17 Juin : Cafayate

Une savoureuse odeur de pain perdu vient réveiller les derniers levés. Valérie a décidé de joindre l’utile à l’agréable et de transformer le pain rassi que nous transportions depuis déjà quelques jours en de savoureuses brioches.

Aujourd’hui c’est dimanche et il faudra donc attendre demain avant de s’attaquer à chaque arrêt à la mission « propre »  : le linge sale. Le marché couvert est lui ouvert ce matin. L’occasion de déambuler devant des étals colorés aux odeurs subtiles. Nous achetons de quoi faire les deux repas du jour et revenons à l’appartement où les enfants et Valérie s’attellent à préparer un délicieux repas pour la fête des papas. Dessins, poèmes, petits souvenirs et beaucoup de tendresse : voilà un papa comblé.

L’après-midi passera bien vite entre la sieste de Naïa, les travaux scolaires des grands, la maintenance du blog (nous avons rajouté une nouvelle option à droite du blog vous permettant de retrouver les articles par pays, pas encore très utile pour l’instant mais dans quelques mois la liste devrait s’allonger) et le lien avec de nouveaux hôtes de Woofing, ceux qui devaient nous accueillir à Salta nous ayant finalement annoncé leur impossibilité de nous héberger pour raisons familiales. C’est donc finalement vers La Paz que nous devrions nous arrêter quelques jours pour travailler dans une ferme agro-écologique et partager le quotidien d’une famille locale.

Nous en profitons également pour lire l’actualité de ces derniers jours et avons une pensée pour toutes les personnes qui ont subi les inondations de ces derniers jours en France. Nous adressons ainsi nos voeux de réconfort aux résidants du foyer-logement de Luzech et à nos amis Dominique et Florence dont le magasin ne semble pas avoir été épargné par les trombes d’eau Luzechoises.

En fin d’après-midi, les filles iront se promener en ville pendant que les garçons useront de loisirs plus numériques. Le repas du soir est à nouveau un repas de fête puisque Lalie et Valérie ont préparé un riz au four, plat familial que nous avons si souvent réservé aux cyclistes accueillis à Boissor, dans le cadre du réseau Warmshower, et un brownie. La cuisine au réchaud c’est pratique, mais le luxe d’une vraie cuisine permet de rompre avec nos repas de cyclistes nomades.

Ce soir les enfants sont invités à jouer, après le repas, par les jeunes filles des propriétaires de l’appartement à qui ils avaient apporté un peu de gateau un peu plus tôt. Une belle journée de fête à l’autre bout du monde.

PS : la VeLove Family souhaite une bonne fête à tous les Papas

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16 Juin : Corral de Piedra – Cafayate : 48 km (1 830 km)

Si le lever est matinal pour ceux qui veulent voir le match de l’équipe de France (quelle idée de jouer à 7 heures du matin !), d’autres en profitent pour récupérer un peu de sommeil.

Les enfants retrouvent lamas, ânes et chèvres pendant que les adultes discutent entre eux. Le hasard de l’enchainement Mundialistique fait que l’Argentine joue également ce matin. Regarder le match de l’équipe nationale avec une famille locale ne se refuse pas, même si nous aurions pu profiter de l’opportunité d’être seuls sur la route pendant 90 minutes.

De vaillants Islandais ont contrarié des Argentins quelque peu timorés. La déception est grande mais on nous invite à partager un moment précieux : la préparation du repas. Et cela se refuse encore moins qu’un match de Messi et compères ! Entrer dans la cuisine, c’est partager une dose d’intimité, c’est apprendre de nouvelles recettes tout en échangeant sur de multiples sujets. Nous passons ainsi de la préparation de la viande pour les empanadas à la confection de pâtes maison, des résultats footballistiques aux habitudes locales. René et Brigida insistent pour que nous restions partager le repas avec toute la famille. Encore un moment de partage à apprécier.

Lalie se regalera des pâtes maison (les meilleures qu’elle n’ait jamais mangé indique-t-elle… et pourtant rien que depuis le début du voyage nous en avons mangé quelques kilos !), pendant que les adultes échangent encore quelques conseils avant que les activités du samedi après-midi ne viennent mettre un terme à ces precieux instants.

Il est 15h00  nous reprenons la route. Une route qui nous réserve quelques montagnes… russes pour arriver dans la vallée de Cafayate, l’alter-ego de notre Cahors en France. Des vignobles de partout, de somptueuses bodegas sauf qu’ici  , tout est gigantesque. Les parcelles de vignes font souvent plusieurs centaines d’hectares pendant que les caves en marbre blanc sont d’un luxe tapageur.

La nuit tombe, nous arrivons à Cafayate: une ville très touristique avec de nombreux restaurants et des boutiques de souvenirs. Nous nous éloignons un peu de la place centrale et trouvons un petit appartement qui sera parfait pour les deux jours à venir. Et oui, après 10 jours de vélo, il nous faut répondre à certaines taches ménagères, reprendre quelques leçons scolaires, réparer certains éléments en délicatesse (des tapis de sol notamment) et surtout récupérer de l’énergie avant de rejoindre Salta. Vaste programme…

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15 Juin : Santa Maria – Corral de piedra : 48 km ( 1 782 km)

Après la journée marathon d’hier, nous trainons un peu afin que chacun puisse se réveiller à son rythme et récupérer un maximum d’énergie.

Nous sortons de Santa Maria par un petit pont qui traverse la rivière voisine et revenons ainsi sur notre chère Ruta 40. Encore un itinéraire  de toute beauté. Finies les zones désertiques, la route sinueuse emprunte un parcours à flanc de coteaux laissant découvrir en contre-bas de belles vallées bien vertes.

Le macadam, d’une qualité remarquable, est bien agréable, même avec un petit vent de face. Au bout d’une trentaine de kilomètres nous arrivons à un embranchement qui propose de se rendre aux ruines de Quilmes. Car oui, Quilmes avant d’être la bière la plus connue en Argentine était le nom d’un peuple indigène vivant dans cette zone géographique.

Bien que le chemin de terre soit terriblement ensablé et qu’il monte sur un peu plus de 4 km, nous optons pour cette pause culturelle. Et nous avons bien fait car nous avons encore passé un superbe moment dans ce lieu peu commun. Une ancienne ville faite de murs en pierres sèches avec des zones communes pour l’agriculture, des lieux de dévotion et des espaces pour les rencontres sociales. Ce peuple vouait une véritable adoration et un profond respect à la « Pachamama » : la Terre-Mère. Tout était donc fait pour la protéger et apprendre à la connaître afin d’en retirer tous ses bienfaits. Un espace très visuel permettant de découvrir cette culture assez exemplaire nous a passionnés .

Les Quilmes ont été décimés au XVIème siècle avec l’invasion des conquistadores espagnols mais leurs règles de vie et les valeurs qu’ils défendaient peuvent continuer à inspirer nos sociétés contemporaines.

En souvenir, nous acheterons un petit drapeau qui représente le peuple indigène: de belles couleurs arc-en-ciel qui flottent désormais à l’arrière de la carriole.

Il est 16h30 . Le soleil menace de s’évanouir derrière les sommets qui bordent le site. Il est temps de redescendre vers la route. Nous faisons quelques kilomètres et sommes attirés par deux lamas en bord de route. Juste à côté : « un hospedaje » qui nous accueille, sur le principe : » vous êtes les bienvenus et vous donnez ce que vous voulez » . Des ânes, des chèvres viennent bientôt rejoindre les deux lamas. C’est le paradis pour les enfants et un lieu magnifique pour terminer cette nouvelle journée Argentine.

Nous passons une délicieuse soirée avec René, Brigida et leurs deux filles. Quelques tours de magie de Lalie, des pitreries de Naïa et des empanadas. Encore une belle journée…

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14 Juin : Los Nacimientos – Santa Maria : 106 km ! ( 1 734 km)

– 8°, c’est ce qu’indique le compteur, pourtant à l’abri du vent, lorsque nous reprenons la route ce matin. Auparavant, nous avons partagé le petit-déjeuner avec les écoliers et leurs enseignants. Un bon thé chaud qui nous aura permis de conserver quelques degrés corporels. Cette école comme beaucoup d’autres que nous avons croisées en Argentine a la particularité d’accueillir des élèves de primaire le matin et des collégiens l’après-midi . Nous avions donc quitté des adolescents hier soir et saluons ce matin de tout jeunes écoliers.

Le soleil ne souhaite apparemment pas sortir de sa couverture de nuages ce matin. L’air extérieur reste glacial. Nos gourdes pourtant remplies avec de l’eau tiède ce matin se transforment vite en glaçons. Les doigts de pied ne tardent d’ailleurs pas à rejoindre cet état.

Nous savons qu’il nous reste encore 19 km de montée mais nous avions espéré conserver un vent favorable. Malheureusement, il a encore changé de sens pendant la nuit. 19 km de lutte contre cet ennemi invisible qui brule nos calories. Lalie et Esteban commencent à avoir les larmes aux yeux, rongés par le froid qui les envahit. Les parents serrent les dents et commencent à penser à d’autres alternatives pour cette longue traversée.

Un aéroport,  perdu au milieu de nulle part , marque la fin de la montée. Le vent souffle avec force et nous sommes déjà éreintés. Nous rejoignons le hall d’attente de l’aéroport afin d’y trouver un peu de chaleur. Nous sommes accueillis par Christian, notre ange gardien du jour. Il s’occupe de la tour de contrôle mais également de la sécurité du site, construit afin de développer l’industrie minière située à quelques centaines de mètres. Il nous apporte du thé chaud, du pain et un petit chauffage qui contribueront grandement à la récupération de l’équipe.

Un coup d’oeil à l’extérieur : les petits drapeaux qui flottent derrière nos vélos ont changé de sens. Christian, nous explique que cela peut arriver plusieurs fois dans une seule journée. Nous nous dépéchons de repartir ! C’est le pied, ou plutôt la roue libre: 25 à 30 à l’heure alors qu’une heure plus tôt nous n’arrivions pas à dépasser les 7 km /h !

Nous enchaînons les kilomètres avec une seule peur : que le vent change à nouveau de sens. Ce fameux vent finit par s’arrêter. Nous nous arrêtons nous aussi, pour déjeuner et lorsque nous voyons à nouveau les drapeaux flotter dans le bon sens, nous remontons sur le pont pour poursuivre notre traversée. En chemin, nous observons d’innombrables troupeaux de vaches, de chèvres ou d’ânes vaquant librement dans cette immense plaine sablonneuse.

Nos arrêts s’échelonnent selon les caprices du vent. Nous arrivons ainsi à atteindre le bout du plateau. S’ensuit une belle descente, récompense de ces journées de montée. Nous nous étions fixé d’arriver au maximum à San Jose. Nous y arrivons au bout de 85 km mais Lalie et Esteban, tout contents de voir la barre des 100 km s’approcher insistent pour continuer. Ils veulent être 100 bornard à vélo, et aussitôt cette limite franchie, afficheront une certaine fierté qui ne les quittera pas de la soirée. Nous arrivons dans la banlieue de Santa Maria et trouvons une chambre dans un hôtel, sans eau chaude, et avec un Wifi défaillant mais des lits qui feront du bien à toute la famille après ces dernières journées éprouvantes.

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13 Juin : Termas de Hualfin – Los nacimientos : 29 km (1 628 km)

Si vous avez déjà parcouru le blog de la VeLove Family, vous avez pu lire cette phrase « Chaque jour est une Aventure ! ». Et bien nous allons vous rapporter les Aventures du jour.

Après une nuit passée bien au fond de nos duvets, car il n’a pas fait bien chaud dans notre petite pièce, nous essayons de partir tôt pour cette journée de montagne qui s’annonce. Deux événements viendront changer le cours des évènements. Tout d’abord, il a fait encore plus froid que prévu cette nuit. Lorsque nous nous apprêtons à monter sur nos vélos vers 8h00 , le compteur annonce encore un – 6°. Résultat : ce qui restait d’eau dans nos gourdes est gelé et la seule canalisation à disposition l’est également. Deuxième événement : notre première crevaison. Une épine perfide a délicatement dégonflé la roue avant du Pino blanc pendant la nuit. Alors que nous étions prêts à partir avec entrain, nous voilà à changer la chambre à air… par -6° ! Forcément l’enthousiasme prend également un coup de froid.

Nous rejoignons la « ruta 40 » par le chemin en ripio et prenons le temps de faire quelques prises de vue dans ce paysage ocre au soleil levant.

Hualfin, le premier village, est à 7 km. Il est en contrebas de la « 40 » et nous hésitons donc à y descendre pour aller nous ravitailler en eau. Nous ne savons pas ce que nous allons pouvoir trouver plus haut et optons pour la descente , même si elle appellera une remontée. Nous arrivons devant un collège. Il y a une belle animation. Nous nous approchons afin de demander de l’eau et sommes pris en quelques minutes dans une spirale féerique. Le cross annuel du collège va partir dans quelques minutes. Le Directeur vient à notre rencontre et est tellement surpris et ravi de notre présence qu’il nous demande d’ouvrir la première course de deux kilometres. Nous voilà donc à sprinter pendant deux kilomètres afin de précéder de jeunes adolescents déchaînés.

Une fois arrivés et tellement heureux de l’animation supplémentaire que notre présence a pu engendrer, le Directeur nous propose d’ouvrir également la course de 5 km des 4ème et 3ème. Nous voilà donc repartis dans un parcours alternant asphalte et ripio avec, pour le plaisir, un passage à gué. Heureusement, même si nous luttons dans les passages difficiles pour tenir la cadence, les descentes sont à notre avantage et nous arrivons à reprendre quelques dizaines de mètres aux premiers qui courent entre 16 et 17 km/h.

A l’arrivée « Nuestros Amigos de Francia » comme nous appelle désormais le Directeur au micro qu’il manie tel un DJ arranguant la foule, sont invités à remettre les médailles aux vainqueurs. Naïa ne se fera d’ailleurs pas prier pour s’exécuter dans ce rôle . Sa petite taille amène les athlètes à se pencher au ras du sol devant les encouragements et les rires de la foule surchauffée.

Nous sommes ensuite entraînés dans la grande salle commune où l’on nous invite à partager le repas avec les élèves et les professeurs. De grandes tablées, une ambiance très bon enfant où les élèves donnent de la voix pour mettre en avant leurs classes, le tout sous la houlette musicale du Directeur assis derrière les platines. De grands moments de joie partagés avec tous ces élèves et le corps enseignant.  Des moments aussi inattendus qu’inoubliables… pour quelques litres d’eau !

Nous repartons en début d’après-midi et attaquons la montée. Le dernier village avant la zone désertique est en vue, il est déjà 16h00. Nous ne prendrons pas le risque de nous aventurer en altitude avec les températures annoncées. C’est un tout petit village mais il y a tout de même une école. Nous demandons s’il serait possible de nous y abriter pour la nuit. Quelques minutes plus tard, la réponse arrive de la Directrice. Pas de problème, nous pouvons nous installer dans le hall d’entrée mais il nous faudra attendre 19h00 que les derniers cours se terminent.

Un Professeur d’Anglais nous croise dans les couloirs et nous propose d’intervenir dans sa classe. Pendant près d’une heure nous alternerons entre la langue de Shakespeare et celle de Cervantes, répondant aux questions d’élèves fort studieux et de leur professeur enjoué.

La fin de la montée et la traversée de la zone inhabitée auront donc lieu demain mais ce soir, en nous couchant, nous avons vraiment l’impression d’avoir passé une belle journée… à l’école de la Vie !

PS : ce soir nous avons une pensée pour Jean Galiana, pour notre Ami Vincent et toute sa chère famille

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11 Juin : sur la route de Londres – La puerta de San Jose : 49 km (1 550 km)

Notre comptage nocturne nous permet ce matin d’indiquer qu’environ 50 % des automobilistes (avec un pourcentage plus important pour le camionneurs) se rappellent au bon souvenir de Gauchito Gil en lui adressant quelques coups de klaxon à chacun de leur passage.

Cela ne nous a pas empêché de passer une bonne nuit dans ce lieu insolite. Nous avalons les 15 km qui nous séparent de Londres en guise de mise en route puis poursuivons jusqu’à Belen. Nous resterons quelques heures à proximité de la place centrale de cette petite ville qui paraît très animée. Nous nous restaurons, nous connectons et discutons avec les personnes qui viennent très spontanement vers nous. Il faut dire que l’originalité de nos montures, leur charge et les frimousses des enfants attirent bien des curieux. « De donde vienen ? » (vous venez d’où ?) est une question que nous entendons des dizaines de fois par jour, parfois même par des automobilistes qui ralentissent à notre niveau pour nous la poser et qui repartent satisfaits aussitôt la réponse donnée en levant leur pouce bien haut. Lorsque nous nous arrêtons, comme ce fut le cas sur cette place, cela permet souvent aux personnes d’engager la conversation. Nous glanons quelques précieuses informations sur la suite de l’itinéraire lors de ces occasions et assistons souvent à la stupeur de nos interlocuteurs de nous savoir sur la route pour un si long voyage. Nous pouvons mesurer également un élément qui revient souvent : en effet, très fréquemment on nous dit qu’ici les gens sont bien mais que plus haut, il faut se méfier. Et lorsque nous arrivons plus haut sur la carte, les personnes tiennent le même discours des contrées voisines. La peur de l’étranger, une peur souvent infondée qui ne permet pas d’apprécier toute la richesse de l’autre. Modestement, à notre petit niveau, nous leur indiquons que nous pensons qu’ils seront aussi gentils qu’ici et finissons par leur montrer la phrase inscrite sur nos t-shirts. La conversation bifurque alors souvent sur un autre sujet…

Le froid est annoncé pour les jours à venir et une longue étape de montagne nous attend demain (et après-demain). Il fait bon aujourd’hui et nous sommes en forme. Le conseil de famille décide donc à l’unanimité (moins une voix qui dort dans la carriole…) de poursuivre sur une quinzaine de kilomètres. Cela nous permettra d’être plus proches des thermes de Hualfin où nous comptons bien nous délasser demain.

Ce petit supplément kilométrique monte, certes, mais il est de toute beauté. De larges gorges qui forment un canyon aux couleurs pastels. Une rivière en contre-bas ajoute à la grâce de ce paysage de western. C’est dans une courbe que nous rencontrons un nouveau cyclotouriste. Richard est Vénézuélien, il est parti depuis plusieurs mois pour se rendre au Pérou où avait lieu le rassemblement mondial des cyclo-voyageurs. Le prochain aura lieu à Lhassa, au Tibet, en 2020. Il s’est donc donné le challenge d’y aller… à vélo (excepté bien entendu la traversée de l’Atlantique pour laquelle il fera du bateau-stop). Il redescend donc actuellement vers Buenos-Aires avant un long voyage maritime vers la peninsule ibérique. Il passera ensuite par la France pour prendre la route de la soie et rejoindre Lhassa. Tout un programme !

Nous passons un bon moment avec lui, échangeons quelques précieuses informations sur nos routes respectives et lui offrons une chambre à air 26″, celle de son pneu arrière étant très fatiguée. Nous lui donnons rendez-vous en France s’il y arrive après le 1er Mai 2019 et sinon lui assurons que nous pourrons lui trouver des étapes chaleureuses lors de son passage (peut-être vous ?).

Ces rencontres, mêmes furtives, permettent de prendre de grands bols de sourires et de joie. Un régal !

Nous poursuivons sur quelques kilomètres et nous posons dans un camping municipal dont nous sommes les seuls occupants. Imaginez un grand camping de bord de mer en France au mois de décembre, c’est calme non ? Au moins ce soir, pas de klaxon en approche. Uniquement le souflle d’un vent froid qui durcit d’heure en heure…

PS : Bienvenue dans ce beau monde à Louise Guillouzic !

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12 Juin : La puerta de San Jose – Termas de Hualfin : 49 km (1 599 km)

En une nuit nous avons perdu 11°. Cela reste encore supportable par le fait qu’il n’y a pratiquement plus de vent. Le froid sec nous convient surtout lorsque les premiers rayons du soleil viennent réchauffer nos corps.

Nous poursuivons notre remontée en altitude. La route monte en continu mais avec des pourcentages tout à fait acceptables. Nous passons d’une vallée à l’autre, atteignons un plateau puis un autre. A chaque fois nos yeux s’émerveillement devant la beauté naturelle qui s’offre à nous. Nous aimons le rythme lent qu’impose le voyage à vélo. Il nous permet de découvrir les changements d’écosystèmes de manière feutrée, de caresser les évolutions topographiques et de contempler chaque nouveauté.

Sur les derniers kilomètres nous parcourerons une route creusée dans un canyon de sable. Beauté majestueuse d’oeuvres temporaires modelées par les vents opposés. L’érosion sculte ici des formes d’une finesse angélique.

Les thermes de Hualfin ne sont accesssibles que par une route non carrossable en ripio. 4 km, c’est peu mais c’est beaucoup après une journée de vélo quasi exclusivement composée de pentes ascendantes. Nous nous lançons dans un nouveau canyon, échangeons avec quelques cavaliers (qui montent à cru !) et arrivons enfin dans un cirque naturel aussi inattendu que sublime.

La nuit tombera dans une heure.Nous demandons s’il n’y aurait pas une pièce pour que nous puissions dormir à l’abri. Tout esf fermé mais ils sont en train de refaire une chambre pour la prochaine saison. Ils nous la laissent contre quelques pesos.C’est parfait car les prévisions annoncent – 3° pour cette nuit.

Une fois le couchage organisé vient alors l’heure du bain tant attendu. De petites pièces sont équipées de larges baignoires dans lesquelles se déversent les eaux thermales à 36 °. Nous pouvons facilement y rentrer à 4 + une petite Naïa toute contente de nager dans sa piscine. Nous y restons une bonne heure à réchauffer nos corps, à chanter…. à se shampooiner !

La sortie du bain se fait rapidement car l’air extérieur est déjà bien froid. Nous mangeons dans notre petite chambre et nous préparons à une longue nuit afin d’être en pleine forme demain matin. Une dernière étape de montagne nous attend afin d’atteindre un nouveau plateau qui descendra ensuite vers Cafayate. Nous sommes remontés à 1 900 mètres et devrions atteindre les 2 500 mètres demain. Pour compliquer le programme une longue zone de 80 km, sans village, est également à l’ordre du jour. Oui vraiment, la nuit sera bonne…

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10 Juin : Alpasinche – sur la route de Londres (et oui !) : 66 km (1 501 km)

Nous déjeunons à l’extérieur ce matin. La température est supportable et nous sommes prêts à nous lancer sur ces grandes lignes droites qui nous attendent. Avant cela, une petite côte nous permet de nous échauffer. Et c’est parti !

Grâce à tous ceux qui nous ont souhaité bon vent, celui-ci a tourné et vient désormais du Sud. Il n’est pas très fort . Rien que le fait de ne plus l’avoir de face est déjà une belle récompense. Le vent du Sud est également signe de rafraîchissement dans les prochains jours. Nous devons donc profiter pleinement de la belle journée que nous avons.

Tout le monde est en forme, ça discute, ça chante et ça fait quelques exercices pratico-pratiques. Lalie vous racontera prochainement combien de coups de pédales elle devrait donner cette année et vous soumettra son raisonnement.

Nous avons déjà franchi la barre des 40 km lorsque nous nous arrêtons pour la pause déjeuner. Nous avions visé le kilomètre 4040 de la « ruta 40 » mais la borne a disparu, comme d’ailleurs celle du 4000ème kilomètre. A croire que cela est aussi convoité que les panneaux de Montcuq !

Nous nous arrêtons à une quinzaine de kilomètres du premier village, dénommé Londres (ça sonne exotique ici !). Nous avons repéré en contre-bas de la route un petit édifice en l’honneur de Gauchito Gil entouré de quelques tables et… d’un four à pain !

Après la Difunta Correa, c’est au tour de Gauchito Gil de nous accueillir. Gauchito Gil est une légende très ancienne qui s’est perpétuée et développée avec le temps. D’après ce que nous en avons compris, il s’agissait d’un bandit de grand chemin qui prenait aux riches pour donner aux pauvres (le Robin des bois Argentin). Un jour, au pied d’un arbre, un policier l’arrête et s’apprête à le tuer. Gauchito Gil lui aurait alors dit qu’en rentrant chez lui, ce policier apprendrait que son fils est gravement malade et qu’il est condamné. Il aurait poursuivi en lui indiquant qu’il pouvait le tuer mais qu’en apprenant la nouvelle lorsqu’il rentrerait, il devait prier pour lui et son fils serait alors guéri. C’est ce qu’il fit, et son fils eu une guérison miraculeuse. Depuis, un peu partout en Argentine, au pied des arbres, on retrouve de petites stèles en l’honneur de Gauchito Gil, coiffées de tissus rouges en référence au bandana que Gauchito Gil portait autour du cou (Renaud se serait-il inspiré de cette légende ?).

C’est donc grâce à Gauchito Gil que nous disposons ce soir de ce lieu de bivouac. Et puisque ceux qui ont aménagé cet espace ont construit un four à pain, c’est l’occasion de le faire fonctionner. Ramassage du bois, coupe de brindilles et allumage… ça chauffe. L’occasion pour Esteban d’apprendre à faire du pain avec de la farine que nous avons au fond du sac de provisions. Et pour une première, c’est plutôt réussi, de petits pains façon « brioches au chocolat » dont toute la famille se délectera en dessert.

Nous rejoignons nos couchages en ayant confirmation d’une habitude des camionneurs:  chaque fois qu’ils passent devant une stèle de Gauchito Gil, ils donnent quelques coups de klaxon. Une nuit rythmée nous attend donc…

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9 Juin : Pituil – Alpasinche : 59 km (1 435 km)

La nuit partagée dans la salle du catéchisme a été agréable et reposante. Nous prenons le petit-déjeuner avec Laura, préparons nos sacoches, cherchons un point Wifi pour pouvoir vous envoyer des nouvelles régulières (et lire vos commentaires) et reprenons la route. Laura s’en va vers le Sud, elle croisera certainement quelques unes de nos connaissances.

Au bout d’une dizaine de kilomètres, un van coloré nous double en klaxonnant puis s’arrête quelques centaines de mètres plus loin. En sort un couple et une jeune fille de 9 ans. Ils sont de Buenos-Aires et sont partis pour un an de voyage. Ils remontent, eux aussi ,la « ruta 40 » et souhaitent aller jusqu’en Colombie. En chemin ils s’arrêtent pour faire des numéros de cirque. D’ailleurs leur projet s’appelle « payasos en ruta » (les clowns en voyage). Nous échangeons quelques menus cadeaux et promettons de nous revoir un peu plus haut. Après la Colombie, ils vont certainement aller en Amérique Centrale. Nous devrions y être à la même époque. Un nouveau rendez-vous à honorer !

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Cette rencontre alimentera nos discussions pendant plusieurs dizaines de kilomètres. Les enfants se mettent à rêver d’un prochain voyage en van et prévoient ce qu’ils emporteront. Esteban va même plus loin. Il  imagine l’aménagement intérieur et toutes les commodités qui pourront garnir cet espace.

En attendant… nous continuons de pédaler. Plus de vent, de belles descentes, des rencontres : le moral des troupes est de nouveau au beau fixe. Les kilomètres défilent.

Nous savons qu’une nouvelle zone de 80 km, sans village, nous attend demain. Nous souhaitons donc atteindre la dernière zone habitée avant ce no man’s land. Nous prenons tout de même le temps de faire quelques pauses : nous déjeunons dans un parc de jeux avant d’assister à un cours de cuisine dans une école puis  nous  savourons une petite glace.

Nous arrivons sur la place du dernier village. Il est temps de s’arrêter. On nous indique que le restaurateur du coin a l’habitude de recevoir des cyclistes. En effet, dans une pièce du 1er étage en construction, un matelas est posé au sol pour y recevoir les voyageurs. Un bon repas et un toit: voilà de quoi prendre des forces avant d’attaquer les 80 km rectilignes qui nous attendent avec… un seul virage en vue… sur tout l’itinéraire.

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8 Juin : Sur la route de Pituil – Pituil : 35 km (1 376 km)

La double protection dont nous avons bénéficié cette nuit aura été précieuse. Malheureusement, force est de constater une fois revenus sur la route, que le vent n’a pas faibli depuis hier.

La route continue à monter. L’itinéraire est d’une rectitude absolue : nous apercevons,  à l’horizon, le lieu que nous atteindrons dans deux…ou trois heures ! Heureusement le paysage reste magnifique. Le vent qui surfe sur nos tympans ne permet plus de tenir une conversation entre les coéquipiers. La route paraît d’autant plus interminable.

Mais pourrions-nous nous plaindre ? Non, bien entendu, nous avons choisi d’être là. Et même si l’effort depuis deux jours est intense, il n’est rien face aux épreuves que certains ont à traverser au quotidien. En ces moments physiquement soutenus nous avons une pensée pour tous nos amis qui ont vécu ou qui doivent vivre avec la maladie : sclérose en plaques, cancer… Nous avons beaucoup de personnes exemplaires autour de nous qui sont autant de sources d’énergie . Des étoiles qui brillent en continu  dans notre ciel nomade.

Nous arrivons enfin à Pituil, seul village dans cette longue vallée. Le prochain est à une quarantaine de kilomètres. Il est temps de refaire le plein d’eau.

Il y a de l’animation dans la cour de l’école du village. Nous demandons de l’eau, on nous offrira bien plus… Un bon repas tout d’abord. Les élèves ont fini de manger, il reste des pâtes au poulet et du riz au lait. Un menu parfait pour des cyclistes ! Nous nous retrouvons donc dans la cuisine de l’école où tout le monde est aux petits soins avec nous.

Une belle apres-midi ensuite, faite d’interventions en classe pour Lalie et Esteban et de temps de récréation où les petits français se mélent aux argentins. On nous apporte encore du pain, de la pâte de coing… et beaucoup de gentillesse. L’école va fermer pour le week-end mais on nous propose d’aller voir la personne qui s’occupe du catéchisme. Bon plan gagnant car, après son cours, elle  met à notre disposition une petite pièce de la salle paroissiale.

La salle donne sur la place centrale où les enfants retrouvent leurs copains. Ça n’arrête pas de jouer. Laura, une cyclovoyageuse argentine qui descend de la Bolivie pour rejoindre Ushuaia par la fameuse « 40 » nous croise sur la place. Nous lui proposons de se joindre à nous pour la soirée. Voilà une journée qui a commencé dans le vent et qui se termine dans la douceur d’un petit village argentin. Une véritable oasis dans le désert…

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7 Juin : Chilecito – sur la route de Pituil : 43 km (1 341 km)

Un dernier petit-déjeuner autour d’une table et dans un cadre confortable apprécié, le temps de rassembler toutes nos affaires dispersées après ces deux journées sédentaires et nous sommes enfin prêts pour partir rejoindre « la 40 ».

Nous sommes un peu chargés en provisions car le prochain village est à près de 80 km et nous n’avons pas pour objectif de l’atteindre ce soir.

Une petite descente pour quitter Chilecito puis c’est une belle montée qui nous attend. 10 km de montée sans pourcentage mais avec 250 mètres de dénivelé positif.

Il est déjà 14h00 lorsque nous arrivons en haut. Il est temps de se restaurer. Quelques empanadas et les traditionnels sandwichs permettront de retrouver des forces. Alors que nous nous apprêtons à aborder une grande descente vers la vallée suivante, le vent commence à se lever. Discret d’un premier abord, il s’intensifie rapidement au point que la descente, que nous suhaitions savourer en dessert, se trouve être une épreuve de force. Il nous faut pédaler pour avancer sous peine de point mort. Et lorsque la route recommence à s’élever à nouveau, il est toujours là, en pleine face. Il  nous faut pédaler… pour ne pas reculer. Eole est parfois bien ingrat face à l’effort du cyclovoyageur !

Nous avançons difficilement. Inutile de s’acharner à lutter contre les éléments naturels. Nous nous sentons comme des fourmis dans un courant d’air. Mieux vaut trouver un abri. Demain sera un autre jour .  Même si nous n’avons pas fait autant de kilomètres que nous l’aurions voulu aujourd’hui afin de se rapprocher de Pituil, lieu de ravitaillement en eau, mieux vaut garder des forces. Nous regardons sous les ponts : trop bas ou servant de décharge. Nous scrutons les gros arbres : il semblent eux-mêmes souffrir de ces bourrasques. Nous avançons encore un peu et voyons un mur de cannisses au loin. Il sert à abriter une petite stèle en hommage à la Difunta Correa. C’est parfait !

La tente plantée, nous profitons de la dernière demi-heure de soleil pour faire un petit tour aux environs. Les enfants s’essayent à la pétanque version pierre sur sable. Quelques épines de cactus se glissent insidieusement dans les chaussures… il est temps de s’approcher de notre abri de fortune… et de la Difunta Correa. Après quelques chansons puis quelques pâtes, nous rejoignons notre couchage, sous bonne protection !

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6 Juin : Chilecito

Encore quelques heures de sommeil stockées précieusement et la maisonnée se retrouve pour un petit-dejeuner enrichi du reste des « crêpes » d’hier soir.

Dans la foulée, les filles se lancent dans la pâtisserie (toujours avec les moyens du bord…) et profitent de la mise à disposition d’un four pour préparer un brownie qui servira de pause gourmande pour ces prochains jours.

Une nouvelle rando au milieu des cactus sur les hauteurs de Chilecito et nous redescendons près de la gare routière pour nous restaurer.

Nouvelle après-midi scolaire (ça devient un stage intensif !), révision des vélos, bricolages divers et variés (nous avons également nettoyé le réchaud et changé le carburant, cela semble avoir été efficace… pour l’instant !).

Un petit point sur l’itineraire des jours à venir laisse apparaître que nous ne devrions pas rencontrer de ville avant 5 ou 6 jours. Seuls des villages seront sur la route. Ce qui veut donc dire que nous pourrons nous ravitailler (parfois avec prudence car il y a des « trous » de plus de 70 km) mais qu’il n’y aura pas de banque pour retirer du liquide. Nous essayons de ne jamais avoir trop d’argent sur nous mais suffisamment pour subvenir à nos besoins. Cette gestion du portefeuille n’est pas évidente en Argentine à cause du système bancaire qui se « sucre » sur les comptes étrangers. En effet avec notre carte, les guichets automatiques refusent les retraits supérieurs à 2 000 Pesos (3 000 parfois dans certaines banques en rusant un peu…). Mais chaque retrait est ponctionné de frais allant de 124 à 248 Pesos (soit de 6 à 12 % !). 1 000 Pesos valent actuellement environ 33 Euros.  Lorsque nous dormons sous la tente notre budget quotidien est de 300 à 400 Pesos et entre le double et le triple lorsque nous prenons un logement. Il nous faut donc retirer plusieurs fois 2 000 Pesos et donc payer de multiples frais bancaires. Si cet argent servait directement au peuple Argentin, nous y serions presque favorables en raison de la dévaluation entre nos deux monnaies . Mais cet argent ponctionné, les Argentins n’en bénéficieront certainement pas… ce qui nous donne une impression de racket à chaque retrait !

Ces considérations purement matérielles mais non négligeables pour l’organisation effectuées, nous passons une dernière soirée « comme à la maison » avant de repartir demain vers de nouvelles aventures nomades. Ces deux journées de pause à Chilecito auront été bénéfiques pour nos organismes qui ont récupéré de l’épisode glacial. Un réchauffement est annoncé pour ces prochains jours. Nous comptons bien en profiter !

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5 Juin : Chilecito

La journée démarre en douceur : un petit déjeuner autour d’une table, des tartines beurrées, un thé chaud. Nous apprécions ce confort qui nous paraissait pourtant fort banal, il y a encore quelques semaines.

Nous avons repéré hier, en arpentant les rues de la ville, la silhouette imposante du « Cristo del Portezuelo » qui surplombe cette calme cité. Une belle promenade, à pied cette fois-ci, nous attend donc. L’occasion de déambuler dans les rues avec notre curiosité éveillée par des habitudes culturelles parfois très différentes de celles que nous connaissons en France. Cela va des poubelles en forme de paniers métalliques disposées devant chaque maison, aux « kioskos » ces innombrables petites épiceries qui ne vendent parfois qu’une dizaine d’articles, en passant par des bouteilles posées sur le toit des voitures afin d’indiquer… qu’elles sont en vente !

Lors des échanges avec la population locale, nous découvrons également le « fatalisme » argentin. Cela fait presque 20 ans que le pays est englué dans une crise économique dont l’issue semble chaque jour s’éloigner avec les dévaluations successives du peso. La colère contre les politiques est sous-jacente, notamment contre l’ancienne Présidente, celle qu’ils surnomment « La Cristina », Christina Kirchner qui ne semble pas avoir laissé un souvenir positif impérissable.

Fatalistes mais actifs, les argentins se débrouillent comme ils  peuvent. De multiples petits boulots et des activités officieuses (À Pangacillo, nous avons  appris que notre voisin était le boulanger clandestin du village. Tout le monde s’en arrangeait. Dans sa petite maisonnette il faisait du pain de très bonne qualité… ).

La vie continue… les terrasses des cafés sont bien garnies . Dès qu’un rayon de soleil fait son apparition, les glaces retrouvent  succès. Les Argentins sont de fervents croyants, dans des légendes mystiques telles que celles de la Difunta Correa, de Gauchito Gil, ou dans la Foi Chrétienne qui se diversifie en de multiples courants ecclésiastiques. Cette Foi, ils la revendiquent . Nous sentons que cela participe à leur donner la force de croire en un avenir meilleur pour le pays.

Comme un symbole : un Christ surplombe la ville, tel le Cristo Redemptor  de la baie de Rio de Janeiro. Nous sommes en admiration devant cette oeuvre monumentale et les points de vue qu’elle offre à la ronde.

Dans notre élan, nous poursuivons jusqu’au centre ville, faisons quelques courses pour le repas du soir et dégustons de délicieux plats de viande argentine. Le reste de l’après-midi sera consacré à des exercices scolaires et à une partie de foot. Une nouvelle triplette  arbore fièrement les couleurs de l’Albiceleste, l’équipe nationale Argentine.

Nous passons une douce soirée de repos. Quelques crêpes (enfin !… des crêpes à l’allure de pancakes car nous n’avons que des ustensiles de camping) dont se régale la famille, quelques notes de musique qui nous entrainent dans des chorégraphies familiales et une nouvelle nuit au chaud. La récupération est bien là….

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4 juin : Sanogasta – Chilecito : 47 km (1 298 km)

Cette nuit dans le garage aura été… réparatrice ! Nicolas et Nancy ont insisté hier soir pour que nous venions prendre le petit-déjeuner chez eux. Nicolas est déjà parti . Il part tous les matins à 6h00 pour prendre des bus qui l’amèneront jusqu’à l’école où il enseigne. Il y a une école juste en face de la route devant chez eux, ce sont des enseignants de Chilecito qui y viennent. L’éducation nationale argentine semble avoir la même cohérence d’affectation que son homologue française… Nancy, elle, est avocate et commence un peu plus tard. Elle aussi devra rallier Chilecito en bus (nous aurions presque pu la prendre sur nos porte-bagages …). Merci encore à cet adorable couple qui nous a ouvert ses portes au hasard d’une séance de running.

11 km de descente (nous sommes passés sous les 1 000 mètres d’altitude !) puis une piste cycable de très belle qualité nous emportent jusqu’à Chilecito. Nous flanons un peu sur la place centrale. Des journalistes radio arrivent pour nous interviewer. Nous nous mettons ensuite en quête d’un logement. Le centre ville reste au dessus de notre budget et n’est composé que d’hotels alors que nous voudrions un coin cuisine pour alterner repas maison et repas pris à l’extérieur. « Les Andes en roue libre » nous ont conseillé une cabana en contre-bas de la ville. Nous nous y rendons. L’endroit est certes excentré mais superbe avec de larges espaces partagés et la possibilité de garer nos vélos en toute sécurité.

Le soleil revient ! Comme un pied de nez à la journée d’hier, nous nous offrons : une glace ! Nous la dégustons dans le vaste jardin collectif. Nous la savourons…

Un nettoyage de fond en comble de la carriole (la petite maison roulante de Naïa en avait vraiment besoin), un peu de détente numérique ou littéraire et nous arrivons déjà à la douche (chaude, si bonne !) et à un bon repas maison. Oui, vraiment, le confort, c’est appréciable…

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3 Juin : Pagancillo – Sanogasta : 76 km (1 251 km)

La semaine prochaine des températures plus clémentes sont annoncées mais, en attendant, il nous faut faire avec ce froid glacial qui persiste sur la vallée. Nous avons envie de retrouver un peu de chaleur.La vallée suivante a la réputation d’être toujours plus chaude. Une motivation supplémentaire pour essayer de l’atteindre dès aujourd’hui.

Seul problème il nous faut parcourir 20 km sur une route en ripio puis passer un col. Pour le ripio, ça demande un peu d’attention et parfois de l’agilité afin de traverser des zones sablonneuses . Le plaisir est tellement immense de se retrouver en pleine nature sans aucun autre véhicule que nous en oublions  la difficulté de tracter la carriole lorsque les roues du vélo arrivent à agripper une trace et que les roues de la carriole débordent sur le sable ainsi rejeté. Nous mettrons tout de même près de 3 heures pour venir à bout de ce chemin en » faux plat montant » qui nous évite un long détour par la route.

Nous retrouvons l’asphalte de la « 40 » avec grand plaisir. La « ruta 40″ ou la »40 » est l’une des plus grandes routes du Monde. Elle traverse l’Argentine dans toute sa hauteur. Plus de 5 000 km ! Beaucoup de sud-americains la parcourent en voiture, en moto, à vélo et parfois même à pied. Il faut dire qu’elle passe par des endroits magnifiques comme ces longs canyons que nous arpentons aujourd’hui. Quel dépaysement ! Et lorsque le ciel se dégage pour laisser passer quelque lueur de bleu azur sur les neiges qui nous entourent juste au dessus de ce paysage d’ocre, nous retrouvons nos couleurs nationales.

Ces couleurs nationales , nous les verrons flotter à l’arrière du vélo du premier cyclo-voyageur que nous rencontrons sur la route. C’est donc un français qui vient de l’Aveyron (un voisin donc !). Il s’appelle Mickaël et après être parti de Buenos Aires pour rejoindre Ushuaïa (le début de la célèbre « Ruta 40 » !) il est remonté vers Mendoza où il vient de s’arrêter un an pour travailler. Il est reparti depuis quelques semaines pour finir son tour d’Amérique du Sud. Nous le recroiserons cerainement un peu plus au Nord.

Nous déjeunons dans le froid, ce qui renforce notre envie de passer de l’autre côté du col. Il est 15h00. Le col est annoncé à 12 km. Nous nous donnons l’objectif d’y arriver avant 18h00 afin que nous puissions compter sur la dernière heure du jour pour redescendre de quelques centaines de mètres. Les premiers hectomètres se font facilement puis nous attaquons des pentes à plus de 10%. Ça se complique, surtout que nous arrivons au niveau de la neige.

18h04, après plus de 3 heures de contre la montre, nous voici enfin au col, à 2 020 mètres d’altitude. Enfin… presque ! En effet, nous savions qu’il y avait une petite descente dans la foulée puis une remontée pour passer un nouveau col marqué à 2 040,50 mètres (ce demi-mètre revêt toute son importance lorsqu’il est si chèrement gagné !). Une photo pour immortaliser cette montée dans la neige puis nous nous habillons aussi chaudement que possible pour attaquer l’impressionnante descente qui plonge de l’autre côté. Nous descendons des dizaines de mètres d’altitude à la minute.

Nous sommes comme aspirés par la chaleur que nous espérons retrouver dans la plaine. Cette descente rapide qui a suivi la montée glaciale vers le col a eu raison des doigts de Valérie . Elle est frigorifiée. Il commence à faire nuit noire. Il nous faut trouver une solution rapidement. Notre « Ange gardien » du soir s’appelle Nicolas. Il faisait son footing lorsqu’il nous aperçut… un peu perdus. Rapidement, il nous propose de venir nous installer dans son garage. Nous le suivons sur plusieurs kilomètres et arrivons chez lui. Son épouse, Nancy, nous accueille avec un thé chaud et quelques galettes dégustées autour du poêle. Ils nous font de la place dans le garage, amènent un peu de chauffage et insistent pour que nous venions prendre le repas chez eux. Ariel, un de leurs neveux est également chez eux et participera avec enthousiasme aux tours de magie réalisés par Lalie. Nous mangeons au chaud, des pâtes et un delicieux locro. Nicolas et Nancy sont très touchants, généreux et prévenants. Encore une belle rencontre dictée par le destin…

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2 Juin : Pagancillo

La journée commence par un petit-déjeuner préparé par les enfants : l’annonce d’une vraie journée de repos !

Ayant eu le privilege de dormir avec Naïa, ils ont bénéficié de son réveil matinal et ont donc joint l’utile à l’agréable.

Quelques courses, un peu de maintenance sur les vélos et la carriole, des tests sur le blog afin d’y insérer une carte (nous avons finalement gardé « tripline » que nous avions déjà utilisé pour la présentation de l’itinéraire. Cela permet de ne pas avoir trop d’applications à mettre à jour, en espérant que cela vous conviendra… N’hésitez pas à nous demander des améliorations. Nous essayerons d’y répondre ).

Une grande séance de travail scolaire, quelques retrouvailles sur « Whats’app » (du Nord au Sud !), une balade dans les champs environnants  à la boussole, et nous voilà prêts pour attaquer la longue journée qui nous attend demain.

Un col (la cuesta de Miranda) est au programme avant de replonger vers la route de Chilecito, une ville dans laquelle nous resterons une ou deux journées avant de reprendre la route plein nord en direction de Salta.

La veillée du soir est l’occasion d’apprendre à jouer aux cartes espagnoles que nous avons depuis quelques jours. Un jeu aux réflexes mathématiques qui permet d’associer le ludique à l’apprentissage.

Merci encore pour tous vos messages. Nous sommes conscients de la chance que nous avons de pouvoir vivre une telle aventure  C’est un réel plaisir de la partager avec vous tous. Savoir que cela permet à certains de voyager ainsi par procuration nous donne chaque jour plus de forces… même quand il fait très froid et que cela monte !

Ce soir nous avons une pensée particulière pour toute la famille Mörch et nous associons à leur peine.

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1er juin : Quelque part dans le Parc de Talampaya – Pagancillo : 75 km (1 175 km)

Du givre vient perler sur notre tente et sur les sièges avant de nos vélos ce matin, signe d’une nuit bien fraiche que nous avons passée bien au fond de nos duvets. Et pour passer du fond du duvet au vélo quand il fait si froid, mieux vaut faire vite !

Rouler le matin permet de voir plus facilement des animaux. Et ce fut le cas encore ce matin : toujours des guanacos et des perruches mais également un superbe groupe de Nandus, de petites autruches qui se deplacent avec grâce tels de petits rats de l’opéra avec leurs tutus à froufrous.

Nous essayons de gérer le froid du mieux possible. Lalie et Esteban qui sont à l’avant des vélos sont sur-exposés aux courants d’air glaciaux. Ils sont couverts autant que possible et essayent de garder un pédalage régulier afin de ne pas avoir trop froid aux pieds. La route est en faux plat descendant et la vitesse retrouvée accentue la sensation de froid. 42 ème km, un total cher aux marathoniens (nous en profitons pour saluer les coin-coin du Nico qui ont commencé leur entraînement en vue du prochain Marathon du Médoc). Nous arrivons à l’entrée de la zone qui propose de découvrir les grandes barres rocheuses et les ptérogliphes du parc. Nous nous renseignons. Le coût de l’entrée nous parait bien cher: plus de 4 fois celui du parc d’Ischigualasto pour une visite qui ne peut s’effectuer qu’en grand groupe. Nous venons de passer deux jours seuls dans la nature et nous retrouver entourés de hordes de touristes qui débarquent en bus n’est pas pour nous séduire.

Il fait toujours aussi froid. Il est possible de camper dans cette zone mais imaginer une seconde nuit à la fraîche ne fait pas beaucoup d’adeptes au sein de la tribu. Nous mangeons nos sandwichs au chaud et retrouvons un peu de force et de motivation. Le prochain village est à plus de 30 km et même si la proposition de le rallier ce soir requiert à peu près le même nombre d’adeptes que la nuit sous tente, la promesse d’une nuit au chaud finit de convaincre la troupe.

Finalement ces 30 km passeront vite entre la rencontre de jeunes français présents en Argentine pour un an grâce au Rotary Club, celle d’un jeune Colombien qui nous croise en voiture et qui a fait un long voyage à velo par le passé et les nombreux encouragements des véhicules qui nous doublent. Nous arrivons à Pagancillo !

L’entrée du village est marquée par une zone de contrôle des fruits (entre chaque region, il y a un contrôle afin d’interdire la circulation de fruits et aujourd’hui nous passons de la région de San Juan à celle de La Rioja). Les douaniers s’inquiètent de nous voir arriver  par ce froid et interpellent une personne qui passe par là afin qu’elle nous montre l’une de ses Cabanas. Nous la suivons et arrivons au coeur du village. Une cuisine, un lieu sécurisé pour mettre les vélos, 5 couchages, le tout pour un prix très modique (5 fois moins cher que la visite guidée du parc de Talampaya !). C’est parfait ! La décision est prise, demain nous nous reposerons ici. Le col que nous devons prendre pour rejoindre Chilecito est complètement enneigé depuis hier. Cela lui laissera le temps de fondre un petit peu…

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31 Mai : « Parque d’Ischigualasto » – quelque part dans le « parque de Talampaya » : 42 km (1 100 km)

Cette nuit à l’abri nous a fait du bien et si le vent s’est quelque peu essoufflé, le froid glacial est toujours présent à l’exterieur. Un grand Merci au personnel du Parque d’Ischigualasto d’avoir autorisé cette installation de fortune qui nous permet d’être tous en forme au petit matin.

Romina  a également retrouvé des forces. Nous dejeunons ensemble et apprenons à la connaître. Encore une très belle personne que nous rencontrons sur notre chemin. Une jeune femme pleine de courage qui voit la vie avec un optimisme qu’elle transforme en bonne humeurr contagieuse. Nous pédalerons les 17 premiers kilométres en sa compagnie avant qu’un croisement la fasse partir à droite vers San Agustin et que nous prenions à gauche en direction du parc de Talampaya.

Durant ces premiers kilometres nous apercevrons et croiserons des dizaines de Guanacos, certains restant immobiles au milieu de la route, nous lançant des regards interrogateurs. Nous observons leur démarche chaloupée, leur tête haute portée par un long cou qui leur donne des allures de girafe et leur course dodelinante fidèle à celle des camélidés. Notre départ matinal nous aura sans doute permis d’être les spectateurs de ces majestueux ballets.

Nous quittons Romina avec l’espoir de la retrouver dans quelques jours avec Sebas plus au nord.

La traversée du dernier village avant d’entrer dans le parc nous oblige à calculer les réserves de nourriture et d’eau . En effet, le prochain village est à plus de 90 km (et la prochaine station essence à 120 km, cela voulant donc dire qu’il nous faudra faire avec l’essence de mauvaise qualité qui met à mal notre réchaud pendant au moins encore trois jours). Nous nous renseignons également sur la météo. La pluie est annoncée dans trois jours. Nous devons donc essayer de traverser le parc en deux jours pour ne pas être obligés de rouler mouillés. Autant  faire du vélo lorsqu’il fait froid nous est supportable, grace à notre équipement, autant le démontage et remontage de la tente sous la pluie nous sont très désagréables.

La route s’incline à nouveau et nous atteignons les 1 500 metres d’altitude lorsque nous décidons de trouver un bivouac pour cette nuit. Nous nous éloignons un peu de la route et nous installons dans une plaine sableuse.

Nous montons rapidement le double toit de la tente afin de s’y réfugier pour avaler nos sandwichs du jour. Nous reprenons des forces et décidons d’aller explorer les alentours. Une colline puis une autre… puis une autre… nous nous retrouvons avec un superbe point de vue et quelques beaux exercices de blocks pour les enfants.

De retour au campement, tout le monde se mobilise pour aller chercher pierres, brindilles et bois mort qui nous permettront de faire du feu la nuit venue. Les saucisses crépitent au bout de leurs batons, les yeux brillent à la lueur du feu, la joie de se retrouver ici est évidente. Des cyclovoyageurs avaient diffusé un film (que l’on peut retrouver sur YouTube) qu’ils avaient intitulé « Sales, Libres et Heureux ». Ce soir encore nous partageons ces sensations.

Les garçons se chargeront d’éteindre le feu en soulageant des envies naturelles et tout le monde regagnera son duvet. Il est 20h00, il fait déjà moins un degré dehors…

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30 Mai : Balde Del Rosario – Parque de Ischigualasto : 30 km (1 058 km)

Nous avons perdu plus de 20 degrés en une nuit. La faute à un vent glacial qui est annoncé pour plusieurs jours sur la région. Autant dire que personne n’a vraiment envie de sortir de son duvet ce matin !

Nous attendons que quelques rayons de soleil réchauffent la tente pour mettre le nez dehors. Nous accélerons ensuite le rangement des multiples sacs (5 duvets + 5 draps de soie + 5 tapis de sol, ça fait quelques sacs…) afin de pouvoir prendre la route du parc d’Ischigualasto. Mauvaise nouvelle, en plus d’être glacial le vent est… de face ! Il vient du Nord alors que nous y allons. Un vent continu, lancinant et épuisant. 9, 8, 7 km/h, notre vitesse décroît à mesure que croît notre fatigue. Chaque coup de pédale est écrasé avec force et donne pourtant l’impression de faire du sur-place. Nous essayons les positions les plus aérodynamiques possibles mais nos paquebots sur roues ont une telle prise au vent qu’en dehors de nous permettre de changer les zones d’appui, cela ne sert pas à grand chose. Et pour couronner le tout, ça continue de monter. Depuis hier nous avons repris 600 mètres de dénivelé positif et atteignons les 1 400 mètres d’altitude à l’entrée du parc.

Nous sommes frigorifiés et rentrons dans la cafétéria pour avaler quelque chose de chaud. Il nous faut faire vite car un nouveau groupe va bientôt partir pour une visite du parc. La visite dure 3 heures et ne peut s’effectuer qu’avec des véhicules personnels (ou via des tour-operators depuis San Agustin). Valérie demande à quelques chauffeurs s’ il leur reste de la place. C’est gagné : les 3 filles d’un coté, les deux garcons de l’autre.

Outre le fait que cela nous permettra de rencontrer des couples d’Argentins toujours très chaleureux, nous pourrons visiter un lieu d’une beauté rare. Un site sculpté par la nature où furent découverts les plus anciens des dinosaures. Nous passons de formes géologiques incroyables à des canyons d’un ocre lumineux en passant par la vallée de la lune, qui est conforme à l’imaginaire que nous pouvons nous faire du satellite de la terre. D’ailleurs Ischigualasto, en langue autochtone, signifie : la terre sans vie. Sans vie et pourtant si vivante. L’eau, le vent, l’érosion ont créé des tableaux minéraux qui ne pourront certainement jamais être reproduits par l’être humain avec une telle splendeur.

Il est 18h00 lorsque nous revenons à l’entrée du parc. Le vent et le froid sont toujours là et le premier village est à 15 km. Nous demandons à la personne qui s’occupe de l’accueil si elle pense qu’il serait possible d’avoir une petite pièce à l’abris du vent pour la nuit. Elle va interroger son supérieur et revient avec une nouvelle qui rassurera toute la famille : exceptionnellement, nous pouvons dormir dans la salle qui sert d’accueil. Une seule condition : être partis pour l’ouverture du parc demain à 8h00. Pas de problème nous sommes trop heureux de pouvoir terminer cette journée sans avoir à monter la tente et manger dans le froid.

Une heure plus tard, une jeune cyclo-voyageus Argentine, Romina, viendra taper à la porte pour voir si elle pourrait se joindre à nous. Elle vient de faire 70 kms et est épuisée . Nous l’accueillons avec… un petit apéro ! Et oui c’est important ce petit temps de convivialité qui permet de se retrouver, de faire le débriefing de la journée… et d’attendre que les pâtes cuisent.

Romina voyage depuis près de 3 ans, essentiellement en Amérique du sud. Demain elle a rendez-vous avec Sebas (le cercle des cyclovoyageurs s’élargit) avec qui elle va rouler quelque temps avant de repartir seule.

Elle rejoint rapidement son couchage afin de récupérer et devrait repartir avec nous sur quelques kilomètres demain matin.

Ce soir, pour notre premier mois de voyage, nous dormons au milieu des dinosaures !

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29 Mai : San Agustin Del Valle Fertil – Balde del Rosario : 46 km (1 028 km)

Le linge, le plein d’essence pour le rechaud, un peu de rangement… nous vacons aux préparatifs de ces prochains jours en itinérance.

Sebas est venu nous rejoindre, à la grande joie de toute la famille qui apprécie ce jeune homme généreux et ouvert sur le monde. Un autocollant de Rodar Tierra, le nom de son voyage, ira rejoindre nos vélos tandis que la VeLove Family se retrouvera également sur son cadre. Un petit bout de nous tous continuera donc ce voyage ensemble.

Nous nous donnons rendez-vous quelque part sur la route du Nord de l’Argentine, passons au bureau d’information du parc d’Ischigualasto afin de savoir si nous pourrons y rentrer avec nos vélos (apparemment cela s’annonce compliqué, c’est plutôt réservé aux(4×4) puis poursuivons notre route sur « le chemin du Monde ». Il est déjà midi !

Les enfants sont impatients d’arriver au 18eme kilomètre afin d’immortaliser le premier millier… et de savourer une tablette de chocolat que Sebas leur a donnée en partant !

Des condors tournoient dans le ciel pendant que de petits chiens de prairie traversent l’asphalte pour rejoindre leurs galeries de part et d’autre de la route. Furtif et amusant !

Nous avons hâte d’arriver aux parcs d’Ischigualasto et Tampalaya afin de pouvoir observer de nombreux animaux. Si tout va bien nous serons à leurs portes demain soir.

Le très faible trafic nous permet de rouler avec les deux vélos de front. Nous discutons à 4, parfois à 5, nous jouons et nous arrosons mutuellement car le thermomètre est passé au dessus des 30 degrés (et dire que cette nuit il devrait faire environ 5°, belle amplitude thermique ! ).

Balde del Rosario, une petite épicerie en bord de route, quelques jeux, des chevaux, des poules, c’est ici que nous planterons la tente.

Désormais le montage s’avère assez rapide. Nous tergiversons beaucoup moins qu’au départ et avec la participation collective le campement prend forme rapidement.

Un peu de cuisine (avec les caprices du réchaud qui ne semble pas apprécier le remplissage du matin), quelques histoires et nous voilà prêts pour une nouvelle nuit au coeur de l’Argentine.

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Quelques réponses !

De la famille :

Quand prenez-vous un peu de repos ?

Une journée de pause ici à San Agustin Del Valle Fertil… certainement une autre dans les jours à venir… Nous nous laissons porter au gré de nos envies mais ne sommes pas pressés (même plutôt en avance sur nos prévisions !). Du coup : dès que nous trouvons un coin sympa ou dès que nous ressentons un peu de fatigue, nous pouvons nous arrêter ! Fin juin nous sommes attendus près de Salta dans une famille Argentine pour participer à quelques travaux chez eux. Nous devrions y rester une semaine!

Organisation des repas ?

On essaie de transporter le moins possible de nourriture car ça pèse vite lourd. On achète donc quasiment au jour le jour dans de petits magasins en bord de route. On a néanmoins toujours un paquet de pâtes, quelques fruits et biscuits d’avance au cas où… car il faut bien anticiper : sommes nous sûrs d’arriver dans le village suivant pour le déjeuner ? Y aura t il bien de quoi acheter à manger?

Les repas dans les grandes villes sont souvent plus variés que ceux dans les zones reculées (on y trouve plus facilement des produits frais, notamment des yaourts et des légumes).

Ces derniers jours on a tourné assez souvent sur des sandwiches-saucisse le midi et pâtes le soir!

Organisation pour l’eau :

Nous avons 5 gourdes de 800ml réparties sur nos 2 vélos. Jusque là ça a été suffisant : l’eau du robinet au Chili et en Argentine est potable (agua limpia) et a généralement bon goût. Il est donc facile de s’en procurer : auprès des habitants, ou dans les magasins. Lorsque nous faisons les courses, nous achetons en plus généralement une grosse bouteille de jus de fruit (ou plutot de l' »agua savorisada ») et une grosse bouteille de soda… Ça nous apporte de la fraîcheur… et du sucre!!

Nous avons un filtre à eau pour le reste du périple ainsi que 2 poches à eau de 10L au fond de nos sacoches pour les futurs vrais déserts.

La phrase inscrite sur nos manches de t-shirts :

 

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Comment vont les vélos ?

Plutôt bien jusqu’à présent. À part le problème de pignon sur le moyeu rohloff avant le départ, un frein avant huileux à l’arrivée à Santiago et une béquille fragilisée, pour l’instant ça roule plutôt bien. Une vérification de toutes les vis tous les deux ou trois jours est tout de même nécessaire, car la qualité de certaines routes met à mal certaines fixations. Mais avec l’astuce du vernis à ongles, nous ne devrions plus perdre beaucoup de vis désormais…

La circulation et notre sentiment de sécurité sur la route :

Jusqu’ici nous ne nous sommes jamais vraiment sentis en insécurité sur la route. Les routes que nous avons empruntées avaient de larges bas-cotés et les chauffeurs dans l’ensemble sont plutôt respectueux. La petite tempête traversée avant Uspallata nous a fait quelques frayeurs. Les grandes routes avec beaucoup de circulation demandent également une vigilance permanente… autant que possible nous les évitons.

De Valérie :

Qui écrit les articles et quand?

Hey Hey… fin du suspense! Jusqu’ici c’est Christophe qui prend sa plume d’écrivain-voyageur pour vous raconter notre périple au quotidien! Il les rédige le soir, une fois que Naïa est couchée ! De mon côté (c’est donc Valérie qui écrit ici), je trie et sélectionne les photos… Je vous enverrai quand même quelques articles au fil du voyage! Nous en préparons d’ailleurs un sur Naïa!

Les journées sont denses et laissent finalement assez peu de temps « libre ». Mais c’est un vrai plaisir à la fois de compiler tous les beaux souvenirs de notre aventure, et de les partager avec vous tous qui nous renvoyez en retour tant d’émotion. Nous nous régalons à lire tous vos commentaires!

Finalement ce qui prend le plus de temps est de trouver du wifi assez correct et de charger les photos une à une… ça nous a pris jusqu’à 2h un soir car la connexion n’était pas stable!

Pour le blog, nous avons la chance de pouvoir compter sur Françoise pour qui l’orthographe n’a plus de secrets (ou presque !). Elle corrige les articles publiés, ce qui permet d’avoir une lecture plus « limpide » que celle que nous envoyons directement par mail aux abonnés dans laquelle peuvent s’insérer quelques fautes.

Tous les articles sont écrits sur une tablette 10″. Ce n’est pas toujours très confortable mais cela reste bien pratique.

Histoires du soir?

Comme à la maison, les enfants ont généralement droit à leur histoire du soir… sauf qu’ici, c’est à eux de la lire (ça fait partie de leurs devoirs quotidiens) : une page chacun, à voix haute. C’est un livre spécial « histoires du soir », justement, avec des histoires sympas et pas trop longues, acheté sur la liseuse.

Nous leur lisons également de temps en temps des histoires en version bilingue : français/espagnol pour essayer de les aider à progresser un peu.

Naïa dans sa carriole :

Naïa semble tout à fait heureuse dans sa carriole! Elle y va volontiers, même les journées les plus longues, elle ne râle jamais! Elle réclame simplement parfois un peu de… « miam-miam »!

Les réponses des enfants :

Ce que l’on a appris à dire en espagnol :

Quieres jugar conmigo ?

Cuantos anos tienes ?

Te toca a ti.

Hace calor/frio.

Como te llamas ?

Tengo ambre.

Hummmm ! Que rico !

Comment se débrouille-t-on pour jouer malgré la barrière de la langue :

Parfois nous faisons avec les gestes. Parfois nous restons à côté d’eux et au bout d’un moment ils nous proposent de jouer.

Parfois aussi on demande à papa ou maman de nous aider.

Sport national à en Argentine depuis le XVIIe siècle :

Ça c’est pas une question, c’est un exercice en tant que tel! Sacré Jef! On mettra les enfants sur le coup dans quelques jours! Un indice, l’effervescence monte ici à quelques semaines du possible sacre de leur « Messi ».

Naïa : les prénoms de ses Playmobils et les autres jouets qu’elle a trouvé :

Naïa a amené 3 Playmobils : 2 filles et 1 garçon. Il s’agit de Lalie, Esteban et Naïa… Elle a aussi une petite poupée qu’elle appelle « bébé ». Une balle en forme de globe terrestre,un mini livre et une petite boîte avec un couvercle. Elle joue beaucoup avec tout cela dans sa carriole.

Hors de la carriole elle joue avec les animaux et met des cailloux dans ses poches! (Arghhh)

La posture de Naïa dans la carriole :

Quand les enfants étaient plus petits nous avions une sorte de siège hamac que nous mettions en plus sur le siège. Puis l’année dernière Naïa avait un renfort au niveau de la tête qui se rajoutait au siège. Cette année, elle porte bien mieux sa tête et bénéficie souvent de nombreuses vestes et doudounes que nous plaçons sur l’autre siège, ce qui lui sert d’oreiller.

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Naïa : 1 mois d’aventure

Naïa a 27 mois au début du voyage. Elle est trop petite pour raconter elle-même ses expériences et ses apprentissages mais nous nous régalons chaque jours de la voir évoluer si sereinement dans ce mode de vie un peu hors norme.

Elle semble complètement épanouie entourée de son papa, de sa maman et de ses deux modèles : Lalie et Esteban.

Dès le réveil, un grand sourire s’affiche sur son visage. Un p’tit bisou, un p’tit câlin et rapidement elle demande : « miam miam! » en montrant sa petite bouche. On range d’abord toutes les affaires! Alors elle va faire des caresses à Lalie pour la réveiller ou se faufile avec Esteban dans son duvet pour jouer à cache-cache.

Lalie et Esteban s’occupent beaucoup de Naïa, chacun à leur manière. Esteban essaie toujours de la faire rire. Lors du repas de midi dans la montée des Caracoles nous étions tous fatigués et avions un peu froid, installés dehors à 3000m d’altitude. Esteban a fait un peu le fou et Naïa est partie dans de grands éclats de rire, clairs et joyeux. Ca a redonné de l’énergie à toute la famille!

Des éclats de rire, il y en a tous les jours! Naïa imite beaucoup Lalie et ça provoque des situations cocasses. Lalie rit à une blague, quelques secondes après, sa petite soeur, qui n’a pas suivi la conversation, fait semblant de rire elle aussi. Lalie fait un « ahhh » d’appréciation après avoir bu une gorgée de jus de fruit bien frais… À la gorgée suivante, Naïa testera l’effet de ce bruitage de grande.

Un pause pipi? « Naïa aussi! »

On saute depuis un muret? « Naïa aussi! »

Nous lui avions appris à dire « 2 » quand elle a eu 2 ans. Ça reste la réponse qu’elle donne quand elle ne comprend pas la question. Souvent Esteban lui demande « Como te llamas? » et Naïa répond « Euh… 2! ».

Côté langage, Naïa sait se faire comprendre et aime s’exprimer! Son vocabulaire est encore limité mais évolue jour après jour. Elle y ajoute désormais quelques mots d’espagnol et dit « gracias » spontanément. Dans la cariole, elle chante (des chansons que nous ne connaissons pas), parle à sa poupée et encourage son papa et sa grande soeur : « Allez-allez ».

Quand on s’arrête elle demande « À y est? ».

Elle semble apprécier la vie au grand air. Quand nous sommes dans une maison elle demande souvent « Naïa dehors ». Ce qui la caractérise vraiment et qui nous surprend chaque fois, c’est son désir d’aider : à monter ou démonter la tente, à cuisiner, à porter les courses etc. « Aider » fait donc partie de ses mots favoris.

Nous craignions un peu que les couchers soient difficiles (l’expérience de l’été dernier avait été un peu compliquée en la matière : elle dormait beaucoup la journée dans la cariole et refusait de dormir le soir). Mais elle a grandi! Ses siestes dans la cariole sont moins fréquentes et plus courtes. Souvent juste après le repas c’est elle qui décide : « Naïa dodo ». Un p’tit bisou à tout le monde, et où que nous l’installions, elle s’en accommode : dans son petit lit dans la petite chambre de la tente, sur un matelas de grande posé par terre… il n’est pas rare qu’elle aille s’y installer toute seule!

Elle aime beaucoup tous les « wouf-wouf », les « cui-cui » et « poupoules » que l’on voit ici. Elle s’accroupit et tend la main aux premiers et court après les animaux ailés. Aux « mies » (fourmis) et mouches elles dit toujours « non, non non, mies! »

Elle n’est pas sauvage et fait très facilement des coucous ou des bisous aux personnes que l’on rencontre. Bien-sûr elle fait craquer tout le monde avec ses petits cheveux blonds, ses larges sourires et sa spontanéité.

A ses côtés, on a un capital sympathie assuré !

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28 Mai : San Agustin Del Valle Fertil

Notre horloge familiale est désormais réglée sur celle du soleil. Heureusement il ne se lève que vers 8h00 par ici.

Plus que d’habitude, nous prenons notre temps pour émerger, lire, déjeuner.

Nous avons repéré un petit lac sur les hauteurs de San Agustin, l’occasion de faire une petite randonnée (pour changer un peu du vélo.. .). Deux belles heures de balades, entourés de gigantesques cactus  survolés par des condors tourbillonnant les uns au dessus des autres.

Un petit apéro et nous partons visiter le musée Pachamalui dont nous avait parlé la famille Costes. Un petit bijou tenu par un passionné. En quelques mètres carrés nous rentrons dans l’univers de la géologie locale avant de passer dans celui du peuple originel de cette zone géographique (outils, habits, ornements, tout y est !) en passant par l’époque coloniale.

Nous rentrons déjeuner puis profitons de l’après-midi pour faire une bonne séance d’apprentissage scolaire et vaquer à différentes occupations ludiques (des jeux pour les enfants, quelques textes et réponses à écrire pour les parents, de petites siestes…).

Ce soir nous retrouvons Sebas, notre premier cyclovoyageur rencontré hier soir.

Il est parti depuis un an et demi d’ushuaia et remonte tranquillement l’Argentine. Originaire de la région de Cordoba (située au coeur de ce grand pays), il s’arrête de temps en temps pour travailler comme ici, à San Agustin , où il fait des petits travaux de peinture. Il repartira d’ici quelques jours dans la même direction que nous et nous rattrapera certainement car ses étapes flirtent plus avec les 100 km qu’avec nos 40-50 km.

Une originalité qui plaît aux enfants : il a adopté un chien qui l’a suivi pendant quelques jours vers Mendoza. Il prend désormais place sur un grand porte-bagage qu’il a fabriqué spécialement pour lui à l’arrière de son vélo.

Nous l’invitons à partager notre repas (on profite qu’il y ait une cuisine partagée pour se faire des repas améliorés !). José, Professeur de Physique-chimie qui vit à San Juan et vient travailler dans le collège local la semaine, se joint également à nous. Sebas nous apprend à fabriquer des petits vélos avec du fil chenille. Ça rend super bien… et ça ne pèse pas grand chose !

Nous parlons culture, voyages et art culinaire. Un cours de perfectionnement en espagnol est bienvenu avec ces argentins toujours aussi agréables.

Demain nous reprenons la route. Plein nord, vers les parcs d’Ischigualasto et de Talampaya.

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27 Mai : Chucuma – San Agustin Del Valle Fertil : 59 km (982 km)

Malgré quelques aboiements (dont certains très proches) la nuit fut réparatrice. Les enfants souhaitent une bonne fête à Valérie lorsque nous découvrons une invitée surprise dans le double toit de la tente. Une belle araignée sans doute attirée par notre chaleur (et peut être par notre odeur si particulière après toutes ces journées à l’extérieur…). Nous avons pris l’habitude depuis quelques jours de bien secouer nos chaussures avant de les enfiler le matin et c’est sans doute un bon réflexe.

Après un petit temps de réparation sur le pino rouge dont une tête de vis de la béquille centrale s’est cassée (et un pino sans béquille avec tout notre attirail cela peut s’avérer compliqué !) nous saluons notre hôte et repartons pour un parcours en montagnes russes plutôt ascendantes.

De grand cactus bordent désormais l’horizon et sur la route nous croisons de nombreux gauchos sur leurs chevaux. Moins de vent aujourd’hui et donc un moral à la hausse qui permet d’engranger les kilomètres.

Il est pratiquement 17h00 lorsque nous arrivons sur San Agustin Del Valle Fertil, petit oasis touristique avant d’affronter de nouvelles zones désertiques plus au nord.

Nous arrivons en pleine course cycliste mais ne jouons pas dans la même catégorie avec ces vélos tout en carbone. Nous profitons de l’effervescence locale pour nous poser dans le grand parc central de cette petite bourgade avant de trouver une chambre non loin de là. Le luxe d’une douche chaude, un bon repas au restaurant de la gare routière (nous avions tellement faim que nous avons commandé pour 5, sauf que nous avions oublié la taille des portions argentines ; un doggy bag rentrera donc avec nous) et un bon matelas nous attendent. Demain c’est grasse mat’

PS : bonne fête à nos mamans !

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26 Mai : Marayes- Chucuma : 57 km (923 km)

La nuit fut bonne, la nuit fut douce. Aussi incroyable que cela puisse paraître il y a du Wifi gratuit (capricieux mais public) au sein de ce modeste village perdu dans le désert. C’est donc grâce au « Gobierno de San Juan » que nous pouvons vous adresser l’article relatif à l’arrivée à Bermejo.

Nous prenons le temps de découvrir le quotidien d’Oscar, de Mirta et de leur sympathique famille.

Après le Maté, place à la confection du pain. Ici, chaque matin, Oscar et Mirta font le pain pour tout le village. 25 pains maisons qu’ils pétrissent à la main, passent dans un laminoir manuel et cuisent dans leurs fours exterieurs chauffés au feu de bois. Nous assistons avec plaisir à ce rituel pendant qu’Oscar nous raconte, avec nostalgie, la passé minier de Marayes. Des mines d’or et de charbon dont l’exploitation s’est arretée du jour au lendemain plongeant le village dans un isolement encore plus grand. Beaucoup de maisons ont été abandonnées et seuls sont restés ceux qui étaient attachés à cette terre, élevant quelques animaux, travaillant quelques terres. Les maisons sont rudimentaires mais confortables. Les enfants seront très s amusés par le fait de devoir remplir un seau d’eau dans le puits voisin avant d’aller aux toilettes afin d’effacer manuellement toute trace de ces besoins naturels. Le maniement de la corde pour remplir le seau d’eau demande une certaine maitrise.

Nous embrassons chaleureusement tous les membres de la famille et  reprenons notre route. Une route rendue difficile par ses longues lignes droites, sa déclivité très défavorable et un vent de face de plus en plus puissant. Nous avions remarqué depuis quelques jours que le vent se renforçait à partir de midi. Cela s’est confirmé aujourd’hui ! Mais comment regretter le temps partagé ce matin avec nos hotes, nous avançons moins vite mais libres et heureux.

La chaleur est également présente et il sera difficile de trouver un petit coin d’ombre qui ne soit pas envahi par les cactus rendant toute position assise très inconfortable…à part peut-être pour les fans d’acupuncture.

Les 10 derniers kilomètres marquent une inclinaison encore plus importante. Nos organismes commencent à être usés par cette longue journée de vélo. Lalie et Christophe sont collés à la route, ils n’arrivent plus à avancer. Valérie et Esteban, eux, ont su garder un peu plus d’énergie et apportent une aide bien utile à l’équipage proche de l’hypoglycémie et les gourdes d’eau vides.

Nous arrivons enfin à Chucuma. Nous devons encore grimper pour arriver au centre. Une épicerie dans un virage, notre soif peut enfin être étanchée.

L’épicier nous propose de planter notre tente à proximité de son magasin, sous un oranger et un figuier. Une nuit fruitée nous attend après cette journée si difficile pour nos organismes.

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25 Mai : Bermejo – Marayes : 39 km (866 km)

Des amateurs de « musique » très forte ont fait résonner les basses toute la nuit. Le tout entrecoupé chaque heure de quelques minutes de pause, juste le temps de retrouver le sommeil avant d’être à nouveau mis en alerte par la cacophonie ambiante. Nous dormirons mieux ce soir…

Nous saluons les habitants de Bermejo avec lesquels nous avons passé un bon moment hier et reprenons la route. Aujourd’hui, au programme, de « petites » lignes droites (La plus longue ne fera « que » 22 km…) et une petite côte pour retrouver enfin un peu de dénivelé.

Et au bout d’un moment, ancré au milieu de nulle part : un village ! Quelques modestes maisons habillées avec de la terre sèche et une petite place. Le tout désert. Seuls quelques sacs en plastique forment une animation peu écologique en virevoltant dans les airs. Le prochain village est à 55 km ! Il est 14h00, nous nous arrêtons pour faire le point. Une dame puis toute une famille sortent sur le pas de leur maison. Moins de deux minutes plus tard nous nous retrouvons dans leur jardin, un plat de locro (plat typique argentin à base de pois chiches et de viande, un régal !) devant nous avec quelques boissons rafraîchissantes ! Pas la peine de réfléchir, nous resterons ici !

La famille déménage quelques outils sous un auvent afin que nous puissions y planter la tente puis reviendra fréquemment pour être certaine que nous ne manquons de rien.

Nous en profitons pour échanger avec eux et après un petit temps d’apprentissage scolaire pour Lalie et Esteban partons faire une petite balade aux alentours avant de les rejoindre.

Au sein de leur maison ils accueillent l’école de danse folklorique du secteur. L’une des filles de la famille en est la professeur et nous assistons à un cours de jeunes adolescents exécutant avec beaucoup de prestance un mélange de flamenco et de tango.

Une immersion et des découvertes saupoudrées de cet incroyable accueil Argentin, si généreux ! Au milieu de nulle part, il y a de beaux visages d’humanité. Nous en sommes les témoins.

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Des questions ?

Dans deux jours nous devrions prendre une ou deux journées de repos à San Augustin Del Valle Fertil. L’occasion d’essayer de répondre à toutes les questions que vous pourriez avoir. Alors n’hésitez pas à nous les indiquer en commentaire de cet article. Vous pouvez soit les poser à une personne en particulier en indiquant « Pour + prénom » au début de la question soit à l’ensemble de la famille en posant votre question directement.

Nous en avons déjà noté quelques-unes (Lalie se renseigne sur le bruit du Lama notamment) et nous répondrons également avec plaisir aux autres.

Nous essaierons de renouveler cette discussion chaque mois afin de coller à l’actualité des pays que nous traversons.

On vous embrasse !

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24 Mai : Vallecito – Bermejo : 39 km (827 km)

Au petit matin, nous posons notre nappe orange, qui nous sert de table de voyage, au soleil afin de pouvoir débuter la journée par un bon petit déjeuner. Un petit voisin que nous avions rencontré hier ne tarde pas à faire son apparition. Naïa se lève et, avec toute la détermination qui la caractérise, le prend par la main et l’amène se promener aux alentours.

La propriétaire de la chambre que nous avons louée est touchée de les voir main dans la main et se prend d’affection pour notre voyage familial. Lorsque nous lui montrons la phrase inscrite sur la manche de notre t-shirt elle en a les larmes aux yeux et nous demande de la prendre en photo (pour l’envoyer à ses amies via Facebook…). Elle revient quelques minutes plus tard avec une poignée de porte-clefs de la Difunta Correa. « Gardez-en un pour vous et offrez les autres aux voyageurs que vous rencontrerez ! ».

Nous en accrochons un à côté du Saint Christophe que nous ont offert Martine et Michel lors du départ et tombons dans les bras les uns des autres. Elle prie pour nous et nous transmet sa force. Bien que nous soyons plein de doutes sur nos croyances nous respectons et admirons ces personnes qui propagent les valeurs de fraternité et de solidarité portées par la religion.

Le parcours cycliste du jour consiste, en grande partie, en une longue ligne droite (+ de 32 km !) et un paysage qui ne varie pas beaucoup de chaque côté de la route. De temps en temps un vol de perruches parcoure le ciel. Elles sont superbes et balayent le  bleu azur de leurs ailes vert émeraude.

Nous nous arrêtons à Bermejo, petit village également connu pour accueillir un sanctuaire, celui de San Expedito. Nous installons notre tente sur une zone destinée à accueillir les amateurs d’asados (il y a un gros barbecue tous les 5 mètres), déjeunons et repartons à pied vers le centre. Nous arrivons devant l’école  . Face à notre étonnement de voir tous les écoliers déguisés, on nous invite à rentrer pour assister au spectacle. Demain, 25 Mai, c’est la fête nationale ! Poésies, chants et danses constituent une ode à la patrie… et à la liberté.

Les villageois sont intrigués par notre présence et nous invitent à participer à une petite procession sur la place principale. Les enfants se font très rapidement des copains et des copines. Ça joue, ça essaye de se comprendre et il y a partout de larges sourires. Nous voilà tous à échanger avec ces sympathiques habitants qui nous accueillent avec,  une fois encore, beaucoup de chaleur. Ils insisteront pour que nous repartions de cette petite manifestation avec quelques paquets de fruits secs et des douceurs locales.

Nous aimons ces temps d’immersion qu’offre le voyage à vélo. Intemporels, inattendus !

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23 Mai : Caucete -Vallecito : 37 km (778 km)

Après ces dernières journées cyclistement intenses, nous allons pouvoir raccourcir un peu nos étapes.

L’objectif du jour est de rejoindre « Vallecito » afin de commencer le tour du massif montagneux de « la sierra de valle fertil », massif  classé en parc régional.

Une superbe piste cyclable nous amène en faux plat montant de Caucete à Vallecito. Le long de cette voie, sont disposés des panneaux explicatifs sur la faune et la flore présente au sein du parc placés de l’autre côté de la barrière qui borde la piste. Ça commence « tranquille » avec quelques beaux oiseaux et des petits arbustes puis au bout de quelques kilomètres apparaissent des informations sur les scorpions, les veuves noires (de belles « petites » araignées bien venimeuses) ou encore sur quelques spécimens de serpents. Au fur et à mesure que nous montons, les enfants ont de moins en moins envie de camper ce soir. C’est bizarre !

De beaux panneaux sont également présents afin d’appeler à la prudence. Pas de problème. Nous grimpons un petit col à 833 mètres d’altitude et arrivons à Vallecito où nous trouvons une chambre.

Vallecito est un lieu extrêmement connu en Argentine. Il accueille le sanctuaire de la « Difunta Correa ». Cela fait plusieurs centaines de kilomètres que nous entendons parler de cette Sainte Argentine et nous allons enfin  en savoir plus. D’après ce que nous avons pu comprendre, l’origine vient d’une histoire tragique et émouvante à la fois.

Lors de la mobilisation relative à la guerre civile qui a secoué l’Argentine au milieu du XIXème siècle, Madame Correa décida de se lancer, avec son nouveau-né, à la poursuite du peloton dans lequel son mari avait été incorporé. Malheureusement, après quelques jours, elle mourut, en plein désert, d’épuisement et de soif. Quelques jours plus tard des villageois découvraient son corps sur lequel, se nourrissant au sein de sa mère, le nouveau-né toujours vivant. Plusieurs miracles auraient ensuite eu lieu. La dévotion à la « Difunta Corea » pouvait débuter. Aujourd’hui un peu partout dans le pays et plus largement en Amérique Latine on peut trouver des maisons miniatures en carton ou en bois posées au bord des routes. À leur pied, les personnes et notamment les camionneurs déposent souvent des bouteilles d’eau.

Le sanctuaire de Vallecito est un lieu de pèlerinage. Un peu le « Lourdes » français… en moins commercial !

Demain nous poursuivrons notre route vers Bermejo avant de reprendre notre cap, plein nord, vers San Augustin De Valle Fertil. Nous roulons sur les traces de Sandrine, Philippe et leurs 4 enfants qui ont suivi cet itinéraire en 2012 (allonsvoirsilaterreestronde.over-blog.com) et bientôt sur celles d’autres cyclotouristes toulousains qui ont débuté leur aventure de San Augustin il y a près d’un mois (lesandesenrouelibre.wordpress.com).

Pour l’instant nous n’avons pas encore eu le plaisir de croiser d’autres cyclovoyageurs. Peut-être demain…

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22 Mai : Media Agua – Caucete : 48 km (741 km)

Une étude matinale de la carte fait apparaître la possibilité de couper afin d’éviter San Juan et quitter la nationale. Sauf que nous avons voulu le faire à l’instinct… et à la boussole ! Résultat : nous nous retrouvons rapidement sur une piste qui ne contient plus de terre, ni même de cailloux, mais uniquement du sable ! Si les vélos arrivent à suivre quelques ornières, les roues de la carriole s’ensablent et deviennent très difficiles à manoeuvrer.

Comme dans les Caracoles nous nous remettons à pousser. Lalie part en éclaireur débroussailler le terrain afin que nous puissions nous y frayer un chemin. Esteban contribue à la poussette… et Naïa dort. Elle ne verra donc pas les grands champs d’oliviers qui bordent le canal que nous surplombons. Des champs d’oliviers avec, en toile de fond, la cordillère, un paysage à la Cezanne.

Nous sortons enfin de ce raccourci piégeux pour rejoindre la route et goûter à nouveau aux joies de l’asphalte. Il est déjà 13h00 et nous n’avons effectué qu’une quinzaine de kilomètres…

Après un ravitaillement dans une petite épicerie nous cherchons un coin d’ombre. Au bord de la route, une école avec une cour ombragée. Nous sollicitons la Directrice afin de savoir s’il nous serait possible de nous arrêter ici pour pique-niquer. Pas de problème. Les enseignants sont aussi intrigués que leurs élèves et multiplient les questions. Le cours d’éducation physique du jour qui débute sur du volley-ball sera modifié pour que les enfants puissent échanger sur… les bienfaits de la bicyclette !

Nous repartons avec des beaux sourires derrière nous et quelques pommes et desserts gelatineux dans nos sacoches.

Nous arrivons enfin à Caucete, la ville que nous avions visée sur la carte. Il s’agit de la dernière grande agglomération avant Chilecito que nous n’atteindrons, au mieux, que dans une semaine. Nous prenons une chambre dans un petit hôtel, ce qui nous permet de profiter d’une bonne douche (après trois jours à l’hygiène sommaire), de faire sécher la tente et les duvets de la rosée matinale et de nettoyer les vélos qui n’ont pas vraiment aimé notre escapade matinale.

Nous avons également un peu de Wifi ce qui nous permet d’envoyer quelques articles.

Il est fort probable que dans les jours qui viennent le Wifi soit complexe à trouver. Nous poursuivons notre route à la découverte de l’Argentine rurale et montagnarde.

Merci pour tous vos commentaires que nous lisons avec régal lorsque nous arrivons à avoir un peu de Wifi !

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21 Mai : Jocoli -Media Agua : 76 km (693 km)

Du haut de notre « camping-truck » les étoiles laissent progressivement la place à une petite brume qui s’effacera elle-même afin que puisse s’exprimer un somptueux lever de soleil. Il vient tout d’abord lécher la cime des plus hauts sommets de la vaste cordillère qui se trouve encore à proximité avant de glisser sur les pentes, révélant une quintessence de variations de lumières.

Nous saluons Luis, de retour, et le remercions à nouveau pour cette nuit bien originale.

Nous savons que cette journée de vélo sera un peu plus longue que les précédentes et nous ne tardons pas à retrouver l’asphalte de la route de San Juan.

Peu à peu, la végétation se raréfie et laisse la place à de vastes zones sabloneuses. Ce qui reste de terre semble durci par une nature hostile et les plaques craquelées témoignent de l’aridité ambiante.

Dans cet univers sec et venté, la route a été tracée sans chercher la moindre originalité : c’est tout droit ! Des dizaines de kilomètres de lignes droites… en 70 km nous ferons 4 ou 5 virages !

Excepté un regard fréquent dans les rétroviseurs afin de vérifier que deux camions ne vont pas se croiser à notre hauteur (et anticiper dans ce cas une descente dans le bas côté), le pilotage est donc aisé… et monotone !

Nous en profitons pour échanger longuement entre coéquipiers. Esteban chante et récite ses tables de multiplication tandis que Lalie se perfectionne dans le maniement du dictionnaire français/espagnol-espanol/français en essayant de traduire les quelques panneaux qui bordent la route. Tout d’un coup elle s’interroge : « Est-ce que les argentins crient aussi « Aïe ! » lorsqu’ils se font mal ? ». La réponse n’est pas dans le dictionnaire !

Entre quelques jeux de « le premier qui voit… » et « à quoi tu penses ? » nous apercevons quelques mini-tornades: certaines de quelques centimètres de diamètre, d’autres de plusieurs dizaines de mètres. Elles balayent le sol et sont reliées au ciel par un tourbillon circulaire qui se déplace d’Ouest en Est sur plusieurs centaines de mètres.

Nous avalons quelques sandwichs au bout de 40 km, en bordure du poste de contrôle sanitaire qui désinfecte chaque véhicule passant de la Province de Mendoza à celle de San Juan (et inversement).

Les derniers kilomètres se feront « au moral » . Tout le monde a envie de se poser (notamment les adultes qui ont envie de se poser sur autre chose que sur leurs selles car les longues lignes droites qui n’exigent pas de changements fréquents de positions se révèlent délicates pour les postérieurs en pleine période de moulage).

Nous profitons de l’arrivée à Media Agua, la bien nommée… pour faire le plein d’eau. Un café propose une connexion internet. Nous essaierons de vous envoyer l’article sur la journée d’hier. Mais le réseau est défectueux et les photos ne veulent pas se charger. Nous attendrons demain !

Dans une demi-heure il fera nuit. Nous nous lançons dans un petit contre la montre de 2-3 kilomètres avant de nous engouffrer entre deux parcelles de vignes. Quelques grapillons odorants laissent planer une note fruitée… et quelques moustiques. Dès que les féculents du jour sont absorbés nous rejoignons nos duvets dans lesquels se reposeront nos muscles endoloris par cette longue journée.

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20 Mai : Mendoza – Jocoli : 46 km (617 km)

Après deux jours de pause sur Mendoza nous avons tous envie de poursuivre notre découverte cyclotouriste du nord-ouest de ce grand pays qu’est l’Argentine (plus de 5 fois la France tout de même !).

Seul problème: lorsque l’on s’arrête quelques jours à un endroit, nous avons tendance à nous éttttaaaaaler. De ce fait, refaire les sacoches prend un peu plus de temps et notre inconscient, qui a du mal à quitter ce petit espace confortable pour s’asseoir à nouveau sur un petit support servant de selle, accentue la sensation de ne pas avancer.

Un bon petit-dejeuner et nous voilà enfin sur le départ… il est presque midi !

Nous sortons de Mendoza par ses quartiers populaires. Il y a beaucoup de monde dans les rues en ce dimanche midi. Les marchands de poulets rôtis qui font marcher à plein régime leurs braseros à même la rue nous gratifient de nuages de fumées dont il nous faut nous extirper à l’aveugle.

Nous avons repéré sur « Maps Me » (notre outil numérique de cartographie) quelques chemins de traverses qui évitent la « ruta 40 » et son important trafic. Après quelques kilomètres plutôt agréables malgré une qualité du revêtement qui a tendance à se dégrader, la route se transforme… en piste ! Ils appellent cela du « ripio »: un mélange de terre, de sable et de cailloux. Quelques passages, qui offrent la sensation de rouler sur de la tôle ondulée, nous obligent à réduire drastiquement notre vitesse afin de s’adapter et de préserver nos montures.

Nous arrivons à Jocoli en fin d’apres-midi, dernière bourgade avant une partie plus désertique puisque le prochain village est à… 70 km !

Quelques achats de denrées et de l’eau pour les deux jours qui viennent puis nous cherchons un endroit pour poser la tente. Rien de très accessible. La plupart des champs sont clôturés et les fils barbelés solidement installés. Le soleil ne va pas tarder à se coucher. Au loin, nous voyons un paysan qui irrigue son champ. Nous allons à sa rencontre afin de lui demander s’il nous permet de nous poser sur l’une de ses parcelles pour la nuit.

Très rapidement il a une autre idée : « et si vous dormiez dans la plateforme de mon camion ? Je n’en ai pas besoin ce soir et reviendrai le chercher demain matin vers 9h00 ».

Les enfants sont sur-exités à l’idée de cette nuit insolite ! Nous dormirons donc ce soir en hauteur et à la belle étoile.

Nous invitons, Luis, notre hôte du soir, à partager un petit apéritif improvisé avec l’ensemble de la famille. Nous échangeons sur nos vies respectives, sur le parcours à venir, sur les projets réciproques…

Les enfants ont hâte de monter dans la plateforme du camion et aussitôt la casserole de pâtes terminée, tout le monde rejoint son duvet… et les étoiles !

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19 Mai : Mendoza

Celle qui est devenue aujourd’hui la capitale gastronomique et œnologique d’Argentine a été l’épicentre d’un terrible séisme en 1861. C’est notamment ce que l’on peut découvrir en visitant le « Museo del Area Fundacional ». Ce MAF, après le MIM de Santiago, aura éveillé la curiosité de nos chères têtes blondes qui pourront même jouer aux apprentis archéologues.

De parcs en parcs (lors de la reconstruction de Mendoza après 1861, il avait été décidé de créer un parc dans chaque quartier afin que les habitants puissent s’y réfugier en cas de nouveau tremblement de terre, ce qui explique donc la profusion de parcs…) nous rejoignons l’Aquarium Municipal de Mendoza, petit mais donnant une belle idée de toute la faune marine que l’on peut trouver en Amérique du Sud. Et puis juste à côté… dans un parc… il y a une grande aire de jeux , les enfants sont comblés !

Encore un peu de lessive, quelques exercices de maths et de français et nous voilà partis chez Jorge, rencontré il y a deux jours dans notre descente vers Mendoza.

Jorge nous reçoit avec son épouse Claudia et ses deux filles, de 9 et 10 ans, Tessa et Malena en nous indiquant d’entrée ce que nous avons souvent dit aux Warmshowers que nous avons accueillis chez nous : « vous êtes ici chez vous ». Alors nous passons une soirée comme à la maison, préparons le repas tous ensemble, partageons un apéritif pendant que les enfants se découvrent et dégustons un succulent asado que Jorge à fait cuire dans sa cheminée (nous avons mangé plus de viande en un soir qu’en un mois en France…).

Nous échangeons sur de nombreux sujets comme si nous nous connaissions depuis bien longtemps et observons les cinq enfants qui n’en finissent pas de passer d’un jeu à l’autre dans de grands éclats de rires. Demain nous pourrons remettre nos t-shirts jaunes (et propres !) pour rouler en ayant une pensée pour cette phrase d’actualité inscrite sur nos manches en français et en espagnol : l’étranger est un Ami que l’on ne connaît pas encore !

Nous quittons le confort de Mendoza pour trois jours de vélo en direction de San Juan, avec un parcours qui arpentera une région désertique. L’Aventure continue…

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18 Mai : Mendoza

Nous essayons de laisser chacun dormir autant que possible ce matin. Aussi incroyable que cela puisse paraître nous nous sentons plus fatigués aujourd’hui que lorsque nous nous sommes levés ces derniers jours. Peut-être le coucher tardif d’hier soir en connaissant la possibilité à venir d’une grasse matinée ? Peut-être la résultante de cette semaine de plein air intensive ? Peut-être un peu des deux…

Plusieurs objectifs ce matin : trouver une laverie pour s’occuper du sac de linge sale qui s’est accumulé depuis Santiago (ça c’est fait !), trouver de nouvelles vis un peu plus longues pour le porte-bagage du pino blanc qui ont tendance à s’élever en raison d’un filetage qui devient défaillant (ça c’est fait !), trouver des piles pour les capteurs des compteurs car nous avions changé les piles des compteurs avant de partir mais les capteurs nous faisaient quelques caprices (ça c’est fait !), vérifier toutes les vis des deux vélos et recoudre la toile de la carriole (ça aussi c’est fait !), laisser du temps à Esteban et Lalie pour écrire puis taper un petit article et prolonger par quelques exercices de maths (c’est fait en grande partie, nous poursuivrons quelques exercices demain…), le tout en prenant du temps pour parcourir quelques parcs de jeux de la ville pour permettre aux grands de se défouler tout en surveillant Naïa qui veut faire chaque exercice effectué par ses aînés.

Il nous reste encore à répondre à de nombreux mails, à se pencher sur notre appareil photo numérique qui ne fait pas le point quand on zoom (pas pratique pour photographier les animaux!) et à prendre du temps pour mettre en place un outil de cartographie sur le blog. Apparemment c’est plus simple sur wordpress.org que sur wordpress.com et de mettre une carte statique qu’itinerante mais nous allons essayer de tester les pistes que vous nous avez indiquées et vous tiendrons informés.

Après les devoirs de l’après-midi, nous repartons dans le centre de Mendoza pour savourer quelques glaces proposées par l’une des innombrables « heladeria » de la ville. Nous observons avec curiosité l’animation des ces grandes artères commerciales qui sont un parfait contraste avec les paysages parfois désertiques que nous avons traversés il y a quelques jours.

Un petit jeu en partageant l’apéritif, quelques pâtes améliorées et nous voici prêts pour une nouvelle nuit de repos. Demain ce devrait être Musée et rencontre d’une famille Argentine…

Ce soir, nous avons une pensée pour notre Ami Didier qui met un terme aujourd’hui à une carrière dans le médico-social aussi exemplaire que mobilisatrice. Des valeurs fortes et des convictions qu’il a su partager et dont Christophe s’est nourri à ses côtés pendant toutes ces belles années de collaboration. À bientôt sur le chemin du Monde….

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17 Mai : Potrerillos – Mendoza : 61 km (571 km)

Le vent et les chiens qui hurlaient ne nous ont pas offert la quiétude d’une douce nuit mais c’est avec une bonne nouvelle que nous nous levons ce matin. Enfin, d’abord une mauvaise pour Christophe qui apprend que l’OM a perdu sa finale. Il aurait tant aimé une victoire des phocéens pour contrer les nombreux argentins qui lui disent quand ils apprennent qu’il est français : « Ah, la France ! Paris San Germane, Angel Di Maria… ». Et à chaque fois il ravale sa salive provençale…

Bon, pour la bonne nouvelle, elle nous est donnée par un vétéran de la guerre des Malouines rencontré au moment de partir. Une nouvelle route comprenant un tunnel a été inaugurée il y a deux mois ! Elle permet de suivre le bord du superbe lac de Potrerillos et d’éviter le col et ses 6 kilomètres de montée qui nous attendaient.

Nous savourons cette bonne nouvelle et plus encore cette route quasi-déserte qui n’en finit pas de descendre (avec quelques petites bosses pour se réchauffer.. .). C’est le pied ! Nous réenclenchons enfin le gros plateau et n’avons plus à rouler avec un œil constant sur le rétroviseur.

Nous prenons le temps de nous arrêter pour immortaliser cette balade le long du lac et la descente dans de somptueux canyons. Des bus de « tour-operator » déversent leurs passagers à chaque point de vue. Les groupes de Brésiliens sont nombreux. Ils viennent nous parler. Ils nous parlent en Portugais, nous leur répondons en Espagnol et en Français… nous mélangeons notre latin !

Les Argentins sont aussi expressifs qu’attentionnés à notre égard. Ils s’arrêtent au bord de la route, nous serrent dans leurs bras et nous demandent si nous avons besoin de quoi que ce soit. L’un d’eux nous a invités à partager le repas avec lui et sa famille samedi prochain, une autre avec qui nous échangeons dans le parc dans lequel nous prenons notre pique-nique du jour reviendra une demi- heure plus tard à notre rencontre avec un immense paquet de pop-corn et des biscuits qu’elle s’est empressée de concocter pour nous, en espérant que nous ne soyons pas encore partis. Nous voulions, par ce voyage, démontrer à nos enfants que le monde est peuplé de belles personnes, nous en avons chaque jour de beaux témoignages !

L’arrivée sur Mendoza se fait en douceur grâce à de superbes pistes cyclables qui traversent la ville. Nous n’avions jamais vu cela ! Une « deux fois deux voies » côte à côte : l’une pour les cyclistes, l’autre pour les piétons, le tout avec un revêtement proche du velours…

Nous avons décidé de nous poser deux jours sur Mendoza pour donner un peu de repos à nos corps qui se sont exprimés durement ces derniers jours et pour prendre le temps de gérer des tâches matérielles (la lessive, quelques réglages sur les vélos, la recherche d’une solution de cartographie pour le blog…), de reprendre le chemin de l’école et de découvrir cette ville d’un abord très séduisant.

Nous galèrons cependant à trouver une solution de logement qui comprenne un élément indispensable : un lieu sûr où entreposer nos vélos. Nous mettrons près de 3 heures à trouver la perle qui réponde à tous nos souhaits nous permettant même de disposer d’une petite cuisine.

Pour fêter cela, ce soir nous concoctons un petit apéritif dînatoire avec, au programme, pour les parents, du vin de Mendoza dont nous avons traversé quelques gigantesques vignobles en arrivant: du Malbec, comme le Cahors ! Et nous devons bien reconnaître que même s’il n’arrive pas à la hauteur d’un « Boissor 2015 », il se laisse boire avec plaisir. Le nom de la cuvée nous permet d’envoyer quelques dédicaces !

Esteban, Mendoza… il ne manque plus ce soir que Zia et Tao. A nous les rêves du grand condor…

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16 Mai : Uspallata – Potrerillos : 55 km (510 km)

Même bien installés dans la « cabana », il a fait froid cette nuit. Quelques duvets ont dû être sortis de leurs sacs, les simples couvertures ne suffisant pas. Au petit matin, nos corps restent bien plus attirés par la chaleur de nos couchages que par la fraîcheur extérieure.

C’est Naïa qui sonnera le clairon du lever en premier. Nous profitons de la connexion Wifi toujours aussi capricieuse pour envoyer les articles que nous avions rédigé chaque soir et qui n’avaient pas pu encore être envoyés.

Un petit-déjeuner amélioré et la musique rythmée des flagrants délires contribueront à nous donner l’énergie nécessaire pour préparer les sacoches et les vélos.

Après ces derniers jours intenses nous prenons notre temps et ne dėmarrons que vers 11h30. Nous poursuivons notre itinéraire le long de la N7. Les paysages sont toujours d’une beauté incroyable. Chaque montagne nous offre une roche dont les variations de couleurs rendraient jaloux les plus inventifs des illustrateurs. Un dégradé de couleurs comme seule la nature est capable d’offrir à nos pupilles émerveillées.

Dans ce décor majestueux, un nouveau troupeau de lamas. Non ! Nous reprendra Lalie, je ne crois pas que ce sont des lamas, ce sont des Guanacos ! Il nous faut bien avouer qu’elle a sans doute raison et nous convenons qu’elle fera un petit article à ce sujet dans les prochains jours.

Sur la route, c’est la valse des camions et des pick-up, ces 4×4 avec une plateforme arrière. Nous apprendrons par plusieurs automobilistes qui s’arrêtent pour discuter avec nous que nombre d’Argentins se rendent, plusieurs fois par an, au Chili pour faire leurs courses. Nous comprenons mieux désormais pourquoi nombre de pick-up sont chargés de TV HD grand format, de VTT luxueux ou de matériel hi-fi. Le Chili est devenu le grenier des loisirs des Argentins. Les personnes avec lesquelles nous échangeons quelques mots viennent de Buenos-Aires, situé… à plus de 1 200 kms pour effectuer ces achats deux fois par an. Plusieurs d’entre eux nous ont croisés lorsque nous montions les Caracoles avant hier. Ils nous témoignent avec une grande ferveur leur joie de nous voir aujourd’hui dans la descente vers Mendoza.

La descente n’est malheureusement pas aussi jouissive que prévue. Un fort vent de face nous oblige même à passer le petit plateau pour avancer alors que la pente fait preuve d’une réelle déclinaison. Nous nous plaçons l’un derrière l’autre pour limiter les efforts et garder un peu d’énergie face à cette force invisible qui se fait de plus en plus puissante. Au bout d’une trentaine de kilomètres nous trouvons un petit creux dans la colline, à l’abri du vent, pour avaler nos casse-croûte du jour.

Nous arrivons à Potrerillos au coucher du soleil et bien que nous sommes désormais redescendus à 1 400 mètres d’altitude, nous prenons l’option de la location d’une chambre afin de nous protéger plus aisément du froid et d’essayer de partir plus tôt demain matin. La nuit va être bonne…

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15 Mai : Puente del Inca – Uspallata : 70 km (455 km)

La chambrée se repose un peu plus longtemps ce matin. Nous prenons un petit-déjeuner autour d’une table et apprécions ce simple luxe. Le débriefing de la journée de la veille fait apparaître une amnésie de l’effort. Certes nous nous souvenons que c’était difficile mais nous retenons surtout le challenge que nous avons relevé en famille. Nous serions même  prêts à recommencer (mais pas tout de suite…).

Nous savons également que nous sommes sortis de notre zone de confort (c’est le moins que l’on puisse dire !) mais que nous ne nous sommes jamais sentis en danger. Il nous suffisait de lever le pouce pour que l’un de nos amis camionneurs nous transporte sur quelques kilomètres.

Puente del Inca est connu pour ses eaux chaudes (que nous n’aurons pas le loisir de tester, elles sont fermées à l’heure où nous partons) et pour ses concretions géologiques remarquables devant lesquelles nous restons en contemplation.

Quelques petits flocons de neige nous invitent néanmoins à ne pas trop trainer avant d’entamer la descente. En quelques minutes, nous dévalons autant de kilomètres que nous en avons grimpés hier en plusieurs heures. Nous descendons vite et, de ce fait, la température redevient rapidement supportable. Nous devons juste garder toute notre attention car les 15 premiers kilomètres sont composés de plaques de bétons juxtaposées dont les interstices sont parfois mal comblés. Ça sautille ! Nous mettons les bidons d’eau, qui ont tendance à quitter leurs supports, dans la carriole et poursuivons notre plongée.

Du plaisir, du grand plaisir jusqu’à ce que le vent se lève. Nous passons alors du paradis à l’enfer en quelques minutes. C’est un véritable ouragan qui balaie la route. Nous nous accrochons derrière nos vélos et n’avons qu’une seule peur : que la carriole soit emportée. Nous retenons l’ensemble de toutes nos forces et attendons que le plus gros de la tempête soit passé pour essayer de repartir. Le vent est desormais de côté et, tels des catamarans, nous évoluons penchés au maximum pour contrer le vent. Nous avons pu filmer un peu ce phénomène, vous verrez, ça décoiffe !

Les paysages dans ce cataclysme restent magnifiques et nous ne tardons pas à apercevoir notre premier troupeau de Lamas sauvages qui évoluent dans un véritable décor de Western.

Uspallata arrive enfin. Nous sommes rincés par cet épisode et avons envie d’un peu de confort après ces 5 journées éprouvantes. Nous allons retirer quelques Pesos Argentins, nous restaurons et louons une Cabana dans le camping du coin.

Une bonne douche, une connexion internet (trèeeees lente mais qui nous permet de lire avec délice vos commentaires et de vous envoyer quelques articles) et une belle soirée estompent en partie les péripéties du jour.

PS : Nous envoyons tous nos encouragements à Tathias pour ses deux prochaines journées d’examen ! Animo !

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14 Mai : Juncal – Puente del Inca : 34 km (385 km)

Nous venons de vivre certainement l’une des plus intenses de nos journées de voyage cyclopédique: Intense par son dénivelé positif (plus de 1300 mètres) mais surtout intense en émotions.

Il fait deux petits degrés lorsque nous sortons le bout du nez de la tente familiale. Nous avons décidé d’essayer de partir avec le lever du soleil car nous pressentons une longue journée.

Il est 8h30 lorsque nous entamons nos tours de roues vers le premier lacet des fameux Caracoles. Chaque virage est numéroté et nous savons qu’il nous faudra passer le 29ème pour atteindre Portillo et sa station de ski. Les 3 premiers numéros sont corsés et valent bien la montée d’hier (nous avons regardé ce matin sur l’application du téléphone : certaines côtes flirtaient avec les 15 %). Après, c’est long mais ça devient plus raisonnable. Au bout de deux heures nous arrivons au 19ème lacet, celui qui permet de prendre des photos de cette montée en forme d’escargots (d’où le nom de Caracoles en espagnol). Nous en profitons pour prendre quelques photos-clin d’œil que nous enverrons une fois arrivés à Mendoza et poursuivons cette looooonnnngue montée.

Nous avons l’impression de former l’attraction touristique du jour. On ne compte plus les bus super-équipés (air conditionné, Wifi…) qui ralentissent à notre hauteur pour que toute une vitre puisse appuyer sur son smartphone. Plus inquiétant, les nombreux camionneurs qui tout en conduisant d’une main, nous photographient de l’autre. Le précipice qui borde la route- accentué par les des nombreux boulons, vis et écrous que nous évitons sur notre voie de droite- ne sont pas des plus rassurants… Mais nous prenons ces innombrables pouces levés, accompagnés de coups de klaxon et de larges sourires, comme de beaux gestes de fraternité internationale.

La station de ski de Portillo qui fait également office de douane Chilienne semble inatteignable. Nous poussons depuis plus d’une heure en nous arrêtant tous les 50 mètres. L’hypoglycémie gagne la totalité de la troupe. Il reste deux grands virages lorsque Esteban ne peut retenir une crise de larmes. Nous essayons de puiser dans l’énergie qu’il nous reste pour le réconforter. Hier c’était les enfants qui motivaient les parents aujourd’hui c’est l’inverse. C’est ça aussi certainement l’esprit de famille…

Une empanada, une pizza et une bouteille de jus d’ananas plus tard, Esteban retrouve son large sourire et sa joie de vivre. Heureusement ,car la fin de la montée n’est pas encore là. Il nous reste 5 km. Les deux premiers se feront avec l’énergie du déjeuner, les trois derniers en piochant une nouvelle fois sur nos réserves mentales. Un vent violent s’est levé et nous oblige à nous accrocher à nos montures…

17h00, nous atteignons enfin les tunnels du Cristo Redemptor et des Caracoles : 3 185 mètres !

Un camion nous fait traverser le tunnel de 3 km interdit aux cyclistes (car mal ventilé) et quelques encablures plus tard nous voici… en Argentine !

Enfin la descente ! Le froid et le vent nous feraient presque (mais vraiment presque alors !) regretter la montée. Nous arrivons au poste de douane situé 15 km plus bas, frigorifiés. Pour changer… les douaniers photographient notre caravane cycliste. Nous ressortons avec la nuit. Nous nous équipons des frontales et descendons un km plus bas vers Puente del Inca. Nous espérions rejoindre les sources d’eaux chaudes et dormir à leur côté dans un petit abri que nous avions expérimenté en 2002. Mais depuis 2005, le site est devenu un lieu  lucratif touristique et n’est plus ouvert au public le soir. Il fait nuit, il fait froid (la neige est omniprésente dans le village). Il nous faut rapidement trouver un plan B. Un ancien hôtel devenu une auberge pour backpakers nous accueillera avec un maté chaud. Un dortoir satisfera toute la famille après cette longue et belle journée de voyage !

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13 Mai : Riciello Cerro – Juncal : 20 km (351 km)

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12 Mai : Los Andes – Riciello Cerro : 31 km (total : 331 km)

Nous avons du mal à partir ce matin : la connaissance de la topographie des 3 prochains jours et la difficulté à quitter Raúl, qui nous a si bien accueilli, ainsi que Carlos un serveur Vénézuélien avec lequel nous avons sympathisé hier, ne sont certainement pas étrangers à ce départ tardif.

Il fait donc déjà chaud lorsque nous entamons nos premiers coups de pédales et la sortie de Los Andes ne propose pas de mise en route de rodage, ça monte d’entrée !

Moins qu’hier tout de même et nous prenons même du plaisir à avancer roue après roue vers les massifs Andins que nous apercevons au loin. La montée est très régulière sur les 20 premiers kilomètres et, le plus souvent, une large bande sur la droite nous sert de piste cyclable. Les camionneurs sont nombreux à nous saluer d’un geste de la main ou d’un bon coup de klaxon lorsqu’ils arrivent à notre hauteur (et donc de la carriole de Naïa ce qui a pour conséquence de l’obliger à faire des siestes « flash »).

Nous longeons le Río Aconcagua. Il nous fait de l’oeil et nous ne résistons pas bien longtemps à nous poser à ses côtés pour la pause déjeuner. Les enfants (et les adultes !) sont pressés de se rafraîchir dans cette eau andine. L’eau fraîche et le paysage nous enchantent et nous profitons intensément de cette pause.

Nous avons bien fait car après la route se fait un peu plus raide. Un Chilien s’arrête aux côtés de Valérie et d’Esteban et leur offre 4 paquets de viandes séchées en leur disant que c’est de la protéine pour la Cordillère. La dernière fois que nous en avions mangé c’était de la gazelle ramenée d’Afrique du Sud par Chris.

Les Chiliens ont étés très accueillants depuis notre arrivée sur leur sol. Chaque jour nous recevons des dizaines de « Que le vaya bien ! » (une version classe de « Bonne chance »).

Il est 17h30 lorsque nous faisons une courte pause dans cette longue montée, un champs borde la route et le prochain village est dans 5 km. Conseil de famille : planter la tente dans ce champs ou continuer encore un peu ? 1 voix pour s’arrêter, 2 voix pour continuer et deux abstentions plus tard, nous remontons sur nos vélos. Mais au bout de quelques centaines de mètres la crainte de nous retrouver à rouler dans la nuit (elle tombe vers 18h30 ces derniers jours) nous incite à jouer la prudence et à faire demi-tour.

Nous plantons donc la tente et les filles partent chercher de l’eau un peu plus bas. Une dame leur offrira 2 bananes (« para las niñas »). Décidément nous sommes gâtés !

Nous dormirons cette nuit bercés par les passages réguliers des gros camions qui partent vers l’Argentine.

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Welcome Charlie !

En nous réveillant ce matin nous apprenons une très bonne nouvelle : la naissance de Charlie, petit frère d’Ariel et fils d’Amandine et de l’un des deux meilleurs éducateurs sportifs encore en exercice dans le monde médico-social !

La bienvenue à Charlie et félicitations à ses parents.

Nous avons profité de cette énergie donnée par cette bonne nouvelle pour rajouter des photos au dernier article (la connexion d’hier soir étant extrêmement capricieuse).

On vous embrasse,

La VeLove Family

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11 Mai : Cuesta de Chacabueco – Los Andes : 37 km (total : 300 km)

Pendant que nous prenons notre petit déjeuner sur notre promontoire préAndin, un camionneur s’arrête et insiste pour que nous fassions le plein d’eau. Sans doute connait-il le plat de résistance qui nous attend ce matin. Il nous reste 8,5 km de montée. Nous mettrons près de trois heures à les accomplir! Les 4 premiers km se font avec l’énergie du départ puis nous ferons une pause tous les kilomètres, puis tous les 500 mètres, puis tous les 100 mètres… forcément ça devient interminable ! Chaque courbe est un mur dans lequel, le plus souvent, nous sommes contraints de poser pied à terre et de pousser.

La chaleur accentue la pente (il fera jusqu’à 43 ° au compteur !) et les muscles de nos jambes sont encore trop justes pour amener avec vélocité notre « cargaison familiale ». Nous n’avons plus qu’à prendre le temps et observer ces superbes paysages qui s’offrent à nous. Un régal dont nous nourrissons notre mémoire !

Le col arrive enfin après près de 800 mètres de dénivelé positif (en 8,5 km, nous n’avons utilisé qu’une seule vitesse, tout à droite comme disent les vrais cyclistes !). Et encore nous pouvons nous estimer chanceux que cette route soit désormais asphaltée, ce qui n’était pas le cas il y a encore quelques années.

Après la montée vient forcément le temps de la descente… Nous jouerons la prudence pour ces premières pentes. Tout d’abord pour s’assurer que le frein du « pino blanc » fonctionne parfaitement mais également du fait que les pourcentages sont tels que nous sommes obligés de nous arrêter tous les 3 ou 4 virages afin de laisser refroidir nos disques qui ont du mal à retenir nos montures largement trop chargées.

Après un long replat nous arrivons enfin à Los Andes. Il est 17h00 et nous nous rendons à la clinique vétérinaire d’Éric Savard, un français qui vit ici et qui est bien connu des cyclotouristes pour proposer aux voyageurs une « casa de ciclistas ». Eric que nous avions rencontré il y a 16 ans lors de notre précédente traversée des Andes est parti en France pour un mois mais Raúl qui s’occupe de la clinique en son absence nous ouvre immédiatement une petite pièce attenante à la clinique. Il se démène pour nous accueillir malgré sa charge de travail, nous ouvre le salon de toilettage pour que nous puissions prendre une douche chaude (au jet d’eau), après ces 3 journées à l’hygiène précaire, et nous remet une clef du local afin que nous puissions être indépendants. Gracias Raúl !

Nous allons reprendre des forces dans un petit restaurant du centre ville et regagnons notre petit nid. Nous décidons finalement de ne pas faire de jour de pause à Los Andes et d’attaquer dès demain la montée, pressés d’en découdre avec la cordillère et surtout inquiets du changement de temps qui s’annonce avec de possibles chutes de neige au col. Il nous faudra 3 à 4 jours pour atteindre la frontière puis certainement 2 jours de descente vers Mendoza. Nous risquons de ne pas rencontrer beaucoup de Wifi d’ici là. Pas d’inquiétude donc. Nous vous adresserons des nouvelles dès que possible…

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10 Mai : Lampa – cuesta de Chacabueco : 47 km (total : 263 km)

Surprise au réveil : nous retrouvons le contenu de notre sac poubelle disséminé tout autour de notre campement. Des animaux (certainement des chiens sauvages, il y en a beaucoup par ici), ont réussi à arracher le sac pourtant suspendu en hauteur. Plus embêtant, ils ont aussi été tentés de prendre le reste du plat de pâtes préparé la veille au soir et pour ce faire ont arraché la toile de la carriole dans laquelle ce potentiel petit-déjeuner était entreposé…

L’équipement était à deux mètres de la tente… et nous n’avons rien entendu ! Une expérience de plus pour notre vie nomade mais un gros trou dans la toile que notre experte en couture tentera de réparer dès que possible. En attendant Naïa a un peu d’air…

Cela tombe bien car il fait chaud et nos corps européens affaiblis par un long hiver pluvieux ne sont pas encore habitués à de telles températures. C’est surtout l’amplitude thermique qui est impressionnante : moins de 4° au reveil et plus de 30° à 14h00.

Les prairies bordées de cactus (comme dirait Cabrel) sont parfois entrecoupées d’exploitations agricoles. Du raisin de table, des carottes, des salades sont irriguées à grandes eaux à quelques mètres de plaines désertiques. Les lignes droites parfois longues d’une dizaine de kilomètres se succèdent et comme nous avançons sur ces faux plats montants entre 8 et 10 km/h, ça prend du temps !

La pause déjeuner prise dans un petit parc de jeux fait du bien. Nous repartons et visons le bas de la cuesta de Chacabueco, notre premier col, pour se poser. Une fois arrivés nous constaterons que les clôtures de barbelés empêchent toute progression éventuelle sur les bas côtés. Nous entamons donc la montée. Une belle montée ! Les deux premiers kilomètres dépassent les 10%. Trop violent pour nos muscles encore en rodage. Alors nous alternons pédalage et poussage ! À chaque virage nous avons espoir de trouver autre chose que le rocher sur la gauche et le précipice sur la droite. Les virages se succèdent… jusqu’à ce que nous apercevions un petit promontoire sur la droite : une piste d’atterrissage rurale pour hélicoptère. Nous installons notre campement en bordure et reprenons des forces avant le reste de la longue montée qui nous attend demain. Une belle nuit étoilée nous accompagne dans de doux rêves…

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9 Mai : Santiago de Chile – Lampa : 60 km (total : 216 km)

Pour rallier Los Andes, petite ville qui marque le début de la montée vers la cordillère, nous avions le choix : 66 km d’autoroute (et l’autoroute ça nous connaît maintenant !) ou un autre itinéraire qui essaye d’éviter les grands axes mais qui atteint les 140 km.

« Prendre le temps  » étant l’un des « credo » de notre voyage, nous optons bien entendu pour la seconde proposition. Cela nous offre l’opportunité de quitter cette grande ville, qui nous a si bien accueillis sur le sol sud-américain, en observant une dernière fois certaines situations parfois étranges pour nos yeux européens. Les rues sont pleines de vie, il y a des marchands ambulants partout sur les trottoirs. Ils y vendent des confections gastronomiques « maison » (dont les fameux empanadas) mais également tout ce qu’ils achètent en gros et qu’ils revendent à l’unité : une pile, une barre de céréales ou encore un rouleau de papier toilette, on trouve de tout à tous les coins de rue !

Nous nous nourrissons de CO2 et de ce spectacle à chaque feu rouge qui ralentit notre progression.

Une fois sortis du centre ville, nous longeons pendant quelques kilomètres l’autoroute via « la lateral ». Nous roulons prudemment sur le trottoir mais nous devenons très vite l’attraction des conducteurs qui nous doublent. Une dame se met à notre niveau et fait de grands signes de la main. Le chauffeur de taxi, juste derrière, l’imite… mais lorsque la dame freine brusquement, il ne peut l’éviter. Résultat : une aile noire et jaune (la couleur des taxis locaux) en moins…

Nous poursuivons par de longues lignes droites sur lesquelles se trouvent souvent de belles pistes cyclables. Les paysages changent vite et nous apercevons très rapidement nos premiers champs… de cactus ! Les voilà dressés fièrement, bordés de longues herbes et de petits arbustes qui donnent un air de savane.

Après avoir rempli la réserve d’essence pour le réchaud et acheté quelques victuailles au supermarché de Lampa, c’est justement dans cette ambiance mi-western, mi-savane que nous installons notre campement. Nous détachons délicatement un fil barbelé qui longe la route (que nous remettrons en place tout aussi délicatement) pour pénétrer sur le lieu de notre premier campement sud-américain.

Ce soir pas de Wifi sous la tente. Il n’y aura donc pas de livraison de l’article avec le café du matin…

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8 Mai : Santiago de Chile

Nous profitons de ces 3 journées à Santiago pour récupérer du décalage horaire, découvrir cette grande ville et prendre un peu d’avance sur les enseignements (au cours de la semaine qui s’annonce nous risquons de ne pas être dans des conditions optimales pour les études…). Hier et avant hier c’était donc rédaction, dictée et maths. Aujourd’hui nous avons couplé visite et études avec une grande partie de la journée passée au MIM (Museo Interactivo de Mirador). Cela ressemble à ce que l’on peut trouver à la cité des sciences de La Villette avec une interactivité exceptionnelle qui permet de comprendre et de mettre en pratique des centaines d’expériences scientifiques.

Les enfants virevoltent d’un atelier à l’autre : astronomie, électromagnétisme, énergies renouvelables… chaque zone comporte des dizaines de machines à essayer.

Entre deux, nous nous arrêtons pour participer à quelques animations originales (se coucher sur une planche de clous pour jouer au fakir) ou ludiques (se retrouver à l’époque de Gutenberg et apprendre l’écriture en casses d’imprimerie. En jouant aux imprimeurs nous avons forcément une pensée pour la plus belle imprimerie de France : celle de Boissor (en toute objectivité bien entendu !).

Même les jardins du MIM qui proposent de nombreuses expériences sonores et musicales sont magnifiques.

Nous partons en fin d’après-midi pour le centre ville où nous allons rejoindre Jonathan (un cousin de notre Ami Mickey, décidément il y a un sacré réseau sur Santiago!). Nous passons une bonne heure avec lui et l’une de ses amies. Jonathan est responsable d’un restaurant Français sur Santiago. Il nous donne tout un tas d’informations sur cette ville qu’il commence à bien connaître ainsi que sur le nord de l’Argentine que nous atteindrons dans quelques semaines.

En attendant, nous rentrons à la chambre pour refaire les sacoches et prendre des forces car demain nous attaquons la route vers Los Andes que nous devrions atteindre dans 3 jours. Puis viendra la traversée de la fameuse cordillère…

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7 Mai : Santiago de Chile

L’unique difficulté technique que nous avons rencontré lors du remontage des vélos à l’aéroport à été une fuite d’huile constatée à l’arrière du « pino blanc » (le préféré des oenologues !). Un nouveau contrôle nous incite à chercher une solution en urgence car après la montée de la cordillère des Andes, il y aura…une descente… de 150 kms !

Le premier problème c’est que la perte d’huile à endommagé le disque et les patins. Comme ils disent ici : « estan contaminados », pas besoin de traduction ! Le second problème c’est qu’aucun vélociste n’a de disque 4 points et ils nous certifient tous que nous ne trouverons pas cette pièce à Santiago. Le troisième et dernier problème étant la fameuse descente vers Mendoza, il est urgent de trouver une solution !

Cela va nous prendre une bonne partie de la journée : après qu’un artiste mécano ait tenté d’attaquer le disque au chalumeau pour faire sécher l’huile et que nous aillons changé les plaquettes, il faut encore se rendre à l’évidence : ça ne freine toujours pas fort ! Alors nous écumons tous les ateliers des nombreux marchands de vélos réunis sur cette avenue San Diego (Il y en a une trentaine sur 2 kms…). Jusqu’à ce que l’un des chefs d’atelier prenne cela comme un challenge. Il désosse le disque et les patins, les frotte, les gratte et… les trempe dans un liquide au fort pouvoir corrosif. Un remontage et un test plus tard, nous apprécions le freinage (un comble… rassurant !). Nous continuerons à surveiller, bien entendu, ce matériel… avant la descente.

Cette escapade technique aura durée près de 6 heures durant lesquelles les enfants auront fait preuve d’une grande patience. Alors que nous faisons une courte pause pour déjeuner, Esteban regardant sa montre lancera non sans humour : « 13h58″, si ça continue on va manger à l’heure espagnole ! ».

Nous profitons de la fin d’après-midi pour partager une grande balade dans le quartier de Santa Lucia. Nous grimpons en haut d’un beau point de vue et savourons cette douceur automnale (il fait entre 20 et 25 degrés…).

Espérons que ces températures se maintiennent encore quelques jours, le temps que nous basculions côte argentin. Départ pour l’assaut de la cordillère Mercredi. En attendant demain, pour notre dernière journée à Santiago c’est cours de sciences avec la visite du musée interactif MIM.

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6 Mai : Santiago de Chile

Un réveil en douceur, chacun à son rythme, suivi d’une petite séance scolaire (et oui, pas de dimanche à l’école de la VeLove Family, les révisions dépendent du reste du programme…) avant de partir rejoindre Océane qui nous attend pour déjeuner.

Océane est une cousine de Gaëlle, une Amie de longe date (élue « Miss Mojito de 2001 à 2018, sans interruption…). Elle nous reçoit dans sa superbe maison située sur les hauteurs de Santiago, au sein d’un quartier sécurisé, avec Patrick, son compagnon et Carole, une de leurs amies. Ils nous ont préparé un somptueux brunch arrosé au Pisco Saour et au Champagne Chilien. Du grand luxe !

Nous enchaînons avec une autre belle rencontre, celle de Paola Marco et de leur fille de 4 ans Lia. Ils nous ont contacté via « Facebook » quand ils ont su que nous étions sur Santiago. Paola a fait un Doctorat à l’université de Genève où travaille Stéphane, le frère de Valérie. C’est donc sur son « mur » qu’elle a eu connaissance de notre aventure familiale. Quelques échanges via « WhatsApp » (décidément la technologie numérique est parfois bien utile…) et nous voilà tous réunis pour rejoindre, en téléphérique, le sommet du Cerro San Cristobal, une grande colline qui surplombe Santiago.

A leurs côtés nous apprenons beaucoup. Nous alternons des phrases en français et en espagnol, selon les sensations du moment. Ils connaissent parfaitement le Chili, leur terre natale, et ont une affection toute particulière pour la France, pays dans lequel ils ont terminé leurs études.

Nous discutons tout en contemplant cette vue à 360° que nous offre ce site magnifique. Quelle vision sur cette mégalopole de 5 millions d’habitants (1/3 des habitants du Chili vivent à Santiago !). Une tour immense se détache des autres. Il s’agit du plus haut gratte ciel d’Amérique du Sud ( la Gran Torre, 303 mètres de haut) étonnamment construit dans ce pays connu pour sa forte activité sismique.

Nous poursuivons par une grande promenade dans des quartiers très animés et nous arrêtons pour déguster quelques tapas… et de la bière Chilienne.

Encore une journée parsemée de belles rencontres. Elle confirme que, notamment grâce au numérique, le Monde est un village !

Petit bonus, pour ceux qui se posaient la question : nos vélos sont stockés dans un garage souterrain (sans leurs selles et avec des cadenas !). Nous avons monté toutes les affaires dans la chambre, ce qui réduit grandement l’espace disponible. Mais comme nous y restons peu cela n’est pas un problème…

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5 Mai 2018 : Madrid – aeropuerto de Santiago de Chile – centro ciudad : 11 459 km de vol… et 23 km à vélo

Nous venons de vivre la journée la plus longue du voyage puisqu’elle aura duré 29 heures. Et oui, nous avons désormais 5 heures de retard sur notre douce France…

La mission du jour était complexe mais nous l’avons relevée : à l’heure qu’il est, nous sommes confortablement installés dans un petit studio proche du centre ville de Santiago.

Avant cela, nous avons participé et côtoyé le monde des écrans dans l’avion (c’est incroyable toutes ces personnes qui se jettent dans une indigestion de films à haute dose… et qui oublient de se parler). En regardant les personnes attendre hier à l’aéroport c’était déjà la même ambiance : tout le monde les yeux rivés sur son smartphone… et du silence !

Nous arrivons tout de même à faire une nuit correcte et à reprendre des forces pour attaquer le puzzle géant qui nous attend au petit matin. Sous l’oeil curieux des rabatteurs qui travaillent pour les taxis et qui hèlent les vagues de passagers à chaque arrivée, nous découpons les cartons et tentons d’assembler toutes les pièces ensemble. Et tout cela en répondant aux innombrables questions de nos nouveaux amis taxis. Nous voilà, dans des positions parfois acrobatiques, à visser, dévisser, revisser.. .

Nous ne nous en sortons finalement pas trop mal . A 12 h 30 (soit 3 h et demi plus tard) tout est prêt pour partir pour ces premiers tours de roues sur le continent américain.

Une dernière chose à faire : retirer de l’argent dans un guichet automatique. Nous sommes concentrés sur le taux de change et sur le fait que nous n’avons pas fait d’erreur (20 euros correspondent à plus de 15 000 pesos argentins alors quand vous retirez une centaine d’euros, ça fait de suite des gros chiffres !) que nous n’entendons même pas le bip-bip insistant derrière nous. C’est un membre chilien du nouveau jumelage taxis-VeLove Family qui nous interpellera pour nous signaler que… nous avons oublié notre carte bancaire au guichet. Ça commence bien ! Une belle preuve d’honnêteté pour nos premières heures chiliennes.

Nous faisons un petit sondage sur la route à prendre en sortant de l’aéroport (une technique que nous avons souvent utilisé en Asie face aux réponses parfois contradictoires). Ici c’est l’unanimité qui nous rassure : ils nous conseillent tous de prendre la route 66. Au bout de quelques hectomètres nous comprenons vite que nous sommes… sur une Autoroute ! Une autoroute limitée à 100 km/h certes mais une Autoroute tout de même. Nous arrivons à un péage et les guichetiers nous confirment la route (en nous exemptant du paiement), nous ferons donc 7 km sur cette large bande d’arrêt d’urgence (honnêtement cela ne nous a pas paru plus dangereux que la traversée de Toulouse !).

L’immersion dans ce nouveau pays est directe. Nous traversons des quartiers économiquement défavorisés mais plein de vie. C’est d’ailleurs dans l’un d’eux que nous nous arrêtons pour déjeuner. Les enfants se partagent un poulet frites pendant que les adultes se régalent avec des empanadas (pour ceux qui ne connaissent pas et qui aiment les pizzas c’est comme une mini-calzone… mais en meilleur !).

Nous atteignons ensuite le centre pourvu de belles pistes cyclables (avec protection des cyclistes).

Une bonne douche et nous repartons, à pied cette fois, explorer le quartier. Nous resterons jusqu’au 9 mai à Santiago pour se préparer à notre prochaine grosse étape : la montée vers les Andes…

La question du jour est certainement posée par Esteban : »Dis Papa, maintenant que l’on est au Chili est ce que l’on est des citoyens du Monde ? »

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