13 Février : Thaleng – Ban Kouamphavang : 96 km ! (8 867 km)

Voici encore un réveil magique. La lumière du jour s’annonce, avant un soleil qui dépasse peu à peu la cime des arbres en se reflétant sur le lac. Le spectacle offert par la nature est encore grandiose.

Nous avons mis notre réveil à 5h30 mais, portés par cette ambiance intemporelle, la récupération des efforts d’hier et de délicieux pancakes commandés au restaurant voisin, nous ne donnerons les premiers coups de pédale que vers 8h30.

Les Français et Québécois rencontrés hier nous dépassent au fil des kilomètres sur leurs scooters avec des encouragements joyeux portés par les voix de ces sympathiques voyageurs au long cours.

En passant près du barrage nous avons une pensée pour Jean-Pierre qui a orchestré la construction de cet imposant et utile ouvrage.

Nous rejoignons Nakaï et entamons une impressionnante descente qui nous ramène vers des chaleurs moins supportables alors que nous avons oscillé ces deux derniers jours entre 500 et 700 mètres d’altitude.

Nous déjeunons au bout de 40 km et convenons de pédaler jusqu’à la tombée du jour afin de nous rapprocher le plus possible de Thakhek.

Nous rejoignons un axe, bien chargé en camions qui vont du Vietnam tout proche (nous sommes à une petite trentaine de kilomètres de la frontière) vers la Thaïlande. Nous y croisons Rémi et Hélène, deux cyclovoyageurs Lyonnais partis de France il y a 6 mois et qui sont à la moitié de leur beau voyage (vous pouvez faire leur connaissance sur http://www.azimut136.com). Nous partageons encore de bons moments avec ces sympathiques voyageurs, avant de reprendre la route sous un soleil qui décline déjà à l’horizon. Nous entamons alors une course contre la montre avec la lumière du jour. Après deux jours sans douche nous ressentons et sentons l’impérieuse nécessité d’un bon décrassage. Pas beaucoup de Guesthouse à l’horizon. L’application GPS en annonce enfin une. Pourtant aucun panneau n’est présent lorsqu’il faut quitter la route principale pour s’enfoncer sur un petit chemin de terre. Au bout de 800 mètres de piste (pendant lesquels nous commençons à faire le deuil d’une bonne douche) nous tombons sur un camp de barraquements en paille, perdu dans la forêt. Il y a du monde de partout. Essentiellement des jeunes d’une vingtaine d’années venus s’adonner aux plaisirs de l’escalade sur les impressionnantes parois qui surplombent le site ou des amateurs de yoga qui viennent profiter de classes privilégiées dans cet environnement incroyable.

Il n’y a plus de place dans les cases sur pilotis mais nous avons la possibilité de planter nos tentes… et de profiter des installations pour avoir la douche que nous espérions.

Nous montons notre campement dans la pénombre naissante et courons apprécier ce plaisir simple de l’épiderme respirant.

Nous dinons au milieu des grimpeurs et yogueurs et retrouvons nos couchages. Il nous reste désormais une poignée de kilomètres pour rejoindre Thakhek d’où nous espérons prendre un bus pour Paksé et rejoindre la famille qui nous y attend.

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12 Février : Nongkok – Thaleng : 106 km ! (8 771 km)

Nous partons avec le lever du soleil sur un tapis de cendres et une fumée qui se mêle au brouillard matinal. Le feu, lui, semble s’être arrêté. Tant mieux pour ce petit village !

La première côte est bien raide, et en plein effort la chaine du Pino rouge saute pour se retrouver coincée derrière la cassette (les pignons). Impossible de l’en déloger. Il faut tout démonter pour qu’elle daigne se remettre en place. Cela nous prendra une bonne demi-heure et nous pédalerons toute la journée les mains noires de cambouis…

Les crédits alloués pour les routes laotiennes ne sont certainement pas comparables à ceux destinés aux routes thaïlandaises et il n’est pas rare que l’asphalte s’arrête pendant quelques centaines de mètres ou, plus étonnant, ne soit disponible que d’un seul côté de la route. Lorsque nous sommes du bon côté il nous faut alors faire attention aux projections de cailloux qui, sous l’effet de la pression de pneumatiques, peuvent arriver très vite. Le port du casque et des lunettes sont de rigueur…

Nous croisons un nouveau couple de cyclovoyageurs Hollandais partis pour 3 mois en Asie du Sud-Est. Ils sont peu chargés car ils dorment uniquement en Guesthouse ce qui peut se comprendre au regard du coût de ces dernières et des nombreuses possibilités d’hébergements… si l’on reste sur les axes touristiques !

L’unique et frugal repas d’hier est déjà digéré depuis longtemps et les 20 derniers kilomètres avant d’arriver à Lak Sao se feront sans beaucoup d’énergie dans les moteurs. Nous roulons sur les réserves. Il est temps de se poser et de prendre un vrai repas. Nous arrivons à Lak Sao, galérons un peu pour trouver un restaurant qui propose autre chose qu’une soupe de pâtes de riz et trouvons enfin un petit restaurant qui propose des pâtes (de blé !) et du riz. Affamés, nous commanderons tout en double !

Nous repartons par une route inexistante ou marquée très finement sur nos cartes papiers ou numériques et avons l’excellente surprise de trouver certainement une des meilleures routes du Laos. Un revêtement parfait, peu de circulation et un paysage fort agréable. D’énormes massifs d’arbres de pampa s’agitent au gré du vent et donnent un effet vivant à cette nature qui nous entoure.

Portés par ces éléments, nous commençons à imaginer que nous pourrions peut-être atteindre aujourd’hui le lieu que nous pensions rejoindre demain. Le conseil de famille donne un avis unanimement favorable à cette tentative et nous voilà partis pour une longue chevauchée. Nous arrivons enfin au lac de Nam Theun, une énorme retenue d’eau (plus grande que le lac leman !) artificielle construite pour les besoins du barrage hydroélectrique qui permet notamment d’alimenter… la Thaïlande !

De nombreux arbres restent présents au sein des innombrables méandres. Jean-Pierre nous expliquait qu’il s’agissait d’un choix afin d’éviter le braconnage de ces espèces parfois précieuses. Cela a également permis la prolifération de micro-algues qui ont favorisé un écosystème très riche en poissons, pour le plus grand bonheur des villages environnants.

Au bout de plus de 100 km et plus de 1 000 mètres de dénivelé positif nous arrivons enfin à Thaleng, un petit bout de terre au milieu du lac où se sont implantées quelques Guesthouses pour les nombreux voyageurs qui viennent admirer les paysages environnants. Le lieu a tellement la côte que tout est plein mais un restaurant situé au bord du rivage nous permet d’installer nos tentes sur une plaine herbeuse avec vue imprenable.

Le soleil se couche, nous nous dépêchons de monter notre campement puis allons prendre un bon repas au restaurant où nous rencontrons un très sympathique groupe de français et québécois, en couple ou en famille, partis pour 6 mois à un an visiter notre belle planète. Ils se sont rencontrés sur un bateau à Luang-Prabang (au Nord du Laos) et ont décidé de faire ensemble la boucle du lac en scooter. Ce moyen de locomotion est, en effet, très utilisé par les backpakers en Asie. Facile et économique il semble ravir leurs utilisateurs comme Didier et Isa qui ont testé ces deux roues déjà plusieurs fois au cours de leur voyage.

Nous ne sommes plus qu’à une centaine de kilomètres de Thakek que nous rejoindrons certainement en deux jours (mais après la folie d’aujourd’hui, on ne sait jamais…) d’où nous prendrons un bus pour Paksé où nous retrouverons Tata Nath et les cousins pour une boucle à vélo sur le plateau des Bolovens.

En attendant, il est temps de récupérer…

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Guatemala et Salvador en vidéo !

Une petite vidéo pour le Week-End ?

Voici quelques images du Guatemala et du Salvador. L’Aventure continue…

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11 Février : Na Hin – Nongkok : 6 km (8 665 km)

La nuit a été calme et nous profitons d’un réveil matinal pour nous rendre à vélo jusqu’au prochain village, bien plus grand que celui qui nous a accueilli hier soir.

Nous interrogeons une commerçante sur les moyens de rejoindre les grottes de Kanglor situées à 40 kilomètres, au fin fond d’une route sans issue. La dame se démène alors pour nous trouver une solution. Quelques minutes plus tard un mini-bus local (avec deux banquettes ouvertes à l’arrière) arrive et nous propose de nous amener jusqu’aux grottes moyennant un tarif qui nous semble très correct au regard du nombre de kilomètres à effectuer.

Quant à nos vélos, pas de problème ! La charmante dame nous les gardera près de son commerce (et refusera toute compensation , excepté de petits vélos de notre fabrication…).

Il nous faut pratiquement 1h30 pour rejoindre l’entrée des grottes. Le site est géré par une communauté dont la charte d’accueil (traduite en français, comme l’ensemble des panneaux sur le site !) nous paraît extrêmement respectueuse de la population autochtone.

Après quelques centaines de mètres à pied nous prenons place sur une petite barque pour une incroyable promenade sous-terraine. Des créations minérales d’une incroyable beauté figurent tout au long de cette galerie de plusieurs kilomètres de long. Cette dernière n’a été découverte qu’en 1920 lorsque des villageois se sont étonnés de voir arriver des canards sous la montagne. En explorant cette grotte ils ont reussi à rejoindre un village situé à plus de huit heures de marche (et 3 cols !). Il nous faudra aujourd’hui une heure de petit bateau à moteur.

Le site est magnifiquement mis en valeur par des lumières et de petits parcours pédestres permettant de tomber en admiration devant certaines oeuvres de dame nature.

Nous avons bien fait de tenter cette petite escapade et garderons certainement longtemps l’image de ce magnifique spectacle.

Sur la route du retour, notre bus collectif accueillera deux autres Français (Bastien et Sophie) ainsi qu’un Argentin (Nicolas) avec qui nous échangerons longuement sur les grottes de Kanglor et sur les voyages.

Nous retrouvons nos vélos et tentons 9 km supplémentaires avec eux dans le bus afin de gravir une nouvelle côte. Il est 17h00, nous arrivons dans un petit village et trouvons une chambre dans ce qui a du être un jour une Guesthouse. Nous n’avons rien mangé depuis le petit-déjeuner et les enfants ont encore fait preuve d’une belle résistance. Les étals sont peu achalandés dans les petites épiceries et nous avons du mal à  trouver de quoi manger. Nous nous contenterons donc de 3 bols de noodle soups et des biscuits que nous avons eu la sagesse de garder dans notre sac de nourriture.

Nous allons rejoindre notre couchage alors qu’un immense feu se déclare à la sortie du village. Nous semblons les seules personnes inquiètes de l’ampleur du phénomène. Pourtant des cendres commencent à tomber d’un ciel qui ne cesse de rougir. Nous sortirons de temps en temps pour nous assurer que nous sommes toujours en sécurité…

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Un nouvel épisode audio de la VeLove Family

Grâce à Christophe DELRIVE, le magicien du son, nous avons le plaisir de partager avec vous un nouvel épisode audiophonique relatif au voyage.

Une chanson de Naïa, le passage de l’Amérique centrale à l’Asie, de longs propos sur les enfants et quelques mots de Lalie et Esteban, voici ce qui vous attend grâce à ce nouvel enregistrement réalisé à l’autre bout du Monde et retravaillé à la baguette magique.

http://voice4ever.eu/fr/podcast/

Vous pourrez ainsi découvrir ce 5ème épisode…

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10 Février : Paksan – Na Hin : 48 km (8 659 km) + vélo-stop

Cette fois-ci nous nous levons à la bonne heure. Le temps de rassembler nos affaires, de tout remonter sur nos vélos et de partager un petit-déjeuner, nous voilà repartis sur la 13.

Cet axe principal ressemble parfois plus à un morceau de gruyère qu’à une route nationale mais le peu de circulation nous permet d’essayer d’éviter les trous les plus importants.

De nombreux maraîchers vendent leur production au bord de la route dans des petites cahutes faîtes de bois et de feuilles de bananiers. Des citrouilles, de gros navets, une multitude d’herbes aromatiques côtoient de délicieux épis de maïs dont se régalent les enfants.

Nos pérégrinations cyclistes nous permettent de constater qu’ici aussi il reste bien du chemin à parcourir pour sensibiliser les habitants à la gestion du plastique. Nous voyons ainsi nombre de temples de toute beauté précédés à l’extérieur par des m3 de bouteilles et de sacs qui semblent s’accumuler au fil du temps.

Nous atteignons la petite ville de Pakading au bout d’une quarantaine de kilomètres. Un long pont surplombe une large rivière qui vient se jeter dans le Mekong. Encore un bien beau paysage.

Quelques kilomètres plus tard nous nous arrêtons pour une pause boissons fraîches. En refaisant nos calculs nous ne pouvons que constater que la boucle que nous souhaitons faire autour du barrage nécessitera d’augmenter sensiblement un nombre de kilomètres déjà au-delà de notre moyenne. Il nous faut donc abandonner l’idée de parcourir cette boucle à vélo ou trouver un autre moyen de locomotion pour avancer plus vite.

Nous n’avons pas encore essayé le « vélo-stop » en Asie et c’est donc l’occasion de tenter l’expérience.

Difficile de trouver un camion suffisamment grand qui ne soit pas déjà surchargé de buffles, de briques ou de nombreuses personnes. Nous nous installons à la sortie d’une station service et trouvons enfin un véhicule qui se dirige vers Paksé et qui pourra donc nous déposer une quarantaine de kilomètres plus bas, à l’intersection avec la petite route que nous devons prendre pour commencer à grimper vers le barrage.

Le sympathique chauffeur ne parle que peu de mots d’anglais mais cela permet tout de même à Valérie de discuter avec lui à l’avant pendant que Lalie et Christophe disposent d’une vue imprenable assis à l’avant des vélos sur la petite plateforme arrière.

Il nous dépose, comme convenu, 40 km plus bas et refuse le billet que nous lui tendons afin de le dédommager en nous gratifiant d’un grand et beau sourire.

Pour être encore un peu plus tranquilles pour les prochaines étapes et faire un tour aux grottes de Kanglor recommandées par Annie et Jean-Pierre, il nous faudrait idéalement trouver un nouveau véhicule qui nous permette de monter les 30 premiers kilomètres. Il nous resterait alors deux étapes de montagne avant de redescendre vers Thakek puis rejoindre Nathalie, Bastien et Timėo vers Paksé.

Nous nous installons en bordure de route mais la mission s’avérera complexe. En effet nous sommes vites rejoints par un grand nombre d’habitants et notamment d’enfants qui viennent profiter, en ce jour de repos dominical, de l’animation que nous constituons. Difficile donc d’être attractifs pour d’éventuels chauffeurs lorsque nous nous retrouvons une quinzaine de personnes en bord de route.

Nous en profitons donc pour échanger avec ces sympathiques familles et échangeons quelques leçons de laotien contre des mots de français. La fabrique de petits vélos multicolores tourne a plein régime alors que nous avons droit à une démonstration de fabrication de balais en paille.

Tout d’un coup un petit camion avec quelques hommes à l’arrière arrive à notre niveau. Nous leur faisons signe et l’un des voisins vole vite à notre secours pour qu’ils essayent de nous embarquer tous avec nos vélos. C’est acrobatique mais ça rentre ! 30 km d’une route défoncée nous attendent avec des camions citernes qui s’amusent à nous doubler dès que la pente s’affaiblit, virage ou pas…

Heureusement le paysage, lui, est sublime. D’immenses rochers karstiques surplombent la route constituant parfois des cirques majestueux d’épines sombres.

Au crépuscule, nous arrivons (entier !) à Na Hin d’où part la petite route pour les grottes de Kanglor. Nous nous posons dans une Guesthouse, fourbus par cette journée intense et pleine de rebondissements. L’Aventure dans l’aventure…

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9 Février : Thangbeng – Paksan : 68 km (8 611 km)

Voulant éviter l’expérience caniculaire d’hier, nous mettons notre réveil à 5h00. Nous sommes prêts à 5h40, oui mais voilà… il fait encore nuit ! Il nous faudra attendre 6h20 afin de décider que le jour est assez levé pour partir en toute sécurité. Nous le saurons pour demain…

L’air est frais et agréable. Les villages se réveillent lorsque le disque solaire d’un rouge flamboyant commence à faire son apparition. Il se découvre à la cime des arbres, nous offrant des lumières enchanteresses qui s’estompent peu à peu.

Des lignes droites et un asphalte disparate mais roulant nous permet de bien avancer. Tout d’un coup, sur le bord de la route, à proximité du Mekong, nous apercevons un camping-car de voyageurs. Nous ralentissons et voyons un homme portant le maillot de l’Argentine sortir de l’habitacle. Comme aimantés ,nous nous dirigeons alors les uns vers les autres. La famille Perez est originaire de Mar del Plata, en Argentine, les deux parents et leurs enfants âgés aujourd’hui de quatre et deux ans et demi sont partis depuis près de deux ans d’Espagne et ont utilisé uniquement leur camping-car. Après avoir traversé l’Europe, ils sont passés par l’Iran, le Pakistan, l’Inde, le Bangladesh et la Birmanie avant d’arriver en Thaïlande puis au Laos. Ils vont désormais poursuivre leur route vers le Sud pour entrer au Cambodge, revenir en Thaïlande et descendre vers la Malaisie et Singapour où ils vont essayer de trouver un ferry qui les amènera jusqu’en Australie… avant de repartir pour de nouvelles aventures. Ils ont la chaleur des argentins et l’esprit ouvert des voyageurs. Nous restons pratiquement trois 1/4 d’heure à discuter avec eux, retrouvant le plaisir d’échanger en espagnol et s’offrant mutuellement de petis cadeaux. Nous parlons, bien évidemment des bienfaits des voyages pour les enfants et nous rejoignons sur leurs capacités d’adaptation qui semblent être sans limites. En nous quittant, leurs enfants semblent vouloir poursuivre leur voyage à vélo tandis que les nôtres auraient bien fait quelques semaines en camping-car…

Si vous voulez en savoir plus sur cette sympathique famille vous pouvez les retrouver sur FaceBook, Instagram ou YouTube en tapant « loslopezxelmundo » (Les Lopez (leur nom de famille) par le Monde).

La chaleur a refait son apparition et nous essayons d’accélérer afin de rejoindre Paksan, une petite ville située quelques dizaines de kilomètres plus loin, et se mettre au frais pour l’après-midi. Il y a de nombreuses Guesthouses. Nous en trouvons une toute simple mais au prix imbattable (5 € la chambre) et nous y posons avant d’aller déjeuner. Lalie et Esteban enchaînent avec quelques exercices scolaires avant un temps de repos bienvenu.

En soirée nous étudions à nouveau la carte du Laos. Annie et Jean-Pierre nous ont parlé de deux belles boucles à faire à vélo. Mais le Laos c’est grand et nous devons calculer nos dates approximatives dans quelques villes du Sud afin d’accueillir Nathalie, Bastien et Timeo dans un premier temps , puis l’equipe de tournage pour M6 dans un second temps. Les distances parcourues ces prochains jours nous permettront d’affiner les possibilités envisageables…

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8 Février : Makhio – Thangbeng : 65 km (8 543 km)

La musique Thaïlandaise suivie d’un concert d’aboiements n’a pas permis un sommeil d’extrême qualité. Mais encore bercés par la belle soirée d’hier et l’accueil de la population, nous émergeons avec le sourire, prêts pour une nouvelle journée de découverte de ce beau pays.

Les Moines 2.0 viennent encore passer un petit temps avec nous. Ya nous montre le bracelet (orange bien entendu !) que lui a remis Valérie hier, nous lui montrons celui qu’il a noué à chacun de nos poignets. Signes d’union et de partage.

Nous les quittons sous leurs yeux amusés de voir une telle expédition familiale s’élancer sur de bien drôles de machines.

Lalie, en sortant, aura cette réflexion qui invite à la discussion : « c’est quand même plus joyeux de dormir au pied d’un Bouddha souriant qu’au pied d’un Jésus mort sur la croix »…

La piste de terre battue nous attend pour une trentaine de kilomètres à l’accent sauvage le long du Mekong. Nous nous couvrons progressivement d’une belle pellicule de sable .  Le passage dans quelques villages où les riverains ont parfois arrosé (noyé ?) la piste afin d’éviter les nuages de poussière nous invite à quelques slaloms et dans les pires des cas à des séances de décrassage des gardes-boues (qui portaient trop bien leurs noms !). Les Laotiens nous interpellent avec de souriants « Sabaiidi » qui dansent dans leurs paroles. Nous leur répondons et nous nourissons de leurs sourires mêlés certainement de la surprise de voir une famille de « phalangs » si loin des axes touristiques.

Et puis, tout d’un coup, une route faîte en béton apparaît ! Les cyclovoyageurs rencontrés hier nous avaient prévenu et effectivement : quel contraste ! Une dizaine de kilomètres sur lesquels nous nous sentons pousser des ailes. La route est large, nous en profitons pour rouler de front et échanger ainsi nos multiples observations.

Lorsque nous rejoignons « la 13 », la route principale qui descend vers le Cambodge, il est à peine 11 heures mais le soleil frappe déjà très fort. Nous avons l’impression de sécher puis de cuire sur l’asphalte.

Nous nous promettons de partir encore plus tôt demain matin et après une quinzaine de kilomètres, nous réfugions sous l’air climatisé d’une guesthouse. Nous déjeunons sans trop d’appétit, happés par cette puissante chaleur, avant que certains d’entre ne s’adonnent aux bienfaits d’une sieste réparatrice.

Quelques exercices scolaires et jeux (à l’ombre !) permettront de goûter aux températures plus respirables de la fin d’après-midi.

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7 Février : Vientiane – Makhio : 59 km (8 478 km)

Difficile ce matin de quitter une chaleur familiale dans laquelle nous nous sentons si bien. Van Tong nous fait la surprise de venir partager le petit-déjeuner, un temps que nous savourons tous ensemble avant de remettre les sacoches sur nos vélos et d’embrasser nos hôtes pour leur incroyable accueil. Nous savons que nous aurons certainement l’opportunité de les rencontrer à nouveau en France et les au-revoir sont ainsi plus faciles.

Nous partons par les petites routes qui, très vite, se transforment en chemin de pierres et de terre. Un petit bruit au niveau des roues de la carriole nous invite à faire un petit détour pour passer par le magasin de Willy et resserrer encore un peu les axes.

Nous repartons sur ces mêmes petits chemins qui nous invitent à explorer la campagne environnante, à passer entre quelques troupeaux de chèvres et à redoubler de vigilance lorsque la terre se transforme en piste sablonneuse.

Quelques portions asphaltées nous permettent de doubler, voire tripler, notre moyenne horaire. La vitesse retrouvée a ainsi le bénéfice de nous apporter également un peu d’air car la température ne cesse de grimper avec la fin de la matinée.

La pause méridienne est la bienvenue et nous avalons des litres et des litres d’eau fraiche qui viennent ravir nos gorges asséchées.

Nous retrouvons le Mekong et les magnifiques paysages qu’il propose. Nous croisons Nicole et Christian, deux cyclovoyageurs de Vierzon qui remontent vers Vientiane après une boucle de 4 semaines au Laos. Ils nous donnent de précieux renseignements sur l’état des routes situées en aval et nous rassurent ainsi sur l’itinéraire à venir.

Nous continuons à avancer de village en village et guettons d’éventuels temples ou écoles dans lesquels nous pourrions poser nos tentes. Au coeur d’un village bien animé , traversé par une belle piste, Lalie aperçoit un joli temple un peu en retrait.

Les Moines sont dans la cour et nous allons leur demander si nous pouvons nous installer ici pour la nuit. Comme en Thaïlande, la réponse fuse : « pas de problème, où vous voulez ».

Nous nous installons sous une petite terrasse couverte. Elle surplombe le Mekong et nous offre un panorama incroyable. En face, des boîtes de nuit Thaïlandaises ont déjà les watts qui résonnent dans la vallée.

Les Moines reviennent pour nous apporter de l’eau, puis des biscuits, puis une énorme peluche pour Naïa, une mini statuette et des bracelets porte-bonheur… leur générosité toute naturelle semble sans limites !

Christophe discutera un long moment avec un jeune Moine qui, grâce à une application qui traduit directement le lao en anglais, lui explique de nombreux éléments sur la vie de ces jeunes bouddhistes. « Ya » est Moine depuis deux ans et retournera dans quelques années retrouver son travail de photographe. La plupart des Moines ne le restent que quelques années, souvent à des périodes charnières de leur vie. Durant ces années, ils accomplissent de nombreuses prières, aident la population locale et respectent certaines règles qui régissent leur journée. Un lever à 4h00 (tous les jours !), un temps de prière, l’aumone offerte à leur passage dans les rues du village puis le repas qu’ils n’ont droit de consommer que le matin. Après midi, ils pourront boire mais devront attendre le lendemain matin pour se substanter à nouveau.

Pendant cette belle discussion, Valérie et les enfants font un tour de ce village si accueillant et dynamique. De nombreux habitants viendront passer un bout de la soirée avec nous, la traduction numérique aidant toujours au dialogue.

Nous dînons (discrètement !) et nous régalons, en dessert, d’une savoureuse tablette de chocolat que Jean-Pierre a délicatement déposée dans notre sac de nourriture ce matin.

Les Moines reviendront passer un bon moment avec nous avant que nous  nous couchions. La soirée se terminera par un partage d’adresses FaceBook. Ils sont loin d’être connectés uniquement à Bouddha ces sympathiques Moines !

Cette première journée de vélo sur les petites routes du Laos nous a déjà réservé de bien belles surprises !

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6 Février : Vientiane

Après une nouvelle séance de gymnastique matinale, Annie et Valérie sont rejointes par Lalie chez le coiffeur qui s’occupera notamment des pointes qui commencent à être bien abîmées. Un peu d’épaisseur en moins sera sans doute également bienvenue pour les prochains jours à vélo qui s’annoncent bien chauds.

Annie et Jean-Pierre sont des machines à solutions et essayent de nous aider à répondre à toute les problématiques que nous rencontrons. Leur connaissance de Vientiane et leur réseau sont de formidables atouts. C’est ainsi que nous avons enfin trouvé trois beaux vélos qui serviront à Nathalie, Bastien et Timéo pour les quelques centaines de kilomètres que nous ferons ensemble sur les routes du Laos. Ils ont même réussi à trouver quelqu’un qui aurait pu nous réparer la vitre de la tablette, c’est dire ! Le coût étant quasiment aussi important que la valeur de la tablette nous ne procéderons pas à la réparation mais trouver la bonne vitre est déjà à considérer comme un exploit.

Le change est complexe au Laos et les portefeuilles grossissent à vue d’oeil lors des retraits. En effet nous nous retrouvons vite Millionnaires ! 1 € valant 9 800 Kips laotiens, un retrait de 100 € équivaut à près de 1 000 000 de Kips. De quoi faire tourner la tête !

A midi, nous découvrons le Bo Bun, un plat vietnamien et laotien aux saveurs exquises. Nous déjeunons dans le restaurant tenu par des amis Laotiens d’Annie et Jean-Pierre, des entrepreneurs qui se sont lancés dans plusieurs champs d’activité avec tous les possibles qu’offre un pays en plein développement comme le Laos. Entendre leur dynamisme et leur foi en l’avenir est un véritable plaisir.

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Jean-Pierre nous aide à rapatrier les nouveaux vélos chez lui tandis qu’Annie se transforme en baby-sitter pour le plus grand plaisir des enfants.

Nous passons une dernière soirée dans cette belle chaleur familiale que nous ont offert Annie et Jean-Pierre durant ces superbes journées passées à Vientiane. Nous avons fait le plein de calories gustatives et humaines durant ces premiers jours laotiens qui nous donnent bien envie de découvrir plus amplement ce magnifique pays.

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5 Février : Vientiane

Valérie se lève aux aurores afin d’accompagner Annie et Jean-Pierre à leur séance de gym tonique quotidienne. Une bien belle manière de débuter la journée sous les directives et les conseils avisés de Van Tong.

A leur retour, Christophe repartira en centre-ville à vélo afin d’essayer de trouver trois vélos d’occasion qui pourraient convenir à Nathalie, la soeur de Valérie, et Bastien et Timéo, deux neveux qui viendront pédaler avec nous pendant une dizaine de jours au Laos.

Quelques exercices scolaires viendront rythmer cette matinée avant ,encore ,un succulent repas préparé par Annie (pas de doutes, nous reprenons des forces !).

Nous décidons ensuite d’aller visiter tous ensemble le COPE (Cooperative Orthotic & Prosthetic Enterprise) Center. Il s’agit d’un lieu d’information et de sensibilation créé par une ONG relatif aux dégâts humain causés par les bombardements lors de la guerre du VietNam. Dégâts encore d’actualité puisque chaque année, plus de mille personnes sont encore victimes de bombes qui explosent. Le Laos détient le triste record du pays le plus bombardé au Monde. Entre 1965 et 1974, une bombe est tombée, en moyenne, toutes les 8 minutes, sur le pays et notamment sur certaines zones. Jean-Pierre qui a géré la construction d’un barrage hydroélectrique au Laos nous indiquait hier que lors des travaux destinés à créer la retenue d’eau ce sont deux millions de bombelettes et de fragments de bombes qui ont été retirés. Des millions de bombes restent encore disséminées un peu partout et continuent à tuer ou à mutiler des personnes et notamment des enfants. COPE essaye alors de réappareiller les personnes qui ont perdu un ou plusieurs membres et de les accompagner au niveau psychologique.

Voilà encore une visite qui ne laisse pas indemne et qui montre à la fois la puissance de la cruauté humaine et les efforts réalisés pour aider toutes ces personnes sacrifiées sur l’autel des atrocités et de l’inimaginable.

La sensibilité des enfants exprimée par leurs innocentes questions à la sortie de la visite nous invite à cheminer afin que ces générations prennent acte de l’Histoire et fassent tout pour qu’elle ne se répète pas.

C’est un moment plus convivial qui nous attend par la suite puisque nous retrouvons ici, à Vientiane, Tonton Yves et Tata Jeanine venus découvrir le Laos pendant quelques semaines en mode backpaker. Ils voyagent avec un couple d’Amis, Mauricette et Michel et nous nous retrouvons tous au bord du Mekong pour une bien belle soirée. Une promenade le long des berges, une démonstration de dragons et de pétards (et oui, en ce 5 février nous sommes le jour du nouvel an Chinois et de la fête du têt), un bon repas en terrasse suivi d’une prolongation offerte par un ami d’Annie et Jean-Pierre dans un chaleureux café de cette ville aux multiples facettes… la soirée est faite de rencontres et de surprises, deux ingrédients parmi les plus savoureux d’un voyage.

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4 Février : Vientiane

Nous profitons du confort de cette belle et douce maison pour dormir confortablement et longtemps. Annie et Jean-Pierre reviennent de leur séance de gym matinale quotidienne au moment où la maisonnée se réveille. Nous partageons un bon petit-déjeuner avant de nous rendre en centre-ville afin de confier nos vélos à un spécialiste qui pourra notamment vérifier leur état et essayer de trouver de nouveaux roulements pour les roues de la cariole qui ont pris un jeu certain ces dernières semaines.

Nous récupérerons tout notre matériel dans un temps record et parfaitement réglé. Merci Willy !

Nous nous régalons des discussions que nous pouvons avoir avec Annie et Jean-Pierre. Leur connaissance du Laos, de ses coutumes et des ses habitants est une mine d’informations des plus utiles lorsque l’on arrive dans un pays.

Van Tong, l’Ami d’Annie et Jean-Pierre rencontré hier soir est un ancien champion de Taekwondo et a proposé aux enfants d’assister à l’un des cours qu’il donne dans la salle de sport qu’il a créée sur Vientiane. Les enfants se donnent à fond dans la découverte de ce sport alliant agilité, souplesse et vitalité. Même Naïa essaye de suivre le mouvement et enchaine coups de pied et coups de poing accompagnés de petits cris. Une belle expérience qui aura ravi les enfants.

Nous allons ensuite rejoindre, au bord du Mekong, des amis d’Annie et Jean-Pierre, venus eux mêmes avec d’autres amis dont un couple de Martel, dans le Lot. Une rencontre encore bien sympathique autour d’un verre et de multiples anecdotes.

Nous rentrons dîner chez Annie et Jean-Pierre dans une ambiance toute familiale  des plus agréables avant de repartir dans deux jours sur les routes du Laos que l’on nous présente souvent comme étant dans un état fort déplorable. La journée de demain devrait nous permettre d’affiner notre itinéraire, complexifié par le fait qu’il existe peu de routes secondaires , et  de nombreux camions sur les axes principaux. Nous verrons bien…

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3 Février : Nong Khaï – Vientiane : 21 km (8 419 km)

Nous récupérons ce matin après la longue journée d’hier et avant de passer un nouveau poste frontalier (on n’ aime pas les frontières !).

L’oeil de Christophe a viré du rouge vif au rose et  blanchit même, c’est bon signe !

Deux kilomètres nous séparent de la frontière Thaïlandaise où un simple tampon sur nos passeports suffit pour s’élancer sur le pont de l’Amitié.

Du côté Laotien, cela s’avère un peu plus compliqué… mais on nous avait prévenu !

D’abord, il nous faut remplir cinq exemplaires d’interminables formulaires administratifs (on n’ aime vraiment pas les frontières !) dans lesquels il nous faut essayer d’expliquer que nous n’aurons pas d’adresse dans le pays puisque nous serons en itinérance à vélo.

Ensuite il nous faut faire la demande de visa. On nous demande 35 Dollars par personne puis 31 Dollars lorsque nous leur indiquons que le coût indiqué sur les documents officiels est de 30 Dollars. On nous fait alors remarquer un petit écriteau sur lequel est affiché une surtaxe de 1$ en cas de passage le week-end… et nous sommes Dimanche. Va donc pour la surtaxe mais lorsque nous espérons payer la taxe en Baths ou en Kips on nous indique que nous devons payer uniquement en Dollars. Au bout de quelques minutes de discussions, ils nous indiquent que nous pouvons payer en Baths ou en Kips mais pour un montant d’une valeur de 41 Dollars par personne. Un taux de change très capitaliste pour un pays sur lequel flottent de nombreux drapeaux communistes ! Et surtout une invitation à la corruption à laquelle nous ne souhaitons pas participer. Deux bureaux de change sont positionnés non loin du bureau des visas mais tous deux semblent être de mèche et refusent de changer nos Baths en Dollars pour payer les Visas. Ils nous indiquent qu’ils pourront nous changer nos Baths uniquement lorsque nous aurons nos visas. Il nous reste deux solutions :

  • que l’un d’entre nous reparte en Thaïlande et refasse tamponner son passeport pour rentrer dans le pays, trouve un bureau de change ouvert le dimanche, change des Baths pour 155 Dollars, refasse tamponner son passeport, puis revienne…
  • ou tenter notre arme secrète en envoyant nos 3 enfants et leurs plus beaux sourires tenter d’amadouer un employé de l’un des bureaux de change pour changer nos Baths en Dollars…

L’employé, désarçonné appelle son supérieur et… ça passe !

Nous revenons au guichet des visas, payons la somme officielle de 150 Dollars + les 5 Dollars de Week-End et retrouvons nos passeports tamponnės.

On n’aime vraiment vraiment pas les frontières ! Il est temps de rentrer dans le pays !

Nous remontons vers Vientiane où nous avons la chance d’être attendus .

Grâce à la grande et belle famille de la MSA, Louis, un Lotois qui a sa soeur et son beau-frère qui vivent 6 mois par an au Laos, nous a mis en contact et nous voici donc avec Annie et Jean-Pierre un couple de jeunes retraités qui nous réservent un accueil des plus chaleureux.

Un délicieux déjeuner maison et un premier aperçu XXL de cette belle ville de Vientiane nous attendent. De superbes temples, des monuments de toute beauté et Annie et Jean-Pierre qui nous guident avec beaucoup de bienveillance dans la connaissance de la culture laotienne. Nous voilà parfaitement sensibilisés à la magie de ce nouveau pays.

En fin d’après-midi, un de leurs amis, Van Tong, un franco-laotien, viendra nous rejoindre et nous échangerons tous ensemble avec grand plaisir sur les différences culturelles et leurs enrichissements reciproques.

Voilà une bien belle entrée en matière pour découvrir le 13ème pays de notre aventure.

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2 Février : Sangkhom – Nong Khaï : 88 km (8 398 km)

Nous savons qu’une longue étape nous attend et nous nous sommes organisés pour un départ plus matinal qu’à l’accoutumée. Il est 7h00 lorsque nous rejoignons la rue principale de Sangkhom dans laquelle nous assistons à un cérémonial silencieux, celui des moines recevant leur obole en file indienne devant des habitants leur donnant pour aumône du riz, des biscuits ou d’autres mets. Tout se fait dans un silence religieux que seules les mains jointes en signe de remerciements viennent accompagner dans un ballet gracieux.

Nous profitons de cette belle lumière du matin, celle qui se lève sur le Mekong pour l’éclairer de facettes qui changent au fil des secondes. La fraicheur encore relative nous permet d’aborder les quelques difficultés du jour avec ardeur et à 10h00 nous avons déjà parcouru près de 40 km.

Christophe est en difficulté depuis hier avec l’un de ses yeux. Le rougissement s’accompagne de picotements qui virent à la sensation de brulure lorsque la lumière devient trop vive. Il porte généralement des lentilles de contact mais pédalera aujourd’hui avec des lunettes de vue afin d’essayer de limiter le mal. Un dispensaire sur le bord de la route permet de bénéficier de quelques gouttes qui apaisent, au moins temporairement, le globe oculaire délicat. Un peu de repos dans les prochains jours devrait permettre de faciliter la guérison.

Nous nous trouvons en face de Vientiane que nous rejoindrons demain. Avant cela, il nous faut faire un détour de près de 50 km pour rejoindre le pont de l’Amitié Thaïlando-Laotienne situé bien plus en aval avant de remonter vers la capitale du Laos. » L’art topiaire « est très présent dans cette région de la Thaïlande et nous ne rėsistons pas à quelques photos avec une multitude d’animaux végétaux dont de nombreux éléphants.

Après la pause déjeuner, la dernière quinzaine de kilomètres s’effectuera sur de petites routes secondaires qui nous permettent de retrouver cultures (notamment celle du tabac) et habitants occupés à diverses taches maraîchères.

Nous poussons jusqu’à Nong Khaï où se trouve ce fameux pont de l’Amitié que nous franchirons demain. Nous profitons des derniers rayons du soleil pour aller visiter le parc aux Bouddhas de la ville. Des œuvres monumentales dépassant souvent la vingtaine de mètres et qui mêlent Bouddhisme et Indouisme. Elles ont été créées à l’initiative d’un exilé Laotien qui avait construit, auparavant, un lieu similaire près de Vientiane.

Afin d’anticiper notre passage de douane demain et surtout notre première demande de visa (quelle chance encore d’être citoyens français !) nous nous mettons en quête d’un photographe qui pourra nous faire des photos d’identité. Après de nombreuses allées et venues, nous en trouvons finalement un dans une zone commerciale de la ville. Il n’y a plus qu’à espérer qu’elles soient au bon format…

Une dernière nuit en Thaïlande avant de retrouver ce pays bien plus au Sud vers la seconde quinzaine de Mars. En attendant, demain, nous pédalerons vers le Laos…

PS : Nous apprenons ce 6 février la disparition de Guy DEPREUX que Christophe a eu le Bonheur de cotoyer pendant de nombreuses années. Guy est l’un des fondateurs de PyrHando, une formidable Aventure Humaine qui permet, tous les 3 ans, à des centaines de personnes en situation de handicap de traverser (à pied, à vélo ou à cheval) la chaîne des Pyrénées dont il était un grand passionné. Comme l’écrivait Mark Twain : « Il ne savait pas que c’était impossible alors il l’a fait ! ». Guy était un guide de montagne et de Vie pour bien des générations. Il nous avait fait le grand plaisir de venir partager notre fête de départ. Nous adressons d’affectueuses pensées à son épouse, à Claire et à tous ses proches.

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1er Février : Sangkhom

Depuis le temps que notre petite Naïa claironne que « Aujourd’hui c’est mon Naniversaire ! » et bien le temps est enfin venu !

Esteban ne résiste pas et, dès les premières lueurs de l’aube, lui offre une petite caresse en lui souhaitant un Joyeux Anniversaire. Toute la chambrée est alors invitée à le rejoindre.

Nous partageons un petit-déjeuner amélioré sur la terrasse ,avant de procéder aux exercices scolaires du jour, de bricoler les vélos sans oublier de jouer en ce jour de fête.

Le repas d’anniversaire se passera dans un petit (et fort bon !) restaurant local situé dans la rue principale. Par miracle, nous avons même pu trouver un beau gâteau que, selon les souhaits répétés à de multiples reprises ces derniers jours, nous décorons de smarties.

Ce repas est également une belle occasion de parler du voyage, de faire le point , car nous entamons également aujourd’hui le dernier quart de ce rêve éveillé. Le tiraillement entre les envies pointe en chacun de nous. L’envie de retrouver nos proches, nos amis, de partager avec eux encore de nombreux et beaux moments de vie, l’envie de poser les sacoches pour continuer à construire notre histoire familiale et nos vies personnelles , mais en même temps l’envie que ces trois derniers mois durent une éternité et nous apportent autant de belles rencontres et de Bonheur que ces 9 premiers mois.

Nous savourons cette journée et laissons le temps glisser. Du repos, des jeux et un nouvel apéro, prétexte au partage et propice aux discussions.

Nous repartons flâner dans les allées odorantes d’un petit marché. Nous prenons le risque digestif de goûter une multitude de petits plats et trouvons même des crêpes pour le dessert. Un anniversaire , une veille de chandeleur, ça se fête !

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31 Janvier : Ban Hat Kham Pi – Sangkhom : 47 km (8 310 km)

Nous venons de finir de ranger nos affaires et partageons le petit-déjeuner sur une des tables extérieures. Nous observons les premiers élèves fraichement débarqués de leur bus qui posent leurs cartables pour récupérer balais et seaux. Leur journée commence donc par un rituel, celui de nettoyer leur école, de ramasser toutes les feuilles ou saletés qui ont pu s’accumuler depuis hier. Cette responsabilisation semble se faire le plus naturellement du monde et, élément important à préciser, sans la présence des adultes qui arriveront seulement quelques dizaines de minutes plus tard.

Les enfants saluent leurs nouveaux copains et nous remercions les enseignants qui nous ont permis de passer une nuit au calme dans cette belle école.

La route repart dans des successions de montagnes russes que nous essayons de dévaler le plus rapidement possible afin d’accumuler un maximum d’élan en espérant que cela nous sera suffisant pour remonter jusqu’au haut de la prochaine bosse. Mais, le plus souvent, malgré un accompagnement par un pédalage explosif nous sommes happés en arrière à quelques mètres de l’objectif avec la sensation d’être retenus par un énorme élastique qui a de plus en plus de mal à se détendre. Dure loi de la gravité… et des vélos bien trop lourds !

Seule consolation, ces derniers mètres où les vitesses sont au développement minimum, nous donnent du temps pour admirer les magnifiques points de vue qui se succèdent. Le Mekong est là, aussi calme que large, et nous offre quelques scènes de vie des plus dépaysantes. Les cultures sont nombreuses aux abords même du fleuve. La richesse des alluvions permet de faire pousser des plantations legumières (choux, haricots…), le plus souvent en terrasses afin de profiter de chaque mètre de ce riche terreau. Des champs de bananiers ou d’heveas prennent également de larges places. Pas étonnant que la Thaïlande soit le premier producteur de caoutchouc naturel avec toute cette sève blanche que nous admirons depuis tant de kilomètres.

Vers midi, nous atteignons un gros village (qui a presque des allures de petite ville !). Le prochain est indiqué à plus de 40 km. Nous nous arrêterons donc ici pour aujourd’hui afin de préparer l’anniversaire de Naïa.

Nous trouvons une sympathique guesthouse qui sera un lieu parfait pour cette pause familiale.

Nous déjeunons, allons faire quelques courses, avant d’avancer encore un peu le programme scolaire pendant que Naïa fait une petite sieste.

Nous profitons de la belle lumière de fin d’après-midi pour aller pédaler sur une petite voie qui longe le Mekong. Naïa, en pleine « crise de la troisaine », demande si elle peut être installée à l’avant. « Je suis « guande » maintenant ! » nous dit-elle en pleine poussée d’autonomie. Elle est surtout contente d’avoir relégué Esteban et Lalie dans la cariole. Ces derniers jouant le jeu avec un plaisir non dissimulé. Telle Elisabeth II sur son carosse, Naïa adresse alors de petits signes de la main aux personnes qu’elle croise et qui sont sous le charme de ce petit bout de fille qui dépasse à peine de son casque.

Nous terminons la balade en partageant un petit apéritif au bout d’une presqu’île qui surplombe le Mekong. Le temps semble s’arrêter… le temps d’un troisième anniversaire…

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30 Janvier :Chiang Kahn – Ban Hat Kham Pi : 68 km (8 263 km)

Cette petite ville de Chiang Kahn est encore une belle surprise. Nous ne connaissions pas son existence il y a encore quelques jours mais ce sera, sans nul doute, l’un de nos nombreux coups de coeur de cette Thaïlande du Nord.

Nous sortons de la ville à travers les rues encore désertes et endormies pour rejoindre une vaste piste cyclable qui, pendant plusieurs kilomètres, va nous permettre de rouler en surplomb du Mekong d’un côté et le long de multiples temples colorés de l’autre.

Le bleu vif de la piste cyclable s’efface pour déboucher sur une route partagée, moins glamour mais bien agréable surtout lorsqu’elle repique vers le fleuve qu’elle quitte parfois sur quelques kilomètres pour s’enfoncer dans les forêts qui bordent le rivage. En revanche ces circonvolutions sont loin d’êtres plates et nous n’arrêtons pas de monter et descendre, ce qui nous offre parfois de superbes points de vue.

De petits massifs rocheux forment une myriade de petites îles qui rendent le paysage des plus dépaysants. Alors que le soleil est déjà haut dans le ciel, nous observons quelques orpailleurs, leur tamis à la main, recherchant quelques grammes de métaux précieux.

Nous voulons essayer d’avancer un maximum aujourd’hui car demain soir nous ferons une trêve cycliste, le temps de fêter, comme il se doit, le troisième anniversaire de Naïa. Difficile cependant de trouver une petite ville où nous pourrons nous poser. Quelques villages se trouvent sur le parcours. Notre équation comporte donc plusieurs inconnues.

Nous roulons jusqu’à 16h30 et apercevons une école très colorée et extrêmement accueillante. Il reste encore quelques élèves supervisés par plusieurs professeurs. Nous leur demandons l’autorisation d’installer nos tentes dans l’enceinte de l’école et ils nous répondent, tout simplement, de choisir l’endroit qui nous convient le mieux.

Naïa, Esteban et Lalie profitent de leurs nouveaux copains qui attendent leur bus pour jouer sur le beau terrain de sport situé au centre de ce petit complexe scolaire. Plusieurs enfants et professeurs parlent anglais, ce qui facilite les conversations dont nous avons souvent été sevrés ces derniers jours.

L’accueil du corps enseignant est des plus chaleureux. Café et chocolat nous sont proposés ainsi qu’un espace pour prendre la douche (au seau !) et des toilettes.

Nous rejoignons nos tentes au soleil couchant afin d’être certains d’être prêts demain pour le retour des écoliers.

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29 Janvier : Loei – Chiang Khan : 49 km (8 195 km)

Ces Thaïlandais sont vraiment d’une incroyable générosité. Ce matin encore, après l’incontournable (et interminable !) séance photo avec les enfants qui n’en finissent pas de se faire tripoter les cheveux, un jeune employé tient à ce que nous repartions avec un sac de sandwiches  pour notre pique-nique du jour. Nous comprenons alors qu’il a lui même confectionné les mets qu’il nous offre dans un nouvel exemple de bienveillance.

La highway est à nouveau au programme aujourd’hui. Pas la plus agréable à suivre à vélo mais incontestablement la plus rapide pour arriver au plus tôt à Chiang Khan. Nous appuyons afin d’échapper aux grosses chaleurs de la mi-journée et profiter d’une après-midi de pause dans cette petite cité touristique qui borde le Mekong.

Il est 13h00 lorsque nous arrivons dans les faubourgs de notre objectif du jour. Nous discutons avec des locaux afin de se faire conseiller une guesthouse sympathique et économique. Pas de problème, l’une des personnes prend son scooter et nous invite à le suivre dans les petites rues de Chiang Khan.

L’endroit est sobre mais accueillant et bien placé, le tout pour 500 baths (14 €). Nous posons les vélos et nous rendons à pied sur les berges du Mekong situées à quelques dizaines de mètres.

Ce moment est important pour nous car ce Mekong revêt un caractère à la fois intime et émouvant pour nous. C’était l’un des rêves d’Alain, le Papa de Valérie que de parcourir ce fleuve mythique. Il est parti trop tôt, trop vite .Alors si nous sommes là aujourd’hui c’est en grande partie grâce à lui. Nous nous tenons les mains face au fleuve en pensant à celui dont le nom en Arabe « Al Aïn » signifie la source. Tout un symbole…

École, lessive et réponses aux courriels occuperont une bonne partie de l’après-midi avant que nous  partions à la découverte des belles rues touristiques de Chiang Kran dans lequel se tient un magnifique marché. De quoi trouver des petits cadeaux en prévision du prochain anniversaire de Naïa et admirer l’artisanat local.

Il nous reste près de 200 km avant d’atteindre Vientiane (en 3 jours de vélo et une pause anniversaire !). De belles étapes en perspective en pensant… à la source !

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28 Janvier : Ban Khok Ngam – Loei : 84 km (8 146 km)

Le voyage à vélo permet une chose qui devient rare dans nos sociétés dites modernes : le  » lacher prise ». Et ce luxe permet de vivre et de profiter des moments émotionnellement très forts comme cette rencontre avec Kim et ses parents. Si hier nous étions restés fixés les yeux sur la date ou le compteur kilométrique, alors nous aurions sans doute décliné une invitation qui restera longtemps gravée dans nos mémoires.

Pin et Loei, les parents de Kim nous ont préparé un petit-déjeuner de sportif avec porridge de riz (… et quelques épices), bananes, jus d’orange et café. Nous partageons encore un moment empreint de chaleur humaine en leur compagnie. Cette bien sympathique famille nous aura encore donné une belle leçon d’humanité.

Les au-revoirs sont difficiles et se font dans d’authentiques et généreuses embrassades. Merci encore à eux pour cette belle rencontre qu’ils ont provoquée.

Nous partons pour une longue étape qui empruntera principalement la route principale. C’est loin d’être plat (surtout sur les 50 premiers kilomètres) mais nous nous régalons de la vision d’un paysage marqué notamment par d’immenses parterres de fleurs. En effet, nous nous trouvons ici dans le jardin fleuri de la Thailande et de talentueux pépiniéristes se succèdent sur… une vingtaine de kilomètres. C’est encore un festival de couleurs et de senteurs qui s’offre à nous.

Une fois les fleurs disparues, ce sont les fraises qui apparaissent ! De belles plantations, là encore pendant plus d’une dizaine de kilomètres, superbement mises en valeur d’autant plus que nous sommes en pleine période de récolte. Nous ne résistons pas à la tentation de gouter ces fruits juteux à souhait , pour le plus grand bonheur de Naïa et Esteban qui raffolent de ces fruits d’été.

La chaleur arrive avec la fin de la matinée et alourdit nos jambes qui commençaient déjà à peser. Il est bientôt une heure et demi et nous n’avons fait pratiquement aucune pause depuis le départ. Il est temps de nous arrêter pour retrouver un peu d’énergie autour d’un plat de riz blanc et de quelques brochettes que nous soupçonnons, a posteriori, de ressembler plus à du rat qu’à du poulet au regard des nombreux petits os qui rendent quasi-impossible la dégustation. Les photos des restaurants suivants mettant en évidence ces brochettes avec la tête de muridés nous inviterons certainement à être plus prudents à l’avenir…

Voilà enfin la descente vers Loei, la dernière grande ville Thailandaise sur notre itinéraire, avant de rejoindre le Mekong. Les prix de hôtels dans la ville nous semblent un peu hors budget et nous faisons quelques kilomètres supplémentaires (qui seront d’autant moins de kilomètres à faire demain…) pour en trouver un qui corresponde à nos critères. Il est 17h00, il est temps de se poser ! Seul problème, personne ne parle anglais au sein de cet établissement ce qui nous vaudra une bonne demi-heure de quiproquos en série.

Il nous reste désormais moins de 50 km pour rejoindre le Mekong. Sans doute dès demain…

PS : si vous voulez en savoir plus sur l’activité de Kim ou sur ce superbe lieu qui nous a accueilli, vous pouvez taper « CountryHouse Khokngam » sur FaceBook.

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27 Janvier : Ban Dan Saï – Ban Khok Ngam : 19 km (8 062 km)

Nous allons finir par fuir les hôtels… et les voisins bruyants ! En pleine nuit, la cloison qui nous sépare de la chambre voisine nous semble être aussi fine que du papier à cigarette. L’insonorisation locale nous permet de partager en direct live la longue discussion (qui n’ira pas plus loin sinon on aurait suivi certains conseils…) du couple de Thaïlandais insomniaques qui ne quitteront les lieux… que vers 6h00 du matin.

Heureusement pour rejoindre Loei, la prochaine ville sur notre itinéraire, nous n’avons que 80 km à parcourir en deux jours, ce qui, même avec le dénivelé ascendant prévu aujourd’hui, n’a rien d’infaisable.

Nous commençons d’ailleurs par 10 km de montée et, au milieu de celle-ci, un homme en scooter s’arrête pour nous filmer avec son téléphone portable. Nous nous prêtons au jeu (ce qui nous permet de nous octroyer une petite pause !) et le quittons en lui offrant un petit vélo souvenir. Nous reprenons notre route et, une demi-heure plus tard, alors que nous sommes en passe de terminer cette première difficulté du jour, nous revoyons notre homme au bord de la route nous faisant signe de nous arrêter. Il sort alors du panier situé à l’avant de son scooter deux petites bouteilles de concentré de boissons énergisantes qu’il donne à chacun des parents, de l’eau qu’il donne aux enfants et trois gros paquets de galettes… de vers séchés. De l’énergie, de l’hydratation et des protéines ! Sans parler la même langue, une belle émotion se dégage de cette rencontre. Il est en pleurs lorsqu’il remonte sur son véhicule en nous adressant des mots que nous pensons bienveillants.

Quelques kilomètres plus tard (après avoir testé boisson énergisante et galettes de vers !) une autre personne nous fait signe de nous arrêter en nous tendant de l’eau fraiche. C’est Kim, il est avec ses parents et parle un anglais parfait. Il nous a croisé et a décidé de faire demi-tour pour venir à notre rencontre. Très vite il nous propose de passer la nuit chez lui. Il a construit, il y a un an et demi, un petit complexe de chalets dans le cadre de son activité de guide touristique et, ému par notre aventure, tient à nous accueillir gratuitement. Nous n’avons fait qu’une quinzaine de kilomètres mais le sourire de Kim et de ses parents sont tellement lumineux que nous acceptons. L’étape sera bien plus longue demain mais chacun le sait… une invitation, cela ne se refuse pas !

Nous allons passer alors une journée incroyable en compagnie de ce dynamique trentenaire qui a été pendant une quinzaine d’années instructeur pour les pilotes d’Airbus à Bangkok avant de tout lâcher pour construire un lieu magnifique sur les terres appartenant à ses feu grands-parents. Depuis un an, il accueille des touristes venus du monde entier à qui il propose des formules tout compris avec randonnées et hébergement. Après ces années très prenantes sur Bangkok ,il a décidé de profiter au maximum de l’instant présent et de se faire plaisir en faisant plaisir. Il avait un groupe hier, il en aura un autre demain et, pour son jour de repos, nous sommes donc ses invités. Incroyable !

Kim et ses parents seront aux petits soins avec nous toute la journée, nous apportant des assiettes regorgeant de fruits frais, nous invitant à manger quelques « noodle soups » avant de nous proposer une superbe randonnée dans le parc national de Phue Ruea. Situé à 1 360 mètres d’altitude, il est connu pour être l’un des endroits les plus frais du Nord de la Thaïlande (19 ° à 16h00, cela reste encore « relativement » frais) et propose une superbe vision panoramique sur les chaines de montagnes environnantes. La randonnée passe par de superbes massifs fleuris et des points de vue à couper le souffle. En redescendant, Kim et sa Maman nous proposent d’aller visiter un grand temple qui vient d’être construit sur les hauteurs environnantes.

Nous découvrirons alors une incroyable oeuvre d’art. Un chef-d’oeuvre humain où chaque détail mériterait des heures d’admiration. Tout est sculpté dans le bois ou la pierre. D’immenses Bouddhas de jade prennent place dans chacun des 5 bâtiments qui composent ce lieu d’une beauté rare. Voilà, sans nul doute, un lieu dont on entendra parler à l’avenir. Nous sommes heureux d’avoir découvert cet espace en famille et que nos enfants aient pu admirer cette incroyable réalisation humaine. Ouah ! Amazing, comme nous ne cesserons de l’entendre lors de cette belle heure passée dans cet univers invitant à la contemplation.

En revenant, Kim et ses parents tiennent à nous inviter pour le dîner. Valérie et Lalie prendront un cours de préparation de Fried Rice pendant que Kim reviendra les bras chargés de bonnes choses. Nous passons une bien chaleureuse soirée au sein de cette famille si généreuse et bienveillante.

Chaque journée est une incroyable Aventure…

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26 Janvier : Ban Noen Phoem – Ban Dan Saï : 46 km (8 043 km)

Nous aurions bien trainassé au lit ce matin mais les calculs que nous avons faits et refaits hier sont sans appel. Si nous ne voulons pas faire des étapes de plus de 50 km par jour et si nous voulons un jour sans vélo pour les 3 ans de notre petite Princesse, le 1er février, tout en arrivant le 3 février à Vientiane : il faut y aller !

Le fait de savoir que l’étape d’aujourd’hui et de demain vont grimper dans un itinéraire de moyenne montagne n’est pas, non plus, des plus motivants tout comme le vent fort qui s’est levé dans la nuit et qui, forcément, est de 3/4 face ! Il va falloir serrer les dents aujourd’hui !

Nous commençons tout de même par un petit temps de partage et de convivialité dès le 3ème kilomètre où nous célébrons, par des embrassades et une photo souvenir, un nouveau passage de millier de kilomètres.

Pour franchir les collines qui s’annoncent, seule une grosse route s’offre à nous. Le trafic n’est pas incessant mais suffisamment important pour qu’il soit difficile de maintenir une conversation sans être fréquemment interrompu.

Les passages difficiles arrivent : du 10 puis du 20 % qui nous obligent à descendre de vélo pour une nouvelle séance de poussette. Heureusement ça ne dure jamais trop longtemps, 500 mètres au plus, ce qui nous permet de remonter en selle lorsque les pourcentages se font plus doux. Les petites routes nous manquent, leur silence mais également la richesse de ce que nous pouvons y observer.

Heureusement, en nous élevant, le panorama se magnifie et de belles forêts succèdent aux cultures de plaines. De temps à autres, un petit commerce est installé sur le bas côté. A chaque fois, les salutations se font avec de grands sourires qui ont pour effet de nous redonner de l’élan… pour quelques centaines de mètres au moins !

Plus nous montons, plus le vent se calme et laisse alors la place au feu de l’astre solaire. Il recommence à faire très chaud et quelques débuts de crampes viennent nous rappeler que nous devons encore augmenter notre hydratation qui pourtant nous semble déjà très conséquente. Nous nous arrêtons tous les 5 km afin de chercher dans les réfrigérateurs de quelques boutiques un peu de fraîcheur qui contraste avec l’eau de nos gourdes devenue bien trop chaude.

5 km de descente constituent la récompense de la journée et nous amènent jusqu’à une petite ville posée sur cette artère principale. Au regard de l’étape éreintante du jour, et du dénivelé qui nous attend demain, nous nous offrons le luxe d’une deuxième nuit consécutive en hôtel à 14€ la nuit pour nous 5. De quoi bénéficier d’une bonne douche, d’un lieu confortable pour faire quelques exercices scolaires et, surtout, pour s’affaler sur de bons lits afin de favoriser la récupération.

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25 Janvier : Chat Trakam – Ban Noen Phoem : 48 km (7 997 km)

Nous nous sommes organisés pour avoir remis la pièce en ordre et rangé toutes nos affaires avant que les professionnels ne reviennent s’y installer pour une nouvelle journée de travail. Nous partageons le petit-déjeuner lorsque le Directeur arrive… pour s’assurer que nous avons bien dormis et nous apporter un énorme sac de bananes. Bis repetita de cet incroyable accueil.

Il est bientôt 8h00, tous les élèves se réunissent, par classe, sur le grand terrain de sport situé devant le bâtiment principal pour la levée des couleurs. Instant solennel suivi de l’hymne national et de la présentation d’un projet réalisé par un groupe d’élèves. De l’unité, de la fierté et la mise en avant des compétences par la valorisation des élèves. Nous assistons à cet enchaînement quotidien avec admiration. Devant un tel « spectacle » nous nous étions faits tout petits mais le Directeur insiste pour que nous le rejoignions au micro afin de présenter notre voyage aux plus de 500 collégiens réunis ce matin. Une charmante professeur d’anglais se charge de faire la traduction en Thaïlandais et rajoute quelques anecdotes qui l’ont marquées hier soir comme l’inversion de syllabes entre « velo » et « love » ou le fait que nous soyons allés hier à la rencontre de différents groupes d’élèves.

S’ensuivent de nombreux mots d’encouragements des professeurs puis une grande série de photos à laquelle ont du mal à adhérer Esteban qui a les yeux rouges et gonflés ce matin (sans doute une petite allergie… à la poussière ?) et Naïa qui commence peut-être à saturer que des dizaines de personnes par jour viennent toucher sa petite chevelure blonde.

Les élèves partent ensuite à la cantine où, tous ceux qui le veulent, peuvent bénéficier d’un petit dejeuner offert par le collège. Entre les uniformes et le petit-déjeuner, tout est fait pour gommer au maximum les inégalités sociales.

Le Directeur, comme une maman qui voit partir son enfant pour la semaine, arrive avec plusieurs sacs de nourriture tellement il a peur que nous ayons faim sur la route. 1kg de sucre, du café, des biscuits… et plusieurs kilos de clémentines et de bananes, nous pouvons tenir plusieurs dizaines de kilomètres sans problème !

Nous quittons l’équipe enseignante et les élèves avec une belle émotion. Nous avons bien fait d’oser aller à leur rencontre hier après-midi !

Cette expérience occupera un grand nombre de discussions pendant toute l’étape du jour. Parler avec Esteban ou Lalie de l’importance d’être fiers des couleurs nationales tout en sachant accueillir l’étranger, échanger sur le rôle de l’uniforme, de la mise en valeur des projets ou encore se désoler des paroles de notre hymne national loin des valeurs portées par d’autres hymnes (comment expliquer « le sang impur » à des enfants de 8 et 10 ans ? Même en replaçant les paroles dans un contexte historique, elles nous irritent la gorge…).

Ce sont deux belles rencontres qui nous feront sortir de ces discussions intéressantes. Nous croisons, tout d’abord, Rud et Erika puis Jan et Mariette, deux pétillants couples de retraités hollandais qui voyagent à vélo en Asie du Sud-Est pour 5 semaines. Ils voyagent ensemble mais chacun à son rythme et sont peu chargés car n’ont pas d’affaires de camping et dorment à l’hôtel. Ils ont le beau sourire des cyclovoyageurs heureux d’aller découvrir un pays et donc une culture sur leurs vélos. Leur enthousiasme fait plaisir à voir, nous partageons en 3 les clémentines et bananes reçues depuis hier et nous donnons rendez-vous pour de prochaines virées en Europe.

Nous arivons à Nakon Thaï, une petite ville, vers 13h00. Il fait extrêmement chaud. Plus de 50 ° au soleil. Nous recherchons l’ombre et l’eau pour nous abriter et s’hydrater. L’application GPS nous indique que des hôtels se situent à la sortie de la ville. Un peu de confort, de l’air conditionné, une douche et de bons lits pour ravir tout le monde. De quoi retrouver de l’énergie pour une belle séance d’exercices scolaires et l’étude de la carte pour ces prochains jours. La vie est belle !

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24 Janvier : Ban Phae – Chat Trakan : 46 km (7 949 km)

Le gong qui résonne dans la cour du temple vient saluer le lever du soleil et nous rappeler le lieu empreint de sérénité dans lequel nous avons passé la nuit.

Nous émergeons lentement et nous extirpons de nos tentes lorsque l’un des moines arrive avec de quoi se substanter. Petit-déjeuner parfait composé de fruits (une belle pomme et deux mandarines), d’un jus d’orange et d’eau. Nous sommes gênés par toute l’attention que nous apportent à chaque fois les Moines. Eux qui ont fait voeu de pauvreté matérielle partagent le peu dont ils disposent avec un naturel déconcertant et exemplaire. Nos tentatives de refus devant tant de générosité suscitent leur incompréhension et nous finissons donc par accepter en offrant en échange non pas de l’argent, qu’ils refusent systématiquement, mais de petits vélos ou des bracelets (oranges bien sûr !) en guise d’échange d’amitié. Une société sans arrière pensée matérielle et guidée par le seul bien de l’autre. Le retour à la réalité virtuelle et consumériste européenne risque d’être parfois dur à accepter…

La route s’élève rapidement et nous réservera un passage d’un kilomètre à 20 % comme nous n’en avions plus connu depuis le Costa-Rica. Cela nous laisse encore plus de temps pour observer le magnifique paysage qui nous entoure, un paysage qui a endossé les couleurs d’automne allant du vert au rouge en passant par le jaune et l’orange. Des cultures de palmiers à huile et des kilomètres de canne à sucre viennent border la route.

Un restaurant propose de tester une sorte de fondue à la mode Thaïlandaise. Pour cela il faut choisir des légumes, des fruits de mer ou de la viande (enfin le plus souvent du gras) qui sont facturés au poids avant de s’installer dans une petite cahute dans laquelle est allumée un brasero sur lequel on installe une soucoupe remplie en partie d’eau ou de bouillon. Chacun fait alors cuire son repas dans le jus ou à la plancha. Original !

Malgré les difficultés altimétriques du jour, nous avons bien avancé et nous arrivons en début d’après-midi dans un gros village à l’entrée duquel se trouve un grand collège. Nous prenons le chemin de la bibliothèque et demandons à sa responsable qui nous pourrions solliciter afin de savoir s’il serait possible de s’installer sur le stade pour la nuit.

Moins d’une minute plus tard, la Directrice-adjointe est dans la pièce et recherche un lieu plus confortable pour nous. Elle sollicite quelques membres de son équipe et nous demande de la suivre jusqu’à… l’infirmerie ! La fièvre du voyage nous conduit dans ce lieu… non pas en raison des doutes de notre interlocutrice sur notre santé mentale (quoi que ?) mais parce que ce lieu est des plus confortables. Trois lits, des toilettes, une douche (au seau) et un frigo nous attendent. Royal !

Pendant plus de deux heures, nous formons « l’attraction » du collège. Chaque professeur qui parle  quelques mots d’anglais vient discuter avec nous tandis que les enfants sont sollicités pour de longues séances de selfies. Plusieurs groupes d’élèves sont assis sous le préau. Nous passons d’un groupe à l’autre et proposons quelques échanges en anglais sous les yeux ravis de leurs professeurs qui les motivent ainsi à mettre en pratique les leçons apprises.

Peu à peu, le collège se vide. Le lieu est alors propice à quelques exercices scolaires puis à quelques jeux de cour de récréation. Nous passons ensuite une soirée confortablement installés dans cette belle infirmerie,ravis de notre choix d’être allés à la rencontre de cette jeunesse Thaïlandaise.

Vers 22h00, le Directeur passe afin de s’assurer que nous sommes bien installés et nous apporte un énorme sac de clémentines. Incroyable accueil !

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23 Janvier : Uttaradit – Ban Phae : 49 km (7 903 km)

Nous prenons le temps ce matin avant d’enfourcher à nouveau nos montures. Le fait de s’être aperçus hier soir que nous ne pourrions pas suivre la belle vallée, le long de l’un des affluents du Mekong a affecté quelque peu notre enthousiasme de rejoindre bientôt ce grand fleuve.

Qu’à cela ne tienne, nous allons pouvoir profiter de quelques jours supplémentaires dans cette incroyable terre d’accueil qu’est la Thaïlande.

C’est Esteban qui travaille la navigation aujourd’hui et qui est chargé de nous trouver de belles petites routes dans la direction souhaitée.  Il se débrouille plutôt bien, devenant incollable sur la droite et la gauche et annonçant même les rivières ou les temples que nous pourrons bientôt apercevoir.

Des champs de tournesols viennent donner un peu de couleurs aux carrés de rizières dans lesquels on aperçoit parfois des hommes, de l’eau jusqu’aux genoux , en train d’essayer de drainer ces immenses parcelles.

Pour la pause méridienne nous tombons, par hasard, sur un restaurant proposant plusieurs plats dont un succulent Pad Thaï, recette que nous avions du mal à trouver depuis Chiang-Maï. De quoi raviver notre appetit peu ouvert  à l’idée de devoir manger à nouveau une de ces soupes dans lesquelles baignent rognons et coeurs de poulets et dont les Thaïlandais semblent fans.

Nous repartons pour une quinzaine de kilomètres sous une chaleur écrasante. Nous payons notre départ tardif à coût de degrés qui nous imposent fréquemment une pause pour avaler quelques litres d’eau fraîche.

Il est 15h30 et le prochain village est annoncé à près de 20 km. Nous souhaitions retrouver le chemin des écoles et aller à la rencontre d’élèves avant de passer la nuit dans ou près du bâtiment comme nous l’avons fait si souvent en Amérique du Sud et lors de notre première virée en Thaïlande à vélo en 2013. Mais, comme dans certaines zones rurales de notre hexagone, les écoles se sont regroupées en de grands lieux uniques, loin parfois des villages de campagne. L’école la plus proche se trouve à une dizaine de kilomètres. Les élèves qui le peuvent s’y rendent sur le scooter d’adultes (parfois à 4 ou 5 sur le même 2 roues) tandis que les autres restent à la maison à jouer… ou à travailler. Heureusement, et comme dans de très nombreux villages, un immense temple est implanté au coeur du village et ouvert aux visiteurs.

Des Moines habillés de leurs tuniques orange sont en train de balayer devant l’un des autels dédiés à Bouddha. Nous leur montrons une photo de tente et ils nous demandent de les suivre vers un lieu où nous pourrons nous installer. L’endroit est parfait pour accueillir nos deux tentes et nous offrir un temps de repos avant une nouvelle séance d’exercices scolaires.

Pour ce soir, nous avons anticipé et rempli notre bonbonne d’essence au cours de la journée afin de se cuisiner quelques spaghettis que nous avons trouvés hier dans un supermarché d’Uttaradit et des oeufs au plat. Le voyage est une aventure culinaire mais revenir aux plats « maison » fait parfois du bien.

Ce soir nous avons une grande pensée pour Aurélie et Romain, deux beaux et grands voyageurs rencontrés il y a quelques mois à Cusco. Souvenez-vous, ce sont les BikeKitchen . Ils ont fait de superbes vidéos de leur voyage de deux ans en Asie et en Amérique du Sud en pino. Nous allons bientôt rouler sur leurs traces le long du Mekong . Nous leur présentons  tous nos voeux de réussite pour gravir avec toujours autant d’enthousiasme, de joie et de fraternité,  les cols à venir.

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22 Janvier : Uttaradit

Il va falloir que nous réapprenions à « lever le pied » ! Nous vivons tellement des journées intenses depuis près de 9 mois qu’il nous est difficile désormais de rester sans rien faire…

L’adrénaline est là et, dès 8h30, Christophe est déjà en route pour le magasin de vélo tandis que les enfants se préparent à quelques exercices scolaires avec Valérie qui s’occupe également de Naïa motivée par les travaux manuels.

Côté vélo, c’est la vérification à fond du Pino blanc. Vérification du voilage des roues et des disques, mise à niveau de l’huile sur les freins et divers petits réglages pour les kilomètres à venir. Côté école, Esteban et Lalie continuent d’avancer dans leurs programmes. Nous nous attardons également un peu plus sur l’orthographe et la grammaire qui ont parfois du mal à être assimilés. Lors de ces journées où nous prenons le temps et sommes certainement plus à l’écoute nous constatons les apprentissages assimilés et ceux qui restent à approfondir.

En fin de matinée, nous partons pour une « petite » promenade pédestre dans les rues d’Uttaradit. Nous passons par un grand parc équipé d’une ribambelle de jeux que les enfants tiennent à essayer les uns après les autres. Nos estomacs ne sont pas très en forme aujourd’hui (comme quoi le riz c’était lassant mais protecteur…) et nous déjeunerons tardivement, le temps de laisser l’appétit revenir.

En rentrant, nous assistons à des démonstrations de boxe thaï dans la cour d’un collège avant que les enfants ne s’adonnent à la construction de legos que nous avons trouvés au hasard de nos pérégrinations.

Pendant ce temps, les parents replongent dans les cartes pour étudier le futur itinéraire. En effet nous venons de nous apercevoir que la route proposée par toutes nos applications GPS… ne comprend pas de poste-frontière. Nous ne passerons donc pas par Paklay mais devrions rentrer directement par le pont de l’amitié qui rejoint Vientiane, 200 km plus au Sud. Tout un programme ! Il nous faut aussi et surtout bien calculer notre jour d’entrée au Laos. En effet, seuls des visas d’un mois semblent être délivrés et nous devons donc être vigilants à ne pas devoir trop accélérer sur la fin surtout que nous devrions être, à nouveau, accompagnés à ce moment là.

Nous ne veillons pas trop tard ce soir car demain nous repartons à la découverte de cette belle Thaïlande !

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21 Janvier : Ban Thung Phlo – Uttaradit : 66 km (7 854 km)

Les Moines sont aux petits soins avec nous et encore une fois ils insistent pour que nous prenions le petit-déjeuner qu’ils nous apportent. Cela ressemble à des tamales (du riz et une mixture épicée cuits dans une feuille de bananier) mais encore une fois ils y sont allés fort sur le lait concentré sucré. Nous raffolons pourtant de ce dernier mais avons du mal à l’avaler lorsqu’il accompagne un plat salé. Nous prenons donc notre temps… jusqu’au moment où les Moines nous quittent. Nous allons alors offrir discrètement ces mets salés-épicés-très sucrés à une personne qui semble vivre dans la rue.

Nous prenons la route avec l’objectif de rallier Uttaradit. Nous alternons entre une route assez chargée en véhicules mais roulante et plate et de petits chemins de campagne qui zigzaguent dans tous les sens mais nous offrent un peu de répit.

Nous retrouvons un peu d’Amérique centrale dans les paysages que nous traversons : des bananiers, des champs d’ananas et une culture intensive de la canne à sucre dont de gros camions chargés nous doublent en laissant derrière eux une odeur mêlée de gasoil et de caramel.

Nous nous accordons peu de pauses afin d’atteindre notre objectif et de pouvoir nous reposer demain. Les derniers kilomètres se font difficilement. A une quinzaine de kilomètres, nous enregistrons le premier rayon cassé du voyage. Histoire certainement de se dire que nous n’avons pas emporté l’important et lourd matériel de réparation nécessaire au changement de si petits objets pour rien.

Les freins du Pino rouge sont à bout et nous visons un magasin de vélo à l’entrée de la ville pour une oscultation plus en profondeur. Les patins de frein sont tellement usés que cela a commencé à faire travailler les pistons. Il était temps de les changer et d’utiliser notre dernière paire de patins de rechange. Des pièces qui selon notre velociste du jour ne se trouvent pas en Asie du Sud-est. Heureusement, nous allons pouvoir compter prochainement sur de nouvelles visites qui pourront nous en apporter. Tant qu’à y être, nous faisons le niveau des freins hydroliques du Pino rouge et prenons rendez-vous demain matin pour faire un check-up complet du Pino blanc.

Il est 15h30 et toute l’équipe est affamée. Après avoir mangé du riz blanc matin, midi et soir depuis presque trois jours nous ne rêvons que d’une chose : une bonne pizza. Nous serons même prêts à faire trois kilomètres supplémentaires pour transformer ce désir, qui peut sembler étrange, en réalité.

Une fois nos estomacs substantés nous nous mettons à la recherche d’un hébergement pour les deux prochaines nuits. Mais l’offre hôtelière semble restreinte à des hotels de luxe bien trop dispendieux pour notre budget. Nous parcourons la ville en long et en large jusqu’à trouver une offre intéressante (500 baths soit 18 € pour 4 couchages avec le petit-déjeuner inclus).

Nous profitons d’une douche chaude et d’un peu de repos pour recharger des batteries qui nous permettent de ressortir dîner en ville. Demain la consigne est : récupération ! Nous partirons ensuite, après-demain sur la route de la frontière Laotienne.

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20 Janvier : Ban Maï – Ban Thung Phlo : 70 km (7 788 km)

2h00 du matin : les échanges verbaux sont tellement forts que nous avons l’impression d’avoir oublié de fermer la porte. Non, en fait, la porte (pour une fois que nous en avons une !) est bien fermée mais un groupe d’hommes bien éméchés vient d’arriver et le degré d’alcool est tel qu’ils ne semblent pas avoir réalisé que des personnes pouvaient essayer de dormir dans les chambres voisines.

Nous sortons pour leur faire signe, ressortons pour essayer de leur parler mais notre Thaïlandais est si pauvre que nous n’avons aucun mot pour la variante qui pourrait être perçue par des cerveaux bien imbibés d’alcool.

Cela finit par se calmer mais il nous sera difficile par la suite de replonger dans les bras de Morphée. Nous avions prévu un départ matinal mais nous sommes tellement « au radar » que nous laissons filer et prenons notre temps pour partir (en évitant tout de même de faire trop de bruit, histoire de montrer à nos voisins de pallier la courtoisie à la française…).

La route secondaire que nous empruntons ne comprend pratiquement pas de circulation mais n’est pas très attrayante. Nous mettons en marche notre petite enceinte bluetooth et pédalons au rythme des Flagrants Délires. Les kilomètres défilent plus vite en musique…

Nous trouvons enfin une petite route parallèle. Elle est en terre, certes, mais casse la monotonie des longues lignes droites de bitumes. Nous retrouvons alors quelques champs d’ananas et d’immenses orangeraies aux arbres croulant sous les fruits mûrs. Un cueilleur, qui a sans doute perçu notre déficit en vitamines, nous court après en nous demandant de nous arrêter. Une fois à notre niveau il nous tend de belles clémentines en nous indiquant « No chemical, only organic ». Généreux avec l’Homme, généreux avec la nature : encore un bien bel exemple pour nous tous. Nous le remercions et il nous faut le réfréner avant qu’il ne vide tout le contenu de son sac dans la carriole. Nous repartons enrichis de vitamines gustatives et humaines.

Nous retrouvons la route et décidons d’avancer au maximum aujourd’hui dans l’objectif de pouvoir atteindre Uttaradit dès demain et disposer ainsi d’une journée sans vélo après-demain.

Les kilomètres défilent mais il fait chaud et les jambes deviennent lourdes. Nous atteignons enfin une petite ville qui contient en son centre un beau temple. En plus d’être des lieux de culte, ces constructions représentent de superbes oeuvres d’art qui émerveillent nos pupilles.

Nous rencontrons un Moine qui nous donne l’autorisation de nous installer sous un préau équipé de prises électriques ce qui nous permet de recharger tout notre matériel numérique. Pas de WiFi encore ce soir mais nos derniers articles sont programmés et nous devrions être à nouveau connectés demain. Bien que la diffusion des articles avec 6 jours de retard puisse causer de la frustration chez certains de nos lecteurs (et pour nous mêmes parfois car à quelques jours près nous pouvons vivre des choses bien différentes) nous ne regrettons pas ce choix de la programmation et du délai ainsi accordé afin de ne pas courir chaque jour après une connexion. Cette liberté nous permet de nous arrêter n’importe où comme ce soir, aux pieds d’un Bouddha doré.

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19 Janvier : Tung Ton – Ban Maï : 48 km (7 718 km)

Nous avons passé la nuit entre la caverne d’Ali Baba et deux immenses kakemonos sur lesquels figurent le défunt Roi et la Reine. Ambiance surréaliste et apaisante. Au petit matin, après la prière des Moines, toutes les grand-mères du village semblent venir nous saluer. Les enfants dorment encore et sont étudiés sous toutes les coutures par ces mamies aux grands éclats de rire. Nous ne comprenons pas grand chose de ce qu’elles essayent de nous dire mais elles semblent stupéfaites par le fait que nous amenions trois enfants sur nos vélos. Pensent-elles que nous sommes des parents indignes ou d’intrépides voyageurs, nous ne le saurons jamais…

Le responsable des Moines arrive avec le petit-déjeuner. Encore une délicate attention que nous remercions avec nos quelques mots en langue Thaï. Quand nous ouvrons le sachet nous découvrons des roulés aux saucisses généreusement arrosés de lait concentré sucré. Disons que c’est… spécial ! Par politesse nous goutons puis, pour ne pas froisser notre hôte, regoutons… et ainsi de suite jusqu’à finir le paquet. Pas de doute, nous sommes bien calés et pouvons repartir !

De l’énergie il nous en faudra justement pour passer le col d’une quinzaine de kilomètres qui nous attend rapidement. Pour le passer, pas de petites routes mais la Highway et son bas – côté. Ça ne monte jamais très fort (maxi à 10 %) mais c’est long et peu agréable. En parcourant la descente bien pentue qui suit, nous nous sentirons tout de même chanceux d’avoir grimpé dans le bons sens.

Au bout d’une vingtaine de kilomètres, il nous faut faire un choix. L’objectif est de rallier Uttaradidt, dernière grande ville avant une vallée qui nous conduira aux portes du Laos… et du Mekong ! Nous avons le choix entre la route directe qui suit la Highway et qui rejoint Uttaradit au bout de 110 km ou de prendre une route plus au Sud qui passe principalement par des routes secondaires mais qui place Uttaradit à plus de 150 km. La réflexion est courte, nous choisissons rapidement la voie de la liberté qui nous vaudra une journée de plus à vélo mais surtout la joie de goûter à nouveau à ces chemins ruraux qui nous enchantent.

Dès les premiers kilomètres nous savons que nous avons fait le bon choix en pénétrant dans une immense forêt bordée de plantations d’héveas. Nous nous arrêtons pour regarder la sève couler dans de petites coupoles en plastique placées à la base des troncs. Du caoutchouc à l’état pur que découvrent avec étonnement les enfants.

Naïa profite de ces pistes en terre battue pour s’asseoir sur les genoux de sa grande soeur et rouler ainsi plusieurs kilomètres en s’émerveillant à chaque passage d’oiseaux ou de papillons. Un beau spectacle que de les voir échanger toutes les deux sur la beauté du Monde.

En milieu d’après-midi, nous arrivons dans une petite ville qui comprend quelques hôtels. Les jambes commencent à être lourdes et une nuit sur un bon matelas n’est pas pour déplaire aux plus jeunes. Une douche chaude permettra même de regagner un peu d’énergie pour une petite séance d’exercices scolaires. Les jambes et la tête sollicités, nous pouvons aller dîner avant d’aspirer à une bonne nuit de sommeil.

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18 Janvier : Hang Chat – Tung Ton : 53 km (7 670 km)

La pelouse a beau être confortable, elle se révèle extrêmement humide au petit matin. La nuit, elle a été bien fraîche et nous a amené à ressortir les duvets que nous n’avons pas utilisés depuis plusieurs semaines.

Nous prenons le temps de faire tout sécher, partageons le petit-déjeuner puis allons remercier nos hôtes policiers avant de reprendre la route.

Comme avant hier c’est dans un labyrinthe de petites routes rurales que nous progressons. Grâce à notre application GPS nous circulons sur de belles pistes cyclables, invisibles sur notre carte papier. Nous nous laissons porter par le guidage de Lalie et nous nourrissons du spectacle vivant qui nous entoure. De chaque côté de la route des rizières, des vaches et autant de petits oiseaux blancs , de jolis papillons et… des serpents ! … bien vivants ! L’un d’eux se fait dorer au soleil et, nous sentant arriver, se tend en notre direction avant de reculer et de s’enfoncer dans les fourrés. La scène a été si rapide que, concentrés sur une possible retraite, nous n’avons pas pris de clichés. Pendant un long moment aucun de nous n’a évoqué le souhait de dormir en pleine nature…

L’itinéraire nous conduit parfois sur de beaux chemins en terre qui restent carrossables et ne font que magnifier le paysage. Nous en profitons pour faire quelques clichés terrestres mais également aériens grâce au beau cadeau que nous a apporté le Père Noël.

Lors des repas nous apprenons un nouveau mot pour ne pas nous retrouver rapidement avec le palais en feu : « Mai Phet ». De petites gargottes situées aux abords des villages proposent des plats à base de riz ou de pâtes souvent accompagnés d’abats que nous déclinons poliment. La communication est parfois complexe mais après avoir tenté un « Mai Phet » sous diverses variations sonores nous arrivons désormais à obtenir des plats absorbables par nos papilles européennes.

Nous prolongeons un peu au-delà de l’objectif kilométrique que nous nous étions fixés afin d’être au plus prêt du col qui nous attend demain. La route s’élève puis retombe dans un paysage qui continue à nous émerveiller. Ce réseau secondaire du Nord de la Thaïlande est à conseiller à toute personne qui voudrait s’essayer au voyage à vélo à l’étranger. Une destination à la fois sûre et extrêmement dépaysante sans oublier l’extrême amabilité et générosité des Thaïlandais. Tout au long de la route, on nous offre de l’eau, du soda frais et des centaines de sourires. Alors que nous rentrerons, dans quelques mois, dans notre cher hexagone qui semble être devenu la patrie des grimaces, nous faisons le plein de ces beaux visages ensoleillés par des rictus naturels et contagieux. Le pays du sourire.

Nous atteignons un petit hameau dans lequel se trouve un magnifique temple aux couleurs éclatantes. Nous pénétrons dans son enceinte et allons solliciter un Moine afin de lui demander l’autorisation d’installer nos tentes dans la cour de cette maison de Bouddha. L’accord est immédiat. Le Moine nous installe au premier étage d’une terrasse ouverte avant de revenir nous chercher pour nous installer dans une immense pièce où sont entreposés toutes les statues, vases et autres objets en métaux précieux. Quelques minutes plus tard il revient pour nous offrir de l’eau et du lait chocolaté pour les enfants. Incroyable ! Esteban a aussitôt cette réflexion  » Dis Papa, en France personne n’aurait osé proposer à des étrangers de dormir dans un endroit comme celui-ci, n’est-ce pas ? ». Il y a des jours où nous aimerions emporter sur nos porte-bagages tous les français bercés par la peur de l’autre pour leur montrer les témoignages d’humanité qui nous sont offerts chaque jour. Ce soir encore ces Moines avec lesquels nous ne partageons pourtant pas la langue nous démontrent, une nouvelle fois, l’incarnation de cette phrase : l’étranger est un Ami que l’on ne connait pas encore…