Et encore après ?

Encore un grand Merci à vous tous d’avoir pris le temps de suivre ces textes, photos et vidéos.

N’hésitez pas à nous faire part de propositions d’améliorations (thèmes qui n’ont pas été abordés et qui pourraient l’être, éclaircissements, réponses à certaines questions…) avant que ces quelques pages ne soient envoyées à des éditeurs potentiellement intéressés (d’ailleurs, si vous en connaissez, nous sommes preneurs de contacts…).

Depuis 23 jours, Mado et Françoise ont repris chaque texte après leur envoi afin d’en améliorer la syntaxe et corriger les coquilles. Nous avons désormais une version améliorée de ce qui vous a été envoyé via le blog. Un grand Merci à elle.

Voici une petite vidéo familiale qui, nous l’espérons, vous trouvera tous en pleine forme.

Prenez soin de vous… et prenez soin des autres.

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23. Et après ?

Nous nous installons confortablement dans un gîte que Gérard met à notre disposition, tout proche de l’école que les enfants retrouveront… trois jours après notre arrivée ! Entre temps, nous organisons une petite fête pour réunir tous ceux qui nous ont aidés et suivis pendant cette année quelque peu insolite.

Une vie plus classique se profile. Les enfants reprennent le chemin de l’école avec une facilité déconcertante, comme s’ils n’étaient jamais partis. Très vite nous serons rassurés sur leur niveau scolaire. Ils ne sont pas en retard, au contraire…

Valérie et moi sommes assommés par les montagnes de cartons que nous redécouvrons. Cette quantité d’effets personnels, alors que nous venons de vivre à 5 avec 8 petites sacoches pendant un an, nous donne le vertige.

Les jambes nous démangent mais nous apprécions le confort de se préparer le repas sur une vraie cuisinière, de dormir sur des matelas moelleux et tout simplement de boire l’eau du robinet.

Alors que nous ne rêvons que de prolonger l’aventure notre inconscient se repositionne jour après jour dans le confort de l’habitude.

Un autre challenge nous attend désormais : retrouver un emploi avant la fin de l’été. 

Nous envoyons quelques CV et lettres de motivations, répondons à des annonces et sommes assez vite convoqués à des entretiens. A cette occasion, je constate que la vision des recruteurs sur le type d’aventure que nous venons de vivre a beaucoup évolué. Il y a moins de 20 ans, partir ainsi générait de l’incompréhension et suspectait ’une certaine marginalité. Aujourd’hui, les employeurs semblent considérer ces expériences comme une preuve d’audace, porteuse de valeurs. J’ai même pu lire, chez certains de mes interlocuteurs, une expression d’envie. Les entretiens qui se sont tous conclus par une proposition d’emploi, n’ont jamais souffert du choix professionnel que nous avions fait, il y a un an. 

Nous ne nous étions pas fixés de lieu précis pour nous poser, à la rentrée. Nous avions uniquement deux souhaits : continuer à nous épanouir dans un département rural, loin des grandes métropoles et trouver, au moins un emploi pour l’un de nous deux, avant le mois de juillet, afin d’inscrire les enfants dans leur futur établissement scolaire. Nous avions donc moins de deux mois.

Valence et Digne pour Valérie, Nîmes, St Etienne et Aix-les Bains pour moi:  les propositions arrivent toutes en même temps. C’est finalement dans les Alpes de Haute-Provence que nous décidons de poser nos sacoches. Valérie s’est vue proposer un contrat d’un an en tant que chargée de communication digitale dans une petite start-up locale spécialisée dans la formation numérique. Elle est ravie de cette opportunité. Je me mets donc en quête d’un emploi dans cette zone géographique, n’envisageant pas une seconde, un célibat géographique pour raison professionnelle après l’année intense que nous venions de vivre.

Une offre de responsable d’unité au sein de la Protection Judiciaire de la Jeunesse m’est adressée. Début août, j’ai le plaisir d’apprendre que j’ai été retenu pour ce poste. Il est bien moins complet que celui que j’exerçais avant de partir mais cela va me permettre de mieux connaître le secteur social. Je  n’ai de réelle expérience que dans le médico-social et plus précisément dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap. La PJJ me propose un contrat d’un an, en tant que contractuel, parfait pour moi qui ne souhaite pas forcément m’engager sur du long terme afin de laisser ouverte la voie des possibles.

Notre arrivée dans les Alpes de Haute-Provence est grandement facilitée par l’accueil que nous proposent Alexandra et Michaël, deux Amis que nous connaissons depuis près de 20 ans et qui habitent le petit village dans lequel est implantée l’entreprise qui vient d’embaucher Valérie. Un accueil familial et extrêmement bienveillant nous permettra de nous poser en douceur. 

En septembre, tout le monde reprend donc une vie active. Les enfants font leur rentrée. Pour Naïa c’est la première ! Elle est accueillie avec Esteban dans la petite école du village tandis que Lalie rejoint le collège Gassendi à Digne. 

Très vite, trop vite ? Personnellement, j’accuse le coup. Après les journées trépidantes que nous avons connues l’année dernière, le rythme de ces premières semaines me parait bien fade. Je n’ai qu’une envie : repartir.

Je commence même à imaginer un nouveau parcours allant de France jusqu’en Chine, avec un retour via le trans-sibérien afin de faire un voyage sans avion et de limiter ainsi l’empreinte carbone. Je rêve de Cappadoce et de steppes mongoles sur lesquelles nous pourrions profiter de cette liberté intense qu’offre le voyage à vélo. Mais le désir de Valérie et des enfants de se poser quelque temps, associé aux incertitudes géopolitiques de nombre de pays à traverser (Turquie et Iran notamment) viennent peu à peu calmer mon ardeur. Je sais qu’elle pourrait être interprétée comme une fuite de notre société mais il n’en est rien. J’adore la France et je suis plus que jamais conscient de la richesse culturelle, géographique, culinaire de notre pays. Mais j’ai encore besoin de me nourrir de diversité, de montrer à nos enfants que le Monde actuel est peuplé, dans l’extrême majorité, de belles personnes, qu’elles soient catholiques, musulmanes ou athées. La vie de couple, et plus largement la vie de famille, sont faites de consensus. Alors nous gardons ce projet pour plus tard. Nous nous projetons petit à petit vers un endroit où nous poser, où nous impliquer dans la vie locale, tout en continuant à exercer des métiers passionnants. Comme le dit un proverbe Tibétain : “Le voyage est un retour vers l’essentiel”. Nos habitudes de consommation, notre mode de vie sont en pleine transformation, tout comme l’est certainement notre conscience.

L’écriture de cet ouvrage, le plus souvent le soir après de longues journées de travail, nous ramène à l’évasion et à la conviction que nous avons eu la chance de vivre une aventure extraordinaire. Les correspondances que nous continuons à entretenir grâce à “Whatsapp” plusieurs mois après notre retour, nous rappellent que ce que nous avons rencontré de plus beau pendant toute cette année ce sont ces hommes, ces femmes, ces enfants qui nous ont ouvert leur coeur… en toute humanité !

Ces dernières lignes iront vers Naïa, Esteban et Lalie, nos trois enfants qui continuent de nous étonner chaque jour. Nous leur avons offert, pendant toute cette année, ce que nous avons de plus précieux : notre temps. Les liens que nous avons tissés, nourris des souvenirs qui nous unissent, sont notre bien le plus important. La complicité qu’ils ont développée entre eux invite au bonheur.

Enfin, j’ai conscience que j’ai eu la chance de trouver sur mon chemin de vie, il y a près de 20 ans, une jeune femme, pétillante et toujours partante. La complicité et les projets envisagés sont le gage de biens belles nouvelles aventures familiales à venir.

Demain, nous vous proposerons une petite vidéo afin de partager avec vous tout ce qui s’est passé depuis septembre 2019 ainsi que nos nouveaux projets. A demain…

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22. Un retour en douceur

Afin d’éviter un retour brutal à la réalité, nous avions programmé une arrivée à Madrid, début avril, afin de remonter tranquillement vers ce qui fut notre terre d’accueil pendant 11 belles années : le Lot.

Grâce au réseau Warmshower, nous avons contacté un hôte capable de nous accueillir pour nos premiers jours ibériques.

Après une arrivée en pleine nuit, nous remontons les vélos dans l’aéroport, puis nous accordons quelques heures de repos dans un coin un peu à l’écart. Nous prenons ensuite de petites routes qui nous permettent rapidement de quitter les zones de gros trafic.

Quelques kilomètres plus loin nous grimpons vers un espace pavillonnaire où nous attend Tarek. En voilà encore une belle histoire ! Le père de Tarek est Syrien. Sa mère est Croate. Tarek vit avec cette dernière dans une superbe villa dans laquelle ils ont créé deux logements distincts et confortables. Un fils de Syrien qui nous accueille, à notre retour en Europe, avec une extrême générosité et la plus douce des simplicités : tout un symbôle ! Impossible de ne pas penser à ces milliers de personnes qui fuient leur pays en guerre et qui feront le douloureux constat d’une traversée mortelle ou d’un accueil inhumain à leur arrivée dans nos pays…réputés  en paix !

Tarek a beaucoup voyagé. Il nous parle dans un français impeccable. Sa bonhomie, sa tendresse de gros nounours taillée dans un physique imposant, en fait une personne délicieuse à côtoyer. Les enfants l’adoptent immédiatement et nous partagerons avec lui des temps de discussion très riches. 

Après une journée passée dans Madrid pour retrouver des cousins espagnols de ma Maman, nous reprenons la route, plein Nord. Quelques dizaines de kilomètres après les faubourgs de la capitale nous pénétrons dans une Espagne profondément rurale et désertique. La majorité des villages ont été quittés par les jeunes. Seuls les plus anciens restent encore…. Nous faisons étape à La Barbolla, dans la province de Soria, où nous allions parfois durant ma petite enfance. J’avais le souvenir d’une ambiance des plus vivantes, avec des habitants qui restaient dehors, tard le soir et qui échangeaient longuement pendant que les enfants couraient derrière un ballon. A notre arrivée, nous faisons le constat que seules deux familles ont résisté aux sirènes de l’exode. Les autres ont préféré rejoindre des banlieues où se concentrent usines et administrations, délaissant ainsi les terres agricoles.

Des températures hivernales sont de retour en ces premières semaines de printemps . Nous recherchons, chaque soir, un lieu fermé afin de passer la nuit à l’abri d’un vent souvent glacial. Nous dormons ainsi dans des mairies, des gymnases, des garages ou dans un restaurant. C’est après une longue étape sur les plateaux désertiques de cette Espagne rurale que nous arrivons dans un petit hameau. Quelques maisons et un restaurant y trônent au centre. Nous sollicitons le propriétaire de cet établissement pour faire le plein d’eau et en profitons pour lui demander s’il connaît un endroit abrité où nous pourrions passer la nuit. Très vite Evaristo et sa compagne Angie nous ouvrent les grandes portes battantes de leur commerce et, par là-même, celle de leur intimité pour que nous installions nos affaires et nos sacs de couchage. Evaristo nous concocte un délicieux repas et, nous confie les clefs de son négoce, avant de repartir avec Angie, chez eux, à quelques kilomètres de là. Ils ne nous connaissaient pas deux heures auparavant et nous laissent ainsi dans leur restaurant. 

En quittant l’Asie nous avions un peu d’appréhension par crainte d’un manque d’accueil en Europe. Cette dernière s’est vite estompée face à la  générosité et d’humanité qui nous a été offerte. 

Pendant ces dernières semaines nous sommes portés par des surprises. Fifou et Jojo, mes deux compères historiques de l’Odyssée de l’Espoir viennent nous rejoindre en compagnie de leur famille et d’amis chers à nos coeurs. A Bayonne, c’est Maleine et Françoise qui nous accueillent avec beaucoup de tendresse et une indéfectible amitié. Quelques dizaines de kilomètres plus loin ce sont les retrouvailles avec les ”Bike Kitchen, Romain et Aurélie, que nous avions rencontré à Cuzco. Puis Bernard, Martine et leur petite fille viendront pédaler avec nous avant que Stéphane, le frère de Valérie et toute sa famille nous rejoignent.

Sur les bords du canal latéral à la Garonne ce sont Aurélie, Célian et leurs enfants qui viendront pédaler avec nous… en pino. Nous ne les connaissions pas. Eux nous ont découverts à la lecture des articles postés quotidiennement sur le blog depuis près d’un an. Ces récits les ont rassurés et leur ont  permis de passer du rêve d’un voyage à vélo à celui du projet réalisable. 

Lors de la dernière semaine, nous retrouvons, au fil des kilomètres familles et amis. Un accueil fantastique de Martial et Gisèle à Sauzet et nous entamons notre dernière étape. Nous avions proposé à tous ceux qui le souhaitaient de nous accompagner dans la descente vers Luzech. Nous nous retrouvons près d’une centaine de cyclistes, vêtus du tee shirt  jaune de la VeLove Family.

Parmi eux : mes parents ! Alors que l’annonce de notre projet avait fait naître en eux une grande anxiété, marquée par le refus d’assister à notre départ, ils sont là, 12 mois plus tard, rassurés ! 

Gérard ALAZARD,  Maire de Luzech et son conseil municipal nous accueillent à Notre Dame de l’île, en toute simplicité, comme nous l’avions souhaité. Un repas partagé dans le jardin de la chapelle est à l’image de la générosité rencontrée tout au long de notre aventure.

En fin d’après-midi nous reprenons nos montures pour retrouver, avec grande émotion, Gérard, notre “Papy d’ici”. Nous sommes heureux de le serrer à nouveau dans nos bras. Nous savions que, chaque jour, il était avec nous et nous accompagnait. Nous avons également souvent pensé à lui, pendant notre voyage, à son humanité et à son ouverture au Monde.

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21. Il fallait bien une frayeur…

Après avoir rebasculé en Thaïlande et vécu quelques jours bien agréables sur l’île de Koh Chang, partagés avec Didier et Isabelle, nous entamons notre remontée vers Bangkok. 

Nous longeons le Golfe de Thaïlande sur plusieurs centaines de kilomètres en essayant d’emprunter au maximum des chemins de traverses, non ouverts à la circulation automobile.

Nous savons que notre périple hors d’Europe s’achèvera dans quelques semaines et savourons encore plus intensément chaque paysage, chaque bivouac, chaque rencontre. La Thaïlande n’est pas surnommée “le pays du sourire” pour rien et, à chaque instant, nous sommes les témoins privilégiés de gestes bienveillants portés par des visages radieux.

Les enfants mesurent chaque jour le déséquilibre économique qui existe sur notre planète, entre une minorité occidentale qui détient la majorité des richesses et de nombreuses populations qui n’en ont que les miettes. Ce qu’ils perçoivent surtout, c’est que la richesse économique n’est pas forcément proportionnelle à la richesse du coeur et au bonheur exprimés par les populations. Nous traversons des villages, sans électricité ni eau courante, où les enfants jouent avec des jantes de vélo qu’ils font rouler à l’aide de frêles bâtons. Nous côtoyons des familles qui vivent à 10 dans une même pièce et dorment parfois à même le sol. Et pourtant… nous n’avons jamais reçu autant de sourires et de mélodieux “sah wah dee khrap” ou “sah wah dee khaa”, selon qu’ils sont prononcés par des hommes ou par des femmes. Ces mots, ces sourires, nous sont offerts sans autre attente en retour qu’un sourire de notre part. Jamais nous ne ressentons de calcul ni de jalousie au regard de ce que nous possédons. Cette gentillesse, rencontrée tout au long de notre voyage, est fondée sur la seule bienveillance pour l’autre. 

Bien que ne disposant que de très peu de biens matériels, ces populations font preuve d’une extrême générosité. Nous étions souvent génés par tant d’attentions mais ne refusions jamais les boissons ou les fruits, offerts avec tant d’humanité.

La construction de l’enfant se nourrit souvent des valeurs portées par ses proches. Tout au long des kilomètres, nous avons conscience que les observations faites par  Naïa, Esteban et Lalie laisseront des traces dans leur manière de s’inscrire dans la société. Peut-être ces traces seront-elles infimes, mais les expériences ont été si fréquentes et si marquantes, qu’elles leur serviront assurément de références.

Nous sommes le 25 mars, c’est l’anniversaire de Valérie !

Nous avions convenu d’une petite coutume : les jours d’anniversaire se font sans vélo, afin que nous puissions profiter encore plus largement les uns des autres. Ce 25 mars au matin nous nous réveillons sous la pluie: les premières gouttes depuis bientôt 3 mois que nous sommes en Asie. Nous repérons un petit appartement à louer à une petite dizaine de kilomètres et faisons donc une petite entorse à notre règlement familial afin de s’assurer d’un peu de confort en ce jour de fête. La pluie se transforme en déluge et nous sommes heureux de nous mettre au sec dans un confortable studio.

Dans l’après-midi nous ressortons avec Lalie, réservons une heure de massage (thaïlande oblige) à offrir à Valérie et poursuivons à pied sur quelques centaines de mètres afin de rallier une petite épicerie. Nous y achetons quelques mets qui devraient nous permettre de confectionner un repas surprise pendant l’absence de Valérie. En ressortant, poussés par l’excitation de la mise en place de cette double surprise, nous nous mettons à trottiner. Mais nous n’avons pas aperçu un chien, posté à l’angle de l’épicerie, qui se jette sur le mollet de Lalie. Parler d’un fantôme de chien serait plus approprié tant cet animal, rachitique, drapé d’un pelage en phase de décomposition, s’est empalé sur le mollet de notre princesse. Les cris de Lalie seront proportionnels à l’entaille visible : profonds !

De nombreux passants viennent alors nous porter secours. Je profite de leur présence pour courir (avec prudence !) chercher Valérie.

Nous avons tous fait le vaccin contre la rage avant de partir, mais un contact avec notre cher Docteur LECINE, nous confirmera qu’il est nécessaire de procéder à de nouvelles injections. La population locale s’organise alors dans un grand élan de solidarité. Un chauffeur de tuk-tuk propose d’accompagner Lalie et Valérie à l’hôpital le plus proche, situé à une vingtaine de kilomètres, pendant que d’autres nous apportent du réconfort.

Les filles reviendront quelques heures plus tard, Lalie arborant un impressionnant bandage. Les hôpitaux thaïlandais sont modernes et efficaces et la prise en charge de qualité. C’est ce que nous constaterons, pendant cette pause que nous ferons durer trois jours, afin de procéder à un changement sans risque du pansement et à la seconde injection: de belles journées, après ce moment de stress, pendant lesquelles nous serons les témoins privilégiés de la générosité locale.

Un avion nous attend pour l’Europe dans une semaine. Nous repartons donc vers la capitale thaïlandaise. Nos montures permettent à Lalie de garder la jambe tendue sans avoir à pédaler, et de se remettre de cette intense émotion.

Nous savions qu’en partant dans ces contrées lointaines, qui plus est, à vélo, il y avait une part de danger. Le risque le plus important est le risque routier. Nous avons toujours essayé d’anticiper et de sauter (au sens figuré comme parfois au sens propre) avec tout notre matériel dans un camion ou un bus lorsque les conditions de circulation nous invitaient à la prudence. 

Nous savions également que nous pouvions croiser, notamment lors des bivouacs sauvages, quelques reptiles, araignées ou scorpions En vérifiant régulièrement l’intérieur de nos chaussures, le matin au réveil, et en examinant avec soin les lieux, le danger devenait mineur.

Restaient alors les chiens, l’un des plus féroces prédateurs des cyclovoyageurs. A part quelques meutes qui nous avaient suivis et que nous avions réussi à éloigner(s’arrêter et lever la main en mimant le lancer de caillou est souvent efficace !) nous n’avions pas eu à subir de dégâts corporels. Il aura fallu un empressement de piétons… pour connaître notre première frayeur.

Tout au long de cette année, avons-nous pris plus de risques que si nous étions restés confortablement installés en France ? Pas sûr ! Nous aurions pu nous casser un poignet ou nous faire une entorse dans des activités classiques. Voyager, à vélo, avec des enfants est sans doute plus risqué que de s’adonner à une consommation effrénée de temps d’écran, confortablement installés dans un canapé. Risqué à court terme… mais l’est-ce également à long terme ? 

La vie est une prise constante de risque. Cela ne veut pas dire qu’il faut faire n’importe quoi. La préparation, l’anticipation, l’échange lorsqu’une situation de danger se présentent sont extrêmement importants. Mais malgré tout cela le risque “0” n’existe pas et heureusement car c’est cela qui nous procure les émotions qui font que la vie est si belle.

Au bout de quelques jours, nous rejoignons cette incroyable mégalopole qu’est Bangkok en empruntant des pistes cyclables à la limite, parfois, de la verticalité.

Des chiens, de la pluie mais encore de biens beaux moments de partage
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20. Des portes du paradis à celles de l’enfer

Annie et Jean-Pierre nous ont accueillis chez eux, à Vientiane, la capitale du Laos, comme de vieux amis, alors que nous ne nous connaissions pas. Ils nous ont ouvert leur porte, leur coeur et leur fine connaissance du pays, au million d’éléphants. Ce partage aussi naturel que généreux, nous a permis de comprendre les fonctionnements sociétaux et de savourer pleinement quelques perles géographiques et humaines de cet incroyable pays.

Nous avions prévu de suivre le Mékong jusqu’à la frontière Cambodgienne mais les les conseils échangés nous ont fait opter pour deux belles boucles et un peu de bus.

La première virée nous permet à la fois de découvrir les fabuleuses grottes de Kanglor et le barrage de Nam Theun 2, une énorme retenue d’eau, plus grande que le lac Léman, chargée d’alimenter en électricité… le voisin thaïlandais !

Le dépaysement est intense et la tranquillité des lieux nous permet de jouir pleinement de ces merveilles, pour l’instant  oubliées par le tourisme de masse.

Après un transfert chaotique en bus nous entamons, plus au sud, notre seconde boucle. A Vientiane, nous avons pu dégoter trois vélos pour Nathalie, la soeur de Valérie, et deux de nos neveux, Bastien et Timéo. Nous avons le plaisir de partager notre quotidien avec eux, pendant une petite dizaine de jours. De quoi faire le tour du plateau des bolovens, un lieu où se côtoient des cascades d’Eden et d’immenses plantations de café qui profitent pleinement du micro-climat ambiant.

C’est sur cette boucle cycliste que nous passerons l’une des journées les plus marquantes du voyage. “Ioverlander”- une application qui donne de bons plans aux voyageurs nomades, nous indique le nom d’un village animiste dans lequel il est possible de partager, en toute simplicité, la vie de la population. Captain Hook nous y accueille dans un parfait anglais et nous propose une très instructive promenade dans la nature environnante. Flore, faune et expériences gustatives (des plantes médicinales… aux fourmis rouges propulsant sous le palais une incroyable odeur de citron… en passant par des graines de café aux maturités diverses). Chaque pas, chaque geste, permet de prendre conscience de l’immensité offerte par cette nature si généreuse pour peu que l’on veuille bien la respecter et l’écouter.

Un peu plus tard, nous rejoindrons de petites cabanes de bambou pour y passer la nuit. Mais avant cela, nous serons invités dans la maisonnée familiale où une vingtaine de personnes, de toutes générations, vit dans une pièce unique ! Pour le repas, un grand cercle se forme, figure au centre de laquelle sont disposés, à même le sol, sur une paillasse, des mets variés,parfois très épicés. En guise de dessert, nous sommes invités à une chasse aux sauterelles et aux grillons. Un affût de nuit, le long des herbes hautes nous permet de capturer de nombreux spécimens. Ils finiront dans de l’eau salée amenée à ébullition, puis revenus et assaisonnés dans de grands woks. L’heure est alors à la dégustation. Nos repères occidentaux font monter quelques interrogations au moment d’avaler les insectes proposés.  Naïa, quant à elle, ne se pose pas de question . Elle en ingurgite une pleine assiette comme s’il s’agissait de frites belges. Son insouciance nous renvoie à notre position d’êtres formatés, aux aprioris dictés par des modes de pensées prudents, invitant peu à la découverte. Portés par cette locomotive de saine naïveté nous emboitons le pas d’une pleine dégustation.

La virée cycliste en compagnie de Nathalie, Bastien et Timéo se terminera aux abords des temples de Champassak. Nous avions imaginé que les vélos utilisés pourraient être  offerts à des écoliers .Nous nous mettons donc en quête d’un institut scolaire. Au milieu de centaines de jeunes en uniforme blanc aux sourires enchanteurs, nous comprenons très vite que les vélos que nous offrons à l’ école ne leur seront pas destinés. En effet, le Directeur et un enseignant, après les avoir essayés pendant de longues minutes, les destineront à  leur usage personnel, sans le moindre signe de protestation des écoliers habitués à la corruption généralisée .

Le Laos nous offrira, avant de le quitter, un dernier merveilleux souvenir. Une pléiade d’îlots a donné naissance à un lieu fort justement nommé: “ les 4 000 îles”. Un petit paradis terrestre que nous découvrons avec Céline et Jean-Pierre venus nous filmer dans le cadre d’un reportage pour une chaîne de télévision française. Nous y passerons deux superbes journées alliant prises de vues et bonheurs simples partagés.

Quelques jours plus tard nous passons, avec quelques difficultés, la frontière Cambodgienne et sommes accueillis par une chaleur étouffante. Les sourires des locaux sont toujours là mais, après ces semaines laotiennes qui nous ont émerveillés, nous avons du mal à apprécier les subtilités de ce nouveau pays.

Pourtant, là encore, nous poursuivrons notre apprentissage de la découverte du  mystère humain: celui d’un être sensible capable de la plus belle oeuvre comme de la pire atrocité. 

Nous retrouvons Didier et Isabelle, pour 3 jours de découverte des temples d’Angkor. Nous les convertissons à la petite reine. C’est donc, à vélo, que nous parcourons cet espace. Les levers et couchers de soleil sont d’une beauté indescriptible lorsque les rayons lèchent ces constructions -quasi-irréelles- qui ont résisté aux affres du temps.

Nous poursuivons notre chemin avec une traversée du Tonle Sap, immense lac bordé de villages flottants. Une fois revenus sur la terre ferme, Didier et Isabelle louent un scooter pour nous accompagner encore, le temps d’une journée. Nous arrivons ensemble chez Saro, un jeune chef de famille cambodgien qui a décidé de diversifier son activité de chauffeur de tuk-tuk, en ouvrant des chambres d’hôtes. Il nous invite à aller visiter les “killing caves” toutes proches: un lieu de recueillement pour des millions de cambodgiens qui, comme lui, ont vu une grande partie de leur famille exterminée par les khmers rouges. C’est du haut de cette falaise, de plusieurs dizaines de mètres, que l’on poussait les personnes qui osaient s’opposer au régime de Pol Pot. Aujourd’hui encore, des ossements humains sont exposés  à la vue des jeunes générations.

Une indescriptible sensation d’écoeurement, mélée d’une profonde colère m’envahit. La même que j’avais ressentie, adolescent, alors que je visitais le camp d’Auschwitz avec l’aumônerie de Pélissanne.

Les khmers rouges ont notamment sévi de 1975 à 1979. J’étais né et pourtant, jamais, sans ce voyage, je n’aurais compris l’immensité de cette horreur. Près d’un quart de la population cambodgienne a été dénoncée et massacrée par ceux qui étaient, leurs voisins. 

Saro est né dans un camp de réfugiés à la frontière thaïlandaise. Le génocide a fait disparaître, dans d’atroces souffrances, une grande partie de sa famille. Si, aujourd’hui, il reste prudent parce que l’ombre de quelques khmers rouges rode encore au sein du pouvoir, Saro nous offre une soirée teintée d’optimisme. Une nouvelle leçon de Vie.

Des grottes de Kanglor aux temples d »Angkor en passant par des vues du ciel et un apéritif un peu spécial…


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19. La gangrène de la corruption

Si notre statut de voyageur à vélo nous épargne nombre de déconvenues avec les autorités locales, il demeure un passage toujours délicat : celui des frontières. Celles du Laos et du Cambodge seront particulièrement mouvementées.

Mais nous avons plusieurs atouts avec nous : nous avons reçu d’excellents tuyaux d’autres voyageurs, nous ne faisons pas partis d’un voyage organisé et surtout…nous avons le temps !

Par deux fois on nous demande d’ajouter au prix officiel du visa (qui coûte déjà une trentaine d’euros par personne) un forfait de 5 dollars par passeport… pour le coup de tampon !

Cette pratique est totalement illégale mais l’assurance des policiers situés de l’autre côté du comptoir et la menace de ne pas rendre les passeports provoquent une inévitable confusion. Celle-ci est d’autant plus forte quand les chauffeurs de bus, de mèche avec les douaniers véreux, se mettent à invectiver les voyageurs en leur indiquant que s’ils ne se dépêchent pas, ils partiront sans eux. Voilà donc ces derniers contraints à sortir quelques billets à l’effigie de George Washington et à entretenir un système mafieux, au bénéfice d’une minorité de policiers corrompus.

A la frontière entre le Laos et le Cambodge nous tombons, au comptoir, sur un colonel qui exhibe fièrement sur son poitrail une collection d’impressionnantes décorations. Il nous accueille avec un pseudo sourire. Lorsque nous indiquons que nous n’allons pas opter pour le paiement du coup du tampon, il rentre dans une colère noire et nous confisque nos précieux sésames en répétant “pas de paiement, pas de passeports”.

Nous répondons à l’agressivité par des sourires appuyés, dans un mélange de béatitude et de saine provocation. Nous avons le temps… et nous avons des enfants !

Alors que nous demandons généralement à nos enfants de se comporter au mieux dans les lieux publics, nous les invitons, exceptionnellement, à ne pas censurer leurs conduites. Nous entamons une partie de Uno, théâtralement bruyante, à quelques mètres de la guérite. Quelques dizaines de minutes plus tard, un policier nous rappelle au comptoir. Après avoir tenté, une dernière fois, d’obtenir le versement des indus dollars et face à un nouveau refus de notre part, il nous lance nos passeports en pleine figure. Ce sont des passeports tamponnés !

Pour ne pas ajouter à la provocation, nous évitons de claironner notre satisfaction d’avoir gagné ce bras de fer frontalier et nous remettons en selle, la pédale libre.

Par la suite, nous serons plusieurs fois témoins de policiers demandant à des chauffeurs de minibus de s’arrêter. Dans des scènes sans paroles, le policier tend le bras en direction du chauffeur. Ce dernier lui remet, dans une résignation qui ne supporte pas la contestation, quelques billets afin de poursuivre sa route sans craindre une verbalisation pour un motif que l’agent assermenté trouvera facilement..

Alors que la majorité de la population vit dans des conditions de dénuement parfois extrêmes, la caste politique et policière se pavane en toute impunité, avec la caution de l’ordre international qui semble préférer, dans bien des pays que nous avons traversés, l’autoritarisme, la corruption et la stabilité au risque de régimes démocratiques fragiles et difficilement malléables.

Sous couvert d’un pseudo devoir d’éviter l’ingérence, l’équilibre planétaire supporte des compromis éthiquement contestables, au profit de minorités privilégiées. Mais en ce sens, nos sociétés occidentales sont loin de pouvoir donner des leçons…

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18. De temples en temples

Les itinéraires que nous empruntons, loin des principaux axes routiers, nous invitent à aller  davantage encore à la rencontre de la population locale. 

Le bouddhisme est omniprésent. Le moindre village dispose d’un ou plusieurs temples aux couleurs vives et joyeuses.

C’est là que, le soir venu, nous cherchons le plus souvent un lieu pour nous arrêter. 

Comme les “bomberos” en Amérique latine, les moines bouddhistes ont une solide tradition d’accueil du voyageur. Le plus difficile pour nous est d’essayer de se faire comprendre. Nous avons recours, le plus souvent, à la technique des pictogrammes et utilisons un petit répertoire de photos avec tentes et  vélos que nous avons constitué.

A chaque arrêt le résultat est assuré:  on nous trouve un endroit où poser nos affaires et nos tentes (au pluriel) car depuis notre passage en Asie nous avons échangé notre grande tente familiale contre deux petites tentes 3 places. Lalie et Esteban ont désormais leur indépendance. De plus, nous bénéficions des avantages de structures auto-portantes qui permettent d’installer nos tentes n’importe où, sans avoir besoin de les tendre en plantant des sardines.

Si les moines sont parfois surpris par l’arrivée de tout notre équipage, leur surprise laisse très vite place à un accueil des plus chaleureux. Souvent ils nous apportent de l’eau ou partagent quelques mets qu’ils ont reçus, en offrande, le matin même. Nous essayons de leur expliquer que nous avons ce qu’il faut mais cédons à  leur insistance, guidée par une générosité toute naturelle.

Nous passerons quelques soirées mémorables, dans les temples, au contact des moines. Certains d’entre eux ne sont là que “de passage”. Ils sont envoyés par leur famille pour recevoir une certaine éducation . D’autres viennent au sein de la communauté pour faire une pause spirituelle de quelques années, avant de repartir dans la vie professionnelle. Ils mènent une vie d’ascète, ne mangent qu’une fois par jour, avant le lever du soleil et passent leur journée entre prières et tâches collectives. A leur contact nous avons découvert que ces moines étaient loin d’être déconnectés. La grande majorité possède un portable et maîtrise parfaitement les réseaux sociaux. Ainsi,nous avons eu de nombreuses demandes d’amis sur FaceBook provenant de ces moines 2.0. Avec plusieurs d’entre eux nous avons également échangé grâce aux logiciels de traduction simultanée. Il nous parlaient en Thaï, Lao ou Khmer et nous entendions leurs questions en anglais. La réponse prenait alors le sens inverse. Un téléphone de quelques centimètres carrés nous permettait alors de discuter dans un espéranto numérique des plus facilitateurs.

Naïa en a fait craquer plus d’un. Elle s’est souvent retrouvée en séances de “snapchat” organisées par quelques moinillons, ou sollicitée par les aînés pour des embrassades. Normalement, le contact physique avec une femme n’est pas accepté, mais avec Naïa, ils ne pouvaient résister à des bisous tout doux.

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17. Déconnexion asiatique

Didier et Isa, un couple d’amis lotois nous attendent à Chiang-Maï. J’ai eu grand plaisir à travailler pendant plusieurs années avec Didier qui était, lui aussi, Directeur d’établissements médico-sociaux. Il vient de prendre sa retraite. Il s’offre, avec son épouse, une petite escapade de 3 mois, en mode sac à dos, à la découverte de l’Asie du Sud-Est. Nous calons nos expéditions respectives afin de nous offrir plusieurs opportunités de retrouvailles et partager ainsi des moments d’amitié. 

Après une longue semaine de voyage et d’escale, pédaler nous manque et nous avons rapidement la bougeotte. Nous partons donc à travers la campagne thaïlandaise en privilégiant les chemins de traverse qui nous font passer par des lieux qui semblent hors du temps.

Après 9 mois de voyage, nous osons de plus en plus explorer des sentiers qui apparaissent peu praticables. Si nous avions peur, au cours des premiers mois, d’un avatar matériel qui mettrait en péril notre avancée, la confiance s’est progressivement  installée et la robustesse de notre matériel a fait ses preuves.

Seule se pose parfois la place nécessaire pour la carriole dans des “single tracks” où l’équilibre est souvent précaire.

Grâce à ces incursions exploratoires nous découvrons la beauté du monde rural, de ses paysages à couper le souffle, de ses habitants solidaires et généreux.

Le vélo offre, comme la marche à pied, une synchronisation des deux hémisphères cérébraux. Nous n’avons plus conscience que nous pédalons et notre subconscient connecte nos potentiels. 

Notre société actuelle nous invite plutôt à utiliser l’hémisphère gauche du cerveau, celui  du langage, des codes, de la logique déductive. Or, pour conceptualiser des idées, nous avons besoin de l’hémisphère droit, celui qui accueille la créativité et les émotions. Pédaler nous entraîne dans une harmonie où la raison est au service du coeur.

Nous sommes libres, heureux et épanouis. Un joyeux cocktail de Bonheur que nous savourons chaque jour.

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16. Incroyable Hong-Kong

L’agence auprès de laquelle nous avions réservé nos billets d’avion nous avait proposé, pour le même prix, de profiter d’une escale de quelques jours, soit à Los Angeles, soit à Hong-Kong.

Au cours de la période de préparation, nous avions pris l’avis d’Esteban et de Lalie .A notre grande surprise leur choix s’était porté sur la mégalopole chinoise plutôt que sur la cité des anges. Dont acte ! La seule prononciation du nom “Hong-Kong” les transportait dans un exotisme enchanteur. 

Après quelques mois de voyage, Estelle, l’une de mes amies d’enfance qui habite Hong-Kong depuis quelques années, nous propose sa généreuse hospitalité dans cette ville aussi déroutante que lumineuse.

Nous nous installons donc dans l’appartement qu’elle partage avec ses deux enfants Nathan et Bérénice et profitons de sa connaissance de cette immense ville surnommée la perle d’orient.

Après 9 mois passés en Amérique du Sud et Centrale, le contraste est grand. La foule, le bruit, la luminosité… et la pollution donnent parfois le vertige. 

Les habitants, eux, semblent happés par le numérique. Que ce soit dans la rue, le métro ou au restaurant, rares sont ceux qui n’ont pas la tête plongée dans leur smartphone. Un monde où la communication orale semble disparaître au profit d’une communication virtuelle. Un monde robotisé qui est loin de nous faire rêver…

Malgré tout cela, Hong-Kong opère en nous une certaine séduction. Aux confluences des traditions chinoises et de la modernité occidentale, les pagodes côtoient les buildings illuminés de marques de luxe, les banquiers marchant d’un pas rapide avec leur attaché case croisent les vendeurs ambulants aux chariots regorgeant de fruits exotiques.

Heureusement que nous n’avons pas à rouler dans cette ville où la plupart des habitants circulent avec un masque afin de les protéger d’une pollution accentuée par la production des usines locales en vue du nouvel an chinois qui approche.

Cette escale Hong-Kongaise sera aussi l’occasion de passer une superbe journée au sein de l’école française que fréquentent Bérénice et Nathan. Esteban et Lalie qui ont pris, au fil des mois de plus en plus d’assurance en public, présentent notre aventure aux élèves et professeurs avant de finir la journée en classe, pendant que les adultes découvrent cet environnement scolaire de l’autre bout du Monde.

Les yeux pleins de lumière, nous prenons un dernier vol asiatique en direction de Chiang Maï, au Nord de la Thaïlande.

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15. Une planète pas si durable que cela

La sensibilisation à l’environnement et à l’écologie au sens large faisaient partie de l’un des points importants sur lequel nous souhaitions éveiller nos enfants.

La conscience sociale n’est pas innée. Il convient parfois de se confronter à de dures réalités afin de s’engager en tant que citoyen. Ce que nous avons vu cette année ne porte pas à l’optimisme tant l’Homme entretient une relation des plus ambiguës avec son environnement. Il a besoin de lui pour subsister, mais il n’hésite pas, dans une conscience altérée par la société de consommation et le défaut de sensibilisation, à la souiller, à la limite même du soutenable.

Nous avons souvent rappelé à nos enfants qu’il fallait essayer de ne pas juger. Pourtant, voir des personnes, à longueur de journée, jeter leurs bouteilles en plastique par la fenêtre du mini-bus qui les transporte provoque une légitime colère. Passer dans d’épais nuages de fumées noires provoqués par l’élimination par le feu d’innombrables déchets plastiques augmente encore cette colère. Voir les rivières se transformer en tapis de déchets au milieu desquels vagabondent les rats donne la nausée…

Tour de roues après tour de roues, nous prenons le pouls de notre belle planète. Pas de doute, elle est malade. Elle souffre d’une hypertension écologique. Elle est écartelée entre une consommation à outrance et l’incapacité à digérer les déchets ainsi produits. Le tube digestif s’est obstrué. La constipation planétaire est en train de provoquer une occlusion internationale. La maladie, de virale, est devenue chronique. Seul un régime porté par d’importants changements de consommation est susceptible d’éviter la péritonite planétaire qui s’annonce.

Malgré les scènes dont nous sommes les témoins au quotidien, nous ne versons pas dans un pessimisme qui serait, lui aussi, destructeur. Nous avons confiance en la capacité de l’être humain à réagir, à s’adapter. Nous réalisons chaque jour que cette prise de conscience nécessaire doit passer avant tout par une chose : l’éducation. La jeune génération, celle qui a intégré la nécessité de la gestion du tri et les gestes éco-citoyens s’annonce, parfois virulente au regard de l’immobilisme ou l’inconscience de ceux qui ne respectent pas notre terre nourricière. L’engagement des jeunes sur la question du climat, les initiatives ingénieuses qui fleurissent aux quatre coins de la planète, la pression mise sur les gouvernements afin qu’ils intègrent la dimension écologique dans leurs programmes, sont autant de signes qui nourissent l’optimisme.

Nous avons souvent échangé sur cette question du développement durable avec Lalie et Esteban. Nous percevons auprès d’eux et des jeunes de leur génération,  une intolérance face à certains agissements. Voir quelqu’un jeter un papier en pleine rue génère chez eux de la colère, une colère peut-être salvatrice pour les co-locataires de la planète Terre.

Que dire également de la gestion des ressources en eau, cette eau indispensable à la vie humaine, si souvent gaspillée dans les sociétés occidentales? Souvent j’ai repensé à la réponse de l’Agence Régionale de Santé que j’avais sollicitée, en qualité de Directeur, pour alimenter les chasses d’eau de l’établissement avec des cuves de récupération d’eau de pluie. La réponse négative avait été sans appel, au motif du sacro-saint principe de précaution. Combien de fois, en voyant des personnes, souvent des enfants, marcher des kilomètres pour tenter de récupérer un peu d’eau potable, ai-je pensé à nos matières fécales d’occidentaux emportées, par des litres d’eau parfaitement consommables.

Notre parcours en Amérique Centrale se termine au Costa-Rica, pays qui fait figure de locomotive régionale dans la protection de la biodiversité et des énergies renouvelables. Dans ce petit pays de moins de 5 millions d’habitants, il n’y a plus d’armée depuis 1948 . Le budget qui lui était auparavant consacré est aujourd’hui destiné aux universités et aux hôpitaux. Doté d’une forte capacité touristique, il est devenu la “Suisse d’Amérique Centrale”. Le niveau de vie est beaucoup plus élevé que dans les pays limitrophes .Le développement s’est fait en plaçant la nature au coeur des préoccupations. 

Nous traversons de nombreux parcs régionaux protégés. Les singes virevoltent au dessus des arbres qui bordent notre route, des toucans multicolores pointent le bout de leurs becs proéminents, les coatis envahissent la route et font patienter les autres usagers…

Nous passons Noël puis le réveillon de Nouvel An dans ce beau pays:  des fêtes passées en famille avec Maminou, Papy-Moustache et Mina qui nous entourent de leur affection.

Au hasard des rencontres nous faisons la connaissance d’une famille qui, outre le fait de nous inviter tous à partager la soirée de la St Sylvestre, nous offrira le gîte et le couvert à notre arrivée à San José, la capitale, d’où nous partons pour l’Asie du Sud-Est.

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14. Et pendant ce temps-là… en France

Les échanges avec nos proches et le numérique nous permettent de suivre l’actualité française lorsque nous bénéficions d’une connexion WiFi. Régulièrement, nous parcourons quelques articles du Monde et de la Dépêche du Midi afin d’être informés des nouvelles nationales et locales.

A distance des événements qui préoccupent nos compatriotes, nous prenons conscience de l’impact grandissant et parfois affolant des réseaux sociaux.

L’annonce d’une hausse du carburant fait déborder le vase de la contestation d’une partie de la population. En quelques jours, nous voyons déferler sur FaceBook de très nombreux messages appelant tantôt à la révolte, tantôt au respect de chaque citoyen. Les mots virulents employés, parfois à la frontière de la haine, font de nous les spectateurs impuissants d’une lutte qui s’annonce violente.

A la lecture de ce qui se passe en France, nous nous permettons un petit billet personnel sur le blog. Si nous avons du mal à comprendre que c’est une augmentation du carburant qui a mis le feu aux poudres alors qu’il semble y avoir un consensus de plus en plus large sur l’urgence écologique, nous appelons à l’unité et non à l’affrontement. Mais les commentaires très partagés qui fleurissent rapidement sur cet article, nous montrent que le mal est bien plus profond. Des oreilles bienveillantes nous conseillent de temporiser sur cette thématique, en espérant que les choses se calment rapidement.

De semaine en semaine, nous lisons une contestation de plus en plus dure, divisant la population, bientôt polluée par des armées de casseurs.

Nous qui traversons, durant toute cette période, des pays dont les habitants ne bénéficient quasiment d’aucuns droits sociaux (pas d’assurance maladie, ni de retraite et encore moins de chômage…) avons du mal à comprendre les revendications portées par les gilets jaunes, fort éloignées des situations que nous rencontrons.

A La Union, au Salvador, alors que nous discutons avec un pompier dans une caserne qui nous héberge pour la nuit, un de ses collègues nous appelle pour que nous regardions les images diffusées sur leur poste de télévision. Des scènes d’une violence extrême tournent en boucle. C’est Paris qui est abîmée et pillée. Nous essaierons d’expliquer qu’il s’agit d’une minorité de personnes qui profite des manifestations pour tout casser. Mais ce que diffuse la télé, c’est un raccourci malheureux entre les gilets jaunes et les émeutes et ce depuis plusieurs semaines.

Alors que nous passons notre dernière nuit au Salvador avant de franchir la frontière avec le Nicaragua, deux pays qui ont la réputation (plus tout à fait justifiée) d’être très dangereux, notre hôte pompier nous livrera un conseil : « Surtout ne repartez pas en France, restez chez nous, c’est plus sûr ! »

Quand nous essayons de pousser un peu la discussion, il nous est difficile d’expliquer les motifs de la contestation des gilets jaunes. 

Nous parlons du ras le bol de la population face aux décisions en faveur d’une minorité favorisée (la suppression de l’ISF notamment…) alors que de vraies mesures sociales tardent à venir et qu’une part de plus en plus importante des français se trouve dans une situation économique délicate. La société de consommation a réussi à développer des besoins qu’un nombre croissant de personnes n’arrive plus à satisfaire.

 Il est alors difficile d’aller plus loin dans l’échange sans critiquer le capitalisme qui fait tant rêver nos interlocuteurs. Eux, rêvent de climatisation, de congélateur et du confort d’une maison française ordinaire. Ils affirment que les français ne se rendent pas compte de la chance qu’ils ont.

Comme l’écrit si justement un de nos auteurs préférés, Sylvain Tesson : 

« La France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer ! ».

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13. La générosité humaine

Les cinq premiers mois de voyage sont passés très vite. Malgré la difficulté du parcours et la rudesse du climat, nous avons déjà partagé une fantastique aventure humaine.

Nos derniers jours au Pérou seront marqués par le chaleureux accueil réservé par la famille de Maria-Elena, l’épouse d’un cousin Suisse de la maman de Valérie (le Monde est un village !). Nous passerons quatre superbes journées en leur compagnie. Alors que la période préparatoire à l’emballage en vue de l’embarquement est sujette à complexité, tout ici n’est que facilité. Nous sommes comme des membres de la famille, partageons les repas et bénéficions de leur expertise locale. 

Il n’y a pas de magasin de vélos dans ce quartier de Lima pour y trouver de quoi emballer nos montures. Qu’à cela ne tienne, Victor, le Papa de Maria-Elena nous amènera chez un modeste commerçant situé au fond d’une petite ruelle. Il est spécialisé dans la revente de cartons. Et comme aujourd’hui les téléviseurs sont aussi grands que les vélos, ce sont les emballages robustes de ces écrans XXL qui accueilleront les Pinos soigneusement démontés.

Victor nous trouvera même un petit transporteur qui sera en capacité de nous amener, avec tous nos cartons, jusqu’à la porte de l’aéroport. Une aide sur-mesure des plus appréciables.

Cet accueil et cette générosité humaine, nous combleront tout au long du voyage. La multiplicité des rencontres rend l’aventure intense. Chaque jour, nous sommes témoins du fait que les hommes et les femmes qui habitent notre planète sont naturellement bons.

Chaque rencontre est une source d’énergie qui nous nourrit. Si le fait de voyager avec des enfants participe largement à éveiller des conduites spontanées et chaleureuses, nous ressentons qu’elles viennent du cœur. Que ce soit un sourire, un signe de la main, une boisson ou une proposition d’hébergement, tous ces gestes nous sont destinés avec une seule intention : le plaisir d’offrir. Jamais nous n’avons eu l’impression que les personnes attendaient autre chose qu’un moment partagé avec nous et de simples remerciements. 

Il n’y a qu’à l’approche des grands sites touristiques que nous croisons les rabatteurs et autres vendeurs ambulants. Mais notre condition de cyclistes n’a jamais fait de nous des cibles prioritaires.

Cette bonté humaine qui nous a entourés était d’autant plus touchante que ceux qui la manifestaient vivaient le plus souvent, dans des conditions dénuées de tout confort.

De Lima, nous quittons l’Amérique du Sud pour rejoindre Cancún et l’Amérique centrale.

Après avoir savouré la générosité des habitants des plaines argentines et des hauts plateaux boliviens et péruviens, nous goûtons à la chaleur des peuples d’Amérique centrale. Alors que beaucoup d’entre eux ont subi les affres de guerres civiles et de crises économiques, tous nous accueillent à bras ouverts.

Nous avions tenu à inscrire sur les manches de nos t-shirts la phrase « L’étranger est un Ami que l’on ne connaît pas encore ». Plus qu’une maxime, elle est devenue notre philosophie du quotidien. C’est l’un des messages que nous avons fait passer grâce au blog. Nos lecteurs nous disent aujourd’hui avoir été surpris de l’expression de tant de générosité humaine.  

Notre statut de voyageur à vélo faisait presque oublier que nous étions, nous aussi, des touristes occidentaux. Les personnes ont toujours fait fi de ce que nous avions, pour venir rencontrer ce que nous étions.

Chaque jour c’est une leçon de grammaire solidaire que nous recevions au contact de ceux qui préfèrent conjuguer le verbe être que le verbe avoir.

Epicure n’était jamais loin non plus, tant les personnes nous ont montré combien il est important de profiter de chaque instant et du moment présent alors que notre société occidentale nous a appris à ne jamais négliger le futur, à penser en termes économiques, aux congés, à la retraite. 

Le confort dans lequel nous vivons en Europe nous fait oublier l’essentiel : profiter intensément de chaque journée comme si c’était la dernière. Souvent nous oublions, ou n’osons dire aux personnes qui nous sont chères, que nous les aimons. Les obsèques sont trop tardivement l’occasion d’exprimer au défunt ce qui est resté longtemps enfoui dans le cœur de ses proches.

Dans tous les pays, notamment en Amérique centrale, nous avons reçu des témoignages de tendresse, d’Amour. Les étreintes, qui pouvaient paraître comme de l’exubérance affective, ne mentaient pas. Elles étaient spontanées et profondément naturelles. Par le toucher, par les mots, nos interlocuteurs nous ont souvent offert leur humanité.

Comme l’a d’ailleurs fort bien exprimé, à notre retour, Gérard, notre Papy du Lot : 

           « Vous avez fait un voyage au cœur de l’humanité ! ».

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12. L’école Buissonnière

En franchissant notre dernier col à plus de 4 200 mètres au Pérou et avant de redescendre vers Nazca et le littoral qui nous mènera jusqu’à Lima, Lalie aura ce jeu de mot « On a fini les cols mais on n’a pas fini l’école ».

Le sujet de « l’école » est certainement l’un de ceux qui a suscité le plus grand nombre de questions de nos interlocuteurs, que ce soit avant le voyage ou au cours de celui-ci. La société française est tellement axée sur la réussite scolaire que s’écarter, même une année, du processus classique peut être perçu,par certains, comme insensé .

Le fait d’avoir rencontré de nombreuses familles, en amont du projet, nous a permis de rester confiants et d’affiner la préparation de ce volet scolaire. Tous les enfants que nous avons rencontrés qui avaient vécu un long périple avec leurs parents ne nous ont pas semblé en difficulté. Bien au contraire, ils nous sont apparus comme des jeunes ouverts et dotés de capacités d’observation et d’adaptation qui ne pouvaient que donner envie.

Parents, nous ne souhaitons qu’une chose pour nos enfants : qu’ils soient heureux ! Qu’ils soient forts en maths ou en français c’est bien, mais ce n’est rien en comparaison à la recherche du bonheur.

Au sein du système scolaire français on nous dit, depuis tout petit, que ce qui est important c’est d’avoir de bonnes notes, de réussir les évaluations et même, lors d’études supérieures et de concours d’entrée, d’être meilleur que les autres. Ce système a pour objectif de rendre compétitif… et pas forcément heureux.

En tant que Directeur d’un IME (Institut Médico – Educatif), j’ai rencontré des parents d’enfants en situation de handicap qui ont cru aux sirènes de la Loi du 11 février 2005 sur l’inclusion des enfants dans l’école de proximité. Or, les classes souvent surchargées, les enseignants peu formés aux spécificités des handicaps et les programmes non adaptés pour ceux qui n’évoluent pas aussi vite que la majorité des enfants, transforment souvent l’espoir en cauchemar. Les IME se sont, à l’époque, partiellement vidés pour se remplir à nouveau, quelques années plus tard, suite à la dissipation du mirage de l’inclusion scolaire. Les parents reconnaissaient, parfois avec difficulté, que leur enfant devait rejoindre une petite structure dont l’objectif premier était la personnalisation de l’apprentissage. A Boissor, aucun jeune n’avait le même emploi du temps. Suivant ses appétences, ses compétences et les objectifs fixés, un planning « cousu main » était élaboré dans le but d’un épanouissement optimal.

Le système scolaire n’a, malheureusement aujourd’hui, ni les moyens, ni même le projet de promouvoir la singularité de chaque être et de rechercher le processus individuel d’évolution. 

Si nous sommes partis sereins, c’est en grande partie grâce aux enseignantes de l’école primaire fréquentée par Lalie et Esteban. Elles ont dressé la liste des compétences à acquérir, donné des conseils et transmis les manuels au format numérique afin que nous puissions suivre le programme scolaire. 

Les dates de départ et d’arrivée de notre aventure familiale ont été réfléchies au regard de l’expérience d’autres voyageurs. Partir de Mai à Mai a vite semblé être le meilleur compromis. Lalie et Esteban quittaient respectivement l’école deux mois avant la fin du CM1 et CE1. Ils revenaient, au retour, partager les deux derniers mois du CM2 et du CE2 et connaître la joie immense de retrouver copains et copines. Ils ont également passé les évaluations de fin d’année et mesuré ainsi les compétences acquises.

Le rythme que nous nous sommes imposés pendant l’année nomade ferait rêver nombre d’élèves : un maximum d’une heure par jour d’apprentissages scolaires sauf les jours où cela apparaissait trop complexe en raison de la difficulté de l’étape et des conditions de confort. En revanche, nous n’avons pas suivi le calendrier scolaire. Ces apprentissages ont eu lieu tout au long de l’année sans procéder notamment à la longue coupure estivale.

 Nous nous sommes essentiellement centrés sur les mathématiques et le français et avons développé l’aspect ludique et événementiel. Le calcul des distances, la moyenne horaire, la rédaction d’articles trouvaient régulièrement place aux côtés du programme classique. La révision des tables de multiplication a même permis de nous divertir lorsque des lignes droites interminables se présentaient à nous. La proximité que nous avions avec notre copilote a facilité les apprentissages. Nous avalions ainsi, sans trop d’effort, les kilomètres.

Nous aimions partir tôt le matin et nous arrêter en début d’après-midi pour ménager un temps d’exercices scolaires. Nous nous sommes bien évidemment adaptés selon l’état de fatigue. Jamais ces séquences ne sont apparues comme une contrainte pour les enfants. Au contraire, ils ont exprimé le plaisir de pouvoir bénéficier de cette relation privilégiée. Effectivement le taux d’accompagnement de deux enseignants pour deux enfants peut faire rêver… !

Naïa est devenue envieuse de sa grande-sœur et de son grand-frère. Rapidement elle a demandé à faire, elle-aussi, ses devoirs plutôt que la sieste. Dessins, coloriages, perles… l’occupaient alors quelques minutes avant qu’elle ne passe à d’autres jeux.

Durant pratiquement huit mois nous avons traversé des pays hispanophones. Là encore nous avons mesuré la capacité d’adaptation des enfants et leur rapidité d’acquisition. Au bout de trois mois, Lalie et Esteban tenaient une conversation en Espagnol. Ce sont eux qui se sont souvent chargés, en autonomie, d’aller faire des courses dans les petites épiceries que nous croisions. Une mission dont ils raffolaient et qui permettait, sans même qu’ils s’en rendent compte, de travailler non seulement la langue mais aussi le sens de l’organisation, la mémoire et le calcul.

Comme nous nous y attendions, ce voyage, s’est transformé en école de la Vie

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11. L’apport du numérique

Les premières semaines péruviennes sont physiquement éprouvantes.  Notre masse corporelle continue à fondre malgré des températures flirtant souvent avec les 0 degrés.

Nous rejoignons Juliaca, la première grande ville rencontrée, depuis bien longtemps, sur notre itinéraire. Conscients des contradictions qui sont parfois les nôtres, nous passerons une bonne partie de notre première après-midi dans un centre commercial, proposant notamment… des pizzas ! Nous mangeons jusqu’à dépasser notre niveau de satiété et, comme des personnes en manque, ne résistons pas à consommer également une grosse glace en dessert.

Ces instants de plaisirs gustatifs ont un effet puissant sur le moral des troupes. Ils nous permettent, dès le lendemain, à l’aube, d’attaquer la partie la plus montagneuse de notre parcours.

Après avoir rallié Cuzco en une quinzaine de jours et visité le majestueux site du Macchu Pichu, nous attaquons une série de montagnes russes qui oscillent régulièrement entre 2 400 et 4 000 mètres. Nous attendent parfois plus de 150 km de montée, en continu, sans séquence de récupération possible.

Nous partons chaque matin en connaissant le dénivelé sur des dizaines de kilomètres. L’un de nos deux téléphones sert à prendre des photos et l’autre héberge des applications GPS d’une précision exceptionnelle (Osmand en particulier mais également MapsMe en complément). Le type de revêtement, le pourcentage des montées et des descentes, les points de vue, les magasins, tout est indiqué !

Pour moins de 3 Euros nous avons eu accès à toutes les cartes du Monde. Une aide précieuse quand il s’agit d’envisager un lieu de bivouac, la recherche d’un point d’eau ou les itinéraires bis, parfois moins carrossables mais plus sécurisants. Grâce à ces applications nous avons trouvé des chemins que nous n’aurions jamais osé emprunter avec une carte papier. La possibilité de préciser que nous sommes à vélo, et par conséquent aptes à prendre des voies parfois très étroites, nous offre des circuits réservés aux voyageurs en deux roues.

Au cours de ce parcours Sud-Américain nous utilisons également une autre application gratuite : « iOverlander ». Fonctionnant sur un principe collaboratif, la plateforme est complétée par un grand nombre d’informations enregistrées par les voyageurs eux-mêmes. Points d’eau, bons plans pour les bivouacs et même parfois les codes WiFi des stations-services figurent, entre autres, au menu de cette application. Elle comporte également la liste des réparateurs de vélos les plus proches, ce qui peut s’avérer utile dans le cadre de telles expéditions.

J’ai eu la chance de faire un grand voyage à vélo, au début du XXIème siècle. Je mesure chaque jour l’impact des innovations numériques, en l’espace d’à peine une génération. S’il convient de ne pas devenir esclave de ces outils et de laisser libre cours à la débrouillardise du voyageur, il faut reconnaître qu’ils sont rassurants et permettent l’ouverture d’une large fenêtre sur le Monde.

L’application la plus utilisée reste certainement « WhatsApp ». Elle permet l’envoi de messages et la possibilité de passer des appels, gratuitement à l’autre bout du Monde, à la seule condition de disposer d’une connexion WiFi. Aujourd’hui, même dans les coins les plus reculés, les personnes disposent souvent d’un téléphone. Aussi étonnant que cela puisse paraître, cet objet est considéré comme prioritaire devant des équipements de confort de la vie quotidienne. 

Nous communiquons, encore aujourd’hui, avec nombre de personnes rencontrées. Le numérique permet de s’affranchir des frontières et de préserver les relations humaines.

Grâce à ces nouvelles technologies, nous avons également gardé le lien, pendant toute la durée du voyage, avec nos proches, familles et amis. 

Comme beaucoup de voyageurs nous avions décidé, avant de partir, d’ouvrir un blog afin de relater les éléments de notre quotidien. Nous y avons également inclus des informations potentiellement utiles pour des personnes qui se lanceraient dans un projet analogue.

Nous nous sommes, nous-mêmes, nourris de nombreux récits et de conseils piochés sur le Net et dans des festivals de voyages à vélo. Il était donc important de rendre un peu de ce que nous avions reçu et de participer ainsi à cette grande chaîne de solidarité.

Créer un blog sans avoir de connaissances pointues en informatique, notamment en programmation, est possible. Des outils quasiment aussi simples à utiliser qu’un logiciel de traitement de textes existent aujourd’hui. Ils offrent, gratuitement, un rendu très convenable.

Une fois les différentes rubriques choisies, le matériel, l’itinéraire, la composition de la tribu, les objectifs d’un tel projet, nous avons laissé une page d’accueil dynamique, capable d’accueillir les différents « posts » au fur et à mesure de leur publication.

Nous avons rapidement été surpris par le nombre de personnes qui se sont mises à lire notre blog régulièrement voire quotidiennement. Nous nous sommes donc pris au jeu de publier un article chaque jour afin que « nos lecteurs » puissent suivre notre aventure, comme un feuilleton. Dans ce pari que nous nous sommes lancés, nous avons compté sur l’aide précieuse de l’une de nos grandes amies, Françoise, qui a assuré la délicate mission de corriger, chaque jour, les articles rédigés le soir à chaud. Grâce à elle, la trace inscrite sur le blog est lisible sans que le lecteur soit arrêté par d’éventuelles coquilles ou perturbé par des fautes d’orthographe.

Avec Valérie, nous nous sommes répartis les rôles. Elle aime l’image et écrire me plaît. Dans un souci de garder le même style d’article en article, je me suis mis chaque soir à la rédaction d’un  texte relatant notre journée, nos rencontres et, parfois, certaines de nos réflexions. Valérie, elle, s’attachait à la sélection et au traitement des photos. Un travail fastidieux tant, certains jours, le nombre de clichés était nombreux.

Je partageais ainsi, quotidiennement, sur notre petite tablette numérique, des éléments de notre vie nomade. Cet exercice scriptural est vite devenu un réflexe. J’écrivais, comme je me brossais les dents, avec cette quasi-incapacité de m’endormir si je n’avais pas procédé à ces deux exercices. Je dois avouer que certains soirs, je me suis endormi sur le clavier et qu’il a fallu que je puise un dernier semblant d’énergie, pour finir mon paragraphe. Deux fois seulement dans l’année, j’ai remis au lendemain matin, ce que je n’avais pas été capable de faire le soir. Savoir que des personnes nous suivaient a été source de motivation continue. Jamais écrire ne s’est transformé en contrainte. J’ai toujours pris plaisir à coucher quelques mots sur la tablette numérique. Chose étonnante, quand je relis aujourd’hui certains de ces articles, je ne me souviens plus les avoir rédigés. J’ai l’impression de lire le texte d’une autre personne.

Au début du voyage, avec cette envie de partager, nous nous étions mis une contrainte et avons, rapidement, pris du recul afin de ne pas nous laisser enfermer par une quête quotidienne du WiFi. En effet, nous avons souvent parcouru des zones où trouver une connexion s’avérait difficile. Nous ne voulions pas continuer à nous arrêter dans le premier café équipé d’internet, comme des adolescents en manque de connexion virtuelle, et avons décidé que « notre feuilleton » subirait un décalage temporel entre l’écriture et la publication. Peu à peu, nous sommes arrivés à cinq jours de décalage entre ces deux temps. Tout en continuant à écrire et à enregistrer quotidiennement les photos, cela nous laissait la liberté de trouver une connexion et de profiter d’une option technologique, bien appréciable : la programmation des articles. Ainsi, tous les jours, à la même heure (et donc avec cinq jours de décalage…), le lecteur recevait dans sa boîte mail un nouvel article. A la demande de certains d’entre eux, nous avons également ajouté un lien vers une autre application qui leur permettait de suivre notre itinéraire sur un outil de cartographie et d’être ainsi au plus près de nos déambulations géographiques.

Le nombre d’abonnés au blog a augmenté de mois en mois jusqu’à dépasser les 1 200 à la fin du voyage : 1 200 personnes qui recevaient chaque jour un message de notre part, auquel il faut ajouter les 600 à 800 connexions quotidiennes sur le blog. Cela dépassait donc, largement, le cercle de nos proches. Rapidement, des personnes que nous ne connaissions pas se sont mises à écrire. Leurs témoignages étaient touchants. Certains avaient un projet de voyage et demandaient des conseils, d’autres étaient devenus, selon leurs mots, accros ou fans, de ce feuilleton que nous leur permettions de vivre par procuration numérique. En ce qui nous concerne, nous avions un grand plaisir à lire les commentaires lorsque nous pouvions trouver du WiFi. Ces derniers étaient lus en famille et représentaient un contact précieux avec tous ceux que nous amenions avec nous en voyage.

Régulièrement, Valérie a monté de petites vidéos qui donnaient encore plus de relief aux écrits et permettaient ainsi d’animer ce partage. Sans grands moyens (une tablette numérique et la version gratuite d’un petit logiciel de montage) elle a réussi à concevoir de petits films qui reflètent parfaitement notre aventure. Le plus gros du travail a été le tri des images. Une tâche à laquelle elle s’attelait dès que nous nous posions quelques jours. Ce sont pour nous de formidables souvenirs qui nourrissent notre mémoire à chaque visionnage.

Textes, photos, vidéos… il ne manquait plus qu’un support pour être complet : la voix ! Un ami d’une amie, Christophe Delrive, nous a contactés afin de proposer des enregistrements sonores. Domicilié au Danemark, il montait un projet intitulé « Voice4ever » destiné notamment aux personnes âgées, invitées à laisser une trace audiophonique pour les personnes de leur entourage. En plein « rodage » il nous a proposé de nous accompagner, gracieusement toute l’année, avec un enregistrement mensuel diffusé sur son blog et sur le nôtre. Il n’a pas eu la tâche facile car les conditions d’enregistrement à l’autre bout du Monde n’étaient pas souvent optimales. L’exercice se faisait au téléphone et lui demandait de retravailler ensuite avec sa « baguette magique » les décrochages et les bruits parasites à l’enregistrement. La version finale de chaque épisode durait une vingtaine de minutes. Nous avons eu de nombreux retours positifs. Au départ, les enfants étaient hésitants pour participer à cet exercice. Ils se sont progressivement pris au jeu. Leurs témoignages ont constitué la plus grande partie des derniers enregistrements.

La technologie nous a également permis de participer à une visioconférence, en direct, avec des collégiens de Cahors. Nous étions dans un petit hôtel de la banlieue de Managua, la capitale nicaraguayenne, et faisant fi des 8 heures de décalage horaire et de la dizaine de milliers de kilomètres nous séparant, nous avons conversé visuellement, pendant plus d’une heure, avec une cinquantaine de collégiens. Si loin, si près…

Cet échange a été organisé grâce à la mobilisation d’une enseignante en histoire et géographie, Magali. Mère d’un camarade de classe d’Esteban, elle a proposé à des classes de 5ème de caler leur programme sur notre itinéraire.  Pays par pays, les collégiens ont progressé avec nous et poussé des recherches sur les spécificités des régions traversées. Ils faisaient ainsi plus ample connaissance avec le monde dont ils sont citoyens. A notre retour, nous avons eu le plaisir de passer deux heures avec eux. Nous avons été énormément touchés par leurs témoignages et l’intérêt pour les messages que nous avons essayé de faire passer, tout au long de notre aventure. Ils ont été sensibles aux enjeux qui les attendent à l’avenir.

Notre monde est aujourd’hui numérique. Cela doit nous amener à une réflexion quant à son utilisation et à ses dérives. Le téléphone fonctionne malheureusement encore aujourd’hui grâce à des composants fossiles mettant en danger certains écosystèmes comme celui du Salar d’Uyuni, très courtisé pour sa réserve de lithium. Se passer d’un tel équipement est devenu difficile. Les capacités semblent infinies et parfois très étonnantes. En Thaïlande et au Laos nous conversions avec des Moines grâce à « google traductions ». Ils nous parlaient dans leur langue. Dans la seconde qui suivait, le téléphone traduisait en anglais. Et inversement… Nous avons ainsi échangé pendant de longues heures sur le sport, la politique, la religion grâce à un appareil de quelques centimètres carrés. Magie du XXIème siècle…

De Santiago du Chili à Lima, de Cancún à San José, en Asie du Sud-Est et en Europe nous avons voyagé, assistés de cette technologie absente ou balbutiante il y a moins de vingt ans. Une révolution numérique qui a sensiblement changé la manière d’appréhender une aventure au long cours. 

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10. Des pauses salutaires

Lors de notre traversée de la Bolivie, nous nous accorderons deux pauses.

Deux expériences qui nous permettront de découvrir d’autres facettes du pays et de laisser aux corps le temps de récupérer.

Arrivés à La Paz, nous déposons notre matériel dans la « casa de ciclistas » située en centre-ville et partons le lendemain pour trois jours dans la jungle bolivienne. Un vol interne nous transporte jusqu’à Rurrenabaque, à la frontière amazonienne avec le Brésil, d’où nous prendrons une barque pour pénétrer au sein d’un environnement diamétralement opposé à celui que côtoyons depuis plusieurs semaines. 

Nous avons perdu près de 3 000 mètres d’altitude et avons troqué la fraîcheur hivernale des hauts plateaux contre une chaleur extrêmement humide.

Ce seront 3 jours de dépaysement total, dans un campement perdu au milieu de la forêt. Une véritable immersion en terre inconnue. Yacira, notre guide, qui a vécu de nombreuses années au milieu des populations indigènes, a une parfaite connaissance du monde animal et végétal. Chaque sortie autour du campement est l’occasion de découvertes. Cet environnement, de prime abord hostile, recèle de multiples trésors gustatifs et sanitaires pour ceux qui ont appris à le connaître. Insectes, plantes médicinales, tout est richesse et nous porte à l’essentiel. Pendant les quelques averses que nous rencontrons, Yacira nous apprend à fabriquer de petits bijoux, colliers et bracelets, à l’aide de ce que nous offre cette nature luxuriante. Les graines deviennent des perles aux couleurs uniques, les lianes, de la ficelle des plus robustes. La technique d’assemblage, faite d’astuce et de patience, se transforme en un cours de découverte privilégié.

Au crépuscule alors que Lalie et Valérie accompagnent Yacira pour une petite promenade autour du camp, cette dernière leur demande subitement de cesser leur progression. A la lueur de la lampe frontale apparaissent deux ogives brillantes, les yeux d’un jaguar ! Moment d’émotion qui invite à la prudence. Cette forêt amazonienne, poumon de la planète, nous subjugue. 

Quelques semaines plus tard, peu avant de franchir la frontière entre la Bolivie et le Pérou, nous nous arrêtons faire du Wwoofing dans une ferme de permaculture. David fait office de pionnier dans ce domaine dans un pays où l’expansion économique ne semble guère laisser de place aux préoccupations écologiques. Il vit avec son épouse et leurs 3 enfants, au fond d’une vallée, dans laquelle il a créé un petit havre de paix. Avant-gardiste il accueille, depuis de nombreuses années, des volontaires qui, en échange de l’hospitalité, mettent en œuvre leurs compétences. 

José, le fils aîné a le même âge qu’Esteban. Nous prenons un grand plaisir à les voir jouer ensemble. Lalie et Esteban accompagneront José à l’école pour partager, le temps d’une journée, la vie d’un écolier bolivien. Ils mesureront le temps nécessaire pour rejoindre l’école, à pied, sur un sentier de montagne par des ponts acrobatiques. Ils découvriront aussi le peu de matériel dont disposent les enseignants et les élèves. 

Durant cette petite semaine nous apprenons beaucoup, tant au niveau technique (travail du blé, montage de palissades en bambous, rafraîchissement de canalisations naturelles…) qu’au niveau de l’écologie humaine et terrestre. Cette immersion au sein d’une famille bolivienne est riche d’enseignements. La recherche d’une vie, la plus saine possible, est au cœur de leurs préoccupations.

Lors de notre dernière soirée partagée autour du four à pizza nous offrons à David quelques outils mais également un présent plus particulier en remerciement de toute la bienveillance que lui et sa famille ont témoigné à notre égard : Valérie a monté un petit film sur “El vergel”, le petit paradis où nous sommes. David souhaite développer sa communication afin d’organiser la première école de permaculture de Bolivie. Ce petit film est donc venu incrémenté sa page FaceBook et grâce à sa foi en l’avenir et sa motivation pour être acteur d’une nécessaire prise de conscience, nous apprendrons quelques mois plus tard qu’il vient de recevoir la certification de l’association internationale de permaculture et que son université verte va pouvoir ainsi passer du rêve à la réalité.

La soirée se termine tard. Les guitares sont de sortie et un florilège de chansons internationales  vient résonner au fond de cette vallée sauvage. Au moment de nous quitter, c’est avec les larmes aux yeux que nous nous serrons dans les bras. L’Amitié n’a pas de frontière, elle est universelle et ne connaît qu’une seule langue, celle du coeur.

Nous repartons comblés de cette expérience, en direction du Pérou. Nous franchissons la frontière sur la rive Est du lac Titicaca, un accès ouvert depuis quelques années seulement et qui nous permettra de passer au cœur de magnifiques paysages.

Retrouvez la video de « El vergel » à Sorata, réalisée par Valérie, ici :

* https://velovefamily.com/2018/08/20/petit-film-souvenir-del-vergel-sorata-bolivia/

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9. La magie de l’Altiplano : rude mais inoubliable !

Nous quittons l’Argentine à La Quiaca pour une étape de trois kilomètres afin de rallier Villazon, de l’autre côté de la rivière. Valérie a un début d’angine et nous y resterons une journée afin de faire la provision de force pour les kilomètres à venir qui s’annoncent difficiles. 

En entrant en Bolivie, immense territoire rural et montagneux, nous sommes rapidement plongés dans un autre univers. Si, au Chili et en Argentine, nous pouvions trouver quelques habitudes « occidentalisées » la nourriture devient moins variée et les conditions de vie souvent précaires.

En sortant de Villazon, une première côte nous attend avec, au sommet, une aire de pesage pour les camions. Une dame nous propose de peser nos vélos. Verdict : 80 kg pour le pino blanc et ses bagages (sans les cyclistes) et 120 kg pour le pino rouge, les bagages, la carriole et Naïa (et toujours sans les cyclistes). Au moins, nous saurons que répondre aux personnes qui nous demandent le poids transporté et à qui, nous donnions de vagues estimations.

Nous poussons beaucoup nos montures et faisons travailler autant les jambes que les bras dans cette partie montagneuse. Heureusement le corps a la capacité d’oublier rapidement l’effort consenti : une sorte d’amnésie de la difficulté qui permet, chaque jour, d’avoir envie de repartir.

Nous sommes en admiration devant nos enfants qui vivent chaque événement comme une nouvelle aventure. Alors que, nous parents, connaissons le doute face aux choix à opérer, ils vivent l’instant présent avec l’insouciance de l’enfance. Ils ne se plaignent que très rarement du froid, de la faim (certains jours nous passerons directement du petit déjeuner au souper…). Source de joie permanente, ils nous obligent à ne pas laisser paraître nos doutes et à garder une posture rassurante.

En un mois et demi, Valérie et moi perdrons, chacun, pratiquement 10 kg. Avec l’altitude, nous avons moins faim et il y a peu d’aliments qui attirent nos papilles d’occidentaux. Le plat le plus vendu par les restaurants est le « poulet à la broaster », du poulet pané servi le plus souvent avec des frites. Nous saturons rapidement de ce plat unique et sommes tout heureux d’avaler nos 500 grammes de pâtes, le soir avant de nous coucher. 

Le froid tombe aussi vite que la nuit. Si les journées sont agréables, les nuits sont fraîches. Très fraîches même parfois, puisque lors d’un des bivouacs que nous nous offrirons sur ce superbe altiplano, le thermomètre descendra jusqu’à – 15 ° !

Malgré ces conditions, l’altiplano est un émerveillement quotidien. Il nous offre l’impression d’être seuls au monde au milieu des lamas et autres vigognes qui parsèment les larges plaines. La profondeur du silence subjugue cette sensation d’être privilégiés.

Un an après, nous gardons en mémoire les moments vécus au sein de cette nature parfois hostile mais enivrante. Ces étendues, véritables havres de paix, invitent à la méditation et à la réflexion. Les traverser à vélo offre à nos esprits la légèreté de l’âme.

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8. Nous ne sommes pas les seuls fous !

Même s’il a tendance à se développer, le voyage à vélo, au long cours, reste encore quelque peu confidentiel. Beaucoup de personnes peuvent donc légitimement penser « qu’il faut être un peu fou » pour se lancer dans de telles aventures… notamment avec des enfants.

Pourtant, les premiers mois de voyage nous démontrent, quasiment chaque jour, que nous sommes nombreux à aimer ce mode de découverte. L’Amérique du Sud nous aura permis de rencontrer très régulièrement des cyclovoyageurs. Les jeunes argentins sont pléthores à choisir de partir à vélo, antidote aux crises économiques qui secouent régulièrement le pays. Ils s’arrêtent parfois en chemin pour travailler et repartent au bout de quelques semaines, voire de quelques mois, pour de nouvelles aventures.

Certains ont des parcours exceptionnels. C’est le cas de Sebas, rencontré à San Augustin del Valle fertil. Après des études de pharmacie et avoir travaillé pendant quelques années en laboratoire, il a décidé de tout quitter pour prendre la route. Originaire de la région de Cordoba, située au centre de l’Argentine, il est parti d’Ushuaïa pour rejoindre sa terre natale à vélo et découvrir ainsi son pays. Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! Au bout de quelques mois il fait une rencontre qui viendra bouleverser son voyage. Désormais, son compagnon de voyage sera… un chien ! En plein désert, il lui a donné à manger et a cherché, pendant plusieurs jours et sans succès, le maître. Le chien a commencé à le suivre, un jour, puis deux…

Au bout de quelques semaines, Sebas a décidé de s’arrêter pour aménager son vélo. Sur une monture des plus classiques, il a soudé des pièces de métal pour allonger considérablement la partie arrière afin d’y fixer un panier pour accueillir celui qu’il a baptisé Ngu en hommage à un Dieu de la terre. Ils seront désormais inséparables, veillent l’un sur l’autre et poursuivent encore à ce jour quelques expéditions à pied ou à vélo.

C’est Sebas qui nous a appris à réaliser ce que nous offrirons tout au long de l’année aux personnes que nous rencontrerons : un petit vélo en fil chenille.

Bien avant le départ, nous recherchions l’idée d’un petit présent à offrir en souvenir. Nous avions finalement laissé tomber les répliques de tour Eiffel ou autres petits gadgets par souci de volume et de poids. Lalie avait pris des cours de magie. Elle offrira souvent quelques tours de cet art durant des soirées partagées avec certains de nos hôtes. Ce langage international sera apprécié par les enfants, comme par les adultes. 

Nous avions également une petite carte au format « carte de visite » avec nos nom, prénom téléphone, adresse mail et blog que nous laissions aux personnes.

Mais c’est donc Sebas qui nous appris à réaliser ce que nous allions confectionner, plusieurs milliers de fois au cours du voyage. Progressivement, toute la famille s’y est mis. Lalie et Esteban étaient chargés de la fabrication du petit vélo lorsque nous croisions d’autres cyclovoyageurs. Nous participions tous lorsque nous voulions remercier une école ou un groupe qui nous accueillait.

Symbolique et léger, il a constitué un petit cadeau parfait partout dans le Monde !

Nous avons rencontré nombre de voyageurs à vélo. Certains étaient seuls, d’autres en couple ou en petits groupes. Chaque fois que nous nous croisions, nous nous arrêtions pour discuter quelques minutes, échanger des tuyaux sur les itinéraires respectifs et tout simplement partager notre joie de nous sentir si libres.

Depuis quelques années, la grande « mode » est de rallier Ushuaïa, la ville la plus au Sud du continent américain, depuis l’Alaska. Deux à trois ans de voyage sont nécessaires pour parcourir ce long itinéraire, aux aléas climatiques importants, notamment aux portes de la Patagonie.

Nous avons aussi rencontré de nombreux voyageurs argentins qui partaient, sac sur le dos ou en véhicules motorisés, à la découverte de leur pays. Ils vendent, sur les marchés locaux, quelques bracelets et bijoux confectionnés par eux-mêmes, ce qui leur apporte quelques subsides et leur permet de poursuivre l’aventure. 

Nous rencontrerons également des voyageurs qui ne manquaient pas d’imagination pour financer leur périple.

C’est notamment le cas de deux familles argentines, l’une rencontrée vers Cafayate au Nord de l’Argentine et l’autre encore un peu plus au Nord, à la frontière Bolivienne. La première voyageait dans un grand bus aménagé dans lequel ils fabriquaient… de la bière artisanale ! Ils s’arrêtaient dans des lieux touristiques pour y vendre leur « breuvage fait maison » et repartaient vers d’autres destinations. Sur un grand panneau posé sur le bus était inscrit en Espagnol « Pour chaque bière achetée, nous pouvons rouler 12 kilomètres de plus ! ». Nous ne résisterons pas à les aider et partagerons une soirée en leur compagnie. Lalie passera la nuit confortablement installée dans le bus, sur le canapé, alors que nous dormirons sous la tente, quelques dizaines de mètres plus loin.

La seconde famille, un couple et une petite fille, voyageait dans un van portant l’inscription « Payasos en ruta » ce qui pourrait être traduit par « les clowns en voyage ». Ils maîtrisaient plusieurs numéros de cirque dont « le chapeau » permettait de poursuivre le voyage. Jonglage, bulles géantes, magie n’avaient pas de secrets pour eux. Nous aurons grand plaisir à les retrouver à trois reprises sur notre itinéraire.

Nous aurons également la chance de pédaler quelques jours avec les « 260 litros », trois jeunes et dynamiques espagnols partis à la découverte du nouveau monde. Nacho et Simon, deux basques étaient descendus, à vélo, de Buenos Aires jusqu’en Patagonie où ils ont rencontré Jordy, un Andalou, qui voyageait sac sur le dos. Le duo est devenu trio. Ensemble ils ont repris, à vélo, la route vers le Nord. 

Les 260 litros, outre le fait d’être dynamiques et plein de vie, sont également très doués pour chercher des financements originaux, qu’ils trouvent grâce à leur maîtrise de l’image. Tout leur matériel (vélo, sacoches…) a été payé par des marques, en échange de photos magnifiques. Plus encore, chaque fois qu’ils arrivaient dans un lieu touristique, ils proposent aux entreprises et aux hôtels de standing, de réaliser un clip vidéo à insérer sur leur site internet ou leur page Facebook. Maîtrisant le pilotage de drone à la perfection, chaque réalisation finançant ainsi plusieurs semaines de voyage.

Rencontrés en arrivant dans la ville d’Uyuni, nous nous sommes retrouvés ensuite à l’entrée du Salar éponyme afin de le parcourir ensemble. Traverser le Salar d’Uyuni était un rêve. Le traverser avec eux a rendu ce moment magique.  Durant 4 jours, nous avons vécu des journées intenses en leur compagnie et les enfants ont adoré ces nouveaux copains. Bloqués par une tempête de neige à la sortie du Salar nous avons même eu droit à une journée supplémentaire de partage et de complicité internationale.

Durant ces mois sud-américains nous aurons également le grand plaisir de rencontrer plusieurs familles françaises. Sur la place centrale de Cafayate, au Nord de l’Argentine, nous faisons la connaissance d’Erwan, Sarah et leurs trois garçons (Titouan, Gabriel et Marius) partis pour 3 mois en mode « sac à dos » à la découverte du Brésil, de l’Argentine et du Canada. 

A Tupiza, au Sud de la Bolivie nous résidons dans une auberge de jeunesse lorsque nous entendons la voix de cyclovoyageurs français. Rémi, Céline et leurs deux filles de 6 et 8 ans (Juliette et Jeanne) sont partis pour 6 mois, de Lima à Santiago du Chili et effectuent donc notre trajet, en sens inverse. 

Et puis il y a eu l’incroyable rencontre avec les « Chamavelo ». Nous suivions cette famille, sur le Net, depuis pas mal de temps. Après un premier voyage à vélo d’un an en Eurasie en 2015-2016 et une pause d’un an à Montpellier, ils sont repartis pour une nouvelle année, en descendant les 3 Amériques. Nous nous sommes aperçus que nos routes pouvaient se croiser et nous sommes donné rendez-vous… sur le Salar d’Uyuni, un lieu mythique pour nombre de cyclovoyageurs.

Chacune de ces rencontres a été intense et riche en émotion. Outre le fait d’avoir le plaisir de converser en français avec nos interlocuteurs. Notre passion commune pour les voyages, la famille et la rencontre de l’Autre ont constitué le socle d’une amitié qui se poursuit encore aujourd’hui.

Ces moments partagés, de façon fortuite ou planifiée, se sont également révélés rassurants. Tous, nous montraient qu’il était possible de voyager avec des enfants. Voir ces derniers épanouis et heureux de voyager avec leurs parents nous a confortés.

En bons français que nous sommes, ces rencontres se sont invariablement poursuivies par un apéro et un bon repas. Des moments de bonheur partagé, dans des lieux insolites, et l’impression que le temps pouvait s’arrêter pour nous laisser savourer cet espace-temps.

Nous n’en n’étions qu’à la première partie du voyage. Déjà nous étions portés, chaque jour, par cette énergie de la rencontre et du partage.

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7. L’énergie des rencontres

Ce long voyage allait nous amener à contempler de beaux paysages. Mais ce que nous cherchions, plus que tout, c’était d’aller à la rencontre de l’Autre, de ces populations si éloignées, de leurs cultures, de leurs modes de vie aussi et plus largement de leurs manières d’être.

Le voyage à vélo a le curieux avantage de nous rendre fragiles. Chaque jour nous avons besoin de l’Autre pour trouver de l’eau, un peu de nourriture et un lieu pour s’abriter. Ces recherches sont l’occasion, le prétexte, de rentrer en contact avec la population locale. Elles ont aussi l’avantage de nous faire progresser au niveau linguistique 

Les habitants nous ont souvent fait signe de nous arrêter en bord de route pour nous offrir des fruits, des boissons fraîches et énormément de chaleur humaine.

Il est vrai que nous ne passons pas inaperçus avec nos drôles de montures, notre chargement et nos trois enfants. Ces derniers génèrent, chaque jour, une vague de sympathie et de générosité parfois démesurée. Nombre de personnes, vivant dans des conditions extrêmement précaires et vêtus très simplement, nous ont offert à boire, à manger ou un toit et ce, tout au long du voyage. Les premières semaines, nous étions extrêmement gênés de recevoir autant. Nous avons compris, au fil des kilomètres, que ce qu’ils nous offraient, était avant tout leur affection et leur humanité.

Ces personnes nous ont appris un élément important de notre conception du voyage à vélo : il est essentiel de savoir prendre son temps. Lors des premières étapes, nous essayions, à tout prix, de rejoindre le lieu de l’étape que nous nous nous étions fixés. Très vite nous nous laisserons guider par les imprévus et les rencontres.

Cela demande parfois de prendre sur soi, notamment lorsque les personnes nous font signe de nous arrêter en pleine montée, afin d’échanger quelques mots. Nous avons toujours essayé de répondre aux sollicitations. Certains jours, la multiplicité de ces rencontres rendait la journée extrêmement morcelée. Il n’était pas rare que nous nous arrêtions plusieurs fois au cours d’un même kilomètre. Échanger quelques mots, prendre une photo souvenir – le monde est équipé de smartphones ! – et offrir un petit vélo en fil chenille ont rapidement fait partie de notre quotidien.

Lors de ces discussions souvent brèves, quelques questions revenaient quasiment chaque fois. Notre nationalité, notre parcours, l’âge des enfants et… le prix de nos vélos. Cette question était, de loin, la plus complexe dans la formulation de la réponse. Nous avions conscience que ce montant représentait parfois plusieurs années du salaire moyen du pays que nous traversions.

Alors, pour ne pas susciter trop d’incompréhension ou éveiller quelque convoitise, nous répondions par un pieux mensonge « C’est un cadeau, on ne connaît pas exactement le montant… » et si l’insistance de nos interlocuteurs se poursuivait, nous ajoutions « ils coûtent certainement chacun, le prix de deux vélos… » sans préciser, bien entendu, le prix d’un vélo en France. Cette réponse suffisait pour satisfaire les plus curieux. Nous enchaînions rapidement sur d’autres thématiques.

En Europe, se déplacer avec des vélos de voyage est devenu fréquent. Dans de nombreux endroits du Monde ces montures sont un luxe. Que dire alors des personnes qui voyagent en 4×4 ou en camping-car ? Cela ne doit pas être un frein à la découverte, à la condition bien entendu, de rester humbles et de respecter les populations locales.

La visite de certains sites touristiques où se déverse quotidiennement un tourisme de masse nous a parfois écœurés. Nous garderons longtemps la mémoire de deux jeunes filles, sensiblement du même âge que Lalie et Esteban, qui récupéraient des bouteilles d’eau minérale (parfois non ouvertes) et des repas entiers jetés dans les poubelles par des hordes de touristes, plus préoccupés par la photo à faire, que par le gaspillage alimentaire. C’était à Angkor, au Cambodge. Ce spectacle insupportable, nous l’avons vu tout au long de notre route, à chaque approche de sites touristiques majeurs. Combien de fois avons-nous été témoins de touristes répondant avec dédain et supériorité aux sollicitations de vendeurs ambulants ? Parfois, nous avons même assisté à des moqueries. Nous n’hésitions pas, alors, à intervenir. Même si nous étions conscients que cela ne ferait pas changer ces personnes, nous voulions montrer que tous les « blancs » n’étaient pas aussi stupides. Nous voulions également que nos enfants se construisent en apprenant à ne pas accepter l’inacceptable et à oser intervenir lorsqu’ils seraient témoins d’intolérables injustices. Pas facile, dans un monde où les personnes préfèrent souvent « ne pas voir » !

A Madrid, cela a failli mal se passer. Nous étions dans le métro lorsqu’un homme et son fils, âgé d’une dizaine d’années, s’amusaient à chaque arrêt, à jeter un papier de bonbon entre la rame et le quai. Je lui fais remarquer qu’une poubelle, située à proximité, serait plus appropriée pour recevoir ces emballages. Il me regarde en souriant et poursuit son manège, suivi dans un mimétisme déconcertant, par son fils. J’insiste alors. Le ton monte. Il s’approche de moi, m’insulte et me dit que de toutes façons des personnes viendront nettoyer. Je poursuis ma vaine argumentation. Il finit par me dire de rentrer chez moi et sort. La rame était pleine, personne n’a bougé. Lalie et Esteban ont eu peur que cela dégénère et n’arrivent toujours pas à comprendre pourquoi le jeune garçon suivait ainsi son père. Ces comportements seront régulièrement pour nous, des occasions d’instruction civique…

Le voyage à vélo permet d’aller au cœur des populations et d’essayer de changer leur regard sur les « touristes-consommateurs » qui, centrés sur la beauté du paysage, oublient parfois que des personnes y vivent. Le tourisme de masse dénature les relations humaines. L’afflux massif de visiteurs va même parfois jusqu’à générer de l’intolérance parmi la population locale. Au Pérou, notamment, des personnes nous ont parfois traités de « Gringos » terme qu’ils utilisent pour qualifier les touristes nord-américains. Nous nous sommes souvent arrêtés pour essayer de discuter. Lorsque nous leur expliquions que nous étions français, tout semblait subitement se calmer. Est-ce le fait que nous venions de France, pays qui jouit d’une belle cote de popularité partout dans le Monde ou est-ce le fait que nous prenions le temps de discuter qui rendait quasi-immédiatement le ton plus amical ? Sans doute un peu des deux. 

Une expression indique que « les voyages forment la jeunesse ». Nous aurions envie de la compléter par « et les rencontres forment les citoyens ». Les personnes rencontrées, nous ont offert une partie d’elles-mêmes. Chaque fois que nous avons connu une petite galère, notamment lors des rares avatars sur les vélos, nous avons toujours trouvé sur notre chemin des anges-gardiens . Dans nombre de pays, quand il s’agit d’aider quelqu’un, peu importe l’heure , le jour, ou l’occupation. La solidarité s’organise immédiatement. Si l’interlocuteur ne sait pas, il sait trouver quelqu’un qui guidera jusqu’à la solution. Parfois, le jeu de piste est long (ce fut le cas notamment pour la réparation du moyeu rohloff à La Paz). Mais avec de la patience et de la confiance accordée à nos interlocuteurs, le résultat est souvent probant.

Ces grands voyages itinérants génèrent parfois de la frustration. Nous aurions aimé partager plus de temps avec des personnes qui nous ont invitées chez elles, en nous proposant de rester quelques jours supplémentaires. Sans avoir de planning défini, il nous fallait poursuivre notre vie nomade, sans quoi nous aurions été obligés de faire de longs trajets en bus pour « rattraper notre retard », ce qui n’était pas l’objectif.

Les rencontres ont été souvent brèves : un soir, un jour ou deux maximum. Cette temporalité les a toujours rendues plus intenses. Nous avons souvent été accueillis au cœur même des familles partageant quelques tranches de leur vie quotidienne.

Durant le premier mois de voyage et notre remontée de la célèbre « ruta 40 » en Argentine, nous retiendrons deux rencontres avec des familles. 

La première à Mendoza alors que nous venions de redescendre la cordillère des Andes. Jorge ralentit à notre niveau et nous  fait signe de nous arrêter. Il fait lui-même du vélo et nous indique que l’entrée dans Mendoza est dangereuse. Il nous guide alors pour rejoindre le centre-ville par de petites routes, puis nous invite à le rejoindre le lendemain, chez lui, dans la banlieue huppée de la capitale argentine du Malbec. Il a une agence de voyage, spécialisée dans le tourisme œnologique. Nous passerons un superbe moment partagé avec lui-même, son épouse et ses deux filles. Les enfants jouent à cache-cache dans la maison (jeu international) pendant que nous échangeons en dégustant un asado, plat typique argentin fait d’immenses pièces de bœuf braisées au barbecue. La soirée se termine en musique. La guitare électrique résonne et fait danser toute la famille. Plus d’un an après nous continuons, via Whatsapp, à nous écrire régulièrement.

Quelques centaines de kilomètres plus au Nord, à Marayes, sur un plateau aride et venté, nous traversons un village qui semble abandonné. Des enfants jouent devant une porte. Nous profitons de leur présence pour demander un peu d’eau. Quelques minutes plus tard, nous nous trouvons autour d’une table à déguster un locro, succulent plat à base de pois chiches et de viande. Avant même la fin du déjeuner, la famille s’empresse de nous libérer de l’espace sous un auvent, afin que nous puissions y installer notre tente. Pas de doute, nous resterons ici aujourd’hui ! 

Ces maisons en adobe, d’une simplicité absolue, abritent en réalité, une vie des plus dynamiques. La fermeture de la mine locale, il y a quelques années, a provoqué l’exode d’une grande partie de la population. Ceux qui sont restés se sont organisés et vivent simplement et très solidairement.

Nos enfants découvrent les maisons sans eau courante. Cette eau qu’il faut aller chercher au puit (le lancer du saut en plastique au fond du puit, pour parvenir à le faire atterrir sur la tranche afin qu’il se remplisse, demande de la dextérité !) sert à se désaltérer mais également de chasse d’eau. 

Auprès d’Oscar, de Mirta, de leurs enfants et petits-enfants nous passons une exceptionnelle journée. Après le traditionnel Maté, nous assistons à la fabrication d’énormes pains qu’Oscar propose ensuite à tout le village. Plus tard, dans la soirée, une de leurs filles arrive de la ville voisine (située à plus de 80 km) pour donner un cours de danse folklorique dans la salle principale, déménagée pour l’occasion. Un air de flamenco et de tango, au cœur de l’Argentine profonde vient nous enivrer.

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6. L’épreuve physique

Nous avons toujours fait du sport. Mais les mois précédents le départ ont été si denses, que nous n’avons pas consacré beaucoup de temps à notre préparation physique. Par expérience, nous savions, qu’une fois passés les premiers jours à vélo, tout serait ensuite plus facile.

L’épreuve de la selle, pour les postérieurs, demande quelques heures d’acclimatation, de même pour certains muscles.

Nous entamons notre parcours par trois étapes, au profil assez plat, entre Luzech et Toulouse. Après quelques bosses, nous rejoignons le canal latéral à la Garonne qui nous mènera au cœur de la ville rose. Nous sommes une quinzaine à partager, en peloton, ce petit coin de France bordé de platanes, accompagnés de péniches.

Une fois terminée la délicate opération de démontage et d’empaquetage des vélos, nous prenons un vol pour Santiago du Chili via Madrid.

Arrivés à l’aube au sein de l’aéroport de la capitale Chilienne, nous décidons de remonter nos vélos, sur place, entourés de nombreux chauffeurs de taxi, curieux et intrigués par nos drôles de montures.

Nous sommes persuadés que le voyage à vélo, même dans des régions quelque peu montagneuses, est accessible au plus grand nombre. Si l’on écoute son corps et que l’on accepte d’aller lentement, même très lentement parfois, il est possible de gravir des cols qui pouvaient paraître inaccessibles. Nous avons croisé plusieurs cyclo-voyageurs, dont des familles n’ayant aucune expérience de grands voyages à vélo, qui « se sont essayées » dans les Andes, avec succès. Suivant la forme physique et le poids transporté, c’est loin d’être de tout repos… mais c’est faisable !

Nous avons passé régulièrement du temps sur l’application GPS pour étudier, au jour le jour, le parcours et les variantes possibles, afin d’éviter d’emprunter des routes très fréquentées ou de forts pourcentages. Nous savions, qu’avec notre chargement, dès que la pente dépassait 8 à 10%, nous allions avoir du mal à rester sur nos vélos. Lors de forts pourcentages, il nous est arrivé de pousser nos montures, voire parfois de pousser ensemble un vélo, pour redescendre ensuite chercher le second.

Ce départ de Santiago nous met rapidement en condition : une première montée jusqu’à Los Andes, puis une seconde qui nous mène au pied des « Caracoles », ces 29 virages qui montent dans une pente soutenue et régulière, pour offrir un point de vue impressionnant sur la vallée et sur les courbes avalées et digérées.

En phase de rodage musculaire, ces montées s’enchaînent, à très faible vitesse, avec de nombreuses pauses. Elles nous semblent moins difficiles que prévues, mais ce sont les conditions climatiques qui viendront progressivement calmer notre ardeur. Plus nous montons, plus le temps devient incertain. Au niveau de la douane Chilienne, nous nous abritons dans un local poubelle afin de nous protéger du vent glacial et d’avaler quelques bols de soupe chaude. Les enfants, sur leurs sièges avant, sont particulièrement exposés au froid.

Une nouvelle dégradation est annoncée pour les prochains jours. Nous ne voulons pas rester coincés à la frontière, à quelques kilomètres du tunnel qui permet de descendre vers l’Argentine.  

Les pourcentages deviennent importants. Nous savons que nous en avons encore pour une grosse heure de montée mais nous sommes portés par l’excitation de ces premiers jours et ce sentiment indescriptible de liberté.

Nous arrivons à rejoindre le fameux tunnel situé à 3 175 m. Il est interdit au vélo mais des pick-up de fonctionnaires locaux sont spécialement aménagés pour transporter les nombreux cyclo voyageurs qui passent par ce col mythique.

Les douaniers nous proposent de nous arrêter et de dormir dans leur bâtiment, mais nous voulons commencer à redescendre du côté argentin jusqu’à Puente del Inca. Notre choix s’avérera judicieux puisque, dès le lendemain, le col sera fermé et ce pour plusieurs jours en raison de fortes chutes de neige.

Dès ces premières séquences difficiles, nous sommes en admiration devant la réaction des enfants. Ils endurent cette épreuve. Ils ressentent le froid mais n’expriment jamais d’inquiétude, ni même de propos négatifs.

Pas de doute, nous sommes sortis de notre « confort ».  Leur capacité d’adaptation est impressionnante. Dès les premières semaines, ils manifestent le plaisir que nous soyons tous ensemble. 

En ce qui me concerne, je redoutais qu’après une activité professionnelle intense comme celle que j’avais eu la chance de vivre ces dernières années et davantage encore ces derniers mois, je subisse un contre-coup, une grande fatigue et/ou une certaine résistance au « lâcher-prise ». Il n’en est rien. Je me surprends moi-même, me confortant ainsi dans l’idée que partir, sans engagement de retour, était sans doute le meilleur choix.

Dès les premiers jours à l’autre bout du globe, nous nous sentons libres ! Nous concentrons notre énergie sur ce qui nous semble vital : chercher de l’eau, de la nourriture et un lieu pour passer la nuit. Tout le reste est accessoire. Nous vivons au jour le jour, sans planification, sans autre programme que celui de profiter d’être ensemble dans un cadre de vie des plus dépaysants. Un luxe incroyable !

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5, Oui nous avons de la chance…

« Vivre ses rêves pour ne pas rêver sa vie », voici ce que nous avons toujours essayé de faire, grâce notamment, à la conscience que notre vie sur terre est des plus fragiles et que nous ne sommes que de passage.

Si nous avons souvent perçu dans les yeux et les mots de nos interlocuteurs, de l’envie, voire parfois de l’admiration, nous nous sommes forcément exposés à beaucoup d’incompréhensions.

Preuve, s’il en était besoin, que notre société contemporaine est fondée, en grande partie, sur les besoins matériels et sur l’argent. On nous a plus souvent interrogés sur la manière dont nous financions un tel voyage que sur les objectifs de ce dernier. 

Tout au long du voyage, nous échangerons souvent avec nos enfants. Nous nous rappellerons régulièrement la chance que nous avons d’être nés en France et d’avoir un passeport français qui nous offre l’immense privilège de parcourir le Monde. Nombre d’habitants de la planète n’auront jamais cette opportunité en raison des conditions géopolitiques du pays (voyager avec un passeport iranien, syrien ou vénézuélien ne permet pas d’ouvrir les mêmes portes) et/ou du fait qu’ils résident dans un pays qui n’a pas la puissance économique de l’Europe.

L’Euro est souvent décrié mais ,force est de constater, que sa valeur permet de voyager dans des conditions privilégiées. Manger pour 1 €, trouver un hébergement à moins de 5 € a été possible dans plusieurs pays traversés. 

Nous savons la chance que nous avons eue de pouvoir financer un tel rêve, sans minimiser les efforts et les sacrifices associés.

Projeter un tel voyage engage un budget important. Nous avons fait des choix et établi des priorités.

Pendant plus de 10 ans, nous avons économisé de l’argent et des congés dans le cadre d’un compte épargne temps. Nous avons aussi vendu véhicule et électroménager pour financer une partie du voyage. 

Tout au long de notre périple, nous avons rencontré des familles qui avaient vendu leur maison ou leur entreprise pour s’offrir une parenthèse inoubliable. D’autres ont juste vendu leur voiture et font des petits boulots tout au long du parcours pour continuer l’aventure. 

En ce qui nous concerne et afin d’assumer pleinement notre choix, nous avons pris des dispositions pour ne percevoir ni les allocations familiales, ni les allocations chômage. Nous sommes donc partis sans aucun subside public tout en continuant à payer nos impôts en France.

Notre décision de quitter nos emplois respectifs a également porté à discussion. Notre société qui donne une position centrale à la fonction professionnelle s’ouvre depuis peu à l’intérêt de parenthèses personnelles qui permettent d’acquérir d’autres expériences et de bénéficier ainsi d’une oxygénation profitable, au retour, au dynamisme professionnel. Très souvent nous avons entendu des personnes dire « Avec mon métier je ne pourrais jamais… ». Effectivement, mieux vaut ne pas être carriériste, mais la vie réserve parfois de belles surprises. Ne dit-on pas que la chance sourit souvent aux audacieux ? S’affranchir pendant un an de toute obligation professionnelle était, pour nous, l’assurance d’une liberté d’esprit pour profiter de l’instant présent. Avec l’allongement à venir de l’âge de départ à la retraite nous travaillerons sans doute jusqu’à 70 ans. Alors autant profiter de la vie tant que nous avons une bonne forme physique. Nous ne voulions pas nous retourner, un jour, en constatant que nous n’avions pas vu grandir nos enfants parce que nous avions consacré la plus grande partie de notre temps et de notre énergie à notre vie professionnelle. La recherche d’un parfait équilibre est parfois délicate à trouver.

Le voyage itinérant à vélo permet aussi de travailler la confiance en soi, si souvent nécessaire dans notre société. Partir le matin sans avoir de point de chute, se dire que l’on s’arrêtera lorsque l’on en aura envie et constater qu’à chaque fois on trouve une solution (certes plus ou moins confortable…) permet de gagner chaque jour un peu de confiance en soi supplémentaire.

Nous savons que nous nous n’avons pas besoin de beaucoup de biens matériels pour vivre heureux et que nous sommes capables de nous adapter à nombre de métiers en passant et repassant, si nécessaire, par la case formation. Alors, au moment de partir, la peur de l’après ne nous effleure pas.

La question des enfants a souvent été au cœur des préoccupations et des incompréhensions de notre environnement. Nous avons parfois entendu que nous étions inconscients de partir avec de si jeunes enfants, parfois même que nous étions égoïstes et que nous faisions passer nos rêves avant l’intérêt de nos enfants. Pourtant, si nous avons choisi de partir ainsi, c’est notamment pour eux. Nous avions envie de leur offrir ce que nous avons de précieux : notre temps. Nous voulions qu’ils acquièrent quelques notions de ce que nous offre l’école de la vie. Sortir de sa zone de confort, constater la beauté et la fragilité de notre planète, la bonté de la nature humaine et parfois, ses travers, figuraient au programme de cette année peu ordinaire.

Voyager avec des enfants impose une logistique et quelques précautions bien plus importantes qu’en voyageant seul ou en couple. Si leur capacité d’adaptation est impressionnante, souvent plus importante que celle des adultes, leur niveau d’autonomie est encore à parfaire. Leur insouciance est une force mais également une fragilité. 

Voyager avec des enfants c’est également (re)découvrir le Monde à travers leur regard. A cet âge-là, tout les étonne, tout leur semble magique, tout est prétexte à la discussion.

Durant cette année, nos enfants nous ont invités à nous arrêter pour contempler un détail de la nature ou à nous interroger sur le fonctionnement de certains systèmes de pensée. Ils nous ont appris à nous émerveiller sans cesse et à prendre chaque journée comme elle se présentait. Ils ont été de formidables enseignants.

Au fur et à mesure des kilomètres nous les avons vus grandir et nous avons, sans doute, grandi avec eux.

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4. Bientôt le départ !

Les derniers préparatifs sont menés tambour battant et notre état oscille entre excitation et vertige.

Tout nous rapproche du premier jour à vélo : les « au revoir » qui se succèdent, les dernières informations à transmettre au successeur de Boissor et la préparation d’une fête programmée l’avant-veille du départ. Nous recevons beaucoup d’énergie positive lors de ces derniers jours. Certains de nos proches nous avouent les craintes qu’ils ont, mais nous savons que tous seront derrière nous pour l’aventure qui s’annonce.

La Dépêche du Midi vient nous interviewer à quelques jours du départ. Un bel article annonçant les grandes lignes de notre voyage paraît en format papier et sur la version numérique du quotidien régional. Cette dernière donne lieu à quelques commentaires qui ne manquent pas de nous surprendre, de nous interroger et de nous faire prendre conscience que notre voyage est sujet à bien des controverses. Alors que certains internautes nous adressent leurs encouragements ou nous indiquent que nous allons réaliser leurs rêves, d’autres nous traitent d’inconscients, de parents indignes voire même… de « bobos du Lot » ou de « blaireaux » ! Bien entendu, tous ces commentaires se font sous couvert de l’anonymat que confèrent les pseudonymes et les avatars.

Si la violence de certains propos nous heurte, nous comprenons que ce à quoi nous aspirons, puisse paraître, pour certains, dangereux ou farfelu. Nous essayons, dans un premier temps, de profiter de ces critiques parfois « maladroites » pour apporter des précisions que nous signons de notre nom ! Mais nous nous apercevons bien vite que nous n’arriverons pas à échanger dans le respect mutuel avec certains internautes qui semblent critiques contre tout ce qui les entoure.

Nous garderons tout de même en mémoire ces remarques qui donnent lieu à des joutes écrites, chaque fois qu’un article paraîtra sur notre aventure durant le voyage.  

Ces « détracteurs » nous auront même doublement aidés : pendant le voyage lorsque, confrontés à quelques difficultés, nous rechercherons des solutions, portés par le secret désir de ne pas leur donner raison et lors de l’écriture de cet ouvrage afin d’ouvrir, une fois de plus, le dialogue et inviter à une réflexion respectueuse.

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3. La préparation

Le temps qui précède la mise en œuvre pratique du projet fait partie intégrante du voyage. Il ouvre un espace de rêves, quand nous passons du temps sur les cartes et sur les blogs. Il impose de la méthodologie, car il y en a des choses à faire avant de se mettre en route !

L’itinéraire aura été travaillé tout au long de ces deux années. Ce voyage était l’occasion d’accomplir certains de nos rêves d’enfants. Valérie souhaitait pouvoir, un jour, nager avec des tortues, lorsque je m’imaginais traverser le Salar d’Uyuni, le plus grand désert de sel du monde. Lalie et Esteban eux, voulaient voir le Machu Pichu et des animaux alors que Naïa semblait en accord avec tous les rêves de ses aînés.

L’Amérique du sud s’imposait donc pour le Salar et le Macchu Pichu. Restait à construire le reste et à faire des choix : 

– Traverser les Amériques du Nord au Sud ? Passionnant mais trop long, avec de longues périodes au Canada et aux Etats-Unis onéreuses.

– Un grand tour en Europe avant de partir pour une boucle en Amérique du Sud ? Intéressant, car permettant de limiter les transports aériens, mais nous avions envie d’exotisme et d’un dépaysement rapide. 

– Faire un grand tour en Amérique du Sud ? La météo n’est pas toujours des plus favorables.

Nous passerons alors de longues heures à étudier les climats du Monde, cherchant à limiter au maximum les risques de pluie. Voyager en itinérance, à vélo, n’est pas toujours de tout confort. Pour l’avoir testé, voyager lorsqu’il n’arrête pas de pleuvoir pendant plusieurs jours est source de démotivation profonde.

Les premiers mois (d’été en Europe et donc d’hiver en Amérique du sud) nous offraient un temps froid mais sec sur l’altiplano. Nous pointons donc deux lieux sur la carte : 

Santiago du Chili d’une part, lieu de nos retrouvailles avec Valérie en 2002, et Lima au Pérou.

Nous calculons le nombre de kilomètres à effectuer selon les variantes en tenant compte des dénivelés et de notre capacité à enchaîner de longues étapes. Nous estimons alors à 5 mois la durée de cette première partie.

Une zone nous attire également car peu de cyclovoyageurs l’ont encore explorée : l’Amérique centrale. Longtemps considérée comme dangereuse, elle semble s’être ouverte au tourisme et offrir plus de sécurité. Si le Costa-Rica a la côte depuis plusieurs années, tous les « petits » pays proches éveillent notre curiosité.

Pour des raisons climatiques nous projetons de descendre vers le Sud au lieu de poursuivre notre remontée vers le Nord et pointons alors deux zones à relier : la péninsule du Yucatan au Mexique et le cœur du Costa-Rica.

Nous pouvons ainsi arriver à San José, la capitale Costaricaine, juste avant la saison des pluies. Cela tombe bien, il fait encore très beau en Asie du Sud-Est. Cette zone que nous avions adorée en 2013 nous semble un terrain de jeux parfait pour les derniers mois de notre aventure en famille. Mais là encore, il faut faire des choix. Le Myannar (ex Birmanie) qui a récemment ouvert ses frontières et le Vietnam semblent intéressants. Nous choisissons finalement de centrer notre parcours sur trois pays afin de les visiter en profondeur : la Thaïlande, le Laos et le Cambodge qui nous offrira l’occasion de découvrir l’une des plus belles réalisations humaines : les temples d’Angkor.

Trois zones, trois voyages dans une même aventure : le rêve de ce grand partage en famille prend forme. Nous ajoutons un départ à vélo, en 3 jours, jusqu’à l’aéroport de Toulouse puis un dernier mois de remontée entre Madrid et Luzech afin de favoriser un retour en douceur.

Le choix de l’itinéraire, grossièrement tracé, est important car il déterminera ensuite nombre d’éléments tant administratifs que sanitaires.

A de très nombreuses reprises nous avons pris conscience de la chance que nous avons eue de naître en France et de disposer d’un passeport Français. Grâce à ce dernier et aux conventions existantes, nous pouvons voyager dans une grande partie des pays du Monde sans même solliciter un Visa (sous réserve de rester moins de 90 jours dans le pays, ce qui fût à chaque fois notre cas). Sur tout le voyage (14 pays traversés), nous avons dû passer par la case Visa uniquement pour deux pays : le Laos et le Cambodge et ce sont des formalités que nous avons effectuées aux frontières.

L’anticipation de l’itinéraire nous a également permis de gérer la question des vaccins avec sérénité. Nous avons, pour cela, compté sur les conseils et l’accompagnement humain du Docteur Thierry Lecine et de l’équipe du centre de vaccinations de Cahors. Après avoir méticuleusement étudié notre parcours, ils ont longuement échangé avec nous afin, qu’en toute connaissance de cause, nous puissions faire les choix qui nous semblaient les plus appropriés. Sans jamais nous pousser à la vaccination, ils nous ont apporté des conseils éclairés. Nous avons alors convenu d’un calendrier de vaccinations pour les risques les plus importants. Pas moins de 8 injections ont été planifiées au cours des 8 mois précédents le départ (Hépatite A, Méningite ACYW135, Encéphalite japonaise, Rage x3, Fièvre jaune) pour les enfants, un peu moins pour les parents. Le Docteur Lecine a également pris le temps pour nous donner des conseils sur les premiers gestes face aux symptômes observés, notamment en ce qui concerne le mal de l’altitude et le risque paludique. Son soutien professionnel et amical a été précieux tout au long de notre Aventure. Le savoir, joignable à tout moment, nous a permis de pénétrer certaines zones géographiques sans la moindre appréhension.

Si nous connaissions le mode de locomotion que nous voulions utiliser, nous n’avons confirmé le choix des modèles de vélos qu’au cours de la dernière année. Voyager à vélo est une source incroyable de liberté. Il peut également se transformer rapidement en calvaire si l’effort à répétition sollicité n’est plus un plaisir mais une obligation. 

Les enfants nous apparaissaient encore trop jeunes pour affronter seuls, sur leurs vélos, les dénivelés et les conditions imprévisibles. Lors de précédents voyages nous avions opté pour le système « follow-me » qui permet grâce à un savant support de relier l’axe de la roue arrière d’un vélo adulte à la roue d’un vélo enfant. Cet ingénieux système offre la possibilité à l’enfant de rouler seul ou tiré par un adulte.

Mais un modèle de vélo nous attirait depuis plusieurs années : le tandem Pino de la marque allemande HaseBikes. Contrairement aux tandems classiques, il offre au pilote et à son co-pilote une vue simultanée sur ce qui se passe devant et autour de la route. Le co-pilote bénéficie, de surcroît, d’un siège et non d’une selle, ce qui lui assure confort et aisance pour faire des photos, lire… tout en continuant à pédaler ! Enfin, les têtes des deux cyclistes sont très proches, ce qui permet d’échanger aisément sans avoir à se retourner ou à parler fort comme sur un tandem classique ou avec le système de follow-me.

Le tandem Pino présente malgré tout quelques inconvénients, dont un non négligeable : le prix ! Innovant, solide et doté de systèmes forts bien pensés, cette monture, qui n’est pas encore produite à très grande échelle, reste très chère. Les vélos d’occasion sont donc extrêmement rares. Par chance, nous trouvons une annonce pour un tandem Pino sur Toulouse. Nous appelons dès la diffusion de l’annonce et allons le voir le lendemain. Le vendeur nous laisse 24h00 pour nous décider car les acheteurs potentiels n’arrêtent pas de l’appeler pendant que nous sommes avec lui. Il avait prévu de partir faire un grand voyage avec l’un de ses meilleurs amis sur ce modèle qui a déjà fait deux tours d’Europe, mais son ami est tombé amoureux il y a quelques semaines… Le projet duo s’est transformé en projet solo ! Nous bénissons alors cette petite amie providentielle et craquons pour ce vélo équipé, de plus, d’un système Rohloff qu’affectionne tout particulièrement Valérie.

Reste alors à le tester afin de savoir si c’est lui qui nous accompagnera sur les routes du Monde et si nous cherchons, par là-même, à nous équiper d’un second modèle.

Son poids (plus de 30 kg !) et l’obligation de son démontage en deux parties pour prendre l’avion nous fait encore hésiter… La première semaine d’essai entre Luzech et Lacanau effacera les derniers doutes, tant nous prenons du plaisir à partager ces moments d’évasion avec les enfants. Nous décidons alors de vendre une voiture pour nous acheter un second Pino et tester notre nouvel équipage en juillet 2017, près d’un an avant le grand départ. Pour allier l’utile à l’agréable, nous choisissons un parcours montagneux qui nous mènera de Luzech, près de Cahors, à Apprieu, situé à une trentaine de kilomètres de Grenoble : 600 km et 15 jours en conditions réelles avec nos deux tandems et une carriole qui ont valeur de test « grandeur nature », ce terme étant tout à fait approprié à ce que nous vivrons.

Nos sacoches ne sont pas encore pleines mais nous sentons qu’il nous sera difficile de monter certains cols, lorsque la pente se fera plus raide. En revanche, le fait de ne pas avoir peur que nos enfants fassent des écarts sur leurs vélos et la perspective que nous puissions discuter avec eux à longueur de journée nous enthousiasment grandement. Nous savons que désormais cela ne fait plus de doute : nous partirons en Pino !

Nous serons grandement aidés par Igor, entrepreneur Nantais, qui est l’un des seuls revendeurs de ces modèles dans l’hexagone et sans aucun doute le plus passionné. Cyclovoyageur lui-même et ingénieur de formation, il répondra à toutes nos questions avec beaucoup de réactivité et de patience. Il n’hésitera pas, tout au long du voyage, à nous adresser de petites vidéos de démonstration en ce qui concerne des points de réparation ou à nous faire parvenir des pièces de rechange… à l’autre bout du Monde. Nous voilà encore bien entourés !

Le premier poste budgétaire, juste avant celui des vélos, est celui des vols aériens : 5 vols pour 5 personnes (Naïa qui aura 2 ans et 3 mois, lors du premier vol, doit désormais payer son billet), ça chiffre vite ! Nous payons le prix de l’exotisme et de la découverte de certaines contrées lointaines. Mais nous savons qu’il s’agit, certainement, de l’unique occasion que nous aurons de les découvrir ensemble. Alors nous sommes prêts à ce lourd investissement. Nous cherchons par nous-mêmes, sollicitons les agences locales puis nous retournons vers les compagnies spécialisées dans, ce que l’on appelle, les billets « tour du monde ». Ces billets permettent d’obtenir des réductions lorsqu’ils sont réalisés par les compagnies membres d’une même entente aérienne et, élément important pour nous, de doubler le volume de bagages autorisé soit 2×23 kg par personne.

Nous présentons notre projet à plusieurs de ces compagnies spécialisées et pendant de nombreuses semaines transmettons les offres, des unes aux autres, afin de faire baisser au maximum les enchères. Le contact téléphonique et écrit avec une conseillère de l’une de ces agences est des plus agréables. Nous décidons de lui faire confiance au moment de procéder au paiement de ce qui représente pratiquement 40% du budget total du voyage. Cet achat, bien que mûrement réfléchi, sera suivi d’un petit regret car la sympathique conseillère quittera ses fonctions quelque temps après notre départ et il nous sera alors difficile de prouver des éléments convenus seulement par voie orale. Notre amateurisme et notre confiance n’avaient pas pensé nécessaire de confirmer ces éléments, par écrit. Il s’agit notamment de l’engagement de la compagnie à ce que nous ne payons aucun surcoût pour les cartons de vélos qui sont considérés par la plupart des compagnies aériennes comme des bagages spéciaux. Nous arriverons, au final, à nous en sortir sans trop de mal. Mais tout au long du voyage, cela nous causera quelques sueurs froides et des appels téléphoniques de l’autre bout du monde dont nous nous serions bien passés.

5 mois avant le départ, Valérie termine son contrat de travail et se consacre, en grande partie, à la logistique du voyage. Ce fut précieux, car les derniers mois vont marquer une accélération des démarches.

Le choix et la recherche de vêtements et de matériels adaptés, au meilleur prix, constituera un challenge quotidien pendant toute cette période. Allier, légèreté, compacité et technicité à un prix abordable relève de l’exploit. Nous rencontrons bon nombre de voyageurs lors de festivals de voyages à vélo (dont celui organisé par l’Association « La roue Tourne » à Roques sur Garonne), lisons quantité de blogs et allons arpenter les allées des magasins spécialisés. Ne prendre que le nécessaire, tout en s’assurant un minimum de confort, sera notre leitmotiv tout au long de ces longues recherches dont certains aspects nous obligeront à réfléchir jusqu’au dernier moment.

Pendant que je termine, au sprint, tous les projets professionnels que je m’étais engagé à mener, Valérie prépare une grande partie du déménagement. Nous donnons tout ce que nous pouvons donner, meubles, vêtements, jouets… Là encore nous sommes bien entourés. Ne sachant pas encore, où nous poserons nos valises ou plus exactement nos sacoches au retour, nous cherchons un endroit où stocker les quelques meubles et les nombreux cartons qu’il nous reste. Benoît, un ami qui vient d’acheter une maison pour la mettre en location meublée, récupère le mobilier le plus encombrant. Gérard, notre « Papy d’ici », nous propose l’une de ses caves pour stocker le reste. C’est aussi chez lui, dans l’un des gîtes qu’il met généreusement à disposition de ses amis, qu’il nous accueille au cours du dernier mois afin que nous puissions laisser l’appartement de fonction à disposition du nouveau directeur.

Grâce au travail de fourmi mené en amont par Valérie et par de nombreuses personnes venues nous aider, nous procédons au transfert et au stockage en à peine quelques heures. Au moment où nous refermons définitivement la porte de notre ancien appartement, nous savons que nous venons de franchir une étape importante de la préparation de notre belle aventure.

Les derniers mois sont également ceux des tracasseries administratives. Les assurances, les impôts, la résiliation des abonnements… tout un « programme de réjouissances » qui s’apparente parfois à un parcours du combattant.

Enfin, tout au long de cette période, nous avons également la chance de pouvoir compter sur le soutien des enseignantes de l’école primaire du village. Nous connaissons bien la directrice, amie avec laquelle nous avons partagé quelques émotions marathoniennes. Avec ses collègues, elle mettra tout en œuvre afin que nous puissions partir dans les meilleures conditions possibles. Nous aurons ainsi la liste des compétences à acquérir par niveau, des conseils théoriques et pratiques mais également accès à des manuels scolaires au format numérique.

Notre « to do list » se réduit de jour en jour.

Merci à Eve et Philou pour la vidéo !

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2. La Genèse

Ce grand voyage était inscrit dans nos têtes et dans nos cœurs depuis bien longtemps.

Avec Valérie, nous nous sommes pratiquement connus sur un vélo. C’est dire si ce moyen de locomotion est un fil rouge de notre construction familiale.

En juin 2001, quelques jours avant que je ne parte avec mes deux frères de cœur, Jojo et Fifou, pour un tour du monde à vélo des associations de lutte contre la Sclérose En Plaques (maladie neurologique), nous ne résistons pas à un doux baiser, point de départ d’une relation fructueuse.

Pendant cette « Odyssée de l’Espoir » Valérie (Valette pour les intimes…) viendra nous rejoindre à plusieurs reprises pour pédaler avec nous : 

– en Turquie où nous franchirons, à Istanbul, le pont séparant l’Europe de l’Asie, main dans la main à l’occasion d’un premier « Je t’aime » 

– au Chili et en Argentine pour le passage de la Cordillère des Andes où elle grimpe avec une étonnante facilité, elle qui n’a jamais fait de vélo

-et enfin, de Madrid jusqu’à La Barben (à côté de Salon de Provence), lieu d’arrivée de cette épopée solidaire en août 2002.

Sa fraîcheur, son enthousiasme à toute épreuve et son courage m’avaient conquis.

Quelques mois après le retour, nous nous installons ensemble sur les bords de la Garonne, à Toulouse. Elle commençait un nouveau cycle d’études en Communication après une première année en Langues étrangères appliquées, tandis que j’avais eu la chance d’être recruté en tant que responsable du siège social de l’Association Française des Sclérosés En Plaques.

Nous habitons un minuscule et bruyant deux pièces dans la proche périphérie toulousaine mais nous savourons le bonheur de construire, mois après mois, cette nouvelle vie.

Nos vacances se font alors, la plupart du temps, à vélo ! L’été 2004, nous décidons de rallier Saint Jacques de Compostelle, depuis Toulouse, sur nos fidèles montures. Après quinze jours d’itinérance, en arrivant sur les marches de la cathédrale de Saint Jacques, je tente une demande romantique, celle du mariage. La réponse est positive et nous entraîne vers des fiançailles en 2005 suivies d’inoubliables noces en 2006.

En 2007, souhaitant poursuivre ma carrière au plus près des personnes en situation de handicap, je postule à une offre d’emploi de Directeur d’établissement dans le Lot. Ma jeunesse et ma relative inexpérience à ce poste ne correspondent pas forcément au profil recherché mais, par un très heureux concours de circonstances … ma candidature est retenue !

Le Domaine de Boissor, superbe complexe médico-social situé à Luzech près de Cahors, deviendra alors un lieu d’épanouissement professionnel et familial. Bénéficiant d’un logement de fonction, nous y résiderons pendant 11 ans. 

En 2008, notre couple se transforme en famille, avec l’arrivée de notre merveilleuse Lalie. Nous n’abandonnons pas pour autant nos virées itinérantes à vélo. Très vite nous repartons avec une petite carriole dès que quelques jours de vacances se profilent à l’horizon. 

La carriole a deux places, cela tombe bien puisqu’en 2010 elle accueillera également notre petit Esteban qui vivra, pendant quelques années, de grands moments de complicité avec sa grande sœur dans cette petite cabane sur roues.

La Suisse, les Pays-Bas, les Alpes, la Pologne, la Bretagne seront alors nos terrains de jeux et de découvertes. En 2013, nous partons pour une première virée hors de l’Europe. Pendant deux mois et demi nous parcourons, à vélo, quelques belles routes de Nouvelle-Zélande et de Thaïlande. 

En 2001, lors de mon premier grand voyage, j’étais tombé en extase devant les paysages néo-zélandais. Je m’étais promis que, si un jour j’avais une famille, je l’amènerai contempler cette superbe contrée. Bien que les pentes volcaniques des deux grandes îles qui composent le pays ne soient pas des plus reposantes, cette virée en Océanie couplée à l’accueil que nous réservera la Thaïlande – véritable pays du sourire – feront de cette première grande expérience de voyage en famille, une incitation à poursuivre notre chemin.

Nous gardons en tête l’idée qu’un jour nous partirons pour un grand voyage mais le quotidien nous rattrape vite. Nous nous investissons tous les deux professionnellement. Les semaines, les mois et les années passent vite. Lorsque le mois d’août arrive, nous repartons sur les routes des régions françaises ou européennes et reportons sans cesse la planification de « notre grand voyage ».

En février 2016, une nouvelle petite merveille, Naïa, vient compléter notre belle tribu. Cette vie de famille avec trois enfants en bas âge est prenante mais tellement enrichissante.

En mai 2016, Alain, le Papa de Valérie, guide de montagne et gardien de refuge, décède subitement d’une crise cardiaque sur un chemin de randonnée. Le choc est rude. Cette disparition brutale, outre la douleur de l’absence et le sentiment de ne pas avoir profité assez de lui, nous renvoie à notre condition d’être fragile et d’une vie qui peut s’arrêter à tout instant.

Ce drame aura valeur de déclic. Nous savons que si nous attendons les conditions optimales pour passer du rêve au projet… nous ne partirons jamais. Nos enfants sont encore bien jeunes. Il va falloir puiser sur l’ensemble de nos économies pour passer à l’action mais nous voulons désormais vivre notre rêve au lieu de rêver notre vie.

Un choix professionnel et familial est également à faire en ce qui me concerne. Dois-je solliciter une année sabbatique ou démissionner ? Mon métier est passionnant. J’ai la chance de travailler avec des équipes, dont celle des cadres, sur lesquelles je sais pouvoir m’appuyer. Mais je me connais et je mesure les écueils si je prévois de revenir. D’une part, je ne pourrai pas m’empêcher de continuer à m’intéresser activement à la vie de la structure durant le voyage (les outils numériques actuels ne facilitent pas la déconnexion…). D’autre part, je culpabiliserai vite d’être à vélo, en famille, lorsque l’équipe sera au travail, confrontée à des situations parfois délicates. La structure est dynamique et de nombreux projets sont lancés. Je ne veux pas que mon absence freine cette évolution.

Ce qui sera certainement le choix le plus douloureux à faire est décidé. Je vais démissionner.

Michel Lafage et Jean-Louis Bonnet, les deux Présidents avec lesquels j’ai eu le plaisir de travailler pendant ces onze années professionnelles, regrettent mon choix. Ils m’entourent cependant de l’extraordinaire bienveillance qui les caractérise. Soutenus par un Conseil d’administration profondément humain, nous nous mettons alors à la recherche d’un successeur.

Mon choix professionnel est risqué – puisque je déclinerai la possibilité de solliciter une rupture conventionnelle et donc celle de percevoir des allocations chômage à mon retour – et mobilisateur car entraînant une libération de l’appartement de fonction et donc un déménagement. Cette charge lourde viendra compléter la longue liste des éléments à préparer avant le départ. Heureusement, Valérie est là, toujours aussi motivée et courageuse. Elle assure beaucoup de choses, accompagnée tout au long de cette préparation par nombre de soutiens énergiques qui nous apporteront une aide précieuse.

Il nous aura fallu près de deux ans de préparation ponctuée de cogitations, de plans, faits, défaits et refaits pour affiner le projet.

Le plus difficile était de prendre la décision de sa mise en œuvre et de lui donner une date, point de départ d’un compte à rebours. Cette fameuse date, nous l’avons choisie après mûres réflexions. Ce sera le 1er Mai 2018.

Depuis plus d’une quinzaine d’années nous avons reçu, chez nous, un grand nombre de cyclovoyageurs dans le cadre du réseau solidaire « warmshower ». Le plus souvent il s’agissait de personnes voyageant seules ou en couples. La taille de notre appartement de fonction nous avait aussi permis de recevoir des familles dont certaines avaient déjà réalisé de grands voyages. Les échanges ont toujours été passionnants. Au fil des discussions, il est apparu de plus en plus évident qu’un départ lors des vacances de Pâques offrait nombre d’avantages.

La logique aurait peut-être voulu que nous terminions l’année scolaire. Mais le retour en plein été s’annonçait alors complexe. Il aurait fallu gérer, à distance, l’inscription des enfants dans un éventuel nouvel établissement scolaire (et notamment pour Lalie, l’entrée en 6ème), sans savoir dans quelle région nos projets professionnels nous mèneraient. 

Le départ, quelques semaines avant la fin de l’année scolaire, nous apparaissait le plus souple pour les enfants et leur scolarité. En effet, à leur âge, les copains et les copines, cela compte beaucoup. Savoir qu’en revenant ils les retrouveraient pour terminer ensemble l’année scolaire, faciliterait leur retour. Du point de vue de leur niveau scolaire, ils pourraient également « valider » les apprentissages acquis tout au long de notre voyage.

Professionnellement cela me laissait aussi la possibilité de présenter, fin avril, les comptes administratifs au Conseil d’administration et donc de faciliter la prise de fonction de mon successeur.

Nous avons finalement décidé de partir le dimanche 29 avril 2018. Cela permettant aux personnes bénéficiant du pont du 1er mai de venir rouler avec nous lors des premières étapes… et de partager ainsi quelques journées d’aventure !

Merci à Jean-Pierre pour cette belle vidéo !
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Introduction

1.          « L’Aventure extraordinaire d’une famille ordinaire »  est l’expression qui nous est venue très spontanément, au retour en France, pour résumer  notre périple.

  Un voyage d’un an, en famille, à vélo… sur le chemin du Monde !

11 451 km en Europe, en Amérique Latine et en Asie, où nous avons été témoins de l’extrême diversité des climats, des paysages, des cultures et des modes de vie. Les rencontres quotidiennes, généreuses et souriantes ont constitué l’essence même de notre voyage.

Chaque jour, pendant plus d’un an, nous avons partagé, sur le blog, avec des lecteurs de plus en plus nombreux, le quotidien de notre famille. Ces écrits rédigés le soir « à chaud » étaient illustrés de très nombreuses photos et vidéos . Nous les complétions sur un cahier par quelques notes et réflexions personnelles non publiées.

  L’idée d’en garder une trace écrite, dans un livre, est née des nombreuses sollicitations reçues en ce sens.

Nous avons réfléchi à cette « idée », et nous sommes mis à l’ouvrage, ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, nous sommes conscients de l’extraordinaire chance que nous avons eue de vivre une année si riche en rencontres et en émotions. Cette chance il a fallu parfois la provoquer, voire même la mettre en balance avec une certaine prise de risques. Jamais nous ne regretterons notre choix de nous être engagés dans un tel projet.

 Si ce livre peut offrir à certains, le déclic final pour s’élancer dans l’aventure, alors nous en serons très heureux.

D’un point de vue plus personnel, cet exercice scriptural nous a semblé opportun afin de faire la synthèse de toutes les émotions  vécues en tant que voyageurs, parents ou, tout simplement, citoyens. Il permet également de laisser une trace dans laquelle nos enfants se replongeront peut-être un jour, afin de (re)découvrir notre « voyage intérieur ».

Enfin, nous tenions à porter témoignage sur notre planète terre ainsi que sur les femmes et les hommes qui la peuplent. Un témoignage résolument positif complété de quelques inquiétudes tant les écosystèmes naturels et sociétaux nous sont apparus fragiles.

Puissiez-vous donc trouver, dans cet ouvrage, quelques éléments qui viendront conforter ou bousculer vos idées. Nous vous livrons les nôtres dans l’intimité de ces pages.

Les écrits, photos et vidéos sont toujours disponibles sur notre blog www.velovefamily.com. Reprendre ici une chronologie précise du voyage n’apporterait donc pas de véritable intérêt. C’est pourquoi nous avons choisi une pérégrination plus thématique.

(Chaque jour retrouvez également à la fin de l’article une photo et une vidéo inédites)

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Confinement, voyage et partage

Chers Amis,

Qui nous aurait dit, il y a encore quelques semaines, que nous serions aujourd’hui tous confinés et soumis à une période aussi anxiogène qu’inattendue ?

Il y a tout juste un an, nous étions encore en Asie, portés par le doux vent de l’insouciance à la rencontre des formidables populations locales qui ont jalonné notre parcours.

Aujourd’hui, même confinés, nous sommes loin d’être malheureux sous ce beau ciel des Alpes de Haute-Provence, dans des conditions de confort fort appréciables… et appréciées.

Les parents alternent entre télétravail et école à la maison et nous devons reconnaître que l’expérience, acquise l’année dernière, nous est bien utile aujourd’hui car avec 3 bambin pleins de vie, c’est vite sportif.

Il y a quelques mois, nous nous sommes attelés à l’écriture de plusieurs textes qui, peut-être, un jour constitueront les chapitres d’un livre familial. Afin de poursuivre le voyage que nous avons partagé avec vous et que cette période de confinement soit émaillée de temps d’évasion, nous vous proposons la publication, chaque matin, d’un chapitre. 23 chapitres donc 23 jours à l’issue desquels nous serons à votre écoute pour compléter certains éléments ou rajouter des thématiques qui ne sont pas abordées dans les pages déjà rédigées.

Un grand Merci à notre chère Françoise pour son grand soutien dans ce travail de rédaction que nous essaierons d’agrémenter de photos et de vidéos.

Vous pouvez également lire l’ouvrage collaboratif auquel Valérie à contribuer : « Elles étaient une fois celles qui osent » de la maison d’édition Deux Plumes en format numérique sur Amazon (2,99 €) : https://www.amazon.fr/dp/B0863ZD9L5

Rendez-vous donc demain pour partager ensemble quelques réflexions et souvenirs de l’Aventure que nous avons eu la chance de vivre.

En attendant, continuez à prendre soin de vous et de tous ceux que vous aimez.

Chaleureusement,

Naïa, Esteban, Lalie, Valérie et Christophe

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« Elles étaient une fois celles qui osent »

Bonjour à tous !

Le livre de l’aventure de la VeLove Family est bien avancé ! Nous avons transmis un premier tapuscrit à un éventuel éditeur.

En attendant, nous avons le plaisir de vous annoncer la sortie du livre « Elles étaient une fois celles qui osent« , dans lequel j’ai (Valérie) rédigé une contribution.

Le 15 avril dernier : le lendemain de la diffusion de l’émission Zone interdite, dans laquelle notre aventure était relatée, j’ai reçu un message de Clothilde Henry, qui m’écrivait ceci :

« Chère Madame,
Je suis présidente d’une maison d’édition, Deux Plumes, lançant un projet d’écriture qui regroupera une quinzaine de portraits de femmes qui ont osé. Osé quoi me demanderez-vous ? Osé suivre leurs aspirations plutôt que les codes sociaux pour être en phase avec elles-mêmes plutôt qu’avec les « normes imposées ». L’objectif de cet ouvrage est de montrer à toutes les femmes qu’atteindre leurs objectifs est possible, que malgré les idées reçues sur les femmes elles ont la possibilité de mener leur projet de vie selon leur volonté.
Je vous contacte dans le cadre de ce projet pour vous inviter à rédiger votre portrait. Votre philosophie de vie vous a amenée à faire un voyage extraordinaire avec votre époux et vos enfants. L’adage présentant votre site, « Chaque jour est une aventure », illustre pleinement l’expérience que vous vivez actuellement. Un profil tel que le vôtre montre qu’il faut vivre ses rêves plutôt que de rêver sa vie.
Seriez-vous intéressée pour contribuer à la rédaction de cet ouvrage que nous envisageons de publier pour la journée de la femme, en mars 2020 ? ».

Une belle invitation, n’est ce pas ? Nous avons tout de suite beaucoup aimé l’idée, la philosophie de l’ouvrage, totalement en phase avec le message que nous cherchons également à faire passer. Oser suivre ses rêve, c’est parfois oser quitter un chemin agréable pour en emprunter un plus aventureux, plus risqué. Comme l’affirme si justement Thomas d’Ansembourg : « Le bonheur n’est pas nécessairement confortable » !

Au fil des semaines qui se sont écoulées suite au message de Clothilde (à qui j’ai très rapidement confirmé que j’embarquais volontiers dans cette nouvelle aventure), lorsque mon esprit vagabondait et que j’ai finalement pris un papier et un crayon, j’ai souvent pensé aux autres contributrices. Nous avons chacunes de notre côté collaboré au même ouvrage et avions toutes le même fil rouge : inviter, au travers de notre expérience, les lectrices à aller au bout de leurs rêves. J’imagine à quel point la diversité de nos récits illustrera la diversité des vies, des rêves, des parcours, des expériences…

« Footballeuse professionnelle, pilote d’hélicoptère dans l’Armée de Terre française, première femme à obtenir le titre de Meilleur ouvrier de France en cuisine, rescapée de guerre, dirigeante d’entreprise… Découvrez quinze portraits de femmes qui ont osé aller au bout de leur rêve ».

Je me demande parfois encore un peu ce que mon portrait vient faire au milieu de ceux de ces femmes au parcours exceptionnel, mais je suis heureuse d’avoir eu l’opportunité d’y relater, en quelques lignes légères, mon enthousiasme pour l’aventure extraordinaire que nous avons eu la chance de vivre en famille, sur le chemin du monde.

La sortie de l’ouvrage Elles étaient une fois celles qui osent est prévue demain : mardi 11 février 2020.

Si parmi vous certains habitent près de Rouen : vous pouvez rencontrer Clothilde et quelques contributrices à partir de 18 heures à la librairie l’Armitière.

Pour les infos pratiques si vous êtes intéressés : le livre sera diffusé en France dans la semaine suivant le 11 février. Il sera disponible physiquement ou à la commande dans toutes les librairies indépendantes et les magasins culturels ainsi que sur Internet.
(Petite précision : les contributions ont été effectuées à titre gratuit).

La page Facebook de la Maison d’édition (Deux Plumes : spécialisée dans les ouvrages écrits à plusieurs « plumes ») est active et présente déjà en « teasing » quelques portraits de contributrices : https://www.facebook.com/editionsdeuxplumes/

A très bientôt pour de plus amples nouvelles de la VeLove Family !!

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Belle et Douce Année 20/20

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Un bilan audio pour les longues soirées d’hiver

« Le Hasard est le plus grand romancier du Monde » a écrit Honoré de Balzac. Le beau roman que nous avons vécu tout au long de cette année à vélo en famille a, chaque jour, été sublimé par bien des hasards.

Lorsque, après quelques mois de voyage, Raymonde, l’une de nos fidèles lectrices, nous a mis en contact avec Christophe DELRIVE, le hasard de cette rencontre ne pouvait laisser présager une si belle histoire.

Une histoire audio des quatre coins du Monde, que ce magicien des temps modernes a rendu possible grâce à de belles prouesses techniques.

Il a su nous faire parler afin de partager avec vous quelques unes de nos impressions ou anecdotes et apprivoiser les enfants qui, au fil des enregistrements, se sont montrés de plus en plus à l’aise dans cet exercice.

Ce n’est qu’une fois arrivés à Luzech, par une belle soirée de début d’été, que nous nous sommes rencontrés « en chair et en os ». C’était la première fois que nous nous voyions et pourtant nous avions l’impression de déjà bien nous connaître.

En cadeau, il nous offre, il vous offre, un bilan audio de cette année de voyage. Un récit à 5 voix que nous somme heureux de partager avec vous.

Vous pouvez retrouver l’ensemble des enregistrements qu’il a effectué sur son blog : http://voice4ever.eu/fr/podcast-sens-a-la-vie-avec-des-narrations-et-des-histoires-de-vie/

A bientôt pour de nouvelles Aventures !

Lors de notre rencontre estivale avec Christophe Delrive, sa compagne, Marie, et ses neveux
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Un temps de rentrée

Voici enfin quelques nouvelles en direct de « la Haute-Provence ».

Septembre : un mois de rentrée et de nouveautés. Une phase de réadaptation également à une vie rythmée en grande partie par l’école et le travail.

Nous n’avions pas beaucoup d’appréhension sur la capacité des enfants à s’adapter à un nouvel environnement scolaire tant ils nous ont démontré, au cours de l’année dernière, leur faculté à prendre la vie comme elle vient. Pourtant c’était une grande année de rentrée : Lalie a troqué ses habits d’écolière pour se transformer en collégienne et adopter les réflexes d’une jeune 6ème avec un emploi du temps variable et une responsabilisation plus importante.

La benjamine de la famille, Naïa a , quant à elle , fait sa première rentrée ! Elle attendait ce moment avec impatience ! A l’aise dans la socialisation, elle semble tout à fait heureuse de faire désormais « comme Lalie et Babane » : aller à l’école et nous raconter le soir venu les aventures de ses journées. Esteban a, quant à lui, adopté un nouveau statut à l’école, ce n’est plus le petit frère (de Lalie) mais le grand frère (de Naïa), et cela lui convient parfaitement ! Ils sont tous les deux bien fiers d’évoluer dans la même petite école rurale du Chaffaut-St-Jurson.

6ème, CM1 et petite section, c’est donc parti pour une année d’école « traditionnelle » qu’il convient d’agrémenter de quelques activités périscolaires : Escalade pour Lalie, Foot pour Esteban et… Judo pour Naïa, un sport déjà pratiqué par ses aînés et dont les valeurs nous sont chères.

Jour de rentrée…

Quant aux « grands », nous sommes toujours en phase de réadaptation. Nous réapprenons à vivre en essayant de faire abstraction de la vie au grand air. C’est surtout pour Christophe que cela fut le plus compliqué. Malgré un nouveau challenge très intéressant à la PJJ et un secteur social passionnant, il a fallu répondre à de nombreuses missions administratives, contrastant fortement avec la liberté absolue dans laquelle nous évoluions l’année dernière à la même période. Au bout de trois semaines, la phase d’acceptation semble être en bonne voie et l’expérience acquise dans ce nouveau secteur sera, quoi qu’il en soit profitable, en sachant qu’il s’est engagé pour un an et que cela lui laisse donc le soin de mûrir un éventuel futur projet professionnel.

Valérie, elle-aussi, apprend chaque jour. Elle évolue dans un monde numérique en constante évolution, riche pour les perspectives qu’il ouvre et motivant lorsqu’il s’agit de relever des défis collectifs. La formation numérique a de l’avenir et participer à une joyeuse dynamique semble la combler.

Notre production d’endorphine et d’adrénaline, deux des hormones sécrétées par l’activité physique intensive a pu se poursuivre puisqu’une incroyable bande d’Amis nous avait fait la surprise, à notre retour, de nous inviter à participer pour une 8ème fois au magique Marathon du Médoc. Et c’est à nouveau avec une Joëlette qu’une précieuse équipe de super-héros a partagé le superbe tracé (et les nombreuses pauses oenologiques) avec une incroyable adolescente, Océane, touchée par la maladie de Lyme mais également par un sourire permanent qui a illuminé ce week-end sportif.

Notre ré-acclimatation à la vie sédentaire a été également grandement facilitée par nos conditions d’accueil dans ce petit village des Alpes de Haute-Provence. Mickey et Alex nous ont réservé un accueil des plus attentionnés et chaleureux et nous avons très vite sympathisé avec nos voisins de hameau. Un voisinage fait de solidarité, d’entraide et de douces attentions.

Le beau gîte que nous louons nous a également permis de recevoir de nombreuses familles et amis dans notre nouveau « nid ». Des cousins suisses aux voyageurs bretons, des grands-parents à quelques amis du Lot, notre joie a été grande d’accueillir, après avoir été si souvent merveilleusement reçus l’année dernière. Parmi toutes ces visites, notons notamment la venue de 5 personnes accompagnées par les établissements du complexe médico-social de Boissor, dont Christophe a eu le plaisir d’être Directeur pendant 11 ans. 5 « personnes accompagnées » qui sont venues dans les Alpes de Haute-Provence en toute autonomie. Preuve en est que le travail médico-social est une plus-value de notre société et que des liens institutionnels peuvent évoluer vers des relations amicales durables portées par le respect réciproque.

Le rêve de Lalie et d’Esteban est toujours, qu’un jour, nous ayons une maison assez grande pour créer une « casa de ciclistas ». Un lieu mis à la disposition de tous les voyageurs et ouvert à la convivialité et à la solidarité.

En attendant que ce rêve devienne réalité sachez que notre foyer vous accueillera toujours avec grand plaisir. Amis, connaissances ou inconnus vous êtes les bienvenus chez nous.

Voici d’ailleurs notre adresse :

Famille CAUDRILLIER

Les Hermittes

04510 Le Chaffaut St Jurson

et pour nous contacter vous pouvez toujours utiliser l’adresse mail inscrite dans la page de contact du blog.

Depuis la rentrée, nous avons mis « sur pause » le travail sur un récit et un film mais nous espérons bien pouvoir y consacrer à nouveau quelques soirées dans les semaines à venir.

Ce sera alors l’occasion de revenir vers vous et de vous donner quelques nouvelles…

Chaleureusement,

Naïa, Esteban, Lalie, Valérie et Christophe

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Enfin des nouvelles !!!

Après vous avoir « inondé » de messages chaque jour durant plus d’un an, cela faisait déjà deux mois que nous ne vous avions plus donné de nouvelles.

Voici donc la mise à jour de la VéLove 5.0.

Nous avions décidé de nous laisser porter par le hasard du lieu où nous trouverions un emploi et nous avons donc atterri… dans les Alpes de Haute-Provence. A côté de Digne-les-Bains, précisément dans un petit village du nom de « Le Chaffaut-Saint-Jurson ».

C’est dans cette localité de 600 âmes que Valérie a trouvé un emploi de Chargée de communication dans une entreprise libérée spécialisée dans la formation numérique (vous voulez devenir Community Manager, Chargé(e) de projet e-Commerce ou spécialiste d’App Maker, c’est pour vous !).

Christophe, après des entretiens positifs à Saint-Etienne, Aix-les-Bains et Nîmes, a laissé la priorité à Valérie et s’est donc mis à la recherche d’un emploi dans le 04. Finalement tout est allé assez vite puisqu’il vient d’être retenu pour un poste de Responsable d’Unité Éducative en Milieu Ouvert (UEMO). Il travaillera donc à compter du 2 septembre prochain pour… le Ministère de la Justice !

Le hasard… (ou le destin ?) a voulu que parmi les 600 habitants du Chaffaut-Saint-Jurson nous en connaissions déjà 4 : Alexandra et Michaël et leurs deux charmantes filles, Juliette et Clarisse.

« Alex et Mickey » sont de précieux amis que nous connaissons depuis près de 20 ans. Et ils ont grandement facilité notre intégration dans les Alpes de Haute-Provence. Ils ont hébergé Valérie dès son premier jour de travail puis toute la famille à qui ils ont confié les clés de leur superbe maison pendant qu’ils partaient en vacances (à vélo, forcément…). Ils possèdent également un gîte au dessus de chez eux qu’ils louent en saison estivale aux vacanciers et que nous louerons durant cette prochaine année scolaire. Nous allons donc bientôt pouvoir poser à nouveau nos sacoches…

Ces deux derniers mois ont été également l’occasion de revoir un grand nombre d’Amis et la famille.

Après avoir retrouvé Papy Jo et MamiLaine, les enfants sont partis profiter de précieuses journées avec leurs cousins et cousines chez Papy Moustache et Maminou. Un été bien actif qui se poursuivra bientôt dans les Pyrénées pour rejoindre les dynamiques éducateurs sportifs de Boissor et les attachantes personnes qu’ils accompagnent dans le cadre de PyrHando, cette incroyable traversée des Pyrénées réalisée par des personnes en situation de handicap.

Nous reviendrons ensuite dans le Lot pour une semaine qui nous permettra de retrouver de belles personnes que nous avons eu la chance de côtoyer durant ces 11 années Lotoises. Nous y fêterons l’anniversaire de Lalie et d’Esteban avant de revenir dans les Alpes de Haute-Provence afin de préparer la rentrée.

Pour finir, nous avons le plaisir de partager avec vous quelques interviews qui ont été diffusées par la radio CFM au début de l’été en guise de bilan de notre aventure familiale :

N’oubliez pas que vous pouvez aussi retrouver toutes les vidéos ici : https://velovefamily.com/category/videos/

Le travail d’écriture se poursuit également et nous vous informerons des nouveautés à venir.

Belle fin d’été à vous et au grand plaisir de vous retrouver ou de vous rencontrer.

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Le temps du retour

Si l’activité physique intense s’est considérablement réduite ces dernières semaines, laissant place tout de même à quelques footings dans ces beaux paysages du Lot, les moments d’émotion, eux, se sont encore succédés ces dernières semaines.

De nombreuses personnes nous ont fait le plaisir de venir nous voir ou de nous inviter pour des rencontres ou des retrouvailles toujours très chaleureuses.

Pour partager avec vous l’un de ces nombreux moments de Bonheur que nous avons encore la chance de vivre, prenons l’exemple de Suzon. Cette dynamique grand-mère (93 printemps tout de même !) qui nous avait appelés le lendemain de notre arrivée afin de nous indiquer qu’elle nous avait suivis toute l’année et tenait ainsi à nous remercier. Nous avions pris son numéro de téléphone et avions promis d’aller la rencontrer au cours de ce mois de Mai. Profitant d’une belle journée de printemps (elles n’ont pas été très nombreuses depuis notre arrivée…), nous repartons à vélo pour Caillac, situé à une petite dizaine de kilomètres. Nous faisons alors une magnifique rencontre. Une de plus ! Suzon et sa fille Eliane nous accueillent comme des membres de leur famille autour d’un délicieux goûter et de quelques cerises toutes fraiches. Suzon nous raconte que tous les matins après avoir lu l’article de notre blog elle faisait des recherches sur les lieux où nous nous étions arrêtés afin de découvrir plus amplement les zones de nos étapes.  A 93 ans, elle a donc surfé toute l’année sur le web pour un cours de géographie et d’histoire au rythme du vélo.

Les élèves de deux classes de 5ème du collège Gambetta de Cahors ont également vu leurs cours suivre notre itinéraire. Magali, leur dynamique enseignante leur a proposé tout au long de l’année d’étudier les pays que nous traversions. Noux avions partagé avec eux une séance en visio-conférence depuis le Nicaragua et nous sommes donc allés passer une demi-journée dans leur établissement pour répondre aux nombreuses questions qu’ils avaient soigneusement préparées et qu’ils nous ont posées. L’occasion pour nous de continuer à faire passer certains messages relatifs à la beauté et à la fragilité de notre belle planète à ces citoyens en pleine construction.

Le rucher-école nous a également invité pour une présentation, tout comme l’Association Mutualiste Agricole de Boissor. Revenir au sein du Domaine de Boissor, ce lieu où nous avons vécu, accueilli nos enfants et dont Christophe a été le Directeur durant 11 ans, a été forcément chargé d’émotions. Retrouver les personnes accompagnées, la dynamique équipe de cadres et les chaleureux membres du Conseil d’administration a été des plus agréables. Nous avons savouré chaque instant de cette belle soirée.

Nos retrouvailles ont été internationales également puisque, preuve que les liens d’amitié noués au cours de cette année nomade sont voués à de longues amitiés, nous avons eu le grand plaisir d’accueillir dans notre petit coin de paradis temporaire Annie et Jean-Pierre qui nous avaient si généreusement ouvert les portes de leur doux foyer lors de notre arrivée à Vientiane, au Laos. Le temps était aux grandes retrouvailles puisqu’autour de la table nous avions le plaisir de retrouver Sabine, notre belle hôte de notre étape de Merignac, mais également Rosy et Louis, les instigateurs de toutes ces belles rencontres et Agnès la soeur d’Annie et de Louis.

Si, pour les enfants, les retrouvailles avec une scolarité « plus classique » s’est faite avec une déconcertante facilité, le retour à une vie envahie de documents administratifs a demandé un temps d’adaptation aux parents.

Nous avons néanmoins profité de ces trois dernières semaines pour poursuivre nos recherches d’emplois en les axant, à ce jour, principalement sur des secteurs qui, de notre point de vue, ont un sens éthique. Nous verrons si, dans les prochaines semaines, nous serons dans l’obligation de revoir notre degré d’exigence mais nous mettons actuellement une grande partie de notre énergie dans cette recherche que nous souhaitons positive, au moins pour l’un des deux parents, d’ici la fin de l’année scolaire.

Nous ne manquerons pas de vous tenir informés des suites à venir et à vous donner notre nouvelle adresse où vous serez, bien entendu, les bienvenus.

A bientôt…

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La vidéo de l’Asie du Sud-Est : c’est ici !

Après cette première semaine de retour à la sédentarité au cours de laquelle Lalie et Esteban ont fait leur rentrée comme s’ils n’étaient jamais partis (ils nous ont même demandé de partir plus tôt le matin et de rentrer plus tard le soir !) nous sommes repartis sur les routes de France… en voiture cette fois-ci. Direction Annecy pour le baptême du petit Gabriel que nous avons eu la joie de rencontrer juste après notre arrivée.

Voici le film, présenté la semaine dernière à Luzech, sur nos tribulations en Thaïlande, au Laos et au Cambodge. Un condensé de 18 minutes d’émotions et de magnifiques rencontres que nous avons le plaisir de partager avec vous.

 

 

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3 au 5 Mai : Luzech

« L’atterrissage » se fait en douceur, mais toujours avec une intense émotion. Nous retrouvons tant de visages connus, tant de sourires, que nous sommes encore un peu en « apesanteur ».

Nos proches sont là, pour nous entourer et faciliter cette réhabilitation progressive.

Entre deux retrouvailles, nous préparons la soirée du samedi à laquelle nous avons convié tous ceux qui le souhaitent. Les courtes nuits s’enchaînent entre discussions passionnantes et montage du film sur nos 3 mois en Asie du Sud-Est. Ce dernier exercice est complexe tant nous avons d’images qui nous rappellent toutes de belles émotions. Mais il nous faut en sélectionner certaines et en écarter d’autres afin de ne pas être trop long au risque de finir par ennuyer les spectateurs.

La « base arrière » est toujours là pour nous épauler, faire les courses, préparer la salle, préparer de bons petits plats. Le petit oasis de nature dans lequel nous sommes chaleureusement installés, chez Gérard, facilite bien les choses. Il y a de l’espace pour les enfants, des couchages pour tous et une quiétude qui offre la sérénité.

Nous redescendons nos vélos chargés pour les amener à la salle. Ça donnerait presque envie de repartir faire une belle balade…

Nous sommes prêts. Les personnes arrivent peu à peu, tant de belles têtes connues que nous avons grand plaisir à revoir et à embrasser mais également des personnes que nous connaissons peu ou pas et qui viennent à notre rencontre après nous avoir suivis pendant toute cette année. Quel Bonheur de partager ces moments là !

Devant plus de 150 personnes nous entamons ainsi un temps collectif fait de projections, de remerciements et de belles questions. Nos Amis de PyrHando sont là comme tant d’autres, nous leur laissons la parole afin qu’ils puissent présenter cette formidable Aventure humaine qui va connaître, cet été sa 10ème édition. Nous avons une pensée émue pour Guy qui en est à l’origine et qui était l’année dernière, avec nous , dans cette même salle.

Le film sur nos tribulations asiatiques vient clôturer cette première partie. Nous ne nous lassons pas de revoir toutes ces images qui nous rappellent tant de souvenirs. Vous pourrez retrouver ce nouveau film sur le blog dans quelques jours.

La générosité des uns et des autres offre un banquet gargantuesque à tous les convives. C’est beau, c’est bon et l’on sent qu’il y a beaucoup d’amour dans tous ces plats. Une belle douceur règne dans cette salle qui fut l’école maternelle de Lalie et Esteban. Nous profitons encore et encore, nous sommes tellement heureux de toutes ces rencontres. Nous essayons de discuter avec chacun mais la soirée passe vite, trop vite…

Les départs s’egrènnent à l’issue de cette belle soirée faîte de chaleur humaine et de convivialité. Une manière idéale de conclure cette incroyable parenthèse familiale que nous avons eu la chance de vivre.

Désormais, il nous faut nous préparer à retrouver le chemin de l’école et de nouvelles aventures professionnelles.

Merci encore à tous ceux qui ont été avec nous ces derniers jours, que ce soit par les nombreux messages envoyés (et auxquels nous répondrons dans les prochains jours) ou par leur présence si chaleureuse lors de cette soirée de retrouvailles chargée en émotions.

PS : nous avons récupéré quelques plats en rangeant la salle, n’hésitez pas à revenir vers nous pour les récupérer.

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2 Mai : Luzech

En attendant d’arrêter de remplir vos boîtes aux lettres virtuelles il nous apparaissait intéressant de vous faire part, dans la douce intimité que nous partageons depuis plus d’un an avec vous, de nos premiers jours d’après voyage.

Un sevrage progressif , pour vous comme pour nous, qui va nous amener vers de nouvelles aventures.

Ce matin, nous essayons de reprendre pied avec la vie d’avant. Nous allons chercher le pain à vélo et en profitons pour saluer les dynamiques commerçants de la place.Nous reprenons le volant d’une voiture (après un an passé à 12 km/h, il faut se réhabituer à la vitesse…) et nous nous attelons aux tâches du quotidien.

Maminou, Papy Moustache, Muriel, Selma et Peïo sont encore là pour nous entourer tout comme BéA. Cette sympathique Nantaise a découvert notre blog par hasard au mois de septembre dernier et après avoir lu les 4 premiers mois d’articles en une nuit nous a adressé un sympathique courrier. Nous avons alors gardé le contact et elle nous a fait la surprise de venir pédaler avec nous pour la dernière étape. Nous avons ainsi fait sa connaissance réelle hier, confirmant une fois de plus que l’étranger est un Ami que l’on ne connait pas encore.

Nous avons encore reçu de beaux témoignages d’affection aujourd’hui. Nous prendrons le temps, dans les prochains jours, de répondre aux nombreux messages reçus puis de rendre visite à certaines personnes comme cette dame qui nous a appelés en début d’après-midi de Caillac (beau village situé à quelques encablures de Luzech). A 94 ans, elle venait s’excuser de ne pas avoir pu être là hier et nous remercier pour avoir partagé avec elle notre petite aventure qu’elle a lue chaque jour sur son ordinateur. Nous ne la connaissons pas encore mais aurons grand plaisir à aller l’embrasser.

Françoise, Michèle, Eve et Philippe viennent nous rendre tour à tour une petite visite pour un atterissage tout en douceur.

Ce soir nous recevons… deux cyclovoyageuses. Elles  nous ont appelés hier, dans le cadre du réseau Warmshower afin de savoir si nous pouvions les recevoir. Nous venions tout juste d’arriver mais après toute l’affection et la générosité reçues cette année, il nous était impossible de refuser. Nous passerons une belle soirée tous ensemble. Décidemment le chemin du Monde se poursuit…

PS : Pour ceux qui le souhaitent et qui le peuvent, un temps de partage est prévu ce samedi 4 Mai à Luzech. Accueil à partir de 17H00 à l’ancienne école maternelle (route de trescols) puis projection de films, dont un inédit sur la partie asiatique. Nous répondrons également avec plaisir à toutes les questions avant de conclure la soirée par un repas partagé.

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1er Mai : Sauzet – Luzech : 13 km (11 451 km !)

Aurions-nous pu rêver d’une aussi belle dernière journée de voyage ?

Pour la dernière fois nous recalons les sacoches sur les vélos avant de prendre un doux petit-déjeuner dans l’intimité de la terrasse de Gisèle et Martial.

Quelques cyclistes arrivent avant que nous allions rejoindre une bien belle équipe de maillots jaunes sur la place du village. L’émotion des retrouvailles après cette petite année d’absence est intense. Quelle joie de retrouver tous ces amis et de partager avec eux ces ultimes kilomètres! Des familles sont là, il y a des habitués de la petite reine et d’autres qui ont ressorti leurs montures pour l’occasion. Un peloton hétéroclite guidé par une joie commune.

La descente du plateau vers la vallée est rapide. Nous faisons une pause dans le beau village de St Vincent Rive d’Olt afin de regrouper tout le monde avant de repartir et d’entrevoir le panneau « Luzech ». Nous le passons dans l’effervescence collective avant de rejoindre la place du canal.

C’est jour de marché et ne résistons pas à un petit tour de la place afin de saluer tous ceux que nous reconnaissons. Pascal, le fleuriste, tend un brin de muguet à Valérie… comme il y a un an, au même endroit. La boucle est quasiment bouclée…

Il nous reste deux petits kilomètres pour rejoindre les jardins de la chapelle de Notre Dame de l’Ile. Nous ralentissons encore le rythme comme pour mieux savourer encore et encore ces derniers tours de roues.

C’est toujours aussi magnifique. Nous sommes bien accrochés à notre petit nuage.

La Chapelle est en vue, le comité d’accueil également. Un dernier petit faux plat descendant et nous y voilà. Nos posons nos vélos sur leurs béquilles et allons embrasser toutes les personnes présentes. Des bises mouillées par l’émotion et la joie partagée.

Le Maire nous accueille avec chaleur et simplicité dans la belle lignée de ce que nous avons vécu cette année. Dans la générosité également puisque la Municipalité a préparé un apéritif servi avec entrain par les fidèles conseillers municpaux.

Les tapis de pique-nique s’installent sur la belle herbe verte à l’ombre de chênes et de noyers majestueux dont les feuilles tempèrent cette belle chaleur printanière.

Nous naviguons de groupe en groupe, essayons de discuter avec toutes ces personnes qui nous ont fait l’honneur d’être là… et continuons à distribuer des petits vélos en fil chenille.

Moment intemporel que nous savourons.

Les départs se font progressivement mais nous savons que nous retrouverons toutes ces personnes dans les prochains jours, dans les prochaines semaines.

Nous remontons sur nos vélos, le compteur arrêté. Nous allons désormais rejoindre Gérard, notre cher Papy d’ici, qui nous fait le bonheur de nous accueillir chez lui pour ces prochaines semaines.

Nous attendions de le serrer fort dans nos bras avec impatience. Une impatience mutuelle portée par des perles d’humanité.

Nous terminons cette journée en partageant le repas avec nos proches dans ce beau jardin près duquel nous allons désormais nous poser.

Aurions-nous pu rêver d’une aussi belle dernière journée de voyage ?

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30 Avril : Lascabannes – Sauzet : 17 km (11 438 km)

Les moments forts se succèdent. Difficile de partir de Lascabannes ce matin tant nous y sommes bien entourés. Nous déjeunons autour de cette belle et grande table en bien belle compagnie.

Quelques émissaires du club de vélo de Luzech viennent à notre rencontre. Un plaisir de les retrouver, tout comme le beau cadeau que nous fait Thierry Lecine, notre pédiatre connecté et hyper réactif, de venir pédaler quelques kilomètres avec nous. Une joie également de retrouver Françoise et son mari, Yves et Louis qui viennent encore embellir ce beau peloton en formation.

Une toute petite étape mais quelques belles bosses dans ce Quercy blanc resplandissant sous un magnifique soleil de printemps. Que c’est beau !

De truffières en vignobles, nous parcourons ces petites routes qui font tout le charme de ce beau département du Lot. Nous nous posons quelques minutes devant la magnifique église de Saint Pantaléon, le temps d’une photo souvenir.

Nous sommes attendus à Sauzet par nos amis Gisèle et Martial qui nous accueillent tous pour partager un bon repas dans leur superbe jardin. Ça sent l’été et surtout le Bonheur de se retrouver autour de la table. Que de beaux moments nous avons la chance de vivre…

C’est l’enchaînement des émotions. En milieu d’après-midi, les parents de Christophe font une arrivée surprise. A 18h00, Gisèle a organisé une petite manifestation surprise sur la place principale de Sauzet. A 19h30 nous sommes une soixantaine de personnes partageant le repas ponctué par des questions/réponses collectives. Nous retrouvons des proches et des personnes qui nous sont inconnues mais qui nous ont suivis toute l’année. Grâce à l’implication intense de Gisèle et au soutien des associations locales, nous passons une excellente soirée portée par cette société de la solidarité.

La journée de demain s’annonce encore intense en émotions. La dernière journée de voyage de cette parenthèse enchantée.

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29 Avril : Tayrac – Lascabannes : 51 km (11 421 km)

Une nuit confortable, un petit-déjeuner bien agréable et une belle compagnie, voilà de quoi commencer encore une belle journée sous un soleil qui nous gratifie enfin de sa présence.

Merci encore à cette belle famille Bianco pour cette pause chaleureuse et confortable.

Nous partons avec Philippe et Eve sur les belles routes du Lot et Garonne, puis du Tarn et Garonne. Leur pino est un bijou. Philippe, extrêmement méticuleux et regorgeant d’idées ingénieuses a apporté de nombreuses améliorations à leur monture : bavettes anti-projections, axe central pour tenir la manette du drone et même le coffre de la carriole qui se transforme en une belle table pliante. Pratiquement tout le confort d’un camping-car sur un Pino. Nous essaierons donc la table lors du pique-nique du jour en compagnie de Jean-Pierre qui nous a rejoint en fin de matinée.

Jean-Pierre est un cyclovoyageur averti. Il a parcouru de nombreux pays du globe notamment en compagnie de mal-voyants avec qui il a fait équipe en tandem.

Nous profitons de ce moment de repas précieux au milieu de la nature avant de rejoindre Lauzerte et de retrouver notre beau département du Lot. Quelques kilomètres plus loin nous retrouvons notre incroyable Jean-François, Jef46 pour les habitués du blog. Toujours le même sourire, toujours la même « patate ». Celui qui nous a régalé toute l’année avec ses commentaires lyriques et plein d’a-propos est là, au rendez-vous des retrouvailles. Avec Christine, son épouse, ils nous offrent une magnifique première soirée lotoise. Karine nous a fait également le grand plaisir de nous retrouver, accompagnée de quelques savoureuses bulles.

Il y a du plaisir qui se lit sur les visages autour de la table. Le plaisir de vivre encore d’intenses moments de rencontres humaines, ces rencontres qui auront marqué chacune de nos journées depuis un an aujourd’hui.

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28 Avril : Saint Léon – Tayrac : 67 km (11 370 km)

Il y a de l’animation ce matin autour de Patrice ! La ruche se met en place, range, déjeune et… s’embrasse ! C’est la fin des vacances pour certains, Stéphane, Hilde et leurs enfants repartent vers Genève, Célian, Aurélie et leurs enfants vers La Rochelle. Maminou et Papy Moustache prennent la direction de Luzech avec Selma et Peïo et nous repartons donc en petit comité rejoindre la piste cyclable.

Portés par ces belles retrouvailles familiales, le chaleureux accueil de Patrice et sa maman ainsi qu’une belle descente, nous volerions presque…

Pendant une petite trentaine de kilomètres nous roulons à nouveau tous les 5, observant ce premier jour de navigation sur le canal  les nombreuses plantations de pruniers. Pas de doute, nous arrivons dans le Lot et Garonne !

Nous arrivons sur le superbe pont canal d’Agen où nous retrouvons Philippe et Eve nos tourtereaux du Tand’aimer l’Aventure. Ils sont partis hier après-midi de Cahors sous une pluie battante pour nous rejoindre. Après une nuit passée sous tente à Valence d’Agen nous avons le plaisir de les retrouver. Ils étaient là, l’année dernière, pour la première étape et vont finir les trois dernières avec nous.

Nous filons ainsi sur la piste cyclable du canal puis sur les petites routes de campagne. Que notre France est belle !

Julie, qui a travaillé à Boissor avec Christophe, nous a invités dans la superbe demeure de Benjamin et Magalie, son frère et sa belle-soeur pour une halte généreuse, gourmande et reposante. Françoise et Titou, les parents de Julie et Benjamin, nous feront le plaisir de nous rejoindre pour la soirée. L’accueil est une tradition dans cette famille et la générosité ainsi que l’ouverture d’esprit sont des valeurs portées naturellement par tous ses membres.

Encore une bien belle soirée aux portes du Lot que nous retrouverons demain !

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27 Avril : Saint Sève – Saint Léon : 62 km (11 303 km)

Pour le deuxième matin consécutif nous sortons de la tente sous la pluie. Mais ce matin, il ne s’agit pas d’averses mais d’une pluie fine et continue, inoffensive au prime abord mais qui a l’art d’imprégner dans tous les tissus.

Toute l’équipe prend sur soi et se prépare pour une nouvelle journée de vélo. Quelques raidillons pour arriver jusqu’à La Réole où nous faisons les provisions pour le déjeuner et nous voici le long du canal latéral à la Garonne sur une piste cyclable construite le long du chemin de halage.

Il pleut toujours et les seules personnes que nous croisons sont les pêcheurs locaux, bien sympathiques, couverts de leurs imperméables en toile de camouflage.

Nous allongeons un peu la distance de la matinée afin d’essayer de s’arrêter sous les premiers rayons du soleil prévus pour le début d’après-midi. Les kilomètres le long de cette berge protégée nous donnent l’occasion de tester plusieurs configurations de pilotes et copilotes sur les pinos et de faire ainsi plus ample connaissance avec cette très sympathique famille qui nous a rejoint hier soir.

Le déjeuner se fait sous un timide soleil qui viendra cependant nous retrouver dans le milieu d’après-midi. Peu avant Damazan, nous retrouvons Nicole et Michel (Maminou et Papy-Moustache !) venus nous retrouver avec deux autres beaux cousins : Selma et Peïo. Nous les suivons pendant 8 km et de belles montées vers la demeure de Patrice et de sa maman. Patrice est un ancien collègue de travail de Nicole .Il a proposé d’accueillir dans son jardin cette grande tribu que nous formons désormais. Atteint de Sclérose En Plaques – cette maladie neurologique insidieuse- depuis une vingtaine d’années, il se déplace désormais grâce à un fauteuil roulant électrique.

L’animation est assurée avec tous ces enfants et ces parents heureux de se retrouver. Nous passons une superbe soirée autour de Patrice et de sa maman. Les aides soignantes prévues à 19h00 pour le coucher de Patrice ont été prévenues. Ce soir, pas la peine qu’elles se déplacent, c’est une équipe pleine d’energie et de solidarité qui s’occupera, bien plus tard, de préparer Patrice à une douce nuit. Les enfants, eux, ont trouvé une pièce qu’ils ont transformée en dortoir sur lequel veilleront Maminou et Papy-Moustache.

Les adultes rejoindront alors leurs tentes en cours de séchage pour une douce nuit Lot-et-Garonnaise.

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26 Avril : Creon – Saint Seve : 51 km (11 241 km)

Ranger la tente sous la pluie est certainement l’une des choses les plus désagréables de la vie de nomades. Non pas que cela soit difficile mais c’est surtout la sensation de devoir transporter quelques litres d’eau additionnels (que nous retrouverons en partie ce soir) qui est peu sympathique.

Mais il faut faire avec, c’est la vie, et les terres environnantes sont certainement heureuses de faire quelques réserves d’eau avant la fin du printemps.

Toute la colonie y met du sien et le campement est rapidement plié. Un timide rayon de soleil nous permet de partager le petit-déjeuner au sec avant de nous remettre en selle.

Même sous un temps très humide, cette piste cyclable « Roger Lapebie » reste superbe. Légèrement vallonnée, elle passe au milieu des champs et des vignes et vient flirter avec de superbes villages aux belles pierres. Un régal !

Nous essuyons tout de même de belles averses sans avoir vraiment d’abris à disposition. Seuls quelques hauts arbres amortissent les chutes d’eau. Pour nous réchauffer,  nous chantons et dansons tout en jetant un oeil dans le ciel afin d’espérer enfin entrevoir un coin de ciel bleu.

Nous arrivons, pour la pause déjeuner, près du beau village de Sauveterre de Guyenne. Les averses sont de retour et nous montons nous abriter près de la place centrale sous d’immenses arches qui nous protègent également du vent.

Une éclaircie nous incite enfin à repartir. Il nous reste une quinzaine de kilomètres avant de rejoindre La Réole sur une route partagée qui fait le lien avec la piste cyclable de l’entre deux mers. Le terrain est bien plus vallonné mais il passe toujours par de petites routes nous offrant, après quelques raidillons, de superbes panoramas sur le paysage des alentours.

Les cousins ont bien envie de faire du camping sauvage cette nuit. A quelques kilomètres de La Réole, nous passons près d’une grande propriété viticole et demandons aux personnes présentes s’ il nous serait possible de planter nos tentes sur leur propriété. Cela n’est pas autorisé trop près des vignes (même si les traitements sont annoncés en bio) mais une aire herbeuse en bord de culture est mise à notre disposition. Nous jonglons alors entre averses et éclaircies pour sortir, ranger, sortir… les tentes, duvets et tapis de sol.

Ce lieu de bivouac (lors des éclaircies !) est encore magique et l’est encore plus avec cette ribambelle d’enfants qui n’arrête pas de jouer.

Ce soir Célian, Aurélie et leurs deux enfants, Clelia et Côme, viennent nous rejoindre. Nous ne les connaissions pas mais ils nous suivent depuis le début du voyage et sont équipés de deux Pinos… un rouge et un blanc ! Nous élargissons notre campement et les accueillons avec grand plaisir. Demain nous pédalerons tous ensemble… avec ces amis que nous ne connaissons pas encore…

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25 Avril : Crėon

La nuit a été… mouillée ! Le camping s’est transformé en une immense pataugeoire au petit matin et tout ce qui n’a pas été rentré dans les tentes est bien trempé.

Lalie et Esteban ont dormi dans le beau tipi installé par leurs cousins. Une nuit à l’indienne et en communauté qui les a enchantés.

Nous décidons de rester là pour la journée. Cela nous permet de préparer quelques éléments de la logistique pour les derniers jours et de répondre aux messages en attente.

Entre grosses averses et éclaircies, la salle commune du camping abritera également une belle séance de révisions scolaires et sera le théâtre de grandes parties de rigolades entre cousins, très très heureux de se retrouver.

Valérie commence un long travail: celui de faire le tri entre toutes les vidéos filmées en Asie afin de réaliser d’ici le 4 Mai un petit film qui pourrait être présenté lors de la soirée de retrouvailles. Il y a de la matière !

Demain, nous repartirons sur cette belle piste cyclable « Roger Lapebie » afin de rejoindre ensuite le canal latéral à la Garonne. Le peloton devrait alors s’étoffer pour quelques étapes qui seront également marquées par de chaleureux accueils qui nous sont proposés.

Nous ne réalisons pas vraiment pour l’instant que, dans quelques jours, nous poserons les vélos pour nous engager dans de nouveaux challenges et avons vraiment l’impression de n’être partis que depuis quelques semaines. Nous nous préparons tout de même aux intenses émotions que nous allons ressentir en retrouvant tous ceux qui nous ont aidés, encouragés et suivis durant cette incroyable parenthèse familiale.

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24 Avril : Merignac – Creon : 35 km (11 190 km)

La nuit a été douce et confortable. Le lever est donc difficile, surtout lorsque l’on aperçoit à travers les rideaux de la fenêtre la pluie qui tombe encore et encore…

Un bon petit-déjeuner préparé par Sabine nous donnera le tonus nécessaire pour repartir. Merci encore à elle pour cette pause urbaine bien agréable.

La sortie de Bordeaux se fera avec une alternance d’éclaircies et de petites averses mais même mouillés c’est un régal de pédaler dans cette belle ville. Les voies pour cyclistes y sont légions et les parcours empruntent de magnifiques allées ou des axes protégés le long des berges.

Nous achetons de quoi pique-niquer et rejoignons la superbe piste cyclable « Roger Lapébie ». Une ancienne voie de chemin de fer passant à travers les bois et s’élevant peu à peu. A mi-parcours, nous apercevons des t-shirts jaunes : les cousins Suisses sont là ! Stephane, le grand frère de Valérie, son épouse Hilde et leurs quatre enfants : Maylis, Abel, Louise et Gaëtan sont venus à notre rencontre à vélo et en carriole. Les cousins attendaient ce moment avec impatience et ne se lâchent plus. Le ciel devient plus clément et nous nous posons quelques kilomètres plus haut afin de partager un déjeuner sur l’herbe. La petite colonie de vacances ainsi reconstituée reprend ensuite la route jusqu’au village de Créon où nous nous installons dans le camping local.

Juste le temps de monter les tentes et de fortes averses accompagnées de vent viennent fouetter le paysage. Nous trouvons refuge dans la confortable salle commune du camping. Pendant que les parents discutent, les enfants jouent et lisent. Il fait bon dans cette grande salle !

Les gérants du camping nous donnent l’autorisation d’y prendre notre repas du soir. Heureusement, car la pluie ne faiblit pas à l’extérieur et le camping sous tente c’est sympa mais lorsqu’il pleut ça l’est beaucoup moins…

Les prévisions ne sont pas encore très bonnes pour demain. Nous en profiterons donc certainement pour nous poser une journée avant de nous élancer sur les rives qui bordent le canal latéral à la Garonne.

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23 Avril : Le Moutchic – Merignac : 65 km (11 155 km)

Cette nuit en camping sauvage, peut-être l’une des dernières de ce beau voyage, a été douce et reposante. Il fait un peu frais au lever mais le camping-car de Bernard et Martine nous offre un abri confortable et des boissons chaudes.

Nous quittons Lia et ses dynamiques grands-parents mais savons que nous les retrouverons dans une grosse semaine.

La piste cyclable qui va vers Bordeaux n’est pas loin. De belles lignes droites s’enfoncent dans la forêt et nous permettent de partager encore de belles discussions avec les enfants. Là aussi, il s’agit certainement de l’une des dernières journées où nous roulons en petit comité. Ces prochains jours, et plus nous nous rapprocherons de l’arrivée, nous serons dans une autre phase de notre voyage. Comme le disent justement nos Amis Jean-Louis et Cathy, nous ne nous appartiendrons plus…

Nous comptons donc profiter encore au maximum de toutes ces étapes ainsi que des rencontres et des belles retrouvailles qui nous attendent.

Le ciel, incertain depuis ce matin, laisse passer quelques beaux rayons de soleil au moment de la pause pique-nique mais dès que nous repartons, la pluie fait son apparition et ne nous quittera plus jusqu’à l’entrée de Bordeaux. C’est forcément moins agréable pour faire du vélo…

Sabine, la fille de Louis et la nièce d’Annie et Jean-Pierre qui nous avaient reçus si chaleureusement à Vientiane, s’est proposée pour nous accueillir ce soir. Elle est sur le chemin retour de retrouvailles familiales dans le Lot. En l’attendant, nous discutons avec ses voisins et notamment Sinasi et Semra qui tiennent une épicerie dans le quartier. Ils ne cessent de venir nous offrir des petits cadeaux : des fraises, un paquet de bonbons, un café pour réchauffer les parents et une grosse boite de Pişmaniye. La générosité turque aux portes de Bordeaux ! Nous passerons un très beau moment en leur compagnie.

Sabine arrive. Elle nous accueille avec la même chaleur et bienveillance que celle reçue au Laos. Nous nous installons confortablement et partageons un délicieux repas Quercinois. Un régal pour nos papilles et un réel plaisir de le partager avec encore une bien belle personne.

La pluie tombe toujours ce soir et est annoncée pour les deux prochains jours. Il nous faudra donc certainement partir équipés de nos imperméables demain matin. Une petite étape qui devrait nous permettre de retrouver une partie de la tribu familiale.

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Quelques infos sur le retour

Bonjour,

Vous avez été nombreux à demander des précisions sur l’arrivée à Luzech et la soirée de retrouvailles. Nous les partageons donc avec vous :

– nous avons reçu de très belles invitations pour nos dernières étapes et avons donc légèrement modifié l’itineraire de ces prochains jours ainsi, après La Réole le 26 et Buzet sur Baïse le 27, nous passerons par Tayrac le 28, Lascabanes le 29 et Sauzet le 30.

– le 1er Mai sera la dernière étape de notre grand voyage ! Nous donnons rendez-vous à tous ceux qui le souhaitent (et qui le peuvent) à 10h00 sur la place de la Mairie de Sauzet pour partager les derniers kilomètres avec nous jusqu’à Luzech. Départ à vélo vers 10h30 via Saint Vincent Rive d’Olt et arrivée à Luzech autour de 12h00. Nous prendrons alors la direction de Notre Dame de l’Ile où nous pourrons partager un pique-nique tiré du sac (ceux qui ne souhaitent pas pédaler peuvent nous retrouver directement sur place !).

En cas de pluie, il sera possible de déjeuner dans la grange située à côté de la Chapelle ou sous un chapiteau installé par la Mairie. Nous tenons, d’ores et déjà, à remercier la Municipalité de Luzech et son Maire, Gérard Alazard, pour le précieux soutien apporté. Nous pourrons, lors de ce temps qui risque d’être fort en émotions pour nous, continuer à partager avec vous ce voyage tourné vers les belles rencontres humaines.

– le 4 Mai, nous vous donnons rendez-vous, à partir de 17h00, à la salle municipale située à l’ancienne école maternelle de Luzech. A 18h30, nous aurons le plaisir de partager avec vous un temps d’échanges agrémenté de quelques vidéos et surprises. A partir de 20h00 nous partagerons un repas « Auberge Espagnole », chacun amène un plat (salé ou sucré) ou une boisson à partager.

N’hésitez pas à nous contacter directement sur notre portable au 06 10 75 04 93 ou via notre adresse famille.caudrillier@gmail si vous souhaitez de plus amples informations.

En attendant le plaisir de vous retrouver, nous vous adressons de fraîches (et pluvieuses…) bises cyclistes,

Lalie, Esteban, Naïa, Valérie et Christophe

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Espagne, porte de l’Europe

Arriver en Europe après 11 mois de voyage sous d’autres latitudes… quelle étrange expérience !

Nos pieds ont dû se réhabituer à être serrés dans des baskets. Nous nous sommes habillés chaudement et avons réappris à garder nos gants et foulards à portée de main. C’est le début du printemps ! Une saison qui n’existe pas en Thaïlande ! Il a fait frais, mais quel délice de voir ainsi la nature se réveiller !

Nous attendions avec plaisir le fait de pouvoir à nouveau dialoguer en espagnol avec les personnes rencontrées sur le chemin… et nos appétits gourmands se régalaient d’avance de retrouver tant de variétés de nourriture ! Miam miam, nous n’avons pas été déçus.

L’Espagne nous a également offert son lot de rencontres exceptionnelles. Qui a dit que les occidentaux étaient souvent bien trop individualistes ? Nous, peut être… En tout cas ce n’est pas le visage qui nous a été offert lors de notre périple ibérique !

Tarek notre super hôte (et maintenant ami) warmshower, Millan l’épatant et généreux réparateur de vélos, Teresa qui nous a chaleureusement ouvert les portes d’un centre de jeunesse pour y passer la nuit, Juan le prêtre relooké et accueillant, Angie et Evaristo qui nous ont chouchoutés dans leur chaleureux petit restaurant, Edu qui a fait des pieds et des mains pour nous aider lors de notre plus gros souci mécanique du voyage, …

Si nous ajoutons à cela toute l’affection reçue par la famille et les amis retrouvés sur le chemin, vous avez une idée assez précise de ce qui a constitué notre principal carburant pour avaler des journées de vélo espagnoles denses et vallonnées qui nous ont conduits jusqu’en France !

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22 Avril : Pyla sur mer – Moutchic : 66 km (11 090 km)

Comme pour beaucoup d’enfants aujourd’hui, la journée commence par une traditionnelle chasse aux oeufs, l’espace est réduit autour des tentes mais comme partout… c’est une animation qui marche !

Nous partageons tranquillement le petit-déjeuner avant de reprendre la route. Martine et Lia viennent rouler avec nous pendant que Bernard se charge d’amener leur camping-car à mi-parcours puis de venir à notre rencontre.

La France a vraiment de la chance de pouvoir disposer d’un tel réseau de pistes cyclables. Une qualité de revêtement quasiment parfaite partout et une plongée continue au milieu de la nature. Pas étonnant que l’on y croise autant de monde. Nous sommes cependant étonnés depuis que nous sommes de retour en France, du peu de personnes qui répondent au « Bonjour » que nous leur adressons. La plupart poursuivent dans une indifférence grincheuse, d’autres se sentent quasiment agressés et une petite minorité retourne un agréable « bonjour » avec le sourire. Nous en avons compté une sur dix en moyenne… cela ne fait pas beaucoup ! Et dire que la plupart sont en vacances !

Nous avons trop été habitués aux échanges chaleureux entre cyclovoyageurs qu’il est difficile de revenir à une politesse toute mesurée.

Lorsque nous nous arrêtons, la situation se transforme. On entend alors souvent, dans de petits groupes, quelqu’un dire « eh, mais c’est pas eux qui sont passés à la télé ? ». Une fois l’approbation du reste du groupe reçue, ils viennent à notre rencontre pour s’assurer de leur découverte et nous poser quelques questions. Nous avons des retours très sympathiques sur le reportage et des témoignages parfois fort touchants comme, Patrick, ce loueur de vélo sur Arcachon, qui nous indique s’être inscrit sur le réseau Warmshower juste après l’émission parce qu’il a trouvé cela génial ou ce couple qui revient à notre hauteur pour nous indiquer que, voir l’émission, était certainement le déclic qui leur manquait pour se décider eux-aussi à partir à vélo. Apparemment le message est passé…

Nous prenons le bateau d’Arcachon au Cap ferret et alors que nous pensions qu’il serait difficile de faire accepter nos deux gros vélos et la carriole,  nous tombons sur une joyeuse équipe de boute-en-train pour lesquels cela ne pose aucun problème et qui hisse tout notre matériel sur le toit du bateau comme si nous étions encore en Asie du Sud-Est. Il y a encore des possibles en France…

Nous déjeunons sur une petite aire aménagée en bord de piste et après que les enfants aient voulu faire une nouvelle chasse aux oeufs dans la pinède voisine (avec les mêmes oeufs déjà trouvés le matin, comme quoi c’est plus la quête que le trésor qui les stimule…) nous repartons pour une trentaine de kilomètres.

Lia, Esteban et Lalie alternent sur le petit vélo avec beaucoup de ténacité mais cette seule étape nous confirme qu’il aurait été certainement complexe pour nos deux grands de faire les longues étapes de ces derniers jours sur leurs propres vélos sans donner des signes de fatigue à l’arrivée.

Bernard nous a trouvé une petite zone en bord de lac où l’herbe semble des plus moelleuses pour accueillir nos tentes. Du camping sauvage avec une belle assistance et une intendance toujours au top. Ce soir au menu, c’est cuisse de canard confite !