14 Septembre : Abancay – Yacca : 40 km (4 146 km)

Choisir des hôtels bon marché, en centre ville, est parfois risqué. Ce matin, nous en faisons encore l’amer constat. Entre l’amoureux éconduit qui frappe à la porte de son espérée jusqu’à en faire trembler tout l’édifice et le couple très alcoolisé qui, à 3 heures du matin, s’invective dans le patio jouant la caisse de résonance, nous sommes servis !

Le départ d’Abancay se fait donc d’un oeil ! Une belle descente nous offre de l’air… et une chaleur à laquelle nous ne sommes plus habitués. Depuis bien longtemps, nous ne sommes pas descendus sous les 2 000 mètres d’altitude . Même si nous savons qu’une longue remontée nous attend, nous profitons de ces températures quasi-estivales.

Nous longeons une rivière qui s’écoule au fond d’un large canyon. C’est magnifique.  La circulation  modérée ainsi qu’une large bande roulante sur le bord de la chaussée permettent de jouir de ces paysages, en toute tranquillité.

Nous remontons doucement. Ce ne sont que les prémices de ce qui nous attend pour les prochains jours. Plus de 150 kilomètres de montée qui nous ramèneront peu à peu sur de hauts plateaux.

Nous décidons donc de gérer nos forces et d’avancer très progressivement sur cet itinéraire qui s’annonce éprouvant. En début d’apres-midi nous arrivons au camping de Yacca. Une belle plaine arborée et un accueil très chaleureux de la propriétaire des lieux  confirment l’intérêt de finir notre journée dans cet espace qui abrite de nombreux arbres fruitiers bien exotiques pour nous. Des mangues, des bananes, des papayes et bien d’autres douceurs poussent ici, appelant à la vigilance ceux qui souhaitent se reposer à l’ombre des arbres mais délivrant des odeurs bien agréables.

Lalie et Esteban feront  une séance scolaire quelque peu exotique (mais très studieuse !) avant de jouer dans ce bel espace où, tout d’un coup, arrivent des mini-bus chargés d’adolescents qui viennent s’installer pour un camp printanier…

La grosse nuit de récupèration se trouve compromise en quelques secondes…

Qu’à cela ne tienne, nous passerons le reste de la journée avec ces jeunes. Dans une ambiance proche du scoutisme, de l’aumonerie ou encore de l’odyssée de l’Espoir, les animateurs enchainent les jeux visant à créer du lien entre tous les participants. Naïa devient vite la mascotte tandis que Lalie et Esteban participent aux danses et jeux d’intégration, ce qui laisse du temps aux parents pour essayer de réparer le matériel défectueux et préparer le repas.

La veillée qui suivra, à quelques mètres de la tente, et surtout « l’after » nous rappeleront quelques souvenirs des merveilleux moments que nous avons eu la chance de vivre durant notre adolescence. Nous attendrons donc encore un peu pour des nuits plus reposantes…

Publié dans Perou | 3 commentaires

13 Septembre : Antarcica – Abancay : 46 km (4 106 km)

Plus que fraîche, la nuit fut humide ! La tension de la tente a fait défaut cette nuit et quelques duvets se retrouvent bien mouillés au petit matin. Tout le monde semble toutefois avoir emmagasiné assez d’heures de sommeil pour finir le col ajourd’hui.

Un épais brouillard monte de la vallée et rend difficile le séchage de la tente et des affaires. Dès le petit-déjeuner terminé, nous replions donc tout, en prévoyant un séchage plus approfondi dans la journée.

Il nous faudra encore quasiment deux heures pour arriver au bout de ce nouveau passage à plus de 4 000 mètres d’altitude. Nous avalons quelques fruits et barres chocolatées avant de nous habiller pour la descente… et nous laisser glisser.

Après quelques courbes nous faisons encore une bien belle rencontre : une famille de cyclovoyageurs français qui monte dans l’autre sens. Ces Picards sont partis depuis un mois de Lima pour rejoindre… Santiago du Chili ! Ils effectuent donc notre itinéraire à l’envers. Jérôme, Nathalie, Arthur et Robin sont également partis pour un an et après l’Amérique du sud iront en Nouvelle-Zélande avant de rallier l’Asie du Sud-Est. Peut-être aurons-nous  le plaisir de les croiser à nouveau, car ces quelques dizaines de minutes passées en leur compagnie ont été fort agréables. Les points communs entre nos deux périples et les manières de l’appréhender semblent nombreux.

Nous descendons ensuite vers Abancay, 35 kilomètres de descente ! Ça décoiffe et fait presque oublier ces 3 journées de montée ! Mais nous savons que, dès demain, nous commencerons à remonter dans l’autre sens afin de poursuivre nos montagnes russo-péruviennes.

Abancay est l’une des dernières grandes villes sur notre parcours, avant Lima. Nous hésitons à nous y poser une journée, mais finalement préférons continuer notre parcours, dès demain, afin d’envisager de courtes étapes pour les montées qui nous attendent.

Publié dans Perou | 4 commentaires

12 Septembre : Curahuasi – Antarcica : 29 km (4 060 km)

La nuit fut meilleure pour tout le monde . Nous sommes prêts, relativement tôt , pour attaquer la longue montée qui s’annonce. Les premières pentes sont douces et nous sommes « presque » frais après cette journée de repos forcé.

La route fait de longues courbes qui viennent s’encastrer dans le fond des vallées. Nous traversons de petits hameaux et apprécions les nombreux encouragements des habitants. Eux savent ce qui nous attend, nous pas encore !

Par deux fois, pour rejoindre de larges plateaux, la route monte en épingles. La pente se fait alors plus forte, notamment dans les virages intérieurs qui dépassent allègrement les 10 %. Mais nous arrivons encore à grimper. Les jambes se font plus dures, les dos plus douloureux. Nous commençons à compter les kilomètres jusqu’au col.

Christophe avait annoncé la bascule au 25ème kilomètre, mais toujours rien à l’horizon. Au 27ème, nous nous arrêtons pour inspecter le GPS. Coup de massue : il reste encore 10 kilomètres !

Il est 14h30 et nous n’avons pas encore déjeuné (en pensant nous arrêter dans les premières courbes de la descente !). La priorité est donc d’avaler quelque chose. Nous visons le premier bas-côté avec de l’ombre (le soleil à cette altitude est redoutable) et digérons notre déception, en même temps que nous ingérons notre pique-nique.

Il nous faut, au minimum, deux heures pour atteindre le col et les forces commencent à nous manquer. Cela nous obligerait également à commencer la descente dans la pénombre. Nous optons donc pour rechercher un endroit pour la nuit. Deux kilomètres plus loin: une école en bordure de route. Elle est fermée, en ce mercredi après-midi, mais la pelouse située devant paraît accueillante pour notre tente. En plus, il y a des toilettes qui sont ouvertes et des robinets d’eau. Ce sera très bien pour ce soir, même si la fraîcheur de cette nuit à 3 500 mètres s’annonce  dès que les premiers rayons du soleil nous souhaitent une bonne nuit.

La loi des séries vient ensuite tester notre résistance. C’est, tout d’abord, le filtre à eau qui se casse ! Puis c’est le réchaud qui refuse de rester allumé malgré plusieurs séances de démontages, de nettoyages, puis de remontages…

Il nous faut donc, là aussi trouver un plan B. Les filles partent à la recherche d’une épicerie encore ouverte, dans un village situé un peu plus haut. Elles reviennent avec des tomates, un peu de fromage et du poisson en boîte. Avec le pain qui reste, ce sera parfait pour ce soir…

Publié dans Perou | 14 commentaires

11 Septembre : Curahuasi

Christophe va un peu mieux ce matin. Les vertiges se sont estompés mais la forme olympique n’est pas encore tout à fait au rendez-vous. Le reste de la chambrée n’a pas passé une super nuit avec des boutons de moustiques qui se sont transformés en démangeaisons. Dès le petit matin, la décision est donc prise : journée de repos pour tout le monde !

Nous en profitons pour répondre aux messages reçus, avancer sur l’article concernant les réponses aux questions que vous avez posées et tout simplement se reposer.

Les enfants ne rechigneront pas devant une bonne séance de travaux scolaires avant de partager un pique-nique dans la chambre.

La sieste de Naïa permettra de s’octroyer une partie de belote, avant de sortir faire un petit tour dans les rues commerçantes et le marché couvert de la ville.

Ce soir nous essayons de nous coucher tôt, afin de tenter un départ matinal demain. 25 km de montée nous attendent ,avant d’arriver au col . L’aperçu que nous avons eu hier laisse entrevoir de longues heures de pédalage et de poussette. Nous verrons donc  l’état de forme de chacun afin d’anticiper où cette nouvelle étape nous mènera.

Publié dans Perou | 8 commentaires

10 Septembre : Carmen – Curahuasi : 13 km + … (4 031 km)

Des moustiques voraces qui ont attaqué aussi bien les visages que le jambes, des dizaines de chenilles qui pendent entre le double toit et les chambres, de petits scarabées qui se sont introduits sous les oreillers et les sacs de couchage… le réveil est loin d’être idyllique !

Il faut donc jongler pour mettre les enfants à l’abri, ranger tout le matériel sans laisser d’espaces libres aux insectes pour s’engouffrer dans nos espaces privés et secouer le matériel, en espérant ne pas retrouver de petits voyageurs lors de la prochaine ouverture de la tente.

Depuis deux jours, Christophe n’est pas en grande forme. Il a du mal à s’alimenter et se sent complètement vidé de toute force. Il tient quand même à prendre le départ, quitte à improviser par la suite.

Ça grimpe dur et la vitesse plafonne autour des 4-5 km/h. Nous faisons une courte pause pour petit-déjeuner au bout de quelques kilomètres en espérant bénéficier d’un lieu sans piqûre mais… les mosquitos sont toujours là ! Nous en venons même à regretter les hautes altitudes…

Au moment de repartir , nous croisons notre cyclovoyageur du jour : un taiwannais parti d’Alaska, il y a 14 mois  , pour rejoindre Ushuaïa. Il voyage sur un vélo incroyable. Un banal VTT sur lequel tiennent en équilibre des sacs plastiques, sanglés de manière très acrobatique au vélo. Pas de sacoches, c’est le système D qui prime. Chapeau !

Nous repartons et nous « arrachons » sur chaque dizaine de mètres. Cela n’arrange pas l’état de Christophe qui est obligé de descendre du vélo tous les kilomètres pour s’allonger. 10 km : Valérie et les enfants essaient de le raisonner: mieux vaut trouver un autre moyen de locomotion pour rejoindre le prochain village. Mais il veut encore essayer, en poussant le vélo et en espérant que quelques forces reviennent. Mais rien n’y fait, ses jambes ne le portent plus et la seule position dans laquelle il trouve un peu se répit est celle, allongée. Dur de pédaler dans ces conditions…

Valérie se démène pour pousser les vélos, s’occuper des enfants et gérer la suite. Elle trouve un camionneur qui accepte de nous monter sur les 7 kilomètres restants. Nous chargeons tout et finissons ainsi l’étape du jour.

Christophe passera l’après-midi allongé sur un confortable lit, chouchouté par toute la famille. Sans doute le meilleur médicament !

Publié dans Perou | 20 commentaires

9 Septembre : Ancahuasi – Carmen : 63 km (4 018 km !)

Commencer par une montée risque d’être notre lot quotidien, pendant plusieurs jours. Et ce matin nous ouvrons le bal !

7 km afin d’atteindre un petit col à 4 000 mètres , puis commence la première des montagnes russes qui s’annoncent sur les outils de cartographie. Nous descendons donc avec plaisir, mais tout en pensant qu’il nous faudra remonter dans les prochains jours tout ce que nous descendons aujourd’hui.

Et pour descendre, ça descend ! 40 km de lacets et de longues lignes droites inclinés toujours plus bas ! Nous atteignons ainsi rapidement les 2 000 mètres d’altitude… et une température qui s’est nettement réchauffée. Nous sommes même assommés par une chaleur si brutale. Le thermomètre flirte avec les 35 ° alors que nous étions encore sous des températures négatives, ces dernières nuits.

Nous nous arrêtons quelques minutes pour nous embrasser et prendre une photo-souvenir du 4 000ème kilomètre puis poursuivons notre descente.

La carte indique une large rivière au bas de la descente. Nous achetons de quoi pique-niquer (et notamment de nombreux fruits dont nous nous étions un peu sevrés depuis quelques temps…) et visons le pont qui sépare la descente, de la montée pour nous arrêter. Une belle plage de sable gris, accessible moyennant une petite descente sur des rochers, comblera la famille et sa soif de fraîcheur.

Après quelques immersions , nous repartons dans l’objectif de trouver rapidement un lieu de bivouac. Mais, nous le savons, trouver un espace convenable afn d’installer la tente alors que nous évoluons entre la falaise d’un côté et le précipice de l’autre, n’est pas chose aisée. Nous avançons donc, plus que nous le pensions (toujours ça de moins à monter demain !) et trouvons finalement un champ devant une propriété abandonnée qui fera l’affaire.

A cette altitude, les moustiques sont voraces et nous attaquent en masse, à l’approche du crépuscule. Nous nous protégeons donc et pendant que les parents montent et préparent l’intérieur de la tente, les enfants partent chercher de quoi faire un feu de camp. C’est près de ce dernier que nous dînerons, à la lueur du feu de bois, écoutant le maïs qui crépite sur les pierres du foyer.

Deux jours de montée nous seront certainement nécessaires afin d’atteindre le prochain col situé à une quarantaine de kilomètres. Demain, nous visons une courte étape en termes de kilomètres (une petite vingtaine) mais avec 800 mètres de dénivelé positif  , ce qui constitue notre marge de sécurité afin de grimper sereinement.

Publié dans Perou | 6 commentaires

8 Septembre : Cusco – Ancahuasi : 49 km (3 955 km)

Après un petit-déjeuner amélioré, grâce à Evelyne et William (deux sympathiques retraités savoyards qui voyagent à vélo depuis Quito, William utilisant un fat-bike impressionnant) et leur ami Patrick venu les rejoindre pour quelques treks autour de Cusco, nous finalisons le rangement des sacoches.

Ce n’est pas si simple de quitter l’Estrellita, ses gérants discrets mais très attachants et surtout cette micro-société de voyageurs au long cours, composée de bien belles personnes. De belles accolades franches et émues font office d’au-revoir (car nous risquons d’en recroiser certains quelque part dans ce beau Monde).

Sortir de Cusco, à vélo, nous remettra vite en jambe. 400 mètres de dénivelé positif à gravir en 8 km, le tout au sein d’une circulation dense et sonore, ça met dans le rythme ! Nous prenons notre mal en patience… et notre dose de gaz d’échappement pour le mois.

Heureusement la révision des vélos se révèle bénéfique . Disposer de toutes ses vitesses n’est pas un luxe pour une telle reprise.

Arrivés en haut, nous quittons l’axe principal des autobus et collectivos qui vont vers le Machu Picchu et commençons à descendre. A 13h00, nous avons fait une petite trentaine de kilomètres et en profitons pour reprendre quelques forces avant d’attaquer un long faux-plat montant.

Nous avons failli ne pas croiser de cyclovoyageurs à vélo aujourd’hui .Mais à quatre kilomètres d’Ancahuasi nous rencontrons Frisch, un allemand parti de Cancun pour rejoindre Santiago du Chili (deux villes qui nous parlent forcément !). Il compte se rapprocher au maximum de Cusco ce soir et aura fait en une journée une étape pour laquelle il nous faudra 3 à 4 jours. Effectivement, nous allons bientôt rentrer dans le « dûr ».

Nous sommes encore à 3 700 mètres et demain après une quinzaine de kilomètres de montée, nous plongerons pour atteindre les 2 500 mètres, puis les jours suivants, il nous faudra remonter au dessus de 4 000 mètres et ainsi de suite à plusieurs reprises. Autant dire que nous allons prendre notre temps.

Les enfants nous réclament un bivouac et un repas à partager sous la tente. L’altitude de demain et  des températures nocturnes plus douces devraient permettre de satisfaire ces désirs.

Pour ce soir, la douche chaude est appréciée afin de se décrasser après cette difficile sortie de Cusco.

PS : Nous avons appris ce matin la naissance de Tiago, décidemment que de belles nouvelles ! Félicitations à Delphine, Luis et Milan, un grand copain d’Esteban.

Publié dans Perou | 4 commentaires

7 Septembre : Cusco

Des voix connues qui échangent dans le grand patio de l’Estrellita nous incitent à sortir du lit, pas trop tard ce matin, malgré l’arrivée tardive de la veille. C’est avec grand plaisir que nous retrouvons Kaï et Willy qui sont arrivés hier à Cusco après un bivouac face à la montagne aux 7 couleurs.

Nous partageons le petit-déjeuner ensemble avant de passer à des activités variées . Les enfants font quelques travaux scolaires, Valérie part imprimer un petit montage photos au format carte postale afin de remercier les personnes que l’on rencontre et Christophe bénéficie de l’expertise et de la passion de Willy pour régler tous les problèmes relatifs aux vélos. Willy s’est mis en tête de nous aider à remettre le rohloff en parfait état de marche et après avoir démonté tous les câbles et avoir fait quelques recherches sur le net, il remonte le tout pour un résultat épatant. Tous les problèmes mécaniques semblent le passionner, nous retrouvons en lui de notre Ami Fifou, le même grand sourire, la même ténacité.

Nous partons ensuite acheter quelques pièces en remplacement de quelques unes qui se sont un peu usées puis allons déjeuner, au sein du grand marché de Wanchaq.

Faute d’avoir trouvé d’autres chaussures, nous faisons réparer les nôtres qui retrouvent une deuxième vie entre les mains d’un artisan talentueux.

L’après-midi est déjà bien entamée. Naïa part à la sieste pendant que nous commençons à répondre à vos questions. Merci d’ailleurs pour ces dernières qui nous permettent de nous poser et de répondre à certaines que nous ne nous étions pas… posées !

Merci également à tous les Amis, connaissances et inconnus qui nous suivent. Nous avons été très étonnés et touchés de voir que notre petit voyage familial pouvait intéresser autant de personnes. Nous avons souvent eu la larme à l’oeil en lisant vos commentaires ou certains mails plus privés. Nous en profitons donc pour vous remercier !

Cela nous donne chaque jour une énergie complémentaire pour continuer à écrire et partager quelques photos (comme hier soir lorsque les yeux se fermaient tout seul et que l’écriture ne se faisait plus que d’un oeil…).

Nous partagerons notre dernière soirée à Cusco avec Willy et Kaï. Ils ont bourlingué un peu partout dans le Monde et racontent nombre d’anecdotes avec beaucoup d’humilité. Kaï va bientôt prendre un avion pour les Etats-Unis et Willy poursuivra sa route plus au Nord, mais nous aurons grand plaisir à les rencontrer à nouveau…. sur le chemin du Monde !

Publié dans Perou | 10 commentaires

6 Septembre : Machu Picchu pueblo – Cusco

Dès les premières sonneries du réveil, nous nous habillons et préparons nos affaires pour la belle journée qui nous attend.

Nous dépassons la longue file d’attente des personnes qui attendent les premiers bus pour rejoindre les 20% des visiteurs du jour qui ont choisi de rejoindre la cité mythique, à pied.

Nous petit-déjeunons dans la file d’attente, parquée à la grille du space-montain, marquant le début du chemin de randonnée et qui ouvre à 5h00. La sensation d’être dans un parc d’attraction est toujours là…

Un peu plus d’une heure de montée, dont la majorité sur de larges escaliers en pierre grimpant la montagne , pour 400 mètres de dénivelé positif. Une belle balade matinale au cours de laquelle nous pouvons échanger avec les autres marcheurs.

Arrivés en haut, nous faisons encore la queue pour rentrer sur le site et là… on se dit que finalement cela valait vraiment le coup! Quelle beauté !

Nous voyons, de nos yeux, la carte postale que nous avons vue tant de fois en photos. 2km2 d’une cité construite par d’ingénieux incas.

Difficile d’imaginer le travail ncéessaire pour réaliser un tel chef d’oeuvre… et difficile de comprendre donc pourquoi les Incas ont subitement abandonné ce site deux siècles à peine après l’avoir édifié. Jusqu’à 20 000 Incas ont vécu ici. La population de Cahors !

 

Nous écoutons quelques-uns des nombreux guides qui accompagnent les groupes circulant sur la zone et glanons des informations qui nous permettent de comprendre certaines subtilités du lieu.

Nous pensons aussi à la tête que feraient les Incas en voyant que la majorité des personnes préfèrent faire des sourires à leur perche à selfie, plutôt qu’aux gens qu’ils croisent. Drôle de société moderne où les personnes sont prêtes à tout pour accumuler des photos de leur personne !

Nous flânons plus de 5 heures dans cet incroyable tableau, surplombé par le Waina Picchu. Les enfants semblent également subjugués par le site, même si les envies de jouer à cache-cache entre les ruines l’emportent souvent sur l’intérêt à suivre le chemin proposé.

Il est 12h00, l’heure de redescendre et de laisser la place aux autres 2 500 privilégiés du jour, comme nous avons eu la chance de l’être.

En sortant, nous sommes à nouveau surpris en observant l’immense file d’attente devant les bus de la descente. Une fois encore tant de jeunes et de personnes qui semblent en bonne santé et qui vont préférer s’asseoir dans un bus plutôt que de découvrir la superbe flore environnante. Lalie et Esteban (bien dopés par ces semaines en alitude, certes) mettront moins de 45 minutes pour redescendre. En y allant tranquillement 1h00 à 1h15 doivent être nécessaires . Et pourtant nous serons encore bien peu sur ce magnifique chemin, les autres visiteurs étant sans doute pressés de s’asseoir à la terrasse d’un des nombreux restaurants les guettant à l’arrivée. Notre société risque de devenir bien grasse si nous continuons ainsi…

Machu Picchu Pueblo dispose également « d’aguas calientes ». Afin d’attendre notre train du soir dans de bonnes conditions, nous partons nous délasser dans ces eaux thermales situées dans un cadre idyllique.

1h30 de train, deux heures de transport routier et nous voilà de retour à l’Estrellita , conscients de la chance que nous avons d’avoir pu vivre une telle journée.

Publié dans Perou | 21 commentaires

5 Septembre : Cusco – Machu Picchu pueblo

Un réveil matinal, pour deux heures de transport routier  , nous attend. Nous attendons sagement sur le trottoir avant de monter dans le véhicule. Les premiers kilomètres, ceux nécessaires pour sortir de la ville, nous laissent entrevoir ce qui nous attend lors de la reprise à vélo : 400 mètres de dénivelé positif en quelques kilomètres. La remise en jambe s’annonce rude !

Nous profitons donc de pouvoir contempler le paysage qui suit, confortablement installés sur un siège, et serrons toujours les dents dans certains virages pris à une vitesse à laquelle nous ne sommes plus habitués sur nos simples deux roues.

Nous nous arrêtons sur la place d’Ollantaytambo, joli village surplombé de vestiges incas. Nous rejoignons ensuite la gare , pour 1h30 de trajet en train à flanc de montagne vers Machu Picchu pueblo. Il nous restera demain, 1h30 de marche , afin d’atteindre le fameux site, l’un des plus visités au Monde. Et cela se ressent dès la sortie du train. Nous avons l’impression de rentrer dans un véritable parc d’attraction. Des centaines d’hôtels, des restaurants en nombre encore bien plus importants… c’est la jungle touristique !

Face à une telle offre, nous ne tardons pas à trouver un hôtel dans nos prix. La haute saison est finie et les hôteliers semblent casser les prix.

Nous nous promenons également dans ces rues commerçantes où se croisent d’innombrables touristes, certains revenant du Machu Picchu, d’autres s’apprêtant, comme nous, à y aller. Mais marcher dans ces rues se révèle un peu désagréable en raison des nombreux rabatteurs situés devant chaque restaurant (donc, au plus, tous les 10 mètres) ou des dames qui proposent des massages et qui n’hésitent pas à couper toute conversation que vous pouvez avoir avec votre voisin. Impossible donc de communiquer sans être interrompu  , parfois de façon sympathique et parfois de façon « très lourde ».

Ces semaines passées dans les zones quasi-désertiques de l’altiplano semblent avoir généré chez nous une intolérance à ce contexte hyper-touristique. Nous frolons l’agoraphobie..

Nous ressortons tout de même dîner avant de rentrer sagement nous coucher. Demain, le début de la rando est prévu pour 4h30 !

Publié dans Perou | 6 commentaires

Réponses à vos questions du mois d’août

Les enfants ! Je constate que vous portez régulièrement vos manteaux et vos tuques (bonnets) à l’intérieur des maisons est-ce parce qu’il n’y a pas de systèmes de chauffage dans les maisons. calorifère ? plinthe ? feu de foyer ? Racontez comment ils chauffent leurs maisons l’hiver?

Il ne fait pas si chaud à l’intérieur des maisons car généralement ce n’est pas chauffé. Il y faisait souvent à peine quelques degrés. On a vu quelques chauffages électriques d’appoint dans certains restaurants mais c’est assez rare. Une fois, dans une maison, les gens s’asseyaient autour d’un brasero où des braises du feu avec lesquelles ils cuisinaient étaient placées régulièrement.

Physiquement cela semble difficile. Aviez-vous anticipé le froid ? (merci les doudounes bleues et les bonnets péruviens jusque dans les maisons) .

Nous savions que nous allions passer l’hiver sur l’altiplano et avions prévu des vêtements techniques et de bons duvets tout en essayant de ne pas prendre trop (pour limiter le poids et l’encombrement). Pas simple de viser juste… mais l’hiver n’a pas été trop rude cette année . Nous sommes assez satisfaits des choix que nous avons opérés. La journée il fait généralement bon, et si on peut se mettre à l’abri au coucher du soleil, tout va bien . Nous avons retrouvé plus de chaleur ici au Pérou : nous recommençons à pédaler en t-shirt aux heures les plus chaudes de la journée et c’est bien agréable.

Ressentez-vous les effets de la haute altitude ?

Au quotidien non. Parfois lorsque les pentes sont trop raides et que l’on peine un peu trop on se demande si cela ne joue pas un peu, mais c’est difficile à dire. Nous devons être bien acclimatés sans doute maintenant ! Avant le départ, nous avons eu la chance de bénéficier des conseils du Dr Thierry LECINE et de sa sympathique équipe au centre de vaccination international de Cahors. Nous essayons donc de suivre les recommandations avec des montées limitées à 800 mètres d’altitude par jour. Nous devons surtout faire attention à Naïa qui n’est pas encore en âge de décrire un mal de tête avec précision. Nous n’avons pas hésité non plus à mâcher quelques feuilles de coca (excepté Naïa !) afin de favoriser l’oxygénation.

Comment gérez vous vos déchets… les transportez-vous jusqu’à ce qu’il y ait des poubelles et/ou centre de tri (papier verre plastique métal compost etc …).

Nous les mettons dans un sac plastique et les jetons lorsque nous traversons des villes… mais c’est parfois un vrai casse-tête. Il n’y a que très rarement des poubelles dans les rues. Il nous est arrivé une fois de demander à plusieurs commerçants où nous pouvions déposer notre petite poubelle et avons préféré repartir avec, car on nous proposait de la déposer à la sortie de la ville : un camion devait passer récupérer le tas de détritus… un jour!

Mais ce qui nous a le plus surpris, ce sont les quelques lieux qui affichent un tri sélectif justement : à l’école de José à Sorata ou plus récemment a Machu Picchu pueblo. Dans ces deux endroits nous avons vu le personnel récupérer le contenu des 3 poubelles (organique, non organique, plastique)… et les réunir dans une seule et même poubelle… sous le regard des écoliers ou des passants.

C’est un cercle vicieux : ils voient que ça n’a pas d’intérêt, donc ne trient pas et les employés voient que le tri n’est pas fait, donc mélangent tout. Sans doute également la gestion des déchets en aval n’est- elle pas réellement mise en oeuvre en matière de tri et de recyclage. D’une manière générale la question des déchets est un vrai problème. Il y a quelques villes qui ont pris en compte cette dernière mais globalement la pollution des espaces naturels et notamment des rivières est réelle.

Rencontrez-vous à cette altitude des oiseaux dans votre environnement immédiat lors de vos haltes « sauvages », notamment des rapaces.

On a rencontré assez peu d’oiseau au cœur de la Bolivie. Principalement des rapaces : condors etc . Proche du lac Titicaca, des familles de mouettes et d’ibis, et de tous petits oiseaux aux ailes jaunes.

En observant des fleurs, avez-vous vu des insectes, des abeilles par exemple, malgré les basses températures? Y-a-t-il des Edelweiss ?

Nous avons croisé très peu de végétaux et peu d’insectes sur l’altiplano. Pas non plus d’edelweiss. Le climat semble rude pour toutes les espèces vivantes! En se rapprochant du Pérou nous retrouvons les arbres, les fleurs et les insectes (fourmis, mouches et quelques abeilles) ! Nous traversons actuellement une région où de nombreuses épiceries vendent du miel de fleurs exotiques. Dès que nous aurons fini notre pot actuel nous le goutterons certainement.

Avez-vous été, à un moment donné, effrayé ou attaqué par des animaux (chiens ou faune sauvage) lors des déplacements ou bivouacs dans ces déserts?

Non nous n’avons, pour le moment, eu aucun problème avec les animaux. Il y a beaucoup de chiens en effet, mais généralement ils ne font qu’aboyer sur notre passage et ne montrent que rarement les dents. D’autres cyclos nous ont prévenus qu’ils étaient plus agressifs au Pérou… Nous verrons bien. On nous a donné l’astuce de lever le bras pour faire mine de leur jeter un caillou. Ils sont en effet habitués à ce type de remontrance et sont donc méfiants. Nous avons également des sifflets sur nous qui les font reculer un peu.

Finalement les seuls animaux « sauvages » que nous avons rencontrés sont une poignée de chauffeurs peu attentifs au bien être des cyclo-voyageurs qui partagent la chaussée .

Merci à Lalie et à Esteban de nous dire quel est le prix d’une glace, d’un donuts et d’une friandise de votre choix au Pérou, prix convertis en euros. Vous nous renseignerez ainsi sur la valeur de la monnaie locale.

Une glace type esquimau coûte environ 80 centimes d’euros. Une glace à l’eau, environ 50 centimes. Un menu du jour: soupe + plat coûte généralement 5 soles c’est à dire 1,25 euro. Un lit nous revient le plus souvent à 15 soles… et c’était encore bien moins cher en Bolivie.

Les repas : hormis, les féculents, de quoi sont ils composés ? Ne vous lassez-vous pas d’une nourriture répétitive ?

E : On en a un petit peu marre de manger tous les jours du poulet.

C/V : En Bolivie nous avons eu du mal à trouver dans les épiceries de quoi pique-niquer. Nous avons donc souvent mangé des menus du jour, le midi : généralement truite frite ou poulet accompagnés d’un peu de salade, de riz blanc et de pommes de terre. Le soir nous nous faisions des pâtes (une valeur sûre, quoi que celles achetées en Bolivie étaient souvent très pâteuses) ou un petit resto lorsque nous étions dans de petites villes (mais la non plus, les menus n’étaient souvent pas très variés : poulet, frites, parfois pâtes, parfois salchi-papa (saucisses-frites), parfois hamburgers, et, comble du luxe, parfois pizzas!

Qu’est-ce qui vous manque le plus ?

L : Les gens que j’aime, et en nourriture : les cordons bleus, les steaks hachés, les pizzas maison.

E : Mes copains, et en nourriture : les bonnes pizzas, les bons hamburgers, les bons jus de fruits.

C/V : À vrai dire pas grand chose… hormis peut être de ne pas être présents pour les amis qui traversent une période tourmentée, ou ne pas pouvoir accueillir, comme il se doit, notre nouveau petit neveu!

Si la question concernait la nourriture : en Bolivie nous avions envie de dessert et de spécialités montagnardes de chez nous à base de fromage .

Qu’est-ce qui vous est le plus dur, difficile ?

L : Les montées.

E : Pédaler, un point c’est tout. Si j’étais sur le vélo sans rien faire ce serait beaucoup mieux (rires).

C/V : Peut être quitter les belles rencontres que nous faisons au fil du trajet. Et trouver du temps pour faire tout ce que nous voulons (vélo, cuisine, campement, école, rencontres, jeux et loisirs).

Qu’est-ce que vous appréciez le plus ?

L : Les paysages.

E : Etre en vacances avec mes parents et mes soeurs.

C/V : Vivre une superbe aventure à travers le regard de nos enfants, savourer avec eux les belles découvertes et rencontres que nous faisons. Nous adorons trouver des « petits coins de paradis » et nous y détendre avec les enfants.

Qu’avez-vous préféré en Bolivie ?

L : Faire du cheval, aller dans la jungle et traverser le Salar d’Uyuni avec les 260 litros.

E : J’ai bien aimé la Bolivie car c’était plat, et joli. J’ai bien aimé aussi prendre le téléphérique à La Paz.

C/V : Pour la partie vélo le Salar d’Uyuni reste assurément un best off!

Pour la partie détente et aventure familiale : la jungle!!

Pour la partie expérience humaine : le woofing à Sorata.

Trouvez-vous beaucoup de différences entre les Boliviens et les Péruviens ? dans leur mode de vie ?

E : je trouve les boliviens plus actifs.On voit aussi plus de personnes âgées, obligées de travailler.

C/V : Ce n’est pas évident de comparer vraiment leur mode de vie car souvent nous ne faisons que passer. Mais la remarque d’Esteban nous paraît très pertinente!

En tant que cyclo voyageurs il nous semble que, d’une manière générale, la vie semble plus douce au Pérou (climat, température, accès à l’eau et à une nourriture variée, etc). Les péruviens nous semblent également plus ouverts, très chaleureux et souriants.

Le manque de confort vous est-il difficile à vivre dans votre vie de nomades ?

L : non. J’aimerais juste pouvoir prendre des bains chauds.

E : oui, j’apprécie un bon matelas, une bonne couette, d’avoir un four pour cuisiner des bons plats.J’aime bien le confort d’une maison.

C/V : Le manque de confort ne nous pèse généralement pas, mais nous sommes parfois ravis de le retrouver!

Entre-nous, c’est pas trop dur d’être 24h sur 24 avec ses parents ? N’avez-vous pas envie, par moments, qu’ils vous « lâchent » un peu ?

L : non, j’aime passer du temps avec eux.

E : non, ils sont trop gentils. On a parfois une chambre juste pour Lalie et moi et c’est rigolo.

J’aimerais savoir comment se passe pour vous le programme scolaire? est ce que maman vous sert de professeur (ou papa) ?

Nous devons bien avouer que le climat bolivien nous a invités à lever un peu le pied de ce côté là, durant quelques semaines… Ils ont quand même bénéficié de l’école de la vie et bien progressé en espagnol!

Nous avons fait une rentrée sérieuse en septembre, comme les copains français ! Nous travaillons à partir de la version numérique des cahiers d’exercices que les élèves de Luzech ont en classe, en maths et français. Ça permet d’avoir des exercices et un programme adapté à leur niveau…

Les deux parents jouent les professeurs…. ces derniers temps c’était plutôt papa.
Merci de nous donner quelques précisions sur les conditions de prises de vues : photos… et films. Comment opérez vous pour être 5 devant l’objectif...

Nous demandons aux personnes qui nous entourent de nous photographier ou (le plus souvent) nous posons l’appareil sur un rocher ou une sacoche et mettons le retardateur…

Aller à la rencontre du monde et de l’autre n’est pas tout le temps facile . Tout gérer en permanence n’est – il pas lourd quelquefois ?

La gestion des besoins du quotidien (trouver de quoi manger, dormir, défaire et refaire les sacoches, etc) fait partie du lot des voyageurs nomades… la plupart du temps nous avons le sentiment de bien nous en sortir. Bien sûr, il y a des jours où nous sommes plus fatigués que d’autres et où nous préférerions avoir moins de questions à nous poser, ou plus de temps pour les loisirs… mais généralement nous sommes plutôt sereins.

Quelles sont vos astuces pour prendre soin de vos fessiers ?

Avoir de bonnes selles et ne pas trop forcer! Les seules fois où nous souffrons un peu des fessiers, ce sont les jours où nous devons trop forcer sur les pédales (longues montées ou vent de face). Mais la douleur s’estompe dès que l’effort se termine!

Avez vous été confrontés à d’autres bobologies liées à la pratique du vélo ?

Nous avons eu très mal aux lèvres à plusieurs reprises : le vent, le froid, la poussière, le sel, le soleil… Tout cela a occasionné de belles blessures aux lèvres qui mettent longtemps à guérir. Les enfants ont été plus épargnés : ils ont trouvé l’astuce plus vite : pédaler avec la cagoule ou le tour de cou remontés jusqu’au nez. Et au premier signe de gerçure : un peu de vaseline qui hydrate durant toute la nuit .

Quels muscles avez vous découverts ?

Très récemment, nous avons découvert de nouveaux muscles aux mollets, en montant et descendant à pied les innombrables marches du Machu Picchu!

Sur le vélo, pas trop de problème de muscles, à part peut être ceux du dos et des épaules quand nous devons pousser les vélos.

Des questions pour Lalie et Esteban:

– votre premier anniversaire loin de vos amis français, quel est votre ressenti? de la nostalgie, de la fierté de vivre une aventure exceptionnelle ?

L : Contente de vivre une aventure exceptionnelle!

E : un peu les deux, parce que j’aime bien fêter mon anniversaire avec les copains aussi.

– si vous deviez prendre un objet de plus pour le reste du voyage, lequel?

L : Un hamac

E : Mon lit: si je pouvais le mettre sur le vélo. Sinon des playmobils.

– Que préférez-vous dans les bivouacs, camping nature ou logement urbain/campagne (avec ses rencontres)

L : camper dans la nature, faire un feu.

E : plutôt logement parce que c’est plus chaud. Mais sous la tente, c’est chouette aussi quand il ne fait pas trop froid.

Christophe :

– si tu avais le choix dans un outil bonus, lequel?

La tente auto-portante pour 5 que nous n’avons pas trouvée au départ… maintenant que j’ai réussi à trouver la petite clef torx pour le rohloff

– dans tous tes voyages où l’humain est central, celui-ci n’est-il pas le Graal que tu cherchais?

Chaque voyage est différent. Lors du premier grand voyage en 2001-2002 avec Fifou et Jojo puis Aurélie, nous nous sentions les messagers de l’Odyssée de l’Espoir et avions un but principal : celui de soutenir les personnes concernées par la sclérose en plaques. Il y a eu aussi beaucoup d’aventures que j’ai eu la chance de vivre, marquées par la solidarité et la fraternité. Celui-ci est plus « intimiste » même si nous avons la chance de pouvoir la partager avec un grand nombre de personnes. L’outil numérique et internet ont marqué une évolution dans le voyage. Pour ce voyage, je pense souvent à l’extraordinaire chance que j’ai de vivre cette belle aventure humaine avec la femme que j’aime et nos trois enfants. Voir grandir ces derniers chaque jour, partager de grands moments de complicité est un luxe. Cela a demandé de faire des choix, parfois difficiles, mais cette parenthèse familiale est inestimable.

Val:

– comment trouves-tu ton Indiana Jones, fidèle à tes rêves les plus fous, rigolo sans chapeau, ne sais pas faire du lasso?

J’adore mon Indiana Jones, toujours plein d’idées, d’énergie et de chansons pour pimenter notre aventure et la rendre inoubliable.

– as-tu déjà des idées de recettes que tu auras plaisir à faire découvrir à tes amis autour d’un bon verre de vin?

Oh oui! Du poulet à la broaster (rires)! Non, sans blague, on pense en effet souvent aux repas à thème que l’on fera en rentrant : quesadillas, guacamole, etc ! Et ça ne fait que commencer!

Allez, tant qu’on parle recettes, voici enfin celle du riz au four qui nous vient de Ramona, l’arrière grand-mère espagnole de Christophe :

Préchauffer le four le plus chaud possible.

Dans un grand plat verser 1/2 verre d’huile ; 3 verres de riz (de préférence de cuisson longue) et une dose de safran. Mélanger pour enrober le riz puis ajouter les gousses d’une tête d’ail sans les éplucher ; 5 pommes de terre coupées en petits cubes. Remélanger. Ajouter sur le dessus 2 tomates coupées en tronçons fins. Ajouter 6 verres d’eau, du sel et du poivre.

Enfourner 20′ à 300° puis diminuer à 250° jusqu’à ce que le riz soit cuit.

N’hésitez pas, vous aussi, à partager vos meilleures recettes de famille !

Naïa:

– le top ce roadtrip en team Vélovefamily ?

Elle a l’air complètement épanouie!

– Naïa commence à devenir propre ? Toujours des couches à transporter ? Elle va toujours sur le pot avec plaisir?

Là dessus aussi, nous avons marqué une pause en Bolivie… pas très motivant de mettre ses petites fesses à l’air par grand froid. Mais depuis notre arrivée au Pérou on s’y remet… d’autant que ça y est elle a décidé qu’elle n’était plus un bébé mais une « grande fille ». On insiste pas encore trop. On lui propose régulièrement .Souvent elle joue le jeu et est toute fière de faire pipi comme Lalie. Elle est à l’aise accroupie et utilise peu le pot. Nous nous étions fixé l’Amérique centrale pour passer aux « choses sérieuses ».

– Son vocabulaire s’agrandit et inclut de l’espagnol ?

Oui, elle parle de mieux en mieux et de plus en plus et répète beaucoup ! Elle dit donc souvent gracias, hola, hay alguien? C’est souvent elle qui souhaite, la première, bon appétit quand on passe à table .Elle réussit, d’une manière générale, très bien à se faire comprendre.

– Quand on voit que les enfants vont à l’école, ou qu’ils jouent avec de nouveaux copains, c’est qu’ils se mettent de plus à plus à l’espagnol ?

Oui ils progressent bien! Partager quelques jours de voyage aves les 260 litros les a aussi beaucoup aidés. C’est drôle, car comme nous parlons français avec eux, nous ne nous sommes pas rendus compte de leurs progrès au quotidien . Maintenant on les voit tenir une conversation avec des adultes qui les interrogent sur notre voyage. Ils vont également régulièrement faire des courses , seuls et s’en sortent très bien.

Pourquoi les 260 Litros s’appellent-ils ainsi?

Au début de leur projet ils n’etaient que 2 amis, avec chacun 130 litres de volume en sacoches…

– Vous devez souvent mixer l’anglais et l’espagnol. Pas trop compliqué ?

Cela fait 4 mois que nous pratiquons l’espagnol et nous sentons à l’aise avec cette langue. Lorsque l’on rencontre des voyageurs anglophones, souvent les mots se mélangent entre les deux langues… pas toujours simple et « fluent »;)

– Est ce que parfois vous ne nous dites pas tout pour pas nous inquiéter ? Joker autorisé mais si vous l’utilisez la réponse est donnée hé hé !

Non non, pas besoin du joker, nous ne cachons rien d’inquiétant . C’est juste que nous ne pouvons pas tout exprimer et détailler dans un compte-rendu quotidien, que l’on veut le plus digeste et agréable possible . Tout ce que nous voyons, vivons ou ressentons ne peut naturellement pas y entrer  . Pour l’instant, nous n’avons pas rencontré de grandes difficultés. Il y a parfois des sources d’inquiétudes ou des jours où nous sommes moins en forme, mais rien d’insurmontable pour l’instant. En toute occasion nous essayons avant tout, de nous adapter à la situation.

– A 1/3 du voyage vous pouvez faire une évaluation sur vos facilités d’adaptation: la vôtre, celle de l’autre, celle des enfants, mais aussi celle du matériel, et enfin des vélos … Pour ce qui vous concerne, pas de doute … vos récits nous donnent la réponse, car en vous lisant on n’a qu’une envie, lire l’épisode suivant …

Que le temps passe vite! En effet, nous avons déjà fait 1/3 du voyage!

Nous avons tous été étonnés de la facilité avec laquelle nous avons adopté cette nouvelle vie (et quitté, plus ou moins momentanément, la précédente). Nous sommes heureux de ce que nous vivons et nous sentons « dans notre élément ». Même les enfants, qui ont eu quelques petits coups de blues le premier mois, sont désormais bien dans le voyage… Nous serons bien-sûr heureux de retrouver tous nos proches, mais sommes tous conscients de vivre une précieuse parenthèse dans notre vie. Déjà plein de belles rencontres et découvertes. Des débuts de prises de conscience aussi, qui orienteront, sans doute, nos choix au retour…

Par contre, qu’en est -il pour le reste du matériel, la tente, le réchaud, les « petits trucs » pour la gestion de la vie quotidienne ? Y aurait- il des choses à ce niveau que vous feriez autrement ?

Nous nous disons souvent que nous avons beaucoup de choses inutiles… mais on ne sait pas trop de quoi se débarrasser (!). Nous nous allègerons certainement bientôt de nos doudounes et gros duvets pour passer en mode été (nous sommes en train de voir les differentes options de rapatriement).

Sinon, concernant le matériel, 3 de nos 5  cuillères-fourchettes en plastique Light my fire ont cassé (on nous avait prévenu!) et la poêle Sea to summit que nous avions achetée, attache beaucoup trop (on en a trouvé une, parfaite, légère et toute simple, en Argentine). Les 2 matelas gonflables thermarest se dégonflent dans la nuit sans que l’on arrive à détecter de trou. La tente répond bien à nos attentes, même si nous aurions préféré en trouver une auto-portante.

Le chargeur solaire est efficace, contrairement au chargeur à dynamo que nous n’utilisons pas.

Publié dans Bolivie, Perou | 11 commentaires

4 Septembre : Cusco

Après une nouvelle soirée à  regarder queĺques épisodes des « Mystérieuses cités d’or », le lever se fait plus tardif ce matin.

Nous profitons de la matinée pour accomplir quelques tâches nécessaires et en attente : révision des vélos (en cela nous serons bien aidés par un très bon vélociste installé juste en face de l’hospedaje), finalisation de la seconde vidéo sur Cafayate-La Paz, travaux scolaires, linge…

Le Pino rouge, dont l’axe de pédalier claquait depuis deux étapes, avance désormais dans le silence et le rohloff du Pino blanc devrait être revu d’ici la fin de la semaine.

L’après-midi, après une belote familiale pendant la sieste de Naïa, nous partons explorer le très beau centre historique de Cusco,ses marchés, ses petites rues et ses grandes églises.

Nous cherchons, en vain, de nouvelles chaussures pour Christophe. Les siennes semblent avoir vécu. Mais les prix affichés dan le centre tourisique sont déraisonnables. Nous espérons qu’elles tiendront encore quelques jours, notamment jusqu’au retour du Machu Picchu.

Nous achetons de quoi faire un repas « maison » et rentrons partager la soirée avec Aurélie et Romain (de superbes vidéos sur leur page Facebook ou Vimeo « Bike kitchen ») et Nolwenn et Adrien (qui partent vers Ushuaïa et que vous pouvez suivre sur Facebook et Instagram « Tous-en-chaîne »). Une belle soirée ponctuée par de succulentes crêpes cuisinées par Adrien.

Demain matin, c’est le grand départ en direction du Machu Picchu que nous irons visiter après-demain !

Publié dans Perou | 5 commentaires

3 septembre : Cusco

Après la soirée festive d’hier soir, Naïa se lève ce matin en réclamant que ce soit son anniversaire aujourd’hui ! Comment lui faire comprendre qu’elle doit attendre encore 5 mois ? Alors, nous jouons le jeu et lui souhaitons un Joyeux Anniversaire…

Le lever se fait en douceur. Un petit-déjeuner dans le grand patio en compagnie d’autres voyageurs (encore de nombreux voyageurs à vélo : un couple de français, trois anglais et deux allemands… l’Europe  représentée en force), un peu de temps sur le net avant que Lalie et Esteban  se solidarisent avec leurs camarades français pour une bonne séance de travaux scolaires.

Nous partons ensuite pour notre mission du jour : trouver le meilleur plan pour aller voir le fameux Machu Picchu !  Il faut l’avouer, c’est un peu complexe. A moins de passer par une agence qui gère tout mais fait payer le prix fort, le reste demande de nombreux calculs. Aujourd’hui, visiter le Machu Picchu est un luxe. Face à la demande exponentielle, l’offre se fait élitiste à tel point que nous nous sommes même demandés si finalement nous allions y aller. En même temps, c’est compliqué d’être arrivés jusqu’à Cusco et de ne pas aller visiter cette merveille !

Nous avons donc questionné les autres voyageurs, cherché des infos sur Internet et étudié les différentes possibilités. Ce n’est pas l’entrée en elle-même qui est hors de prix, quoi que déjà élevée : 120 Soles par adultes (environ 30 Euros) et moitié prix pour les enfants, c’est le trajet qui vient grever le budget. La solution de confort consiste à prendre le train depuis Cusco mais le tarif dépasse les 100 dollars par personne (eh oui, ici les prix se donnent en dollars…). Pour éviter ce coût,  il faut jongler. C’est ce que nous avons essayé de faire. Nous verrons, dans 2 jours, si cela a fonctionné. Taxi, bus, train et marche à pied : voilà le programme qui nous attend avant d’accéder à la montagne sacrée. Il faudra aussi être vigilant avec les horaires car depuis quelques mois, l’entrée sur le site n’est possible que par demi-journées. C’est soit 6h00-12h00, soit 12h00-18h00 , avec à chaque fois , une jauge limitée à 2 500 personnes. Quand on vous dit que c’est de la folie!  …

L’après-midi, un autre temps scolaire (c’est vraiment la rentrée !) attend Lalie et Esteban avant un temps libre où chacun peut lire, jouer ou monter la prochaine vidéo…

En fin d’après-midi nous apprenons , avec bonheur, et après une longue attente, la naissance de Gabriel, un nouveau cousin pour Naïa, Esteban et Lalie. Bienvenue à toi Gabriel dans ce beau Monde !

Publié dans Perou | 6 commentaires

2 Septembre : Oropesa – Cusco ! : 31 km (3 906 km)

Une délicieuse odeur de pain chaud vient titiller nos narines alors que nous sommes en train d’arrimer les sacoches aux vélos. L’hospedaje dans lequel nous nous sommes arrêtés est également une boulangerie !

La propriétaire commence par nous offrir un énorme pain. Puis, lorsqu’elle verra les enfants, nous remplit un sac entier de pains chauds. Nous assistons aux manipulations devant l’énorme four alimenté au feu de bois. Des centaines de pains de toutes tailles sont méticuleusement placés et dorent à vue d’oeil. Ça ne chôme pas, la technicité de la personne qui gère le four est un véritable spectacle.

Nous dégusterons notre pain chaud quelques kilomètres plus loin, après avoir trouvé dans une petite épicerie du beurre et de la confiture de fraises. Avec le miel que nous avons toujours dans nos sacoches (nous en sommes de grands consommateurs !), voilà de quoi se préparer un petit-déjeuner d’exception. Entre-temps nous aurons traversé la capitale du cochon d’inde au four. Nous l’avons échappé belle et avons bien choisi notre ville étape !

La longue rentrée dans les faubourgs de Cusco n’est pas des plus agréables. Heureusement que les applications GPS sont là pour nous permettre de visualiser les chemins de traverse afin d’éviter les axes principaux, très chargés en véhicules.

Une fois arrivés à Cusco, il nous faut encore monter. La ville est en pente . Bien qu’une voie soit indiquée prioritaire pour les cyclistes, les nombreux taxis stationnés sur cette voie obligent à effectuer quelques contournements délicats.

Nous atteignons enfin la Plaza de Armas. Une foule immense occupe la place. Nous ne sommes pas encore acclimatés à tant de monde et prenons rapidement le chemin de « l’Estrellita », un petit hospedaje avec cour intérieure qui est connu pour être le repaire des cyclovoyageurs de tout horizon…

Nous repartons en fin d’après-midi, afin d’essayer de dénicher un bon restau. En effet, en plus de fêter notre arrivée à Cusco, Valérie et Christophe fêtent leurs noces de soie aujourd’hui. Que d’anniversaires en quelques jours !

Publié dans Perou | 10 commentaires

1er Septembre : Cusipata – Oropesa : 60 km (3 875 km)

Déjà 4 mois ! 1/3 de cette grande Aventure familiale est déjà écoulé ! Nous avons du mal à le réaliser ce matin en nous levant. Continuons de profiter intensément de la chance quenous avons  de vivre cette belle histoire !

Cusco se rapproche… et le trafic s’intensifie. Ce matin, piégés par le soleil qui a du mal à passer au dessus des grandes montagnes qui bordent la route, nous tardons un peu avant de nous arrêter pour partager le petit-déjeuner. Et quand le soleil réchauffe les bords de la route, ce sont les poubelles et détritus en tous genres qui n’incitent pas à la pause. Nous roulons ainsi une quinzaine de kilomètres avant de trouver un lieu convenable.

Le parcours est bien bosselė et dans la descente vers Urcos, le frein arrière du pino blanc lâche. Heureusement, le frein avant fonctionne parfaitement et la vitesse n’est pas excessive. L’écarteur entre les patins de freins s’est brisé et n’aura donc pas attendu la révision générale prévue à Cusco. Nous changerons donc les patins de freins, bien usés, sur le bord de la route. Le lieu est inconfortable mais au moins, c’est fait. Maintenant… ça freine fort !

En bons français, nous visons la capitale Péruvienne du pain pour nous arrêter. Nous l’atteignons au bout de 60 km durant lesquels notre attention aura été sollicitée afin de jongler entre les débris jonchant certains bords de route (parfois difficiles à éviter avec la largeur de la carriole !) et certains conducteurs, notamment de bus, peu soucieux des frêles cyclistes que nous sommes face à leurs mastodontes.

Une belle odeur de pain sortant du four marque notre arrivée sur Oropesa. Des dizaines de boulangeries se succèdent et appellent à l’arrêt. Nous trouvons une chambre pour toute la famille. De quoi se reposer avant d’attaquer la lente montée vers Cusco et la traversée de sa banlieue.

PS : Un grand Merci pour vos astuces et conseils pour la fermeture éclair de la carriole. Nous avons resserré (délicatement !) les bords avec une pince… et ça ferme à nouveau. Naïa est bien à l’abri !

Publié dans Perou | 5 commentaires

31 Août : Checacupe – Cusipata : Vinicunca + 19 km ( 3 815 km)

Lorsque le réveil sonne à 4h15, il nous faut quelques minutes avant de réaliser qu’une belle rando nous attend.

Comme convenu, nous sommes à 5h00 pétantes sur la place centrale. Mais pas notre chauffeur ! Heureusement nous avions pris quelques numéros What’sapp hier . Après un petit jeu de piste et 3/4 d’heure d’attente, nous voyons arriver le véhicule et son conducteur certainement victime d’une panne de réveil.

Il faut plus d’une heure, par de petits chemins de terre sinueux et parfois vertigineux , pour se rendre à l’entrée du parc naturel d’où démarre le sentier de randonnée.

Nous arrivons avant la foule. Après quelques bananes et biscuits partagés avec Jessica et Aldo, nos compagnons Mexicains, nous commençons la montée. Cette dernière n’est pas longue puisqu’elle nous mènera au sommet du Vinicunca en seulement 5 kilomètres.

5 kilomètres, mais un beau dénivelé puisque nous partirons de 4 200 mètres pour dépasser… les 5 000 mètres.

Sur le chemin, nous nous arrêtons pour observer les nombreux troupeaux d’alpagas qui paissent tranquillement dans les zones enherbées. Le paysage nous rappelle celui du plateau d’Emparis, situé en face de la Meije et des Deux-Alpes. Une végétation rase , sur un paysage bosselė, appelant à la sieste. Il est encore trop tôt pour cette dernière. De nombreuses pauses et objectifs de pauses permettront de faire face au poids de l’altitude et d’avancer. Les feuilles de coca sont également de sortie et faciliteront l’oxygénation. Seule Naïa, sur le dos de Sherpa-Valérie, n’utilisera pas les feuilles ramenées de l’Altiplano.

L’acclimatation à l’altitude, dont nous avons bénéficié ces dernières semaines, et la volonté des enfants (qui nous ont encore épatés aujourd’hui !) nous permettront de franchir notre premier 5 000 familial (5 036 mètres exactement !).

Du sommet, nous pouvons contempler une incroyable merveille de la nature : la montagne aux 7 couleurs. Cette vision incroyable méritait bien les efforts déployés.

Nous restons un long moment devant cette oeuvre qui nous apparaît telle une myriade de couleurs séchant sur un trèteau andin.

Les enfants feront une grande partie de la descente en courant (y compris Naïa) croisant une véritable fourmilière humaine qui s’est mise en marche. Une vision nous glacera à de multiles reprises lors de la descente : de très nombreux touristes font le chemin portés par des chevaux, eux-mêmes tirés par des femmes en sandales. Ces dernières, souvent d’un certain âge, redescendent ensuite à toute vitesse avant de remonter, non pas avec des personnes en situation de handicap ou des personnes âgées mais le plus souvent avec de grands golgoths blonds qui paradent ou des jeunes filles jouant avec leurs perches à selfie. Quel affreux exemple de la domination du Nord sur le Sud, de cet impérialisme économique qui rabaisse l’être humain à l’état d’animal dompté.

Les enfants ne comprennent d’ailleurs pas pourquoi ce ne sont pas les dames qui sont sur les chevaux…

Nous pestons souvent lorsque des personnes nous appelent « gringos » . Mais il faut bien avouer que de tels comportements, sans justifier ce langage, peuvent l’expliquer en partie. Ce matin, nous avions parfois honte d’avoir la même couleur de peau que ces esclavagistes des temps modernes…

Nous ne pouvons que redescendre en félicitant nos enfants pour le courage et la détermination dont ils ont fait preuve.

Nous rentrons chez notre Warmshower, pique-niquons, puis regonflés par les globules du matin, retrouvons de l’énergie pour ranger nos affaires et repartir à vélo. 19 km et deux belles montées qui nous permettront d’alléger les deux dernières étapes avant Cusco.

Nous dînons et regagnons vite nos couchages après cette longue mais superbe journée.

PS : De grosses pensées accompagnent nos « canards » préférés qui vont courir le Marathon du Medoc, demain, en accompagnant Océane en Joelette. Nous avons forcément en mémoire ces aventures humaines partagées ces dernières années avec Nico, Zafer et tant d’autres. Merci à Lolo et Peggy pour cette superbe organisation. Nous serons avec vous, par la pensée, tout au long de ces 42,195 km… et rêverons des pauses oenologiques. A l’année prochaine !

Publié dans Perou | 24 commentaires

30 Août : Sicuani – Checacupe : 46 km (3 796 km)

Nous quittons Sicuani pour retrouver la route qui serpente dans la campagne environnante. Quelques chauffards semblent un peu excités ce matin. Mieux vaut anticiper quelques queues de poisson.

Encore des cyclovoyageurs sur la route aujourd’hui. Un couple d’Argentins parti de Buenos Aires pour rejoindre… Cusco ! Ils ne sont plus qu’à une petite centaine de kilomètres de leur objectif final mais font durer le plaisir en s’arrêtant dans les fêtes de village afin d’y vendre différents produits artisanaux de leur confection. Ils offriront d’ailleurs des bracelets à Lalie et Esteban qui commencent à avoir les poignets bien chargés. Nous retrouverons peut-être ce sympathique couple à Cusco.

En arrivant à Checacupe nous attend notre première expérience en tant qu’invités « Warmshower ». Après avoir accueilli  depuis plus de 15 ans , sur Toulouse puis sur Luzech de très nombreux cyclovoyageurs, nous avons, à notre tour contacté un hôte de ce réseau mondial en faveur de l’entraide entre voyageurs. C’est Jaime qui nous accueille dans une petite pièce prêtée par l’un de ses amis. Nous partagerons cet espace avec un couple de Mexicains qui descendent vers le sud.

Nous profitons d’être arrivés tôt pour consacrer une grande partie de l’après-midi aux travaux scolaires.

Nous partons également à la recherche d’un moyen de locomotion pour rejoindre le début de la randonnée vers Vinicunca et la Montagne aux 7 couleurs, chemin de montagne que nous souhaiterions parcourir demain matin.

Après de longues allées et venues, nous trouvons enfin un « collectivo » qui pourrait nous y conduire. Les Mexicains seront de la partie. Départ prévu à 5h00 du mat’ !

Publié dans Perou | 5 commentaires

29 Août : Aguas Calientes – Sicuani : 32 km (3 750 km)

Lorsque nous ouvrons la porte de la tente ce matin, nous nous trouvons face à un paysage quasi-imaginaire. Tout est blanc de gelée, surmonté de larges vapeurs sortant de la terre. Bienvenue à la confluence du gel et du feu !

Le soleil vient peu à peu effacer la pellicule blanche qui a recouvert nos tentes. Nous mettons tout à sécher et pendant ce temps allons profiter, une nouvelle fois, de ces piscines en plein air qui nous tendent les bras. Certaines atteignent les 50°. Autant dire que c’est chaud !

Avant d’atteindre le stade de la cuisson, nous sortons pour partager le petit-déjeuner avec Willy. C’est encore une très belle personne. Il est parti depuis 9 mois, sans vraiment de date de retour, sinon l’épuisement de ses économies. Il voyage sur un vélo qu’il a fabriqué… en bambous ! Il l’a équipé pour voyager ultra-léger (pas de porte bagage avant, ni arrière) et utilise deux énormes pneus (type fat-bike). Adepte des chemins caillouteux et sablonneux, il fera tout de même l’étape du jour, avec nous, sur l’asphalte .

L’une des étapes les plus faciles que nous ayons eue jusqu’à présent. 28 km de descente et de plat avant de rejoindre les faubourgs de Sicuani, la seconde ville de la region , après… Cusco ! Entre – temps nous traverserons la capitale des cuyes, ces cochons d’inde élevés, pour finir dans les assiettes.

Nous nous rendons au « Mercado Central » pour déjeuner local, avec Willy. Puis il repartira pour quelques kilomètres afin d’essayer de retrouver Kaï (l’Américain que nous avions rencontré à Uyuni puis à La Paz). Ils ont pour projet de rejoindre Vinincuca, la « Rainbow montain », magnifique oeuvre de la nature , également à notre programme après Checacupe. Peut-être nous y croiserons nous. A défaut, rendez-vous est pris à Cusco , afin de partager d’autres bons moments.

Nous avons un peu de mal à trouver un logement qui permette de poser nos montures en toute sécurité. Les hôtels du centre sont tous dotés de grands escaliers , peu propices à acueillir notre chargement. Nous nous éloignons donc et nous installons, en périphérie, dans un petit hôtel doté d’un vaste jardin.

Nous retrouvons un peu de WiFi qui nous permet de télécharger les photos pour les articles.

Publié dans Perou | 4 commentaires

Vidéo 2 : Cafayate – La Paz – Les moments forts

Voici comme promis la 2ème vidéo retraçant les moments forts entre Cafayate et La Paz!

Bon visionnage 😉

Publié dans Argentine, Bolivie | 25 commentaires

28 Août : Santa Rosa – Aguas Calientes ! : 43 km (3 718 km)

Nous sommes prêts de bonne heure pour attaquer les 30 kilomètres de montée qui nous attendent.  Au bout de quelques virages nous nous posons, une dernière fois, dans l’herbe jaunie de l’altiplano pour partager notre petit-déjeuner.

Nous contemplons ces larges étendues surplombées de montagnes enneigées avec nos yeux de voyageurs heureux.

Les 25 premiers kilomètres présentent une pente largement abordable sur laquelle nous essayons de maintenir un rythme correct. Dans cet effort nous croisons une écossaise à vélo, partie de Bogota en Colombie pour se rendre à Uyuni. Son accent anglais nous parait complexe et rapide, nous essayons de nous accrocher pour comprendre tout ce qu’elle nous raconte.

Dans les 5 derniers kilomètres nous paierons le fait d’avoir été présomptueux de nos efforts. Le rythme se fait beaucoup plus lent, la pédale plus lourde. Heureusement nous rencontrons encore deux cyclovoyageurs luxembourgeois qui nous offriront le luxe d’une petite pause. Marc et Lisa viennent tout juste de partir de Cusco… pour deux ans de voyage qui les mèneront à Ushuaïa, dans l’Océanie et en Asie.

Nous avons eu le temps de reprendre notre souffle et parcourons les derniers hectomètres avec le panneau du Col de la Raya en ligne de mire, 4 338 mètres, le point culminant de notre Aventure familiale que nous atteindrons à vélo cette année.

Au sommet, une belle surprise nous attend. Un car de Suisses s’est arrêté et joue de la musique à l’aide de grands cors des alpes qui résonnent dans toute la vallée. Nous les écoutons avec délice pendant que nous nous habillons pour la descente. Le vent s’est levé, les nuages sont revenus et il ne fait plus très chaud.

Nous avons entendu parlé des Aguas Caliente, situées dans la descente, par nombre de voyageurs que nous avons croisés . Nous décidons de nous y arrêter pour la nuit. Il est possible de camper dans ce site extraordinaire. De nombreux bassins d’eaux très chaudes sont dispersés dans un bel espace encore préservé. Nous déjeunons devant l’entrée et sommes rejoints par Willy, un cyclovoyageur Allemand, dont nous avions fait la connaissance à la Casa de ciclistas de La Paz. Heureux de nous retrouver, nous montons les tentes entre deux bassins puis allons profiter de ces eaux volcaniques. Nous plongerons même dans ce que Joseph des « Chamavelo » avait appelé « la tisane », un bassin dans lequel baignent un grand nombre de plantes aromatiques sensées posséder de nombreuses vertus.

Nous en sortons pour nous faire cuire quelques pâtes et partager un bon repas anglophone avec Willy. Il fait moins de 5°, vivement demain matin que nous replongions dans les bassins d’eaux chaudes…

PS : Amis cyclovoyageurs, ces Aguas Calientes constituent un excellent spot de bivouac. Nous avons payé 12 soles (3 euros) pour 5 avec accès illimité à toutes les piscines d’eaux chaudes pour 24h dans un lieu incroyable !

Publié dans Perou | 12 commentaires

27 Août : Ayaviri – Santa Rosa : 44 km (3 675 km)

Nous ne sommes plus qu’à 250 km de Cusco au départ ce matin. 5 à 6 jours de vélo et nous devrions rejoindre notre prochaine grande étape. Entre temps, nous devrions passer un col demain qui nous fera quitter l’altiplano et redescendre un peu en altitude, sur la route du Machu-Pichu.

En attendant, c’est un faux plat montant qui nous attend. Un orage se prépare au loin et le vent devient tourbillonnant  et instable. Nous accélerons lorsque nous le sentons de dos pendant quelques centaines de mètres, puis prenons notre mal en patience lorsqu’il nous caresse la face.

Pour égayer quelques longues lignes droites, nous faisons successivement la course contre un train (nous perdons ! malgré ses encouragements auditifs !) puis contre la pluie (et là, nous gagnons ! touchés uniquement par quelques gouttes).

Avec toutes ces accélérations, nous arrivons vers 13h00 à Santa Rosa où l’ambiance grimpe puisque nous nous trouvons au coeur de la fête annuelle.

En arrivant vers le centre nous croisons… 4 nouveaux cyclo-voyageurs : un couple d’allemands et un couple d’australiens. Ils sont partis de Quito pour rejoindre… Ushuaïa !

Nous discutons un long moment avec ces deux couples bien sympathiques. Amis anglophones, vous pouvez les suivre sur : http://www.leavewithoutpay.com .

Le journal du jour de notre rencontre : https://leavewithoutpay.com/2018/08/27/the-last-pass-maybe-sicuani-to-ayaviri-108k-19492k-3300ft/

Nous cherchons un endroit pour poser les vélos dans une petite auberge , puis allons déjeuner sur la place animée avant qu’un orage ne s’abatte sur cette petite ville et invite chacun à trouver un abri.

Demain, 30 km de montée nous attendent pour quitter l’altiplano. Nous prendrons alors la route de Cusco avant d’attaquer la partie qui s’annonce, sans doute, la plus physique du voyage entre Cusco et le Pacifique.

Publié dans Perou | 6 commentaires

Avez-vous des questions?

C’est la rentrée ! Nos petits (et grands) reporters sont prêts à répondre à toutes vos questions. Vous pouvez les poster en commentaire à cet article jusqu’au 5 septembre!

Nous avons  constaté , les fois précédentes que ce petit jeu de questions/réponses apportait un éclairage complémentaire sur nos aventures : nous ne pouvons pas toujours tout mettre dans nos récits quotidiens et ne prenons pas toujours le temps de répondre à certaines questions glissées parmi vos commentaires.

Nous en profitons d’ailleurs pour vous dire un grand merci à tous pour vos petits messages et encouragements qui pimentent et embellissent notre voyage !

Publié dans Perou | 13 commentaires

26 Août : Ayaviri

Notre grand garçon a grandi cette nuit ! 8 ans… et presque toutes ses dents.

Un réveil en chanson, des bougies déposées sur un petit donuts et voilà un ballon de foot en cadeau.

Impatient de le tester, Esteban est ravi de se rendre dans un grand parc de jeux situé à proximité de la ville. Nous y passerons deux bonnes heures, les enfants courant dans tous les sens et les parents essayant de suivre…

Un déjeuner rapide en ville avant qu’Esteban ait enfin l’occasion de jouer un peu à la tablette (le sevrage qu’il a eu depuis quelques semaines , pour cause de journées bien remplies à velo et en rencontres, ne fait que rendre cette occasion encore plus excitante pour lui…. Pendant ce temps Lalie essaie de construire un petit robot solaire qu’elle a eu pour son anniversaire. Naïa fait sa sieste . Les parents inspectent les vélos et essayent de réparer une fermeture éclair de la carriole… qui ne ferme plus ! Nous avons essayé d’huiler la fermeture, vérifié chaque pic… rien n’y fait ! Si vous avez des recettes, nous sommes preneurs.

Ayaviri n’est pas une cité touristique et nous sommes certainement quelques uns des rares étrangers dans cette ville. Nous ne passons pas inaperçu malgré nos efforts pour nous fondre dans la population locale.

Ce soir nous fêterons l’anniversaire d’Esteban dans un petit snack de la place centrale. Un anniversaire original par le lieu et la dynamique dans laquelle il s’inscrit.

PS : Bonnes fêtes de Luzech ! A l’heure ou paraitront ces lignes, le concert des Flagrants Délires battra son plein. Un rendez-vous annuel dont nous garderons d’excellents souvenirs. Bises d’Esteban à son prof de guitare préféré !

Publié dans Perou | 16 commentaires

25 Août : Japune – Ayaviri : 47 km (3 631 km)

Cette nouvelle nuit sous tente (qui sera certainement le bivouac le plus haut de notre périple, à 3 900 mètres d’altitude) est finalement l’une des meilleures de ces derniers jours. Nous n’avons pas eu froid (alors que dehors tout a gelé) et nous réveillons avec un panorama magnifique.

La fermière  passe près de nous, s’inquiète de la nuit que nous avons passée et nous invite à la suivre pour la traite matinale des vaches. Spectacle authentique dont les enfants ne perdent pas une miette, s’étonnant de la quantité de lait pouvant sortir d’une seule mamelle. Cette observation valait bien le fait de décaler un peu l’heure de notre départ.

Dans la traversée de Pukara, nous croisons de nouveaux cyclovoyageurs. Yves, Jurassien, et Frédérique, Aveyronnaise, sont partis d’Alaska il y a 13 mois et comptent rejoindre Ushuaïa d’ici la fin de l’année. Ils voyagent désormais avec un couple d’Anglais qui ont la même destination. En ce 25 Août nous avons une pensée pour les « Chamavelo » qui terminent aujourd’hui leurs 13 mois de voyage à Montpellier, sympathique famille que nous avons tous eu le plaisir de cotoyer. Nous échangeons nos bons plans pour nos routes respectives puis repartons sur de longues lignes droites.

La piètre qualité de la chaussée et le vent de face qui s’est levé sont aussi nuisibles pour le moral que pour le physique. Nous sommes obligés d’appuyer lourdement sur les pédales pour plafonner à un pauvre 9km/h ! Le fait d’appuyer davantage sur les pédales a des conséquences sur nos postérieurs qui subissent également plus de pressions et nous obligent à changer de position plus fréquemment , sans jamais en trouver une, vraiment confortable.

Au bout d’une dernière ligne droite interminable, nous arrivons enfin à Ayarivi, petite ville que nous avions pointée sur la carte pour y fêter l’anniversaire d’Esteban, demain.

En début de soirée, nous assistons à une nouvelle démonstration de « Caporales » un défilé de danses mi-hip/hop, mi-folklorique. Le résultat est vraiment réussi. L’énergie déployée par tous ces jeunes danseurs est remarquable, le tout accompagné par… une fanfare bien entendu ! Jamais nous n’avons entendu autant de fanfares que lors de ce dernier mois !

Publié dans Perou | 6 commentaires

Bolivie : rude mais inoubliable !

Venir en Bolivie, pédaler sur le Salar d’Uyuni et rejoindre le lac Titicaca était un objectif phare de notre voyage… la réalisation d’un rêve! Nous savions pourtant que cela signifiait également entrer vraiment dans l’Aventure, la dure de dure : celle où tout n’est pas si simple, mais qui forge les esprits et laisse des souvenirs imperrissables.

La Bolivie aura tenu toutes ses promesses !

Voyager sur l’altiplano bolivien en hiver, en vélo et avec des enfants en bas âge ne constitue pas un voyage de plaisance. Il faut s’adapter à l’altitude et au climat, certes, mais également aux conditions de vie souvent très précaires.

Finalement, le froid n’a pas été aussi intense que nous aurions pu le craindre. Notre équipement s’est révélé bien adapté et nous n’avons eu à faire face qu’à 3 jours de vraiment mauvais temps en 1 mois et demi! Nos doudounes ne nous ont néanmoins pas beaucoup quittés.

Pour ce qui est des conditions de vie, nous avons encore été impressionnés par la capacité d’adaptation des enfants… ils prennent les choses comme elles sont, sans se poser de questions. Nous les avons quand même trouvés un peu plus « fatigués » que d’ordinaire… mais les pauses effectuées et l’entrée au Pérou leur ont redonné leur dynamisme habituel, donc pas d’inquiétude !

Nous, parents, avons aussi vécu sans trop de préoccupations cette période plus rude : trop heureux des découvertes qu’elle engendrait. C’est le plaisir que nous avons eu à retrouver ce que nous appelons désormais « le luxe » qui nous a le plus étonné :

– des douches chaudes qui restent chaudes du début à la fin (Lalie aura vécu 2 fois à ses dépens l’expérience d’une douche glacée pour se rincer les cheveux, quand la température de la salle de bains n’excède pas 10 degrés.

– de la nourriture un peu plus variée : en dehors des grandes villes (assez peu nombreuses) il est très dur de trouver de quoi manger varié. Les petits commerces vendent très peu de choses, quasiment jamais de crudités ni de quoi pique-niquer. Quant aux « restaurants » et restaurants de rue, ils proposent à peu près tous la même chose : du riz blanc, des patates, et du poulet. Le poulet à la broaster (pané et fri) est une véritable institution en Bolivie ! C’est ainsi que, même après un « bon repas » nous avions toujours la sensation d’avoir faim (au moins pour une gourmandise!).

– une salle de bains et des toilettes propres (!). Les conditions d’hygiène ne sont, bien sûr, pas idéales. Les intestins s’en ressentent… Le confort de sanitaires propres qui fonctionnent est d’autant plus appréciable.

Nous aurons également quelques fois pesté contre les coups de klaxons des taxis en pleine nuit.

Malgré tout cela, nous quittons la Bolivie le coeur rempli de belles images! Le Salar d’Uyuni a été magique et inoubliable, La Paz impressionante, la jungle luxuriante et sauvage et le lac Titicaca grandiose!

Nous y aurons aussi fait beaucoup de belles rencontres, et même eu le temps de voir certaines se transformer en amitiés sincères : en recontrant les Chamavelo qui font partie des personnes qui nous ont inspiré, en pédalant plusieurs jours avec les 260 Litros à travers le Salar, en cohabitant avec d’autres voyageurs dans une auberge espagnole à La Paz, ou en partageant le quotidien d’une famille bolivienne investie dans la permaculture à Sorata…

Pour toutes ces raisons la Bolivie restera à coup sûr un temps fort de notre voyage dont chaque épisode sera profondément gravé dans nos esprits…

Photo « Chamavelo »

Publié dans Bolivie | 9 commentaires

24 Août : Juliaca – Japune : 57 km (3 584 km)

La nuit fut gastriquement inconfortable et le voisin festif. Malgré un bon matelas, elle ne fut donc pas des meilleures. Nous entamons une nouvelle cure de probiotiques et quittons notre voisin avec le logement…

Le temps de rassembler toutes les affaires éparpillées, d’aller retirer quelques liquidités en centre ville et de partager le petit-déjeuner, il est déjà 11h00 !

Dans 48 heures , un autre anniversaire s’annonce. Il nous faut donc calculer un point de chute qui donne envie d’y rester une journée. Il va donc falloir rouler un peu !

La sortie de Juliaca nous paraît moins complexe que lorsque nous sommes arrivés. Entre les rues cabossėes, en terre, nous tombons même sur une improbable piste cyclable (les applications numériques ont décidemment révolutionné les itinéraires en ville…). Quelques kilomètres  de répit avant que la piste cyclable s’arrête aussi brusquement qu’elle nous était apparue.

La route est plate. L’absence de vent nous permet d’avancer. A 13h00 nous nous arrêtons pour déjeuner au sein du « comedor municipal » du petit village de Calapuja. Une soupe de quinoa, une assiette de riz, petit-pois, pomme de terre accompagnant un impondérable morceau de poulet nous redonnera des forces pour reprendre la route qui devient plus vallonnée… et donc plus intéressante.

A 16h30, 55 km s’affichent déjà au compteur. Il reste une petite dizaine de kilomètres avant de trouver un nouveau village.  Le paysage nous parait tellement appeler le bivouac que nous cherchons un petit chemin qui s’écarte de la route pour nous offrir la quiétude d’une nuit à l’extérieur. Un petit promontoire surplombe la rivière qui se déhanche en contre-bas. Au loin, nous apercevons des flamants roses pour la seconde fois de la journée. Ce spectacle nous émerveille et devient féerique quelques minutes plus tard lorsque le soleil se fait rasant et nous gratifie de ses plus beaux éclats. Une fermière vient chercher ses moutons qui nous tenaient compagnie et nous souhaite bon courage pour ce qu’elle appelle « les nuits glacées ». Effectivement il risque de faire froid et nous nous couvrons en conséquence avant de nous entasser dans un espace commun sous la tente. Nous plongeons dans nos duvets en songeant au spectacle qui s’annonce superbe demain matin avec un petit-déjeuner surplombant le paysage.

Publié dans Perou | 5 commentaires

23 Août : Presqu’île de Llachon – Juliaca

En ce grand jour familial, le lever est matinal. Natalio et sa fille qui s’occupent de l’association pour un tourisme responsable à Llachon ont préparé des crêpes pour le petit-déjeuner que nous accompagnons d’un gâteau au chocolat parsemé de bougies.

Lalie est aux anges pour son premier anniversaire à deux chiffres !

Nous ne tardons pas , car Darwin le capitaine de notre petite embarcation nous attend pour se rendre sur les îles d’Uros. Ces îles ont la particularité d’être des îles flotantes construites à l’aide de végétaux qui poussent sur le lac. 45 minutes de bateau plus tard, nous posons le pied sur ces îlots mouvants qui sont en fait de fabuleuses inventions datant de l’époque Incas. Jorge, le responsable du site, prendra de son temps pour nous expliquer en détail comment sont réalisées ces îles et la manière dont la vie s’organise au sein de celles-ci. Si le flot des touristes préfère les îles d’Amantani ou de Taquile, ces îlots sont surprenants. Certes, le côté « artificiel » peut parfois poindre mais on sent une véritable fierté de ces isliens de revendiquer et présenter leur culture millénaire. Si les panneaux solaires et donc l’électricité est désormais présente sur ces quelques dizaines de m2, l’alimentation, le troc, l’entretien quasi-quotidien des îles sont de véritables sources d’inspiration, loin du continent.

Nous resterons près de deux heures sur l’une de ces îles, seuls visiteurs privilégiés. Nous aurons également le droit à une petite escapade en barque traditionnelle.

C’est à 11h11, heure exacte de la naissance de Lalie, que nous reposons le pied sur la terre ferme. Tout un symbole !

Ces 24 heures sur la presqu’île de Llachon auront été une superbe parenthèse.

Nous reprenons la route du retour dans des « collectivos » bondés, des mini-bus 9 places où nous nous entassons parfois… à 18 ! Nous voulions de la proximité avec la population locale, nous sommes servis !

Nous ressortons en fin d’après-midi. Lalie a faim de viande et nous avons trouvé un petit restau adapté à ses désirs. Nous passons une superbe soirée avec un serveur au top et des convives chaleureux qui se lèveront tous pour chanter un joyeux anniversaire à la Reine du jour.

Demain, finies les agapes, nous reprenons la route vers le Nord !

En bonus, nous avons le plaisir de partager avec vous le moment où  Naïa Lalie souffle ses 10 bougies !

Publié dans Perou | 15 commentaires

22 Août : Juliaca – Presqu’île de Llachon

Parmi les engagements familiaux que nous avons pris lors du voyage, figure celui de ne pas faire de vélo le jour de l’anniversaire de l’un des membres de la VeLove Family.

Et demain est un événement puisque Lalie fêtera ses 10 ans ! 10 ans que nous sommes devenus une famille grâce à cette merveille !

Pour ne pas nous retrouver au milieu de nulle part et prévoir une petite surprise atypique pour notre aînée, nous avons décidé de nous octroyer une journée supplémentaire sans vélo. Cela nous permet, le matin, d’aller acheter discrètement quelques cadeaux (car 3 jours après Lalie, viendra le tour de l’anniversaire d’Esteban) et de finaliser notre projet.

Nous souhaitons, en effet, partir revoir une dernière fois le lac Titicaca et visiter l’une de ses îles, mais nous voulons le tenter sans passer par une agence ou un tour operator.

En fin de matinée nous prenons donc un « collectivo » pour Capachica puis un autre pour Llachon. Une fois arrivés, nous sollicitons les personnes sur la place et par le bouche à oreille tombons sur une dame qui tient un gîte. Reste à trouver un bateau pour aller visiter une île. C’est ce qui sera fait grâce à Darwin avec lequel nous convenons d’un horaire et d’un prix pour demain matin.

Il nous reste du temps dans l’après-midi pour jouer au foot avec les enfants de la propriétaire, pour faire une promenade le long de la plage qui borde le lac, puis pour monter en haut d’un mirador qui surplombe la baie.

Le gîte est tenu par une famille fort accueillante qui nous intègre rapidement dans la vie de la ferme qu’elle gère également. Donner le biberon aux plus petits des agneaux sera certainement un beau souvenir pour les enfants.

PS : en ces derniers jours de Mercato, les enfants ont endossé des tuniques du Pérou (les seuls maillots en tailles enfants disponibles étant ceux du PSG (veridique !) et du Pérou, le choix fut vite fait…)

Publié dans Perou | 13 commentaires

21 Août : Juliaca

Notre horloge biologique serait-elle déjà réglée sur un réveil très matinal ? Toujours est-il , qu’alors que nous avions convenu de laisser chacun dormir au maximum, tout le monde est prêt à 8h00 pour partager quelques tartines dans la chambre (nous avons aussi retrouvé du vrai beurre, du miel et de la confiture hier…).

Nous profitons de ce temps que nous avons pour faire une grande promenade dans les rues du centre ville de Juliaca. C’est animé ! On y trouve de tout, des fruits, des vêtements, des plantes pour prévenir ou combattre les maladies et toujours les fameux foetus de lamas séchés. D’ailleurs nous avons vu quelque chose d’encore plus laid que des foetus de lamas séchés : des foetus de lamas en train de sécher !

Autre ruelle qui a attiré toute notre attention, celle qui présente de nombreuses inventions mécaniques fonctionnant uniquement grâce à l’énergie solaire ou hydraulique. De petits systèmes que les enfants ont bien envie de reproduire.

Nous en profitons également pour changer nos Bolivianos en Soles avant d’aller déjeuner. La pluie se met à tomber et après un petit temps calme, Lalie, Esteban et Christophe en profitent pour se faire une petite séance ciné alors que Naïa et Valérie s’adonnent au lèche-vitrines .

Nous arrivons enfin à trouver de nouvelles piles pour nos compteurs (qui avaient été changées au départ mais qui, apparemment, n’ont pas aimé les nuits froides en Bolivie) et achetons une carte SIM Péruvienne pour le téléphone, en cas d’urgence.

Le soir, nous ne résistons pas à un petit resto gourmand. Il nous faut recharger les moteurs, un petit tour sur la balance ce matin a révélé que, depuis le départ, Valérie a perdu 6 kg et Christophe 8 kg pour retrouver son poids d’adolescent ! Apparemment toutes les calories que nous brulons sur le vélo ne sont pas compensées…

Publié dans Perou | 7 commentaires

20 Août : Huancane – Juliaca : 64 km (3 527)

L’hôtel n’était, certes, pas très cher mais il n’était pas insonorisé non plus ! Aussi lorsque les clients viennent demander une chambre à toute heure de la nuit, c’est un peu comme s’ils étaient dans notre chambre…

Cette nouvelle nuit nous a motivés à trouver un peu plus de confort. C’est à 7h00 que nous décolons ce matin pour rejoindre Juliaca, une grande ville Péruvienne située au Nord du lac Titiaca. Nous nous arrêtons au bout d’une petite dizaine de kilomètres pour partager un petit-déjeuner puis poursuivons sur une route qui contraste grandement avec celles empruntées ces derniers jours. Aujourd’hui pas de relief, c’est tout plat (donc un peu lassant avec de grandes lignes droites) et surtout il y a beaucoup de trafic alors que nous avions fini par oublier le stress de la circulation sur la rive droite du lac. Nous serrons les dents et avançons nous jetant sur le bas côté lorsque les chauffards se font trop collants.

Cette route sans saveur nous laisse du temps pour observer la campagne électorale en cours. Le 7 octobre prochain les Péruviens voteront pour leur Maire mais également pour leur représentant au district et à la région. Et la propagande électorale s’affiche… sur les murs. Pratiquement aucune façade ne résiste au phénomène. Chaque maison porte un ou plusieurs noms écrits à la peinture mais surtout le logo d’un parti. Car oui, le 7 octobre, les électeurs auront simplement à cocher un dessin. Alors ça part dans tous les sens. Ici un arbre, là une flute de paon ou une pelle, plus loin un ballon de foot, un coq, ou le préféré des enfants une goutte d’eau qui sourit ! Cela devient oppressant. Une véritable pollution visuelle qui finit par masquer le reste du paysage. Parfois les routes sont « taguées » avec ces symboles, façon « Tour de France », ou les voitures arborent des affiches ou des peintures. Ici, les élections ça prend de la place !

L’entrée dans la ville de Juliaca est certainement la traversée urbaine la plus difficile que nous ayons connue jusqu’à ce jour. Routes dans un état déplorable, travaux imposants de grands détours et surtout un trafic assourdissant au mètre carré.

Nous arrivons tout de même à rejoindre un hôtel du centre recommandé par « Les andes en roues libres » pour son rapport qualité/prix remarquable.

Nous laissons les vélos et allons déjeuner en ville lorsque nous tombons sur… un centre commercial ! Le premier depuis plus de trois mois ! Alors oui, nous avons un peu honte de l’avouer  mais nous restons les yeux grands ouverts et la bouche bée devant tant de profusion. Esteban tombera dans une grande excitation devant un « capri-sun » (jus de fruit industriel) quand nous n’arriverons pas à résister à une pizza ou à quelques frites !

Après la traversée de la Bolivie, ce centre commercial apparaît comme un mirage ou tout simplement comme une certaine mondialisation économique à laquelle nous avons, nous-mêmes, du mal à échapper.

Bref, c’était quand même bon !

Nous rentrons enfin à l’hôtel où nous pouvons enfin retrouver du WiFi (décidemment quel conditionnement occidentaliste !). Nous lisons mails et commentaires et insérons enfin des photos sur les articles écrits depuis 10 jours.

Publié dans Perou | 5 commentaires

19 Août : Conima – Huancane : 63 km (3 463 km)

Il est 6h00 du matin et il fait grand jour dans la tente. Le nouveau fuseau horaire a eu son effet et permet un réveil matinal. Nous nous étions tant couverts que finalement nous avons réussi à avoir chaud, collés les uns aux autres dans notre tente. Pourtant dehors, lorsque nous déjeunons face au lac, le thermomètre affiche un petit 1,9°. Mais sans vent et avec un soleil qui déploie rapidement ses rayons, nous n’avons pas froid.

Le séchage de la tente se fait ainsi rapidement et à 7h30 nous sommes quasi-opérationnels. Un petit bruit sur l’un des vélos et un large détour à la sortie du village imposé par des travaux sur un pont  nous feront perdre une petite heure. Quoi qu’il en soit, nous ne sommes jamais partis aussi tôt. Et tant mieux, car plus de 600 mètres de dénivelé positif nous attendent encore aujourd’hui. Ça commence doucement par quelques montagnes russes nous faisant alternativement surplomber le lac avant de caresser ses rives. La vue qui nous entoure a un faux air de méditerranée… 4 000 mètres plus haut !

Les rues de Moho que nous essayons de grimper après une vingtaine de kilomètres ont, elles, l’aspect de celles de St Flour. Ça monte raide… et longtemps ! Un col de 8 km prolonge ces premières pentes. Nous avons laissé beaucoup d’énergie dans l’étape d’hier et la montée se fait au train. Sur les derniers kilomètres qui s’adoucissent en faux plat montant, un petit vent vient nous aider, nous poussant jusqu’au sommet.

En bas de la descente nous avons déjà parcouru 40 kilomètres. Nous nous arrêtons dans une petite épicerie afin de compléter nos provisions puis faisons une pause sur une petite bute qui surplombe le lac afin de déjeuner. Un orage menace et nous nous hâtons donc de reprendre la route. Pour la plus grande joie des enfants, nous apercevons enfin nos premiers alpagas. Le dénivelé, lui, est toujours aussi exigeant et nous arrivons rincés à Huancane, première « vraie » ville depuis la frontière. La pluie menace toujours et nous souhaitons partir tôt demain pour rejoindre Juliaca où nous prendrons un peu de repos. Nous trouvons une chambre dans notre budget (moins de 10 Euros pour 5 lits !) et partons découvrir la Feria qui se tient sur l’artère principale.

A 19h30, après le visionnage d’un nouvel épisode des Cités d’Or (dont l’intégrale nous a été précieusement transmise par les « Chamavelo ») tout le monde est déjà couché. La bonne fatigue a gagné toute la tribu !

Publié dans Perou | 8 commentaires

Une nouvelle vidéo : Cafayate – La Paz

Parce que que c’est Dimanche..

Parce qu’aujourd’hui est une belle journée avec l’anniversaire de notre grand garçon…

Parce que vous partagez notre quotidien depuis près de 4 mois…

Et pour plein d’autres bonnes raisons :

Voici une petite vidéo réalisée avec la collaboration de Lalie et Esteban pour vous raconter le parcours à vélo entre Cafayate et La Paz.

D’autres images des moments forts de ces belles semaines suivront prochainement.

Vous pouvez également voir le superbe film réalisé par les « 260 litros » lors de notre traversée commune du salar d’Uyuni : https://youtu.be/mfHU9fQm4eU

Merci encore à eux pour ces superbes moments partagés !

A bientôt

Publié dans Argentine, Bolivie | 23 commentaires

18 Août : Puerto Acosta – Conima : 34 km (3 401 km)

Après une dernière nuit Bolivien ne, nous nous lançons à l’assaut du col qui doit nous mener au Pérou. 7 km de montée sur un chemin caillouteux et bien pentu, surtout sur les 4 premiers kilomètres. Finalement, cet itinéraire que nous redoutions se transforme en plaisir tant le paysage est magnifique. Nous retrouvons enfin la montagne après de nombreuses semaines sur l’altiplano. Le soleil est, lui aussi, de la partie, ce qui nous permet de faire une grande partie de l’ascension en t-shirts.

C’est surtout nos bras et nos dos qui travaillent, poussant tout notre équipage vers le sommet. Les enfants partent, main dans la main pour une petite randonnée tandis que les parents font le « yo-yo » montant ensemble un vélo sur quelques centaines de mètres avant de redescendre pour aller chercher l’autre.

Il est midi lorsque nous parvenons à avoir le col en vue. C’est à ce moment là que nous croisons un autre cyclovoyageur. Andy est Allemand. Il est parti de Quito, en Équateur, il y a 80 jours et a pour objectif de rallier Ushuaïa d’ici la fin de l’année. Nous échangeons quelques bons plans et conseils avant d’achever la dernière côte.

Quelques centaines de mètres plus loin, une grande borne matérialise la frontière. Les enfants s’amusent à mettre un pied de chaque côté ou à discuter de chaque côté de la frontière avec un décalage horaire puisque nous gagnons encore une heure en passant au Pérou. Le décalage horaire avec la France s’accroit en revanche et passe désormais à 7h00.

Nous descendons quelques kilomètres pour atteindre Tilali, village frontière dans lequel nous devons effectuer les formalités d’entrée dans le pays. Cet accès est tout récent et le poste n’est pas encore informatisé. De nombreux formulaires papiers sont donc à remplir, avant d’obtenir les fameux tampons d’entrée.

En discutant avec les douaniers nous apprenons que la gérante du seul bureau de change du village… est partie en vacances ! Nous n’avions pas prévu le coup et nous nous retrouvons sans un centime de monnaie locale. Le prochain bureau de change est à Juliaca, à plus de 150 km du lieu où nous nous trouvons. Heureusement l’un des petits restaurants de la place accepte que nous puissions régler l’addition en Bolivianos. Puis c’est l’un des clients de ce restaurant qui nous proposera de changer quelques Bolivianos en Sols. Nous avons donc 100 Sols, soit 25 Euros pour les 3 prochains jours. Beau challenge !

Nous poursuivons notre route qui longe le rivage du lac Titicaca. Le parcours est à nouveau magnifique, passant dans de vertes forêts et traversant de multiples villages.

Cela fait bien longtemps que nous n’avons pas bivouaqué . Ces rives du lac Titicaca présentent de superbes lieux pour poser la tente. Nous tentons donc le coup et verrons bien si notre équipement nous permet de résister au froid. Avec le décalage horaire, il fait déjà nuit noire à 18h00. Nous dînons sous l’abside de la tente, ressortons pour admirer le ciel magnifiquement étoilé puis allons rejoindre nos duvets alors qu’un vent de plus en plus fort vient fouetter notre modeste abri.

Publié dans Bolivie, Perou | 8 commentaires

17 Août : Escoma – Puerto Acosta : 27 km (3 367 km)

Nous avons encore du mal , parfois, à nous servir de notre expérience…

Pourtant, nous savions que dormir avec les fenêtres donnant sur une place centrale en Bolivie , c’était s’exposer à de nombreux réveils nocturnes. Qu’il soit 1, 3 ou 5 heures du matin, les collectivos et taxis appellent leurs potentiels clients à coups de klaxon. Des salves d’une dizaine de coups de klaxon qui ne peuvent que confirmer leur présence.

C’est donc, de bonne heure, et encore un peu endormis que nous enfourchons nos montures pour cette dernière étape bolivienne. Nous roulons 4 kilomètres, avant de nous arrêter en haut d’une côte, pour partager le petit-déjeuner. Rarement, nous aurons eu un aussi beau panorama sous les yeux , à l’heure du premier repas de la journée. Nous surplombons le lac Titicaca avec une vue imprenable sur quelques-unes de ses îles. Les montagnes bordent le rivage qui se transforme peu à peu en terrains agraires. C’est superbe !

Le poste frontière bolivien est situé à une vingtaine de kilomètres. Nous prenons notre temps et savourons ces derniers tours de roue dans ce pays qui nous aura fasciné par sa diversité, mais qui aura , également, mis nos organismes, parfois dans le rouge.

Nous observons les changements qui s’offrent à nous. Les toits de chaume remplacent les toits en tôle, les lamas font leur réapparition et les principales cultures semblent se limiter au blé et à la pomme de terre. Cette dernière présente une activité insolite pour nous. En effet, devant de nombreuses maisons, une toile est recouverte de nombreux tubercules qui sont séchés au soleil et tournés de temps en temps afin de se transformer en petites boules noires qui  se conserveront ainsi plus d’un an et agrémenteront les soupes et autres plats consommés.

Nous arrivons, enfin, à Puerto Acosta et accomplissons les formalités de sortie du territoire. Le poste douanier d’entrée au Pérou est situé à une quinzaine de kilomètres et ne peut être atteint que par un chemin de terre et de pierre qui passe par un col. Un no man’s land qu’aucun des deux pays frontaliers n’a choisi d’asphalter.

Il est 13h30. La question se pose de tenter de franchir cette zone aujourd’hui. Par sécurité, et afin d’affronter cette difficulté avec l’énergie du matin, nous décidons de dormir dans cette ville frontalière. L’occasion de faire un peu de lessive, de s’acharner (sans succès !) à essayer d’envoyer un nouvel article sur le blog, de se laver et surtout de jouer, pourLalie et Esteban qui ont trouvé de super-copines.

Nous partons faire le tour du village qui célèbre 4 jours de fête. Les Discos battent leur plein et la bière coule à flot. Nous croisons des dizaines de personnes ivres mortes, hommes, femmes, jeunes ou plus anciens, tous ont le regard vitreux lorsqu’ils nous accostent pour nous proposer de se joindre à eux. Nous déclinons ces invitations, sympathiques mais non adaptées à un groupe familial, dînons et rentrons sagement nous coucher. Demain, c’est le Pérou !

Publié dans Bolivie | 4 commentaires

16 Août : Ancoraimes – Escoma : 44 km (3 339 km)

La récupération fut bonne et nous sommes d’attaque pour la belle côte dont nous avons préféré différer la montée hier. Nous déjeunons sur l’herbe, au soleil, avant de nous confronter aux premiers pourcentages.

La côte est difficile et nous oblige plusieurs fois à poser pied à terre. Malgré nos semaines en altitude, le souffle reste court. Il est vrai que nous dépassons une nouvelle fois les 4200 mètres et que, quelle que soit l’altitude, la charge reste importante.

Une fois arrivés en haut, une belle surprise nous attend : une magnifique vue sur le lac Titicaca, d’un bleu azur et d’une étendue masquant tout horizon, c’est une véritable mer intérieure que nous contemplons.

Nous plongeons ensuite pour retrouver ses rives et déjeunons à Puerto Carabuco. La tentation est grande et nous ne résistons pas à parcourir quelques centaines de mètres supplémentaires pour atteindre une petite plage. Nous nous retrouvons rapidement les pieds dans l’eau (pas si froide, étonnamment). Nous profitons de ce doux moment au soleil avant de reprendre la route qui ne tarde pas à s’élever à nouveau. Un gros nuage noir vient briser le soleil et nous gratifiera d’un petit orage de grêle.

A notre arrivée la place d’Escoma est animée. Le collège du village fête son anniversaire et les élèves font le tour de la place, en dansant, accompagnés par la fanfare locale. Nos démarches auprès de l’école et de la paroisse étant vaines, ce soir, c’est finalement l’un des épiciers du village qui proposera de nous héberger.

Il nous reste une petite trentaine de kilomètres avant d’atteindre la frontière Péruvienne. Une dernière journée en Bolivie nous attend donc demain, avant de découvrir un nouveau pays…

Publié dans Bolivie | 11 commentaires

15 Août : Merkeachacachi – Ancoraimes : 23 km (3 295 km)

Esteban a passé une mauvaise nuit… et ses parents dans cette petite pièce de 6 m2 aussi !

Il se plaint de la gorge et de la tête depuis le coucher. Si la gorge est effectivement inflammée, difficile de savoir ce qui ressort de son mal de tête. Il n’a pratiquement pas fermé l’oeil de la nuit et une telle douleur à cette altitude ne peut que nous inquiéter. Christophe saute le portail de l’école dès que les premiers rayons de soleil apparaissent.

Il porte Esteban afin de l’amener à l’hôpital d’Achacachi situé à une vingtaine de kilomètres. Un « collectivo » les conduira jusqu’à l’entrée de la ville et ils rejoindront l’hôpital situé sur les hauteurs à pied. Au cours de cette petite excursion, la douleur d’Esteban semble s’estomper à tel point qu’à l’entrée du grand édifice la notation n’est plus que de 1/10. Esteban souhaitait-il une petite promenade matinale avec son Papa ?

Après avoir fait la queue pour les papiers nécessaires à l’admission à la consultation et deux heures d’attente devant le service de médecine générale, on leur indique que, finalement, il faudrait qu’Esteban aille consulter en pédiatrie ! Ils refont donc la queue et discutent avec la responsable du service dentaire qui leur propose de participer à la campagne de prévention qu’elle mène actuellement.

Le Médecin (très attentionné et sympathique) diagnostique une belle pharingite qu’il propose de traiter par antibiotiques mais rien de très notable pour la tête. Pas d’inquiétude, donc !

Avant de partir, et comme prévu, il passera une bonne demi-heure sur le fauteuil de la dentiste qui lui prodiguera un détartrage et lui collera un petit pansement préventif sur les molaires. Elle se prend d’affection pour Esteban et fait durer le plaisir ! Elle lui pose de nombreuses questions sur sa vie en France et finit par le prendre en photo pour illustrer la prochaine campagne de prévention !

Il est pratiquement midi lorsque toute la famille se retrouve (soulagée !) dans la cour de l’école. Dans la matinée, Naïa, Lalie et Valérie ont participé à la vie de cette petite école (25 élèves de 4 à 10 ans) de campagne bolivienne. Pratiquement tous les élèves voudront essayer les sensations du Pino dans la grande cour de récréation. Nous nous apprêtons à partir lorsque l’une des responsables vient nous chercher afin de nous inviter à partager le repas avec élèves et enseignants. Une bonne soupe chaude et calorique composée de fèves, de blé, de pommes de terre confites, de carottes et de bien d’autres éléments. Voilà qui nous permet de partir vers de nouvelles aventures…

Notre itinéraire épouse les caprices géologiques des rives du lac Titicaca. Nous sommes bien sur l’altiplano bolivien mais le tracé est loin d’être plat.

Au loin une belle côte de 2 km à 10%, alors la motivation de la troupe s’estompe à son approche. Après consultation du Conseil de famille il est décidé, à une courte majorité, de couper l’étape du jour en deux et de s’arrêter dans le premier village traversé avant de poursuivre la remontée vers le Pérou demain.

La fatigue engendrée par cette courte nuit appelle à la prudence.

En discutant sur la place principale, nous trouvons une personne âgée qui nous loue une petite pièce pour la nuit contre quelques bolivianos. Nous nous installons avant de profiter du soleil de cette fin d’après-midi en grimpant le chemin de croix qui surplombe le village et nous offre ainsi une belle vue.

Nous dînons tôt afin d’espérer une longue nuit réparatrice.

Publié dans Bolivie | 17 commentaires

14 Août : Sorata – Merkeachacachi : 38 km (3 272 km)

Partir de Sorata nous est difficile au sens figuré comme au sens propre. Les liens d’amitié qui se sont noués cette semaine avec la famille de David et Gisela nous font profiter de chacun de ces derniers instants dans ce bel écrin de verdure. Pour partir en douceur après cette semaine de pause, nous avons trouvé un « collectivo » qui peut nous amener jusqu’au col. À peine le village de Sorata atteint, il nous faut rebrousser chemin, Esteban ayant oublié une sacoche guidon que nous lui avions confiée . Quel artiste !

Ce n’est donc que vers midi que nous quittons la chaleur du foyer familial et celle de Sorata pour remonter au-delà de 4 000 mètres d’altitude. Nous redescendons vers Achacachi et retrouvons notre meilleur ennemi, le vent !

Après un déjeuner sur la place centrale, nous repartons vers les rives du lac Titicaca. Les vaches laitières nous regardent lutter contre cette force invisible qui nous attaque par rafales.

Nous retrouvons I ‘excitation de ne pas savoir où nous allons dormir ce soir. Ce qui pourrait être associé à de l’inconfort se transforme en une recherche qui nous oblige à aller au contact de la population locale.

Nous visons le dernier village avant une zone inhabitée d’une vingtaine de kilomètres et sollicitons une famille qui se trouve au bord de la route afin de savoir si l’école toute proche est ouverte. Ce n’est pas le cas, mais ils connaissent la personne qui détient la clef. Quelques minutes plus tard, cet homme vient à notre rencontre, nous fait passer un court entretien d’entrée et nous installe dans une petite pièce attenante à l’école. C’est parfait car à 19h00 il ne fait déjà plus que 5 petits degrés. Le ressenti avec le vent qui s’est encore renforcé est bien plus intense. Nous nous blotissons les uns contre les autres, cuisinons quelques pâtes, filtrons un peu d’eau puis regagnons nos duvets pour cette nouvelle nuit au bord du lac Titicaca.

Publié dans Bolivie | 4 commentaires

Petit film souvenir Del Vergel/ Sorata/ Bolivia

Voici le petit film réalisé par Valérie pour David et Gisela.

Nous avons donc le plaisir de le partager avec vous.

Les photos des articles des 11 et 12 Août ont aussi été rajoutées sur le blog.

Bonne escapade dans de petit coin de Bolivie… N’hésitez pas à partager.

 

Publié dans Bolivie | 22 commentaires

13 Août : Sorata

Une nouvelle matinée dans les champs nous attend. Entre la séparation des grains de blé de leurs enveloppes grâce à l’aide d’un précieux vent, la coupe de la paille pour le potager et divers aménagements, la matinée passe vite. Tout en travaillant, nous prenons le temps de discuter avec David. Il aime bien échanger et nous aimons bien apprendre : ça tombe bien. Il nous explique ainsi comment il a dessiné les extérieurs, l’importance de l’irrigation, les zones chaudes ou humides qui conviennent mieux à tel type de végétal ou à tel autre. Nous avons également de longs échanges sur la société dont il se sent de plus en plus en marge, les Boliviens (comme beaucoup d’autres certainement…) recherchant l’enrichissement permanent plutôt que la qualité de vie. Tous ses voisins préfèrent travailler dans de lucratives mines, propriétés des Chinois, plutôt que de cultiver un lopin de terre. La « mal-bouffe » a envahi le pays et conduit aux problèmes de l’obésité.

Pour lui, la permaculture est un ensemble de techniques mais surtout un état d’esprit qui doit conduire au bonheur et aux plaisirs simples. L’une de ses références est un français : Pierre Rahbi dont il essaye d’appliquer la philosophie de vie.

David est un passionné et comme tous les passionnés, il peut avoir des idées très arrêtées sur certaines questions. Nous nous lancerons dans de longues discussions sur de nombreux sujets comme les vaccins (qu’il réfute), l’éducation (sur cela nous pouvions être parfois d’accord…) ou l’optimisme à garder sur la société (élément qu’il ne partage pas tant il a eu des déceptions relatives à des personnes animées par le seul appat du gain). Si notre argumentation est vouée à l’échec, elle nous fait au moins travailler notre espagnol…

Ces petits écarts d’appréciation n’altèrent pas notre respect pour ce personnage engagé et passionné. Sa famille est attachante et nous aurons passé une belle semaine en leur compagnie. Nous y avons trouvé ce que nous recherchions : le partage avec une famille Bolivienne, certes atypique mais au combien chaleureuse.

D’ailleurs pour cette dernière soirée ensemble, le four à pizza est allumé, pour le plus grand plaisir des enfants… et des adultes. Pour les remercier de cette semaine de partage nous leur offrons quelques outils de bricolage que Christophe a ramenés de son expédition à La Paz ainsi qu’une vidéo qu’a réalisée Valérie sur ce bel espace de vie.

Publié dans Bolivie | 2 commentaires

12 Août : Sorata/ La Paz

Il fait 4° lorsque Christophe a fini d’arrimer le vélo sur un « collectivo » (mini-bus). Il est 6h00 du matin et c’est reparti pour trois heures de conduite à la Bolivienne. Les lois du klaxon, du dernier qui se pousse et de l’intimidation prévalant à toutes celles du code de la route. Ah ce que l’on est bien à vélo…
Les retrouvailles à Sorata se font autour de la table du petit-déjeuner. Les enfants partent ensuite s’amuser dans la ferme qu’ils commencent à bien connaître et en profitent pour faire le tour de la basse-cour.
Valérie et Christophe s’attèlent à de nouvelles tâches campagnardes. La taille d’arbustes et le nettoyage de planches pour l’une, la préparation du blé pour l’autre. Cette tâche, quelque peu physique, convient très bien à Christophe ce matin afin de faciliter sa lutte contre le sommeil. Il s’agit de taper des épis de blé sur le sol (sans les écraser) avec un grand morceau de bois puis de passer le tout au tamis afin de séparer les grains de la paille.


L’utilisation de techniques pincipalement manuelles donne une autre valeur à l’espace temps. Ici, il faut être patient. Compter en heures plutôt qu’en minutes. S’accorder avec la lumière offerte par le soleil pour avancer une tâche et ne pas s’enrager lorsqu’un morceau de roseau taillé avec précaution rompt lors de la pause finale…
C’est un autre rythme, une autre vie…
Dans l’après-midi, Christophe ira accompagner Naïa à la sieste pendant que Lalie et Esteban se perfectionnent aux échecs. Ils peuvent compter sur les précieux conseils de José, Champion régional, ainsi que sur ceux de David, passionné de ce jeu de Stratégie.
Une belle balade en compagnie de David, Gisela et leurs trois enfants concluera l’après-midi avant un repas-crêpes et la projection d’un documentaire très intéressant sur la guerre de l’eau à Cochabamba en 2002.
Le départ de ce petit havre de paix est prévu pour mardi (après-demain), histoire d’essayer de se rapprocher de Cuzco pour l’anniversaire des grands. En attendant, il nous reste une grande journée pour profiter de ce lieu atypique et de ses habitants si attachants.

Publié dans Bolivie | 7 commentaires

11 Août : Sorata La Paz

6h15, le ciel va bientôt s’éclaircir et dans la pénombre qui s’achève un tandem est difficilement porté dans les pentes abruptes qui mènent vers Sorata. Christophe est parti en mission « changement de vitesses », une mission qui consiste à trouver un mini-bus qui accepte de transporter le vélo (sans le casser !), de faire les 2h30 de route vers La Paz (en serrant les dents dans les virages pris à plus de 110 km/h !), de trouver un velociste qui accepte le challenge que représente le Pino, en profiter pour faire quelques courses et rentrer.

Sauf que tout ne s’est pas tout à fait passé comme prévu. Pour le mini-bus, ce fut un peu rock’n’roll et le vélo n’a pas tenu très longtemps dans la position verticale que le chauffeur a tenté de lui infliger. Pour le trajet, après quelques sueurs froides et des embrassades aux bas-cotés, l’arrivée dans la ville a permis de remplacer la vitesse excessive par un concert de klaxons plus disgracieux mais somme toute moins dangereuse. Pour le velociste, c’est là que cela se complique. La plaza del 16 de Julio à El Alto est pleine de boutiques de vélos mais tous bottent en touche et proposent de demander au technicien du magasin d’a-côté.

Lorsqu’ enfin l’un d’eux se sent plein d’entrain pour relever ce défi, ce sont les outils qui ne sont pas adaptés. En effet, pour changer le cable et la gaine il faut une clef torx (en forme d’étoile) de petite envergure. La carte au trésor « Made in La Paz » et il faudra près d’une heure pour trouver la fameuse clef (El Alto étant « un peu » plus grand que fort Boyard). Christophe laisse ensuite, pendant une paire d’heures, Alejandro, le jeune technicien, pour descendre à La Paz en téléphérique afin d’y trouver un peu de WiFi, télécharger les photos et programmer les prochains articles. A son retour, Alejandro croit tenir une bonne nouvelle mais lorsqu’il teste le materiel, seules 6 vitesses passent. Le seul point positif étant la confirmation de la mauvaise santé des câbles, ce qui laisse donc présager que le problème n’est pas dramatique. Un deuxième changement de cable et deux heures de travail en commun permettent de monter jusqu’à 9 vitesses mais lors du test sur quelques centaines de mètres le nouveau cable se désolidarise. Tout est à refaire ! Il est 17h00, le temps est compté car les derniers mini-bus repartent vers Sorata à 19h00. La fatigue se faisant plus forte, les gestes sont moins précis malgré la bonne entente qui règne entre Alejandro et Christophe. Entre deux tours de clefs ils en profitent pour discuter. Alejandro fait des études pour devenir psychologue. Il tient cette boutique avec ses 5 frères et soeurs afin de pouvoir financer ses études. Il ne se ménage pas à la tache et est d’un optimisme qui le conduit à être certain de finir dans 5 minutes… toutes les heures !

22h30… un dernier essai permet d’arriver à 11 vitesses sur 14. Il n’y a plus de cables disponibles et la fatigue l’emporte sur l’entêtement. Alejandro et Christophe se quittent en se prenant dans les bras après cette longue « opération quasi chirurgicale ». En remerciement de la somme laissée par Christophe, Alejandro offrira la fameuse clef étoilée à Christophe (cela servira forcément dans les prochaines semaines).

Christophe, frigorifié, rejoint le terminal des bus situé dans un quartier fort obscur et prend une chambre pour quelques heures en attendant la réouverture des lignes demain vers 5h00…

Et pendant ce temps là, à Sorata…

Le rythme est beaucoup plus paisible… Le reste de la tribu profite de cette vie sédentaire pour prendre son temps et se lever chacun à son rythme. Le temps est splendide aujourd’hui. David propose de ne travailler qu’en fin de journée plutôt que dans la matinée comme nous le faisions les autres jours.

Les enfants ont maintenant leurs petits rituels : dire bonjour aux lapins, leur donner quelques feuilles de trèfle à croquer, puis aller voir les « poupoules » (comme dit Naïa), avant de prendre le petit-déjeuner dehors, dans cet écrin de verdure, plein de vie. José et Esteban passent un long moment à jouer au ballon. Lalie, tranquillement installée dans le hamac, avale quelques BD que nous avons sur la liseuse. David propose ensuite aux enfants de projeter « La belle Verte », un film français pas tout jeune et pourtant criant de vérités sur la société moderne, que tata Nath nous avait fait découvrir quelques semaines avant le départ et que nous avions trouvé très drôle.

Entre deux jeux avec Naïa, Valérie a, quant à elle, commencé à travailler sur une petite vidéo de présentation de la ferme de David : el Vergel, afin d’inciter d’autres familles à venir y vivre une expérience de volontariat. Après quelques parties de cache-cache avec les enfants, elle s’est ensuite attelée avec David et André (un volontaire Chilien) à retirer des clous des planches d’une vieille cabane écroulée et à réunir le bois mort disséminé un peu partout dans le jardin pour en faire du petit bois.

Ce n’est qu’en toute fin de journée qu’ils reçoivent un appel de Christophe leur indiquant qu’il ne sera finalement de retour que demain matin. Première nuit depuis 3 mois où nous ne serons pas réunis ! Après un repas chaleureux partagé avec tous les joyeux habitants del Vergel, Lalie, Esteban, Naïa et Valérie s’endorment bien blottis les uns contre les autres, attendant impatiemment les retrouvailles du lendemain.

PS : cela fait une quinzaine de jours que nous naviguons sans WiFi. Internet n’a pas encore envahi les rives du lac Titicaca (ce n’est peut-être pas un mal ! ). En attendant de retrouver une connection qui nous permette de télécharger les photos, voici les textes via le réseau téléphonique . Nous vous préviendrons dès que nous aurons complété le « roman-photo ». En attendant nous vous embrassons !!!

Publié dans Bolivie | 12 commentaires

10 Août : Sorata

L’air est doux dans ce petit coin du bout du Monde. Une nouvelle matinée de travail nous attend. Les enfants construisent des cabanes ou font sécher le blé pendant que les parents finissent la palissade et de menus travaux.

Les t-shirts sont enfin de sortie, aurons-nous envie de remonter sur l’altiplano pour remettre nos doudounes ? Il le faudra mais en attendant nous profitons de cette température quasi-idéale.

Pour le déjeuner, nous grimpons au village, récupérons José à la sortie de l’ecole, avalons un plat local et en profitons pour faire quelques courses. Christophe fera également un passage express chez un coiffeur Bolivien, histoire de passer enfin à la coupe d’été.

Nous passons la fin d’après-midi en cuisine. Au menu : cheese-naan/guacamole, le traditionnel riz au four et des gateaux au chocolat et aux pommes. Associés aux tours de magie prodigués par Lalie, ces quelques mets sont notre façon de remercier nos hôtes.

La tablée sera une nouvelle fois très internationale puisque, outre la famille de David et Gisela, nous aurons la plaisir de partager  le repas avec un couple d’Argentins ainsi que deux volontaires, un Chilien et un Allemand.

Les guitares sont de sortie, les rires fusent, les assiettes et les verres se vident. Qu’il est doux ce petit coin du bout du Monde…

Publié dans Bolivie | 8 commentaires

9 Août : Sorata

Lalie et Esteban découvrent l’école Andine : 30 minutes de marche sur des chemins rocailleux, des ponts suspendus à traverser et 200 mètres de dénivelé à absorber !

José, 9 ans, parcourt ce chemin aller-retour à pied, 5 jours par semaine, depuis qu’il a 6 ans… et par tous les temps.

La ferme de David et Gisela n’est pas accessible en voiture et, de toutes façons, ils n’en ont pas, comme la grande majorité des Boliviens.

Les cours de l’école élémentaire (quarto ano pour José) ont lieu de 8h30 à 13h00. Lalie et Esteban bénéficient donc d’une belle matinée d’inclusion. Au programme : mathématiques, un langage universel.

Pendant ce temps, à la ferme, ça travaille ! Valérie et Christophe redonnent vie à une rigole que la dense végétation avait absorbée alors que Naïa joue avec les vers de terre et autre petites bêtes qui apparaissent.

S’en suivent un aménagement du poulailler et la construction d’une palissade en bambous afin d’y faire pousser du toumbo, un arbre fruitier local.

La journée passe vite dans ce petit coin de verdure qui semble excentré du Monde. Valérie trouve quand même un petit moment pour avancer la prochaine vidéo que nous aurons bientôt le plaisir de partager avec vous. Il faudra tout de même attendre que nous trouvions un endroit avec du WiFi car ici, bien entendu… il n’y en a pas.

Petite interview de Lalie, écolière Bolivienne d’un jour :

Alors Lalie qu’as tu pensé de cette matinée à l’école ?

Lalie : C’était bien. On a vu comment l’école fonctionnait en Bolivie.

Qu’est-ce qui est différent entre l’école que tu connais en France, à Luzech, et celle de Sorata ?

L : Tous les enfants sont en uniformes bleu-foncé. C’est l’école qui fournit le petit-déjeuner. Les enfants peuvent manger dans la classe quand ils ont fini leurs exercices. Ils mangent beaucoup de sucreries : des chewings-gum, des sucettes, des bonbons…

Est-ce que ça s’est bien passé pour Esteban et toi ?

L : Oui, surtout la récréation,c’était chouette.

Est-ce que tu aurais envie d’y retourner ?

L : Demain ce n’est pas possible mais pourquoi pas la semaine prochaine.

Ça fait une bonne balade non ?

L : Oui ça monte, ça descend. C’est assez long et tous les jours ce doit être fatigant.

Publié dans Bolivie | 8 commentaires

8 Août : Sorata

Nous découvrons au grand jour ce petit havre de paix Bolivien. Un espace vivant de biodiversité et d’expérimentation dans lequel déambulent, pour la plus grande joie des enfants, quelques oies, poules, lapins ainsi qu’une chèvre.

Nous nous tenons prêts de bonne heure pour notre premier jour de travail : Valérie se transforme en fée du logis à l’intérieur de la demeure tandis que Christophe aide à poser une barrière dans les escaliers puis à enlever un grillage devenu inutile. Les enfants ne sont pas en reste : Lalie trie et fait sécher le blé tandis qu’Esteban joue au baby-sitter en s’occupant des plus petits.

Nous travaillons tout en discutant avec nos hôtes. Nous apprenons ainsi plus sur leurs parcours. David a repris l’ancienne demeure coloniale de ses grands-parents et a décidé de la transformer en un lieu de vie respectueux de l’environnement. Pour lui, la permaculture est un ensemble de techniques mais surtout un état d’esprit qui va bien au-delà du végétal. Il fait encore figure de pionnier dans son pays où les politiques publiques sont plus axées vers un développement des industries minières que vers l’écologie. Il a essayé de développer plusieurs projets sur Sorata mais la population ne semble pas encore prête. Même l’instauration du tri sélectif à l’école n’a pas trouvé d’écho auprès des enseignants. Un projet d’inclusion sociale visant à mobiliser des personnes sans emplois dans la gestion des déchets a dû être également abandonné, la majorité des habitants n’ayant pas joué le jeu en continuant à bruler les déchets plastiques et en refusant de valoriser les déchets organiques.

Cette première matinée a été riche en enseignements. Reprendre une activité manuelle permet de varier les plaisirs avec ceux du vélo et de l’itinérance.

Gisela et David nous invitent à leur table pour déjeuner. La cohésion entre enfants et adultes est des meilleures. D’ailleurs, David propose à Lalie et Esteban de participer à l’entraînement de football de José, son fils aîné. Ils sont fous de joie, surtout Esteban qui s’est pris de passion pour ce sport depuis le début du voyage.

En fin d’après-midi nous partons pour une petite « expédition ravitaillement ». 20 minutes de montée dans un chemin escarpé et bien pentu sont nécessaires pour atteindre les premiers commerces. Mieux vaut ne pas oublier un ingrédient nécessaire à la préparation des plats envisagés.

Demain, Lalie et Esteban sont invités à aller dans la classe de José. Une belle experience les attend.

Le coucher se fait donc moins tardif qu’hier. Demain, les parents repartent au travail et les enfants vont à l’école. Nous avons bien vite basculé dans la vie sédentaire…

Publié dans Bolivie | 6 commentaires

Wi-Fi suite

Veuillez excuser la faute d’orthographe qui s’est…. involontairement introduite dans le message précédent.

Merci de corriger l’erreur.

Publié dans Bolivie | Laisser un commentaire