9. La magie de l’Altiplano : rude mais inoubliable !

Nous quittons l’Argentine à La Quiaca pour une étape de trois kilomètres afin de rallier Villazon, de l’autre côté de la rivière. Valérie a un début d’angine et nous y resterons une journée afin de faire la provision de force pour les kilomètres à venir qui s’annoncent difficiles. 

En entrant en Bolivie, immense territoire rural et montagneux, nous sommes rapidement plongés dans un autre univers. Si, au Chili et en Argentine, nous pouvions trouver quelques habitudes « occidentalisées » la nourriture devient moins variée et les conditions de vie souvent précaires.

En sortant de Villazon, une première côte nous attend avec, au sommet, une aire de pesage pour les camions. Une dame nous propose de peser nos vélos. Verdict : 80 kg pour le pino blanc et ses bagages (sans les cyclistes) et 120 kg pour le pino rouge, les bagages, la carriole et Naïa (et toujours sans les cyclistes). Au moins, nous saurons que répondre aux personnes qui nous demandent le poids transporté et à qui, nous donnions de vagues estimations.

Nous poussons beaucoup nos montures et faisons travailler autant les jambes que les bras dans cette partie montagneuse. Heureusement le corps a la capacité d’oublier rapidement l’effort consenti : une sorte d’amnésie de la difficulté qui permet, chaque jour, d’avoir envie de repartir.

Nous sommes en admiration devant nos enfants qui vivent chaque événement comme une nouvelle aventure. Alors que, nous parents, connaissons le doute face aux choix à opérer, ils vivent l’instant présent avec l’insouciance de l’enfance. Ils ne se plaignent que très rarement du froid, de la faim (certains jours nous passerons directement du petit déjeuner au souper…). Source de joie permanente, ils nous obligent à ne pas laisser paraître nos doutes et à garder une posture rassurante.

En un mois et demi, Valérie et moi perdrons, chacun, pratiquement 10 kg. Avec l’altitude, nous avons moins faim et il y a peu d’aliments qui attirent nos papilles d’occidentaux. Le plat le plus vendu par les restaurants est le « poulet à la broaster », du poulet pané servi le plus souvent avec des frites. Nous saturons rapidement de ce plat unique et sommes tout heureux d’avaler nos 500 grammes de pâtes, le soir avant de nous coucher. 

Le froid tombe aussi vite que la nuit. Si les journées sont agréables, les nuits sont fraîches. Très fraîches même parfois, puisque lors d’un des bivouacs que nous nous offrirons sur ce superbe altiplano, le thermomètre descendra jusqu’à – 15 ° !

Malgré ces conditions, l’altiplano est un émerveillement quotidien. Il nous offre l’impression d’être seuls au monde au milieu des lamas et autres vigognes qui parsèment les larges plaines. La profondeur du silence subjugue cette sensation d’être privilégiés.

Un an après, nous gardons en mémoire les moments vécus au sein de cette nature parfois hostile mais enivrante. Ces étendues, véritables havres de paix, invitent à la méditation et à la réflexion. Les traverser à vélo offre à nos esprits la légèreté de l’âme.

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5 commentaires pour 9. La magie de l’Altiplano : rude mais inoubliable !

  1. Maurou Marie Françoise dit :

    Toujours aussi beau à voir que dire de plus c’est magnifique vous avez des sacrés monture . Les enfants s’adaptent à toutes les situations bises à la velovefamily

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  2. Raymonde Garcia dit :

    Que c’est beau et quel bonheur de revoir tout ça ! Un grand merci !
    Bises

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  3. Alice Ferreira dit :

    Toutjours autant de plaisir a revoir ces belles photos et vous lire ….
    Bisous … !!

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  4. Bernard MUR dit :

    C »est un véritable bonheur que de relire et revivre cette aventure avec en plus des vidéos. On est replongé avec délectation dans le récit. Très bonne idée Amitiés

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  5. jef46 dit :

    Quel dommage que les vidéos ne puissent faire partie du livre a venir. Bigs bisous

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