ce soit en Amérique du Sud, en Amérique centrale ou en Asie, nous avons vu bien trop souvent des personnes jeter leurs sacs en plastique, leur canette ou d’autres détritus dans la nature, de manière tout à fait naturelle.

– il n’est pas nécessaire de disposer de nombreux biens pour être heureux. Grand nombre de populations que nous avons vu vivre dans des conditions qui pouvaient nous apparaître comme difficiles semblait bien plus heureux que des Européens au confort matériel qui ont oublié d’être heureux.
Quoi qu’il en soit, pour les enfants comme pour les adultes, ce voyage lent et au coeur des populations est l’occasion de s’interroger sur un grand nombre de sujets.
Quel est votre regard sur la capacité du monde à changer réellement pour réparer la terre ou apprendre à vivre tous ensemble avec les ressources restantes ?
Nous restons résolument optimistes même si, de loin, nous constatons que les sociétés dites « occidentales » semblent plus préoccupées de leur « confort personnel » que du sort de nos sociétés qui ne pourront résister à tous les défis actuels que par la solidarité et l’ouverture d’esprit. La grande majorité des habitants de notre planète ne dispose pas aujourd’hui d’un accès à l’eau potable alors que nous, en France, nous en avons même… dans nos toilettes. Forcément, les priorités ne sont ensuite pas partout les mêmes. Nous ne parlons même pas des couvertures sociales concernant la maladie, la perte d’emploi ou autres qui ne sont les attributs d’une extrême minorité de la population mondiale dont les français ont la chance de faire partie.
En ce qui concerne l’énergie nous avons pu voir, même dans des pays économiquement modestes, de très belles réalisations au niveau de l’éolien ou du solaire. Il semble que la révolution est en marche sur ce sujet même s’il va certainement falloir accélérer le mouvement.

Côté « et après… » :
Avez-vous des envies de « prolongation » de ce voyage pour qu’il dure encore plus longtemps ?? Ou au contraire, ressentez vous le besoin de vous « poser » pour reprendre un rythme « normal » de vie ??
Question complexe ! Ce voyage est un rêve éveillé. Chaque journée est remplie d’inconnues, de rencontres et d’aventures. Elle est palpitante et donne encore plus de sens à la vie. A deux, nous aurions été certainement tentés de rentrer en France à vélo depuis l’Asie. Mais la Famille, les Amis nous manquent aussi et pour les enfants il était bien d’avoir un point de départ et une date de retour. Nous repartirons peut-être un jour mais ce format d’une année nous semble parfait. Nous avons pu voir beaucoup de choses et rencontrer beaucoup de personnes sans être déconnectés trop longtemps de la vie en France.
C’est vrai que la vie de nomade n’est pas de tout repos mais nous savons tellement la chance que nous avons que nous comptons bien en profiter à fond jusqu’au bout.

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12 Mars : Siem Reap

Après les chaudes journées de vélo et la promenade très matinale d’hier vers les temples d’Angkor, nous sentons que nos organismes ont besoin de récupérer aujourd’hui. Pas de réveil, pas de sac à faire, pas de coup de pédale… juste du repos. Chacun se lève donc à son rythme, Lalie étant la plus gourmande en sommeil.

Nous nous retrouvons, au fur et à mesure des levers, dans la piscine avec Didier et Isa. Nous réfléchissons ensemble au programme de ces prochains jours, aux itinéraires envisageables et à ces dernières semaines qui risquent de bien vite passer en Asie du Sud-Est.

Didier et Christophe font le tour des agences de tourisme afin de voir comment rallier ensemble Battabang en transport collectif, ce qui permettrait de sortir de Siem Reap et de gagner du temps pour la dernière partie du voyage. Aucun bus ne semble pouvoir accepter nos vélos (contrairement au Laos, ils ne sont pas équipés de galeries sur le toit ici) et la seule alternative (qui nous convient bien pour son côté plus exotique) est le bateau. Enfin, le bateau + le mini-bus car nous sommes bien avancés dans la saison sèche et les bateaux ne peuvent plus aller jusqu’à Battabang mais s’arrêtent un peu avant… à deux heures de bus ! Merci à FloFlo et Benito nos Amis de l’Odyssée de l’Espoir pour le repérage bien utile qu’ils ont fait il y a deux mois !

En milieu d’après-midi, nous repartons vers Angkor, en tuk-tuk cette fois-ci afin d’admirer le coucher de soleil sur Angkor Vat. La magie des lieux, la lumière de fin de journée et l’absence de foule rendent ce moment inoubliable.

Nous tombons sous le charme de ces incroyables temples et des aménagements hydroliques. La civilisation Khmer y avait établi sa capitale du IX au XVieme siècle qui a compté jusqu’à un million d’habitants. Comme au Machu Pichu, comme à Tikal, la civilisation s’est effondrée brutalement et encore ici les explications semblent aller dans le sens d’une mauvaise gestion de l’eau et de guerres de clans.

Nous revenons dans le centre de Siem Reap à la nuit tombée, dinons, profitons d’un bain nocturne avant d’aller nous coucher. Nous avons programmé un nouveau lever à 4h00 demain matin pour nous rendre, à nouveau, à vélo, admirer le lever de soleil sur Angkor Vat.

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11 Mars : Siem Reap – Angkor – Siem Reap : 43 km (9 797 km)

Un « jour de pause » avec un lever à 4h15, ça démarre fort !

Nous voulons être de très bonne heure sur le site des temples d’Angkor afin de profiter de la fraicheur… et du lever de soleil. Avant cela, il nous faut aller acheter les billets d’entrée. Enfin, avant de les acheter, il faut déjà trouver l’unique point de vente… qui n’est pas situé sur la route d’Angkor. Un jeu de piste très matinal pour lequel nous pouvons compter sur le soutien répété et très souriant des chauffeurs de tuk-tuk.

Entre cette quête pour obtenir les précieux sésames et la longue Avenue « Charles de Gaulle » (et oui !) qui permet d’accéder au premier temple, nous aurons déjà roulé 14 km !

Le jour est levé mais pas encore le soleil et c’est avec la vue sur Angkor Wat, le temple figurant sur le drapeau Cambodgien, que nous verrons l’astre solaire s’élever peu à peu dans le ciel. Nous sortons le petit-déjeuner des sacoches et nous installons devant ce cadre merveilleux. Moment de partage magique !

Nous reprenons nos montures et partons à la découverte d’autres temples plus petits mais qui nous laissent tous admiratifs devant la beauté de l’architecture, des gravures et de la gestion de l’espace. Toutes les pierres sont taillées et laissent apparaître de véritables oeuvres d’art.

Nous pensions qu’il nous faudrait orchestrer avec la foule mais celle-ci, repartie sur l’ensemble du site de plusieurs dizaines de kilomètres carré et certainement concentrée sur les sites les plus connus, paraît tout à fait gérable.

Nous admirons ainsi plusieurs temples dont celui qui a servi de décor au film Tomb Raider avec la présence d’immenses racines de fromagers, des arbres immenses qui se sont lovés le long des constructions pour un résultat alliant le minéral et le végétal de toute beauté.

Mais notre coup de coeur du jour sera le temple Bayon, bien connu pour les centaines de statues de Bouddha réparties vers les quatre points cardinaux. Une oeuvre d’art majestueuse qui ne peut pas laisser insensible. Nous prenons le temps de l’arpenter de bas en haut malgré une chaleur désormais très élevée.

Il est 11h30 et nous décidons de prendre le chemin du retour. Nous avons pris un pass pour plusieurs jours et nous aurons donc l’occasion de poursuivre la découverte des lieux dans les prochains jours.

Nous redescendons la fameuse Avenue « Charles de Gaulle » et revenons dans le centre de Siem Reap après, tout de même, 43 km au compteur. Chapeau à Didier et Isa, convertis au vélo dans des conditions peu adaptées à la pratique cycliste et qui ont pédalé tous ces kilomètres avec un grand sourire.

Un temps de repos et d’immersion dans la piscine nous permettra de récupérer assez d’énergie pour arpenter les rues touristiques du centre ville. L’occasion de gouter du serpent ou, pour les enfants, d’offrir les peaux mortes de leurs pieds à des dizaines de petits poissons chatouilleurs.

Nous prévoyons une journée plus tranquille demain avant de repartir admirer le lever de soleil sur Angkor après-demain.

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Série audiophonique : 6ème épisode

Et oui, déjà 6 épisodes réalisés par Christophe DELRIVE et sa baguette magique.

Grâce à lui, vous pourrez notamment entendre Esteban et Lalie vous donner leurs impressions sur le Laos et Valérie vous donner plus de précisions sur le voyage.

N’hésitez donc pas à écouter et partager :

http://voice4ever.eu/fr/podcast/

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10 Mars : Siem Reap : 14 km (9 754 km)

La nuit a été bonne et bien plus longue que ces derniers temps. Après avoir partagé le petit-déjeuner, nous reprenons nos vélos afin d’essayer de trouver un hôtel un peu moins excentré et y accueillir ainsi Didier et Isa qui partent, ce matin, en bus, de Phnom Penh en direction de Siem Reap.

Parmi les autres critères, en dehors de l’emplacement géographique, figurent, le prix bien entendu, mais également, si possible, une piscine afin de répondre à l’envie répétée des enfants et une cuisine pour satisfaire les parents qui veulent cuisiner des plats maison tout en mangeant à leur faim.

Autant dire qu’entre ces critères difficilement juxtaposables et notre naïveté liée à l’oubli du fonctionnement de ces grandes zones touristiques, le challenge était aussi complexe que de trouver du fromage dans un bol de riz.

Nous arpentons les rues du centre, nous aidant des sites internet de réservation en ligne et des applications GPS mais,  soit la piscine relève de la mare à l’eau croupier, soit l’air des chambres est difficilement respirable (à part si on adore le parfum « moisissures »), soit, le plus souvent, les prix ne sont pas adaptés à notre budget. Quant à la cuisine, nous laissons rapidement tomber, comprenant enfin que les touristes visitant la région n’ont guère envie de se faire à manger et que, sans demande, il n’y a forcément pas d’offre.

Nous virons dans tous les sens, arpentons les plus petites ruelles pour essayer de trouver un lieu intéressant et, à 13h30, alors que les enfants commencent à réclamer avec une insistance non dissimulée que nous mettions fin à cette chasse hôtelière, nous trouvons enfin un lieu sympathique où, le gérant voyant certainement notre état avancé de désolation, conscent à nous proposer une belle ristourne.

Ouf ! Il était temps, Didier et Isa arrivent dans moins d’une heure trente. Le temps de déjeuner, de faire quelques courses pour les petits-déjeuners matinaux qui nous attendent ces prochains jours et l’apéritif de retrouvailles de ce soir et voilà nos voyageurs Figeacois qui arrivent !

Déjà deux mois depuis les premières retrouvailles à Chiang Maï. Depuis, nous avons vécu un grand nombre d’aventures chacun de notre côté . Nous passerons une bonne partie de la fin d’après-midi immergés dans la piscine à nous en partager quelques-unes.

Nous poursuivons avec l’apéritif, avant de partir découvrir ensemble les marchés de nuit et les rues touristiques.

Nous affinons notre programme commun des prochains jours et convenons de partir dès demain matin, bien avant l’aube, à la découverte des temples d’Angkor… à vélo !

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9 Mars : Svay Leu – Siem Reap : 71 km (9 740 km)

Lorsque la montre sonne l’heure du lever, à 5h30, nous rêvons tous d’une grasse matinée. Surtout qu’à cette heure matinale, bercés par un petit air, enfin… un peu frais, nous goutons au plaisir du sommeil avec délectation.

Mais nous savons que si nous tardons trop, le pédalage se transformera peu à peu de plaisir en galère, une fois que la chaleur nous administrera son puissant sédatif source de déshydratation.

Alors, nous pensons à Siem Reap, aux quelques jours de repos que nous allons nous accorder, aux retrouvailles avec Didier et Isa, aux repas gourmands qui se profilent et, bien entendu, à la vision des temples d’Angkor.

L’application GPS propose de petits chemins qui permettent de couper, pratiquement à travers champs, et de faire ainsi quasiment l’économie d’une trentaine de kilomètres. Nous nous lançons à l’aventure dans ces chemins qui se transforment vite en piste de VTT, parfait pour des riders mais un peu plus acrobatiques avec une carriole. Cette « single track » est en fait le lit d’une petite rivière qui doit largement déborder à l’époque de la mousson comme en témoignent les rares habitations que nous apercevons construites sur des pilotis de haute taille.

Malgré la difficulté à évoluer avec notre matériel, nous nous régalons une nouvelle fois. L’ocre de la piste laisse progressivement la place à un lit de sable blanc qui s’épaissit par endroit, ce qui donne droit à quelques figures de style plus ou moins maîtrisées.

Ces paysages vierges sont également de superbes terrains de jeu afin d’essayer de parfaire notre apprentissage des prises de vue aériennes.

Au bout d’une quarantaine de kilomètres nous retrouvons la route et au bout de 50 kilomètres, un distributeur de billets. Avec moins de deux Dollars en poche, il était temps !

Nous passons devons un supermarché, rentrons nous y refroidir et, assommés devant tant de profusion de produits et des prix qui nous paraissent bien élevés, nous ressortons sans avoir acheté grand chose.

Allez, plus que 15 km et nous serons à Siem Reap… Les enfants nous rendent une nouvelle fois admiratifs devant la résistance et le courage dont ils font preuve. Ils ont hâte, comme nous, que nous puissions nous poser mais font face, avec un sourire préservé, à la chaleur et à la fatigue.

Il est 13h30, nous nous arrêtons enfin déjeuner avant de repartir sur cette longue avenue qui mène à Siem Reap. Nous trouvons un hôtel, quelque peu excentré du centre ville mais avec des chambres spacieuses, un prix raisonnable et surtout, récompense tant appréciée par les enfants : une piscine.

Il est 15h30, une longue journée de vélo est désormais derrière nous. Nous posons nos sacs dans la chambre et partons immédiatement nous rafraîchir dans une eau devant avoisiner les 25 °.

Nous ressortons en soirée (et en tuk-tuk !) pour rejoindre le centre ville. Quel décalage avec ce que nous avons vécu ces derniers jours ! Des restaurants à profusion, une foule des plus denses et des bibelots pour les touristes tous les 10 mètres. Nous avons du mal à absorber le choc mais retrouver une bonne pizza après plus d’une semaine de riz n’est pas déplaisant. Les filles en profitent pour se faire tatouer (au henné, on vous rassure !) et après une bonne glace nous rentrons retrouver notre chambre qui sent bon la grasse mat’.

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8 Mars : Phum Koh Ker – Svay Leu : 49 km (9 669 km)

En faisant le point sur le contenu de notre portefeuille ce matin, nous ne pouvons que constater qu’entre les quelques Dollars qu’il nous reste et les Riels, nombreux en montant mais très limités en valeur (4 000 Riels = 1 Dollar), il va falloir surveiller encore plus nos dépenses jusqu’au prochain distributeur de billets situé… à 88 km !

Nous devrions y être, au plus tard demain et, sans excès, nous devrions tenir jusque là. A nous d’être plus vigilants à l’éloignement des points de retrait la prochaine fois.

C’est une route de cultures que nous emprentons aujourd’hui : des manguiers, des bananiers et d’immenses plantations… de noix de cajou. L’occasion de s’arrêter quelques instants pour contempler ce fruit si curieux tant apprécié à l’apéritif. C’est beau, c’est bon et maintenant que nous l’avons vu pousser nous aurons forcément une pensée pour ces plantations.

Vers 10h30 nous arrivons à Svay Leu, un village bien animé. Nous nous arrêtons pour boire un peu d’eau fraîche et grignoter les quelques fruits secs que nous avons encore en réserve. Ces derniers sont bienvenus car, ces derniers jours, notre dépense énergétique est très certainement supérieure à ce que nous consommons. Il nous faut donc gérer les pauses afin d’éviter les coups de fringales peu compatibles avec l’effort physique à vélo, en pleine chaleur de surcroît.

Une guesthouse est indiquée un peu plus loin sur notre carte numérique. Nous refaisons le compte de nos maigres économies et avons la bonne surprise que le prix d’une grande chambre avec 5 lits (c’est rare !) soit des plus accessibles. Il serait déraisonnable, voire dangereux de tenter de faire encore 40 km alors que le thermomètre dépasse déjà les 40°. Ce sera riz blanc à midi et riz blanc le soir mais au moins nous sommes à l’ombre et bénéficions de l’air des ventilateurs.

En ce 8 Mars, nous avons une pensée pour toutes ces femmes qui font vivre un grand nombre de pays. En effet, si tout n’est pas encore parfait en Europe, dans nombre de pays que nous traversons il reste tout à faire ou presque. Il est courant de voir les femmes travailler, parfois dans des métiers extrêmement pénibles, pendant que les hommes sont attablés autour d’une bière ou allongés dans des hamacs. Et que dire des publicités où la femme est systématiquement présentée comme un objet accompagnant l’homme. Comme le disait Monsieur Hook rencontré au Laos avec lucidité sur ce qui se passait autour de lui : Man = Lucky ; Woman = Unlucky… Il reste du boulot dans le Monde pour l’amélioration du statut de la femme…

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7 Mars : Srok Kulaen – Phum Koh Ker : 23 km (9 620 km)

Une petite étape au programme ce matin. Nous partons donc un peu plus tard que ces derniers jours et, au bout d’1h45 d’un profil assez ascendant, arrivons dans une petite ville qui contient un temple khmer datant de la même époque que ceux d’Angkor en moins imposant et donc bien moins touristique.

Le couple de Hollandais, rencontré il y a deux jours, nous avait recommandé une guesthouse au prix très raisonnable. Nous nous y installons donc et profitons de la fin de la matinée pour initier Lalie et Esteban à l’une des variantes de la Belote : la contrée (ou coinche…).

Réponses aux mails, exercices scolaires et étude de l’itinéraire à venir occuperont notre début d’après-midi. Vers 15h30, nous nous mettons en route pour aller voir le temple de Koh Ker. Il est situé à 12 km et nous sortons donc nos pouces afin de nous en rapprocher. C’est ainsi que nous ferons rapidement notre premier voyage en charette tractée par un moteur déporté. Évasion !

Un autre conducteur nous mènera jusqu’à l’entrée, toujours avec un grand sourire.

Il est 16h00 et la personne qui s’occupe de la gestion des tickets nous indique que nous devrons payer 10 Dollars par adulte pour visiter le site… qui ferme dans une heure. 10 Dollars constituent actuellement plus que notre dépense quotidienne pour 5. Alors que nous réfléchissons sur l’intérêt de payer cet extra, la personne revient vers nous en nous indiquant discrètement « laissez tomber les tickets d’entrée, vous me donnez 10 Dollars pour moi et vous pouvez rentrer ». La corruption est à tous les étages…

Nos poils se hėrissent et nous tournons immédiatement les talons, refusant d’échanger à nouveau avec ce personnage à la probité très contestable.

Nous nous contenterons donc d’observer les vestiges de loin…

Un conducteur nous ramènera jusqu’à la petite ville. Élément important : aucun des trois chauffeurs qui nous aura aidé aujourd’hui n’aura accepté le billet que nous leur avons tendu pour les remercier. Tous ont décliné en nous indiquant le plaisir qu’ils ont eu de nous aider. La majorité généreuse est donc là, loin de ces individus qui profitent d’un système qui les rattrapera un jour ou l’autre.

Nous discutons longuement avec les enfants de ces expériences auxquelles ils ont assisté. De belles leçons de vie qui invitent à croire à la bonté de l’Homme tout en étant vigilant aux rares personnes qui font passer leurs intérêts personnels avant toute chose.

La soirée se termine par un petit enregistrement audio avec notre magicien franco-danois que vous pourrez bientôt découvrir dans le cadre de cette saga radiophonique.

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6 Mars : Preah Vihear – Srok Kulaen: 38 km (9 597 km)

Seul le jeune Joseph (10 ans) est scolarisé. Ses deux frères aînés, David et Isaac, ont choisi l’instruction à domicile. Loin des tumultes de Séoul, cette jolie famille chrétienne pratiquante semble se plaire dans l’ambiance calme de cette petite ville du Cambodge. Nous partageons un petit-déjeuner bien complet (avec notamment du riz aux algues, décidemment nous aurons goûté à nombre de mets dès le lever…) et échangeons encore un peu avec cette famille qui nous a si chaleureusement accueillis.

Du fait de la chaleur, les cours ont lieu de 7h00 à 11h00 et nous partons donc en même temps que Joseph qui nous accompagne pendant quelques centaines de mètres avec son grand et beau sourire.

Nous retrouvons rapidement la campagne… et le vent de face !

Lors d’une pause, nous rencontrons un couple de jeunes retraités néerlandais partis pour un périple de 3 mois en Asie du Sud-Est. Ils sont partis hier d’Angkor… que nous devrions mettre 4 jours à rallier !

Les kilomètres semblent s’étirer et nos organismes réclament  les uns après les autres, une petite pause après ces dernières journées où ils ont été éprouvés par la chaleur.

Nous décidons de raccourcir un peu l’étape que nous avions envisagée. Nous finirons demain…

En attendant, nous trouvons refuge dans une guesthouse bien rudimentaire mais qui nous offre un peu de repos tout en bénéficiant d’un peu de fraicheur grâce à de petits ventilateurs qui brassent l’air chaud et le rendent bien plus supportable.

Esteban et Lalie retrouveront une belle énergie pour travailler calcul et orthographe pendant que Naïa et Valérie emmagasineront quelques heures de sommeil bienvenues.

Une partie de belote réunira toute la tribu avant d’aller dîner et de se préparer à une longue nuit.

Demain, nous poursuivrons notre route vers Siem Reap, désormais à moins de 150 km, où nous nous rejouissons de retrouver nos Amis Didier et Isa qui nous avaient accueillis à  Chiang Maï et qui, depuis, ont bourlingué dans bien des coins du Laos et du Vietnam.

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5 Mars : Mlu Prey – Preah Vihear : 45 km (9 559 km)

La nuit sous les ventilateurs de la salle de classe a été des plus agréables. Nous nous levons avant le soleil afin d’être prêts à partir lors de l’arrivée des premiers élèves.

En rangeant nos affaires nous tombons sur… un petit scorpion qui court partout ! Mieux valait le voir ce matin celui-là, plutôt que la veille, sous peine de ne pas passer une aussi bonne nuit que celle que nous avons passée.

Naïa et Esteban se font une dernière partie de foot chaussés comme les locaux (donc pieds nus), puis nous assistons au lever des couleurs et au chant de l’hymne national. Nous saluons tous ces sympathiques adolescents et nous nourrissons de leurs si beaux sourires pour emmagasiner l’énergie nécessaire pour cette étape.

Sur la route nous croisons (souvent !), nous nous faisons doubler (parfois !) ou doublons (très rarement !) de drôles d’engins composés d’un moteur (type tracteur tondeuse) reliés à deux immenses barres servant de guidon et tractant une charette plus ou moins grande. C’est le taxi local, le moyen de transporter beaucoup de matériel ou, tout simplement, de se rendre dans les champs.

Nous arrivons dans les faubourgs de Preah Vihear et cherchons une connexion internet dont nous avons été sevrés depuis 3 jours. La famille Yoon, rencontrée à Strung Treng nous a envoyé un message pour nous proposer de nous arrêter chez elle lors de notre route vers Siem Reap. Nous leur répondons que nous ne sommes pas loin et, 10 minutes plus tard, nous voici accueillis dans cette chaleureuse famille. Les enfants reprennent leurs rôles de traducteurs et tout le monde se met en quatre afin que nous soyons le mieux possible.

Lilly prépare de délicieuses « fried noodles » que nous dégustons avec des baguettes. Un premier repas qui nous permet de faire plus ample connaissance avec cette famille d’origine Coréenne qui vit au Cambodge depuis déjà 6 ans.

En fin d’après-midi nous partons… faire du sport ! Tous les jours, Yoon et ses enfants vont  faire une ou deux heures de Basket sur le terrain d’une école située de l’autre côté de la ville. Les garçons pourront donc essayer l’avant du Pino avant que nous nous retrouvions pour un petit match international.

Ce soir, après un délicieux repas, nous regardons tous ensemble, en famille, un film sur écran géant. Une superbe réalisation espagnole (sous-titrée en coréen !) intitulée « Campeones » qui retrace la formidable épopée d’une équipe de basket en sport adapté. Nous savourons forcément cette histoire avec émotion…

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4 Mars : Sralau – Mlu Prey : 41 km (9 515 km)

Les coqs du temple annoncent le lever du jour… bien avant le lever du jour ! Et comme ils se promènent sous le plancher sur lequel nous avons déposé nos tentes, la caisse de résonance est aussi matinale que puissante.

Nous attendons 5h30 pour ouvrir la moustiquaire et commençons à ranger notre campement. Akmaral est dans le même tempo et souhaite également profiter des meilleures heures de la journée pour rouler. Nous partageons donc le petit-déjeuner ,  ponctué d’anecdotes et de souvenirs de rencontres avant d’aller remercier les Moines et de partir chacun d’un côté de la route après de chaleureuses embrassades.

Akmaral nous avait prévenu, l’itinéraire que nous emprutons n’est ni « top » ni « bof » et, effectivement les paysages, brûlés par le soleil ou carbonisés par de nombreux écobuages non maîtrisés, n’ont rien de palpitant. Quelques maisons accompagnées de « hello » criés par des enfants viennent égayer une route qui semble s’étirer.

La fatigue est aussi là depuis quelques jours. Dès que les grosses chaleurs reviennent, parfois avant 11h00 du matin, nous sentons que notre niveau d’énergie chute vertigineusement et n’avons qu’une envie, nous arrêter à l’ombre et nous allonger.

Nous essayons d’anticiper « le coup de barre » du jour et, dès le 40ème kilomètre franchi, repérons un ensemble scolaire qui semble nous appeler. Les élèves du collège sont en train de partir mais nous croisons un enseignant qui nous propose de nous mettre dans une classe en attendant le retour des élèves, dans 3 heures.

Nous déjeunons (un maximum de fruits vitaminés !) puis profitons de ce cadre parfait pour faire une nouvelle séance d’exercices scolaires.

Les élèves reviennent. Nous faisons leur connaissance. Aucun d’eux ne parle vraiment anglais mais nous essayons d’échanger. La première difficulté que nous rencontrons est de leur faire comprendre que nous sommes français. Heureusement, nous avons toujours avec nous un petit globe gonflable. Un bel assistant en géographie.

Malgré cela, la France ne leur parle pas trop. L’un d’eux verra écrit « Liverpool », c’est le déclic général : « Manchester United », « Chelsea », « Arsenal » et nous tentons de nous rapprocher avec un timide « Paris Saint-Germain »…

Nous les laissons rentrer en classe et les retrouvons peu de temps après pour… de nouvelles parties de foot. Même Naïa veut être sur le terrain !

Le collège se vide peu à peu et les enseignants nous proposent de nous installer dans une salle de classe que les élèves viennent juste de balayer à notre attention.

Nous allons chercher de quoi compléter notre repas du soir mais il est difficile de trouver quelque chose qui n’a pas été exposé en plein soleil toute la journée. Depuis l’entrée au Cambodge, sur notre itinéraire, pas de frigidaire, uniquement de grosses glaciaires remplies aléatoirement de quelques blocs de glace.

Les concombres ou les pastèques sont tout de même appréciés mais le seraient encore bien plus en ayant bénéficié d’un peu plus de fraîcheur. Ah, le luxe du frigidaire, ça aussi les enfants commencent à mesurer la chance que nous avons en France.

Après avoir partagé le dîner dans notre salle de classe, nous ne tardons pas à nous coucher. Demain, le départ se fera, une nouvelle fois, aux aurores.

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Un guide pour les cyclovoyageurs

Voici un superbe outil pour tous ceux qui veulent se lancer dans le voyage à vélo.

Lucho et José Carlos, un couple argentino-brésilien, viennent de réaliser cet ouvrage numérique qu’ils mettent gratuitement à la disposition de tous les cyclovoyageurs ou futurs cyclovoyageurs.

Il est, pour l’instant disponible uniquement en Espagnol mais il n’est pas impossible qu’une version en Français soit proposée dans les prochains mois. Voilà un objectif auquel nous souhaiterions collaborer tellement nous apprécions l’initiative et surtout l’esprit collaboratif et solidaire.

Vous pouvez donc le télécharger à cette adresse :

https://pedalamundos.com/index.php/guia-de-cicloturismo-para-principiantes/?fbclid=IwAR0nKTKMjNhc8FgQqSZ0RMhbwHmcugVlxWkg6oSFhYvsprnXxA2evc-2JLg

Nous sommes fiers d’y avoir très modestement contribué (cf p. 71 et 72). Vous y retrouverez également d’autres témoignages de cyclovoyageurs rencontrés en chemin et notamment celui de Sebas dont nous avions fait la connaissance en Argentine (rappelez-vous, c’est lui qui a adopté un chien : « Ngu », en chemin et qui a complètement modifié son vélo pour voyager avec ce dernier).

Nous sommes déjà en train d’apporter des modifications et des compléments à cette première édition et n’hésitez pas, vous aussi, à remercier Lucho et José Carlos ainsi qu’à leur apporter d’autres éléments si vous le souhaitez.

Enfin, n’hésitez pas à partager cette belle initiative ainsi que le lien pour télécharger gratuitement ce guide.

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3 Mars : Stung Treng – Sralau : 67 km (9 474 km)

Plus nous descendons vers le Sud et plus la température a du mal a redescendre la nuit. Et comme nous refusons de participer à la climatisation du Monde, surtout lorsque celle-ci est réservée aux touristes alors que la population locale en est exclue, et bien… nous avons chaud même la nuit !

Impossible de retirer de l’argent en monnaie locale (le Riel Cambodgien) dans les distributeurs de billets de la ville. La seule monnaie que nous sommes contraints de retirer avec nos cartes est… le Dollar ! Tous les commerçants acceptent les Dollars mais cela nous fait bien… suer de payer avec la monnaie de l’Oncle Sam, surtout à une époque ou il se prénomme Donald…

Nous partons à la « fraîche » (enfin, très relative « fraîcheur ») et commencons par une dernière traversée du Mekong via un pont de plus d’un kilomètre de long. L’ occasion de s’arrêter afin de profiter, une dernière fois, de la vue sur ce fleuve mythique. Grand-Papa, nous pensons à toi…

Nous poursuivons sur un revêtement de bonne qualité et arrivons à bien avancer avant que la chaleur ne nous assomme à nouveau. Nous nous arrêtons alors régulièrement dans de petites échoppes pour nous rafraîchir. Les discussions avec les personnes présentes sont difficiles car rares sont les personnes qui parlent quelques mots d’anglais. Le plus souvent ils appelent leurs enfants pour jouer aux traducteurs. Mais même si nous échangeons peu de paroles, leurs attentions et leur bienveillance à notre égard ne portent pas à confusion. Les sourires sont de mises et accompagnent l’étonnement que des étrangers s’arrêtent chez eux alors que les mini-bus remplis de touristes passent à toute vitesse sans jamais s’arrêter.

Il est déjà 12h00, nous nous arrêtons pour déjeuner. Du riz, quelques légumes épicés… et toujours les mêmes sourires. Nous faisons des provisions car nous souhaitons nous arrêter dès que possible et nous savons que la prochaine ville est située à plus de 50 km. Nous traversons un petit village et apercevons, un peu à l’écart, un temple accessible par une impressionnante allée bordée de poteaux dorés.

Le temple est désert. Seuls des chauffeurs de mobylettes transportant d’impressionnantes quantités de matelas ont installé leurs hamacs sous le batiment principal.

Nous apercevons enfin quelques jeunes Moines. La discussion est, là aussi, complexe mais grâce aux photos nous arrivons à leur expliquer que nous souhaiterions installer nos tentes dans l’enceinte du temple. Il nous font signe de nous intaller mais sans la présence d’adultes nous convenons de ne pas monter notre campement tout de suite.

A l’invitation des Moinillons, nous nous installons dans la pièce principale où nous pouvons jouir d’une ombre bien appréciable. Nous profitons de ce temps pour faire quelques exercices scolaires puis regarder tous ensemble un film sur la tablette (c’est dimanche !).

Vers 16h30, toujours pas de Moines. La température extérieure a baissé quelque peu et nous décidons de repartir jusqu’au prochain village.

Au bout de quelques kilomètres