6. L’épreuve physique

Nous avons toujours fait du sport. Mais les mois précédents le départ ont été si denses, que nous n’avons pas consacré beaucoup de temps à notre préparation physique. Par expérience, nous savions, qu’une fois passés les premiers jours à vélo, tout serait ensuite plus facile.

L’épreuve de la selle, pour les postérieurs, demande quelques heures d’acclimatation, de même pour certains muscles.

Nous entamons notre parcours par trois étapes, au profil assez plat, entre Luzech et Toulouse. Après quelques bosses, nous rejoignons le canal latéral à la Garonne qui nous mènera au cœur de la ville rose. Nous sommes une quinzaine à partager, en peloton, ce petit coin de France bordé de platanes, accompagnés de péniches.

Une fois terminée la délicate opération de démontage et d’empaquetage des vélos, nous prenons un vol pour Santiago du Chili via Madrid.

Arrivés à l’aube au sein de l’aéroport de la capitale Chilienne, nous décidons de remonter nos vélos, sur place, entourés de nombreux chauffeurs de taxi, curieux et intrigués par nos drôles de montures.

Nous sommes persuadés que le voyage à vélo, même dans des régions quelque peu montagneuses, est accessible au plus grand nombre. Si l’on écoute son corps et que l’on accepte d’aller lentement, même très lentement parfois, il est possible de gravir des cols qui pouvaient paraître inaccessibles. Nous avons croisé plusieurs cyclo-voyageurs, dont des familles n’ayant aucune expérience de grands voyages à vélo, qui « se sont essayées » dans les Andes, avec succès. Suivant la forme physique et le poids transporté, c’est loin d’être de tout repos… mais c’est faisable !

Nous avons passé régulièrement du temps sur l’application GPS pour étudier, au jour le jour, le parcours et les variantes possibles, afin d’éviter d’emprunter des routes très fréquentées ou de forts pourcentages. Nous savions, qu’avec notre chargement, dès que la pente dépassait 8 à 10%, nous allions avoir du mal à rester sur nos vélos. Lors de forts pourcentages, il nous est arrivé de pousser nos montures, voire parfois de pousser ensemble un vélo, pour redescendre ensuite chercher le second.

Ce départ de Santiago nous met rapidement en condition : une première montée jusqu’à Los Andes, puis une seconde qui nous mène au pied des « Caracoles », ces 29 virages qui montent dans une pente soutenue et régulière, pour offrir un point de vue impressionnant sur la vallée et sur les courbes avalées et digérées.

En phase de rodage musculaire, ces montées s’enchaînent, à très faible vitesse, avec de nombreuses pauses. Elles nous semblent moins difficiles que prévues, mais ce sont les conditions climatiques qui viendront progressivement calmer notre ardeur. Plus nous montons, plus le temps devient incertain. Au niveau de la douane Chilienne, nous nous abritons dans un local poubelle afin de nous protéger du vent glacial et d’avaler quelques bols de soupe chaude. Les enfants, sur leurs sièges avant, sont particulièrement exposés au froid.

Une nouvelle dégradation est annoncée pour les prochains jours. Nous ne voulons pas rester coincés à la frontière, à quelques kilomètres du tunnel qui permet de descendre vers l’Argentine.  

Les pourcentages deviennent importants. Nous savons que nous en avons encore pour une grosse heure de montée mais nous sommes portés par l’excitation de ces premiers jours et ce sentiment indescriptible de liberté.

Nous arrivons à rejoindre le fameux tunnel situé à 3 175 m. Il est interdit au vélo mais des pick-up de fonctionnaires locaux sont spécialement aménagés pour transporter les nombreux cyclo voyageurs qui passent par ce col mythique.

Les douaniers nous proposent de nous arrêter et de dormir dans leur bâtiment, mais nous voulons commencer à redescendre du côté argentin jusqu’à Puente del Inca. Notre choix s’avérera judicieux puisque, dès le lendemain, le col sera fermé et ce pour plusieurs jours en raison de fortes chutes de neige.

Dès ces premières séquences difficiles, nous sommes en admiration devant la réaction des enfants. Ils endurent cette épreuve. Ils ressentent le froid mais n’expriment jamais d’inquiétude, ni même de propos négatifs.

Pas de doute, nous sommes sortis de notre « confort ».  Leur capacité d’adaptation est impressionnante. Dès les premières semaines, ils manifestent le plaisir que nous soyons tous ensemble. 

En ce qui me concerne, je redoutais qu’après une activité professionnelle intense comme celle que j’avais eu la chance de vivre ces dernières années et davantage encore ces derniers mois, je subisse un contre-coup, une grande fatigue et/ou une certaine résistance au « lâcher-prise ». Il n’en est rien. Je me surprends moi-même, me confortant ainsi dans l’idée que partir, sans engagement de retour, était sans doute le meilleur choix.

Dès les premiers jours à l’autre bout du globe, nous nous sentons libres ! Nous concentrons notre énergie sur ce qui nous semble vital : chercher de l’eau, de la nourriture et un lieu pour passer la nuit. Tout le reste est accessoire. Nous vivons au jour le jour, sans planification, sans autre programme que celui de profiter d’être ensemble dans un cadre de vie des plus dépaysants. Un luxe incroyable !

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14 commentaires pour 6. L’épreuve physique

  1. f.vandermesse dit :

    Profusion de photos aujourd’hui ! Sympa !

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  2. Nicole Doualla dit :

    Bonjour la petite famille. Merci pour ce RV matinal qui nous permet de prendre de la hauteur dans une atmosphère plus respirable. Le printemps nous nargue J habite près de Montpellier et le calme des rues nous permet d entendre la Nature se réveiller et les cloches du village,

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  3. MAUROU Marie Françoise dit :

    Coucou la velovefamily quel belles photos j’ai vue Boissor poser sur un rocher magnifique vidéo quel sacré monté bisous à la velovefamily

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  4. Chris du 46 dit :

    Quel plaisir pour nous tous de vous suivre à nouveau. Vous êtes notre rayon de soleil en ce moment si particulier que vie l humanité entière sur la planète bleue. Merci bisous à vous

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  5. maya 46 dit :

    Coucou la velovefamily
    Bien sûr tjs admirative a la lecture maintenant porteuse de votre analyse avec le recul du temps. J ADORE Naia avec son ‘pouce’ levé 👍Portez vous bien.
    Sylvie.

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  6. Raymonde Garcia dit :

    Coucou…. Cette parenthèse de liberté met du baume aux coeurs en ces temps de confinement !
    Météo luzéchoise : Grand beau ! mais ça ne doit pas durer, alors profitons… du jardin !
    Bisous

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  7. Bernard dit :

    Avec ce confinement, c’est une très bonne idée de nous faire revivre cette aventure. Une jolie parenthèse pour égayer la journée. Merci

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  8. Laurent dit :

    Bonjour a toute la famille. Merci encore de nous refaire vivres ses aventures au jours le jours. Quel courage ! Et quels accomplissement. J’adore le style d’écriture. Et ça nous evade alors qu’on est coincé a la maison. Merci encore.

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  9. JeanPierre SAILLENS dit :

    Ah les caracoles j’y suis passé en 2014. Contrairement à vous je les ai descendu. Quel spectacle ces virages dans un décor grandiose. Super de nous remémorer votre voyage;Bises

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  10. jef46 dit :

    Entre euphorie, découverte des capacités et validation du voyage. La team VeLove Family est en ordre de marche pour cette longue aventure. 🤙 Bigs bisous

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