20 Mars : Koh Chang

Naïa n’a pas passé la meilleure nuit de sa vie… et ses parents non plus. Une fièvre qui fait le yo-yo sans jamais monter très haut, pas d’inquiétude pour l’instant mais la surveillance se poursuit.

Lalie et Esteban, eux, sont en pleine forme et, après avoir profité du luxe de dormir dans un bungalow séparé, se lèvent à leur rythme pour petit-déjeuner puis attaquer une séance d’exercices scolaires.

Naïa retrouve un peu d’energie dans la matinée, assez pour que nous envisagions d’aller passer quelques heures au bord de l’une des plages de sable de l’île.

Quelques kilomètres de pick-up plus tard nous voici donc sur Ban Bang Bao sous un soleil qui a fait sa réapparition après quelques passages nuageux.

Nous arrivons en fin de marée haute et ne pouvons que constater la quantité de détritus ramenés par cette mer, pourtant si belle, sur la plage. Nous marchons plusieurs centaines de mètres, le long du rivage, afin de trouver un espace à l’ombre qui ne soit pas privatisé par les nombreux hotels de luxe qui se sont appropriés l’espace public. La majorité des clients sont allongés sur leur transat les yeux non pas rivés vers la superbe baie qui leur fait face mais… vers leurs smartphones ! En quelques minutes nous avons une image peu optimiste de la société dite moderne : des êtres humains hypnotisés par leur écran pendant que la mer déborde de plastique… A nous de tout faire pour que la nouvelle génération ne soit pas aussi attentiste que ses aînés !

Nous passons tout de même de belles heures dans ce cadre exotique. La chasse aux crabes se révèle un excellent exercice de motricité rapide pendant que les éternels chateaux de sable invitent à l’imagination.

Nous revenons en fin d’après-midi vers nos bungalows, où, pendant que Naïa, qui a l’air d’aller mieux, fera une petite sieste, Lalie et Esteban se lanceront dans une seconde séquences d’exercices scolaires avant une partie de belote face au soleil couchant. L’heure de l’apéro approche, nous le partageons tous ensemble avant de passer une douce soirée dans ce cadre des plus dépaysants.

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19 Mars : Chanthaburi – Koh Chang

Nous dormons un peu plus ce matin… jusqu’à 7h00. Nous partageons le petit-déjeuner, discutons avec un couple de cyclovoyageurs Canadiens partis depuis 22 mois… et 30 000 km (nos 10 000 paraissent bien petits à côté) puis prenons un mini-bus en direction du port où nous pourrons prendre un bateau pour Koh Koot qui se transformera finalement en un trajet pour Koh Chang, une île plus proche de la côte, au regard des prix prohibitifs qui nous sont demandés pour rejoindre la destination prévue initialement.

30 minutes de mer plus tard, sur un énorme ferry métallique, et nous voilà sur l’île très arborée de Koh Chang.

Naïa n’est pas très en forme depuis ce matin, elle a même un peu de fièvre, et se retrouve sans beaucoup d’énergie. Le « routard » préconise une adresse avec des bungalows à un prix abordable. Nous prenons un transport en commun pour rejoindre le complexe en question mais les informations que nous avions ne semblent plus tout à fait à jour. Les prix ont doublé alors que le site semble ne pas avoir été entretenu depuis un moment. C’est loin d’être accueillant.

Comme nous avons prévu de passer 3 nuits sur l’île nous cherchons un lieu plus agréable et finissons au bout de quelques recherches, à trouver de belles cabanes un peu plus au Sud.

Ici pas de plage de sable fin mais cela ne nous empêche pas de faire une première virée dans l’eau avec masques et tubas et de rejoindre ainsi une petite crique de sable située non loin. Nous nous relayons auprès de Naïa. Cette dernière, après une bonne sieste et avoir réussi à avaler un doliprane retrouve progressivement la forme et même un peu d’appétit en soirée. Demain, nous avons une journée sans programme, ou plutôt si, avec un seul programme : récupérer et se reposer !

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18 Mars : Pong Nam Rom – Chanthaburi : 62 km (10 030 km)

La Thaïlande est également le Royaume de la générosité. Ce matin, avant de partir, la propriétaire de la Guesthouse tient à nous offrir un régime de bananes, puis deux, puis trois… Sans oublier quelques bouteilles d’eau, le tout chargé dans le coffre de la carriole qui va finir par exploser.

Plus tard dans la matinée on nous offrira encore, par deux fois, des bouteilles d’eau fraîche. Nous n’avons que des petits vélos et des sourires à offrir en échange mais nous sentons bien que leurs gestes sont guidés par leur coeur et qu’ils sont heureux de rentrer ainsi en contact avec nous. Peu parlent Anglais mais, avec le langage des mains et du visage, nous arrivons toujours à échanger quelques mots.

Après une petite dizaine de kilomètres, qui viennent récompenser les deux dernières journées en faux plat montant, nous bifurquons pour retrouver ces petites routes de campagne que nous affectionnons tant. Encore un régal ! Nous roulons entre des plantations exotiques et découvrons, par là même, les arbres sur lesquels poussent certains fruits que nous avons goûtés récemment. Des ramboutans, des mangoustans, des durians, des longanis et, bien entendu, des bananes et des noix de coco : une déambulation des plus dépaysantes.

C’est dans ce cadre que nous franchissons, main dans la main, notre 10 000ème kilomètre ! Nous pensions que nous l’atteindrions en France mais finalement nous avons un peu d’avance… ou de détours en plus ! Que de chemin parcouru, de rencontres, quelques difficultés et beaucoup de Bonheur au cours de ces kilomètres. Il nous reste désormais 1 000 à 1 500 kilomètres pour rentrer dans le Lot…

A Chanthaburi, nous retrouvons Didier et Isa avec lesquels nous avons prévu de faire une petite virée sur l’ile de Koh Koot, située un peu plus au Sud. Nous nous mettons en quête d’un hébergement pour ce soir mais sommes surpris par les tarifs pratiqués par les hôteliers de cette ville à laquelle, pourtant, nous ne trouvons aucun charme. Chanthaburi est une ville spécialisée dans la joaillerie et notamment dans les rubis. La majorité des magasins vendent donc des pierres précieuses et lorsque l’on a peu d’intérêt pour ces minéraux, il est difficile de trouver des qualités à cette cité très « bling-bling ».

Nous cherchons un bon moment et décidons de nous éloigner du centre afin d’élargir nos recherches en périphérie. Nous trouvons finalement de quoi nous loger dans l’un de ces hôtels aux longs couloirs qui ressemblent plus à ceux des hopitaux qu’à ceux d’un espace hôtelier.

Nous partons ensuite organiser notre trajet de demain. Il nous faut, en effet, rejoindre l’embarcadère du ferry à destination de Koh Koot. Les filles prennent en charge les négociations et trouvent un chauffeur de van qui nous amènera demain matin jusqu’au port.

3 jours de détente devraient nous attendre avant de reprendre la route vers Bangkok pour un dernier tronçon exotique avant de retrouver l’Europe.

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Cambodge : chaudement beau !

Nous avons découvert le Cambodge ces 2 dernières semaines ! C’était le dernier pays « inconnu » de notre voyage. Il faut toujours un peu de temps en arrivant dans un nouveau pays pour observer les façons de faire, trouver notre façon d’y voyager : de dormir, de manger, d’échanger avec la population…

Les premiers jours après la frontière sont compliqués : une route poussiéreuse et en très mauvais état, une chaleur étouffante, très peu d’échoppes, aucune équipée de réfrigérateur, des difficultés d’accès à l’eau courante, une communication délicate avec les habitants. On en a un peu bavé jusqu’à Siem Reap, malgré la bienveillance constante et les sourires chaleureux que nous croisons sur le chemin. Est-ce la température, la fatigue accentuée par la chaleur, la faim, la soif, quelques indigestions… sans doute ?surtout la chaleur !

Siem Reap nous a offert tout le (ré)confort d’une ville touristique à bon prix. Nous nous sommes régalés tant sur le plan culturel (avec la visite des mythiques et somptueux temples d’Angkor) que gastronomique (avec de la nourriture variée, savoureuse et fruitée ! Mmmh les smoothies mangue – passion !!).

Le trajet en bateau jusqu’à Battambang restera parmi nos grands souvenirs ! Une rivière pleine de vie et de couleurs, pas du tout « polluée » par le tourisme de masse : on ne nous vend rien, on se contente de nous saluer chaleureusement !

Au Cambodge, nous avons été apostrophés en anglais par des milliers de « Hello », même par les tous jeunes enfants, qui courent toute l’allée de leur maison pour nous offrir leurs sourires. Le « Bonjour » Khmer (qui se prononce « Sourcidaï ») est rarement utilisé pour s’adresser aux étrangers.

Le dollar américain lui aussi règne en maître. Nous restons stupéfaits de cet incroyable fonctionnement. Toute la population semble pourtant habituée à cette gymnastique improbable de deux monnaies qui cohabitent. Impossible pour nous de ne fonctionner qu’avec la monnaie du pays (le riel) : les distributeurs de billets ne délivrent que des billets verts…

Nous mettons toujours un peu de temps pour adopter les mots et les gestes des pays que nous traversons… mais ils deviennent rapidement de nouvelles habitudes dont nous mettons ensuite également toujours quelque temps à nous défaire… Les « bonjour » et « merci » bien sûr (on s’embrouille un peu après chaque frontière), mais aussi les gestes. Au Laos et au Cambodge, on donne toujours les choses avec les deux mains (même les billets pour payer) et on les reçoit toujours également des deux mains. En Thaïlande ce n’est plus du tout le cas.

De la même façon, dans les derniers pays que nous avons traversés on se salue et on se remercie toujours les deux mains jointes au niveau du visage. Ce geste là rentrera vraisemblablement en Europe, dans nos bagages culturels .

Le Cambodge nous aura donc marqué : par l’aridité de son climat, les conditions de vie souvent très difficiles des populations rencontrées et l’atrocité de son histoire récente. Mais aussi et surtout par les sourires de ce peuple courageux, par les vestiges grandioses des civilisations passées, et par la diversité de ce que nous avons eu la chance d’observer et de découvrir…

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17 Mars : Pailin – Pong Nam Rom : 52 km (9 968 km)

4 heure du matin, c’est le branle bas de combat dans le couloir de l’hôtel. Une horde de Chinois crie, se racle la gorge et vient même toquer à notre porte afin de s’assurer que tout l’étage est bien réveillé. Pas de doutes, nous le sommes ! Nous essayons de leur faire comprendre que nous aimerions dormir un peu plus mais notre demande n’a aucun effet. Seule l’enguelade que nous leur passons lorsqu’ils n’arrêtent pas de toucher nos vélos malgré quelques avertissements aura pour effet de les faire reculer.

Le seul bénéfice que nous trouvons à ce réveil matinal est d’anticiper encore un peu plus notre départ. Nous prenons tout de même le temps de partager le petit-déjeuner que nous sortons de nos sacs, rejoints par le patron de l’hôtel désolé pour cet incident guère controlable. Cela nous permettra également d’échanger avec les enfants sur ce qu’ils voient depuis quelques semaines, quasiment à chaque fois, que nous croisons des groupes de Chinois. L’occasion de leur indiquer que nous avons le droit d’exprimer notre mécontentement lorsque nous sommes face à ce qui nous semble être du manque de respect mais qu’il nous faut toujours éviter de juger. Notre conception européenne du respect est loin de celle qui semble être adoptée par d’autres sociétés dont la société Chinoise. Qu’ils soient prêts à bousculer tous ceux qui sont devant eux pour prendre une photo ou qu’ils attrapent sans cesse Naïa dans leurs bras pour prendre des photos avec elle sans, bien entendu, lui demander son accord, leur semblent normal. Seul élément qui est difficilement excusable, l’état de saleté dans lequel ils laissent les lieux qu’ils utilisent. Le parking de l’hôtel jonché de plastiques et de crachats est encore là pour en témoigner ce matin. Observer sans juger, tâche parfois difficile…

Au bout de 18 km de faux plat montant nous arrivons en vue de notre dernière frontière asiatique. Les tampons de sortie du Cambodge sont vite obtenus, sans aucune demande. Quant à l’entrée en Thaïlande, les grands panneaux indiquant « No Tips » (interdiction de donner des pourboires) permet d’attendre son tour sereinement.

Voilà un passage qui nous réconcilierait presque avec les postes-frontières…

Il est déjà 10h00 lorsque nous rentrons à nouveau dans le Royaume de Thaïlande et… sa conduite à gauche !

Après les grandes plaines du Cambodge nous retrouvons rapidement un terrain accidenté et quelques belles montées. Les nuages d’hier ont disparu et les grimpettes se font sous un soleil de plomb.

Lorsque nous arrivons enfin en vue d’un village nous sommes assoiffés et affamés. Heureusement, nous retrouvons le confort des 7-eleven, ces petites supérettes, qui proposent de nombreux produits frais. Tels des vagabonds impatients nous nous substantons sur les marches du magasin et offrons quelques refroidissements à nos corps bouillonnants.

Aujourd’hui, c’est Dimanche et les écoles sont donc fermées. Les temples eux, se font rares depuis ce matin. Nous repartons et trouvons une petite Ghesthouse (bien trop petite pour accueillir un car de Chinois !). Nous prenons une chambre et passons l’après-midi à l’abri de la chaleur. Exercices scolaires, jeux de cartes et repos seront les bienvenus.

Il ne nous reste plus qu’une cinquantaine de kilomètres pour rejoindre Chanthaburi ou nous retrouverons Isabelle et Didier pour une nouvelle pause.

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16 Mars : Phnom Kdong – Pailin : 77 km (9 916 km)

Quelques averses matinales résonnent sur les toits en tôle. Le rafraîchissement est immédiat et des plus agréables. Nous partageons le petit-déjeuner confectionné avec générosité et beaucoup d’attention par Saro et son épouse.

Il nous tend également un sac plein de bananes, mangue et ananas afin que nous ne manquions pas de vitamines pour notre journée de vélo. Encore de bien belles personnes rencontrées ici.

Nous embrassons Isabelle et Didier qui repartent vers Battambang en scooter. Nous devrions les retrouver dans 3 ou 4 jours, 180 km plus à l’Ouest sur la côte Thaïlandaise.

Il fait lourd et après une dizaine de kilomètres, des éclairs zébrent le ciel pendant que le bruit sourd du tonnerre se fait entendre. Nous trouvons refuge sous le toit ouvert d’un petit restaurant et, en attendant le retour au calme, sortons le Uno et y jouons avec les personnes présentes.

La couverture nuageuse est toujours là mais l’orage semble être passé. Nous profitons de l’absence des rayons de soleil pour avancer. A 13h30 nous avons déjà parcouru 50 km et nous arrêtons pour déjeuner. Nous sortons notre sac de pique-nique mais il est infesté de fourmis ! Elles sont rentrées partout et rien n’est vraiment récupérable. Nous parcourons quelques kilomètres supplémentaires en espérant trouver de quoi déjeuner dans les villages à venir mais à part des brochettes de rats et des soupes dont nous ignorons le contenu rien ne semble vraiment disponible. Quelques biscuits et les fruits offerts par Saro feront l’affaire. Les enfants sont motivés pour rouler encore l’après-midi et se rapprocher ainsi de la frontière Thaïlandaise.

Sur la route, les villages traversés comprennent souvent un ou deux grands bâtiments rutilants, il s’agit des établissements bancaires. Lalie lâchera alors cette phrase : « c’est incroyable, ils pourraient faire les bâtiments des banques plus petits et agrandir les écoles ! ». Du haut de l’intelligence et de la naïveté de ses 10 ans, Lalie vient de toucher du doigt l’un des facteurs qui risquent de sonner le glas de notre civilisation… Nous échangerons ainsi longuement sur certaines folies capitalistes, la mondialisation et la place de l’éducation (d’autant plus importante dans un pays comme le Cambodge où, dans l’Histoire récente, les Khmers rouges ont manipulé la population en bannissant son instruction).

Les kilomètres se font plus longs et la fatigue de plus en plus présente mais Pailin est désormais à portée de roues. Le centre ville est animé par les obsèques d’un Moine. Celui-ci est transporté dans un cercueil transparent posé sur un énorme véhicule en forme de dragon. Des dizaines de Moines, une fleur blanche à la main constituent le cortège orangé et psalmodiant.

Après avoir passé le centre-ville, nous trouvons une chambre dans laquelle nous pouvons prendre une bonne douche et nous étendre pour notre dernière nuit au Cambodge. Demain, nous retrouverons la Thaïlande !

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15 Mars : Battambang – Phnom Kdong : 19 km (9 839 km)

C’est un plaisir de reprendre les vélos ce matin… même s’ils sont un peu amochés par le transport d’hier.

Dans la nuit, Igor (une perle !) le gérant de Locapino qui nous a vendu le Pino rouge a répondu à notre message et nous devrions avoir, gracieusement, un nouveau bras du guidon dès notre arrivée à Madrid. Il n’y a plus qu’à espérer que la soudure tienne les 500 km qu’il nous reste à parcourir en Asie…

Battambang, bien que peu connue, est la deuxième ville du Cambodge par sa population. Traverser l’agglomération nous prend pratiquement 10 km avant de se retrouver sur un axe principal qui rejoint la Thaïlande à une centaine de kilomètres de là.

Sur le bord de la route, de nombreuses échoppes proposent du rat au barbecue. Nous passons notre tour et poursuivons jusqu’au bas d’une petite colline au pied de laquelle se trouve un hébergement assez confidentiel proposé par des locaux. Il s’agit d’un hébergement chez l’habitant qui n’est pas encore repéré par « Maps Me » et compagnie mais dont nous avions eu connaissance par nos Amis Florence et Benoît.

Ce lieu est situé au pied d’une grosse colline qui contient trois spécificités touristiques que nous allons découvrir l’après-midi.

La première est la plus difficile à concevoir tant elle confirme que l’Homme est capable des pires atrocités. Appelées les « killing caves », des grottes de plusieurs dizaines de mètres de haut ont été utilisées par les Khmers rouges pour y jeter des milliers d’opposants après d’insoutenables tortures. C’était il y a 40 ans à peine ! Un mémorial rappelle de façon imagée cette horreur à côté de nombreux ossements et cranes fracturés par ces chutes mortelles.

Heureusement, les deux autres lieux sont plus « légers ». Tout en haut de cette colline, des temples ont été construits et sont également le lieu de villégiature de nombreux singes. La vue sur la vallée est splendide et le spectacle de ces petits mammifères est des plus divertissants .

Nous redescendons enfin pour aller assister à une autre merveille de la nature. L’une des grottes abrite des millions de chauve-souris qui, tous les soirs vers 18h00 partent pour une virée nocturne. 10 Millions selon les syndicats, 5 000, selon les forces de l’ordre, et 6,5 Millions, selon les spécialistes. De petits cousins de Batman sortent ainsi chaque soir pour aller débarrasser la nature de quelques millions de moustiques ou autres insectes nocifs pour l’agriculture locale (notamment la riziculture). Pendant plus de 20 minutes, une nuée de chauve-souris, large de plusieurs mètres, s’échappe de la roche. Nous profitons pleinement de ce moment si étonnant avant de rentrer retrouver Saro et sa famille. Ils nous ont préparė un délicieux repas que nous apprécions grandement tout en échangeant longuement avec Saro dans un anglais qu’il manie parfaitement.

Son histoire est également poignante et est en lien avec ce que nous avons vu aujourd’hui. Saro est né il y a 31 ans dans un camp de réfugiés mis en place du côté Thaïlandais par les Nations Unies afin d’accueillir les millions de personnes qui fuyaient le régime de Pol Pot et ses Khmers rouges. Il est resté jusqu’à l’âge de 10 ans dans ce camp avant de venir s’installer avec ses parents et ses 6 frères et soeurs dans le village au sein duquel il nous accueille. Il a pu faire quelques années de collège avant de travailler en tant que chauffeur de tuk-tuk. Il exerce toujours cette activité mais il a ouvert en complément cette petite « maison d’hôtes » toute simple mais où, avec son épouse, ils proposent un accueil des plus chaleureux.

Nous avons passé encore une bien belle journée et sommes heureux de l’avoir partagée avec Didier et Isa. Demain, ils retourneront en scooter à Battambang pendant que nous poursuivrons notre route vers la frontière Thaïlandaise. Nous devrions nous retrouver encore une fois sur la côte afin de partager ensemble quelques jours au goût d’aventure.

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14 Mars : Siem Reap – Battambang

Lever à 5h00. C’est presque une heure de grasse mat’ par rapport à ces dernier jours !

Didier et Christophe enfourchent les vélos aux premières lueurs du soleil afin de rejoindre l’embarcadère situé à 14 km. Les filles et Esteban les rejoindront un peu plus tard en bus. La route est des plus agréables. Les enfants partent à l’école habillés de leur uniforme , sur des vélos souvent trop grands. La culture de fleurs de lotus d’un côté, des fermes de crocodiles de l’autre c’est… exotique !

7h00 : Didier et Christophe sont arrivés à bon port. Ils attendent les filles qui devraient arriver d’ici peu. 1h00 plus tard, toujours rien, alors que le bateau était annoncé partant à 7h30.

Des bus de Chinois se succèdent mais toujours pas le reste de la troupe en vue.

8h30, les filles et Esteban arrivent enfin avec d’autres voyageurs. Parmi le personnel, personne ne s’affole : ce « petit retard » a l’air tout naturel.

Nous chargeons tout notre matériel sur le toit du bateau et partons pour une superbe traversée du Tonlé Sap, ce grand lac situé au Sud de Siem Reap. Des villages flottants, de nombreuses embarcations et une vie bien présente de tous les côtés.

Après le lac, nous suivons une rivière tout aussi joyeuse. Le bateau passe au milieu des maisons qui flottent sur des rondins de bois ou des tonneaux métalliques, des commerces, des écoles. Partout le même sourire de la population qui cesse pendant quelques secondes ses occupations pour nous saluer.

Nous sommes en saison sèche et la hauteur des pilotis qui supportent les maisons situées sur le rivage laissent entrevoir l’écart du volume d’eau avec celui que nous connaissons aujourd’hui.

Le bateau commence à racler le fond. Il s’arrête sur le ponton d’une petite épicerie. On fait signe à tout le monde de descendre et de récupérer les affaires. Pour nous, le retour sur la terre ferme s’annonce un peu plus complexe avec nos grands vélos et la carriole. Mais nous pouvons compter sur l’aide de Didier et Isa ainsi que sur celle d’autres passagers pour empreinter cet itinéraire quelque peu acrobatique. Tout le monde s’entasse ensuite sur deux pick-up sauf… qu’il n’y a plus de place pour nos vélos et la carriole alors que la compagnie auprès de laquelle nous avons acheté nos billets s’était engagée à les transporter. L’un des chauffeurs va alors à la rencontre du propriétaire d’un petit camion. Celui-ci doit se rendre vers Battambang pour ramener plus d’une cinquantaine de gros bidons d’essence. Il accepte de prendre notre matériel mais nous demande de le laisser au bord de la piste en attendant leur départ. Les pick-up, eux, sont prêts à partir mais Christophe, ne pouvant se résigner à laisser ainsi nos chères montures, descend du pick-up et précise au chauffeur du camion qu’il partira avec lui.

Après plus d’une demi-heure de chargement, les vélos et la carriole prennent enfin place au dessus des bidons. Mauvaise idée car le chemin empreinte des passages extrêmement cabossés et surtout très étroits, tant et si bien que lors d’un passage mal négocié le guidon du Pino rouge embrasse un tronc qui brise immédiatement l’un des bras de ce pauvre guidon.

Arghh ça sent la difficulté !

Le camion repart avec un Christophe dépité  qui imagine le casse-tête qui l’attend à l’arrivée. Il faudra près de trois heures pour rejoindre Battabang, un peu plus pour le pick-up dans lequel sont installées les filles, leur véhicule ayant cassé… un essieu !

Christophe, parti pourtant largement plus tard, arrive en premier à Battambang. Le chauffeur propose de le laisser au terminal de bus mais autant profiter de cette petite avance pour essayer de trouver une personne qui pourrait être capable de souder la tige du guidon. Cela n’enchante guère le chauffeur qui, alors que Christophe est devant dans un tuk-tuk sensé montrer le chemin du quartier des soudeurs, fait soudainement demi-tour pour rentrer à la gare routière et y déposer les vélos à toute vitesse. Heureusement, entre temps, Didier est arrivé et récupère tout le matériel.

Christophe arrive peu après et ne peut que constater la fuite du chauffeur de camion. Il repart en tuk-tuk en embarquant le pino rouge pendant que Didier reste avec le pino blanc et la carriole en attendant l’arrivée des filles et d’Esteban.

Un soudeur, rapide mais pas des plus consciencieux (le résultat étant assez tordu !), permettra à Christophe de reprendre la route pour rejoindre Didier puis le reste de l’équipe arrivée entre temps  qui s’est réfugiée dans un hôtel voisin avec piscine. De quoi se détendre après cette journée dense et pleine de rebondissements.

Demain nous sommes heureux de reprendre les vélos !

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13 Mars : Siem Reap – Angkor – Siem Reap : 23 km (9 820 km)

Les temples d’Angkor valent bien un nouveau lever à 4h00 du matin !

Grâce au pass 3 jours que nous avions pris, nous n’avons pas besoin, ce matin, de faire le long détour pour aller chercher les tickets. Nous filons donc droit, doublés par des dizaines de tuk-tuk emportant leurs clients encore à moitié endormis.

Arrivés devant Angkor Vat, nous prenons la sacoche avec le petit-déjeuner et allons partager ce dernier à l’intérieur de la première enceinte, face aux trois tours les plus photographiées d’Angkor. Nous ne sommes pas les seuls à être là ! Mais la zone est si étendue, qu’à part une concentration d’objectifs qui veulent absolument capturer le reflet du temple dans l’eau au soleil levant, nous avons de l’espace et nous asseyons pour contempler ce superbe spectacle.

Une fois le soleil apparu et un peu plus haut dans le ciel, nous pénétrons dans cet immense temple superbement conservé et accessible de toute part.

Nous repartons ensuite vers le Nord, contournons le magique temple du Bayon et ses 216 visages pour nous attarder sur l’un des temples à l’histoire bien particulière. Celui-ci avait commencé à être démonté entièrement afin de renforcer les fondations qui donnaient des signes de fatigue. Les milliers de blocs de pierres avaient été numérotés et dispersés sur plusieurs hectares dans la forêt environnante. Mais lors du remontage, les khmers rouges ont pris le pouvoir, interdit l’accès et brûlé toutes les archives. Remonter ce puzzle géant s’est alors avéré très complexe. Plus de 12 ans ont été nécessaires pour refaire les plans et 8 pour le reconstruire. Le tout grâce à une équipe française qui a assuré l’intégralité de la conduite des travaux. Fait intéressant, on peut grimper tout en haut de ce temple pour avoir une vue magnifique sur les alentours et lors de la descente on peut admirer un superbe Bouddha couché fait d’immenses blocs de pierre en 3 dimensions. Le génie humain !

Nous pédalons encore un peu au sein de ces incroyables vestiges avant de rentrer et de se rafraîchir dans la piscine pour le plus grand bonheur des petits et des grands.

Dans l’après-midi, un temps de repos permettra de récupérer de ce lever matinal avant d’être rejoints par une famille qui voyage pendant un an en sac à dos et dont nous avions fait la connaissance (virtuelle jusqu’à aujourd’hui !) grâce aux réseaux sociaux.

Nous partageons un apéritif tous ensemble. 2 familles et un couple de voyageurs qui s’échangent anecdotes et conseils tout en étant unanimement d’accord sur l’apport de telles Aventures pour certaines prises de conscience.

Nous nous retrouverons peut-être tous en France dans quelques mois et, en attendant, il est temps de refaire les sacoches. Demain, lever à 5h00 pour rejoindre l’embarcadère d’où nous prendrons un bateau puis un bus en direction de Battabang.

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Des questions… des réponses !

Merci pour vos questions. Nous avons essayé d’y répondre mais nous pourrons détailler plus amplement à notre retour…

Côté « bien-être » :
Question cruciale … comment allez vous ?
Nous allons super-super bien ! Des petits coups de fatigue de temps en temps dûs  au climat (il fait trèèès chaud) mais rien d’ingérable. Nous sommes tellement conscients chaque jour de la chance que nous avons (et que nous sommes allés chercher…) que rien ne nous a paru vraiment difficile jusqu’à aujourd’hui. Il faut parfois anticiper, souvent s’adapter mais nous essayons de gérer chaque journée comme un formidable cadeau.

Côté matériel :
Quels matériels avez vous vite abandonné (sans parler des vêtements) ?
Et bien, finalement, nous n’avons pas abandonné grand chose. Nous avons eu la chance, avec les différentes visites que nous avons eues, de pouvoir échanger nos affaires d’hiver contre des affaires plus légères et plus adaptées à la chaleur.

Qu’avez vous acheté qui vous manquait ?
Pas grand chose, là non plus. Un porte bébé pour transporter Naïa lors des grandes promenades.

Quelles applications utilisez vous pour préparer vos itinéraires, vous semblez chaque fois bien anticiper les dénivelés ? Faites vous un suivi en direct sur gps ou smart phone et lequel ?
Nous utilisons principalement l’application « OsmAnd ».
Nous avions acheté, avant de partir, la version « OsmAnd Unlimited » pour 2,99€ et c’est sans doute un des meilleurs achats que nous aillions fait.
Cette application permet d’utiliser plusieurs supports de carte et surtout donne une image bien précise des dénivelés en précisant la durée des montées (et des descentes, bien entendu !) et leurs pourcentages. Il est également vraiment meilleur que MapsMe pour indiquer les chemins à prendre à vélo (même si parfois c’est plus pour des VTT).
Nous marquons nos arrêts avec un petit signet sur la carte, juste en souvenir.
L’application est sur Android et il semble y avoir plus de mal à la trouver sur Iphone.En complément, nous utilisons les applications « Maps Me », pratique pour trouver un commerce, notamment, et « Ioverlander » qui contient de nombreux bons plans de bivouac, particulièrement en Amérique du Sud.

Préparez-vous un guide spécial cyclovoyageurs family pour la partie logistique ?
Lucho et Jose-Carlos ont réalisé ce superbe outil auquel nous avons essayé, bien modestement de collaborer. Vous pouvez retrouver ce guide en téléchargement gratuit à l’adresse :
https://pedalamundos.com/index.php/guia-de-cicloturismo-para-principiantes/?fbclid=IwAR0nKTKMjNhc8FgQqSZ0RMhbwHmcugVlxWkg6oSFhYvsprnXxA2evc-2JLg

Nous essaierons de travailler sur sa traduction en Français (avec tous les autres volontaires, n’hésitez pas à nous contacter à ce sujet…) lorsque nous serons rentrés.

Côté nourriture :
Pas marre de manger toujours la même chose ?
Ah la nourriture ! C’est une des principales sources d’énergie du cyclovoyageur et c’est vrai que, dans certaines zones, elle manque un peu de variété (la France possède un tel choix culinaire que ça donne de mauvaises habitudes…). Mais finalement on arrive à faire avec ce qu’il y a et nous savons toujours que nous pourrons trouver plus de choix dans certaines zones plus touristiques. Cela décuple alors le plaisir de retrouver certains mets…

Avez-vous prévu d’éditer un guide gastronomique des meilleurs petits plats Vélovefamily ?
Plusieurs cyclovoyageurs ont couplé leur Aventure avec les recettes culinaires. Il existe d’ailleurs un très bon livre intitulé « Cuisin’Situ ».
Nous avons également eu la chance de rencontrer Romain et Aurélie qui ont surnommé leur voyage : « Bikekitchen ». Tout un programme !
En ce qui nous concerne, nous ne pouvons que recommander d’emporter une petite poêle qui permet de varier les plaisirs (Oeufs au plat, tortillas de patatas, cheese-naan et, bien entendu… les sacro-saintes crêpes !)

Côté budget :
Au niveau budget, votre prévisionnel était-il bon ? Les petits « extras » bien appréciables et appréciés semblent en être la preuve.
Il faudra que nous fassions les comptes de manière plus approfondie en arrivant mais pour l’instant ça a l’air d’aller. Il est vrai que nous passons essentiellement par des pays où le coût de la vie n’a rien à voir avec l’Europe. Même les petits extras, quand on les compare à des extras similaires en France, ne sont pas souvent très onéreux.

Côté « voyage » :
Comment avez vous préparé vos passages de douanes ? Tarif, corruption, histoire de tampon ou autres ?
Nous avons lu quelques récits de voyageurs et avons discuté avec les personnes rencontrées en chemin. En Asie, il a fallu essayer d’aborder ces passages avec le plus de sérénité possible car la seule envie naturelle qui vient lorsque l’on nous demande un backshish est d’emplatrer notre interlocuteur contre le mur. Nous avons souvent été remontés contre quelques touristes qui nous incitaient à payer en nous disant « ici c’est comme ça », ne mesurant pas que leur fatalisme les rendait complice de cette situation. Nous avons pu encore mesurer la chance que nous avions d’être en vélo et d’avoir le temps. La présence des enfants a certainement permis également d’accélérer certains passages.

Côté « enfants » :
Votre petite Naia, qui a bien grandi, ne se verrait-elle pas plus souvent sur le siège avant du vélo ? Et vos « 2 grands » sur des vélos indépendants ?
Naïa s’est fait quelques kilomètres à l’avant du Pino mais ses jambes sont, pour l’instant, bien trop courtes pour qu’elle puisse participer au pédalage. Elle adore sa carrriole, ce petit univers qui lui permet de se reposer, de jouer et, en Asie, d’être à l’abri des nombreuses personnes qui la prennent dans leurs bras ou lui tripotent les cheveux sans lui demander sa permission.
Quant à Lalie et Esteban, si c’était à  refaire nous choisirions, sans aucune hésitation, les mêmes montures. Il aurait été impossible de faire le même itinéraire (qui commençait au bout d’une semaine par la traversée de la cordillère des andes puis qui enchaînait avec la montée sur les altiplanos boliviens et péruviens…) et nous aurions été peu sereins sur certaines routes d’Amérique centrale. Ces tandems ont permis aux enfants de pouvoir se reposer certains jours et surtout nous ont offert de très nombreuses discussions que nous rêvions d’avoir avec eux. Il n’avaient que 7 et 9 ans au moment du départ et s’ils avaient dû faire le même parcours en solo, le risque était de les écoeurer de l’effort que demande parfois le vélo. Rien n’est impossible et il est évidemment possible de partir avec des enfants de cet âge sur leurs propres vélos mais, en ce qui nous concerne, nous pensons que c’était encore un peu trop tôt. Après 10 ans, la question se pose peut-être déjà un peu moins. D’ailleurs Lalie commence à évoquer que, pour les prochains voyages, elle voudrait s’essayer avec son propre vélo.

Pour l’école par quel biais passez vous? J’imagine qu’il ne s’agit pas du CNED? Avez vous monté un partenariat avec l’école où étaient vos enfants? Quels conseils pourriez vous nous donner sur cette question?
Nous avons fait le choix de ne pas passer par le CNED, trop encombrant et contraignant à notre sens alors que nous voulions que, cette année, ils puissent en profiter pour aller à leur rythme et que l’école soit vécue comme un plaisir et non comme une contrainte.
Nous avons eu la chance de pouvoir compter sur le soutien important des instituteurs de Lalie et Esteban qui nous ont beaucoup aidés à préparer le programme. Nous nous sommes concentrés uniquement sur le français et les maths mais, en chemin, ils ont appris beaucoup d’autres choses.
Nous avons dû les déscolariser et ils seront scolarisés à nouveau au mois de Mai dans leur ancienne école. Cela permettra aux enseignants de vérifier leur niveau et que nous puissions préparer tranquillement le passage de Lalie en 6ème (et d’Esteban en CM1).
Symboliquement, nous sommes partis de la cour de récréation de l’école le 28 avril 2018.
Nous avons proposé aux enseignantes d’effectuer des échanges au fil du périple et échangé deux fois, pour le moment, des questions/réponses avec une des classes de l’école.
Une enseignante en Géographie de l’un des collèges de Cahors a calqué une partie de ses cours sur notre itinéraire. Nous avons pu faire une séance en visio avec les élèves lorsque nous étions au Nicaragua et nous devrions en avoir une nouvelle dans les prochaines semaines.

Les enfants, vous allez bientôt rentrer et devoir affronter la curiosité et les questions de vos followers et autres admirateurs/trices. Êtes vous impatients d’aborder cette étape programmée ou souhaiteriez vous avoir un temps de repos en France avec vos proches avant d’affronter les supporters?
Nous n’avons pas l’impression d’avoir fait quelque chose d’exceptionnel pour avoir des supporters. On a juste eu la chance de faire un grand voyage. Nous commençons à être impatients de retrouver tous nos copains et copines ainsi que toutes les personnes que l’on aime.

Parmi tous les pays traversés vous avez toujours joué et partagé avec les autres enfants souvent avec un ballon au bout des pieds. Avec votre expérience, qu’est-ce qui, selon vous, rassemble les enfants aussi facilement ? Le jeu, le sport, les mots ou sourires, la curiosité….?
Nous pensons que c’est surtout la joie de se retrouver entre enfants. Les autres enfants sont souvent curieux lorsqu’ils nous voient arriver et soit ils viennent vers nous, soit nous allons vers eux. Nous avons pu offrir de nombreux petits vélos en fil chenille un peu partout.

Côté medias :
A propos de Céline et Jean-Pierre (ndlr : realisatrice et caméraman), ou plutôt de leur chauffeur. Celui-ci partage-t-il des moments avec vous, outre celui où il vous a servi d’interprète ? Est-il laotien ?
Le Chauffeur de Céline et Jean-Pierre était effectivement Laotien. Il habitait Paksé et travaille pour une compagnie de transport privé. Il a su se faire discret pendant tout le tournage (pas facile notamment avec un gros véhicule tel que celui qu’il avait car il faut le « planquer » à chaque fois que la caméra tourne afin qu’il n’apparaisse jamais sur les images…). Nous avons un peu échangé avec lui et il a pu nous servir d’interprète, notamment dans une école où il a fallu aller rencontrer le chef du village.

Quelle direction Céline et Jean Pierre prennent ils? Quel est leur futur projet ?
Céline et Jean-Pierre repartaient pour la France. Céline allait commencer à se mettre au montage (il y a trois familles dans ce reportage) et Jean-Pierre se posait quelques jours avant de repartir filmer un sujet en Papouasie !

Quand et où le reportage sera t’il diffusé ?
Il s’agit d’un reportage pour l’émission « Zone Interdite » sur M6. Il était prévu pour cet été mais il y a eu du changement ces jours ci. Il semblerait qu’il n’y aura finalement peut-être pas une mais deux émissions sur le thème du voyage en famille (fin du printemps ou été). Nous vous tiendrons informés lorsque nous en saurons plus. Trois familles ont été filmées : une en camping-car, une autre en sac à dos et enfin une à vélo. Nous avons accepté d’être filmés en espérant donner envie à d’autres familles de se lancer dans l’Aventure. On verra bien…

Comment trouvez-vous l’énergie (et le temps) d’écrire une page par jour ?
C’est encore un mystère… Christophe n’arrive pas à s’endormir le soir sans avoir tapé sur la tablette quelques anecdotes du jour. Valérie qui prend un grand nombre de photos chaque jour doit trier ces dernières pour en faire une sélection et en retravailler certaines, ce qui prend pas mal de temps. Nous avons été tellement surpris par le nombre de personnes connues et inconnues qui a commencé à nous suivre que leurs retours nous ont donné toute l’énergie nécessaire pour envoyer chaque jour un épisode de « vélo réalité », certainement moins visuel et accrocheur que la « télé-réalité » mais assurément plus « nature ».

Côté « réflexions » :
Malgré votre formidable envie de découverte, d’ouverture, de tolérance et d’apprendre de l’autre au travers de votre voyage vous avez quand même fait remonter plusieurs fois des incohérences du comportement humain face à la nature, à la consommation et autres sujets depuis le départ de votre voyage. Comment évolue cette soif de découverte par rapport à ce constat commun à tous les pays, même si dans vos derniers récits cela est moins vrai?
Ce voyage a souvent été l’occasion d’échanger avec les enfants sur ce que nous avons pu observer au quotidien. Deux grands constats qu’ils feront certainement remonter :

– la calamité que représente le plastique pour notre planète et l’urgence de trouver des substituts tout en accélérant la sensibilisation d’un nombre croissant de personnes (et notamment les enfants) à la gestion des déchets. Que ce soit en Amérique du Sud, en Amérique centrale ou en Asie, nous avons vu bien trop souvent des personnes jeter leurs sacs en plastique, leur canette ou d’autres détritus dans la nature, de manière tout à fait naturelle.

– il n’est pas nécessaire de disposer de nombreux biens pour être heureux. Grand nombre de populations que nous avons vu vivre dans des conditions qui pouvaient nous apparaître comme difficiles semblait bien plus heureux que des Européens au confort matériel qui ont oublié d’être heureux.
Quoi qu’il en soit, pour les enfants comme pour les adultes, ce voyage lent et au coeur des populations est l’occasion de s’interroger sur un grand nombre de sujets.
Quel est votre regard sur la capacité du monde à changer réellement pour réparer la terre ou apprendre à vivre tous ensemble avec les ressources restantes ?
Nous restons résolument optimistes même si, de loin, nous constatons que les sociétés dites « occidentales » semblent plus préoccupées de leur « confort personnel » que du sort de nos sociétés qui ne pourront résister à tous les défis actuels que par la solidarité et l’ouverture d’esprit. La grande majorité des habitants de notre planète ne dispose pas aujourd’hui d’un accès à l’eau potable alors que nous, en France, nous en avons même… dans nos toilettes. Forcément, les priorités ne sont ensuite pas partout les mêmes. Nous ne parlons même pas des couvertures sociales concernant la maladie, la perte d’emploi ou autres qui ne sont les attributs d’une extrême minorité de la population mondiale dont les français ont la chance de faire partie.
En ce qui concerne l’énergie nous avons pu voir, même dans des pays économiquement modestes, de très belles réalisations au niveau de l’éolien ou du solaire. Il semble que la révolution est en marche sur ce sujet même s’il va certainement falloir accélérer le mouvement.

Côté « et après… » :
Avez-vous des envies de « prolongation » de ce voyage pour qu’il dure encore plus longtemps ?? Ou au contraire, ressentez vous le besoin de vous « poser » pour reprendre un rythme « normal » de vie ??
Question complexe ! Ce voyage est un rêve éveillé. Chaque journée est remplie d’inconnues, de rencontres et d’aventures. Elle est palpitante et donne encore plus de sens à la vie. A deux, nous aurions été certainement tentés de rentrer en France à vélo depuis l’Asie. Mais la Famille, les Amis nous manquent aussi et pour les enfants il était bien d’avoir un point de départ et une date de retour. Nous repartirons peut-être un jour mais ce format d’une année nous semble parfait. Nous avons pu voir beaucoup de choses et rencontrer beaucoup de personnes sans être déconnectés trop longtemps de la vie en France.
C’est vrai que la vie de nomade n’est pas de tout repos mais nous savons tellement la chance que nous avons que nous comptons bien en profiter à fond jusqu’au bout.

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12 Mars : Siem Reap

Après les chaudes journées de vélo et la promenade très matinale d’hier vers les temples d’Angkor, nous sentons que nos organismes ont besoin de récupérer aujourd’hui. Pas de réveil, pas de sac à faire, pas de coup de pédale… juste du repos. Chacun se lève donc à son rythme, Lalie étant la plus gourmande en sommeil.

Nous nous retrouvons, au fur et à mesure des levers, dans la piscine avec Didier et Isa. Nous réfléchissons ensemble au programme de ces prochains jours, aux itinéraires envisageables et à ces dernières semaines qui risquent de bien vite passer en Asie du Sud-Est.

Didier et Christophe font le tour des agences de tourisme afin de voir comment rallier ensemble Battabang en transport collectif, ce qui permettrait de sortir de Siem Reap et de gagner du temps pour la dernière partie du voyage. Aucun bus ne semble pouvoir accepter nos vélos (contrairement au Laos, ils ne sont pas équipés de galeries sur le toit ici) et la seule alternative (qui nous convient bien pour son côté plus exotique) est le bateau. Enfin, le bateau + le mini-bus car nous sommes bien avancés dans la saison sèche et les bateaux ne peuvent plus aller jusqu’à Battabang mais s’arrêtent un peu avant… à deux heures de bus ! Merci à FloFlo et Benito nos Amis de l’Odyssée de l’Espoir pour le repérage bien utile qu’ils ont fait il y a deux mois !

En milieu d’après-midi, nous repartons vers Angkor, en tuk-tuk cette fois-ci afin d’admirer le coucher de soleil sur Angkor Vat. La magie des lieux, la lumière de fin de journée et l’absence de foule rendent ce moment inoubliable.

Nous tombons sous le charme de ces incroyables temples et des aménagements hydroliques. La civilisation Khmer y avait établi sa capitale du IX au XVieme siècle qui a compté jusqu’à un million d’habitants. Comme au Machu Pichu, comme à Tikal, la civilisation s’est effondrée brutalement et encore ici les explications semblent aller dans le sens d’une mauvaise gestion de l’eau et de guerres de clans.

Nous revenons dans le centre de Siem Reap à la nuit tombée, dinons, profitons d’un bain nocturne avant d’aller nous coucher. Nous avons programmé un nouveau lever à 4h00 demain matin pour nous rendre, à nouveau, à vélo, admirer le lever de soleil sur Angkor Vat.

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11 Mars : Siem Reap – Angkor – Siem Reap : 43 km (9 797 km)

Un « jour de pause » avec un lever à 4h15, ça démarre fort !

Nous voulons être de très bonne heure sur le site des temples d’Angkor afin de profiter de la fraicheur… et du lever de soleil. Avant cela, il nous faut aller acheter les billets d’entrée. Enfin, avant de les acheter, il faut déjà trouver l’unique point de vente… qui n’est pas situé sur la route d’Angkor. Un jeu de piste très matinal pour lequel nous pouvons compter sur le soutien répété et très souriant des chauffeurs de tuk-tuk.

Entre cette quête pour obtenir les précieux sésames et la longue Avenue « Charles de Gaulle » (et oui !) qui permet d’accéder au premier temple, nous aurons déjà roulé 14 km !

Le jour est levé mais pas encore le soleil et c’est avec la vue sur Angkor Wat, le temple figurant sur le drapeau Cambodgien, que nous verrons l’astre solaire s’élever peu à peu dans le ciel. Nous sortons le petit-déjeuner des sacoches et nous installons devant ce cadre merveilleux. Moment de partage magique !

Nous reprenons nos montures et partons à la découverte d’autres temples plus petits mais qui nous laissent tous admiratifs devant la beauté de l’architecture, des gravures et de la gestion de l’espace. Toutes les pierres sont taillées et laissent apparaître de véritables oeuvres d’art.

Nous pensions qu’il nous faudrait orchestrer avec la foule mais celle-ci, repartie sur l’ensemble du site de plusieurs dizaines de kilomètres carré et certainement concentrée sur les sites les plus connus, paraît tout à fait gérable.

Nous admirons ainsi plusieurs temples dont celui qui a servi de décor au film Tomb Raider avec la présence d’immenses racines de fromagers, des arbres immenses qui se sont lovés le long des constructions pour un résultat alliant le minéral et le végétal de toute beauté.

Mais notre coup de coeur du jour sera le temple Bayon, bien connu pour les centaines de statues de Bouddha réparties vers les quatre points cardinaux. Une oeuvre d’art majestueuse qui ne peut pas laisser insensible. Nous prenons le temps de l’arpenter de bas en haut malgré une chaleur désormais très élevée.

Il est 11h30 et nous décidons de prendre le chemin du retour. Nous avons pris un pass pour plusieurs jours et nous aurons donc l’occasion de poursuivre la découverte des lieux dans les prochains jours.

Nous redescendons la fameuse Avenue « Charles de Gaulle » et revenons dans le centre de Siem Reap après, tout de même, 43 km au compteur. Chapeau à Didier et Isa, convertis au vélo dans des conditions peu adaptées à la pratique cycliste et qui ont pédalé tous ces kilomètres avec un grand sourire.

Un temps de repos et d’immersion dans la piscine nous permettra de récupérer assez d’énergie pour arpenter les rues touristiques du centre ville. L’occasion de gouter du serpent ou, pour les enfants, d’offrir les peaux mortes de leurs pieds à des dizaines de petits poissons chatouilleurs.

Nous prévoyons une journée plus tranquille demain avant de repartir admirer le lever de soleil sur Angkor après-demain.

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Série audiophonique : 6ème épisode

Et oui, déjà 6 épisodes réalisés par Christophe DELRIVE et sa baguette magique.

Grâce à lui, vous pourrez notamment entendre Esteban et Lalie vous donner leurs impressions sur le Laos et Valérie vous donner plus de précisions sur le voyage.

N’hésitez donc pas à écouter et partager :

http://voice4ever.eu/fr/podcast/

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10 Mars : Siem Reap : 14 km (9 754 km)

La nuit a été bonne et bien plus longue que ces derniers temps. Après avoir partagé le petit-déjeuner, nous reprenons nos vélos afin d’essayer de trouver un hôtel un peu moins excentré et y accueillir ainsi Didier et Isa qui partent, ce matin, en bus, de Phnom Penh en direction de Siem Reap.

Parmi les autres critères, en dehors de l’emplacement géographique, figurent, le prix bien entendu, mais également, si possible, une piscine afin de répondre à l’envie répétée des enfants et une cuisine pour satisfaire les parents qui veulent cuisiner des plats maison tout en mangeant à leur faim.

Autant dire qu’entre ces critères difficilement juxtaposables et notre naïveté liée à l’oubli du fonctionnement de ces grandes zones touristiques, le challenge était aussi complexe que de trouver du fromage dans un bol de riz.

Nous arpentons les rues du centre, nous aidant des sites internet de réservation en ligne et des applications GPS mais,  soit la piscine relève de la mare à l’eau croupier, soit l’air des chambres est difficilement respirable (à part si on adore le parfum « moisissures »), soit, le plus souvent, les prix ne sont pas adaptés à notre budget. Quant à la cuisine, nous laissons rapidement tomber, comprenant enfin que les touristes visitant la région n’ont guère envie de se faire à manger et que, sans demande, il n’y a forcément pas d’offre.

Nous virons dans tous les sens, arpentons les plus petites ruelles pour essayer de trouver un lieu intéressant et, à 13h30, alors que les enfants commencent à réclamer avec une insistance non dissimulée que nous mettions fin à cette chasse hôtelière, nous trouvons enfin un lieu sympathique où, le gérant voyant certainement notre état avancé de désolation, conscent à nous proposer une belle ristourne.

Ouf ! Il était temps, Didier et Isa arrivent dans moins d’une heure trente. Le temps de déjeuner, de faire quelques courses pour les petits-déjeuners matinaux qui nous attendent ces prochains jours et l’apéritif de retrouvailles de ce soir et voilà nos voyageurs Figeacois qui arrivent !

Déjà deux mois depuis les premières retrouvailles à Chiang Maï. Depuis, nous avons vécu un grand nombre d’aventures chacun de notre côté . Nous passerons une bonne partie de la fin d’après-midi immergés dans la piscine à nous en partager quelques-unes.

Nous poursuivons avec l’apéritif, avant de partir découvrir ensemble les marchés de nuit et les rues touristiques.

Nous affinons notre programme commun des prochains jours et convenons de partir dès demain matin, bien avant l’aube, à la découverte des temples d’Angkor… à vélo !

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9 Mars : Svay Leu – Siem Reap : 71 km (9 740 km)

Lorsque la montre sonne l’heure du lever, à 5h30, nous rêvons tous d’une grasse matinée. Surtout qu’à cette heure matinale, bercés par un petit air, enfin… un peu frais, nous goutons au plaisir du sommeil avec délectation.

Mais nous savons que si nous tardons trop, le pédalage se transformera peu à peu de plaisir en galère, une fois que la chaleur nous administrera son puissant sédatif source de déshydratation.

Alors, nous pensons à Siem Reap, aux quelques jours de repos que nous allons nous accorder, aux retrouvailles avec Didier et Isa, aux repas gourmands qui se profilent et, bien entendu, à la vision des temples d’Angkor.

L’application GPS propose de petits chemins qui permettent de couper, pratiquement à travers champs, et de faire ainsi quasiment l’économie d’une trentaine de kilomètres. Nous nous lançons à l’aventure dans ces chemins qui se transforment vite en piste de VTT, parfait pour des riders mais un peu plus acrobatiques avec une carriole. Cette « single track » est en fait le lit d’une petite rivière qui doit largement déborder à l’époque de la mousson comme en témoignent les rares habitations que nous apercevons construites sur des pilotis de haute taille.

Malgré la difficulté à évoluer avec notre matériel, nous nous régalons une nouvelle fois. L’ocre de la piste laisse progressivement la place à un lit de sable blanc qui s’épaissit par endroit, ce qui donne droit à quelques figures de style plus ou moins maîtrisées.

Ces paysages vierges sont également de superbes terrains de jeu afin d’essayer de parfaire notre apprentissage des prises de vue aériennes.

Au bout d’une quarantaine de kilomètres nous retrouvons la route et au bout de 50 kilomètres, un distributeur de billets. Avec moins de deux Dollars en poche, il était temps !

Nous passons devons un supermarché, rentrons nous y refroidir et, assommés devant tant de profusion de produits et des prix qui nous paraissent bien élevés, nous ressortons sans avoir acheté grand chose.

Allez, plus que 15 km et nous serons à Siem Reap… Les enfants nous rendent une nouvelle fois admiratifs devant la résistance et le courage dont ils font preuve. Ils ont hâte, comme nous, que nous puissions nous poser mais font face, avec un sourire préservé, à la chaleur et à la fatigue.

Il est 13h30, nous nous arrêtons enfin déjeuner avant de repartir sur cette longue avenue qui mène à Siem Reap. Nous trouvons un hôtel, quelque peu excentré du centre ville mais avec des chambres spacieuses, un prix raisonnable et surtout, récompense tant appréciée par les enfants : une piscine.

Il est 15h30, une longue journée de vélo est désormais derrière nous. Nous posons nos sacs dans la chambre et partons immédiatement nous rafraîchir dans une eau devant avoisiner les 25 °.

Nous ressortons en soirée (et en tuk-tuk !) pour rejoindre le centre ville. Quel décalage avec ce que nous avons vécu ces derniers jours ! Des restaurants à profusion, une foule des plus denses et des bibelots pour les touristes tous les 10 mètres. Nous avons du mal à absorber le choc mais retrouver une bonne pizza après plus d’une semaine de riz n’est pas déplaisant. Les filles en profitent pour se faire tatouer (au henné, on vous rassure !) et après une bonne glace nous rentrons retrouver notre chambre qui sent bon la grasse mat’.

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8 Mars : Phum Koh Ker – Svay Leu : 49 km (9 669 km)

En faisant le point sur le contenu de notre portefeuille ce matin, nous ne pouvons que constater qu’entre les quelques Dollars qu’il nous reste et les Riels, nombreux en montant mais très limités en valeur (4 000 Riels = 1 Dollar), il va falloir surveiller encore plus nos dépenses jusqu’au prochain distributeur de billets situé… à 88 km !

Nous devrions y être, au plus tard demain et, sans excès, nous devrions tenir jusque là. A nous d’être plus vigilants à l’éloignement des points de retrait la prochaine fois.

C’est une route de cultures que nous emprentons aujourd’hui : des manguiers, des bananiers et d’immenses plantations… de noix de cajou. L’occasion de s’arrêter quelques instants pour contempler ce fruit si curieux tant apprécié à l’apéritif. C’est beau, c’est bon et maintenant que nous l’avons vu pousser nous aurons forcément une pensée pour ces plantations.

Vers 10h30 nous arrivons à Svay Leu, un village bien animé. Nous nous arrêtons pour boire un peu d’eau fraîche et grignoter les quelques fruits secs que nous avons encore en réserve. Ces derniers sont bienvenus car, ces derniers jours, notre dépense énergétique est très certainement supérieure à ce que nous consommons. Il nous faut donc gérer les pauses afin d’éviter les coups de fringales peu compatibles avec l’effort physique à vélo, en pleine chaleur de surcroît.

Une guesthouse est indiquée un peu plus loin sur notre carte numérique. Nous refaisons le compte de nos maigres économies et avons la bonne surprise que le prix d’une grande chambre avec 5 lits (c’est rare !) soit des plus accessibles. Il serait déraisonnable, voire dangereux de tenter de faire encore 40 km alors que le thermomètre dépasse déjà les 40°. Ce sera riz blanc à midi et riz blanc le soir mais au moins nous sommes à l’ombre et bénéficions de l’air des ventilateurs.

En ce 8 Mars, nous avons une pensée pour toutes ces femmes qui font vivre un grand nombre de pays. En effet, si tout n’est pas encore parfait en Europe, dans nombre de pays que nous traversons il reste tout à faire ou presque. Il est courant de voir les femmes travailler, parfois dans des métiers extrêmement pénibles, pendant que les hommes sont attablés autour d’une bière ou allongés dans des hamacs. Et que dire des publicités où la femme est systématiquement présentée comme un objet accompagnant l’homme. Comme le disait Monsieur Hook rencontré au Laos avec lucidité sur ce qui se passait autour de lui : Man = Lucky ; Woman = Unlucky… Il reste du boulot dans le Monde pour l’amélioration du statut de la femme…

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7 Mars : Srok Kulaen – Phum Koh Ker : 23 km (9 620 km)

Une petite étape au programme ce matin. Nous partons donc un peu plus tard que ces derniers jours et, au bout d’1h45 d’un profil assez ascendant, arrivons dans une petite ville qui contient un temple khmer datant de la même époque que ceux d’Angkor en moins imposant et donc bien moins touristique.

Le couple de Hollandais, rencontré il y a deux jours, nous avait recommandé une guesthouse au prix très raisonnable. Nous nous y installons donc et profitons de la fin de la matinée pour initier Lalie et Esteban à l’une des variantes de la Belote : la contrée (ou coinche…).

Réponses aux mails, exercices scolaires et étude de l’itinéraire à venir occuperont notre début d’après-midi. Vers 15h30, nous nous mettons en route pour aller voir le temple de Koh Ker. Il est situé à 12 km et nous sortons donc nos pouces afin de nous en rapprocher. C’est ainsi que nous ferons rapidement notre premier voyage en charette tractée par un moteur déporté. Évasion !

Un autre conducteur nous mènera jusqu’à l’entrée, toujours avec un grand sourire.

Il est 16h00 et la personne qui s’occupe de la gestion des tickets nous indique que nous devrons payer 10 Dollars par adulte pour visiter le site… qui ferme dans une heure. 10 Dollars constituent actuellement plus que notre dépense quotidienne pour 5. Alors que nous réfléchissons sur l’intérêt de payer cet extra, la personne revient vers nous en nous indiquant discrètement « laissez tomber les tickets d’entrée, vous me donnez 10 Dollars pour moi et vous pouvez rentrer ». La corruption est à tous les étages…

Nos poils se hėrissent et nous tournons immédiatement les talons, refusant d’échanger à nouveau avec ce personnage à la probité très contestable.

Nous nous contenterons donc d’observer les vestiges de loin…

Un conducteur nous ramènera jusqu’à la petite ville. Élément important : aucun des trois chauffeurs qui nous aura aidé aujourd’hui n’aura accepté le billet que nous leur avons tendu pour les remercier. Tous ont décliné en nous indiquant le plaisir qu’ils ont eu de nous aider. La majorité généreuse est donc là, loin de ces individus qui profitent d’un système qui les rattrapera un jour ou l’autre.

Nous discutons longuement avec les enfants de ces expériences auxquelles ils ont assisté. De belles leçons de vie qui invitent à croire à la bonté de l’Homme tout en étant vigilant aux rares personnes qui font passer leurs intérêts personnels avant toute chose.

La soirée se termine par un petit enregistrement audio avec notre magicien franco-danois que vous pourrez bientôt découvrir dans le cadre de cette saga radiophonique.

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6 Mars : Preah Vihear – Srok Kulaen: 38 km (9 597 km)

Seul le jeune Joseph (10 ans) est scolarisé. Ses deux frères aînés, David et Isaac, ont choisi l’instruction à domicile. Loin des tumultes de Séoul, cette jolie famille chrétienne pratiquante semble se plaire dans l’ambiance calme de cette petite ville du Cambodge. Nous partageons un petit-déjeuner bien complet (avec notamment du riz aux algues, décidemment nous aurons goûté à nombre de mets dès le lever…) et échangeons encore un peu avec cette famille qui nous a si chaleureusement accueillis.

Du fait de la chaleur, les cours ont lieu de 7h00 à 11h00 et nous partons donc en même temps que Joseph qui nous accompagne pendant quelques centaines de mètres avec son grand et beau sourire.

Nous retrouvons rapidement la campagne… et le vent de face !

Lors d’une pause, nous rencontrons un couple de jeunes retraités néerlandais partis pour un périple de 3 mois en Asie du Sud-Est. Ils sont partis hier d’Angkor… que nous devrions mettre 4 jours à rallier !

Les kilomètres semblent s’étirer et nos organismes réclament  les uns après les autres, une petite pause après ces dernières journées où ils ont été éprouvés par la chaleur.

Nous décidons de raccourcir un peu l’étape que nous avions envisagée. Nous finirons demain…

En attendant, nous trouvons refuge dans une guesthouse bien rudimentaire mais qui nous offre un peu de repos tout en bénéficiant d’un peu de fraicheur grâce à de petits ventilateurs qui brassent l’air chaud et le rendent bien plus supportable.

Esteban et Lalie retrouveront une belle énergie pour travailler calcul et orthographe pendant que Naïa et Valérie emmagasineront quelques heures de sommeil bienvenues.

Une partie de belote réunira toute la tribu avant d’aller dîner et de se préparer à une longue nuit.

Demain, nous poursuivrons notre route vers Siem Reap, désormais à moins de 150 km, où nous nous rejouissons de retrouver nos Amis Didier et Isa qui nous avaient accueillis à  Chiang Maï et qui, depuis, ont bourlingué dans bien des coins du Laos et du Vietnam.

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5 Mars : Mlu Prey – Preah Vihear : 45 km (9 559 km)

La nuit sous les ventilateurs de la salle de classe a été des plus agréables. Nous nous levons avant le soleil afin d’être prêts à partir lors de l’arrivée des premiers élèves.

En rangeant nos affaires nous tombons sur… un petit scorpion qui court partout ! Mieux valait le voir ce matin celui-là, plutôt que la veille, sous peine de ne pas passer une aussi bonne nuit que celle que nous avons passée.

Naïa et Esteban se font une dernière partie de foot chaussés comme les locaux (donc pieds nus), puis nous assistons au lever des couleurs et au chant de l’hymne national. Nous saluons tous ces sympathiques adolescents et nous nourrissons de leurs si beaux sourires pour emmagasiner l’énergie nécessaire pour cette étape.

Sur la route nous croisons (souvent !), nous nous faisons doubler (parfois !) ou doublons (très rarement !) de drôles d’engins composés d’un moteur (type tracteur tondeuse) reliés à deux immenses barres servant de guidon et tractant une charette plus ou moins grande. C’est le taxi local, le moyen de transporter beaucoup de matériel ou, tout simplement, de se rendre dans les champs.

Nous arrivons dans les faubourgs de Preah Vihear et cherchons une connexion internet dont nous avons été sevrés depuis 3 jours. La famille Yoon, rencontrée à Strung Treng nous a envoyé un message pour nous proposer de nous arrêter chez elle lors de notre route vers Siem Reap. Nous leur répondons que nous ne sommes pas loin et, 10 minutes plus tard, nous voici accueillis dans cette chaleureuse famille. Les enfants reprennent leurs rôles de traducteurs et tout le monde se met en quatre afin que nous soyons le mieux possible.

Lilly prépare de délicieuses « fried noodles » que nous dégustons avec des baguettes. Un premier repas qui nous permet de faire plus ample connaissance avec cette famille d’origine Coréenne qui vit au Cambodge depuis déjà 6 ans.

En fin d’après-midi nous partons… faire du sport ! Tous les jours, Yoon et ses enfants vont  faire une ou deux heures de Basket sur le terrain d’une école située de l’autre côté de la ville. Les garçons pourront donc essayer l’avant du Pino avant que nous nous retrouvions pour un petit match international.

Ce soir, après un délicieux repas, nous regardons tous ensemble, en famille, un film sur écran géant. Une superbe réalisation espagnole (sous-titrée en coréen !) intitulée « Campeones » qui retrace la formidable épopée d’une équipe de basket en sport adapté. Nous savourons forcément cette histoire avec émotion…

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4 Mars : Sralau – Mlu Prey : 41 km (9 515 km)

Les coqs du temple annoncent le lever du jour… bien avant le lever du jour ! Et comme ils se promènent sous le plancher sur lequel nous avons déposé nos tentes, la caisse de résonance est aussi matinale que puissante.

Nous attendons 5h30 pour ouvrir la moustiquaire et commençons à ranger notre campement. Akmaral est dans le même tempo et souhaite également profiter des meilleures heures de la journée pour rouler. Nous partageons donc le petit-déjeuner ,  ponctué d’anecdotes et de souvenirs de rencontres avant d’aller remercier les Moines et de partir chacun d’un côté de la route après de chaleureuses embrassades.

Akmaral nous avait prévenu, l’itinéraire que nous emprutons n’est ni « top » ni « bof » et, effectivement les paysages, brûlés par le soleil ou carbonisés par de nombreux écobuages non maîtrisés, n’ont rien de palpitant. Quelques maisons accompagnées de « hello » criés par des enfants viennent égayer une route qui semble s’étirer.

La fatigue est aussi là depuis quelques jours. Dès que les grosses chaleurs reviennent, parfois avant 11h00 du matin, nous sentons que notre niveau d’énergie chute vertigineusement et n’avons qu’une envie, nous arrêter à l’ombre et nous allonger.

Nous essayons d’anticiper « le coup de barre » du jour et, dès le 40ème kilomètre franchi, repérons un ensemble scolaire qui semble nous appeler. Les élèves du collège sont en train de partir mais nous croisons un enseignant qui nous propose de nous mettre dans une classe en attendant le retour des élèves, dans 3 heures.

Nous déjeunons (un maximum de fruits vitaminés !) puis profitons de ce cadre parfait pour faire une nouvelle séance d’exercices scolaires.

Les élèves reviennent. Nous faisons leur connaissance. Aucun d’eux ne parle vraiment anglais mais nous essayons d’échanger. La première difficulté que nous rencontrons est de leur faire comprendre que nous sommes français. Heureusement, nous avons toujours avec nous un petit globe gonflable. Un bel assistant en géographie.

Malgré cela, la France ne leur parle pas trop. L’un d’eux verra écrit « Liverpool », c’est le déclic général : « Manchester United », « Chelsea », « Arsenal » et nous tentons de nous rapprocher avec un timide « Paris Saint-Germain »…

Nous les laissons rentrer en classe et les retrouvons peu de temps après pour… de nouvelles parties de foot. Même Naïa veut être sur le terrain !

Le collège se vide peu à peu et les enseignants nous proposent de nous installer dans une salle de classe que les élèves viennent juste de balayer à notre attention.

Nous allons chercher de quoi compléter notre repas du soir mais il est difficile de trouver quelque chose qui n’a pas été exposé en plein soleil toute la journée. Depuis l’entrée au Cambodge, sur notre itinéraire, pas de frigidaire, uniquement de grosses glaciaires remplies aléatoirement de quelques blocs de glace.

Les concombres ou les pastèques sont tout de même appréciés mais le seraient encore bien plus en ayant bénéficié d’un peu plus de fraîcheur. Ah, le luxe du frigidaire, ça aussi les enfants commencent à mesurer la chance que nous avons en France.

Après avoir partagé le dîner dans notre salle de classe, nous ne tardons pas à nous coucher. Demain, le départ se fera, une nouvelle fois, aux aurores.

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Un guide pour les cyclovoyageurs

Voici un superbe outil pour tous ceux qui veulent se lancer dans le voyage à vélo.

Lucho et José Carlos, un couple argentino-brésilien, viennent de réaliser cet ouvrage numérique qu’ils mettent gratuitement à la disposition de tous les cyclovoyageurs ou futurs cyclovoyageurs.

Il est, pour l’instant disponible uniquement en Espagnol mais il n’est pas impossible qu’une version en Français soit proposée dans les prochains mois. Voilà un objectif auquel nous souhaiterions collaborer tellement nous apprécions l’initiative et surtout l’esprit collaboratif et solidaire.

Vous pouvez donc le télécharger à cette adresse :

https://pedalamundos.com/index.php/guia-de-cicloturismo-para-principiantes/?fbclid=IwAR0nKTKMjNhc8FgQqSZ0RMhbwHmcugVlxWkg6oSFhYvsprnXxA2evc-2JLg

Nous sommes fiers d’y avoir très modestement contribué (cf p. 71 et 72). Vous y retrouverez également d’autres témoignages de cyclovoyageurs rencontrés en chemin et notamment celui de Sebas dont nous avions fait la connaissance en Argentine (rappelez-vous, c’est lui qui a adopté un chien : « Ngu », en chemin et qui a complètement modifié son vélo pour voyager avec ce dernier).

Nous sommes déjà en train d’apporter des modifications et des compléments à cette première édition et n’hésitez pas, vous aussi, à remercier Lucho et José Carlos ainsi qu’à leur apporter d’autres éléments si vous le souhaitez.

Enfin, n’hésitez pas à partager cette belle initiative ainsi que le lien pour télécharger gratuitement ce guide.

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3 Mars : Stung Treng – Sralau : 67 km (9 474 km)

Plus nous descendons vers le Sud et plus la température a du mal a redescendre la nuit. Et comme nous refusons de participer à la climatisation du Monde, surtout lorsque celle-ci est réservée aux touristes alors que la population locale en est exclue, et bien… nous avons chaud même la nuit !

Impossible de retirer de l’argent en monnaie locale (le Riel Cambodgien) dans les distributeurs de billets de la ville. La seule monnaie que nous sommes contraints de retirer avec nos cartes est… le Dollar ! Tous les commerçants acceptent les Dollars mais cela nous fait bien… suer de payer avec la monnaie de l’Oncle Sam, surtout à une époque ou il se prénomme Donald…

Nous partons à la « fraîche » (enfin, très relative « fraîcheur ») et commencons par une dernière traversée du Mekong via un pont de plus d’un kilomètre de long. L’ occasion de s’arrêter afin de profiter, une dernière fois, de la vue sur ce fleuve mythique. Grand-Papa, nous pensons à toi…

Nous poursuivons sur un revêtement de bonne qualité et arrivons à bien avancer avant que la chaleur ne nous assomme à nouveau. Nous nous arrêtons alors régulièrement dans de petites échoppes pour nous rafraîchir. Les discussions avec les personnes présentes sont difficiles car rares sont les personnes qui parlent quelques mots d’anglais. Le plus souvent ils appelent leurs enfants pour jouer aux traducteurs. Mais même si nous échangeons peu de paroles, leurs attentions et leur bienveillance à notre égard ne portent pas à confusion. Les sourires sont de mises et accompagnent l’étonnement que des étrangers s’arrêtent chez eux alors que les mini-bus remplis de touristes passent à toute vitesse sans jamais s’arrêter.

Il est déjà 12h00, nous nous arrêtons pour déjeuner. Du riz, quelques légumes épicés… et toujours les mêmes sourires. Nous faisons des provisions car nous souhaitons nous arrêter dès que possible et nous savons que la prochaine ville est située à plus de 50 km. Nous traversons un petit village et apercevons, un peu à l’écart, un temple accessible par une impressionnante allée bordée de poteaux dorés.

Le temple est désert. Seuls des chauffeurs de mobylettes transportant d’impressionnantes quantités de matelas ont installé leurs hamacs sous le batiment principal.

Nous apercevons enfin quelques jeunes Moines. La discussion est, là aussi, complexe mais grâce aux photos nous arrivons à leur expliquer que nous souhaiterions installer nos tentes dans l’enceinte du temple. Il nous font signe de nous intaller mais sans la présence d’adultes nous convenons de ne pas monter notre campement tout de suite.

A l’invitation des Moinillons, nous nous installons dans la pièce principale où nous pouvons jouir d’une ombre bien appréciable. Nous profitons de ce temps pour faire quelques exercices scolaires puis regarder tous ensemble un film sur la tablette (c’est dimanche !).

Vers 16h30, toujours pas de Moines. La température extérieure a baissé quelque peu et nous décidons de repartir jusqu’au prochain village.

Au bout de quelques kilomètres nous croisons une cyclovoyageuse. Elle s’appelle Akmaral et vient… du Kazakhstan ! Nous discutons un bon moment avant qu’elle ne nous demande si cela nous dérangerait si elle repartait en sens inverse pour camper avec nous. Au contraire !

Nous repartons donc tous ensemble et cinq kilomètres plus loin trouvons un nouveau temple où, là, les Moines sont bien présents. Il nous proposent rapidement de nous installer au niveau de la salle de prière et nous montrent (luxe incroyablement apprécié après cette chaude journée) une petite case où nous pouvons prendre une délicieuse douche au seau.

Nous dînons ensemble dans l’unique restaurant du village. Musique à fond et femmes comme hommes bien amochés par un excès de bière nous accueillent. Seul l’un des fils de la famille semble être à jeun. Nous tentons de lui expliquer que nous souhaiterions manger. Nous sortons notre habituelle photo de riz mais il revient quelques secondes plus tard avec un serpent (vivant !) puis, face à notre désarroi, avec une poule (elle aussi bien vivante !!!) nous faisant signe à chaque fois qu’il peut leur trancher la tête. Nous revenons à la charge en demandant juste du riz et quelques légumes (une poussée de végétarisme nous vient subitement…).

Il nous indique qu’il a compris et nous le voyons disparaître dans la cuisine. Nous verrons bien…

En attendant nous sommes invités à chanter du Karaoké (autant avouer que déjà en français c’est pas terrible alors… en khmers !) et à danser. Lorsque les pas sont trop proches de ceux de la lambada nous regagnons notre table et repartons dans nos discussions avec cette courageuse Akmaral qui a traversé toute l’Asie centrale pour se rendre en Géorgie avant de prendre un vol pour la Malaisie et remonter à vélo la Thaïlande puis le Cambodge.

Finalement, nous ne savons pas trop ce que nous avons mangé. Nous verrons bien l’état de nos estomacs demain…

Cette fin d’après-midi, nous aura réservé bien des surprises !

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2 Mars : une vingtaine de km après la frontière Cambodgienne – Stung Treng : 53 km (9 417 km)

6h30 : nous nous laissons surprendre par les premiers écoliers qui arrivent ! Les tentes ne sont pas encore rangées et les affaires sont dispersées. Branle-bas de combat, nous accelérons le rangement de notre campement en apprenons donc, en ce samedi, que les enfants, ici, vont à l’école 6 jours sur 7. Les petits le matin et les plus grands l’après-midi.

Nous saluons ces jeunes enfants et leurs professeurs et quittons cette école sur pilotis, insolite et joyeuse.

La route n’en a que le nom. C’est, en fait, une vaste piste composée majoritairement de terre dure qui prend la forme de tole ondulée. Le seul moyen d’échapper aux tremblements consiste à essayer de rouler au maximum sur les extérieurs mais ce sont alors les roues de la carriole qui débordent et qui ont tendance à s’ensabler. Si l’on rajoute à cela un bon vent de face et de longues lignes droites, tout est fait pour que notre vitesse chute et, sous les 8 km/h, les kilomètres deviennent vite interminables. De quoi commencer à affecter le moral du peloton qui a l’impression de faire du sur-place alors que la chaleur revient progressivement.

C’est une nouvelle rencontre qui nous permettra de retrouver un second souffle. D’abord parce que Yannick et Anne, deux cyclovoyageurs Belges, sont souriants et avenants, ensuite parce qu’ils nous annoncent que l’état de la route s’améliore dans notre direction. Yannick est à la retraite depuis un mois et, pour passer ce cap parfois délicat, ils ont décidé, avec son épouse, de partir faire une grande randonnée de 3 mois à vélo en Asie du Sud-Est. Après le Cambodge, ils remontent donc vers le Laos avant de bifurquer vers le Vietnam. Nous leur offrons les quelques Kips que nous avions encore au cas où , ainsi qu’une carte routière du Laos, offerte à Vientiane par Annie et Jean-Pierre.

Nous échangeons un bon moment puis leur laissons le vent favorable et partons enfin glisser sur l’asphalte…

Effectivement, la route s’améliore. Nous essayons de ne pas perdre trop de temps afin de ne pas subir un coup de chaud comme hier. Nous traversons un large pont sur le Sekong, un affluent du Mekong, et arrivons dans les faubourgs de Stung Treng. Nous prenons la direction du centre lorsque le chauffeur d’un 4×4 nous fait signe de nous arrêter. Il s’appelle Yoon et souhaite nous inviter à manger… les meilleurs hamburgers de la ville ! Autant dire qu’Esteban n’en croit toujours pas ses oreilles !

Nous le suivons et, quelques minutes plus tard, nous retrouvons à l’une des tables d’un restaurant spécialisé dans les hamburgers « haut de gamme ». Nous faisons la connaissance de la famille de Yoon déjà attablée. C’est justement en commençant à déguster ces délicieux hamburgers qu’ils ont repensé à cette famille voyageant à vélo avec des enfants qu’ils ont aperçue deux fois ce matin pour se rendre à la frontière du Laos et revenir. Le père a alors décidé de se mettre en quête de la VeLove Family pour l’inviter à se restaurer ! Il nous a retrouvé et nous voici donc avec Yoon, sa femme Lilly et leurs 3 enfants David, Isaac et Joseph. Ils commandent pour nous des portions énormes que nous n’avons plus l’habitude de manger et nous échangeons grâce à David, qui fait office de traducteur, ses parents maitrisant peu l’anglais. Ils vivent à Preah Vilhear, une ville située à mi-distance entre Stung Treng et Siem Reap et, de nationalité Coréenne, repassent plusieurs fois par an la frontière avec le Laos afin de faire prolonger leurs visas.

Ils doivent repartir rapidement mais nous laissent leur adresse afin que nous passions chez eux dans quelques jours.

La magie des rencontres nous nourrit donc, tant mentalement que physiquement !

Grâce à l’application Ioverlander nous trouvons une petite Guesthouse un peu excentrée de la ville qui nous propose une chambre pour 5… à 5 Dollars avec café, thé et bananes à volonté…

Un endroit parfait pour se poser après ces deux chaudes journées de vélo et faire un brin de lessive et quelques exercices scolaires.

Nous essayons de nous coucher de bonne heure afin de repartir dès le lever du jour demain matin. Nous partons sur la route de Siem Reap et des temples d’Angkor qui ne sont plus qu’à 350 km.

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Le Laos : un concentré d’aventures !

Nous avons passé presque un mois au Laos et eu la chance d’explorer de multiples facettes de cet incroyable pays.

Nous n’aurions pas pu démarrer la découverte du Laos d’une meilleure façon : Annie et Jean-Pierre, qui pourtant ne nous connaissaient pas, nous ont accueillis chez eux,  comme leur propre famille et nous en ont appris beaucoup sur ce pays qui leur est cher, ses habitants, leurs coutumes et leur langue.

Les Laotiens sont très accueillants et bienveillants. Nous avons reçu chaque jour des centaines de « Sabaïdee » accompagnés de larges sourires. Les quelques mots que nous avons réussi à apprendre nous ont permis de nous sentir plus proches d’eux et de partager quelques moments de complicité.

Nous n’avons jamais eu de soucis pour trouver des lieux de bivouacs. Les temples constituent ici , comme en Thaïlande , un refuge idéal pour les cyclistes de passage. Il y en a dans tous les petits villages, et on y trouve souvent des prises électriques pour recharger notre matériel électronique ainsi qu’un point d’eau.

Il s’agit souvent d’un petit bassin entouré de quelques planches. Un petit récipient en plastique nous permet de puiser l’eau du bassin et nous la verser sur la tête et le corps. Cela fait maintenant plusieurs mois que nous utilisons quasi quotidiennement ces douches très basiques… Nous continuons à les trouver amusantes, et à les apprécier à leur juste valeur ! Quand la poussière ocre a envahi notre corps et que le soleil a cogné dur toute la journée, quel plaisir intense de se laver les mains, le visage, et de s’arroser tout entier !

Car nous aurons parcouru quelques km de pistes ici ! Elles ont des couleurs superbes et surtout nous permettent de traverser des petits villages comme nous les aimons : pleins de vie, d’enfants, de travail dans les champs, d’échoppes colorées, d’activités locale : paniers en osier, réparation de filets de pêche…

Nous pensions longer sagement le Mekong mais nous avons finalement effectué deux petites boucles dans les collines environnantes qui nous ont permis de découvrir des paysages superbes et très variés ! Cela nous aura en outre permis de voir des éléphants, de partager une soirée hors du temps, chez l’habitant, et de grignoter quelques grillons ramassés à la lampe torche.

Ce mois passé au Laos aura aussi été marqué par les courtes mais chaleureuses retrouvailles avec tonton Yves et tata Jeanine, et par les 200 km partagés à vélo avec les courageux et enthousiastes cousins Bastien et Timéo et la joyeuse et attentionnée soeurette Nath. De superbes moments de partage à l’autre bout du monde !

Il y a enfin eu la visite des journalistes, avec lesquels nous avons partagé 4 intenses journées pour essayer de leur faire vivre en condensé le quotidien de nos aventures.

En arrivant aux 4000 îles, au Sud du Laos, nous étions rincés, mais remplis de merveilleux souvenirs et d’expériences incroyables. Nous avons savouré à fond l’ambiance relax de ces superbes îlots durant 2 jours avant de partir à la découverte d’un dernier pays inconnu : Le Cambodge !

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1er Mars : Don Det – une vingtaine de km après la frontière Cambodgienne : 41 km (9 364 km)

Le choix de partir a été difficile ce matin. Mais si nous voulons profiter de ce dernier mois de vélo en Asie, rejoindre Siem Reap puis Bangkok, il nous faut reprendre la route. Ou plutôt commencer par reprendre le bateau pour une nouvelle traversée de ce superbe Mekong le long de nombreux petits îlots.

Nous savons que nous avons, à nouveau, l’épreuve de la frontière à passer aujourd’hui. Nous savons également qu’il nous faudra être le plus « zen » possible pour éviter tout énervement contre-productif. Alors nous profitons de cette petite « croisière » puis des 20 kilomètres à vélo qui nous permettent de rejoindre la frontière pour nous préparer et inspirer, expirer, inspirer…

C’est donc un grand sourire (un peu figé tout de même) qui se lit sur nos visages lorsque nous arrivons devant la cahute du douanier Laotien. Nous lui tendons nos passeports après un Sabaiiiiiiiiidi un peu poussé. Il les prend et nous dit dans un parfait anglais « You need to pay 2 Dollars for each passeport for the stamp » (vous devez payer 2 Dollars pour chaque passeport pour le coup de tampon). Nous lui indiquons alors que nous savons que c’est optionnel et que nous n’allons pas prendre cette option, tout en essayant, bien entendu de garder le plus large des sourires. Il hausse les épaules et… ça passe ! Nous avions commencé à installer les enfants avec le sac de jeu, en leur indiquant que cela risquait d’être long et, en fait, nous repartons immédiatement.

200 mètres plus loin, nous arrivons à la douane Cambodgienne où nous devons demander notre visa d’un mois. Nous remplissons des tas de documents administratifs x5 et nous présentons devant le guichet. Un lieutenant-colonel à l’uniforme croulant sous les décorations militaires nous regarde alors en nous demandant si nous avons les 35 Dollars nécessaires par visa. Nous nous permettons de lui rappeler (toujours avec le sourire… dans une version inversée de « je te tiens, tu me tiens par la barbichette…) que le coût du visa n’est « que de » 30 Dollars. Dans la battle de sourires, il nous précise alors : 30 Dollars pour le Visa et 5 Dollars pour le tampon. Expiration, inspiration… Nous lui glissons à nouveau nos 5 passeports qu’il avait commencé à repousser en lui indiquant que nous n’avons sur nous que 150 Dollars (ce qui est déjà une très grosse somme, nous aurions pu rester pratiquement 15 jours de plus sur les 4 000 îles avec un tel montant) et lui indiquons, comme nous l’avions fait à son homologue Laotien, que nous n’allons pas prendre l’option du paiement du tampon (comment lui dire que, s’il nous arrive souvent de laisser un pourboire dans les restaurants à des serveurs agréables, nous refusons de participer à la corruption de pseudo-fonctionnaires ?). Alors, là, de son côté, ça ne rigole plus du tout. Il nous balance les passeports en nous disant d’aller nous rasseoir. Zen, soyons Zen… Nous retendons les passeports en lui indiquant qu’il n’y a personne derrière nous, lui tendons les 150 Dollars et reculons d’un mètre (on ne sait jamais, un jet de passeport dans l’oeil !). Il nous regarde, hausse les épaules et tend les passeports à son collègue qui inscrit les numeros de visas. Nous allons ensuite remplir un ultime doument administratif et obtenons dans la foulée le fameux tampon d’entrée.

Cette nouvelle expérience nous montre, une fois de plus, la chance que nous avons de voyager à vélo et d’avoir le temps. Des français, qui sont passés juste avant nous et qui voyageaient en bus, ont du s’acquitter de 40 Dollars par passeport pour franchir la frontière. Les chauffeurs de bus étant de mèche avec les douaniers, ils mettent la pression aux passagers pour ne pas traîner sous peine de partir sans eux, mais avec leurs bagages. Difficile de prendre le risque de la confiscation temporaire du passeport dans ces conditions…

Nous repartons finalement (en même temps que le bus !) avec un sourire désormais dicté par le soulagement et la satisfaction de ne pas avoir collaboré à cette corruption qui gangrène ces frontières d’Asie du Sud-Est.

Nous n’avons mis qu’une heure pour franchir les deux postes frontières (dont plus de 50 % du temps à remplir des documents administratifs…) mais il commence déjà à faire chaud et nous savons que nous nous lançons sur un itinéraire où le premier village est situé à plus de 50 km.

Au bout d’une vingtaine de kilomètres, nous apercevons une petite baraque en bois sur le bord de la route qui semble proposer de l’eau fraîche. Nous n’avons pas encore de Riels, la monnaie nationale, mais retrouvons un Dollar qui nous permet de nous raffraichir. Nous entendons alors de bruits d’enfants et devinons une cour d’école, un peu plus loin.

Nous retrouvons alors un soupçon d’énergie et allons à la rencontre des professeurs. L’un parle quelques mots d’anglais et nous confirme que nous pourrons passer la nuit dans l’école après les cours.

Nous passons l’après-midi avec de bien joyeux enfants qui viennent nous retrouver dans la bibliothèque à chaque pause. Puzzles, livres et même legos, les enfants sont aux anges.

Nous assistons à la tombée du drapeau et au chant national qui donnent le départ vers des activités périscolaires : l’indétronable foot-ball mais également du jardinage dans un superbe potager (arrosé grâce à une pompe à main financée par la Croix-Rouge) et l’entretien de l’école (arrosage, gestion des poubelles, nettoyage de la cour…).

La confection de petits vélos bat son plein et nous voyons progressivement les enfants s’évaporer dans la campagne environnante. Cette école perdue au milieu de nulle part constitue un bel oasis. Le silence s’installe progressivement. Dans nos têtes nous entendons encore l’animation joyeuse portée par tous ces coeurs d’enfants.

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28 Février : Don Det

Une vraie journée de repos ! Enfin presque, puisqu’il faut tout de même s’occuper du linge, nettoyer les vélos (qui en ont bien besoin après toute ces pistes, superbes mais très… ocres !), avancer sur les exercices scolaires, regarder les différents itinéraires qui peuvent être envisagés lors des prochains jours, répondre aux messages reçus et commencer notre recherche d’emploi !

Et oui, nous ne sommes désormais qu’à deux mois du retour et il est donc temps d’anticiper un peu la question de la vie professionnelle. Ce voyage nous aura permis de réfléchir à l’avenir avec une certaine sérénité. Nous savons tous les deux que nous voulons faire un métier qui a du sens, un métier utile. Travailler pour de grandes entreprises et pour des actionnaires recherchant le profit financier est donc exclu de nos recherches. Le champ large de l’économie sociale et solidaire correspond, sans aucun doute, plus à nos profils. La communication pour Valérie, le médico-social ou le social pour Christophe, si nous arrivons à trouver des structures dans lesquelles nous pourrions apporter les compétences acquises à ce jour et continuer à s’épanouir professionnellement, alors nous en serons ravis. La création d’entreprise, toujours dans le champ de l’économie sociale et solidaire, n’est pas exclue encore à ce jour, notamment si l’un de nous deux galère un peu pour trouver un emploi répondant aux critères énoncés. Le challenge de créer une entreprise nous titille tous les deux mais, une chose est sûre nous ne la créerions pas ensemble pour limiter les risques professionnels… et personnels !

Et comme nous en sommes au début de notre recherche d’emploi, nous nous sommes rajoutés, pour l’instant, un critère supplémentaire. Après un voyage au grand air tel que celui-ci et 11 belles années passées dans le Lot, les territoires ruraux ont notre priorité. Si un retour dans le Lot n’est pas à exclure, la Drôme et l’Ardèche, situées à mi-distance de nos familles respectives qui, un jour, vont commencer à vieillir permettraient  de trouver un bon compromis.

Oui mais voilà, entre les souhaits et la réalité il y a parfois un bel écart et c’est ce que nous allons certainement mesurer ces prochaines semaines. Nous sommes, pour l’instant, extrêmement sereins par rapport à l’avenir car nous avons suffisamment confiance en nous et savons que nous pouvons vivre heureux avec peu de besoins matériels. Quoi qu’il en soit, nous nous adapterons !

Voilà, vous savez tout sur ces préoccupations quelque peu intimistes mais qui font partie intégrante de la fin de notre voyage.

En attendant, nous repartons dès demain pour de nouvelles aventures. Direction la frontière Cambodgienne puis Siem Reap pour Angkor de belles émotions…

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27 Février : Don Khone – Don Det : 7 km (9 323 km)

C’est ce matin que Céline et Jean-Pierre repartent pour un long voyage vers la France (Paksé-Paris via Vientiane et Hanoï !). Toute la tribu est donc levée de bonne heure pour partager un dernier petit-déjeuner avant les au-revoirs. Nous devrions avoir le plaisir de les retrouver le 1er Mai à Luzech pour immortaliser l’émotion du retour…

Nous flânons un petit peu avant de reprendre nos vélos pour nous rendre à Don Det, la petite île située au Nord de l’île de Don Khone, que l’on rejoint grâce au fameux pont colonial que nous avons traversé et retraversé hier, pont qui avait été construit par les français pour y installer… une voie ferrée !

Nous avons rendez-vous avec Yohan, jeune trentenaire français qui voyage pendant 6 mois à vélo en Asie du Sud-Est et que nous avions rencontré furtivement en partant de Paksé. Nous nous étions échangés nos coordonnées Whatsapp et aujourd’hui nous nous retrouvons pour le déjeuner. Il est parti il y a 4 mois, sans avoir une grande expérience du voyage à velo et nous confie qu’il aurait du mal aujourd’hui à voyager différemment tant ce mode de locomotion lui offre une liberté des plus précieuses. Forcément, nous le comprenons !!! Il repart demain en direction du Cambodge et pourra ainsi nous donner des informations sur la traversée de cette frontière,  connue pour son haut niveau de corruption ainsi que sur l’état de la route qui est également annoncée comme complexe.

Il est 14h00 lorsque nous avons fini de déjeuner et un front enfantin réclame, à l’unanimité, une bonne baignade ! En venant rejoindre Yohan, nous sommes passés devant plusieurs hôtels avec piscine et comme nous leur avions promis du repos après ces dernières chaudes journées de vélo, leurs revendications sont recevables .  Nous pensions pouvoir leur opposer le prix hors budget de ces hébergements mais finalement un des hôtels nous propose une chambre familiale avec petit-déjeuner inclus pour un montant inférieur à 50% d’un hôtel Formule 1 en France. Alors… avant de repartir sur les routes, nous allons nous offrir deux nuits dans ce cadre paradisiaque.

Et pour couronner le tout, ce soir, après un apéro pris avec vue sur le soleil se couchant sur le Mekong, Yohan nous amène manger dans l’un des bons plans qu’il a repéré : un buffet à volonté avec notamment de la viande au barbecue et de nombreux légumes et fruits pour moins de 5€ par personne. Décidemment, ce Laos a de nombreux atouts !

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26 Février : Phonsaad – Don Khone : 51 km (9 316 km)

Nous rangeons notre campement de bonne heure afin d’avoir chargé nos vélos avant l’arrivée des élèves. Nous installons notre grande nappe orange et déjeunons en plein air en accueillant les premiers arrivants.

Céline et Jean-Pierre sont, eux aussi, présents de bonne heure pour cette dernière journée de tournage. Nous apprécions autant leur professionnalisme que leur joie de vivre et leur manière d’être. Deux belles personnes qui auront beaucoup donné d’eux mêmes pour enchaîner les prises de vue et les questions, parfois dans des conditions très peu confortables. Ils font leur métier avec passion et transmettent ainsi une belle énergie.

Nous oublions progressivement l’existence de la caméra. Même s’il nous faut avancer un peu plus vite que prévu afin de proposer plusieurs cadres de vue possibles, leur présence n’est en aucun cas gênante, bien au contraire, nous prenons bien du plaisir à échanger avec eux en off, notamment lors des repas.

Nous arrivons à l’embarcadère qui permet de rallier les îles de Don Det et Don Khone, deux des trois îles habitées sur les 4 000 îles qui ne doivent certainement leur nom qu’à un expert du marketing touristique.

Nous mettons tout notre matériel sur une grande pirogue à moteur et partons pour une belle traversée qui serpente entre les îlots et offre un dépaysement total.

A l’arrivée, nous nous installons tous dans la même guesthouse avant de déjeuner et de reprendre les vélos pour les dernières prises de vue. Nous traverserons notamment un superbe pont colonial qui relie les deux îles. Les images de drone de Jean-Pierre devraient être bien sympas !

Nous poursuivons notre route vers des cascades situées sur l’île. Un très bel endroit où nous resterons de longues minutes avant de tous profiter d’une belle baignade dans une zone comportant moins de courant.

Nous terminons la journée par une petite marche nocturne et un très bon repas pendant lequel nous poursuivons nos conversations auxquelles les enfants participent avec plaisir.

Céline et Jean-Pierre repartiront demain matin pour la France. Quant à nous, nous allons nous octroyer un ou deux jours de pause dans ce petit paradis avant de repartir pour le Cambodge.

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Des questions ?

Et oui, cela fait bien longtemps que nous n’avons pas ouvert la boîte à questions et vous avez bien fait de nous le faire remarquer.

Dans une petite semaine nous devrions arriver à Siem Reap pour y admirer les temples d’Angkor. Nous nous poserons quelques jours, l’occasion de répondre à toutes les questions que vous avez (même celles que vous n’osez pas poser !).

N’hésitez donc pas à indiquer vos questions en commentaires, ci-dessous, ou par courriel famille.caudrillier@gmail.com.

Vous avez jusqu’au 7 Mars

A bientôt.

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25 Février : Soukhouma – Phonsaad : 59 km (9 265 km)

Nous partons dès les premières lueurs du jour car nous savons que la journée risque d’être encore très chaude.

Nous découvrons également rapidement que l’asphalte s’efface au bout de quelques kilomètres pour laisser place à une vaste piste poussiéreuse où il est difficile de trouver un espace qui ne ressemble pas à de la tôle ondulée. Forcément, notre vitesse horaire s’en ressent et, alors que nous avions donné rendez-vous aux journalistes à 10h00 pour la traversée du Mekong en bac, il nous faudra une bonne heure de plus pour y arriver, les gorges totalement asséchées par un vent de face qui ne cesse de durcir.

Les points d’eau sont beaucoup plus rares et lorsque nous retrouvons enfin de l’eau fraiche, c’est la délivrance.

Nous traversons le Mekong sur une drôle d’embarcation. Un ponton flottant qui transporte également les véhicules à moteur sur l’autre rive. Nous profitons de ce moment magique au milieu de ce fleuve mythique.

Nous débarquons puis déjeunons (du sticky rice, c’est l’un des seuls plats que l’on trouve mais c’est bourratif à souhait pour les cyclistes que nous sommes) puis poursuivons sous une chaleur qui commence à se faire de plus en plus lourde.

Les journalistes souhaiteraient faire des images des grandes cascades situées  au Sud du Laos. Nous avançons donc autant que nous pouvons mais plus l’après-midi avance , plus nous sommes cuits. A l’entrée d’un village, un collège rural semble encore bien animé. Nous pénétrons dans l’enceinte et essayons de trouver un adulte afin de demander un coin d’ombre pour nous y installer. On nous conduit dans ce qui semble être la salle des Profs et nous allons alors vivre quelques dizaines de minutes sans comprendre ce que la dizaine d’adultes qui nous observe tout en échangeant , pense de notre demande. Il y a bien deux professeurs d’anglais mais, même avec elle, le dialogue est des plus complexes puisque nous n’aurons droit qu’à des « What is your name ? » et « How old are you ? »… un peu léger pour permettre une discussion de fond…

Un « OK » accompagné d’un large sourire nous permet de comprendre que la salle a enfin donné son aval. Mais, alors que nous commençons à nous rejouir de cette bonne nouvelle, l’un des enseignants, qui vient d’appeler le Chef du village, nous indique le veto de ce dernier. Nous essayons de comprendre mais apparemment, il n’est pas possible de discuter les décisions du Chef du village.

Nous essayons alors d’envoyer notre délégation « glamour et craquante », Valérie et Naïa, accompagnées du chauffeur des journalistes pour assurer la traduction auprès du Chef du village.

Mais ce dernier n’adressera pas la moindre parole à la gente féminine et daignera seulement discuter avec le chauffeur qui, semble-t-il a trouvé les bons mots pour renverser la position.

C’est donc avec l’aval du Chef des misogynes que nous pouvons désormais nous installer. Les enseignants nous indiquent alors qu’une salle de classe va être mise à notre disposition afin que nous puissions y installer notre campement.

Céline et Jean-Pierre profitent de cette fin d’après-midi pour filmer quelques séquences complémentaires qui risquent de sentir la fatigue…

L’heure du repas arrive et pour agrémenter le fameux « sticky rice » nous décidons de ressortir le réchaud et de se cuisiner des oeufs au plat mais la fraîcheur de ces derniers semble  à désirer , ce qui sera confirmé par un ultime oeuf pourri qui s’écrasera au milieu de la poêle. Nous nous contenterons donc d’un « sticky rice » et de pastèque chaude !

Nous ne tardons pas à nous écraser sur nos tapis de sol, éprouvés par cette chaude mais toujours aussi belle journée.

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24 Février : Nonghor – Soukhouma : 51 km (9 206 km)

Il est 7h30 lorsque nous quittons l’enceinte du temple qui nous a accueillis pour la nuit.

La nuit n’a pas été aussi calme que d’habitude. Des chats qui viennent se faire les griffes sur le bas des tentes, des vaches qui viennent renifler nos moustiquaires et, pour finir, quelques galinacées qui viennent picorer les miettes du repas de la veille au soir. Une ménagerie sympathique mais un peu envahissante…

Nous rejoignons le Wat Phou dès son ouverture. Cet ensemble architectural Bouddhiste a été construit entre le Vème et le XIIème siècle par les Khmers. Il présente de nombreuses analogies avec Angkor Wat même si, ici, le site est très restreint.

De grands bassins, des temples construits avec des immenses blocs de pierres et de nombreuses sculptures taillées dans la roche, la découverte vaut le coup même si nous l’imaginions plus importante.

Le point de vue depuis la partie haute où se trouve une superbe source permet d’admirer le paysage et d’être en admiration devant cette civilisation qui maitrisait déjà les grands principes de l’architecture et la gestion de l’eau grâce à de savants systèmes d’irrigation.

Nous terminons la visite par la découverte du musée qui explique l’origine de ces temples, le travail formidable réalisé par les Khmers et la découverte du site au XIXème siecle par des explorateurs français.

Nous reprenons la route et décidons, au bout de quelques kilomètres, d’essayer d’emprunter un chemin non accessible aux voitures. Jean-Pierre et Céline troquent donc leur van contre un scooter et passeront ainsi toute la journée avec nous. Quelques ponts en bambous offrent quelques sensations, les craquements et les trous n’étant pas des plus rassurants pour y passer avec tout notre chargement.

Après une nouvelle pause « boisson fraîche », bien nécessaire au regard de la température ambiante qui commence à être très élevée, l’heure de se séparer avec nos si chers compagnons de route arrive. Nathalie, Bastien et Timėo remontent vers Paksé alors que nous allons poursuivre notre route vers le Cambodge. Nous aurons passé une semaine cycliste pleine de découvertes et d’émotions avec ces courageuses personnes qui se sont vite adaptées à la vie nomade et au confort parfois précaire. Leur présence nous a été précieuse et nous serons heureux de les retrouver dans quelques semaines.

C’est donc avec un peloton réduit à deux simples unités que nous poursuivons sur ce chemin chaotique mais de toute beauté. Toute la journée, nous aurons vraiment l’impression de rouler dans le vrai Laos, celui des petits villages disséminés le long du Mekong, des rizières et des animaux domestiqués mais laissés en liberté.

Les séquences de tournage dans cet environnement sauvage et exigeant s’enchaînent. Les images du drone de Jean-Pierre seront certainement de toute beauté avec ces couleurs si vives et l’animation si joyeuse lors de la traversée de ces zones difficilement accessibles.

Au bout d’une quarantaine de kilomètres, nous retrouvons un peu d’asphalte et rejoignons une petite ville située non loin. Nous nous installons dans une Guesthouse où la douche nous permettra de faire disparaître une épaisseur non négligeable de poussière ocre mélangée à la sueur du jour.

Après plusieurs kilomètres à pied afin d’essayer de trouver un resto dans cet axe loin des zones touristiques, nous dînons avec Céline et Jean-Pierre, débriefons sur la journée et essayons de planifier l’itinéraire à venir.

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23 Février : Paksé – Nonghor : 45 km (9 155 km)

Le rendez-vous a été donné, à la sympathique équipe de journalistes qui va nous suivre pendant quelques jours, à l’entrée du pont qui surplombe le Mekong avec le grand Boudha doré en toile de fond. Pas mal pour une première image !

Très vite, nous trouvons également un chemin de traverse comme nous les aimons. De la terre ocre, de petites maisons disposées ça et là le long des rizières et de nombreux animaux qui nous regardent passer avec un certain étonnement.

Dans ce cadre sauvage et loin de la circulation, les prises de vues se succèdent. Nous revenons progessivement sur la route principale qui va vers Champassac.

Alors que nous venons tout juste de dépasser le vingtième kilomètre, une voiture se met au niveau de Valérie et le chauffeur commence à lui poser des questions sur le voyage avant de lui proposer que nous nous arrêtions pour boire dans l’hôtel-restaurant dont il est propriétaire et qui est situé deux kilomètres plus loin.

John est Irlandais. Il a beaucoup voyagé et, depuis cinq ans, a posé ses bagages dans ce petit coin de paradis. Avec son épouse d’origine laotienne il a construit un magnifique complexe hôtelier de luxe. Nous y passerons de belles heures à déjeuner sur l’herbe ou à s’amuser sur de gigantesques balançoires. Nous hésitons même à y rester jusqu’au lendemain puisque John nous a proposé de déposer nos tentes sur sa belle pelouse.