3 Juin : Pagancillo – Sanogasta : 76 km (1 251 km)

La semaine prochaine des températures plus clémentes sont annoncées mais, en attendant, il nous faut faire avec ce froid glacial qui persiste sur la vallée. Nous avons envie de retrouver un peu de chaleur.La vallée suivante a la réputation d’être toujours plus chaude. Une motivation supplémentaire pour essayer de l’atteindre dès aujourd’hui.

Seul problème il nous faut parcourir 20 km sur une route en ripio puis passer un col. Pour le ripio, ça demande un peu d’attention et parfois de l’agilité afin de traverser des zones sablonneuses . Le plaisir est tellement immense de se retrouver en pleine nature sans aucun autre véhicule que nous en oublions  la difficulté de tracter la carriole lorsque les roues du vélo arrivent à agripper une trace et que les roues de la carriole débordent sur le sable ainsi rejeté. Nous mettrons tout de même près de 3 heures pour venir à bout de ce chemin en » faux plat montant » qui nous évite un long détour par la route.

Nous retrouvons l’asphalte de la « 40 » avec grand plaisir. La « ruta 40″ ou la »40 » est l’une des plus grandes routes du Monde. Elle traverse l’Argentine dans toute sa hauteur. Plus de 5 000 km ! Beaucoup de sud-americains la parcourent en voiture, en moto, à vélo et parfois même à pied. Il faut dire qu’elle passe par des endroits magnifiques comme ces longs canyons que nous arpentons aujourd’hui. Quel dépaysement ! Et lorsque le ciel se dégage pour laisser passer quelque lueur de bleu azur sur les neiges qui nous entourent juste au dessus de ce paysage d’ocre, nous retrouvons nos couleurs nationales.

Ces couleurs nationales , nous les verrons flotter à l’arrière du vélo du premier cyclo-voyageur que nous rencontrons sur la route. C’est donc un français qui vient de l’Aveyron (un voisin donc !). Il s’appelle Mickaël et après être parti de Buenos Aires pour rejoindre Ushuaïa (le début de la célèbre « Ruta 40 » !) il est remonté vers Mendoza où il vient de s’arrêter un an pour travailler. Il est reparti depuis quelques semaines pour finir son tour d’Amérique du Sud. Nous le recroiserons cerainement un peu plus au Nord.

Nous déjeunons dans le froid, ce qui renforce notre envie de passer de l’autre côté du col. Il est 15h00. Le col est annoncé à 12 km. Nous nous donnons l’objectif d’y arriver avant 18h00 afin que nous puissions compter sur la dernière heure du jour pour redescendre de quelques centaines de mètres. Les premiers hectomètres se font facilement puis nous attaquons des pentes à plus de 10%. Ça se complique, surtout que nous arrivons au niveau de la neige.

18h04, après plus de 3 heures de contre la montre, nous voici enfin au col, à 2 020 mètres d’altitude. Enfin… presque ! En effet, nous savions qu’il y avait une petite descente dans la foulée puis une remontée pour passer un nouveau col marqué à 2 040,50 mètres (ce demi-mètre revêt toute son importance lorsqu’il est si chèrement gagné !). Une photo pour immortaliser cette montée dans la neige puis nous nous habillons aussi chaudement que possible pour attaquer l’impressionnante descente qui plonge de l’autre côté. Nous descendons des dizaines de mètres d’altitude à la minute.

Nous sommes comme aspirés par la chaleur que nous espérons retrouver dans la plaine. Cette descente rapide qui a suivi la montée glaciale vers le col a eu raison des doigts de Valérie . Elle est frigorifiée. Il commence à faire nuit noire. Il nous faut trouver une solution rapidement. Notre « Ange gardien » du soir s’appelle Nicolas. Il faisait son footing lorsqu’il nous aperçut… un peu perdus. Rapidement, il nous propose de venir nous installer dans son garage. Nous le suivons sur plusieurs kilomètres et arrivons chez lui. Son épouse, Nancy, nous accueille avec un thé chaud et quelques galettes dégustées autour du poêle. Ils nous font de la place dans le garage, amènent un peu de chauffage et insistent pour que nous venions prendre le repas chez eux. Ariel, un de leurs neveux est également chez eux et participera avec enthousiasme aux tours de magie réalisés par Lalie. Nous mangeons au chaud, des pâtes et un delicieux locro. Nicolas et Nancy sont très touchants, généreux et prévenants. Encore une belle rencontre dictée par le destin…

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14 commentaires pour 3 Juin : Pagancillo – Sanogasta : 76 km (1 251 km)

  1. Raymonde Garcia dit :

    Oh là là mes pauvres ! Quel courage. Et nous qui nous plaignons de tous ces orages et de toute cette eau qui se déverse sur nous ! J’espère que vous allez vite retrouver des températures plus clémentes.
    Bisous

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  2. Renée et Guy Depreux dit :

    Même silencieux, le Pyrhandiste aveyronnais vous suit chaque jour dans vos aventures un peu folles, il faut bien l’avouer mais oh combien captivantes. Nous en restons un peu baba? même un peu plus que ça………

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  3. jef46 dit :

    Bah dis donc, quelle expédition ces cols! La moue de Lalie est génialissime avec son bonnet! Encore une rencontre qui vous met à l’abri et c’est tant mieux, merci le monde! Bigs Bisous

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  4. FRANCOISE LAVERNHE dit :

    En tant qu’ aveyronnaise de souche, quel plaisir d’entendre que le cycliste du jour croisé au cœur de l Argentine est aussi ….aveyronnais!
    Réchauffez vous bien auprès de Nicolas et Nancy

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  5. Laetitia dit :

    Je vous souhaite bon courage pour le froid que vous endurer en ce moment
    Là lecture de vos péripéties et vos photos sont un vrai rayon de soleil
    Bonne continuation

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  6. fvandermesse dit :

    Ce n’est plus au kilomètre, ni au mètre que nous vous suivons…. mais à la dizaine de centimètres près.!
    Vivement que nous puissions compter avec vous les degrés Celsius en forte hausse.

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  7. Mumu dit :

    De dessous ma couette je vous envoie plein de chaleur..?..♥️

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  8. Mumu dit :

    De dessous ma couette je vous envoie plein de chaleur..♥️

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  9. Maminou dit :

    Vous lire: froid, neige, montée, fatigue, doigts gelés … et trouver un ange gardien qui vous ouvre la porte de la chaleur du repas chaud de l’accueil fantastique … nous montre une fois de plus que la vie est belle ! Vivement le repos quand même !

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  10. Bessière Gérard dit :

    Bises de Gérard

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  11. MUR Bernard TARBES dit :

    Je me régale de vos commentaires et récits de cette aventure. Je la vis avec vous et les images sont sublimes. Chaque jour j’attends de lire l’étape avec impatience. Les rencontres que vous faites sont touchantes. Il y a encore du bon dans l’être humain. Ces gens qui vous accueillent avec le plaisir de partager de s’intéresser à l’autre de le découvrir pour s’enrichir de connaissances de découvertes d’autres pays est très enrichissante. Vos enfants et vous mêmes en garderont mémoire pour longtemps. Bonne route…….et un grand merci de partager tout ceci avec nous.

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  12. Bessière Gérard dit :

    Je suis en train d’apprendre. avec Françoise. Gérard

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  13. La cuesta de miranda est magnifique sous la neige !

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  14. maire dit :

    la nonna vous suit avec émotion et s’envole pour quelques jours à Istanbul, l’aventure, quoi!!!

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