14. Et pendant ce temps-là… en France

Les échanges avec nos proches et le numérique nous permettent de suivre l’actualité française lorsque nous bénéficions d’une connexion WiFi. Régulièrement, nous parcourons quelques articles du Monde et de la Dépêche du Midi afin d’être informés des nouvelles nationales et locales.

A distance des événements qui préoccupent nos compatriotes, nous prenons conscience de l’impact grandissant et parfois affolant des réseaux sociaux.

L’annonce d’une hausse du carburant fait déborder le vase de la contestation d’une partie de la population. En quelques jours, nous voyons déferler sur FaceBook de très nombreux messages appelant tantôt à la révolte, tantôt au respect de chaque citoyen. Les mots virulents employés, parfois à la frontière de la haine, font de nous les spectateurs impuissants d’une lutte qui s’annonce violente.

A la lecture de ce qui se passe en France, nous nous permettons un petit billet personnel sur le blog. Si nous avons du mal à comprendre que c’est une augmentation du carburant qui a mis le feu aux poudres alors qu’il semble y avoir un consensus de plus en plus large sur l’urgence écologique, nous appelons à l’unité et non à l’affrontement. Mais les commentaires très partagés qui fleurissent rapidement sur cet article, nous montrent que le mal est bien plus profond. Des oreilles bienveillantes nous conseillent de temporiser sur cette thématique, en espérant que les choses se calment rapidement.

De semaine en semaine, nous lisons une contestation de plus en plus dure, divisant la population, bientôt polluée par des armées de casseurs.

Nous qui traversons, durant toute cette période, des pays dont les habitants ne bénéficient quasiment d’aucuns droits sociaux (pas d’assurance maladie, ni de retraite et encore moins de chômage…) avons du mal à comprendre les revendications portées par les gilets jaunes, fort éloignées des situations que nous rencontrons.

A La Union, au Salvador, alors que nous discutons avec un pompier dans une caserne qui nous héberge pour la nuit, un de ses collègues nous appelle pour que nous regardions les images diffusées sur leur poste de télévision. Des scènes d’une violence extrême tournent en boucle. C’est Paris qui est abîmée et pillée. Nous essaierons d’expliquer qu’il s’agit d’une minorité de personnes qui profite des manifestations pour tout casser. Mais ce que diffuse la télé, c’est un raccourci malheureux entre les gilets jaunes et les émeutes et ce depuis plusieurs semaines.

Alors que nous passons notre dernière nuit au Salvador avant de franchir la frontière avec le Nicaragua, deux pays qui ont la réputation (plus tout à fait justifiée) d’être très dangereux, notre hôte pompier nous livrera un conseil : « Surtout ne repartez pas en France, restez chez nous, c’est plus sûr ! »

Quand nous essayons de pousser un peu la discussion, il nous est difficile d’expliquer les motifs de la contestation des gilets jaunes. 

Nous parlons du ras le bol de la population face aux décisions en faveur d’une minorité favorisée (la suppression de l’ISF notamment…) alors que de vraies mesures sociales tardent à venir et qu’une part de plus en plus importante des français se trouve dans une situation économique délicate. La société de consommation a réussi à développer des besoins qu’un nombre croissant de personnes n’arrive plus à satisfaire.

 Il est alors difficile d’aller plus loin dans l’échange sans critiquer le capitalisme qui fait tant rêver nos interlocuteurs. Eux, rêvent de climatisation, de congélateur et du confort d’une maison française ordinaire. Ils affirment que les français ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont.

Comme l’écrit si justement un de nos auteurs préférés, Sylvain Tesson : 

« La France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer ! ».

Cet article a été publié dans Livre VeLove. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

4 commentaires pour 14. Et pendant ce temps-là… en France

  1. Raymonde Garcia dit :

    Ah les Médias !!! je n’en dirai pas plus. Je préfère retenir ce joli sifflement !
    Bon dimanche et encore merci.
    Bisous

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  2. Nicole Doualla dit :

    Comment expliquer les motivations des manifestants en France aux populations qui n ont pas l assurance d un lendemain plus sûr.La légitimité est toute relative.Bon dimanche sous le soleil .

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  3. Bernard MUR dit :

    La petite connexion journalière avec la Vélofamily fait du bien. Une parenthèse dans ce confinement nécessaire. Je me replonge avec délectation dans ces retours en arrière. Tout me revient en mémoire dès que je lis, tellement j’ai savouré ce récit.C’est une excellente idée d’y avoir pensé. Un grand merci. Bernard

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