16 Avril : Echairi – Urnieta : 84 km (10 736 km)

La pluie qui est tombée hier soir n’a fait que confirmer que nous étions bien à l’abri. Ce sont des trombes d’eau qui se sont abattues en l’espace de deux heures, commençant à inonder les rues et à dévaler les pentes environnantes.

Ce matin tout est revenu au calme et c’est sous un beau ciel bleu que nous reprenons la route. Nous savons que la journée risque d’être longue et difficile et ne tardons pas.

Le relief est vallonné mais passe par de superbes endroits. De forêts en rivières nous avançons à notre rythme. Au bout d’une vingtaine de kilomètres nous croisons notre premier cyclovoyageur depuis notre arrivée dans la péninsule ibérique. Il s’agit d’un basque espagnol qui part pour la première semaine de voyage à vélo de sa vie. Il nous indique qu’à une dizaine de kilomètres se trouve un village traversé par une voie verte qui pourrait nous amener pratiquement jusqu’à San Sebastian.

Nous avions prévu de couper et d’emprunter une autre route mais la perspective de circuler sur cet axe interdit aux véhicules à moteur nous tente bien. Nous changeons donc de plan même si cela impliquera quelques dizaines de kilomètres supplémentaires. C’est cela que nous aimons dans le voyage à vélo : pouvoir changer de route au gré des rencontres…

Nous ne le regretterons pas car cette voie verte est splendide. La via Plazaola s’étend sur plus d’une centaine de kilomètres et constitue un itinéraire parfait pour qui veut s’essayer au voyage à vélo sur quelques jours. Le dénivelé est réel mais il peut tout à fait convenir à des familles. De nombreux ponts et de très nombreux tunnels agrémentent le parcours même si, dans ces derniers, les pluies torentielles d’hier soir gouttent à travers les arches en pierre et créent de grosses flaques d’eau à traverser.

Nous arrivons dans la petite ville d’Andoain qui marque la fin du tracé et profitons de passer à côté d’un petit supermarché pour faire quelques provisions. Nous projetons de faire du camping sauvage ce soir et essayons de sortir d’une suite d’agglomérations afin de trouver un coin pour nous installer. Nous demandons confirmation de la route à prendre à un cycliste local et remontons afin de trouver le départ d’une nouvelle piste cyclable.

Au passage d’un dos d’âne tout à fait classique, une des roues de la carriole se plie. L’axe qui supporte la roue a cassé ! Il est pratiquement 20h00 et cela s’annonce compliqué ! Edu, le cycliste à qui nous avions demandé notre direction arrive alors en voiture afin de s’assurer que nous avons trouvé la bonne route qui doit nous amener vers la piste cyclable. Il nous sera d’une aide précieuse. Pendant près de deux heures il va appeler tous les hôtels de la localité afin de nous trouver une chambre. Mais ils sont tous complets. Vacances de « la semana santa » oblige ! Deux dames arrivent également et suggèrent d’appeler « los municipios » qui gèrent l’entretien des bâtiments publics mais également la police municipale.

C’est un véhicule de cette dernière qui viendra à notre rencontre. Un policier nous proposera alors de passer la nuit dans le local des agents d’entretien tandis que l’entreprise sur le parking de laquelle nous sommes désormais situés suggère de garder la carriole endommagée pour la nuit. Edu, lui, se propose de revenir chercher Christophe demain matin à 9h00 afin de trouver une solution pour la roue endommagée.

Lalie et Esteban repartent donc, pour leur plus grand plaisir, dans le véhicule de la police dont toutes les options leurs seront présentées en détail. Nous les rejoignons à vélo et nous installons dans un bureau situé au premier étage de ce vaste hangar.

Nous nous préparons quelques pâtes afin de nous remettre de ces émotions et nous nous écroulons sur nos tapis de sol.

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15 Avril : El Molino – Echairi : 32 km (10 642 km)

La nuit a été bien courte mais nous voulons profiter un maximum les uns des autres. Le sommeil attendra ce soir !

Nous rangeons le camp, discutons, plaisantons. Il est 12h00 lorsque nos Amis nous quittent pour Bayonne où Yves et Zafer vont prendre le train pour Paris avant que les autres intrépides voyageurs ne repartent pour la Provence et les Alpes. Quel bonheur d’avoir passé ces deux dernières journées en leur compagnie. Un concentré de plaisir autant partagé par les adultes que par les enfants.

Après leur départ nous trainons un peu. Nous avons été sevrés de WiFi depuis Madrid et nous profitons donc de la connexion locale pour préparer les prochains envois sur le blog et lire les nombreuses réactions suite à la diffusion du reportage de M6.

13h30, il est temps de reprendre la route. Une belle montée nous attend à la sortie du camping. Nous nous trouvons bien lourds avec toutes nos sacoches dont nous avions été libérés durant un jour et demi. Suite aux aventures policières de la veille, nous avons repéré une série de petites routes qui devraient nous éviter les foudres des autorités locales.

Nous traversons une forêt de pins à l’odeur si chattoyante que nous oublions que cela continue à monter. Nous redescendons enfin pour longer une rivière au bord de laquelle nous croisons quelques pèlerins de St Jacques de Compostelle qui viennent de passer Pampelune avec leurs gros sacs ornés de la célèbre coquille.

Nous continuons à avancer un peu mais le ciel commence à gronder. Un gros orage s’annonce. Nous trouvons un gite communal qui pourra nous accueillir ce soir. Il était temps. Des trombes d’eau s’abattent sur cette petite bourgade. Nous restons bien au sec et partageons un grand apéritif dînatoire (nous sommes en panne de carburant…) avant de passer une confortable soirée au chaud.

Demain , une grosse étape s’annonce afin de se rapprocher au maximum de la frontière française.

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14 Avril : Valverde – El Molino : 58 km (10 610 km)

Mesdames et messieurs bonjour,

 

Attention cet article n’est pas rédigé par les protagonistes de la Vélovefamily. Il n’est pas dans la lignée des précédents et risque de choquer certains d’entre vous.

Comme vous, nous suivons avec un plaisir démesuré les aventures de cette famille ordinaire qui vit des moments extraordinaires. Nous tremblons face aux conditions extrêmes qu’ils traversent. Aussi en les rejoignant, nous sommes équipés pour affronter l’hiver glacial ibère annoncé.

Que nenni !, les doudounes et autres polaires resteront dans le sac alors que la crème solaire est de rigueur.

Tout le long de la journée, nous cherchons une montée qui nous permettra d’utiliser autre chose que le gros plateau…

Ce jour, les 14 membres de la joyeuse équipe de 3 à 69 ans, s’agite dès 7h30 et, très rapidement se retrouve en selle vers… 10h !

Après de longs plats au vent favorable, les premières descentes ne tardent pas à arriver. La caravane avance bon train sur 6une grosse route jusqu’à ce que deux voitures de police bloquent notre convoi. Nous cumulons une longue liste d’infractions : casques manquants pour certaines fortes têtes, manque de couleurs vives pour d’autres, divagation d’enfant en bas-âge en carriole (si si, on nous certifie que les carrioles c’est interdit ici !?) et autres présence d’ORNI (Objet Roulant Non Identifié de notre ami Zafer avec son handbike motorisé ), etc…

Pedro (Christophe) négocie ardemment pour ne pas se faire confisquer les engins des délits et obtient une escorte jusqu’à la prochaine route secondaire où nous retrouverons notre liberté.

Pendant le pique-nique dans la pinède, nous réajustons l’itinéraire pour l’après-midi. La suite se fera sur des pistes de terre beaucoup plus accidentées et verra quelques-uns gratter le revêtement avec les coudes ou les genoux. Naïa défèque en autonomie pour la deuxième fois ! Youpi !

Pour passer ensemble cette deuxième soirée, nous visons un camping à quelques kilomètres. Apéro cerveza con limon puis visionnage sur « écran panoramique » d’un téléphone portable de quelques morceaux de l’émission  » Zone interdite « . La fin de la soirée verra se dérouler des moments forts entre amis comme on n’en avait pas vu depuis bien longtemps…

 

Aurélie, Yves, Zafer, Fifou et Jojo

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13 Avril : Tejado – Valverde : 70 km (10 552 km)

Evaristo vient ouvrir son commerce vers 9h00. L’heure de venir partager un café avec lui avant de repartir vers de nouvelles Aventures. Nous garderons certainement longtemps en mémoire cet incroyable accueil et cette belle nuit passée dans la salle du restaurant.

Nous avons encore un col à franchir aujoud’hui. Cette région de l’Espagne est déserte mais bien bosselée, pas étonnant que la péninsule ibérique ait offert tant de champions au cyclisme avec de tels profils. Nous croiserons d’ailleurs quelques sportifs descendant à toute allure et s’échauffant pour le championnat national de duathlon qui se tient ce week-end dans la ville, toute proche, de Soria.

Il ne nous reste plus que deux kilomètres pour franchir le col lorsque deux voitures ralentissent à notre niveau… et dont les passagers affublés de perruques se mettent à crier. Incroyable : les copains sont là ! Ces incroyables Fifou et Aurélie avec Louise et Paul, leurs enfants, Jojo avec ses beaux ados, Jeanne et Simon, Yves, notre cher Doc de l’Odyssée et le courageux Zafer ont tous fait plus d’un millier de kilomètre pour venir à notre rencontre.

Nous nous arrêtons sur le bord de la route, les larmes aux yeux et avec la furieuse envie de les serrer fort dans nos bras.

Nous n’avions rien vu, rien perçu. La surprise est totale et nous mettons un petit moment à nous en remettre. Paul et Simon prennent place sur les Pinos pour passer le col et nous dévalons la pente jusqu’au premier village où nous nous retrouvons tous pour un pique-nique amélioré de délicieux mets apportés de France.

Dans leur folie, nos géniaux compagnons ont même apporté leurs vélos sur une grande remorque. C’est un beau peloton jaune qui s’élance donc pour quelques dizaines de kilomètres supplémentaires.

Nous traversons un des rares villages du jour. Il y a de l’animation autour des bars. Nous nous arrêtons et demandons aux personnes présentes si il y aurait un local qui pourrait nous accueillir pour la nuit. La fête annuelle du village avec chevaux et danses sévillanes bat son plein mais nous assisterons encore à un vaste élan de solidarité. Dans un premier temps, ils vont chercher le Maire mais celui-ci, qui semble un peu amoché par une après-midi de fête semble plus pressé de retourner retrouver son verre que d’essayer de nous aider. Les habitants ne veulent pas nous voir repartir et vont alors remuer ciel et terre pour nous trouver un toit pour la nuit. Après avoir exploité de nombreuses pistes, deux d’entre eux nous proposent de nous installer dans leurs spacieux garages. Nos vélos seront en lieu sûr et nous serons au chaud.

Nous allons fêter cette soirée de retrouvailles… au bar-restaurant voisin. Une belle fin de journée toute en modération mais avec un plaisir indescriptible de se retrouver.

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12 Avril : La Barbolla – Tejado : 79 km (10 482 km)

Nous avons passé la nuit, lovés les uns contre les autres autour du petit chauffage électrique de la salle municipale.

Nous nous levons tranquillement, partageons le petit-déjeuner avant de ranger la pièce, passer un coup de balai et aller rendre la clef à notre unique voisine.

Depuis Sigüenza, nombreux sont ceux qui nous ont parlé de « la cuesta de Paredes », une belle montée aux allures de petit col qui nous attend après quelques kilomètres d’échauffement. Nous y allons tranquillement et admirons une dernière fois cette belle vallée. Une fois arrivés sur le plateau, les longues lignes droites sont encore là, le vent également mais les petits villages qui faisaient le charme de l’étape d’hier, eux, ont disparu. La route devient alors plus monotone même si les champs cultivés de part et d’autre offrent une palette de couleurs bien appréciable.

C’est droit mais c’est loin d’être plat et nous ne cessons pas d’osciller entre les 1 000 et 1 200 mètres d’altitude.

Il est 14h00 lorsque nous atteignons la belle citée d’Almazan. Nous sommes à l’heure espagnole, il est temps de déjeuner ! Nous trouvons un magnifique jardin municipal au coeur duquel trône un beau parc de jeux. Un endroit parfait pour pique-niquer sous un doux soleil qui vient enfin nous réchauffer.

Nous avons toujours du retard sur notre avancée prévisionnelle et repartons donc en nous disant que nous nous arrêterons d’ici une vingtaine de kilomètres. Et ce sera bien suffisant car le vent a redoublé d’intensité et outre l’effort supplémentaire qu’il sollicite il refroidit grandement l’air ambiant. Nous puisons dans nos réserves (largement reconstituées depuis notre arrivée en Espagne) et avançons jusqu’à trouver un petit village à quelques encablures de la route principale.

Le village est désert. Personne à la Mairie, personne à l’Eglise, seul un bar-restaurant semble encore ouvert. Nous rentrons afin de savoir si il n’y aurait pas une salle communale qui pourrait nous accueillir et après nous avoir accompagnés jusqu’à la « casa rural », la petite salle polyvalente du village, Evaristo et Angie viennent nous rechercher pour nous inviter à dormir… dans leur restaurant! Il y fait chaud et ils redoubleront de générosité pour que nous y soyons bien. Evaristo nous prépare du « lomo a la plancha » et une succulente « tortilla de patatas ». Les difficultés du jour sont vite gommées par cet incroyable accueil.

Quelques habitués viennent boire un verre. Nous discutons avec chacun et trouvons dans ce petit village perdu, de la province de Castilla y Leon, une chaleur humaine qui enrichit encore notre petite aventure familiale.

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11 Avril : Jadraque – La Barbolla : 54 km (10 403 km)

Le thermomètre annonce un petit 0,3° lorsque nous remontons sur nos vélos ce matin. Les montagnes qui enneigent l’horizon et le blanc qui recouvre les bosquets visibles sur les collines environnantes confirment que l’hiver a bien fait son retour.

Les nuages de ces derniers jours ont disparu, ce qui accroît certainement le sentiment de fraîcheur mais nous offre un magnifique ciel bleu. Nous enveloppons Naïa dans son duvet et quittons ce salutaire abri paroissial pour commencer par quelques kilomètres d’une belle montée.

Le profil de l’étape est exigeant. Les côtes, parfois bien pentues, s’étirent sur de longs kilomètres et les temps de récupération se font rares. Nous traversons une espagne rurale frappée par la désertification de ses petits villages. Bien que vallonné, le paysage est splendide et le trafic quasi-inexistant.

Nous avons rendez-vous à Sigüenza, une magnifique petite ville ancrée dans une vallée de cette Castilla-la-Mancha sauvage et splendide. Christophe souhaitait pouvoir remercier de vive voix les filles d’une cousine de sa grand-mère qui ont accompagné l’une des soeurs de cette dernière lors de ses derniers jours. Une grand-tante de Christophe donc, décédée en Novembre dernier à l’âge de 89 ans et que nouvs avions prévu de revoir lors de notre passage en Espagne.

Dolores, Anuncia et leur oncle Severino accueillent toute la famille avec une chaleur bien réconfortante après une matinée glaciale.

Nous déjeunerons tous ensemble avant de monter, à pied, au cimetière situé au sommet de cette superbe citée médiévale qui abrite un magnifique château et une cathédrale aussi imposante que remarquable.

Nous adressons de chaleureuses pensées en direction de la Tía Juliana et les accompagnons d’un petit bouquet de roses… et de petits vélos en fil chenille.

Nous passons ensuite remercier les Soeurs qui gèrent la maison de retraite où Tía Juliana a vécu ses dernières années et reprenons nos vélos.

Après deux nouveaux kilomètres de montée pour atteindre le plateau qui surplombe la ville nous retombons dans la difficulté. Une loooonnnngue ligne droite en faux plat montant et un vent de face violent forment alors un cocktail à rendre dépressif le plus joyeux des Casimirs ! Heureusement, nous savons que la fin de l’étape est proche. Nous avions visé un petit hameau où Christophe se souvient avoir passé quelques semaines estivales lorsqu’il avait l’âge de Lalie.

Le vent est redevenu glacial et il est temps de rechercher un abri pour la nuit. Dans ce village, jadis très vivant, seules vivent désormais deux familles d’agriculteurs. L’une d’elles est présente et contacte le Maire du secteur qui proposera que l’on nous ouvre une petite salle communale. Ce dernier, Toni, passera un peu plus tard, se souvenant très bien de Christophe lorsque celui-ci arpentait le village en culottes courtes.

Quelques pâtes et des yaourts (nous avions oublié comme c’est bon !) viennent ravir les enfants qui, encore aujourd’hui, ont été bien courageux face à l’adversité de la météo.

Demain, nous poursuivrons notre route vers le Nord, cette route où chaque kilomètre nous rapproche désormais un peu plus de la France.

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10 Avril : El casar – Jadraque : 74 km (10 350 km)

La douce chaleur de notre salle communale nous a permis de passer une nuit confortable. Nous essayons de partir dès les premiers rayons du soleil car nous savons que la journée risque d’être longue et que la pluie est, à nouveau, annoncée à partir de la mi-journée.

Nous laissons une petite carte de remerciements pour Teresa, faisons un court arrêt devant le magasin de vélo de Millan afin de pouvoir lui envoyer une photo destinée à sa page Facebook , puis partons par de petites routes de campagne.

L’application de cartographie nous propose, à nouveau, d’emprunter des sentiers pittoresques. Nous nous y risquons. Nous sommes sous le charme de cet environnement qui, avec un temps plus clément, aurait constitué de superbes spots de camping.

Le chemin, lui, devient de plus en plus gras et nos garde-boue n’ont jamais aussi bien portés leur nom. Notre avancée devient laborieuse et nous laissons dans cette traversée une bonne dose d’énergie.

La vue, magnifique, estompe les difficultés. Nous apercevons de nombreux lièvres et chevreuils qui sautillent dans d’immenses champs de blés. A chaque fois, nous sommes sous le charme.
Nous réussissons à rejoindre une petite route et la suivons vers le Nord. Le ciel s’assombrit et nous apercevons, au loin, des rideaux d’eau qui s’abattent sur l’horizon. Les nuages se rapprochent et, en haut d’une énième montée, c’est un mélange de grêle et de neige qui nous cueille.

Un village est posé sur une colline voisine. Nous grimpons sous la tempête et nous abritons dans le bar qui fait également office de centre social. Un chocolat chaud et quelques plats chauds viendront nous réchauffer et nous permettront d’apprécier encore plus cette pause plus que salutaire.

Après deux bonnes heures de réchauffement, un rayon de soleil fait son apparition. Nous en profitons pour continuer et essayer d’avancer au maximum. Nous visualisons sur la carte une voie ferrée et une rivière, signes d’une zone plutôt plane. Nous nous y engageons mais rapidement la route secondaire se transforme en chemin forestier. Malgré la fatigue et les nombreuses flaques d’eau, nous arrivons à trouver bien du plaisir dans cette espace de pure liberté. Une rivière, gonflée par les dernières pluies, vient brusquement couper le chemin sur plusieurs dizaines de mètres. Excepté , rebrousser chemin sur une dizaine de kilomètres,  il n’y a guère d’autre alternative que d’essayer de traverser. Nous nous y employons malgré une eau fraîche et parfois profonde. Nous savons qu’il y a un village à moins de 10 kilomètres et donc que la fin de l’étape se rapproche certainement.

Quelques dernières montées et nous atteignons enfin Jadraque. La Mairie est déjà fermée mais une dame qui passe par là nous aiguille vers le prêtre de la paroisse. Nous faisons alors la connaissance du Padre Juan. Dreadlocks, piercing et jean, son style dénote avec les prêtres que nous avons l’habitude de croiser en France. Il nous demande de l’attendre quelques minutes puis revient pour nous ouvrir une petite maison, dans le village, que la Paroisse gère pour les personnes de passage. Nous sommes à près de 1 000 mètres d’altitude et les prévisions météo annoncent une température proche de 0 cette nuit. Ce chaleureux accueil est donc le bienvenu.

Une douche chaude, un repas maison et une nuit sous d’épaisses couvertures devraient nous permettre de repartir demain, en pleine forme, vers de nouvelles aventures…

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9 Avril : San Sebastian de los Reyes – El casar : 31 km (10 276 km)

Tarek nous aura donné une incroyable leçon l’hospitalité. Sa bonne humeur permanente, sa confiance et ses multiples attentions font qu’il est très difficile, pour tout le monde, de se quitter ce matin. Nous partageons un dernier petit-déjeuner avec lui, allons embrasser sa maman et reprenons la route après de chaleureuses et sincères embrassades.

La pluie est annoncée à partir de 14h00 alors nous essayons d’en profiter ce matin. Nous passons à nouveau par de nombreux chemins de terre plus appropriés pour les VTT que pour les Pinos .  Notre moyenne horaire n’est pas très élevée mais nous prenons beaucoup de plaisir dans ces circuits à travers champs.

Nous nous régalons d’entendre les enfants redécouvrir, avec l’enthousiasme des premières fois, certains éléments que nous n’avons plus côtoyés  depuis 11 mois. « Oh, regarde des coquelicots ! et ici des sapins ! Ouaouh, ces champs de colza et ces cigognes qui nichent en haut des poteaux électriques, c’est magnifique ! ». Se souvenir des choses simples…

Le soleil commence à se voiler, la température dégringole d’un coup et toute l’équipe se couvre au maximum. Nous trouvons refuge… dans une station service ! Nous qui les recherchions il y a encore quelques semaines afin de bénéficier quelques minutes de la fraicheur de leur climatisation, nous sommes heureux ce matin de trouver la chaleur proposée par cette dernière.

Nous repartons avec l’objectif d’atteindre, à  minima, le prochain village. A l’entrée de celui-ci un rayon de soleil et une aire de jeu nous accueillent. L’endroit est parfait pour notre pique-nique du jour au cours duquel nous redécouvrons le luxe de manger un sandwich jambon-beurre et du fromage. Nous avions oublié à quel point c’est bon. Se souvenir des choses simples…

Une averse met fin brusquement à cette pause méridienne. Pas d’hébergement touristique dans cette localité et vu le froid annoncé pour cette nuit (nous sommes remontés au-dessus de 800 mètres d’altitude et il est prévu 1 à 2 degrés) il nous sera difficile de rester dehors. Nous nous rendons donc à l’hôtel… de ville ! Nous expliquons notre situation et après quelques tergiversations une dame, Teresa, nous amène jusqu’à « la casa de los jovenes », un espace dédié aux activités en faveur de la jeunesse.

Il y fait chaud et une salle vide fera un parfait dortoir.

Christophe en profite pour amener le Pino rouge chez un velociste qu’il a repéré sur le chemin. La réparation de fortune effectuée hier n’a pas tenu et chaque montée provoque une symphonie de claquements suivie, le plus souvent, d’un déraillement…

Il tombe sur Millan de Mira Bike qui ne comptera ni son temps ni son énergie pour essayer de trouver des solutions à chaque petit problème. Il est désolé de ne pas disposer de cassette 9 vitesses mais nous le rassurons car pour franchir les prochaines montées , mieux vaut compter sur 8 vitesses qui fonctionnent plutôt que 9 qui déraillent.

Nous en profiterons également pour changer le disque de frein arrière qui commençait à montrer quelques signes de fatigue. En plus de nous facturer un prix très raisonnable au regard des pièces changées et du temps passé, Millan tiendra à nous offrir de multiples petits cadeaux, ému par notre aventure familiale. Nous porterons donc désormais quelques souvenirs de son club de vélo.

Après un bon plat de pâtes maison amélioré de quelques morceaux de fromage et de crème nous nous couchons en pensant à toutes ces belles personnes que nous avons eu la chance de rencontrer aujourd’hui. Tarek, Teresa, Millan… ils nous ont aidés.. pour le plaisir ! Se souvenir des choses simples…

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8 Avril : San Sebastian de los Reyes

La maison de Tarek se transforme en studio de télévision ce matin. L’équipe technique arrive la première afin de préparer la pièce, noter tous les reflets possibles, apporter une vigilance particulière à tout ce qui pourrait être aperçu en arrière plan…

La présentatrice de l’émission arrive ensuite avec maquilleuse et coiffeur. Ophélie Meunier nous apparaît aussi pétillante qu’à la télé. Très naturelle, elle arrive à mettre facilement les enfants à l’aise, eux qui commençaient à être impressionnés par tant d’agitation et de mise en scène.

Les interviews commencent. Ce sont celles qui sont destinées à être diffusées en fin d’émission. Nous essayons d’oublier les caméras et de répondre le plus spontanément possible. Nous ne sommes pas certains du résultat et nous nous disons souvent, après coup,  que nous aurions dû dire ceci ou cela. Les enfants essayent d’oublier leur timidité pour répondre à des questions, parfois complexes mais qui sont toujours posées avec beaucoup de tact et d’empathie par Ophélie.

L’équipe technique est bien sympa également. Philippe, l’ingé-son leur montre quelques techniques pour éviter les bruits parasites avant que David ne leur laisse la caméra entre les mains pour un jeu de questions inversées.

Nous ne savons pas trop ce que cela va donner ou comment cela va être perçu mais, quoi qu’il en soit, ce reportage restera une belle expérience vécue en famille avec, à chaque fois, des professionnels aux belles qualités humaines.

Toute l’équipe part filmer les images d’amorce et les lancements dans un parc voisin. La météo s’améliore un petit peu et la pluie, tombée sans discontinuer depuis ce matin, laisse place à quelques éclaircies.

Il est 13h00 et Christophe part en ville pour essayer de faire réparer son vélo. Nous avions repéré un « Decathlon » à moins de 10 km et espérons que nous pourrons y trouver de l’aide. Malheureusement, Decathlon, en Espagne, et probablement également en France, n’accepte désormais de réparer que des vélos de sa marque mais heureusement , Christophe rencontre un technicien qui prendra discrètement les choses en main afin d’apporter des améliorations non négligeables (nous passons ainsi de deux à sept vitesses disponibles par plateau !). La transmission commence à être bien usée mais nous espérons qu’elle acceptera de faire encore      1 000 petits kilomètres et quelques belles montées à venir.

Un grand Merci donc à ce sympathique « Décathlonien » qui va nous permettre de repartir plus sereinement.

Il est déjà plus de 15h00 et cela va être court pour repartir aujourd’hui. Christophe achète de quoi cuisiner un bon repas de remerciement à Tarek et remonte rejoindre Valérie et les enfants qui ont remis la maison en ordre après la folle agitation de la matinée.

Tarek ne tarde pas à revenir et nous passerons une très bonne fin d’après-midi avec lui et sa maman. Jeux de société, discussions, apéritif et quelques douceurs viendront compléter cette bien belle pause madrilène. Demain, bien que les prévisions météorologiques ne soient pas encore très bonnes, il nous faut repartir car nous avons désormais un jour de retard à rattraper.

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7 Avril : San Sebastien de los Reyes : 11 km (10 245 km)

Aujourd’hui, nous avons de la visite. Une équipe de M6 revient pour faire encore quelques images qui seront diffusées en fin de reportage dimanche prochain.

En attendant qu’ils arrivent, nous optimisons le temps pour trier les affaires et bricoler les vélos. Nathalie nous a apporté un bout de guidon qu’Igor, le gérant de Locapino, lui avait adressé afin que nous puissions remplacer celui qui s’était brisé au Cambodge.

Le remplacement se fait sans problème. En revanche, malgré les protections, le dérailleur du Pino rouge a pris un beau coup pendant ce dernier voyage en avion et ne fonctionne pratiquement plus. Seules deux vitesses passent désormais péniblement et il nous faudra trouver rapidement une solution sans quoi nous ne pourrons pas franchir le dénivelé à venir.

L’équipe de M6 arrive en force. Ils sont 4 ! Un preneur de son, deux cameramen et une journaliste qui s’occupe des interview. Ça met la pression !!!

Ils veulent reprendre des images à vélo et nous partons pour quelques tours du quartier… qui monte et descend tout le temps. Nous observons, encore une fois, le professionalisme de ces personnes, leur souci du moindre détail et les stratégies pour croiser les images.

Le vent revient et la pluie ne tarde pas à suivre. La température dégringole. Cela nous remet dans les conditions de notre arrivée il y a deux jours. Cela tombe bien car les journalistes souhaitent que l’on rejoue la scène de la rencontre avec Tarek et de son accueil.

Les enfants se retiennent de lui sauter au cou pour lui dire bonjour. Il nous faut prendre plus de réserves mais rapidement les connivences réapparaissent.

Les journalistes en profiteront pour faire toute une séquence sur le concept du réseau Warmshower, cet accueil international de cyclovoyageurs.

L’équipe est, encore une fois, bien sympatique et, bien que les scènes se succèdent jusque tard, nous prenons tous cela comme un jeu. Demain, nous rencontrerons la présentatrice de Zone Interdite, Ophélie Meunier, qui vient tourner avec nous les interviews de fin de reportage. Ensuite, il faudra que nous nous occupions des vélos avant de reprendre enfin la route.

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6 Avril : Madrid

Nous aurions bien dormi 12 heures de plus ce matin mais le timing est serré si nous voulons voir toutes les personnes que nous souhaitons voir. Tarek nous conduit jusqu’à la gare la plus proche d’où nous pouvons rejoindre le centre de Madrid en 40 minutes afin d’y retrouver Nathalie, la soeur de Valérie, ainsi que ses deux garçons, Bastien et Rémi, venus passer trois jours à Madrid.

Une grande joie de les retrouver même si, pour Nathalie et Bastien, cela ne fait qu’un mois que nous leur avions dit au revoir sur les rives du Mekong. Des retrouvailles très utiles également au niveau logistique puisque Nathalie arrive avec un gros sac rempli de nos affaires d’hiver que nous échangeons contre celles d’été et quelques souvenirs rapportés de Bangkok.

Vu les températures proches de « 0 » et la pluie annoncées pour ces prochains jours, retrouver nos doudounes et nos gros sacs de couchage est plus qu’appréciable. Nous profitons également de cette matinée pour faire un peu de tourisme dans ce magnifique centre ville de Madrid. Cathédrale, Plaza Mayor, Plaza del Sol… nous profitons de cette belle ambiance malgré des conditions météorologiques assez exécrables.

Nous les laissons poursuivre leurs visites avec Sophie et Marc des amis venus avec eux et allons retrouver Maïté et Victor qui nous ont, à nouveau, invités à déjeuner. Nous avons le grand plaisir de retrouver deux de leurs fils, Diego et Mario, avec qui Christophe a passé de très beau moments de complicité dans son enfance et que nous n’avions pas revus depuis 2002, lors de notre dernier passage à vélo.

Un repas gargantuesque et quelques bons souvenirs rappelés alimenteront cette belle après-midi. Mario nous ramènera ensuite, en voiture, jusqu’à San Sebastien de los Reyes où nous retrouvons le confort de la maison de Tarek.

Demain, nous poursuivrons notre récupération du décalage horaire et finirons de préparer nos affaires pour ce dernier mois d’Aventure en espérant que la météo quasi-hivernale s’adoucisse un peu dans les jours à venir.

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5 Avril : Aéroport de Madrid – San Sebastian de los Reyes : 20 km (10 234 km)

Ce petit coin perdu au fond de l’aéroport de Madrid nous aura permis de dormir quelques heures avant de finaliser le chargement des sacoches.

Alors que nous manquons déjà de sommeil, nous faisons l’erreur de nous lever un peu trop tôt. Habitués depuis plusieurs mois à un jour qui se lève vers 5h30, nous avions oublié qu’ici il nous faudra attendre près de 8h00 du matin afin d’avoir une luminosité suffisante pour pouvoir partir.

Étonnamment, la sortie de l’aéroport se fait assez facilement. Il y a peu de circulation et nous trouvons assez rapidement un chemin de terre qui passe à travers champs , en bordure de l’aéroport. La vue est irréaliste, de vastes prairies traversées par cette route en terre et, juste au-dessus de nos têtes, une succession d’avions dans leur phase d’atterissage.

Tout serait fantastique s’ il ne faisait pas froid, très froid même ! Le choc thermique avec l’Asie du Sud-Est est violent. Il fait moins de 6° au compteur et le ressenti est encore bien plus bas, surtout pour Lalie et Esteban en position quasi-immobile. Nous ressortons toute la panoplie d’affaires chaudes qu’il nous reste, mais elle semble insuffisante. Heureusement, nous avons un nouvel échange affaires d’été/affaires d’hiver prévu demain. Pour couronner le tout, il commence à pleuvoir…

Le membre du réseau Warmshower qui nous accueille habite au Nord de l’aéroport dans un charmant petit village… situé sur une belle colline ! Une belle entrée en matière dans le relief espagnol bien bosselé qui nous attend ces prochains jours.

Tarek, notre hôte, est au travail mais nous sommes accueillis très chaleureusement par sa Maman. Elle nous ouvre leur superbe maison et nous installe dans deux chambres très confortables où nous pouvons nous réchauffer avant de repartir pour le centre de Madrid, en bus et métro cette fois-ci.

Nous sommes attendus pour le déjeuner par Victor, un cousin de la Maman de Christophe, et son épouse Maïté. Heureusement que le déjeuner est tardif en Espagne car il nous faudra près d’une heure trente de transports en commun pour arriver à destination.

Maïté nous a préparé un repas de Rois que nous dégustons après ces dernières 48 heures ponctuées de sandwich et de repas dans l’avion. Cela faisait 16 ans que nous n’avions pas vu Maïté et Victor. La dernière fois, c’était déjà avec nos vélos…

Leurs enfants viennent les voir demain et ils nous donnent donc rendez-vous pour un nouveau déjeuner en leur compagnie.

Nous remontons sur notre colline (plus facile en autobus !) et faisons la connaissance de Tarek. Un homme extraordinaire. Sa mère est Chilo-croate, son père est Syrien et lui est né en Espagne il y a 32 ans. Il parle un très bon français qu’il a notamment appris lors de l’année d’Erasmus qu’il a passée à Rouen. Il nous apprend à cuisiner un succulent plat Syrien à base d’agneau, d’aubergines et de riz. Un délice…

Tarek est à lui seul un beau résumé de l’accueil international que nous avons reçu partout sur notre chemin. Pas certains que les Syriens soient accueillis aussi chaleureusement par les étrangers que nous le sommes,, ce jour, dans cette belle maison…

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Thaïlande : le pays du sourire et de la générosité

Comme en 2013, lors de notre premier « long » périple à vélo avec Lalie et Esteban (cf http://www.laliesteban.wordpress.com), nous avons adoré pédaler en Thaïlande : c’est un pays à la fois très dépaysant et très « facile ». Un subtil et idéal mélange pour vivre des aventures hors norme, tout en ayant un accès facile à une nourriture variée et à l’eau pour se laver, un profond sentiment de sécurité et un accueil exceptionnel. Ce pays est donc des plus appropriés pour partir pédaler en famille ! Avis aux amateurs .

Nous garderons notamment en mémoire les accueils offerts par les moines dans les temples : non contents de nous offrir un lieu de campement superbe et zen (nous n’irons pas dire « feng shui », mais vous tenez l’idée !), ils nous offraient souvent quelques boissons et friandises et s’assuraient toujours que nous ne manquions de rien.

La présence des enfants démultiplie sans aucun doute les gestes de générosité. Il n’en reste pas moins que le peuple thaïlandais est étonnant de gentillesse.

Nous avons été ravis de découvrir le nord de la Thaïlande, très vert, paisible, et, sur le parcours emprunté, au relief plutôt doux.

Nous garderons de nombreux beaux souvenirs de ces semaines passées ici : l’accueil improvisé (mais tellement généreux) de Kim et ses parents, la dégustation involontaire (mais marquante) de rat au barbecue, notre premier bain des éléphants, les kilomètres parcourus à travers les vergers de fruits exotiques, les moments de détente passés sur l’île de Koh Chang avec nos amis Didier et Isa ou les supers échanges avec la famille Macé !

Nous rentrons désormais en Europe après déjà 11 mois passés sur ces magnifiques chemins du monde !

A bientôt !

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4 Avril : Bangkok – Madrid

La nuit au 6ème étage de l’aéroport a été bonne, bien que courte et un peu froide. Nous avions nos duvets mais nous ne sommes pas habitués à un tel niveau de climatisation. Lorsque l’on voit le volume de cet aéroport de Bangkok, on imagine à peine le gouffre énergétique que cela doit représenter.

Dès 5h30 nous sommes devant les comptoirs d’enregistrement alors que notre vol ne décolle qu’à 8h50. Et nous avons encore bien fait de jouer la prudence car, peut-être en écho à la diminution des frais d’enregistrement des vélos obtenue hier, la compagnie va tester notre patience.

Lorsqu’ils nous demandent comment sont nos vélos, nous leur montrons une photo et essayons de leur expliquer le concept des Pinos. Ils s’y mettent à 4 pour regarder les photos puis décident de nous faire ouvrir tous les cartons ! Un simple coup de cutter suffit à réduire à néant le travail réalisé ces derniers jours…

En ouvrant, ils ne comprennent pas encore tout à fait le système, espèrent trouver des pneus gonflés afin de justifier encore plus cette ouverture (mais là, c’est raté nous avions bien pensé à dégonfler toutes les chambres à air) puis, après la refermeture des cartons (ils ont quand même eu la gentillesse de nous prêter du gros scotch estampillé Finnair) nous demandent de patienter à nouveau.

Au bout de 30 minutes, ils nous indiquent qu’ils ne pourront certainement pas embarquer les cartons avec nous , faute de place ! Nous avons bien prévenu la compagnie hier en arrivant, mais il nous aurait fallu remplir un formulaire en bonne et due forme, 48 heures avant le vol.

Nous patienterons près de deux heures, assis devant les comptoirs d’enregistrement en attendant leur réponse définitive. Nous profitons d’un flottement dans leur communication interne lorsqu’une employée qui vient d’arriver nous demande de régler le paiement supplémentaire pour l’embarquement des vélos. Bien que déboursant à regret ces 75 € par carton, nous procédons rapidement au paiement… qui les oblige désormais à acheminer tout notre matériel jusqu’à destination.

Ouf ! Ce dernier enregistrement nous aura réservé bien des surprises !

Nous arrivons quelques minutes avant l’ouverture des portes de l’avion pour un vol qui va nous amener de Bangkok à Madrid… via Helsinki ! Le vol arrive avec quelques dizaines de minutes de retard sur l’horaire prévu ce qui engendre une correspondance plus que rapide. Une fois encore nous arrivons pile pour l’embarquement et nous pourrons souffler avec une traversée de la France que nous rejoindrons dans une quinzaine de jours.

Il est 20h30, heure locale (2h00, heure de Bangkok) lorsque nous arrivons enfin à Madrid. Les cartons mettent un peu de temps à arriver , mais ils sont bien là avec l’ensemble des autres bagages.

Il ne reste plus qu’à trouver un endroit au calme pour installer notre campement et procéder au remontage des vélos. Ces derniers ont encore subi quelques coups mais ça semble rouler. Nous verrons cela demain en rejoignant l’adresse du membre du réseau Warmshower qui va nous héberger quelques jours. En attendant, il est 0h30, l’heure d’essayer de récupérer un peu après cette longue journée de voyage.

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Quelques précisions sur l’itinéraire à venir

Bonjour,

Voici donc l’itinéraire très prévisionnel de ces prochaines semaines. Seule la direction risque de ne pas changer car pour les villes étapes (qui ne sont données qu’à titre indicatif) cela peut se jouer à plusieurs dizaines de kilomètres près en fonction des rencontres, de la météo ou de notre état de forme.

Si vous voulez vous joindre à nous, n’hésitez donc pas à nous contacter comme certains d’entre vous l’ont déjà fait. Nous pourrons alors vous donner quelques précisions complémentaires. De même, si vous connaissez des personnes qui résident sur notre parcours et qui auraient plaisir à nous accueillir, n’hésitez pas ! Nous disposons de tentes, tapis de sol et duvets mais une bonne douche et un peu de chaleur seront forcément appréciés.

5 avril : Aéroport – San Sebastian de los Reyes : 20 km (D+ 180)

6 et 7 avril : Madrid

8 avril : San Sebastian de lors Reyes- Guadalajara : 27 km (D+ 156)

9 avril : Guadalajara – Casas de San Galindo : 40 km (D+ 432)

10 avril : Casas de San Galindo – Siguenza : 40 km (D+ 304)

11 avril : Siguenza – Almazan : 56 km (D+ 445)

12 avril : Almazan – Soria : 39 km (D+ 411)

13 avril : Soria – Valverde de Agrega : 58 km (D+ 430)

14 avril : Valverde de Agrega – Marcilla : 58 km (D+ 510)

15 avril : Marcilla – Pamplona : 62 km (D+ 445)

16 avril : Pamplona – Elgorriaga : 51 km (D+ 441)

17 avril : Elgorriaga – Bayonne : 64 km (D+ 632)

18 avril : Bayonne

19 avril : Bayonne – Moliets et Maa : 49 km (D+ 122)

20 avril : Moliets et Maa – Mimizan : 49 km (D+ 55)

21 avril : Mimizan – Arcachon : 59 km (D+ 87)

22 avril : Arcachon – Lacanau : 51 km (D+ 81)

23 avril : Lacanau – Bordeaux : 52 km (D+ 65)

24 avril : Bordeaux

25 avril : Bordeaux – Creon : 25 km (D+ 114)

26 avril : Creon – Sauveterre de Guyenne : 32 km (D+ 156)

27 avril : Sauveterre de Guyenne – Fourques sur Garonne : 39 km (D+ 213)

28 avril : Fourques sur Garonne – Agen : 56 km (D+ 80)

29 avril : Agen – Moissac : 45 km (D+ 20)

30 avril : Moissac – Sauzet : 45 km (D+ 460)

1er Mai : Sauzet – Luzech : 12 km (D+ 8)

Le D+ indique le dénivelé positif de chaque étape.

En ce qui concerne l’arrivée à Luzech, la dernière étape devrait être courte et facile afin de permettre aux familles de nous rejoindre. Nous vous proposerons de venir partager avec nous un pique-nique tiré du sac dans le jardin de la chapelle de Notre Dame de l’Ile située dans la belle boucle du Lot à Luzech.

Nous vous donnerons plus de précisions sur l’organisation de cette dernière journée ainsi que sur la soirée retrouvailles du 4 Mai au cours de ces prochaines semaines.

A bientôt,

La VeLove Family

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3 Avril : Bangkok… airport !

Les derniers rangements prennent toujours un peu de temps. Avec ce qu’il faut penser à laisser dans les bagages en soute (objets tranchants ou liquides notamment…), ce qu’il nous faut pour dormir ce soir dans l’aéroport et le traditionnel challenge de ne jamais dépasser les 23 kilos par bagage… il faut jongler.

Heureusement, nous avons pris une belle marge et nous pouvons partager tranquillement un dernier déjeuner dans cette sympathique auberge de jeunesse qui nous a accueillis lors de ces derniers jours sur le sol Thailandais.

Nous attendons le van qui a la difficile mission d’embarquer 5 cartons de vélos, autant de gros bagages et 5 voyageurs à l’aéroport. Les enfants en profitent pour procéder à d’ultimes oeuvres temporaires sur les cartons afin d’essayer d’alerter sur leur fragilité. Ça se perfectionne de vol en vol…

Le véhicule arrive et, en jouant au tetris géant, tout fini par rentrer !

En route pour l’aéroport situé à moins de 30 km, que nous mettrons pourtant plus de 3 heures à atteindre (notre rythme de cyclistes…) coincés dans de monstrueux embouteillages.

L’enregistrement de notre vol commence à 5h00 demain matin et nous avons préféré une nuit dans l’aéroport plutôt qu’un réveil très matinal soumis au stress des aléas de la route.

Bien nous en a pris car une fois dans les halls d’enregistrement, nous nous renseignons afin de savoir si nous pouvons d’ores et déjà faire enregistrer nos gros cartons de vélos (cela avait été possible à Lima et nous avait bien aidé…). Non seulement ce n’est pas possible mais on nous annonce surtout que demain matin nous devrons payer… 300 Euros par carton de vélo ! Apparemment, la compagnie aérienne en question (Finnair !) vient de changer son règlement et on nous indique sèchement que nous n’aurons que deux options : payer ou abandonner nos vélos à l’aéroport !

On essaye de comprendre, de négocier mais rien à faire, le règlement c’est le règlement. L’unique « faveur » qu’ils semblent vouloir peut-être consentir est que nous passions la carriole en poussette afin de ne pas avoir de supplément sur cette dernière. Cela nous fait quand même une note énorme de 1 200 € (autant que notre budget mensuel en Asie) à payer ! Sauf que lorsque nous avons acheté nos billets, il y a un an et demi, on ne nous avait pas informés d’une telle surprise.

Alors, on se remet de l’uppercut, on respire et on profite des 6h00 de décalage horaire pour appeler l’agence de voyage qui nous a vendu les billets. On passe d’interlocuteur en interlocuteur, on raconte x fois notre situation et enfin l’une des responsables prend la main. Elle échange avec les personnes de la compagnie aérienne qui nous tendent quelques temps plus tard une nouvelle facture à 75 € par carton de velo. En échangeant à nouveau avec la reponsable de l’agence de voyage nous comprenons que nous ne pouvons plus rien attendre de la compagnie aérienne. Nous rappelons donc à notre interlocutrice, les conditions d’achat il y a 18 mois et le fait que nous n’avons jamais été averti d’un quelconque changement de règlement.

Après quelques discussions complémentaires, l’agence accepte de prendre à sa charge l’ensemble du surcoût. Ouf !

Heureusement que nous sommes arrivés aujourd’hui, sinon nous aurions certainement dû nous acquitter de ces 1 200 Euros et passer un vol très amer.

Remis de nos émotions, nous cherchons un endroit calme pour y installer nos tapis de sol et duvets afin de dormir quelques heures. Nous le trouvons au 6ème et dernier étage de l’aéroport. Il n’y a plus qu’à régler les réveils , à s’endormir et à rêver à toutes les belles émotions que nous avons eues la chance de vivre lors de ces trois derniers mois en Asie du Sud-Est.

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2 Avril : Bangkok

Pour cette avant-dernière journée Thailandaise, c’est dispersion générale !

Lalie et Esteban auront le plaisir de passer la journée avec la famille Macé : au programme, du culturel avec la visite d’un temple (le Wart Arun), du ludique avec une belle pause dans la grande bibliothèque de l’Alliance Française et du loisir avec un beau moment passé dans un parc aquatique de Bangkok.

Valérie, elle, va pouvoir s’adonner au shopping et notamment se rendre au marché aux tissus qui lui permettront de réaliser de belles pièces de couturières qui feront autant de cadeaux à offrir.

Naïa, elle, a droit à une journée presque entière avec son papa. Après la finalisation et la fermeture des cartons et le rangement des affaires annexes, ils iront faire le tour du quartier avant d’aller déjeuner en tête à tête et partager un temps autour de jeux de société.

Tout ce petit monde est heureux de se retrouver le soir à l’Asiatique Market. Cela ressemble plus à un parc d’attraction très commercial qu’à un marché mais la vue est magnifique et le plaisir de se retrouver réel, nous qui avons été habitués à vivre quasiment 24h/24 ensemble depuis plus de 11 mois.

Nous partageons un dernier dîner de spécialités thaïlandaises avant de rejoindre notre grand dortoir.

Demain après-midi nous prendrons le chemin de l’aéroport en espérant y faire enregistrer nos cartons avant une première nuit aéroportuaire…

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1er avril (bis) : Bangkok

Il est 7h00 à Bangkok, 1h00 du matin en France, nous postons un petit article en souvenir de ce 1er avril 2019, dont nous lirons, avec amusement, les nombreuses réactions dans la journée.

Aujourd’hui, c’est le jour autoproclamé des enfants. Après toutes ces dernières péripéties et ces longs mois passés sur la route nous leur avions promis d’aller… à Kidzania. Déjà, au début de notre aventure, à Santiago du Chili, nous étions allés dans un parc au concept similaire appelé DiverCity.

L’idée est donc de s’exercer à la pratique de nombreuses professions puis de dépenser la monnaie locale ainsi gagnée dans diverses activités de loisir.

Nous partons donc, en début de matinée, avec « nos » 4 enfants puisque Diane est également de la partie. Le parc se situe dans l’un des immenses centres commerciaux de la ville et, une fois le lieu atteint, nous commencerons un petit jeu de piste afin d’obtenir une carte qui nous permet de bénéficier de tarifs préférentiels. Le précieux sésame en poche nous rejoindrons le nez de l’Airbus qui marque l’entrée de Kidzania.

C’est parti pour 7h00 assez intenses (sans doute encore plus en vélos) où les enfants courent d’un lieu à l’autre sans penser à s’accorder la moindre pause (du coup, les parents essayent de suivre…).

Bien que nous nous attachons, avec nos enfants, à déconstruire certains stéréotypes ou normes parfois trop ancrées dans notre société, Esteban sera attiré par le foot, la police et la batterie tandis que les filles se dirigeront vers le cabinet vétérinaire, l’hôpital et le métier d’esthéticienne. Naïa, elle trouvera son bonheur en réalisant des bouquets chez le fleuriste, en changeant une roue chez le garagiste ou… en essayant de suivre les plus grands partout où ils vont.

Tous ont l’air de s’amuser et leur joie de découvrir tant d’activités fait plaisir à voir.

Nous nous retrouvons en soirée avec la famille Macé et dînons ensemble au coeur d’un marché de quartier. Encore un grand plaisir que d’échanger avec cette jolie famille. Les enfants auront, à nouveau, rendez-vous ensemble demain afin de partager cette avant dernière journée sur le sol Thailandais.

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31 Mars : Bangkok

Nous profitons de la relative fraicheur matinale pour commencer le démontage des vélos. Cela permet aussi aux enfants de dormir un peu plus longtemps après la soirée « jeux de société » dont ils ont pu bénéficier hier soir jusqu’à une heure… tardive !

Il nous manque un outil : une longue clef de 6 ,  nécessaire pour séparer les pinos en deux. Impossible de remettre la main dessus. Peut-être l’avons nous perdue dans nos manipulations de sacs. Nous nous arrêtons donc pour rejoindre la famille Macé qui est arrivée hier du Japon. Nous les retrouvons avec plaisir et partons ensemble prendre le « skytrain », le métro aérien de la ville, pour aller arpenter les allées de l’un des plus grands marchés d’Asie : le Chatuchak week-end market.

Plus d’un kilomètre carré d’échoppes en tout genre, passant des produits artisanaux locaux aux nombreux objets « Made in China ». Tout est organisé en secteurs sensés regroupés des familles de produits mais au bout d’un moment nous restons avec l’impression que tout le monde vend un peu la même chose. Nous déjeunons au coeur du marché sur une longue table capable d’accueillir ces 10 cyclovoyageurs français en vadrouille.

Chacun part ensuite de son côté pour visiter ces allées bondées de locaux et de touristes. Nous ne résistons pas à quelques emplettes destinées à finir en cadeaux,  avant de nous mettre à la recherche de la fameuse clef nécessaire au démontage.

Il n’y a pas de « secteur bricolage » dans le marché et nous partons donc à l’assaut des rues adjacentes. Nous arriverons finalement dans les rayons d’un supermarché  où nous trouvons la fameuse clef avec, forcement l’inscription… « Made in China » !

Il est déjà 18h00 lorsque nous rentrons. Marc vient nous donner un coup de main pour terminer la mise en cartons et amène Diane, leur benjamine, qui vient dormir ce soir, dans notre grand dortoir afin de pouvoir participer demain, avec nos enfants, à une grande journée de détente que nous leur avions promise depuis bien longtemps…

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30 Mars : Bangkok

Les nuits en dortoir ça rappelle les colos mais ce n’est pas forcément des plus reposants. Entre le colocataire qui répond au téléphone à deux heures du matin et qui commence à raconter sa vie tranquillement allongé à 20 cm du lit voisin et celui qui a besoin de se bruler fréquemment les poumons en sortant pour se griller une cigarette, nous avons l’impression que nos enfants, qui dorment d’un sommeil lourd, eux, sont des anges.

En revanche, Naïa et Esteban sont de vrais lève-tôt et il faut donc les exfiltrer de bonne heure et discrètement de la chambrée pour rejoindre la salle commune située au rez-de-chaussée. Nous dormirons mieux demain…

La première partie de la matinée est consacrée à la recherche de cartons et aux exercices scolaires. Autant essayer d’effectuer d’abord les tâches les moins divertissantes. Pour l’école pas de problème, en revanche pour les cartons de vélos, c’est plus compliqué. Nous allons voir tous les magasins de vélos à 5 km à la ronde mais ils sont soit fermés , soit sans cartons disponibles. Le dernier nous laisse tout de même une adresse située un peu plus loin. Nous verrons plus tard…

Afin d’essayer de jongler entre la corvée de l’emballage des vélos et un programme plus ludique, notamment pour les enfants, nous prenons nos maillots de bain afin d’essayer de rejoindre un complexe aquatique situé au Nord de la ville. Mauvaise idée ! Il nous faudra plus d’une heure de transport dans les bouchons de cette mégalopole de plus de 9 millions d’habitants pour rejoindre le parc aquatique… fermé pour rénovation jusqu’au 21 avril…

Entre la nuit légère, la recherche infructueuse des cartons et cette expédition ratée, ce début de journée n’est pas des plus faciles. Mais il ne faut jamais tomber ni dans le catastrophisme ni dans le pessimisme à outrance et après la pause déjeuner nous déciderons de rejoindre l’un des grands parcs de la ville où nous passerons une très belle après-midi. D’abord parce que ce parc, de plusieurs kilomètres carré, est superbement arboré et parsemé de petits lacs qui font oublier que nous sommes au coeur d’une si grande ville et ensuite parce qu’un grand nombre d’animations y sont organisées. L’une d’elles, menée par une grande association locale en faveur de la valorisation de l’écologie ravira petits et grands. Stands d’information et de sensibilisation à la biodiversité, confection de terreau, et surtout… de multiples activités dans les arbres ! Escalade sur corde pour grimper en haut d’un superbe arbre, parcours d’accro-branches et tyroliennes. Esteban et Lalie s’en donnent à coeur joie même si cette dernière doit composer avec une jambe qui tire encore un peu par moment.

En rentrant, nous passons faire un tour à l’adresse du magasin de vélo qui nous avait été conseillé ce matin. Il dispose d’un nombre très conséquent de cartons neufs de toutes tailles qu’il vend moins d’un Euro pièce. Rassurés, nous en prenons 5 et nous mettons à la recherche d’un tuk-tuk qui pourra nous embarquer avec tous ces cartons. L’avantage, dans un pays comme la Thaïlande, c’est que rien ne leur paraît compliqué et que tout le monde cherche une solution, pas forcément la plus académique ou la plus sûre mais, pour le moins, la plus pratique.

Nous voilà donc embarqués pour rejoindre notre auberge de jeunesse dans laquelle nous pouvons entreposer nos précieux emballages.

La journée a été dense et nous nous mettrons au démontage et à l’empaquetage demain ou après-demain. En attendant, nous profitons d’être seuls dans le dortoir pour  regarder un petit film en famille et faire quelques jeux de société…

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Une nouvelle vidéo : Nicaragua – Costa-Rica

En attendant le reportage de M6, voici la dernière réalisation de la VeLove Family.

Quelques images de ces beaux souvenirs au Nicaragua et au Costa-Rica que nous avons le grand plaisir de partager avec vous :

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29 Mars : Bangkok : 29 km (10 214 km)

Nous voulions goûter à la jungle urbaine de Bangkok, et bien nous avons encore été bien servis !

Le réveil se fait en douceur et assez tardivement, signe que les efforts déjà déployés hier ont laissé quelques traces de fatigue.

Nous voulons nous rapprocher du centre et notamment de l’hotel réservé par la famille Macé qui arrive demain sur Bangkok. Nous avions eu le plaisir de les rencontrer en février 2018 au superbe festival sur le voyage à velo organisé par l’association « la roue tourne » à Roques sur Garonne dans la banlieue de Toulouse. Marc et Nadège sont partis en août 2018 avec leurs 3 enfants, François, Pauline et Diane (14, 13 et 8 ans) pour un grand voyage d’un an… à vélo ! Alors forcément, lorsque l’on a réalisé que l’on allait finalement pouvoir se croiser on a essayé de se caler un rendez-vous.

Pour rejoindre le quartier où ils vont résider durant leur pause sur Bangkok il nous faut faire une vingtaine de kilomètres. Nous mettrons plus de 4 heures ! 4 heures où la vigilance est de mise et les efforts parfois violents, notamment lorsque nous empruntons ce que nous croyons être une piste cyclable. Des panneaux et de larges inscriptions au sol ne laissent pourtant pas planer de doutes sur cette grande piste peinte en vert mais tout se corse lorsque nous arrivons face à un grand escalier. Nous nous disons donc que cela doit être exceptionnel et poursuivons mais l’exceptionnel devient la règle et nous alternons quelques centaines de mètres sur le vélo avec des montées avoisinant les 45° et donc peu adaptées à nos montures bien chargées. 1 heure pour faire 2 km sur la piste cyclable… nous sommes finalement heureux de retrouver les grandes avenues pleines de véhicules !

L’auberge de jeunesse dans laquelle la famille Macé a réservé une chambre familiale est pleine et on nous indique d’autres hébergements qui sont , soit hors budget, soit complets (apparemment il y a une compétition sportive sur Bangkok ce week-end) ou ne disposent pas de lieu pour entreposer nos vélos ou les futurs cartons. Il nous faut, en effet, essayer de trouver un lieu où nous allons pouvoir bricoler un peu pour le dernier démontage de nos vélos.

Au fond d’une rue sans issue, dans une auberge de jeunesse que seuls les locaux semblent connaître, nous rencontrons la gérante qui fera tout pour que nous puissions être bien chez elle. Il n’y a plus de chambre disponible mais, pour cette nuit, nous dormirons dans l’un des dortoirs (c’est vrai qu’à 5, on prend déjà pas mal de place !).

Ces derniers kilomètres en Thailande auront été éprouvants.Nous sommes bien heureux d’avoir rejoint notre ultime hébergement asiatique à vélo et d’avoir profité de ce dépaysement culturel avant de rejoindre notre chère Europe.

Nous avons désormais 5 jours pour souffler, profiter de la ville et préparer nos affaires pour le vol du 4 avril vers Madrid.

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Retrouvez la VeLove Family le 14 avril à 21h00 dans Zone Interdite sur M6

Comme certains d’entre vous l’on découvert, la diffusion du reportage sur les voyages en famille aura lieu plus tôt que prévu et est donc programmée le 14 avril à 21h00 sur M6.

Votre VeLove Family fait partie des trois familles qui ont accepté ce challenge audiovisuel.

Tout ce que nous espérons, c’est que ces quelques images permettront de donner des idées à d’autres en montrant que rien n’est impossible.

Comme un symbole, l’annonce de ce reportage a été faite à la fin du précédent numéro de Zone Interdite qui portait sur la trisomie et l’autisme. Un lien fort qui nous rappelle toutes les magnifiques émotions que nous avons eu la chance de vivre à Boissor, complexe medico-social dans lequel nous avons travaillé et vécu pendant 11 belles années.

Nous attendons l’annonce du thème du numéro suivant afin de, peut-être, y lire un signe du destin…

En attendant, vous pouvez avoir un premier aperçu de quelques images sur le lien suivant au bout de 1h58mn et 10 secondes :

https://www.6play.fr/zone-interdite-p_845/autistes-ou-trisomiques-differents-et-heureux–c_12322699

Nous devrions être encore en Espagne lors de cette diffusion , vous verrez donc certainement ce reportage avant nous. Si notre prestation n’a pas été trop catastrophique, nous pourrons ensuite la regarder certainement en replay mais si l’un(e) d’entre vous pouvait nous l’enregistrer nous en serions ravis.

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28 Mars : Laem Mae – Klaeng – Bangkok : 44 km (10 185 km)

Nous laissons passer une nouvelle averse et repartons sur les routes Thaïlandaises après ces deux jours de pause… et d’émotions !

Nous testons donc le Pino en version « brancard », Lalie ne pouvant pas trop forcer au risque de ralentir la cicatrisation, surtout que nous nous rendons à l’hôpital de Klaeng pour vérifier l’état de la plaie et procéder à la seconde injection du vaccin.

Nous n’empruntons que des petites routes perdues entre les plantations de durians et de cocotiers, entre les bassins destinés à l’élevage des crevettes ou à celui des crabes. Nous savourons ces ultimes kilomètres asiatiques dans ce pays tout à fait adapté à la pratique du voyage à vélo.

Bonnes nouvelles pour Lalie en sortant de son rendez-vous, la blessure a commencé à bien se refermer et aucun point ne sera donc nécessaire.

Il nous faut désormais essayer de trouver un autre moyen de locomotion pour rallier Bangkok car nous n’avons plus vraiment le temps d’y aller à vélo, surtout avec une jambe en moins.

La recherche d’un véhicule motorisé s’avérera un peu plus complexe que prévu. Les bus ne sont pas adaptés pour embarquer nos montures XXL et ils ne disposent pas de galeries sur le toit comme nous avions pu en trouver au Laos. Restent les pick-ups qui servent de taxis avec leurs deux rangées de sièges opposées à l’arrière. Mais aucun chauffeur ne semble vouloir affronter la jungle routière de Bangkok (nous comprendrons mieux quelques heures plus tard…). Nous trouverons alors un compromis : nous montons toutes nos affaires avec nous à l’arrière d’un véhicule et le chauffeur nous dépose une vingtaine de kilomètres avant l’entrée dans l’agglomération de la capitale Thaïlandaise. Marché conclu !

Nous voilà donc partis pour 170 km et 3 heures de voyage avec quelques pointes de vitesse auxquelles nous ne sommes plus habitués en roulant principalement à vélo.

Il est pratiquement 17h00 lorsque nous finissons de tout remonter au bord de la route et attaquons nos premières artères gonflées d’un trafic de plus en plus dense.

Parfois, un léger espace nous permet de nous glisser entre deux rangées de voitures mais il nous faut faire preuve de vigilance avec la carriole. Nous fanfaronnons en chantant « A Bangkok à vélo, on dépasse les autos, à vélo… » plagiant un Joe Dassin… qui bientôt s’arrête de chanter, bloqué par la circulation qui ne laisse désormais guère d’espace.

Pour compliquer les choses, certaines routes sont imposées en sens unique à certaines heures de la journée et nous obligent à de grands détours et à quelques allers-retours inutiles une fois que nous constatons le sens qui ne semble jamais être en notre faveur.

La nuit est tombée, et notre avancée, de complexe,  se transforme en dangereuse. Nous cherchons une chambre pour la nuit et après quelques échecs (pas facile notamment de trouver un lieu qui accepte nos grandes montures) nous trouvons une belle chambre à un prix que l’employée réduira considérablement en nous voyant arriver à vélo… dans un état de fatigue certain.

Une bonne douche, un « pique-nique amélioré » pris sur notre tapis orange au pied des lits et tout le monde est prêt pour une bonne nuit de sommeil.

Demain, derniers kilomètres Thailandais afin d’essayer de s’approcher un peu plus du centre de cette mégalopole.

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27 Mars : Laem Mae

Faute de pouvoir reprendre la route (les endorphines n’aiment pas beaucoup le repos) nous profitons du confort que nous avons la chance d’avoir pour dormir un maximum et se préparer de bons petits plats (une belle purée maison, ça faisait longtemps et tout le monde est fan !).

Nous consacrons une bonne partie de la matinée à une grande séance d’exercices scolaires. Il va  falloir augmenter un petit peu ce temps là dans les prochaines semaines afin que les enfants puissent tenir 7 heures par jour en classe à partir du mois de Mai…

Nous profitons egalement de cette journée qui nous offre un peu de temps pour répondre aux messages reçus et poursuivre nos recherches d’emplois. Pas si facile à distance mais heureusement avec Internet on peut prendre de nombreux contacts. Bientôt, sans le décalage horaire que nous avons actuellement (+ 6 heures par rapport à la France) ce sera encore plus pratique.

Nous goutons une dernière fois à l’eau salée de la plage toute proche. Contrairement à ce que nous connaissons en France, sur la côte atlantique, il n’y a qu’une marée par jour ici. Elle est assez importante et, inévitablement, vomit chaque jour des centaines de kilos de déchets. A l’avenir, nos enfants auront-ils encore le Bonheur de se balader sur des plages immaculées, rien n’est moins sûr !

Les filles se rendent à la clinique pour le changement de pansement : cette fois c’est James, un anglais installé dans le quartier qui leur propose de les conduire gracieusement. Pendant ce temps les garçons commencent à ranger l’appartement et préparent un apéritif dînatoire. Demain, il nous faut retourner à l’hôpital de Klaeng, situé à une vingtaine de kilomètres d’ici, pour la deuxième injection antirabique. Nous avons finalement décidé de nous y rendre à vélo puis d’essayer de trouver un transport en commun afin de rallier Bangkok.

Lalie, elle, n’a pas perdu son joli sourire malgré bien des émotions animalières entre piqûres et morsures…

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1er Avril : Bangkok

Ce vent de liberté que nous ressentons depuis désormais 11 mois nous enivre. Quel Bonheur de partager, chaque jour, cette belle aventure qui nous nourrit tant, sur le plan humain. Revenir directement en Europe, sans être certains de pédaler au soleil et retrouver un pays en proie aux doutes et aux difficultés du « vivre ensemble », nous apparaît aujourd’hui et de plus en plus comme une épreuve difficilement surmontable.

Nous n’avons pas envie, non plus, de nous lancer dans une nouvelle recherche de cartons, de démontage, d’emballage et de remontage et le moyen le plus simple pour éviter cela… c’est d’essayer de ne plus prendre l’avion.

C’est donc décidé, nous allons rentrer par la voie terrestre. A vélo jusqu’en Chine et la frontière russe puis un voyage en transiberien qui nous permetttra de rentrer par les pays du Nord de l’Europe pour un retour en France prévu le 15 février 2020.

L’Aventure continue…

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26 Mars : Laem Mae

Lalie a passé une bonne nuit. Sa blessure à la jambe lui tire un peu mais elle ne présente aucun symptôme inquiétant et a même retrouvé son beau sourire.

Il nous faut cependant revoir nos plans car une seconde injection de vaccin antirabique sera nécessaire dans deux jours. Reprendre les vélos aujourd’hui présente donc trop de risques entre la fatigue créée par toutes ces émotions et l’incertitude de nos prochains lieux de bivouac. Nous allons donc rester sagement à Laem Mae, cette petite station balnéaire bordée par la plage , fréquentée principalement par… des Suédois !

La solidarité Thaïlandaise locale va très vite se mettre en place. On nous trouve un nouvel appartement à un prix encore inférieur à celui d’hier, on nous indique l’adresse d’une pharmacie où nous pourrons trouver un pansement « waterproof » afin que Lalie puisse tout de même se baigner et on nous offre un régime de bananes et de délicieux nems.

Valérie se remet des nombreuses émotions de ces dernières 24 heures en bénéficiant du massage thaï qu’elle n’a pas pu faire hier. Un massage énergique et drainant !

Après un pique-nique pris dans l’appartement , nous profitons du retour du soleil pour retrouver les vagues du golfe de Thaïlande. De quoi oublier les dernières péripéties. Nous profitons également d’un accès à l’eau en extérieur pour laver vélos et carriole.

L’hôpital a souhaité que le pansement soit refait tous les jours par les professionels de la clinique locale et Lalie et Valérie s’y rendent donc en fin d’après-midi. Là encore, la solidarité et la générosité des habitants de ce quartier est précieuse : elle seront conduites gracieusement en tuk-tuk.

Il nous faut désormais réfléchir également à un plan B pour rejoindre Bangkok car nous n’aurons plus le temps de rejoindre la capitale Thaïlandaise à vélo et prendre ensuite le temps de préparer les cartons. Notre épopée asiatique se termine donc un peu en eau de boudin crocs de chiens. Cette petite pause imprévue va permettre à Lalie de récupérer complètement et de classer cette expérience au rang des souvenirs.

Et puis, il nous reste encore de belles semaines à vélo pour rentrer dans le Lot…

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25 Mars : Ban Phe – Laem Mae : 12 km (10 141 km)

Une très belle journée s’annonce. Tout le monde est en forme et entoure Valérie d’une tendre enveloppe de douceur pour son 25 ème anniversaire 😉.

A journée exceptionnelle, conditions climatiques exceptionnelles ! Alors que nous n’avons connu que du soleil depuis plusieurs semaines (mois ?), le ciel gronde ce matin et des trombes d’eau s’abattent sur le bord de mer.

Nous attendons mais la pluie continue à tomber abondamment. Avant que la route ne se transforme en piscine, nous rassemblons tout le courage qu’il nous reste pour remonter sur les vélos et rejoindre l’appartement qui nous attend pour passer cette belle journée.

Nous savons que nous n’en avons pas pour longtemps et roulons sous la pluie en sachant que nous pourrons bientôt être au sec. Nous transformons donc la célèbre phrase en « si tu crois que ce sont les rayons de soleil qui te rendent heureux , c’est que tu n’as jamais pédalé sous la pluie ! »

En arrivant, il nous faut résoudre un beau jeu de piste pour trouver les clefs qui ont été laissées successivement à plusieurs commerces.

Nous savourons cette installation dans ce sympathique appartement… avec cuisine ! De quoi préparer un premier repas d’anniversaire agrémenté de biens des douceurs. Valérie, à intervalles réguliers, est invitée à tirer un petit papier avec un tendre mot écrit par un membre de sa famille. 37 petits mots qui définissent tout ce que Valérie représente à leurs yeux (il y avait encore de la place pour 90 années supplémentaires…).

Il pleut toujours et le temps invite au jeu de cartes. Une contrée (toujours ponctuée de la découverte de petits mots) permettra de partager encore un beau moment.

Valérie a bientôt rendez-vous pour l’un de ses cadeaux du jour : une heure de massage thaï ! Lalie et Christophe profitent qu’elle soit encore à l’appartement pour courir au supermarché tout proche afin d’acheter de quoi réaliser un nouveau repas de fête.

Mais c’est certainement la plus grosse épreuve que nous ayons connue jusqu’ici qui nous attend. En revenant, Lalie et Christophe décident de rentrer en courant, sans voir un chien abandonné bien caché. Ce dernier se jette sur Lalie et lui croque un mollet. Christophe réussit à l’éloigner mais ne peut que constater la blessure. Un croc s’est incrusté dans la chair et même si nous nous savons vaccinés contre la rage, la situation demande un effort certain pour ne pas transmettre son angoisse.

Christophe part avertir Valérie pendant que des riverains prennent soin de Lalie. Nous souhaitons que Lalie puisse être oscultėe par un médecin et l’une des personnes présentes se propose d’être notre chauffeur. Valérie saute dans la voiture avec Lalie. La clinique locale indique ne pas pouvoir prodiguer de tels soins et invite à rejoindre l’hôpital situé à une vingtaine de kilomètres.

Entre temps, le Docteur Lecine du CVI de Cahors confirme la nécessité de procéder à deux nouvelles injections de vaccins (contre 5 si Lalie n’avait pas déjà été vaccinée + toute une batterie de test), une aujourd’hui et une dans 3 jours. Sacré Thierry Lecine qui, même à 15 000 km, assure un suivi aussi professionnel qu’humain !

Après la piqûre et un beau pansement, tout le monde se retrouve enfin pour partager cette soirée d’anniversaire. Une de celles que l’on ne risque pas d’oublier. A journée exceptionnelle… émotions exceptionnelles !

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24 Mars : Ban Khung Wiman – Ban Phe : 58 km (10 129 km)

Ce petit coin de pelouse face à la mer était bien agréable. Même si la nuit a été bien transpirante (les tapis de sol « modernes » sont bien pratiques au regard du poids/confort mais leur revêtement en plastique a un effet « collant » lorsqu’il fait très chaud) elle fut calme et nous nous levons bercés par les flots de la marée montante qui viennent chatouiller la digue que nous surplombons.

Nous faisons sécher les tapis de sol (!), partageons le petit-déjeuner puis finissons de ranger le campement et reprenons la route. Celle-ci s’éloigne un peu du rivage pendant une trentaine de kilomètres avant de nous ramener le long des plages du bord de mer.

Demain, c’est l’anniversaire de Valérie ! Dernier jour « férié » sans vélo de la VéLove Family. Nous recherchons un endroit confortable pour passer cette journée. L’exigence de Christophe afin que sa douce soit coocoonée dans un endroit des plus agréables amène à avaler quelques kilomètres supplémentaires pour border un nouveau rivage… entièrement privatisé par les resorts, ces complexes hoteliers de luxe qui ne répondent pas au critère de lieu familial et chaleureux recherché et surtout dont la moindre petite chambre est bien au-delà du budget pourtant « exceptionnel » que nous nous sommes fixés pour le bel événement de demain.

Il est 13h00 et les enfants font vite ressentir qu’ils veulent arrêter cette chasse au mouton à 5 pattes. Il fait très chaud et ils comptent bien profiter encore un peu de la plage que nous quitterons dans un ou deux jours pour ne la retrouver… que du côté de Bayonne !

Nous trouvons un hôtel qui pourra nous accueillir aujourd’hui. Il est situé en bord de plage et nous passerons la majeure partie de cette chaude après-midi dans l’eau. Le sable, lui, est jonché de détritus que même le personnel des resorts ne semble plus motivé à enlever. Cela donne de longues lignées de produits usagés, la plupart en plastique, dans un cadre pourtant idyllique que la plupart des touristes ne verront pas, centrés autour des piscines des hôtels… ou sur leur smartphone.

Nous trouvons tout de même quelques espaces pour nous adonner à la construction « d’oeuvres » éphémères et offrir quelques abris de fortune aux quelques crabes attrapés.

La fin d’après-midi nous permet de poursuivre nos recherches sur Internet d’un lieu adapté au dernier anniversaire de notre périple sous les tropiques. En farfouillant un peu nous trouvons un appartement moitié moins cher que la chambre louée pour cette nuit. Seul inconvénient, il nous faut rebrousser chemin sur une petite dizaine de kilomètres. C’est la première fois de l’année que nous rebrousserons chemin et que nous pédalerons un jour d’anniversaire mais l’anniversaire de Valérie vaut bien des premières !

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23 Mars : Chanthaburi – Ban Khung Wiman : 41 km (10 071 km)

Ce matin, c’est cap à l’Ouest ! Le golfe de Thaïlande est à une trentaine de kilomètres et nous comptons bien le remonter pour suivre son rivage pendant quelques jours.

Les sacoches sont plus longues à faire après quelques jours d’arrêt et le rythme matinal est un peu plus lent. Entre le rangement, la préparation des vélos et quelques courses pour le pique-nique du jour nous ne « décollons » finalement que peu avant 9h00.

Il fait déjà chaud mais nous savons que dans quelques heures nous retrouverons le plaisir de barboter dans la mer. Pour avancer un peu plus vite, nous résistons à l’appel des petites routes et suivons l’axe principal équipé d’une incroyable piste cyclable. Nous pouvons donc rouler en toute sécurité et observer une succession de marais salants avant de retrouver nos chères noix de cajou avec leurs têtes à l’envers.

Mer en vue ! Nous surplombons la baie et dévalons la dernière pente pour atteindre une grande plage de sable… qui se rétrécit à vue d’oeil avec la marée montante. Nous apercevons un vélo de cyclovoyageur. Son propriétaire est dans l’eau et ne tarde pas à nous rejoindre. Il s’agit d’Anton, un Russe d’une trentaine d’années. Il était parti de Russie avec sa femme et sa fille mais, arrivés en Inde, sa femme, trop fatiguée, a décidé de rentrer avec leur fille. Lui a décidé de continuer pendant 3 mois jusqu’au Vietnam ! Il nous demande des précisions sur les fruits qu’il pourra trouver au Cambodge et au Laos car il est fruitarien et se nourrit donc exclusivement de fruits. Nous discutons longuement avec lui avant qu’il ne nous pose quelques questions en russe (qu’il traduit en anglais) tout en nous filmant avec une petite caméra, le tout habillé à la Patrick dans Camping. Etonnant personnage !

L’appel de la baignade… et des chateaux de sable se fait de plus en plus fort et nous profitons de ces heures qui sont les plus chaudes de la journée pour faire une bonne pause le long du rivage.

Nous reprenons la route dans l’après-midi pour quelques kilomètres. Avant que la route ne s’écarte de la mer pendant une trentaine de kilomètres, nous apercevons une vaste demeure qui a du accueillir, jadis, un complexe touristique. Seule la maison principale reste entretenue, les autres bâtiments semblent à l’abandon. Une vaste prairie s’avance vers les flots. Nous demandons au propriétaire des lieux si nous pouvons y planter nos tentes. Pas de problème, il nous indique le lieu qui lui semble le plus approprié, face à la mer.

Nous installons notre campement. Les enfants  feront une petite séance d’exercices scolaires avant que Lalie, qui grimpe dans les arbres dès qu’elle en voit un, ne tombe sur un nid de guêpes ou d’abeilles, ce qui aura pour conséquence de multiples piqures (une dizaine) dont la douleur mettra quelque temps à s’estomper.

Un bon repas maison permettra d’oublier cette petite mésaventure. Pour l’occasion nous ressortons le réchaud qui n’avait plus eu l’occasion de chauffer depuis un petit moment. Des spaghettis sauce philadelphia (fromage qui ressemble un peu à du kiri), accompagné de son lit de concombres et de tomates. Les 500 grammes de pâtes sont partis très rapidement…

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22 Mars : Koh Chang – Chanthaburi

Après un dernier petit-déjeuner partagé avec Didier et Isa sur la terrasse faite en palettes de cette sympathique Guesthouse pour backpakers, nous finalisons nos sacs et rejoignons le bord de route de l’axe principal qui rejoint le port.

Nous embrassons nos amis qui vont avoir le plaisir de passer quelques jours supplémentaires dans ce décor de carte postale avant de rentrer à Figeac, fin Mars, et trouvons un taxi partagé (un pick-up aménagé à l’arrière avec deux rangées de sièges qui se font face) et retraversons l’île , du Sud au Nord.

Nous faisons la connaissance de David, un Américain originaire de l’Oregon, qui travaille en Thaïlande depuis 7 ans. Il écrit des articles pour un guide de voyage destiné aux anglophones qui veulent voyager en Asie du Sud-Est (www.travelfish.org).

Il parle très bien le Thaï et nous sera d’une aide précieuse dans nos pérégrinations du jour. Car après le pick-up, nous rejoignons le Ferry (en arrivant grâce à lui jusqu’au bon quai d’embarquement, car il y en a deux distants de quelques kilomètres) puis, après une heure de traversée, prenons à nouveau un bus qui nous permettra de quitter la zone portuaire avant de reprendre un pick-up pour aller du port à la gare routière de la ville de Trat où nous pourrons, enfin, prendre un bus qui nous ramènera sur Chanthabury après 1h30 de trajet. Grâce à David nous avons pu enchaîner les transports tout en payant le prix local, ce qui est fort appréciable.

Nous laissons David qui rentre sur Bangkok et après avoir fait quelques courses à la première superette rencontrée pour déjeuner… à 16h00, rentrons vers l’hôtel où nous avons laissé vélos et sacoches.

Nous avions un peu d’appréhension mais rien n’a bougé alors que le tout était entreposé… dans le couloir ! En voyageant en Asie du Sud-Est, dans des pays où il y a très peu d’atteintes aux biens, nous avons progressivement appris à baisser la garde sur les risques liés au vol de notre matériel. Nous savons qu’il nous faudra toutefois être prudents lorsque nous rentrerons en Europe où les risques semblent bien plus importants.

Nous repréparons toutes nos affaires afin de pouvoir repartir demain matin à l’aube. L’idée est de rejoindre le littoral distant d’une trentaine de kilomètres afin de pouvoir le remonter pendant 3 ou 4 jours avant de prendre le cap de la capitale Thaïlandaise.

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21 Mars : Koh Chang

La nuit de Naïa a été meilleure… et donc celle de ses parents également.

Petit-déjeuner et exercices scolaires viennent précéder une grande baignade le long de la côte. L’occasion d’apercevoir de superbes coraux ainsi que de nombreux poissons multicolores et des concombres de mer qui amusent beaucoup les enfants.

Nous rejoignons ainsi une petite plage de sable, lieu idéal pour se perfectionner à la construction des chateaux de sable et à la chasse aux crabes. Nous partageons le pique-nique, sur une petite terrasse d’un resort qui semble abandonné… sauf par quelques singes qui n’hésitent pas à montrer les dents pour tenter de voler un peu de nourriture ou tout autre objet à leur portée.

La température de l’eau, elle, nous semble étonnamment élevée à tel point qu’elle n’a pas l’effet raffraichissant escompté. Nous apprendrons qu’avec le réchauffement climatique, la température de l’eau a largement augmenté dans ce golfe de Thaïlande ces dernières années. La plupart des coraux s’abiment en raison de ce changement brutal et c’est tout l’écosystème marin qui se détraque en cascade. Alors que les marches en faveur de la protection climatique se développent, nous ne pouvons que confirmer les dérèglements qui viennent affecter certaines parties du globe que nous avons argentées.

Toute la famille profitera de la fin d’après-midi pour se reposer avant une dernière belle soirée dominée par un superbe soleil couchant. Demain, nous repartons retrouver nos vélos à Chanthaburi d’où nous poursuivrons notre route vers Bangkok.

300 km de routes asiatiques nous attendent encore, de quoi partager encore de belles émotions !

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20 Mars : Koh Chang

Naïa n’a pas passé la meilleure nuit de sa vie… et ses parents non plus. Une fièvre qui fait le yo-yo sans jamais monter très haut, pas d’inquiétude pour l’instant mais la surveillance se poursuit.

Lalie et Esteban, eux, sont en pleine forme et, après avoir profité du luxe de dormir dans un bungalow séparé, se lèvent à leur rythme pour petit-déjeuner puis attaquer une séance d’exercices scolaires.

Naïa retrouve un peu d’energie dans la matinée, assez pour que nous envisagions d’aller passer quelques heures au bord de l’une des plages de sable de l’île.

Quelques kilomètres de pick-up plus tard nous voici donc sur Ban Bang Bao sous un soleil qui a fait sa réapparition après quelques passages nuageux.

Nous arrivons en fin de marée haute et ne pouvons que constater la quantité de détritus ramenés par cette mer, pourtant si belle, sur la plage. Nous marchons plusieurs centaines de mètres, le long du rivage, afin de trouver un espace à l’ombre qui ne soit pas privatisé par les nombreux hotels de luxe qui se sont appropriés l’espace public. La majorité des clients sont allongés sur leur transat les yeux non pas rivés vers la superbe baie qui leur fait face mais… vers leurs smartphones ! En quelques minutes nous avons une image peu optimiste de la société dite moderne : des êtres humains hypnotisés par leur écran pendant que la mer déborde de plastique… A nous de tout faire pour que la nouvelle génération ne soit pas aussi attentiste que ses aînés !

Nous passons tout de même de belles heures dans ce cadre exotique. La chasse aux crabes se révèle un excellent exercice de motricité rapide pendant que les éternels chateaux de sable invitent à l’imagination.

Nous revenons en fin d’après-midi vers nos bungalows, où, pendant que Naïa, qui a l’air d’aller mieux, fera une petite sieste, Lalie et Esteban se lanceront dans une seconde séquences d’exercices scolaires avant une partie de belote face au soleil couchant. L’heure de l’apéro approche, nous le partageons tous ensemble avant de passer une douce soirée dans ce cadre des plus dépaysants.

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19 Mars : Chanthaburi – Koh Chang

Nous dormons un peu plus ce matin… jusqu’à 7h00. Nous partageons le petit-déjeuner, discutons avec un couple de cyclovoyageurs Canadiens partis depuis 22 mois… et 30 000 km (nos 10 000 paraissent bien petits à côté) puis prenons un mini-bus en direction du port où nous pourrons prendre un bateau pour Koh Koot qui se transformera finalement en un trajet pour Koh Chang, une île plus proche de la côte, au regard des prix prohibitifs qui nous sont demandés pour rejoindre la destination prévue initialement.

30 minutes de mer plus tard, sur un énorme ferry métallique, et nous voilà sur l’île très arborée de Koh Chang.

Naïa n’est pas très en forme depuis ce matin, elle a même un peu de fièvre, et se retrouve sans beaucoup d’énergie. Le « routard » préconise une adresse avec des bungalows à un prix abordable. Nous prenons un transport en commun pour rejoindre le complexe en question mais les informations que nous avions ne semblent plus tout à fait à jour. Les prix ont doublé alors que le site semble ne pas avoir été entretenu depuis un moment. C’est loin d’être accueillant.

Comme nous avons prévu de passer 3 nuits sur l’île nous cherchons un lieu plus agréable et finissons au bout de quelques recherches, à trouver de belles cabanes un peu plus au Sud.

Ici pas de plage de sable fin mais cela ne nous empêche pas de faire une première virée dans l’eau avec masques et tubas et de rejoindre ainsi une petite crique de sable située non loin. Nous nous relayons auprès de Naïa. Cette dernière, après une bonne sieste et avoir réussi à avaler un doliprane retrouve progressivement la forme et même un peu d’appétit en soirée. Demain, nous avons une journée sans programme, ou plutôt si, avec un seul programme : récupérer et se reposer !

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18 Mars : Pong Nam Rom – Chanthaburi : 62 km (10 030 km)

La Thaïlande est également le Royaume de la générosité. Ce matin, avant de partir, la propriétaire de la Guesthouse tient à nous offrir un régime de bananes, puis deux, puis trois… Sans oublier quelques bouteilles d’eau, le tout chargé dans le coffre de la carriole qui va finir par exploser.

Plus tard dans la matinée on nous offrira encore, par deux fois, des bouteilles d’eau fraîche. Nous n’avons que des petits vélos et des sourires à offrir en échange mais nous sentons bien que leurs gestes sont guidés par leur coeur et qu’ils sont heureux de rentrer ainsi en contact avec nous. Peu parlent Anglais mais, avec le langage des mains et du visage, nous arrivons toujours à échanger quelques mots.

Après une petite dizaine de kilomètres, qui viennent récompenser les deux dernières journées en faux plat montant, nous bifurquons pour retrouver ces petites routes de campagne que nous affectionnons tant. Encore un régal ! Nous roulons entre des plantations exotiques et découvrons, par là même, les arbres sur lesquels poussent certains fruits que nous avons goûtés récemment. Des ramboutans, des mangoustans, des durians, des longanis et, bien entendu, des bananes et des noix de coco : une déambulation des plus dépaysantes.

C’est dans ce cadre que nous franchissons, main dans la main, notre 10 000ème kilomètre ! Nous pensions que nous l’atteindrions en France mais finalement nous avons un peu d’avance… ou de détours en plus ! Que de chemin parcouru, de rencontres, quelques difficultés et beaucoup de Bonheur au cours de ces kilomètres. Il nous reste désormais 1 000 à 1 500 kilomètres pour rentrer dans le Lot…

A Chanthaburi, nous retrouvons Didier et Isa avec lesquels nous avons prévu de faire une petite virée sur l’ile de Koh Koot, située un peu plus au Sud. Nous nous mettons en quête d’un hébergement pour ce soir mais sommes surpris par les tarifs pratiqués par les hôteliers de cette ville à laquelle, pourtant, nous ne trouvons aucun charme. Chanthaburi est une ville spécialisée dans la joaillerie et notamment dans les rubis. La majorité des magasins vendent donc des pierres précieuses et lorsque l’on a peu d’intérêt pour ces minéraux, il est difficile de trouver des qualités à cette cité très « bling-bling ».

Nous cherchons un bon moment et décidons de nous éloigner du centre afin d’élargir nos recherches en périphérie. Nous trouvons finalement de quoi nous loger dans l’un de ces hôtels aux longs couloirs qui ressemblent plus à ceux des hopitaux qu’à ceux d’un espace hôtelier.

Nous partons ensuite organiser notre trajet de demain. Il nous faut, en effet, rejoindre l’embarcadère du ferry à destination de Koh Koot. Les filles prennent en charge les négociations et trouvent un chauffeur de van qui nous amènera demain matin jusqu’au port.

3 jours de détente devraient nous attendre avant de reprendre la route vers Bangkok pour un dernier tronçon exotique avant de retrouver l’Europe.