18 Février : Tad Lo – Kopountai : 19 km (9 005 km)

La baignade des éléphants offre des images tellement impressionnantes que nous y retournons encore ce matin avant de prendre les vélos. Le cornac nous semble moins doux que celui d’hier et bouscule un peu sa volumineuse monture qui ne semble pas vouloir de ce bain matinal même s’il présente l’occasion d’un nettoyage nécessaire. Le spectacle est donc un peu moins « naturel » qu’hier soir mais la vue de l’immersion de ce bien bel animal reste magique.

Nous partons saluer nos amis camping-carristes qui profitent de la matinée fraîche pour faire les exercices scolaires avant de rouler sous climatisation l’après-midi (chaque mode de locomotion incite à un rythme différent…).

Quelques kilomètres de plat puis une nouvelle montée qui nous permet, tour de roue après tour de roue, de repasser au dessus des 700 mètres d’altitude. Dans cette belle montée nous croisons un cyclovoyageur allemand puis quatre cyclovoyageurs anglais qui semblent éblouis devant tous ces T-shirts jaunes.

Grâce à l’application Ioverlander nous avions repéré un lieu intéressant à découvrir tous ensemble. En effet, depuis quelques années une ethnie locale a ouvert les portes de son village et accueille, sans grande publicité, quelques chanceux phalangs. Originaires d’Inde, les habitants sont animistes et sont arrivés dans cette zone montagneuse du Laos il y a plus de 200 ans. Ils vivent notamment de la culture de café organique, exportée principalement vers le Vietnam.

Nous avons la chance de participer à une visite du site et d’apprendre , grâce à notre guide Hook qui, dans un anglais parfait, nous conte l’histoire du café et nous présente différentes variétés bien différentes de celles que nous avions eu la chance de voir au Costa-Rica. Il existe, en fait, plus de 140 variétés de cafeiers regroupés au sein d’une vingtaine de familles (robusta, arabica, tipica…). Nous retrouvons ces belles baies rouges qui nous offrent, une fois séchées et torréfiées, ce nectar si apprécié en Europe. Ici la variété donne des grains au fort taux de caféine utilisé principalement pour les boissons énergisantes comme celle du taureau rouge.

Nous poursuivons la visite par une présentation fort intéressante des plantes médicinales utilisées par le chaman local. Des feuilles, des baies et de nombreuses racines qui servent à éliminer mal de dos, fièvre ou encore quelques infections.

Hook nous donne également de nombreuses informations sur les croyances et coutumes de son ethnie, les Katu. La polygamie est de mise dans celle-ci. Il n’est pas rare que les hommes aient 3 ou 4 femmes et donc une ribambelle d’enfants. Chaque famille vit ensemble de générations en générations. Hook habite donc avec ses parents, ses frères, ses soeurs, les enfants… Ils sont ainsi 34 au sein de sa maison !

Plus de 700 personnes vivent ici dans ce petit bout du Monde qui semble avoir échappé au temps.

Hook propose également la possibilité d’être hébergé dans de petites cases qu’il a construites sur un terrain en contrebas du village. C’est donc là que nous allons passer la nuit après un très bon repas partagé avec Hook et sa grande famille dans la pièce principale de leur maison.

Sur le chemin du retour nous nous arrêtons pour l’activité principale du village en ces nuits de grosse lune : la chasse aux grillons, sauterelles et grenouilles. Nos hôtes procéderont à leur cuisson sur un petit feu de bois posé sur quelques pierres à même le sol en planches de la terrasse. Nous essayons de faire bonne figure dans cette dégustation malgré l’appréhension. Un ressenti que Naïa n’a absolument pas puisqu’elle grignote grillons sur grillons comme s’il s’agissait d’un simple plat de frites.

Nous passons une bien agréable et improbable soirée, nous nourrissant au propre comme au figuré, de cette ethnie que nous observons avec nos yeux d’anthropologues amateurs.

Encore une journée dont nous nous souviendrons longtemps !

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9 commentaires pour 18 Février : Tad Lo – Kopountai : 19 km (9 005 km)

  1. f.vandermesse dit :

    Mutation culinaire : de la frite au grillon.
    Naïa inaugure les pratiques alimentaires de sa génération.

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  2. Françoise Gérard dit :

    Cc…chez nous, la pleine lune était magnifique voilà 3 jours…mais je n’ai vu personne cherchant sa pitance…
    Je vois que quelques belles truies doivent aider à nourrir tous ces enfants au sein de ces familles élargies…
    Sur ce…je vais au marché.
    Bises merveilleusement ensoleillées.

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  3. Bravo Naia…. impossible n’est pas enfant !

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  4. Raymonde Garcia dit :

    Il est vrai que ce cornac n’a pas l’air très « avenant » ! Et voilà, vous avez entamé votre dernier millième km… Comme c’est passé vite, même pour nous ! Heureux les enfants qui n’ont pas d ‘à priori, Naïa le prouve !
    Début des vacances scolaires pour nos petits lotois, sous un merveilleux soleil. Pour les prochaines, vous serez parmi nous !
    Bonne continuation. Bisous

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  5. Alice Ferreira dit :

    Naia a l air de se régaler , toujours avec le sourire….!!!
    bisous !

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  6. ketfau dit :

    Coquille rigolote : le mélange entre l’anémie (manque de fer) et l’animisme (façon de voir le monde/religion) 😉

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  7. Clarinette à bicyclette dit :

    Là là… vous poussez fort mon émotion…
    Tout, absolument tout de votre fantastique journée vient me chercher: les sœurs, les enfants, le papa Christophe.. les autres voyageurs.. ce village perdu autour du feu… la grosse famille de 34 … la pleine lune la chasse aux grillons, les éléphants… pis les maillots jaunes
    Du gros wow ! pour la petite Clarinette..

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  8. jef46 dit :

    Naïa super aventurière 🤙 on mange bien des petites crevettes à l’apéro ! Les préjugés sont souvent plus forts que la raison. Bigs Bisous

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  9. Garcia Michel dit :

    Il y a une tradition que j’ai partagée au Laos, c’était il y a un certain temps, dans le nord. Le soir, tout le monde se met en rond assis par terre , bien sûr, dans la plus grande case. Le chef du village a un verre et une bouteille d’alcool de riz. Il se sert un verre, le boit cul sec et passe le tout à son voisin qui fait de même et ainsi de suite. Celui qui finit la bouteille doit en payer une autre et ça tourne jusque tard dans la nuit jusqu’à ce que le chef décide que c’est terminé. Et pendant ce temps tout le monde discute.

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