15. Une planète pas si durable que cela

La sensibilisation à l’environnement et à l’écologie au sens large faisaient partie de l’un des points importants sur lequel nous souhaitions éveiller nos enfants.

La conscience sociale n’est pas innée. Il convient parfois de se confronter à de dures réalités afin de s’engager en tant que citoyen. Ce que nous avons vu cette année ne porte pas à l’optimisme tant l’Homme entretient une relation des plus ambiguës avec son environnement. Il a besoin de lui pour subsister, mais il n’hésite pas, dans une conscience altérée par la société de consommation et le défaut de sensibilisation, à la souiller, à la limite même du soutenable.

Nous avons souvent rappelé à nos enfants qu’il fallait essayer de ne pas juger. Pourtant, voir des personnes, à longueur de journée, jeter leurs bouteilles en plastique par la fenêtre du mini-bus qui les transporte provoque une légitime colère. Passer dans d’épais nuages de fumées noires provoqués par l’élimination par le feu d’innombrables déchets plastiques augmente encore cette colère. Voir les rivières se transformer en tapis de déchets au milieu desquels vagabondent les rats donne la nausée…

Tour de roues après tour de roues, nous prenons le pouls de notre belle planète. Pas de doute, elle est malade. Elle souffre d’une hypertension écologique. Elle est écartelée entre une consommation à outrance et l’incapacité à digérer les déchets ainsi produits. Le tube digestif s’est obstrué. La constipation planétaire est en train de provoquer une occlusion internationale. La maladie, de virale, est devenue chronique. Seul un régime porté par d’importants changements de consommation est susceptible d’éviter la péritonite planétaire qui s’annonce.

Malgré les scènes dont nous sommes les témoins au quotidien, nous ne versons pas dans un pessimisme qui serait, lui aussi, destructeur. Nous avons confiance en la capacité de l’être humain à réagir, à s’adapter. Nous réalisons chaque jour que cette prise de conscience nécessaire doit passer avant tout par une chose : l’éducation. La jeune génération, celle qui a intégré la nécessité de la gestion du tri et les gestes éco-citoyens s’annonce, parfois virulente au regard de l’immobilisme ou l’inconscience de ceux qui ne respectent pas notre terre nourricière. L’engagement des jeunes sur la question du climat, les initiatives ingénieuses qui fleurissent aux quatre coins de la planète, la pression mise sur les gouvernements afin qu’ils intègrent la dimension écologique dans leurs programmes, sont autant de signes qui nourissent l’optimisme.

Nous avons souvent échangé sur cette question du développement durable avec Lalie et Esteban. Nous percevons auprès d’eux et des jeunes de leur génération,  une intolérance face à certains agissements. Voir quelqu’un jeter un papier en pleine rue génère chez eux de la colère, une colère peut-être salvatrice pour les co-locataires de la planète Terre.

Que dire également de la gestion des ressources en eau, cette eau indispensable à la vie humaine, si souvent gaspillée dans les sociétés occidentales? Souvent j’ai repensé à la réponse de l’Agence Régionale de Santé que j’avais sollicitée, en qualité de Directeur, pour alimenter les chasses d’eau de l’établissement avec des cuves de récupération d’eau de pluie. La réponse négative avait été sans appel, au motif du sacro-saint principe de précaution. Combien de fois, en voyant des personnes, souvent des enfants, marcher des kilomètres pour tenter de récupérer un peu d’eau potable, ai-je pensé à nos matières fécales d’occidentaux emportées, par des litres d’eau parfaitement consommables.

Notre parcours en Amérique Centrale se termine au Costa-Rica, pays qui fait figure de locomotive régionale dans la protection de la biodiversité et des énergies renouvelables. Dans ce petit pays de moins de 5 millions d’habitants, il n’y a plus d’armée depuis 1948 . Le budget qui lui était auparavant consacré est aujourd’hui destiné aux universités et aux hôpitaux. Doté d’une forte capacité touristique, il est devenu la “Suisse d’Amérique Centrale”. Le niveau de vie est beaucoup plus élevé que dans les pays limitrophes .Le développement s’est fait en plaçant la nature au coeur des préoccupations. 

Nous traversons de nombreux parcs régionaux protégés. Les singes virevoltent au dessus des arbres qui bordent notre route, des toucans multicolores pointent le bout de leurs becs proéminents, les coatis envahissent la route et font patienter les autres usagers…

Nous passons Noël puis le réveillon de Nouvel An dans ce beau pays:  des fêtes passées en famille avec Maminou, Papy-Moustache et Mina qui nous entourent de leur affection.

Au hasard des rencontres nous faisons la connaissance d’une famille qui, outre le fait de nous inviter tous à partager la soirée de la St Sylvestre, nous offrira le gîte et le couvert à notre arrivée à San José, la capitale, d’où nous partons pour l’Asie du Sud-Est.

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2 commentaires pour 15. Une planète pas si durable que cela

  1. maya 46 dit :

    Bonjour la velovefamily
    J aimerai être enthousiasme devant les réactions de Lalie et Esteban face aux Pbs d ecologie.Nos enfants comme bcp d occidentaux ont pris conscience par l éducation reçue mais quand on voit les enfants ailleurs dans le monde ce n est pas gagné et qd on voit les réactions de dirigeants devant greta thunberg il faut vraiment se battre. Bonne journée. Sylvie

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  2. Raymonde Garcia dit :

    Bonjour, bon, je préfère voir tous ces animaux rencontrés (même les serpents !) que ce pauvre poussin rose !
    La vidéo est édifiante à propos des décharges… je dirais même horrifiante !
    Bonne journée et merci pour ce partage devenu un rite matinal.
    Bisous

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