11 Juin : sur la route de Londres – La puerta de San Jose : 49 km (1 550 km)

Notre comptage nocturne nous permet ce matin d’indiquer qu’environ 50 % des automobilistes (avec un pourcentage plus important pour le camionneurs) se rappellent au bon souvenir de Gauchito Gil en lui adressant quelques coups de klaxon à chacun de leur passage.

Cela ne nous a pas empêché de passer une bonne nuit dans ce lieu insolite. Nous avalons les 15 km qui nous séparent de Londres en guise de mise en route puis poursuivons jusqu’à Belen. Nous resterons quelques heures à proximité de la place centrale de cette petite ville qui paraît très animée. Nous nous restaurons, nous connectons et discutons avec les personnes qui viennent très spontanement vers nous. Il faut dire que l’originalité de nos montures, leur charge et les frimousses des enfants attirent bien des curieux. « De donde vienen ? » (vous venez d’où ?) est une question que nous entendons des dizaines de fois par jour, parfois même par des automobilistes qui ralentissent à notre niveau pour nous la poser et qui repartent satisfaits aussitôt la réponse donnée en levant leur pouce bien haut. Lorsque nous nous arrêtons, comme ce fut le cas sur cette place, cela permet souvent aux personnes d’engager la conversation. Nous glanons quelques précieuses informations sur la suite de l’itinéraire lors de ces occasions et assistons souvent à la stupeur de nos interlocuteurs de nous savoir sur la route pour un si long voyage. Nous pouvons mesurer également un élément qui revient souvent : en effet, très fréquemment on nous dit qu’ici les gens sont bien mais que plus haut, il faut se méfier. Et lorsque nous arrivons plus haut sur la carte, les personnes tiennent le même discours des contrées voisines. La peur de l’étranger, une peur souvent infondée qui ne permet pas d’apprécier toute la richesse de l’autre. Modestement, à notre petit niveau, nous leur indiquons que nous pensons qu’ils seront aussi gentils qu’ici et finissons par leur montrer la phrase inscrite sur nos t-shirts. La conversation bifurque alors souvent sur un autre sujet…

Le froid est annoncé pour les jours à venir et une longue étape de montagne nous attend demain (et après-demain). Il fait bon aujourd’hui et nous sommes en forme. Le conseil de famille décide donc à l’unanimité (moins une voix qui dort dans la carriole…) de poursuivre sur une quinzaine de kilomètres. Cela nous permettra d’être plus proches des thermes de Hualfin où nous comptons bien nous délasser demain.

Ce petit supplément kilométrique monte, certes, mais il est de toute beauté. De larges gorges qui forment un canyon aux couleurs pastels. Une rivière en contre-bas ajoute à la grâce de ce paysage de western. C’est dans une courbe que nous rencontrons un nouveau cyclotouriste. Richard est Vénézuélien, il est parti depuis plusieurs mois pour se rendre au Pérou où avait lieu le rassemblement mondial des cyclo-voyageurs. Le prochain aura lieu à Lhassa, au Tibet, en 2020. Il s’est donc donné le challenge d’y aller… à vélo (excepté bien entendu la traversée de l’Atlantique pour laquelle il fera du bateau-stop). Il redescend donc actuellement vers Buenos-Aires avant un long voyage maritime vers la peninsule ibérique. Il passera ensuite par la France pour prendre la route de la soie et rejoindre Lhassa. Tout un programme !

Nous passons un bon moment avec lui, échangeons quelques précieuses informations sur nos routes respectives et lui offrons une chambre à air 26″, celle de son pneu arrière étant très fatiguée. Nous lui donnons rendez-vous en France s’il y arrive après le 1er Mai 2019 et sinon lui assurons que nous pourrons lui trouver des étapes chaleureuses lors de son passage (peut-être vous ?).

Ces rencontres, mêmes furtives, permettent de prendre de grands bols de sourires et de joie. Un régal !

Nous poursuivons sur quelques kilomètres et nous posons dans un camping municipal dont nous sommes les seuls occupants. Imaginez un grand camping de bord de mer en France au mois de décembre, c’est calme non ? Au moins ce soir, pas de klaxon en approche. Uniquement le souflle d’un vent froid qui durcit d’heure en heure…

PS : Bienvenue dans ce beau monde à Louise Guillouzic !

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5 commentaires pour 11 Juin : sur la route de Londres – La puerta de San Jose : 49 km (1 550 km)

  1. fvandermesse dit :

    Je m’inscris au nombre des personnes qui pourront accueillir Richard, Vénézuelien, lors de son passage en France.
    Bises.

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  2. alice ferreira dit :

    C est devenu un rituel de vous lire et de suivre l étape du jour …..Merci la VeLove Family….!!! bisous a vous

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  3. jef46 dit :

    Je vous juste coucou… un film sur france98… Bigs Bisous

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  4. Maminou dit :

    Et encore de belles rencontres … et ça continue :o) Gros bisous

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  5. Marie-Christine et Robert dit :

    Que de belles rencontres sur cette »ruta 40″ , que de belles personnes pour vous entourer dans ces villages traversés ….Bienvenue dans le LOT à Richard le Vénézuélien , nous lui ouvrirons notre foyer s’il le souhaite.
    Bonne route à vous tous et bon courage pour affronter le froid qui s’annonce.
    Bisous à vous 5

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