10 Août : Sorata

L’air est doux dans ce petit coin du bout du Monde. Une nouvelle matinée de travail nous attend. Les enfants construisent des cabanes ou font sécher le blé pendant que les parents finissent la palissade et de menus travaux.

Les t-shirts sont enfin de sortie, aurons-nous envie de remonter sur l’altiplano pour remettre nos doudounes ? Il le faudra mais en attendant nous profitons de cette température quasi-idéale.

Pour le déjeuner, nous grimpons au village, récupérons José à la sortie de l’ecole, avalons un plat local et en profitons pour faire quelques courses. Christophe fera également un passage express chez un coiffeur Bolivien, histoire de passer enfin à la coupe d’été.

Nous passons la fin d’après-midi en cuisine. Au menu : cheese-naan/guacamole, le traditionnel riz au four et des gateaux au chocolat et aux pommes. Associés aux tours de magie prodigués par Lalie, ces quelques mets sont notre façon de remercier nos hôtes.

La tablée sera une nouvelle fois très internationale puisque, outre la famille de David et Gisela, nous aurons la plaisir de partager  le repas avec un couple d’Argentins ainsi que deux volontaires, un Chilien et un Allemand.

Les guitares sont de sortie, les rires fusent, les assiettes et les verres se vident. Qu’il est doux ce petit coin du bout du Monde…

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9 Août : Sorata

Lalie et Esteban découvrent l’école Andine : 30 minutes de marche sur des chemins rocailleux, des ponts suspendus à traverser et 200 mètres de dénivelé à absorber !

José, 9 ans, parcourt ce chemin aller-retour à pied, 5 jours par semaine, depuis qu’il a 6 ans… et par tous les temps.

La ferme de David et Gisela n’est pas accessible en voiture et, de toutes façons, ils n’en ont pas, comme la grande majorité des Boliviens.

Les cours de l’école élémentaire (quarto ano pour José) ont lieu de 8h30 à 13h00. Lalie et Esteban bénéficient donc d’une belle matinée d’inclusion. Au programme : mathématiques, un langage universel.

Pendant ce temps, à la ferme, ça travaille ! Valérie et Christophe redonnent vie à une rigole que la dense végétation avait absorbée alors que Naïa joue avec les vers de terre et autre petites bêtes qui apparaissent.

S’en suivent un aménagement du poulailler et la construction d’une palissade en bambous afin d’y faire pousser du toumbo, un arbre fruitier local.

La journée passe vite dans ce petit coin de verdure qui semble excentré du Monde. Valérie trouve quand même un petit moment pour avancer la prochaine vidéo que nous aurons bientôt le plaisir de partager avec vous. Il faudra tout de même attendre que nous trouvions un endroit avec du WiFi car ici, bien entendu… il n’y en a pas.

Petite interview de Lalie, écolière Bolivienne d’un jour :

Alors Lalie qu’as tu pensé de cette matinée à l’école ?

Lalie : C’était bien. On a vu comment l’école fonctionnait en Bolivie.

Qu’est-ce qui est différent entre l’école que tu connais en France, à Luzech, et celle de Sorata ?

L : Tous les enfants sont en uniformes bleu-foncé. C’est l’école qui fournit le petit-déjeuner. Les enfants peuvent manger dans la classe quand ils ont fini leurs exercices. Ils mangent beaucoup de sucreries : des chewings-gum, des sucettes, des bonbons…

Est-ce que ça s’est bien passé pour Esteban et toi ?

L : Oui, surtout la récréation,c’était chouette.

Est-ce que tu aurais envie d’y retourner ?

L : Demain ce n’est pas possible mais pourquoi pas la semaine prochaine.

Ça fait une bonne balade non ?

L : Oui ça monte, ça descend. C’est assez long et tous les jours ce doit être fatigant.

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8 Août : Sorata

Nous découvrons au grand jour ce petit havre de paix Bolivien. Un espace vivant de biodiversité et d’expérimentation dans lequel déambulent, pour la plus grande joie des enfants, quelques oies, poules, lapins ainsi qu’une chèvre.

Nous nous tenons prêts de bonne heure pour notre premier jour de travail : Valérie se transforme en fée du logis à l’intérieur de la demeure tandis que Christophe aide à poser une barrière dans les escaliers puis à enlever un grillage devenu inutile. Les enfants ne sont pas en reste : Lalie trie et fait sécher le blé tandis qu’Esteban joue au baby-sitter en s’occupant des plus petits.

Nous travaillons tout en discutant avec nos hôtes. Nous apprenons ainsi plus sur leurs parcours. David a repris l’ancienne demeure coloniale de ses grands-parents et a décidé de la transformer en un lieu de vie respectueux de l’environnement. Pour lui, la permaculture est un ensemble de techniques mais surtout un état d’esprit qui va bien au-delà du végétal. Il fait encore figure de pionnier dans son pays où les politiques publiques sont plus axées vers un développement des industries minières que vers l’écologie. Il a essayé de développer plusieurs projets sur Sorata mais la population ne semble pas encore prête. Même l’instauration du tri sélectif à l’école n’a pas trouvé d’écho auprès des enseignants. Un projet d’inclusion sociale visant à mobiliser des personnes sans emplois dans la gestion des déchets a dû être également abandonné, la majorité des habitants n’ayant pas joué le jeu en continuant à bruler les déchets plastiques et en refusant de valoriser les déchets organiques.

Cette première matinée a été riche en enseignements. Reprendre une activité manuelle permet de varier les plaisirs avec ceux du vélo et de l’itinérance.

Gisela et David nous invitent à leur table pour déjeuner. La cohésion entre enfants et adultes est des meilleures. D’ailleurs, David propose à Lalie et Esteban de participer à l’entraînement de football de José, son fils aîné. Ils sont fous de joie, surtout Esteban qui s’est pris de passion pour ce sport depuis le début du voyage.

En fin d’après-midi nous partons pour une petite « expédition ravitaillement ». 20 minutes de montée dans un chemin escarpé et bien pentu sont nécessaires pour atteindre les premiers commerces. Mieux vaut ne pas oublier un ingrédient nécessaire à la préparation des plats envisagés.

Demain, Lalie et Esteban sont invités à aller dans la classe de José. Une belle experience les attend.

Le coucher se fait donc moins tardif qu’hier. Demain, les parents repartent au travail et les enfants vont à l’école. Nous avons bien vite basculé dans la vie sédentaire…

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7 Août : Achacachi – Sorata : 61 km ( 3 234 Km)

Nous savions, en nous levant, que nous risquions de repartir pour une loooonggggggue journée de vélo.

Un col nous attend puis une belle descente vers Sorata où nous nous arrêterons quelques jours pour faire du Woofing. Cette perspective de se poser un peu aura certainement été un objectif mobilisateur pour atteindre notre but.

Christophe porte encore les stigmates de la jungle où il s’est fait littéralement dévorer une bonne partie du corps par les moustiques. Il espérait que cela passe tout seul  mais ça n’en finit pas de gonfler et voilà déjà deux nuits qu’il se gratte plus qu’il ne dort.

Peu avant le début du col, cherchant une pharmacie, nous tombons sur un Centre de Santé. Après oscultation, on lui injecte une seringue d’antistaminique et on lui donne des cachets et une crème pour tapisser les larges parties boursoufflées.

Nous pouvons donc repartir en rêvant de nuits meilleures…

Cela faisait un petit moment que nous n’avions pas eu 10 km de montée en continu surtout avec de tels pourcentages et une telle altitude. Esteban et Valérie appuient donc comme des forcenés avec leurs maigres vitesses tandis que Lalie essaie de garder Christophe en éveil, le produit injecté ayant un effet soporifique.

Nous mettrons trois heures (pauses respiration, toilettes et barres chocolatées comprises) avant d’apercevoir ce fameux col. Nous sommes à 4 234 mètres et une descente de plus de 30 km nous attend désormais. Nous ne tardons pas, les personnes que nous avons rencontrées ce matin nous ayant prévenu qu’il existait un fort risque de pluie. Nous passerons finalement entre les gouttes dévalant des centaines de mètres de dénivelé en quelques minutes. Nous nous arrêtons tout de même de temps en temps afin de contempler le paysage qui change à vitesse grand « V » ainsi que pour faire refroidir nos patins de frein qui ont fort à faire pour dompter nos poids descendants.

En 30 km nous atteindrons les 2 600 mètres, soit 1 600 mètres de perdus sans quasiment donner un tour de pédale (hormis dans quelques rares bosses cachées dans le parcours, notamment pour arriver à Sorata). La température extérieure s’en ressent et nous pouvons enfin enlever les couches les plus épaisses.

Il est 16h30 lorsque nous arrivons enfin sur la place centrale de Sorata, l’heure d’avaler quelque chose car nous n’avons pas encore pris le temps de déjeuner. La cuisine de rue rapide et économique tombe très bien dans ces moments là. Nous partons ensuite à la recherche de la ferme de David notre contact Woofing. Il habite sur l’autre côté de la vallée (ce qui implique donc de descendre pour remonter) et en contrebas de la zone urbaine. Nous mettrons plus d’une heure pour rejoindre ce petit coin de paradis, empruntant parfois des sentiers taillés pour les VTT ou traversant des rivières sur des ponts de fortune.

Nous faisons enfin la connaissance de David avec qui nous étions en contact depuis plusieurs semaines ainsi que de Gisela, son épouse, et de leurs trois enfants de 9 ans, 2 ans et demi et un an. Autant dire que ça colle rapidement avec nos petits voyageurs ! Tout le monde est aux anges !

Quelques autres volontaires sont également présents : un Chilien, deux Argentins et un Allemand. Nous retrouvons une ambiance « Casa de ciclistas »…

Nous avons quelques provisions qui nous permettent de préparer le dîner et de le partager avec David, Gisela et leurs enfants. A leur contact nous nous réjouissons de ces journées qui nous attendent au sein de cet espace privilégiant la permaculture.

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6 Août : Huarina – Achacachi : 27 km ( 3 173 km)

Étonnamment notre chambre était pourvue d’une baignoire mais pas de chauffage et les nuits au bord du lac Titicaca restent fraîches même à l’abri. Depuis plusieurs jours nous n’avons plus  accès à Internet. Le Wifi de la Casa de ciclistas n’était pas opérationnel et depuis La Paz aucun village que nous traversons n’est équipé.

Nous fondons donc un peu d’espoir sur Achacachi, petite ville située à une vingtaine de kilomètres pour nous connecter et surtout trouver une solution à ce problème de changement de vitesse qui occupe nos nuits.

D’ailleurs il faudra encore bien du courage à Esteban et Valérie aujourd’hui car le parcours comprend deux belles bosses qu’ils monteront sans poser pied à terre.

Achacachi est en vue. On nous indique qu’il n’existe pas de magasin de vélos mais qu’il y a deux réparateurs que nous pourrions consulter. Le premier, voyant la monture, nous indiquera bien vite qu’il ne se sent pas de toucher à ce type de matériel. Le second, nous demande de défaire tout le système pour nous indiquer finalement qu’il n’aura pas le temps. Une manière peu franche de nous avouer son incompétence. Christophe passera plus d’une heure à démonter puis remonter le système pour un résultat qui ne fait qu’empirer.

Il est 14h30 . Il est nécessaire de faire une pause déjeuner. Le moral des troupes commence à être attaqué et il nous faut nous reposer. Nous décidons de rester dans cette ville pour la nuit mais la recherche d’un logement s’avère également compliquée. Les gens sont pris par les festivités de la fête nationale qui vont avoir lieu dans l’après-midi  Le seul endroit qui serait disponible nous paraît cher pour une qualité médiocre.

La nécessité de trouver un endroit où se poser étant prépondérante, nous décidons  de nous arrêter là, le lieu étant pourvu d’un large garage intérieur permettant de nouvelles investigations sur le système de vitesse. Alors que Christophe s’affaire à nouveau sur le vélo, Fidel, le fils du propriétaire de l’hôtel vient lui prêter main forte. Ensemble ils arriveront à rendre disponibles 4 vitesses sur les 14 que comptent le système. C’est mieux et cela permettra sans doute de rallier plus facilement, demain, Sorata, un village situé à une cinquantaine de kilometres. Nous nous arrêterons une semaine afin de faire du Woofing (nous travaillerons dans une ferme agro-écologique en échange du logement). Nous disposerons certainement d’un peu plus de temps pour nous repencher sur le vélo et, si nécessaire, envisager un aller-retour jusqu’à La Paz.

En attendant, ce soir nous profitons de la fête nationale, des défilés et de la musique qui résonnera jusque tard dans la nuit au sein de cette petite ville de Bolivie.

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5 Août : Villa Vilaque – Huarina : 57 km (3 146 km)

L’orage est passé et a laissé place à un ciel bien dégagé. La température extérieure reste fraîche. Nous flirtons toujours avec les 4 000 mètres et les gants sont les bienvenus sur les premiers kilomètres.

Nous nous trouvons sur l’axe principal entre la Bolivie et le Pérou. Le trafic est dense et ne devrait se réduire qu’au bout d’une cinquantaine de kilomètres, lorsque nous prendrons l’axe qui part vers le Nord, la plupart des camions choisissant, eux, l’axe Copacabana – Puno.

Au bout d’une dizaine de kilomètres nous saturons de tous ces véhicules qui nous doublent à vive allure. Nous répèrons une route secondaire qui, certes, rallonge un peu mais devrait nous offrir une vingtaine de kilomètres de quiétude. Cependant, nous payons vite en énergie ce que nous gagnons en confort. Le vent, puis l’arrêt de l’asphalte rendent notre progression plus difficile. Nous zigzagons entre les flaques d’eau laissées par l’orage d’hier et les nombreux trous façonnés par les quelques véhicules prenant cet itinéraire.

Nous prenons notre temps et en profitons pour observer cette Bolivie rurale située hors des axes principaux. Les élevages de bovins et d’ovins agrémentent le paysage, parsemé d’herbes fourragères disposées en petits tas gracieux. Des oiseaux de plus en plus nombreux viennent nager sur les prairies inondées. Il s’agit principalement de mouettes (avec le cou rentré dans le plumage façon Gaston Lagaffe) et de spécimens aux longs becs qui doivent en faire de redoutables pêcheurs. Leur présence n’est pas fortuite. Nous ne sommes désormais qu’à quelques encablures du lac Titicaca. D’ailleurs à la sortie d’un village, nous l’apercevons enfin au loin. Le plus haut lac navigable du Monde est devant nous !

Nous faisons une pause déjeuner à Batallas où nous nous risquons à nouveau dans un petit restaurant de rue. L’odeur de la truite a été plus forte que nos estomacs convalescents.

Après le repas nous poursuivons encore une quinzaine de kilomètres sur la route nationale. La prochaine ville est à 20 km et nous devrions donc pouvoir l’atteindre demain matin afin d’essayer de trouver un magasin de vélos. En attendant, Valérie et Esteban ont accompli aujourd’hui une véritable prouesse physique en parcourant plus de 50 km, dont une bonne partie de chemin de terre, avec… une seule vitesse ! Chapeau !

Pour se remettre de cet effort conséquent et profiter enfin d’un bon lit nous prenons une chambre d’hôtel qui, surprise !…. est dotée d’une baignoire ! De quoi se réchauffer et se détendre en attendant de longer à nouveau demain cet immense lac (que les Boliviens appelent « El Mar ») dont le nom fait esquisser bien des sourires.

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4 Août : La Paz – Villa Vilaque : 21 km (3 089 km)

Grâce à l’aide dynamique de nos cyclos-déménageurs de colocataires, les vélos et l’ensemble des sacs et sacoches prennent place dans le petit pick-up qui nous attend.

Nous retrouverons certainement certains de nos acolytes un peu plus au Nord. Pour les autres ce sera peut-être en France… pour une soirée Belote !

La montée pour rejoindre El Alto, une des plus grandes villes du pays située au-dessus de La Paz, se révèle… acrobatique ! L’arrimage tient mais les pentes demandent de veiller à ce que tout ce qui est sur l’arrière du pick-up y reste… y compris Christophe !

Arrivés à El Alto nous descendons tout notre attirail et reconstruisons nos legos géants. Lorsqu’est venu le tour de la carriole nous constatons que l’un des pneus est à plat : seconde crevaison du voyage.

La température a chuté depuis hier et nous ne nous attardons pas. La longue sortie de l’agglomération (plus de 15km) sollicite de la vigilance afin d’éviter les nombreux mini-bus (collectivos) qui s’arrêtent très fréquemment.

Le 6 août, c’est la fête nationale de la Bolivie mais certaines villes la fêtent le week-end précédent. C’est le cas ici et nous nous retrouvons rapidement au milieu d’un cortège de plusieurs milliers de personnes. Lalie et Esteban s’équipent de petits drapeaux nationaux qu’ils agitent à l’avant des pinos sous l’oeil intrigué et les encouragements de nos compagnons de marche Boliviens. Nous discuterons avec certains d’entre eux qui nous font part de leur fierté de participer à cette longue procession. « Nous accomplissons notre devoir civique » nous disent-ils.

Nous sortons enfin de la zone urbaine lorsque Valérie est en difficulté avec son vélo. Les vitesses du rohloff ne passent plus et elle se retrouve bloquée sur un faible développement qui l’oblige à pédaler dans la semoule !

Nous nous arrêtons en bord de route afin d’essayer de trouver une solution. Nous démontons le module sur la roue arrière, tournons la manette de vitesse, remontons le module mais rien n’y fait… et cela pendant plus de deux heures ! Le Rohloff c’est bien quand cela marche ou pour les férus de mécanique allemande. Et comme c’est loin d’être notre cas… nous poursuivons dans la semoule, pour atteindre le prochain village. Il est 14h30 lorsque nous déjeunons et la prochaine ville est à 28 kilomètres.

Nous sommes samedi, demain c’est donc dimanche et lundi jour de fête nationale : ça se complique. Nous appelons nos contacts sur La Paz afin de savoir s’il existe un magasin spécialisé en rohloff mais on nous répond que lorsqu’il y a un problème avec un moyeu rohloff… ils le renvoient en Europe.

Nous restons cependant persuadés que cela ne vient pas du moyeu. Nous repassons deux nouvelles heures sous le vélo. Une gaine parait très endommagée, sans doute une piste… Après moultes essais nous réussissons à positionner une vitesse avec un développement plus important. Le parcours jusqu’à la prochaine ville susceptible d’abriter un magasin de vélo semble à peu près plat. Nous tenterons donc de la rallier ainsi demain.

En attendant, nous avons trouvé un toit pour la nuit. Une salle communale est mise à notre disposition. Heureusement car, lorsque la nuit venue nous essayons de noyer les soucis du jour dans une partie acharnée de Belote, un orage de grêle s’abat sur la zone.

Nous plongeons dans nos duvets en espérant que demain sera plus clément au niveau du temps et des soucis mécaniques. Mais nous le savons  : il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions !

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3 Août : La Paz

Finalement ce sera un faux départ. Nos tubes digestifs sont en délicatesse, la nuit ne fut pas des meilleures et il est difficile de trouver un moyen de locomotion pour monter nos vélos et notre chargement au-dessus de La Paz.

La grande majorité des cyclovoyageurs choisit l’option du téléphérique mais la taille de nos tandems ne nous permet pas cette possibilité. Remonter à vélo est toujours possible mais les pentes très raides dans la pollution et le trafic n’apporteraient aucun plaisir.

Ne souhaitant pas réitérer l’expérience du bus pour quelques kilomètres, nous partons à la recherche d’un pick-up ou d’un petit camion. Après plus de deux heures de recherche c’est finalement Christian, le propriétaire de la Casa de Ciclista qui nous donnera un tuyau. Il a l’ami d’un ami qui a un petit camion qui pourrait convenir. Il nous donne son numéro de téléphone et quelques appels plus tard  , c’est calé pour demain matin 9h00.

Nous avons donc le temps de finir de regrouper toutes nos affaires tranquillement. Un peu de travaux scolaires, un peu de repos puis nous partons découvrir le célèbre marché des sorcières de La Paz. Un quartier ésotérique où se vendent de nombreuses potions sensées améliorer la tonicité masculine ou la fertilité. Le plus impressionnant restant les nombreux foetus de lamas pendus sur le haut des étalages.

Profitant de pouvoir disposer d’un four à la Casa, nous achetons de quoi préparer le célèbre « riz au four » afin de pouvoir le partager avec nos colocataires internationaux. Nous passerons encore une superbe soirée faite de connaissances réciproques qui ne demandent qu’à être poursuivies… quelque part dans notre beau monde !

Esteban profitera également de cette journée pour marquer notre passage d’un petit dessin. Nous trouvons une petite place juste en-dessous de nos amis des « Pandas pédalent ». L’Occitanie est en force dans ce petit coin de la Casa de ciclistas de La Paz !

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2 Août : Rurrenabaque – La Paz

Après ces 3 jours passés aux portes de l’Amazonie nous revenons les yeux pétillants de belles images que nous avons eu la chance de partager tous ensemble. Oui, vraiment, ce parc Madidi mérite d’être connu. Encore loin d’être pollué par le tourisme de masse, les natifs (natives) ont à coeur de préserver leur environnement avec lequel ils ont une relation fusionnelle. Leur connaissance de la flore et de la faune est impressionnante, comme le savoir qu’ils partagent avec humilité et grand respect pour la Terre-Mère.

Nous remontons vers les hauts plateaux via cet aéroport  dont la piste en terre est tracée au milieu de la forêt. Une fois arrivés à l’aéroport de El Alto, nous replongeons vers La Paz pour retrouver la Casa de Ciclista. Elle s’est remplie depuis notre départ : deux belges, une franco-suisse, deux allemands ainsi qu’un americain et deux français (kaï, Guillaume et Donia, déjà rencontrés à Uyuni) complètent désormais cette grande colocation. Chacun glane des infos sur les étapes à venir. Une vraie communauté bien plus réelle que virtuelle.

En début d’après-midi, nous nous rendons au bureau de l’immigration de La Paz. La durée de séjour en Bolivie est limitée à un mois, renouvelable deux fois dans ces bureaux. Nous pensions en avoir pour l’après-midi, cela nous aura pris… moins de 5 minutes. Quelques rapides coups de tampons sur nos passeports et nous voilà prêts pour déjeuner.

Valérie ira ensuite rechercher l’appareil photo et… bonne nouvelle… il est réparé ! Pour moins de 20 Euros nous voici enfin avec un appareil complètement opérationnel. A nous d’en profiter dans les semaines à venir afin de partager avec vous les prochains clichés. Quelques petits achats compléteront la sortie  , dont quelques chaussettes chaudes pour affronter le froid qui revient et une carte pour le téléphone.

Les discussions avec nos compagnons de voyage, tantôt en espagnol, tantôt en anglais, nous permettent, outre le fait de progresser dans ces deux idiomes, de nous nourrir de ces voyages effectués.

Si la nuit se passe bien pour tout le monde et que nous trouvons un moyen pour remonter vers El Alto avec nos vélos, notre voyage cyclotouriste devrait reprendre demain. Nous commençons à avoir des fourmis dans les jambes et une envie folle de repartir à l’Aventure.

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1er Août : La Selva – Rurrenabaque

Pour cette dernière matinée dans la jungle, Yacira nous a préparé un beau programme.

Nous partons, tout d’abord, pour une belle promenade de deux heures sur de petits sentiers traversant cette immensité quasi-vierge. Yacira nous arrête fréquemment pour nous montrer, là une plante et ses vertus médicinales, ici un oiseau multicolore ou encore des abeilles. Nous avons forcément une pensée pour les apiculteurs et les happy-cultrices du rucher de Boissor en observant quelques-unes des 40 espèces d’abeilles vivant dans le parc Madidi. Nous apercevrons notamment de petites abeilles noires appelées « coupeuses de cheveux » car se régalant de toute chevelure passant à proximité. Yacira nous précise qu’elles produisent du miel d’excellente qualité à l’odeur de citron qui est notamment utilisé contre la toux. Selon les conseils de notre guide nous passerons devant leur ruche, à ciel ouvert, en courant afin de ne pas y laisser quelques mèches.

Nous arrivons en bordure du fleuve. Quelques troncs et de la ficelle nous attendent. L’heure est venue de construire un radeau sur lequel nous descendrons la rivière jusqu’au camp. Par mesure de sécurité, une pirogue à moteur nous suit un peu plus loin. Une descente en radeau au milieu de la jungle, un moment inoubliable par son intensité émotionnelle et cet incroyable point de vue.

Yacira jouera le capitaine de cette frêle embarcation, nous guidant quand les courants se font plus forts et s’assurant sans cesse de maintenir l’équilibre nécessaire.

Nous arriverons au camp sans aucun chavirage mais avec de beaux souvenirs.

Ces trois jours dans la jungle auront été d’un dépaysement total. L’environnement est, certes, hostile mais tout paraît, à peu près, sous contrôle. Il existe des séjours de type « survival » mais nous en étions loin ! Cela nous a permis de profiter de cet univers si particulier en famille.

Nous rentrons à Rurrenabaque en début d’après-midi. 1h30 de bateau qui nous permettent d’admirer la vie qui s’égraine tout au long du fleuve.

Nous profitons de la fin d’après-midi animée dans les rues de Rurrenabaque pour découvrir un peu plus cette petite ville si particulière, avec l’impression constante d’être plutôt au Brésil qu’en Bolivie. D’ailleurs tous les restaurants de la ville essayent de nous attirer en nous offrant des verres de Caïpirinhas…

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31 Juillet : La Selva

Naïa va mieux, mais c’est une pluie torrentielle qui s’abat sur la jungle ce matin. Cela n’empêche pas les singes hurleurs de pousser leurs cris et les oiseaux de jouer leurs douces mélodies en canon: dépaysement garanti au travers des larges moustiquaires de notre cabane d’arbre.

Nous adaptons donc le programme à la météo . Yacira propose de nous initier à l’artisanat indigène en attendant que la pluie se calme. Colliers, bracelets… réalisés uniquement avec des noyaux ou des graines colorées , trouvés dans la jungle.

Nous enchaînons, après le déjeuner , avec une activité qui ravira petits et grands malgré un insuccès probant : la pêche ! Une simple ficelle, un petit plomb et un hameçon que nous essayons de lancer le plus loin possible.  Lorsque l’hameçon reste coincé… il faut se jeter à l’eau ! Entre la baignade et les bains de boue, les poissons se sont sans doute éloignés . Cette activité sollicite la quiétude. Seul Juan, qui guide la pirogue, aura réussi à lever une belle pièce.

La nuit tombée, nous repartons pour une nouvelle séance d’observation nocturne. En bonus, ce soir, nous aurons droit aux yeux du jaguar, l’un des rois de la jungle. Yacira nous demandera  de presser le pas sur le chemin du retour et de regarder de temps en temps en arrière. Peu rassurant, mais nous nous sentons tout de même en sécurité. Si demain matin le temps s’améliore, nous aurons droit à une nouvelle Aventure. Sur l’eau cette fois !

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30 Juillet : Rurrenabaque – La Selva

7h30 : toute la famille est au petit-déjeuner. Dans moins d’une heure nous partons à la découverte de la jungle. Nous rejoignons l’une des très nombreuses agences qui organisent ces expéditions puis partons avec notre guide, Yacira, pour deux heures de pirogue motorisée afin de remonter le fleuve et pénétrer dans le parc Madidi. Yacira a vécu, pendant une vingtaine d’années, au sein de l’une des communautés indigènes vivant au bord du fleuve. Autant dire qu’elle connaît cette zone, comme sa poche.

Le parc Madidi, qui existe seulement depuis une vingtaine d’années recèle des trésors tant au niveau de la flore que de la faune. Concernant cette dernière, durant notre pérégrination sur l’eau, nous aurons la chance de voir d’innombrables oiseaux, des tortues, un coati et… un caïman noir !

Nous arrivons au camp où, après un bon déjeuner, nous découvrons notre habitation dans les arbres. Une superbe réalisation !

Nous repartons dès le début d’après-midi pour une belle promenade de trois heures qui nous permettra d’atteindre un promontoire du haut duquel nous pouvons observer des dizaines de couples de perroquets, venus nicher au coeur d’une superbe falaise. Sur le chemin, Yacira en profite pour nous faire goûter ou toucher quelques plantes et pour nous montrer de nombreux animaux dont une multitude de variétés de fourmis. Nous nous régalons de la connaissance que partage généreusement  avec nous, Yacira.

Nous rentrons au camp, juste avant la nuit, mais la découverte de cet environnement se poursuit. Après le dîner, Naïa, un peu fiévreuse, va se coucher, surveillée par les garçons tandis que les filles repartent avec Yacira pour une escapade nocturne durant laquelle elles observeront de belles araignées, des biches et des grenouilles. Si Naïa va mieux demain, c’est une grande promenade qui nous attend !

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29 Juillet : La Paz – Rurrenabaque

Valérie a passé une bien mauvaise nuit. Les estomacs ne semblent pas encore parfaitement acclimatés !

Elle rassemble toute l’énergie qu’il lui reste afin de suivre la troupe, se doutant bien que son état va désormais aller en s’améliorant. Cela commence par une matinée rythmée puisqu’il nous faut aller jusqu’à l’aéroport où nous attend un vol pour Rurrenabaque. Profitant du faible coût des vols intérieurs, nous avons opté pour les 30 minutes de vol au lieu des… 15 à 18 heures de bus !

Après avoir parcouru une partie de l’altiplano bolivien nous voulions découvrir l’autre visage de la Bolivie : celui de la jungle. Rurrenabaque est une petite ville aux portes de la forêt amazonienne à partir de laquelle sont organisés une multitude de circuits touristiques. De quoi offrir un dépaysement total et des vacances dans le voyage à vélo.

La chaleur et l’humidité nous attendent lorsque nous foulons le sol de cet « aéroport » implanté au sein de la forêt. Le changement est total par rapport à ce que nous cotoyons depuis plusieurs semaines. Un large fleuve borde cette petite ville. Les embarcations portent les fruits et autres mets que viennent vendre les habitants des villages situés en amont. Nous nous promenons, curieux de tant de découvertes avant que les enfants ne se jettent dans la piscine de l’hôtel, impatients de goûter à leur première piscine de l’été.

Nous ressortons pour profiter des allées longeant le fleuve, poursuivant notre observation de cette vie fluviale.

Après le dîner, nous sonnons l’heure du coucher afin d’être en pleine forme pour la grande journée qui nous attend demain. Un départ pour 3 jours d’immersion au sein de cette immense jungle.

Ce soir Valérie a totalement récupèré et se rejouit de ce programme insolite que nous allons  vivre.

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28 Juillet : La Paz

Une deuxième journée consécutive sans ranger duvets et sacoches : cela fait un petit moment que ça ne nous est pas arrivé.

Après la longue soirée Belote-Rebelote d’hier soir, le lever est plus tardif. Tout le monde récupère…

Ce samedi est agité dans les rues de La Paz : de grands marchés, les rues du centre ville fermées à la circulation et un grand défilé folklorique universitaire. Ce dernier est impressionnant. Nous restons une bonne heure à admirer les costumes, les danses et les musiciens qui essaient, les uns après les autres, de mettre un maximum d’ambiance.

Nous prenons un peu de hauteur et empruntons l’un des nombreux téléphériques de la ville. Un vrai métro aérien qui quadrille la ville, dévoilant son immense superficie et ses plus beaux monuments.

Au retour, nous ne résistons pas à de petites douceurs glacées. Décidemment nous faisons le plein de sucre.

Une nouvelle soirée à la Casa de ciclistas nous attend. Steven, notre compagnon Suisse a repris la route vers Ushuaïa (il est parti d’Alaska il y a un an) et Simon un autre cyclovoyageur Français (qui est parti de Santiago du Chili le 7 mai et qui termine son voyage à vélo ici, à La Paz) est arrivé. Deborah et Simon préparent de succulents plats végétariens, et avec le nouveau Simon nous nous chargeons des boissons et du dessert.

Une vie communautaire qui enchante toute la famille !

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27 Juillet : La Paz

Cela nous paraît incroyable : nous sommes à La Paz ! Dans la Casa de ciclistas !

Cet appartement est étonnant. Des mots, des adresses, des dessins inscrits partout. Un livre  , façon Esperanto, s’ouvre à nous sur chaque paroie. La vie communautaire qui s’inscrit ici nous ravit. Les discussions, l’ouverture d’esprit et l’entraide qui y règnent sont autant de sources de réconfort pour tout cyclovoyageur qui arrive ici, notamment ceux qui voyagent seul.

Lessive et réparation du vélo nous occuperons toute la matinée. Christophe gravira une bonne partie des quartiers de La paz afin de trouver un professionnel qui arrive à souder le porte-bagages en aluminium cassé hier. Un véritable jeu de piste afin de trouver le quartier des soudeurs (toutes les corporations sont regroupées par quartier : celui des tapissiers, des carossiers… et donc des soudeurs !). Une équipe motivée s’occupera de renforcer le porte-bagages puis défilera un par un pour se prendre en photo avec le vélo réparé.

Pendant ce temps, les enfants se défoulent dans le parc de jeux et Valérie commence à organiser les vidéos pour un prochain film.

Elle partira ensuite à la recherche d’un magasin capable de proposer la réparation de notre appareil photos dont le zoom est défectueux depuis le début du voyage. Mission difficile depuis que le plus grand nombre utilise l’appareil photo du téléphone comme seul objectif. Elle réussit à trouver un technicien motivé qui propose un démontage et remontage complet. Résultat dans 4 ou 5 jours.

Le reste de la journée se passera à la Casa de ciclistas. Des exercices scolaires, un bon repas partagé avec tous nos sympathiques colocataires avant qu’Esteban et Lalie apprennent une chose importante pour leur vie future : la belote !

La montée en compétences est rapide et grâce à la patience et aux conseils de Deborah et Simon, le virus est contracté .

Belote, rebelote, il est temps d’aller se coucher !

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26 Juillet : Oruro – La Paz : Bus + 4 km (3 068 km)

Aussitôt le petit-déjeuner avalé, nous nous rendons à la gare routière afin de trouver un bus qui pourra nous transporter (avec nos vélos hors norme) à La Paz. Parmi les dizaines de compagnies proposant ce trajet, nous observons  celles qui disposent de bus avec des coffres imposants.

Un chauffeur joue les rabatteurs. Nous voyant arriver, il nous assure que tout notre équipage pourra prendre place dans la soute, ce qui se vérifie un quart d’heure plus tard. Nous allons prendre nos tickets (12 Euros pour 5 !) puis partons pour 230 km et 3h30 de trajet. Nous ne regretterons pas le choix d’avoir opté pour un voyage motorisé. Le paysage ressemble à celui que nous avons parcouru ces derniers jours et le trafic dense est peu enthousiasmant.

Nous arrivons à La Paz via El Alto, cité qui surplombe la capitale administrative de la Bolivie (la capitale constitutionnelle étant Sucre). Nous trouvions déjà Oruro très grand avec ses 200 000 habitants . Avec 2,5 millions d’habitants, La Paz nous donne le vertige. C’est impressionnant !

La descente du bus nous vaudra une belle colère avec le chauffeur. Pressé de repartir, il débarque nos vélos avec une brutalité certaine. Nous nous interposons afin de nous occuper nous mêmes du déchargement. Alors qu’il a déjà pris la poudre d’escampette, nous constatons les dégâts : le porte-bagages avant du pino blanc est cassé et la anse d’une sacoche  est déchirée. Une fois notre colère avalée nous arnachons nos bagages  , comme nous le pouvons, et prenons la direction de la célèbre « Casa de ciclistas » de La Paz. Situé en centre-ville, il s’agit d’un appartement mis à disposition (contre une participation symbolique aux frais) par Christian  , un Bolivien d’origine Allemande. Des milliers de cyclovoyageurs se sont arrêtés ici depuis près de 20 ans.  Quand nous arrivons, deux français (Simon et Deborah) et un Suisse (Steven) ont déjà pris place au sein de la Casa.

Dans un élan de voyageurs solidaires, ils nous aident immédiatement à monter toutes nos affaires, les deux vélos et la carriole au premier étage. Merci +++

Il est 16h00 et nous n’avons pas encore déjeuné (cela devient une habitude !). Nous partons donc explorer le quartier afin de nous alimenter puis partons réserver nos billets pour Rurrenabaque où nous partirons finalement dimanche (plus de places samedi) pour 3 jours dans la forêt amazonienne.

Nous poursuivons ensuite notre visite du centre-ville. Quel contraste avec les campagnes que nous avons traversées ! Toutes les grandes enseignes y sont représentées, les écrans géants illuminent les artères de leurs publicités mercantiles et les trottoirs sont quasiment impraticables du fait d’une surpopulation au mètre carré.

Un café dispose d’une immense aire de jeux. Les enfants nous y attirent. Ils ont beau être convertis au voyage à vélo, ils restent des enfants et retrouvent un regain d’énergie en escaladant les modules qui s’offrent à eux.

Nous achetons de quoi concocter le dîner et rentrons à la Casa de ciclistas. Nous sommes subjugués par ce lieu. Les murs et les plafonds sont tapissés de photos, de phrases, de cartes laissées par d’innombrables voyageurs. Nous y retrouvons des noms connus, des idées géniales et des blogs à découvrir.

Nous allons donc rester deux jours à La Paz et profiter ainsi de l’abondance de cette immense ville. En attendant, au programme demain : lessive…. et réparation de vélo !

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25 Juillet : Machacamarca – Oruro : 40 km (3 064 km)

Ce matin nous avons eu droit… à un réveil en fanfare !

Heureusement, on nous avait prévenus hier et cela correspondait de plus à notre heure de lever. Chaque matin de 7h00 à 9h00 dans la grande cour du « College Mexico » de Machacamarca, il y a répétition de la fanfare de l’école. Cuivres, tambours et instruments à vent résonnent donc pour un réveil en musique. C’est bien plus agréable que les klaxons !

Arminda vient partager le petit déjeuner dans notre salle de classe. Après avoir salué élèves, enseignants et direction nous la suivons chez elle où elle offrira quelques douceurs aux enfants. Encore une belle rencontre !

Lorsque nous rencontrons des personnes comme Arminda, nous laissons une petite carte de visite avec nos prénoms, notre nom, nos coordonnées électroniques et téléphoniques ainsi que l’adresse du blog. Nous ajoutons  que nous aurions grand plaisir à les accueillir en France, à notre retour. Malheureusement nous sommes conscients que, pour beaucoup, cela s’avérera impossible. Outre le prix du billet d’avion, les Boliviens doivent disposer d’une adresse d’invitation et justifier qu’ils ont assez d’argent pour toute la durée de leur séjour (souvent plusieurs milliers d’euros, ce qui rend le voyage encore plus compromis ). Disposer d’un passeport européen n’impose pas toutes ces contraintes, nous en sommes la preuve. Dure réalité de l’inégalité sociale qui touche les habitants de notre planète. Soyons chaque jour conscient de la chance que nous avons eue de naître en France…

Le trafic est intense à l’approche d’Oruro. Bus et camions nous doublent par dizaines, parfois de très près. Nous avons alors un oeil qui regarde la route et un autre le rétroviseur (drôle de gymnastique oculaire) afin d’anticiper le passage des chauffards qui ont peu d’empathie pour les cyclistes.

Nous préférons de loin les centre-villes, une fois que les camions en sont interdits. Celui d’Oruro grouille de vie dans cette ville de plus de 200 000 habitants. Le contraste avec les vastes plaines désertiques que nous avons traversées est saisissant. Nous observons tout ce qui nous entoure avec une curiosité infantile. Sur l’une des artères principales nous nous retrouvons derrière les festivités d’un mariage célébré… en fanfare !

La nouvelle gare routière est un peu excentrée. Nous traversons donc toute la ville afin de nous renseigner sur le trajet que nous souhaitons faire, demain en bus, jusqu’à La Paz (le trafic du jour a fini de nous convaincre de ne pas prendre le risque d’y aller à vélo). Nous posons nos affaires dans un hôtel tout proche puis prenons un « collectivo » (mini-bus comportant parfois deux fois plus de passagers que de sièges…) pour nous rendre en centre ville.

Nous déjeunons, prenons le téléphérique pour surplomber la ville, arpentons les allées d’un immense marché et marchons longuement dans les rues commerçantes.

En rentrant, nous tomberons sur plusieurs… fanfares qui animent différents quartiers de la ville.

Ce matin, au réveil, un message de Didier informait Christophe du décès de Françoise, une de leurs anciennes collègues de travail et amie. P…. de cancer. Après Monique, il y a tout juste un an, voici encore une belle personne emportée bien trop jeune. Cela ne peut que nous confirmer qu’il faut profiter chaque jour de ce que nous offre la vie.

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24 Juillet : Pazna – Machacamarca : 51 km (3 024 km)

0h30 : la chaleur des thermes se heurte au froid extérieur et forme d’énormes goutelettes sur la verrière qui nous sert de toit. Ces goutelettes viennent s’écraser sur nos sacs de couchage ou, pire encore, sur nos tapis de sol provoquant de bien désagréables « splosh ! » qui résonnent dans nos oreilles. Nous déménageons pour trouver un endroit un peu plus abrité…

2h00 : une flagrance malodorante s’échappe de la porte des toilettes à côté de laquelle nous sommes installés et vient chatoyer nos appendices nasaux. Nous déménageons un peu plus loin…

5h30 : Ouverture matinale des thermes. Les premiers baigneurs tapent au carreau. Il n’y a plus qu’à se lever…

Ce n’est donc pas la meilleure nuit que nous ayons passée mais elle a au moins l’avantage de nous offrir un départ matinal.

Au bout d’une quarantaine de kilomètres, les gérants des thermes qui partent faire des courses à Oruro s’arrêtent devant nous pour nous offrir une bouteille de jus de fruits…. touchant !

Peu avant nous fêtions par des embrassades notre 3 000ème kilomètre.

L’orage menace à notre arrivée à Machacamarca. Il est 13h00 et nous rentrons déjeuner au chaud dans un petit restaurant (Lalie y mangera une délicieuse truite, le premier poisson depuis près de 3 mois). S’en suit un vaste élan de solidarité. Il n’y a pas d’hôtel dans le village, uniquement une auberge en travaux. Clients et patrons du restaurant recherchent donc une solution d’hébergement pour nous. Quelques coups de fils et nous voici installés dans une salle de classe du collège.

Nous passerons une superbe après-midi entourés des élèves et enseignants. Lalie ira en cours d’anglais, Esteban ne quittera pas le petit terrain de foot de la cour de récréation, Valérie passera un peu de temps avec la professeure de couture (forcément !), Christophe fera faire des tours de cour de récréation aux nombreux enfants et adultes qui veulent essayer le Pino et Naïa sera la mascotte du collège, toutes et tous voulant une photo avec elle.

Arminda, la patronne du restaurant qui nous a trouvé ce bon plan reviendra en fin d’après-midi pour s’assurer que tout se passe bien et nous offrira deux trousses ainsi qu’une paire de superbes boucles d’oreilles à Valérie.

Ce soir pas de klaxon, ni de gouttes d’eau à l’horizon mais de confortables matelas mis à notre disposition. De quoi récupérer avant notre dernière étape vers Oruro. Suivant les conseils de nombreux cyclovoyageurs que nous avons rencontré,  nous prendrons ensuite certainement un bus pour rejoindre La Paz, cette portion de route étant dangereuse et sans intérêt. Nous devrions ensuite lacher les vélos pour une semaine, le temps de profiter d’une petite surprise familiale.

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23 Juillet : Challapata – Pazna : 42 km (2 973 km)

Le klaxon compulsif ou la klaxonnite aigüe de certains automobilistes locaux (notamment les taxis) a émaillé notre nuit de nombreuses phases de réveil.

Qu’importe, aujourd’hui nous n’avons qu’une quarantaine de kilomètres à effectuer afin d’arriver à Pazna où nous avons repéré des sources d’eau chaude, promesses de délassement.

Nous prenons tout de même un peu de temps avant de quitter Challapata pour chercher un nettoyeur haute pression et finir de laver nos vélos. Nous avions effectué un lavage sommaire (au chiffon et à la brosse à dents) à Tahua mais le sel reste bien présent par endroit et pourrait mettre en péril nos fidèles montures. C’est à la sortie de la ville que nous trouverons tout l’appareillage nécessaire ainsi que des professionnels très aidants.

Lavés, huilés, nos vélos retrouvent une nouvelle jeunesse pour s’élancer sur les longues lignes droites bordées de sublimes sommets enneigés. Le vent n’est pas encore très fort et durant les deux premières heures nous avançons bien. Après, le vent s’intensifie et c’est plus compliqué. Nous arrivons tout de même en début d’après-midi à Pazna et après un pique-nique tardif, nous nous dirigeons vers les thermes. De grandes baignoires privatives et une eau bien chaude (la première fois que nous trouvons de l’eau vraiment chaude en Bolivie !) satisferont toute la famille. Le bain est limité à 30 minutes. Cela nous suffit amplement car certains d’entre nous sont au bord du malaise en quittant la pièce emplie de vapeur. La fatigue et un besoin d’hydratation auront certainement accentués les effets.

Il est 16h30 lorsque tout le monde a retrouvé ses esprits. Il n’y a plus de villages avant de nombreux kilomètres et le gérant des thermes nous accorde le droit d’établir notre campement dans le hall d’entrée du bâtiment. Il y a pas mal de passage mais cet espace bénéficie de la chaleur ambiante. C’est parfait pour nous.

Nous regardons avec intérêt le ballet s’opérant au sein de ces thermes populaires. Toutes les classes sociales semblent se croiser et se succéder dans ce lieu . Des camionneurs, aux personnes aisées qui en profitent pour consommer quelques douceurs, en passant par les nombreux habitants ne possédant pas de salle de bain privative, les clients sont aussi nombreux que divers. Pour la première fois  , nous voyons les longs cheveux des dames qu’elles brossent avec soin, chevelure habituellement cachée sous de grands chapeaux.

Plus tard , dans la soirée, le gérant voyant le froid passer sous la porte et sous certaines cloisons avec l’extérieur, viendra nous proposer de nous déplacer de quelques mètres pour nous installer dans l’espace qui donne directement sur les bains. Plus que parfait !

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22 Juillet : Huari – Challapata : 15 km (2 931 km)

Enfin une bonne nuit de sommeil. Rien de tel pour retrouver des forces et de l’enthousiasme ! Le paysage blanchi par la neige est si beau que nous souhaitons en profiter un petit peu ce matin. Nous allons donc nous offrir une petite étape hivernale.

Nous saluons et remercions Sergio pour son accueil et partons pour cette « promenade dominicale ».

C’est magnifique, les montagnes, le lac, tout est blanc ! La route est plutôt plate et le vent absent, ça sent le plaisir !

Nous croisons 3 cyclotouristes, un français et deux allemands qui sont partis de Lima pour rallier… Santiago du Chili. Nous en profitons pour nous donner des tuyaux sur nos étapes respectives. Hier encore, juste avant que le temps ne se dégrade, nous avions croisé deux cyclotouristes autrichiens (ils avaient déjà parcouru 120 km, nous à peine 20…). Comme l’indiquait Gaëlle récemment dans un commentaire, le nombre de cylovoyageurs semble s’être largement augmenté en quelques années. Alors qu’en 2001, nous avions rencontré moins de 10 voyageurs à vélo en un an, en deux mois et demi nous en avons déjà rencontré plus d’une vingtaine. Certes, l’axe Lima-Santiago (ou inversement) est à la mode, mais il convient de reconnaître que le cyclotourisme est en pleine expansion. De quoi motiver toutes les forces vives qui souhaitent développer des voies cyclables dans notre bel hexagone.

Challapata est bien plus grand qu’Huari, ce qui nous donne la possibilité de trouver un hébergement avec du WiFi: le luxe après une semaine sans connection.

Il y a une Feria (foire) sur les hauteurs de la ville. Nous nous y rendons en transport collectif et arpentons les nombreuses allées de chalands avant de nous poser pour déjeuner.

Nous passerons une grande partie de l’après-midi sous nos couvertures à lire les messages, à se tenir informés de l’actualité et à préparer les envois des prochains articles. La journée marathon d’hier semble déjà loin !

Nous ressortons pour dîner en ville avant de regarder un petit film… serrés les uns contre les autres.

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21 Juillet : Salinas de Garci Mendoza – Huari : 27 +… (2 916 km)

C’est avec une triste nouvelle, reçue par SMS de Françoise, que nous commençons cette journée. Gabrielle s’est éteinte dans son sommeil. Toutes nos pensées vont alors vers Gérard et tous ceux qui l’entourent dans cette épreuve.

Une fois tous les vélos préparés nous prenons un grand-petit-déjeuner tous ensemble. Temps de partage que nous faisons durer comme pour retarder la séparation. Nous agrémentons ce repas de spécialités locales à base de quinoa, Salinas de Garci Mendoza en étant la capitale Bolivienne.

Nous quittons nos Amis espagnols devant la station essence du village, chaque équipage ayant besoin de son demi-litre de carburant afin de pouvoir continuer à cuisiner ces prochains jours. Les embrassades sont chaleureuses et sincères. Il y encore quelques jours, Nacho, Jordi et Simon étaient des étrangers, aujourd’hui ce sont des Amis ! Nous projetons de nous retrouver dans une semaine à Oruro si nos parcours le permettent.

Nous repartons donc, en équipe réduite, sous une température acceptable. Après une heure de pédalage, la pluie commence à tomber. C’est la première fois que nous avons à y faire face, en roulant, depuis le début du voyage. Nous nous équipons. Le paysage désertique et les éléments météorologiques accentuent la faiblesse de nos conditions physique et morale déjà éprouvées par le froid persistant depuis quelques jours et par des nuits dans des lieux précaires.

Dans cette adversité, nous restons en admiration devant nos enfants qui vivent chaque événement comme une nouvelle aventure. Alors que nous sommes sans cesse dans le doute face aux choix à opérer et à leurs possibles conséquences, eux, vivent l’instant présent avec toute l’insouciance de l’enfance. Ils ne se plaignent que très rarement des situations qu’ils sont amenés à vivre (le froid, la faim comme aujourd’hui où nous passerons directement du petit déjeuner au dîner…). Source de jouvence et de joie permanente, ils nous obligent à ne pas laisser transparaitre nos doutes et à garder une posture rassurante.

Pourtant, aujourd’hui il nous aura fallu prendre sur nous.

En effet, deux heures plus tard, c’est de la neige et un vent glacial qui viennent fouetter nos visages. Nous trouvons refuge sous un camion en panne , puis dans sa cabine en compagnie du chauffeur, de son épouse et de sa fille. Au regard des conditions climatiques, Constantino propose, une fois la réparation effectuée, d’arrimer tout notre équipement au dessus de la cargaison de sel qu’il transporte jusqu’à la frontière péruvienne et de nous laisser au prochain village. Il a cassé un cardan et attend une nouvelle pièce qui devrait arriver d’une minute à l’autre. 4 heures plus tard c’est toujours l’attente ! La pièce devrait finalement arriver demain… ou après-demain.

Le prochain hameau est à plus de 20 kilomètres et les bourrasques de vent qui accompagnent désormais la pluie ne permettent pas d’envisager de repartir à vélo dans l’immédiat.

Il est 16h00, dans deux heures il fera nuit. Nous ne pourrons pas tenir tous dans cette cabine toute la nuit. Essayer de planter la tente ou trouver une autre solution de transport restent les deux alternatives envisageables.

Nous nous donnons une heure afin de privilégier la seconde à la première. C’est samedi et depuis ce matin, il n’y a pratiquement pas de trafic sur cette route. Le nombre de véhicules croisés ou qui nous ont doublés se comptent sur les doigts des deux mains. En 8 heures, cela fait peu…

Un camion à l’horizon: nous lui faisons de grands signes. Il ralentit, fait mine de s’arrêter… puis repart !

Une demi heure plus tard, enfin, un autre camion. Il transporte une énorme pelleteuse mais, grâce à l’appui de Constantino, les chauffeurs entendront notre situation et accepteront de monter tout notre équipement dans les quelques interstices encore disponibles. Quant à nous, ils nous proposent de prendre place… dans la cabine de la pelleteuse. C’est donc avec Naïa au volant virtuel de cet énorme engin que nous reprenons de la vitesse. 80 kilomètres et 1h30 plus tard, ils déposent leur cargaison, et nous mêmes  à Huani. Nous sommes frigorifiés par ce trajet dans les airs mais étonnamment excités des péripéties que nous venons de vivre.

La recherche d’un logement pour la nuit s’avère également plus compliquée que prévu. Tout est fermé. Nous trouvons finalement refuge chez Sergio qui nous accueille très chaleureusement avec un verre de thé chaud et des lits emplis de chaudes couvertures. Dehors, la neige redouble. Un épais manteau blanc recouvre désormais la ville…

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20 Juillet : Tahua – Salinas de Garci Mendoza : 34 km (2 889 km)

Le ciel est de nouveau d’un bleu éclatant ce matin. Heureusement car notre salle municipale est en passe de se transformer de frigidaire en congélateur avec un petit 1° ce matin à 7h30.

Nous prenons un petit-déjeuner bien calorique avant de reprendre la route. C’est un chemin de terre qui nous attend tout au long de cette journée. Bien que l’effort sollicité soit plus important, nous aimons, de temps en temps, nous retrouver sur ces chemins de traverse. La proximité avec la nature et l’ensemble de ses éléments prend une intensité toute particulière sur ces sentiers peu accessibles. Nous contournons ainsi un volcan dont chaque face nous parait aussi différente que sublime. La neige tombée hier et les couleurs de la roche offrent un spectacle à 360 °.

Nos chers compagnons espagnols nous font la joie de partager une nouvelle étape avec nous. Ayant pris une avance certaine, ils nous attendent tout de même pour déjeuner en nous accueillant avec « comme en famille ! ».

Nous prenons le temps, discutons avec les villageois que nous rencontrons, nous arrêtons pour contempler le paysage. Certaines portions de la piste nous obligent à fournir des efforts conséquents lorsque nous traversons des bancs de sable ou que le revêtement prend des allures de tolle ondulée pendant plusieurs centaines de mètres.

A Salinas de Garci Mendoza, Simon et Jordi prennent de l’avance pour se rendre à la Mairie afin de voir si nous pourrions bénéficier d’une petite pièce pour la nuit. L’un des responsables donne son accord mais nous demande d’attendre devant la Mairie. La nuit tombe, il commence à faire froid. Nous attendrons plus d’une heure trentre  avant d’apprendre que la Mairie est désormais fermée et que la personne en question est partie par une porte dérobée à l’arrière du bâtiment. C’est l’incomprehension générale !

Heureusement, il y a un petit hôtel dans la ville. Pas de lumière dans les couloirs, une douche chaude qui est gelée au bout de quelques secondes, des fenêtres qui grincent et laissent passer l’air et des lits plutôt réduits. Nous nous contenterons de cela.

Nous allons manger un plat de poulet tous ensemble avant d’apprende un nouveau jeu avec les cartes espagnoles.

Demain les routes devraient se séparer puisque Nacho, Jordi et Simon ont prévu de faire un détour par le Salar de Coipasa avant de rejoindre Oruro. Nous devrions atteindre la capitale folklorique de Bolivie d’ici une semaine par un chemin plus direct. Étant donné nos allures respectives bien différentes, il n’est pas impossible que nous puissions fêter nos retrouvailles là-bas… ¡ Ojala !

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19 Juillet : Tahua

Du blanc… au blanc. Surprise ce matin ! Alors que nous nous apprêtons à déjeuner dans notre grande salle à la forte odeur de houblon : il neige ! Eh oui ! Nous pouvons encore contempler le salar à l’horizon et celui-ci se prolonge d’un manteau neigeux qui ajoute à la beauté du paysage.

L’étape d’aujourd’hui s’annonçait plutôt courte en kilomètres (32) mais longue en temps car composée uniquement de ripio avec un important dénivelé positif. La neige, bien qu’originale pour nous en plein mois de Juillet, serait une complication supplémentaire avec l’altitude (un nouveau passage autour des 4 000 mètres). Nous décidons de reporter la grimpette à demain.

Et comme nous sommes en bonne compagnie ,, ce sera jour de repos ! Nous prenons le temps, discutons, faisons un peu d’école, de magie, jouons, nettoyons les vélos (qui ont bien souffert sur ces traversées de sel), visitons le village qui vit tel un musée : pas de Wifi, pas de réseau, des habits traditionnels, peu de denrées alimentaires,  aucun touriste excepté les 8 cyclovoyageurs hispano-français qui sont heureux de partager encore un peu de temps ensemble.

Nous en profitons également pour cuisiner et échanger quelques recettes. L’occasion de déguster du riz à l’espagnole, des crêpes, des cheese naan… que nous cuisinons au réchaud.

Un rayon de soleil dans l’après-midi permettra d’aller tester le terrain de foot en synthétique du village et de se promener entre les maisons en adobe et les troupeaux de lamas.

Le froid est là. Lorsque nous dînons, vers 20 heures, il fait 5° dans la salle. La nuit s’annonce fraîche et nous espérons que le temps demain sera plus clément afin de pouvoir repartir vers le nord et connaître des températures plus élevées dans la vallée suivante.

N’hésitez pas à aller voir la chaine youtube et l’instagram de Nacho, Jordi et Simon. Ils font des images magnifiques qui méritent d’être partagées : tapez : « 260 litros y mas mo que surja », https://www.instagram.com/260litros/

https://l.instagram.com/?u=https%3A%2F%2Fyoutu.be%2Fjsyoy_PJpp8&e=ATMZdTZwsYuv7osP2vH9C-t7uT7FSMml2_6SLsuYhCoM7Ud6R7xfFHEApxwsILzB-5iC0OZgoCM6ySCGKuq93DOfTU0qqE-0

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18 Juillet : Ile d’Inkahuasi – Tahua : 44 km (2 855 km)

A 7 heures du matin nous voyons de nombreuses têtes regarder par la fenêtre puis rentrer dans le petit musée dans lequel nous sommes installés. Les dizaines de touristes qui viennent admirer le lever du soleil depuis l’île en 4×4 pourront donc apercevoir ce matin quelques momies se réveillant.

Une fois la valse des 4×4 terminée nous prenons le temps de grimper au sommet de l’île afin d’y observer un salar à 360° et de très nombreux cactus géants.

Les enfants remercient les gardiens de l’île avec quelques bicyclettes faites mains puis nous repartons pour finir notre traversée du salar. Les traces sont de bien meilleures qualité et la distance moindre qu’hier. Nous filons sur le sel encore gelé puis prendrons le temps de faire quelques prises de vue photos et vidéos, bien aidés par nos compagnons espagnols.

Le blanc du salar et le bleu du ciel permettent de jouer avec les perspectives pour prendre quelques photos originales que nous partagerons avec vous dans les prochains jours.

La sortie du salar, comme le fut l’entrée, est humide et nous oblige à quelques portées. Nous arrivons dans un petit village et cherchons une pièce pour dormir. C’est finalement la salle municipale qui nous sera ouverte. Une salle immense dans laquelle la dernière fête n’a pas dû donner lieu à une séance de nettoyage. D’innombrables cannettes de bières jonchent le sol qui colle sous nos pieds. Peu importe, nous installons notre campement et dégustons une succulente « tortilla de patatas » préparée par Simon. Les enfants sont fans de nos compagons de route. Ces 3 jeunes de 27 à 29 ans ne sont pas sans nous rappeler une aventure vécue au début du siècle. Ils sont plein d’énergie et sont de parfaits animateurs pour les enfants.

Nous nous couchons conscients de la chance que nous avons eu de traverser le Salar dans d’aussi belles conditions et heureux d’avoir passé une journée si exceptionnelle !

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17 Juillet : Quelque part dans le Salar – île d’Inkahuasi : 66 km ( 2 811)

Le réveil au sein du grand hall de l’hôtel de sel se fait tout en douceur. Les « Chamavelo » nous font le plaisir de nous accompagner sur quelques kilomètres. Avec nos compagnons Espagnols, nous formons un beau peloton que Nacho immortalisera avec son drône.

Nous souhaitons une belle fin de voyage à la famille Chamussy avec laquelle nous avons passé une délicieuse soirée puis repartons dans une composition hispano-française allégée.

Il n’y a pratiquement pas de vent, un beau ciel bleu et un paysage immaculé de blanc. C’est grandiose !

Nous naviguons à vue sur cette immense étendue. Nous avons vraiment l’impression d’être sur de la glace… sauf que ça ne glisse pas.

La surface des pistes que nous empruntons est très variable. Le plus souvent ce sont des dalles hexagonales qui nous attendent. L’allure se réduit alors et les fessiers dégustent. Nous avançons lentement mais nos longues discussions avec nos amis Espagnols nous permettent de ne pas rester bloqués sur l’horizon.

Nous déjeunons rapidement sous un abri de fortune , composé d’une bâche entre deux vélos. Car même si le fond de l’air est frais, la réverbération du soleil sur le sol est intense et la plus grande partie de nos corps reste couverte afin de les protéger.

L’horizon est tellement dégagé que nous apercevons l’île d’Inkahuasi, monticule parsemé de cactus situé au sein du salar, à plus de 35 kilomètres. Il sera désormais notre cap. Mais la route est longue. Lalie et Christophe ont du mal à tracter la carriole à plus de 8 km/h dans cet univers parfois sablonneux.

Le soleil commence à décliner, il nous reste encore une dizaine de kilomètres à parcourir. Un choix est à faire, planter les tentes ici et s’enfoncer rapidement dans nos duvets ou tenter de rallier l’île. Nous avons tous envie de passer encore une bonne soirée tous ensemble et optons pour la seconde solution. Les flèches espagnoles avancent et nous poursuivons à notre rythme. Nous nous délectons du crépuscule et de sa lumière infinie avant que la nuit vienne nous rappeler qu’un froid glacial va bientôt recouvrir le salar. Nous prenons le temps de bien nous couvrir mais notre progression est lente. Les enfants commencent à avoir froid. Nous ne sommes plus qu’à 5 km. 3/4 d’heure de vélo tout de même ! Tout à coup, dans la nuit noire, deux phares se rapprochent à bonne allure. Les gardiens de l’île, informés de notre arrivée tardive  ont spontanément décidé de venir à notre rencontre afin de nous proposer leur aide.

Les enfants ne se font pas prier et montent dans le 4×4 avec les deux gros bagages arrière. Nous poursuivons notre route à une allure deux fois plus rapide, sous un ciel parsemé d’innombrables étoiles.

A l’arrivée, nous retrouvons nos chérubins en pleine forme chahutant avec leurs animateurs espagnols au sein d’un petit musée dans lequel ils ont trouvé refuge . Un bon plat de pâtes nous attend après cette journée magnifique et intense sur le Salar.

Il nous reste une quarantaine de kilomètres pour atteindre l’autre rive. Nous comptons bien les déguster… avec modération !

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16 Juillet : Uyuni – Quelque part au milieu du Salar : 38 km (2 745)

En préambule, Merci à Françoise d’avoir parfaitement assuré le relais pendant cette semaine sans WiFi. Voici enfin des nouvelles…

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C’est le grand jour ! Ce matin, l’excitation est palpable : nous allons découvrir le Salar d’Uyuni à vélo, ce lieu magique qui trotte dans les rêves de nombre de cyclotouristes.

Après avoir salué nos camarades de chambrée français et américain, qui partiront d’ici quelques jours sur la même route que nous nous apprêtons à emprunter, nous roulons jusqu’à Colchani, le village situé aux portes du Salar.

Nous pique-niquons rapidement car nous avons un oeil sur la montre afin de ne pas rater le rendez-vous que nous avons sur le Salar avec la famille Chamussy.

Entre deux sandwichs, nous entendons une voix qui nous est désormais familière, celle de Nicolas des « Payasos en ruta ». Après la galère qu’ils ont connu avec leur van (boîte de vitesse cassée dans la fameuse montée après Salo) ils sont désormais remorqués vers Oruro dans un grand camion… de pommes de terre. Nous les croisons donc brièvement mais avec toujours autant de plaisir.

Quelques kilomètres sur une route en piètre état, quelques grosses flaques à traverser à pied ou à vélo et nous y voici : nous pédalons enfin sur le plus grand désert de sel du Monde. Nous avons du mal à réaliser.

Bien entendu, nous goûtons le sol et nous ėquipons tous de lunettes car la réverbération est extrêmement importante. Le point de rendez-vous est donné devant ce qui fut le premier hôtel de sel du Monde (depuis d’autres ont fleuri tout autour du Salar). Nous arrivons avec une demi-heure d’avance sur le rendez-vous, pile en même temps que la famille Chamussy.

Nous ne nous connaissons que par blogs interposés mais avons déjà l’impression de nous connaître. Afin que nous puissions passer une vraie soirée tous ensemble, Antoine, le Papa, arrive à négocier le fait que nous puissions planter les tentes dans le hall de l’hôtel.

Cela nous laisse le temps de prendre quelques photos tous ensemble et de nous installer tranquillement. Des cyclistes arrivent à l’horizon, il s’agit des cyclovoyageurs Espagnols, Nacho et Jordi avec qui nous avons passé l’apres-midi d’hier accompagnés par Simon un de leurs Amis.

Nous préparons tous ensemble un petit festin au milieu du désert avec, notamment, un succulent pâté offert par Sophie et Jean avant notre départ, petit trésor gustatif que nous gardions précieusement au fond de la carriole depuis deux mois et demi.

Les enfants ont plaisir à se rencontrer tout comme les adultes qui ont conscience de vivre une soirée improbable dans un lieu atypique. Ça parle francais, anglais ou espagnol sous un ciel étoilé à 360 °.

La famille Chamussy fête aujourd’hui son 365ème jour de voyage (ils rentrent en France dans 15 jours). Voir le Bonheur qui émane de cette famille nous conforte dans l’optimisme de notre choix.

Demain nous repartons pour la traversée du désert avec l’impression d’avoir déjà goûté des moments magiques et inoubliables.

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15 Juillet : Uyuni

Le 12 Juillet 1998, nous nous rappelons où nous étions pour faire la fête suite à la première victoire de la France en coupe du Monde. Lalie et Esteban se souviendront peut-être dans 20 ans de l’endroit où ils étaient ce 15 juillet 2018 pour fêter la seconde victoire de la France : dans un bar-resto d’Uyuni rempli de français… et de quelques supporters chilo-croates très sympathiques.

Quelle ambiance ! On imagine à peine ce que cela devait être en France ! Ça crie, ça chante, ça se jette dans les bras. Esteban est à fond !

Pour fêter cela nous restons manger sur place avant de partir retrouver Nacho et Juan deux cyclo-voyageurs espagnols rencontrés hier et qui nous ont proposé de faire une petite virée ensemble au cimetière de trains. Un endroit surréaliste. Des centaines de locomotives, de wagons, de rails entreposés, figés pour l’éternité, tout cela rangé dansx un certain ordre qui en fait pratiquement une gigantesque oeuvre d’art.

Nous arpentons ces longues allées et grimpons sur quelques pièces de collection. Nacho et Juan sont de très belles personnes. Nous prenons un grand plaisir à discuter avec eux. Les enfants sont fans. Nacho prend de nombreuses photos et nous fait une démonstration de drone, un appareil ultra-compact qu’il transporte dans ses sacoches et qu’il manie à merveille.

Ce matin déjà, dans la petite cuisine de l’hôtel, nous avions fait la connaissance de Guillaume, Donia et Kaï, deux français et un américain qui voyagent depuis de longs mois à vélo en Amérique du Sud. Des voyageurs passionnés qui vivent intensément leur mode de vie et en ont fait leur quotidien avec bonheur.

La fin d’après-midi est consacrée à la logistique. Nous devons prévoir 4 jours d’autonomie en nourriture et en eau en essayant, pour autant, de ne pas trop nous charger.

Deux options d’itinéraires existent également à la sortie du Salar où nous allons contourner un volcan. Nous recueillons de précieuses informations afin d’essayer de faire le meilleur choix.

Demain, nous avons un rendez-vous sur le Salar. Nous allons croiser la famille Chamussy (leschamavelo.fr) qui voyage depuis un an à vélo avec trois enfants. Ils descendent vers le Sud et nous sommes en contact depuis plusieurs semaines avec eux afin de calculer un lieu de croisement. Cela devrait donc être (mieux vaut utiliser le conditionnel lorsqu’il s’agit d’un point de rencontre donné en plein désert) au coeur du Salar d’Uyuni où nous devrions partager l’un des bivouacs les plus insolites qui soit.

L’équipe de France de Football est championne du Monde, nous poursuivons notre route sur « le chemin du Monde »…

PS : pas d’inquiétude, nous risquons de ne pas disposer d’une connection Internet avant plusieurs jours.

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14 Juillet : Cerdas – Uyuni : 70 km ( 2 707 km)

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas. C’est peut-être pour cela que nous aimons tant l’aventure…

L’alarme de la montre est réglée à 6h30 pour que nous puissions tous être prêts à partir pour 8h00. Et c’est le cas ! Nous passons saluer Ruth et l’ėpicière et partons pour cette longue étape. Un coup d’oeil sur les petits drapeaux derrière nos vélos. Il n’y a pas encore de vent et un faux plat descendant. C’est le moment d’en profiter !

Nous filons entre 20 et 25 km/h. En une demi-heure nous avons déjà parcouru plus de kilomètres que l’avant veille… en un jour ! Et pour couronner le tout, le soleil s’extirpe enfin des épais nuages dans lesquels il était englué. La route est droite mais le paysage est somptueux. Un air de savane, de grandes dunes de sable et de très hautes montagnes en toile de fond. Nous roulons dans un décor de rêve !

Lorsque le vent de face commence à pointer le bout du nez, vers 10h00, nous avons déjà 40 km au compteur. Si nous avions un doute ce matin en nous levant, nous savons désormais que nous dormirons ce soir à Uyuni.

Des centaines de lamas et de vigognes nous toisent du regard lors de notre passage sur cette route quasi-déserte. Malheureusement pas de Nandus (ces grosses autruches sauvages) au programme aujourd’hui. Il nous faudra certainement attendre l’après Salar.

Le sel, lui, en revanche, commence à être présent  Il a envahi de vastes plaines qui brillent sous le soleil du jour.

L’arrivée sur Uyuni est usante. Le vent est désormais très fort. Nous avançons péniblement sur une longue ligne droite en faux plat montant, au cours de laquelle l’effet d’optique augmenté par l’altitude nous fera croire que la ville n’est qu’à quelques centaines de mètres alors que 10 km plus tard nous ne sommes toujours pas dans ses faubourgs.

Ça y est . Uyuni s’offre à nous. Nous sommes épuisés par ces derniers jours de route mais heureux d’avoir parcouru cet itinéraire (avec l’aide précieuse de Desidoro !). C’était intense mais magnifique. Cela nous a encore donné la chance de rencontrer de bien belles personnes.

Nous nous dirigeons vers un petit hôtel recommandé par Rémi et Céline rencontrés à Tupiza, avalons un rapide repas puis allons nous reposer et planifier la suite de l’itinéraire. La météo aura encore un rôle important au cours de ces prochains jours. Une traversée de près de 150 km nous attend sur le plus grand désert de sel du monde. Pour s’y préparer, supporter l’équipe de France,  et aller voir le cimetière de trains situés à Uyuni, nous allons certainement rester une journée ici , avant de nous ėlancer pour Colchani… aux portes du Salar.

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13 Juillet : Atocha – Cerdas : 27 km (2 637 km)

Atocha est un joli village de mineurs flanqué sur le bas d’une colline. Joli village mais encaissé et sa sortie est du même acabit que le col d’hier. Une belle pente qui nous oblige rapidement à pousser. Heureusement ce n’est pas très long, seulement deux kilomètres mais nous payons le même « tarif » qu’hier : 2km=1 heure !

Nous savons qu’une petite pause nous attend en haut. Hier soir un habitant d’Atocha nous a conseillé de nous arrêter pour contempler un condor de pierre sculpté dans la roche par mère nature. Petit exercice d’escalade pour les enfants puis nous repartons pour 18km de montagnes russes à la sauce Bolivienne. Ça monte raide. Le vent du Nord s’est levé plus tôt que d’habitude et nous n’avons pas le temps d’apprécier les maigres descentes que déjà il nous faut monter les vitesses et appuyer fortement sur les pédales en surveillant notre souffle (nous oscillons toujours autour des 4 000 mètres).

Nous avons donc le temps d’observer ce paysage de canyons qui laisse peu à peu la place à des collines à l’herbe rase. Le soleil est complètement voilé par d’épais nuages et la température s’en ressent. Froid + vent = perte de motivation. Aussi lorsque nous arrivons au seul village situé entre Atocha et Uyuni pour pique-niquer, la question se pose de continuer. Si nous restons, il nous sera difficile d’arriver à Uyuni demain (et accessoirement de pouvoir voir la finale de la Coupe du Monde aprės-demain)  Le froid nous envahit et l’idée de devoir poser la tente dans 10 ou 20 km sans être certains de trouver un endroit à l’abri du vent ne nous enchante guère. Sur la place, l’ėpicière et les quelques personnes présentes s’inquiètent de notre sort et nous conseillent d’aller taper à une porte bleue située à l’angle. Nous comprenons que c’est la maison du Maire et allons donc à sa rencontre. C’est sa fille, Ruth, qui nous ouvre . Lorsqu’elle s’apercevra que nous sommes à vélo elle prendra un trousseau de clefs pour nous ouvrir l’école. Apparemment ils ont l’habitude. De nombreux cyclistes y ont dormi depuis quelques années dont trois couples de français.

A l’intérieur de cette petite salle de classe nous discutons un long moment avec Ruth. Nous sommes dans une école qui pratique à la fois le Castillan et le Quechua. Nous en apprenons plus sur la vie locale et l’accueil chaleureux que réserve la population locale aux étrangers. Encore ce soir l’ėpicière couvrira les enfants de friandises et refusera de nous faire payer l’huile d’olive qu’elle mettra dans un contenant plus grand que celui que nous lui proposons, le jugeant trop petit.

La cour d’école est pourvue de cages de foot, l’occasion d’un petit match avant d’aller arpenter les rues de ce petit village fait de maisons de terre au bord duquel déambulent de nombreux lamas.

Ce soir nous nous coucherons avec les poules dans l’objectif de partir demain au lever du soleil et d’accomplir un maximum de kilomètres avant que le vent ne se lève et, peut-être que la neige ne tombe puisqu’elle est annoncée dans les prochains jours.

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12 Juillet : Salo – Atocha : 13 km + … (2 610 km)

En nous levant ce matin après une bonne nuit de sommeil dans ce petit commerce du hameau de Salo, nous n’aurions jamais imaginé être aussi fatigués ce soir.

En arrivant hier, nous avions pourtant vu les lacets qui s’envolaient vers le ciel et « Maps Me » confirmait 10 km de forte montée.

Après avoir échangé avec nos hôtes et les avoir salués nous passons à l’épicerie refaire le plein d’eau puis nous lançons à l’assaut du col.

Pas de temps de rodage ce matin, ça grimpe dès le 1er kilomètre ! Il n’y pratiquement aucun trafic et la route est très large. Alors nous entamons des lacets dans les lacets afin d’essayer d’atténuer la pente qui se fait plus forte à chaque virage. Puis vient le temps de pousser, seul ou à deux, nos vélos bien trop chargés.

Nous laissons Lalie et Esteban marcher devant pendant que Naïa reste confortablement installée dans sa carriole. L’altitude commence à faire son effet et le sentiment de fatigue se fait plus intense à chaque poussée. Nous sommes littéralement couchés sur nos montures afin de les déplacer parfois d’une dizaine de mètres seulement. A chaque virage nous virons vers les extérieurs car certains intérieurs sont hors de nos possibilités physiques (l’un des virages est mesuré à 26 % !).

Nous brûlons nos calories sans pourtant avoir les bénéfices de la distance. Quand nous nous arrêtons à 14h00 pour déjeuner, le compteur indique seulement 10 km (et 700 mètres de dénivelé positif). 10 km… en 5h00 ! Après le physique, le moral en prend un coup ! Seule l’éventualité de faire du stop pour continuer redonnera un peu d’énergie aux enfants qui acquiesceront rapidement d’un pouce en l’air pendant tout le reste du parcours. Le seul problème c’est que, depuis ce matin, il n’y a pratiquement aucun trafic et cela ne s’améliore pas avec la journée qui avance. Quelques 4×4 rentrent d’excursions sur le salar d’Uyuni mais pas grand chose dans notre sens. Nous continuons donc à avancer, toujours au même rythme…

Le col est en vue . Les derniers mètres avalent ce qu’il nous reste d’énergie. Ça y est, nous sommes en haut ! Nous sommes à 4 200 mètres. Nous nous posons quelques instants et pensons déjà qu’il va nous falloir rapidement trouver un lieu de bivouac avant que la nuit tombe lorsque deux 33 tonnes s’annoncent dans la dernière côte. Les pouces se lèvent. Le premier camion continuera sa lente progression mais le second s’arrête et nous propose de nous conduire jusqu’à Atocha. C’est le soulagement général !

Nous chargeons vélos, carriole et sacoches et nous installons à l’avant du camion en compagnie de Desidero et de son fils de 10 ans, Miguel. Les enfants trouveront une place sur le couchage situé derrière les sièges, Desidero nous pose de nombreuses questions sur la France, nous donne également de nombreux conseils sur son pays et nous parle de sa vie de chauffeur routier, une vie de labeur l’amenant à travailler 7 jours/7 mais qui continue à le passionner. Dans sa cabine, des sacs de feuilles de coca et du café qu’il mélange afin de combattre toute envie de dormir.

Quelques kilomètres après être montés dans son camion, l’asphalte s’arrête pour une nouvelle portion de ripio d’une quinzaine de kilomètres dont la majorité en faux plat montant. Il nous aurait encore fallu de nombreuses heures pour en venir à bout.

Une heure et une cinquantaine de kilomètres plus tard nous voici enfin à Atocha. Le soleil s’est couché et il commence à faire froid. Nous remettons tout notre équipage sur les vélos, faisons quelques photos souvenirs avec Desidoro et Miguel puis nous dirigeons vers le centre de cette cité minière où nous trouvons une chambre qui accueillera nos duvets et nos corps endoloris.

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11 Juillet : Tupiza – Salo : 32 km (2 597 km)

La météo des prochains jours prévoit 3 à 4 jours de ciel nuageux au dessus du Salar d’Uyuni. Une raison de plus pour prendre le temps de s’y rendre, car quitte à avoir fait tous ces kilomètres, autant bénéficier d’un beau ciel bleu.

Nous partons donc ce matin vers l’inconnu , avec une  légitime inquiétude. Nous faisons des provisions de nourriture et d’eau pour plusieurs jours, remplissons le réservoir du réchaud puis nous élançons.

Après 5 kilomètres sur la route principale pour quitter la ville, un chemin de terre sur la gauche indique « Atocha – Uyuni ». Nous allons donc commencer avec du ripio, cette terre battue sur laquelle nous sommes peu à l’aise avec tout notre chargement. La quasi-totalité du parcours entre Uyuni et Tupiza est indiquée comme asphaltée sauf quelques tronçons (dont l’arrivée sur Tupiza) qui devraient l’être d’ici fin 2018.

La beauté des paysages, de grands canyons ocres abritant de somptueuses sculptures naturelles façonnées par l’érosion, permet d’atténuer un peu la difficulté du parcours . Non seulement c’est de la terre, mais cela grimpe énormément par moments.

Sur une portion de plus d’un kilomètre à 20 % nous nous retrouvons à jouer un ballet familial dans lequel les enfants sont les éclaireurs à l’avant, pendant que les adultes poussent un vélo sur une centaine de mètres avant de redescendre chercher l’autre… et ainsi de suite.

Nous avons fait à peine 12 km lorsque nous arrivons à un premier col. Il est 13h30, nous décidons de pique-niquer sur cette esplanade s’ouvrant sur « le chemin du Monde ». C’est superbe !

Sur une partie plus roulante, une pierre vient taper contre la patte de dėrailleur du Pino blanc. Nous l’allégeons de tout son équipement afin d’essayer de la remettre d’aplomb puis rechargeons le matériel. Forcément, ça prend du temps !

Au bout d’une dizaine de kilomètres nous retrouvons avec grand plaisir la douceur de l’asphalte. La pente est toujours largement ascendante mais, au moins, nous n’avons plus à chercher la portion de piste la plus roulante et la moins accidentée.

Un hameau est en vue, le seul d’ici Atocha situé encore à près de 80 km. Il commence à être tard, la luminosité baisse, nous décidons de nous y arrêter bien fatigués par les efforts du jour. Nous sommes accueillis par un barrage qui empêche l’accès au hameau pour les voitures et les camions. Les vélos, eux, sont chaleureusement applaudis par les manifestants ! Des dizaines de personnes protestent pour avoir participé à la réalisation de la nouvelle route… sans avoir été payées ! Nous leur adressons tout de même nos remerciements (bien qu’au fond de nous, et même si cette nouvelle route nous a facilité les choses, nous ne sommes pas certains que ce soit une bonne chose car bientôt le flux de 4×4 s’intensifiera pour aller vers le salar dans des allers-retours quotidiens) puis poursuivons jusqu’au hameau au sein duquel trône une épicerie qui semble bien animée. Valérie demande si l’une des personnes connaîtrait un lieu couvert disponible pour y mettre nos tapis de sol et duvets . Très rapidement une cliente nous propose de la suivre. Un garage qui sert également de boutique nous est proposé pour la nuit. C’est parfait car il est annoncé encore – 4° cette nuit  . Nous sommes à 3 300 mètres d’altitude…

Une bonne plâtrée de pâtes et nous plongeons dans nos duvets, repus par cette journée difficile mais avec des paysages magnifiques.

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10 Juillet : Tupiza

L’auberge de jeunesse dans laquelle nous nous sommes installés n’est pas très bien insonorisée. La nuit a donc été ponctuée d’aboiements, de coups de klaxon et d’appels téléphoniques à la réception. Au petit matin, nous entendons parler français à quelques mètres de notre porte. Ça parle même vélo avec des enfants !

Quelques minutes plus tard, au petit-déjeuner nous faisons connaissance avec une sympathique famille qui voyage à vélo de Lima…. à Santiago du Chili. Ils ont bien choisi le sens du vent, eux !

Nous échangeons de nombreux conseils et retours d’expériences sur nos routes réciproques. Avec leur filles de 6 et 8 ans (Jeanne et Juliette) ils ont opté pour le système des follow-me (ingénieux support qui permet de relier l’axe arrière d’un vélo adulte à l’axe avant d’un vélo enfant). Nous avions utilisé ce moyen de locomotion lors du premier grand voyage avec Lalie et Esteban (www.laliesteban.wordpress.com) et en avions été très satisfaits… mais avec 3 enfants ça ne passe plus.

Il est bientôt 10h00 et Valérie (qui va mieux, et vous remercie pour tous vos gentils messages de soutien) et Lalie découvrent leur surprise : une randonnée à cheval dans le Camino del Inca. Une belle promenade de 3 heures dont Lalie vous parlera prochainement.

A leur retour, il est déjà 13h30 et elles passent le relais à Esteban et Christophe qui filent voir la demi-finale de l’équipe de France qui débute, ici, à 14h00. Les français sont légion dans cette ville touristique et la clameur retentit lorsque la France marque… puis gagne !

Pour fêter cette nouvelle victoire nous partons manger une glace puis faire une petite rando sur les hauteurs de Tupiza.

Vient ensuite l’heure du choix : comment rejoindre Uyuni : à vélo ou en bus ?

Le bus est tentant, il nous faut moins de 5h00 pour atteindre l’entrée du salar mais après mure réflexion ,nous trouvons dommage de rallier ce lieu mythique, pour tout voyageur à vélo , comme les autres touristes alors que nous n’y sommes pas obligés pour des raisons mécaniques ou humaines. Certes à vélo, il nous faudra 5 jours et s’affranchir de plus de 2 500 mètres de dénivelé positif et  avec une seule ville située au centre du parcours  Mais cette portion d’itinéraire nous intrigue. Il y a, jusqu’à ce jour, très peu de retour d’expériences à vélo sur cette route (bon, cela n’est pas forcément bon signe !). L’explorer nous fait bien envie. Nous savons que cela sera certainement dur .Nous savons également que si cela devenait insoutenable , nous aurons toujours la possibilité de tenter de monter dans un camion.

C’est donc décidé : c’est à vélo que nous quitterons Tupiza demain matin.

Ce soir nous partageons un chaleureux repas avec Rémi, Céline et leurs filles Jeanne et Juliette qui fête ses 6 ans aujourd’hui. Nous prenons beaucoup de plaisir à rencontrer ces cyclovoyageurs parisiens qui vivent également un voyage intense en émotions.

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9 Juillet : Charaja – Tupiza : 34 km (2 565 km)

La forme de Valérie continue à rencontrer des hauts et des bas. Chaque prise d’antibiotiques et d’ibuprofène fait effet quelques heures, calme sa gorge (sans doute une angine) et diminue sa fièvre. Nous saluons et remercions Solitario y Miguelita pour leur hospitalité et aussitôt les médicaments ingurgités , nous retenons la leçon d’hier et reprenons la route afin d’éviter le vent de l’après midi.

L’objectif est d’atteindre Tupiza pour l’heure du déjeuner afin de pouvoir s’y poser, à minima jusqu’à mercredi.

Le parcours est magnifique. Il emprunte de vastes gorges bordées de roches colorées. La végétation est dense, les villages se succèdent, les canyons nous captivent… et au milieu coule une rivière.

Près de 400 mètres de dénivelés positifs (entrecoupés de belles descentes) nous ramènent à 3 000 mètres d’altitude lorsque nous arrivons dans les faubourgs de Tupiza ( Esteban n’a plus qu’une envie en arrivant en ville : commander « Two Pizzas »!).

Le format de logement que nous avons utilisé en Argentine, à savoir un logement avec cuisine , ne semble pas faire des émules en Bolivie. Nous nous retournons donc vers la formule hôtel pour backpakers avec cuisine collective.

Pendant que Valérie et Naïa se reposent, le reste de la tribu part écumer les parcs de jeux de la ville et rejoindra (en tuk-tuk motorisé, ce qui a beaucoup amusé les enfants) la place centrale pour tester l’un des glaciers locaux (mais rien à voir avec les glaces argentines…).

Ils en profiteront également pour passer à la gare routière et prendre quelques renseignements. En effet, la route pour Uyuni est en travaux (ils finissent de l’asphalter) sur une trentaine de kilomètres. Une piste secondaire est disponible mais semble plutôt réservée aux 4×4. Nos amis les Payasos l’ont empruntée il y a deux jours et y ont laissé leur van. Ils ont du rejoindre Atocha (le village situé entre Tupiza et Uyuni) en transport public (aux dernières nouvelles ils ont pu trouver les pièces de rechange à Oruro). Nous pensions qu’un train reliait Tupiza à Uyuni mais la ligne est fermée depuis plusieurs années. Restent donc deux solutions : rejoindre tout de même Uyuni à vélo, soit plus de 200 km avec un seul village au centre et au minimum deux nuits de bivouac en altitude, ou tenter de trouver un bus qui acceptera nos vélos et tout notre équipement.

Le choix dépendra de l’état de forme de Valérie et des dernières informations que nous arriverons à glaner demain.

Si la nuit est bonne et que Valérie retrouve la forme demain, une belle surprise l’attend avec Lalie. Mais chut… nous en saurons un peu plus dans quelques heures.

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8 Juillet : Villazon – Charaja : 65 km ( 2 531 km)

Valérie est partante pour commencer à rouler en Bolivie. Les médicaments semblent faire un peu effet… et son courage fait le reste. Avec le décalage horaire, nous sommes prêts de bonne heure.

Après une belle montée nous sortons enfin de Villazon et de son nuage de pollution. Un portique nous souhaite la bienvenue en Bolivie. Vamos !

La route, bien qu’exigeante avec de nombreuses montagnes russes aux forts pourcentages, est agréable et en plus, pour l’intant, il n’y a pas de vent ! Quelques cactus prennent place au sein d’une végétation rase et jaunie par le soleil.

Au bout de quelques kilomètres nous parvenons à une zone de pesage des poids lourds. Aucun véhicule n’attend. Alors nous demandons s’ il nous serait possible de peser nos vélos. C’est OK. Nous allons enfin pouvoir répondre à cette question que l’on nous pose souvent. Verdict : 80 kg pour le pino blanc sans les cyclistes et…. 120 kg pour le pino rouge sans les cyclistes mais avec Naïa dans la carriole. Pas étonnant que nous ayons l’impression que quelqu’un nous tire vers l’arrière à chaque montée.

Valérie a retrouvé un peu d’énergie et nous enchaînons les dénivelés. Nous avons déjà parcouru 40 km à 13h30, heure de la pause déjeuner. Nous trouvons un morceau de terre creusé pour nous abriter. Le relâchement prend à defaut Valérie qui n’est, à nouveau  , pas en grande forme. Quant aux enfants, leurs appareils digestifs semblent se dérègler les uns après les autres. Nous avons vécu des moments de voyage plus confortables.

Nous savons qu’il n’y pas d’hôtel avant Tupiza situé encore à plus de 50 km. C’est certain, ce ne sera pas pour aujourd’hui. Il va donc nous falloir improviser. Pour rajouter à la difficulté, le vent s’est levé pendant la pause déjeuner. Bien entendu il est encore de face et souffle à nouveau en mode rafales.

La carte numérique précise que dans 7 km nous aurons une belle descente qui nous aménera de 3 400 mètres à 2 800 mètres. Descendre un peu en altitude fera du bien à tout le monde. Alors toute la famille fait front et dévale la pente en prenant bien soin de ne pas se faire désarçonner par le vent qui s’intensifie.

Nous avons repéré trois petits villages qui se succèdent. Nous avons fait à peine quelques tours de roues dans le premier qu’un jeune homme nettoyant sa moto à la porte de sa maison nous interpelle. Solitario, c’est son prénom, nous a doublé le matin sur le plateau et souhaite en savoir un peu plus sur notre voyage. Il nous demande où nous comptons dormir . Lorsque nous lui indiquons que nous allons.chercher un lieu abrité dans les environs, il nous propose de dormir dans une petite grange attenante à sa maison.

C’est parfait ! Nous l’aidons à débarrasser le lieu encombré de planches et matériaux de construction, balayons et installons notre couchage.

Il reste encore une petite heure avant le coucher du soleil, un peu de temps donc pour une petite promenade ave les enfants aux alentours afin d’apercevoir de nombreux animaux des fermes environnantes.

Après quelques tours de magie de Lalie, nous dînons avec Solitario et son amie Miguelita en partageant nos repas. Voilà une belle soirée qui devrait requinquer tout le monde.

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¡ Viva Argentina !

 » ¡ Argentina ! ¡ Argentina ! ¡ Argentina !  »

C’est avec beaucoup d’énergie et de complicité que nous avons entonné ce chant : depuis nos vélos, devant un match de foot ou dans les écoles, en choeur avec les argentins. Il résonne désormais dans nos coeurs, marqués à vie par les 50 jours que nous venons de vivre dans ce magnifique pays.

Nous nous sommes souvent sentis très proches des Argentins. Ils sont de nature, très calmes (nous ne pensons pas avoir entendu un mot plus haut que l’autre en presque 2 mois). Ils sont généreux et curieux de l’autre. Grâce à leurs salutations, leurs sourires, leurs accueils, nous nous sommes sentis les bienvenus. Certains nous ont ouvert leurs portes, beaucoup nous ont ouvert leurs bras. Une bise, suivie d’une embrassade, franche et sincère, c’est leur façon à eux de se saluer! Nous avons donc bénéficié de « free hugs » (calins gratuits), tout au long de notre périple. Sans doute un excellent remède à tous les maux du monde! En tout cas à nous, pour sûr que ça nous a fait du bien!

Les argentins aiment les enfants. Naïa s’est souvent faite appeler « mi amor », et ils se sont souvent attendris devant notre petite famille de voyageurs en s’exlamant : « que liiiiiindo » ou « que hermoooooooso ». Désormais, non sans malice, Lalie et Esteban s’exclament à leur tour devant les beaux paysages que nous rencontrons : « que liiiiiiiindo! ».

Voyager à vélo, en famille, en Argentine nous a semblé facile à tout point de vue. On trouve de tout facilement, la nourriture est plutôt variée, l’eau courante est généralement potable. Les paysages, le climat, et les habitants sont « hermoooosos »… Bon, c’est souvent un peu rustique (notamment la douche et les toilettes) mais nous, on a trouvé ça très raisonnable et plutôt rigolo.

Comme dans beaucoup de pays les déchets plastiques restent également une calamité. A l’approche d’une grande majorité des villes ou des villages, de véritables décharges de sacs et bouteilles vous accueillent. Certaines Provinces, comme Salta, se sont engagées dans des démarches éco-responsables et la nouvelle génération semble avoir totalement conscience de ce fléau. Nos enfants ont souvent été surpris par ces tonnes de plastiques voguant au gré du vent. Nous en avons souvent parlé avec eux. Sensibilisation et éducation…

Notre étape préférée restera sans doute l’étape entre Cafayate et La Garganta del diablo. Rien que du bonheur. Un relief très doux et un paysage à couper le souffle. Nous aurions volontiers gambadé plusieurs jours dans ces canyons!

Nous aurons aussi été agréablement surpris de rencontrer tant de voyageurs ! Beaucoup d’entre eux sont argentins : ils parcourent leur vaste pays à pied, en van ou à vélo sans date de retour. Ils vendent des productions artisanales : bracelets, photos de leur voyage, flûtes de pan, bières, dessins… Cela leur permet de poursuivre plus longuement leur périple. Un autre mode de vie… comme un pied de nez à la crise. Quoi qu’il en soit, nous sommes toujours ravis de ces rencontres qui engendrent toujours des échanges riches et joyeux.

Petit apparté au sujet de l’application Whatsapp : elle est extrêmement répandue ici, même dans le cadre professionnel. On s’envoie très souvent des messages vocaux, ce qui nous a surpris au départ mais qui est bien sympa finalement… Nous avons eu la chance d’être rapidement  ajoutés (sur cette appli) à un groupe de discussion de cyclo-voyageurs qui parcourent l’Argentine et plus largement l’Amérique du Sud. On y partage nos expériences en échangeant nos bons plans pour manger ou dormir dans les villes traversées. Ce groupe permet aussi à ceux qui le souhaitent de se retrouver pour partager un bout de chemin ensemble. Il nous a, à plusieurs reprises  réservé de belles surprises car beaucoup de cyclos que nous rencontrions nous connaissaient déjà grâce à ce réseau et nous considéraient ainsi immédiatement comme des amis.

Beaucoup de ces cyclotouristes d’Amérique du Sud ont des équipements  » fait maison ». Ceux qui voyagent depuis plus longtemps ont souvent plus d’astuces dans leur chargement… Très peu disposent d’une bonne béquille supportant le poids des sacoches. Ça ne se trouve pas facilement. Les derniers voyageurs rencontrés utilisaient de gros morceaux de bambous.

En conclusion, nous sommes très excités de bientôt découvrir la Bolivie… un rêve pour tous les cyclotouristes ! Mais tous ces visages, tous ces sourires, tous ces moments de partage vécus en Argentine vont nous accompagner pour tout le reste du voyage!

Les argentins sont souvent soucieux de savoir ce que nous pensons de leur pays… Nous, vous l’aurez compris, nous sommes conquis et garderons toujours une affection particulière pour eux ¡ Vamos Argentina!

Et en bonus… une petite course contre des vigognes ! On a perdu…

 

 

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7 Juillet : La Quiaca – Villazon : 3 km ! (2 466 km)

Nous avons parfois roulé des étapes à rallonge. Celle-ci restera certainement l’une des plus courtes du périple.

Valérie n’est pas en grande forme depuis hier et nous avons bien envie de sentir l’atmosphère d’une ville Bolivienne avant de nous lancer dans la campagne. Nous bénéficions de deux choses parmi les plus précieuses : le temps et la liberté. Nous sommes libres de prendre le temps ! Un luxe de nos jours !

Alors nous passons la douane et tendons nos passeports au service de l’immigration. Ces derniers sont tamponnés et enregistrés… et nous voilà en Bolivie. Finalement aucune demande sur les vaccins, le contenu de nos bagages ou d’autres préoccupations.

Et en 3 km seulement on sent le changement : des rues très colorées, des femmes aux chapeaux et aux robes rondes, des tonnes de sacs de feuilles de coca… et d’innombrables marchands. Si le Chili est le grenier des loisirs de l’Argentine, la Bolivie semble celui des vêtements et des ustensiles en tous genres. Les Argentins remplissent d’énormes sacs de produits de marque qui sont souvent beaucoup plus chers chez eux et retraversent la frontière à pied sans aucun contrôle.

Nous nous rendrons compte également qu’un autre élément change ici : tout se marchande. Du sac de couches au kilo de bananes, le prix annoncé est sujet à marchandage. Le seul problème c’est que nous ne sommes pas très forts à ce jeu là. Nous n’aimons pas payer le prix « touristes » certes mais lorsque nous faisons la division (par 8 désormais, ce sera plus facile !) nous avons quelques remords à négocier un prix qui nous semble d’entrée très bas. Nous n’avons pas des âmes de commerciaux…

Après avoir repéré de drôles d’animaux sur la place centrale de Villazon, nous prenons une chambre dans le centre ville afin de permettre à Valérie de se reposer un peu plus mais de bruyants voisins en auront décidé autrement. Cela aura au moins eu pour bénéfice de redonner un peu d’énergie à toute la famille pour une  balade dans le centre ville de cette grande ville frontalière. De nombreuses boutiques vendent tout un tas de produits sensés favoriser l’érection masculine. Et parmi ces éléments sont exposés  en bonne place , des fœtus de lamas ! Difficile d’expliquer aux enfants le lien qu’il peut y avoir…

En fin d’après-midi, Valérie pourra enfin trouver un peu de repos pendant que les enfants, débordant d’énergie, eux, se défouleront dans un parc voisin.

Nous verrons demain quel est l’état de la récupération afin de nous lancer sur la route de Tupiza située à deux jours (ou plus) de vélo.

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6 Juillet : La Quiaca

La nuit fut réparatrice après cette journée physiquement dense d’hier.

Le lever se fait en douceur et nous nous apprêtons à accueillir nos compagnons cyclovoyageurs uruguayens pour regarder ensemble le 1/4 de finale de coupe du Monde dans la vaste cuisine commune de notre hôtel. Valérie et Naïa iront acheter de quoi partager un très bon apéritif déjeunatoire pendant que Lalie, Esteban et Christophe accueilleront les amis voyageurs.

Nous vivrons encore un superbe moment de fraternité internationale. Il y a beaucoup de bienveillance autour de cette tablée. Nous regardons le match (un peu !) et discutons (beaucoup !). Nous sommes entourés encore de bien belles personnes. Santiago (la locomotive uruguayenne !) nous offrira un superbe souvenir dont vous trouverez une photo ci-dessous (on vous laisse traduire..).

En plus d’être très sympathiques ils sont fair-play ces Uruguayens et féliciteront les joueurs français pour leur belle prestation. Nous passons un excellent moment tous ensemble.

La sieste pour Naïa, un temps calme pour les autres puis nous partons en ville. Ne sachant pas si les glaces boliviennes seront aussi bonnes que leurs homologues argentines, nous ne rėsistons pas à une dernière dégustation. Les enfants se défoulent sur quelques grands jeux dans le parc voisin. Nous achetons quelques tortitas aux vendeurs locaux que nous dégusterons sur place avant de rentrer, se doucher et se préparer à passer notre dernière nuit en Argentine. Demain nous aurons un bonus : une heure en plus puisqu’il y a un décalage horaire d’une heure entre les deux pays. Nous aurons désormais 6 heures de décalage avec la France au lieu de 5. Bolivie, nous voilà…

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5 Juillet : Abra Pampa – La Quiaca : 77 km ( 2 463 km)

La journée commence de bonne heure pour les parents qui communiquent par mail avec la base arrière située en Isère : Maminou la débrouillarde. En effet nous avons appris qu’il y actuellement une épidémie de fièvre jaune en Bolivie et que des touristes ont été refoulés de la frontière, du fait qu’ils n’étaient pas vaccinés. La difficulté rencontrée pour la VeLove Family est que, si toute la famille est bien vaccinée, Christophe, lui, s’est fait piquer à Amiens en 2001 avant son premier grand voyage à vélo avec l’Odyssée de l’Espoir. Le reste de la famille a pu compter sur le Dr Lecine du CVI de Cahors ainsi que sa sympathique équipe pour se mettre à jour.

Il faut donc retrouver une trace de la vaccination de Christophe en 2001 au cas où un justificatif serait demandé à la frontière. C’est là que Maminou intervient. Elle contacte le CVI de Cahors qui contacte le CVI d’Amiens qui renvoit en un temps record le précieux sésame à Cahors qui nous le retransmet. Il n’y a pas de problèmes… il n’y a que des solutions ! Merci aux équipes d’Amiens et de Cahors pour leur réactivité et Merci, bien entendu, à Maminou pour cette brillante coordination.

Pendant ce temps là, les enfants dorment et se réveilleront vers 9h00. Nous avons en effet décidé de laisser faire les choses et de partir… quand tout le monde aurait un peu récupéré.

Dans la cuisine commune nous retrouvons le cyclovoyageur qui nous avait donné le tuyau pour le logement hier. Il est Uruguayen et voyage à vélo avec 3 de ses compatriotes (un 4ème les suivant en stop). Ils vont également vers le Nord. Vers 10h00 nous sommes prêts pratiquement ensemble… Nous partirons donc en petit peloton franco-uruguayen. Forcément ça parle encore foot, le quart de finale de demain opposant la Celeste aux Bleus.

A la sortie de la ville, un long faux plat montant (de 50 km !) commence. Nous essayons de prendre un relais. Nous soutenons les 15 km/h pendant 5 km et sommes tout heureux de pouvoir amener la troupe à une vitesse que nous atteignons rarement. Mais quand la locomotive Uruguayenne se met en marche et passe devant, le compteur oscille entre 18 et 20 km/h. Les wagons français s’accrochent, font le yo-yo et essayent de ne pas laisser paraître de signes de faiblesse en cette veille d’affiche footballistique. Nous tiendrons ainsi pendant 20 km puis profitons d’une pause « feuilles de coca » qu’ils semblent apprécier pour leur indiquer que nous allons faire une pause un peu plus longue. Nous nous donnons rendez-vous demain à 11H00 à La Quiaca pour voir le match ensemble et les laissons s’envoler. Si la France passe en demi-finale aurons nous le privilège de rencontrer des cyclistes Belges ou Brésiliens ?

Nous reprenons sur notre rythme familial mais, dès les 30ème kilomètre, Christophe commence à donner des signes de faiblesse. Sa lutte « testoronaire » du matin à 3 600 mètres d’altitude a laissé des traces. Il n’arrive plus à avancer. Une pause, puis une autre, lui permettent de récupérer un peu d’énergie pour continuer… à vitesse réduite. Le vent lui, comme prévu, s’est renforcé et c’est à l’abri, sous une voie ferrée désaffectée, que s’effectue la pause déjeuner.

Nous repartons toujours à vitesse très réduite sur de longues lignes droites en faux plat montant (nous repasserons au-dessus de la barre des 3 700 mètres) qui ont également un impact sur le moral. Un village est situé 25 km avant La Quiaca. Nous achetons une boisson sucrée afin de reprendre un peu de forces… pendant que Naïa drague le petit-fils de l’ėpicière.
L’effet énergisant de la boisson est de courte durée, Christophe n’arrive plus à tracter son attirail. Valérie sort donc une de nos dernières cartes possibles et propose de changer de monture. Elle fera une quinzaine de kilomètres en tractant la carriole (NDLR : c’est vraiment une femme exceptionnelle !). Christophe récupère ainsi et retrouve enfin de l’énergie quelques kilomètres avant de rentrer dans La Quiaca sous une lumière crépusculaire.

Les enfants apposent un petit autocollant de la VeLove Family sur le panneau situé à l’entrée de la ville sur lequel figure la trace des cyclovoyageurs de passage et nous poursuivons jusqu’au centre ville.

Nous sollicitons quelques passants pour avoir de bonnes adresses de logement (nous utilisons fréquemment cette méthode et avons abandonné depuis longtemps les sites internet des grands voyagistes qui proposent souvent des prix bien supérieurs à ceux que l’on peut trouver par le bouche à oreille et qui offrent peu de mixité avec les touristes locaux). C’est parfois un peu long et galère mais, encore une fois, nous trouverons des conditions de logement qui satisferont toute la famille.

Pour se remettre de ces étapes marathon et parce que nous avons grand plaisir à rester un jour de plus en Argentine, ce pays qui nous aura si bien accueilli, nous ferons un jour de pause demain avant de passer la frontière Bolivienne située… à 3 km !

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4 Juillet : Azul Pampa – Abra Pampa : 56 km (2 386 km)

L’eau mise dans les bidons s’est transformée en glaçons en moins d’un quart d’heure. Les « Payasos » qui ont voulu dormir dans leur van sur le parking de l’école ont vu des stalagtites pousser au dessus de leur couchage pendant la nuit. Nous avons bien fait de ne pas dormir dehors…

Les premiers élèves devant prendre possession de leur salle de classe à 8h30, nous sommes prêts à partir dès 8h00. Seul problème, si la lumière de l’astre solaire éclaire déjà la vallée, ses rayons ne sont pas encore sortis de la cime des montagnes qui nous cernent. Le thermomètre flirte avec les – 6° lorsque nous saluons les payasos et donnons les premiers coups de pédales. Les pourcentages de la pente sont très rapidement élevés, ce qui ne laisse pas de temps de rodage. Nous avançons donc très lentement et nous avons tous bien froid. Naïa et Esteban partiront dans des crises de larmes qui nous feront  culpabiliser de les exposer à de telles situations. Mais nous savons que cela va rapidement aller mieux, dès que les premiers rayons du soleil nous atteindront. Le froid se sera transformé en souvenir.

Effecfivement, lorsque nous arrivons sur le plateau, au bout de 5 km de montée, nous commençons l’effeuillage. Les couches de vêtements rejoignent progressivement la carriole ou les filets positionnés sur les sacs arrières.

Si le vent est toujours présent et toujours de face, il n’est pas encore très fort. C’est le privilège du départ matinal car nous savons qu’il s’intensifiera à la mi-journée.

Nous ne tardons pas à apercevoir de nombreux troupeaux de vigognes et de lamas, ce qui a pour effet de redonner de l’éclat dans les yeux des enfants.

Le col est à 25 km du départ, nous l’atteignons vers 13h00,  fiers d’avoir atteint 3 780 mètres à la force de nos mollets  Nous en profitons pour faire quelques photos.

Nous entamons la descente mais le vent nous gachera, en partie, ce plaisir car il nous faut continuer à pédaler pour avancer. Pour la première fois depuis près d’une centaine de kilomètres le compteur affiche une vitesse à deux chiffres, ce qui limite la déception de ne pas pouvoir s’envoler en roue libre.

Il est 14h30 et nous n’avons pas encore déjeuné mais nous poursuivons encore quelques kilomètres car nous savons que d’immenses dunes de sable se situent non loin de notre parcours. 2 km de chemin de terre et 500 mètres à pied plus loin, nous pique-niquons au pied des dunes avant de nous lancer dans des montées lentes (les pentes sont raides et le souffle est court, nous sommes encore à 3 500 mètres) mais les descentes extrêmement rapides que ce soit à pas de géant ou en roulé-boulé. Les enfants sont à fond ! Esteban serait bien allé jusqu’au sommet pour allonger le plaisir. Comme quoi, malgré la fatigue générale il reste encore un peu d’énergie…

Nous puiserons dans nos réserves pour rejoindre la route principale et effectuer les 8 km qui nous séparent d’Abra Pampa.

Nous nous dirigeons vers la place centrale et un cyclovoyageur argentin vient à notre rencontre. Nous discutons avec lui  Il nous indique qu’il a trouvé un bon plan pour le logement. Effectivement 300 pesos (environ 8 Euros) la chambre, ça sent les prix boliviens ! C’est rudimentaire mais ça ira très bien pour ce soir.

Il nous reste 72 km pour rejoindre La Quiaca. Le vent est annoncé, comme aujourd’hui, à partir de midi. Arriverons-nous à rejoindre La Quiaca en un jour (ce qui implique de se lever tôt à nouveau) ou prendrons-nous deux jours pour y aller (sans ville entre les deux)? . L’heure est à la réflexion…

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3 Juillet : Humahuaca – Azul Pampa : 40 km (2 330 km)

La météo consultée au saut du lit laisse entrevoir une belle journée… avec un vent du Nord qui s’accentue dans la journée s’accompagnant de rafales à 80 km/h. Le vent se renforce encore les jours suivants. Il nous faut donc essayer de partir rapidement !

Anna-Maria et Guillermo, les gérants de l’hospedaje, sont vraiment adorables. Ils ont du mal à nous laisser partir… et nous avons du mal à les quitter. Boostės par un (gros) petit-déjeuner nous repartons vers la ruta 9 qui doit nous amener jusqu’en Bolivie. Au bout de 3 km, une voiture nous depasse et s’arrête quelques dizaines de mètres devant nous. C’est Guillermo qui revient à notre rencontre pour nous apporter le verre oublié que nous utilisons pour Naïa (un verre qui évite les dégâts des eaux à chaque repas). Merci Guillermo !

La route monte d’entrée, parfois modérément (« suave » comme ils disent ici), parfois plus intensément. Au bout d’une dizaine de kilomètres une belle côte de plus de 2 km à 10 % nous entraîne sur un plateau en escalier que nous grimperons toute la journée. Effectivement il y a du vent et il se renforce à chaque heure si bien qu’à la pause déjeuner nous n’avons fait que, péniblement, une petite vingtaine de kilomètres. Un abri pour prier à la fois Gauchito Gil, la Difunta Correa et San Expedito (belle mutualisation !) nous sera bien utile. Le vent est si fort que nous mettons en cercle afin qu’il n’emporte pas nos victuailles. Il nous reste un peu moins de 20 km avant le prochain hameau et encore 40 pour le prochain village. Ce dernier objectif s’avère vite impossible à atteindre avec les rafales de vent qui se succèdent et nous obligent de temps à autres à nous arrêter afin de ne pas prendre de risque sur la chaussée. Parfois nous repartons pour 50 mètres, parfois pour un peu plus longtemps…

Même au cours des rares descentes en montagnes russes que nous offre le parcours nous sommes obligés de pédaler. Lorsque nous arrivons au bas de la montée suivante autant dire que notre élan est proche du néant.

Ce vent nous éreinte. Nous n’arrivons plus à avancer. L’altitude, le dénivelé s’ajoutent à la complexité. Chacun tente alors d’avoir quelques paroles positives lorsqu’il voit que l’un des membres de la famille commence à se décourager. Nous pédalons, nous poussons, nous nous accrochons aux kilomètres qu’il nous reste avant le hameau indiqué sur la carte.

Il est près de 18h00 lorsque nous atteignons enfin Azul Pampa, petit hameau composé d’une chapelle, d’une épicerie et d’une école. Ici pas de maison, elles sont disséminées dans la montagne avoisinante. Nous rencontrons Faustino qui gère la petite épicerie, il nous propose dans un premier temps de dormir dans le auvent de la chapelle puis, au regard du froid qui s’annonce encore cette nuit (nous sommes desormais à plus de 3 500 le et on peut apercevoir quelques petites plaques de neige autour du hameau) nous ouvrira la salle de classe de cette petite école qui compte… 8 élèves ! Comme Sandrine, Philippe et leurs quatre enfants, il y a 6 ans, nous dormirons, nous aussi sous le tableau noir de cette petite école (cf « allons voir si la terre est ronde »).

Alors que nous préparions le repas et installation tapis de sol et duvets, nous entendons frapper au carreau de la vitre. Ce sont les « Payasos » : Nicolas, Estefania et Dianella qui ont reconnu nos vélos depuis la route. Enchantés de ces retrouvailles nous nous installons tous ensemble autour des petites tables de classe et partageons nos repas. Le monde n’est pas plat mais il n’est pas si grand et permet ainsi au hasard de faciliter de belles rencontres.

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Réponses aux questions – 2ème mois

Comment avez-vous calculé le budget du voyage sur 1 an? + Quel budget par jour pour les repas (si ce n’est pas indiscret) ?

Pas de tabou sur ce point bien que nous n’ayons pas de calcul précis. Nous pensons qu’en moyenne nous devrions dépenser environ 1 000 Euros par mois. Notre parcours passe quasi-exclusivement par des pays dont le taux de change est bien plus faible que celui de la zone Euro. Il y a des pays où nous dépenserons un peu plus et d’autres un peu moins. L’Argentine, pays dans lequel nous serons restés quasiment deux mois, doit se situer dans le top 3 des pays les plus chers que nous allons traverser (après l’Espagne et le Costa-Rica) et pourtant pour donner un ordre d’idées :

– une nuit en cabaña (petit appartement tout équipé, choix souvent fait pour pouvoir cuisiner par nous mêmes ) ou en hôtel nous aura coûté, par nuit pour 5, entre 700 et 1 500 pesos (entre 20 et 43 Euros) en sachant que nous avons majoritairement campé ou été hébergés.

– un repas pour 5 au resto entre 350 et 700 pesos, boissons incluses (entre 10 et 20 Euros). Lorsque nous y allons, nous commandons seulement 3 ou 4 plats que nous partageons, en sachant que cela suffit amplement car les assiettes sont très copieuses. Pour le repas de midi, le plus souvent nous pique-niquons : pain, fromage, saucisse, jambon, chips et depuis quelques semaines pas mal de légumes et de fruits. Le ravitaillement dans les « kioskos », épiceries locales, nous revient entre 200 et 300 pesos avec quelques boissons (entre 6 et 9 Euros). Le soir, un paquet de pâtes (20 pesos, 60 centimes d’Euros) et quelques avocats/tomates en entrée ainsi que quelques laitages en dessert (ce qui semble le plus cher, entre 1 et 2 Euros par yaourt).

Nous n’hésitons donc pas à nous faire plaisir de temps en temps. Un petit resto ou une bonne glace (elles sont délicieuses par ici). Lalie fait une cure de Menta/Granizada (Menthe/Chocolat 500 grammes) , qu’elle partage avec ses parents… on vous rassure, coûte 80 pesos (2,30 Euros).

Pour le reste, un plein de 0,5 litre d’essence par semaine pour le réchaud (10 pesos mais le plus souvent il nous est offert), quelques produits d’hygiène, dont les couches pour Naïa, quelques entrées payantes dans les musées et comme nous ne pouvons pas acheter grand chose comme souvenirs, en raison de notre mode de locomotion, c’est à peu près tout.

Qu’avez vous en réserve avec vous ?

Nous avons depuis le départ 3 paquets de nouilles chinoises au fond d’une sacoche au cas où + quelques barres de céréales. Nous essayons surtout de faire attention à l’eau. Pour l’instant, excepté les zones désertiques des grands parcs nous arrivons toujours à trouver au moins un village par jour pour faire le ravitaillement en nourriture. L’eau en Argentine est potable quasiment partout. Ce ne sera plus le cas en Bolivie où il nous faudra utiliser le filtre à eau que nous avons apporté… ou acheter de l’eau en bouteille.

Arrivez-vous à varier les menus ? Les pâtes et le riz, c’est bon, mais tous les jours ou presque, ça peut lasser !

Pour les pique-nique nous (en tout cas les adultes) commençons un peu à saturer des hot-dogs (froids !). Heureusement depuis quelques semaines avec les légumes, les fruits, la charcuterie et le fromage de chèvre nous arrivons à varier plus largement cette pause déjeuner.

Pour le soir, lorsque nous cuisinons sur le réchaud, le plus souvent c’est « pasta party ». Le plus rapide et le plus adapté. 500 grammes de pâtes (ce qui rentre dans notre casserole)..Çà commence à faire un peu court et il nous faudra bientôt penser à faire un deuxième service… ou à acheter une casserole plus grande ! Crème, beurre, fromage, jambon, viande ou sauce tomate peuvent venir agrémenter la cuisson du soir. Pour l’instant personne ne sature et lorsque nous allons au resto, très souvent les enfants (surtout Lalie) commandent… des pâtes ! Lorsque nous disposons d’une cuisine cela nous permet d’élaborer d’autres menus : risotto, riz au four, frites, purée, omelette, crêpes, gâteaux…

Nous aimons également goûter aux plats que proposent les marchands en bord de route. Ici dans le nord de l’Argentine, ils proposent de délicieuses tortitas cuites sur le barbecue et parfois garnies de fromage, jambon, tomate… des paninis à l’Argentine, quoi!

Vous êtes vous renseignés sur le type de faune que vous pourriez croiser?

Nous discutons souvent avec les locaux et essayons d’écouter leurs conseils. Nous essayons également d’éviter de rouler à la tombée de la nuit, à l’heure où nombre d’animaux sauvages sortent. Il n’y a pas d’animaux vraiment dangereux en Amérique du sud.

Les animaux sont une des raisons principales pour faire une pause : lamas, chevaux, chèvres, cochons, oiseaux… leur présence est un vrai spectacle que Naïa se régale d’admirer depuis sa carriole.

Vue d’ici votre aventure a l’air facile est ce vraiment le cas ????

On ne peut pas se plaindre. Pour l’instant, excepté quelques étapes plus difficiles que d’autres, tout va bien. Les enfants sont supers, ils participent pleinement à l’aventure et nous avons rencontré des dizaines de personnes qui ont été formidables avec nous. La fatigue est là par moment, mais nous arrivons quand même à nous octroyer de bonnes nuits de repos.

Quel est le sport national en Argentine qui existe depuis le XVIIe siècle :

Il s’agit du pato ! Ce sport s’effectue à cheval : 2 équipes de 4 joueurs s’affrontent pour amener la balle (le pato) dans le panier adverse. Initialement un canard (pato, en espagnol) se trouvait à l’intérieur de cette balle. Nous n’avons pas eu la chance de voir un match en direct…

Questions pour Lalie et Esteban :

Quels sont vos animaux préférés que vous ayez vus en Argentine ?
– Lalie : Les lamas et les porcelets
– Esteban : Les codors et les lamas.

Quelles drôles de plantes avez vous vues ?
– Ensemble : Nous avons vu des cactus, des petits piquants qui se collent aux roues des vélos, à nos vêtements, des plantes où poussent des tortellinis.

Quel paysage vous a le plus étonné ?
– Lalie : Le paysage du parc d’Ishigualasto et celui du petit village de Purmamarca.
– Esteban : Celui de la montagne aux 7 couleurs.

Dans quels endroits avez vous préféré et détesté dormir ?
– Lalie : J’ai préféré dormir dans le bus d’une famille de voyageurs et détesté aucun.
Esteban : J’ai préféré dormir dans la cabana face a la montagne aux 7 couleurs et détesté aucun.

Quels sont vos plats préférés ? à part les pâtes et les glaces bien sûr !
– Lalie : Empanadas jambon-fromage et les crêpes de papa
Esteban : Hamburger-frites

Qu’est ce qui vous plait le plus dans ce voyage ?
– Ensemble : Le paysage, de voyager avec nos parents, les animaux.

Que trouvez vous de difficile ?
– Lalie : Les grosses montées.
– Esteban : De pédaler.

Les questions de la classe de CE2-CM1 à Lalie :

Comment avez-vous fait pour boire quand l’eau était glacée ?
– Nous avons réchauffé les gourdes au soleil… il a fallu attendre un peu.

Comment fait votre papa Lalie et Estéban, pour ne pas avoir froid aux jambes ?
– Il est un peu fou et très fort.

Vous avez de la chance de voir de beaux paysages. On a vu des photos de cactus, ils ont l’air magnifiques.Quelle quantité d’ eau y a-t-il dans un cactus?
Quelle est la taille minimum et maximum des cactus que vous avez vus ?
– Oui on voit beaucoup de cactus, on aime beaucoup ça,  c’est rigolo.
Leur taille minimum était la taille d’un doigt et leur taille maximum celle d’un poteau électrique.Nous avons par contre été surpris de voir que les cactus avaient un tronc creux. Avec ce bois , ils fabriquent beaucoup d’objets.

Est-ce qu’il y a beaucoup de pièces et billets différents en pesos argentins?
– Il n’y a pratiquement pas de pièces mais beaucoup de billets de 5, 10, 20, 50, 100 et 500 pesos.
35 pesos = 1€. Les billets de 5, 10 et 20 pesos ne valent donc que quelques centimes d’euro. Ces petits billets sont souvent très vieux et usés.
A la place de pièces, ils donnent souvent des bonbons pour rendre la monnaie.

Quels dinosaures avez-vous vus au musée ?
– A Ishigualasto on a vu un squelette d’Eoraptor lunensis, un des plus anciens dinosaures connus. Il était assez gros et impressionnant.

Quelle a été la journée la plus dure pour vous ?
– Une journée où il a fait vraiment très froid et le vent soufflait fort. Il a fallu faire 25km pour trouver un endroit pour se réchauffer : un petit aéroport.

Est-ce-que les lamas étaient doux ?
– Ils ne se laissent pas tous caresser mais on en a rencontrés un qui a été élevé au biberon et qui était très affectueux. Il était très doux comme une peluche et s’appelait Antonio.

Dans quel pays allez-vous après l’Argentine ?
–  Nous arriverons en Bolivie dans quelques jours et devrions y rester plus d’un mois. Ensuite nous irons au Pérou. Nous y serons encore en septembre quand ce sera la rentrée scolaire pour vous.

Comment avez-vous réparé la roue du vélo, avec des rustines ?
– Papa a enlevé l’épine du pneu avec ses dents et changé la chambre à air en en mettant une neuve. Plus tard il a réparé la chambre à air trouée avec une rustine.

Combien de gens avez-vous rencontrés ?
– Des centaines. Nous en rencontrons chaque jour. Certains nous ont même accueillis chez eux. Nous rencontrons aussi beaucoup d’autres voyageurs.

Est-ce que c’était impressionnant de savoir que des chiens avaient mangé votre repas ?
– Nous n’avons pas trop réalisé. Il y a vraiment beaucoup de chiens en Amérique du Sud. Beaucoup n’ont pas de maison et mangent ce qu’ils trouvent.
Ici dans le nord de l’Argentine ce qu’on trouve rigolo, c’est que beaucoup de gens habillent leurs chiens!

 
Quel a été votre moment préféré ?

– Je n’ai pas vraiment de moment préféré car tout était super.
J’aime beaucoup rencontrer de nouveaux copains et jouer avec eux.

Avez-vous envie de revoir vos copains et copines ?
– Oui bien sûr c’est ce qui nous manque le plus!

Les questions de la classe de CE1-CE2 de Luzech à Esteban :

Est-ce que tu vas bien ?
– Oui je vais bien.

Est-ce que tu as vu des condors ?
– Oui j’en ai vus beaucoup. Ce sont de grands rapaces noirs qui planent dans le ciel. On n’ en a pas vu de près mais on a regardé sur Internet et on a rigolé car ils sont beaucoup moins beaux de près : ils ont une tête de dindon.

Est-ce que tu as eu peur de quelques animaux?
–  Quelques grosses araignées.

Est-ce que l’Argentine te plait ? Pourquoi ?
– Oui ça me plait parce que les gens sont gentils. Je suis content aussi parce que dans tous les villages même tout petits, il y a un terrain de foot.

Est-ce que tu comprends l’espagnol ?
– Un poco! On parle pour se faire des copains et on fait des exercices en Espagnol sur la tablette.

Quelle chose te manque le plus depuis ton départ ?
– Vous mes copains!

Bonus :

Lalie, peux tu calculer le nombre de coups de pédales que tu devrais faire durant cette année de voyage et nous expliquer comment tu t’y es prise ?

  – Pour calculer le nombre de coups de pédales que je ferai en 1 an, voilà  comment j’ai fait :

1) j’ai calculé combien de fois j’ai appuyé sur la pédale de droite sur 1 km sur une route plate. Résultat : en moyenne 320.
2) comme j’ai 2 pédales on fait 320 x 2 = 640.
3) je sais que nous devrions parcourir environ 10 000 km en tout.
4) J’ai multiplié le nombre de coups de pédales par 10 000.
5) ça fait (à peu près) 6 400 000 coups de pédales. Pas mal, non ?

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2 Juillet : Humahuaca

Les personnes âgées qui gèrent l’hospedaje dans lequel nous sommes sont adorables. D’un petit déjeuner servi avec beaucoup d’affection aux nombreux conseils sur la visite de la ville et les étapes qui nous attendent, ils sont d’une attention très touchante.

Le marché est situé à quelques « cuadras » :en Amérique du Sud on donne des indications le plus souvent en nombre de carrés de bâtiments composant la ville. Nous y allons donc avec enthousiasme. Nous aimons ces ambiances où se mêlent épices, fruits et légumes dans des contrastes de couleurs mettant en exergue chaque produit. C’est beau, ça sent bon et ça discute de partout. Voilà des lieux de vie ressourçants.

A quelques encablures, un autre marché concerne les vêtements et les ustensiles de cuisine. Dans ce dédale de petites échoppes, Valérie et Lalie trouveront de quoi compléter leur collection de laine et de fil « enserado » afin de parfaire leur maitrise du crochet et de la confection de bracelets.

Nous avons ce privilège de pouvoir flâner, de prendre le temps et nous ne nous en privons pas. Les enfants, qui semblent en pleine forme, demandent à remonter au niveau du monument qui surplombe la ville. Un superbe escalier de pierre y mène, nous poursuivons notre remontée de cette petite ville qui a su garder tout son charme. Arrivés à la hauteur de l’édific, érigé en l’honneur des héros de la guerre d’indépendance (début du XIXème siècle), nous avons une vue magnifique sur les roches sédimentaires qui entourent la cité. Certaines ont plus de 68 millions d’années et offrent toujours un spectacle d’une pureté indescriptible.

Nous déjeunons en ville puis rentrons pour la sieste de Naïa, temps qui nous permet de répondre à vos questions et de nous détendre. Il nous faudra être en pleine forme demain matin pour poursuivre notre montée vers la Bolivie.

En fin d’après-midi, nous repartons pour un tour de ville. Nous voulons essayer de manger tôt pour rentrer préparer les affaires et partir dès que possible demain matin. Une sandwicherie hors du quartier touristique, cela convient à tout le monde pour ce soir. Notre première mésaventure argentine arrive au moment de l’addition. Le tenancier nous demande une somme bien supérieure au total des prix de nos sandwichs (des Lomitos et Hambuguesas très bons par ailleurs). Nous lui faisons remarquer et, surpris, il commence à baraguiner que les prix indiqués sur la carte sont anciens et ne sont plus valables. Notre espagnol nous permet désormais d’argumenter sans problème et de lui faire comprendre qu’il ne peut pas agir ainsi. Ce n’est pas pour la somme que cela représente pour nous mais juste une question d’honnêteté. Gêné par cette situation il nous tend discrètement un billet. Nous continuerons notre argumentation puis le laissons à sa reflexion.

Nous espérons que, la prochaine fois, il  se comportera honnêtement. Et oui, il y a des filous partout…

Cet épisode passé, nous rentrons nous coucher  . Cette rencontre ne nous fera pas changer d’avis sur le peuple Argentin : un peuple attentionné, honnête et courageux.

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1er Juillet : La Banda – Humahuaca : 42 km (2 290 km)

Même dans notre petite chambre la nuit n’a pas été bien chaude. Heureusement, nous avions nos duvets à portée de main et la chaleur issue de la proximité familiale.

Dès 10h00 nous serons pourtant en t-shirts. Quand le soleil commence à sortir, il fait rapidement très chaud. Un cyclovoyageur argentin nous avait répondu lorsque nous abordions le thème des températures nocturnes très froides : « Les nuits sont froides mais le chauffage du pauvre est efficace ! ». Effectivement ce chauffage universel marche très bien en Argentine.

Nous poursuivons notre longue montée. Au bout de quelques kilomètres nous traversons enfin le tropique du capricorne. Nous voilà sur le 23ème parallèle ! Une immense horloge solaire a été installée pour marquer l’importance de ce lieu.

Nous dansons sous les sunlights du Tropique puis reprenons la montée vers l’altiplano. Nous y allons à notre rythme. Un rythme lent mais régulier. Ces dernières étapes nous ont appris à associer, l’éloge de la lenteur à l’école de la patience.

Cette montée, à rythme très modéré  nous permet d’apprécier encore plus le paysage ET rappelle la chance que nous avons de pouvoir les découvrir ainsi à vélo. Les habitations changent. Elles sont désormais nombreuses à être construites en adobe: ces briques de terre sèche qui s’imbriquent les unes sur les autres, et sont en harmonie avec les roches environnantes.

Les visages changent également depuis quelques jours. Les peaux se noircissent, les yeux se brident légèrement. Mais toujours les mêmes encouragements, si chaleureux, et la même douceur à notre égard.

Pour l’instant nous ne ressentons aucune difficulté liée à l’altitude. Le souffle reste très correct. On y va tranquille et on évite d’accélérer quand la pente se fait un peu plus douce. Pas de mal de tête non plus. Seule une fatigue musculaire commence à être présente. Devons-nous l’attribuer à l’altitude ou à la répétition des étapes de montagne ? Nous en saurons plus dans quelques jours !

Nous arrivons enfin à Humahuaca, ville touristique qui sera l’une de nos dernières cités de taille importante avant La Quiaca, à la frontière bolivienne.

Nous trouvons une chambre assez rapidement, ce qui nous laisse un peu de temps pour découvrir la ville à pied.

Pour parfaire notre acclimatation à l’altitude (nous avons atteint les 3 000 mètres) nous resterons deux nuits ici. De quoi récupérer avant les deux dernières étapes qui nous conduiront au col, situé lui, à 3 700 mètres.

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30 Juin : Purmamarca – La Banda : 33 km (2 248 km)

La probabilité de trouver un poste de télévision avant une vingtaine de kilomètres est extrêmement réduite . Notre envie de partager la rencontre sportive du jour dans une ambiance sur-chauffée est importante. En conséquence, nous décidons de ranger nos affaires mais de ne commencer à pédaler qu’après le match du jour qui débute à 11 h.

On nous indique un bar avec de l’ambiance . Effectivement il y en a. Nous nous faisons tout petit dans cette atmosphère sud-américaine, les enfants jouant la carte de l’amitié franco-argentine avec leurs beaux maillots bleus et blancs. Nous voyons nos collègues de tablées passer par le spectre de toutes les émotions. De la déception à l’espoir, de la confiance au désespoir.

7 buts et 90 minutes plus tard (quel match !) nous remontons sur nos vélos. Cette fois, pas de concert de klaxons mais un peuple Argentin qui reste toujours très chaleureux, même en cet instant de deuil footballistique.

Nous attaquons par 3 km de descente afin de rejoindre la route principale. De beaux lacets que nous prenons le temps de savourer. Ensuite… ça monte… longtemps ! une pente plutôt douce avec quelques grimpettes . L’absence de vent nous permet d’avancer sans avoir à lutter.

Nous arrivons à Tilcara vers 16h30. Conseil de famille : s’arrêter dans cette ville ou continuer encore un peu afin d’alléger l’étape (et le dénivelé !) de demain? La majorité absolue a parlé : on continue !

7 km et une heure plus tard nous décidons de trouver un endroit pour dormir. A l’altitude où nous sommes (un peu plus de 2 500 mètres) nous ne dormirons pas sous la tente et certainement plus jusqu’en Bolivie, les nuits étant de plus en plus fraîches.

Nous trouverons, dans ce qui fut certainement un temps un hôtel, une chambre chez l’habitant. Et pas n’importe quel lieu puisqu’il s’agit d’une ferme. Moutons, chèvres, chevaux déambulent dans le champ attenant entre deux cultures d’ail.

Demain, 500 mètres de dénivelés nous attendent encore dans cette belle vallée d’Humahuaca. Nous entamons notre dernière semaine argentine…

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29 Juin : Purmamarca

Nos tapis de sol et nos duvets sont confortables mais dormir dans de vrais lits, ce n’est pas mal non plus !

C’est donc après une nuit confortable que nous nous apprêtons à passer cette journée sans vélo. Sans vélo,  mais pas sans activité physique puisqu’une belle randonnée autour du « Cerro Colorado » est au programme.

Nous rejoignons le départ du chemin de randonnée et tombons sur un van que nous reconnaissons aisément : celui des « payasos en viaje ». Souvenez-vous cette famille Argentine rencontrée après Pituil qui se dirige également vers le Nord dans un superbe combi VW coloré. Ils se sont installés à l’entrée du chemin de randonnée pour y vendre quelques produits faits main et financer ainsi leur voyage.

La joie des retrouvailles est réelle. Leur fille, Dianella est toute heureuse de retrouver des copains et décidera rapidement de nous accompagner.

Découvrir ces paysages à pied est un véritable régal. Des sentiers escarpés pour les plus téméraires rejoignent de temps à autre des chemins plus larges et accessibles. Nous prenons notre temps, admirons les nuances de couleurs qui s’offrent à nous et immortalisons ces beautés pures en nos pupilles… naturelles et numériques.

Après un déjeuner pris à l’appartement, une  séance de travaux scolaires agrémentée de réponses aux questions posées aux enfants, occupera une bonne partie de l’après-midi.

Dianella les rejoindra pour de belles parties de jeux internationaux et un apprentissage linguistique accéléré.

Nous profitons de pouvoir cuisiner plus aisément que sur notre petit réchaud pour inviter les Payasos à dîner: un apéritif dînatoire composé de multiples tapas à picorer. Simple mais convivial.

Nous échangeons quelques tours de magie, des astuces manuelles (les filles deviennent expertes en bracelets en tous genres) et beaucoup de fraternité.

Pour nous l’Argentine et la France ont déjà gagné !

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28 Juin : Volcan – Purmamarca : 26 km (2 215 km)

Après une bonne nuit dans cette grande salle paroissiale, nous faisons la connaissance au petit matin de cuisiniers qui viennent préparer le repas, pour l’école, dans la cuisine de la paroisse. Leur accueil est similaire à celui que nous avons eu la chance de recevoir depuis le début de notre remontée de leur grand pays : extrêmement chaleureux et humain.

Au moment de repartir, l’un d’eux arrive avec un immense sac rempli de pommes et d’oranges. Quelle générosité ! Nous le remercions et ne prendrons que 4 pommes et 4 oranges lui expliquant que le poids  est limité à vélo.

Une petite étape aujourd’hui au niveau de la distance, mais nous mettrons quasiment 4 heures pour parcourir ces 26 petits kilomètres: en raison, tout d’abord, du vent de face qui s’est levé pendant la nuit, un vent avec de fortes rafales qui nous épargne lorsque nous longeons les rochers mais qui nous offre de beaux combats contre les bourrasques lorsque nous nous en éloignons. Nous prenons notre temps et nous arrêtons de temps à autre pour contempler le paysage ou pour discuter avec les personnes qui nous interpellent sur la route.

Dans cette  montée nous rencontrons un nouveau cyclo-voyageur. Nicolas, un Argentin de Buenos-Aires, est parti d’Uschuaïa pour remonter toute la « Ruta 40 » jusqu’à La Quiaca, à la frontière Bolivienne, et redescend désormais à la capitale. Nous échangeons quelques bons plans, lui donnons notre carte avec nos coordonnées, pour l’un des prochains voyages qu’il prévoit de faire en France et nous souhaitons bonne route.

Les derniers kilomètres pour rejoindre Purmamarca grimpent un peu plus mais les paysages sont tellement magnifiques que nous apprécions d’aller si « des-pa-ci-to » comme le chantait si bien un « tube latino ». Les couleurs des roches sont saisissantes : du bleu, du vert, du jaune, du rouge… la palette  s’intensifie à chaque virage !

Nous arrivons enfin dans Purmamarca, un village très touristique bien que nous soyons actuellement en basse saison. Le prix des Cabanas et des hôtels est bien supérieur à celui que nous avons rencontré jusqu’à présent. Nous arpentons quelques rues à la recherche d’un bon plan .C’est une personne que nous croiserons qui nous l’offrira sur un plateau. Un coup de téléphone et quelques dizaines de mètres plus loin nous tombons sur un petit appartement confortable et au rapport qualité/prix difficilement abattable. Nous voilà bien installés au cœur de ce beau village.

Seul l’accès est un peu rock’n’roll et nécessitera du bricolage pour rentrer vélos et carriole. Nous profitons de cette fin d’après-midi pour nous promener dans des marchés très colorés et discuter avec les habitants. Forcément après la première question : « D’où venez-vous ? » les discussions du jour enchaînent irrémédiablement sur le match de samedi. Telle une pirouette, nous lançons alors un « que le meilleur gagne ! », ce qui reflète également l’état d’esprit dans lequel nous sommes.

S’en suivent quelques courses, la lessive, un repas « comme à la maison » et un petit film. Demain nous resterons sur Purmamarca afin de faire une belle randonnée autour de la montagne aux 7 couleurs et de poursuivre notre acclimatation à l’altitude.

PS : Belle fête estivale à tous nos Amis de Boissor. Bon courage aux organisateurs. Boissor plage sous le soleil Lotois ça va être superbe !

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27 Juin : San Salvador de Jujuy – Volcan : 39 km (2 189 km)

Nous voilà sur la route 9, celle qui devrait nous amener jusqu’à La Quiaca, dernière ville Argentine avant de franchir la frontière Bolivienne. Mais avant cela, 250 kilomètres de pente quasi-exclusivement ascendante nous attendent.

Nous savions que cette première portion serait difficile . Les prévisions se sont révélées exactes: 30 km de montée sans la moindre portion de plat, 30 km à faire tourner nos jambes sans avoir l’opportunité de les laisser se reposer.

Si les 25 premiers kilomètres s’accomplissent sur des pentes comprises entre 5 et 10 %, les 5 derniers, en lacets, dépasseront aisément les 10 % lors de chaque virage. Nous avons rechargé les batteries avec un pique-nique au bas de cette rampe, mais il faudra  venir à bout de ce petit col à 2 100 mètres: petit col que nous avons grimpé sans poser pied à terre alors qu’il y a encore quelques semaines cela nous aurait été impossible. Le bénéfice sportif de ces premières semaines est incontestable, même si nous savons que cela sera sans doute insuffisant pour rejoindre, sans difficultés, le plateau bolivien.

Depuis le départ, nous avons perdu quelques kilos superflus et avons gagné en tonus musculaire .Mais la succession de montées et l’altitude annoncent de rudes challenges en perspective.

D’ici quelques jours nous commencerons à mâcher des feuilles de coca, celles que vendent de nombreux marchands en bord de route et qui déforment les joues de certains de nos interlocuteurs. En attendant, nous nous astreignons à boire régulièrement, au moins tous les 5 km. Chacun doit s’efforcer de faire boire son copilote même s’il n’a pas soif. C’est la règle que nous nous imposons pour éviter tout risque de déshydratation due à l’altitude.

En fin d’étape, la route redescend et nous retournons assez vite à 2 000 mètres. Nous cherchons dans le premier village, en bord de route, un lieu pour dormir. Les hospedajes semblent tous fermés en cette saison peu touristique. Une personne qui nous voit passer et repasser dans les rues de ce village fantôme nous interpelle. En apprenant que nous sommes français,  il nous parle forcément… football puis nous demande où nous allons dormir. Devant notre réponse évasive ,  il nous propose de dormir dans la salle paroissiale. Cet amateur de foot est le Padre Mario . Il nous ouvre  une grande pièce dans laquelle nous pourrons préparer notre repas et dormir.

Ce soir, nous avons mal aux jambes, mais l’étape prévue demain s’annonce plus courte. Elle devrait nous amener jusqu’à Purmamarca, un village un peu à l’écart de la route principale  que nous ont vivement recommandé Jorge  rencontré à Mendoza ainsi que de nombreux voyageurs connus depuis.

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26 Juin : El Carmen -San Salvador de Jujuy : 43 km (2 150 km)

Le gel est venu figer l’humidité. Le spectacle en sortant de la tente laisse apparaître un paysage (et des affaires !) blanchis par le givre. Nous n’avons pas eu froid dans nos confortables duvets mais ces derniers se retrouvent trempés au lever. Nous nous armons donc de patience pour les faire sécher. Le soleil, lorsqu’il dépassera les cimes environnantes, sera bien précieux. En moins de deux heures nous gagnons quasiment 20°.

10h30, il est temps d’y aller. Nous ferons sécher les dernières affaires encore humides ce soir.

Très rapidement, deux cyclotouristes argentins arrivent à notre hauteur. Nous les avions vu arriver hier dans la nuit et nous apprendrons qu’ils se sont arrêtés à quelques centaines de mètres de notre campement. Ce sont deux cousins, Juan-Cruz et Esteban, qui sont partis de chez eux, au centre de l’argentine, et qui remontent ainsi vers l’Amérique centrale. Hier, pendant une grande partie du trajet, ils étaient environ à une heure derrière nous mais ils ont perdu du temps sur la fin avec la casse de l’un de leurs porte-bagages. Alors qu’ils essayaient de le réparer, ils nous indiquent être tombés nez à nez avec deux grands pumas. Avec humour, ils précisent que le vent contraire a fait qu’ils ne se sont pas retrouvés sur leur menu.

Nous ferons toute la route jusqu’à San Salvador de Jujuy, ensemble, dans un peloton désordonné permettant les échanges sur nos aventures respectives. Encore deux chouettes garçons avec de belles valeurs. Arrivés sur la place centrale de San Salvador de Jujuy (prononcer « rourouille » !) nous mettons nos denrées en commun pour un pique-nique international. Nous apprécions ces rencontres et ces temps d’échange auxquels participent de plus en plus facilement les enfants.

Après une dernière photo colorée et la promesse de nous revoir dans quelques jours dans la longue montée qui nous attend, nous partons à la quête… d’un bar ! Car oui, c’est l’heure du match. Policiers, taxis… toute la population semble s’être arrêtée pour suivre le match à la TV ou à la radio. Nous ne sommes plus des grands adeptes du football professionnel tant il est devenu l’archétype du sport business mais nous devons reconnaître que la coupe du monde a cette capacité à faire du lien entre les nations et à unir les populations. Nous vivons le match dans une ambiance où perlent  une émotion et une passion contagieuses, sautant dans les bras les uns des autres lors des buts de l’albiceleste et à la fin du match. Ce coup de sifflet final marque un énorme soulagement pour tout un peuple. C’est à ce moment là que nous apprenons que le prochain match aura lieu… contre la France !

Nous reprenons les vélos pour sortir de la ville. Un concert de klaxons nous accompagne. L’allégresse est à la hauteur du soulagement. Nous accompagnons les chants : « Argentina ! Argentina ! ». C’est déjà la fête avant même la phase finale !

La perspective de dormir dans des duvets encore humides ne nous enchante guère. Au bout d’une dizaine de kilomètres, après avoir entamé la montée, nous louons une petite cabana qui nous offrira tout le confort nécessaire. Un confort salutaire car demain nous commençons à nous élever et allons passer de 1 400 mètres d’altitude à près de 2 000. La montée se poursuivra ensuite pendant 200 km pour tutoyer les 4 000 mètres. Une montée que nous allons effectuer à coup de petites étapes afin de favoriser l’acclimatation.

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25 Juin : Salta – El Carmen : 70 km (2 107 km)

Grâce à notre super GPS « LalieLalie », fier concurrent de « TomTom » (une voix certes un peu aiguë mais le privilège d’avoir un commentaire sur tout ce qu’il y a à voir), bien aidé par « MapsMe » , nous sortons aisément de Salta et empruntons un maximum de pistes cyclables.

Une douce montée commence dès la sortie de l’agglomération. Alors que nous faisons quelques provisions pour les repas du jour, dans une petite épicerie, nous croisons Mickaël, ce cyclovoyageur aveyronnais, que nous avions rencontré dans la montée de la Cuesta de Miranda (celle avec la neige et la glace !), il y a déjà plusieurs semaines. Depuis, il est monté vers la frontière bolivienne par la route Chilienne et compte descendre désormais la « 40 ». Avant cela il va s’arrêter quelques jours à Salta et y fêter son anniversaire.

25 km d’une belle montée entrecoupée d’une pause déjeuner dans un endroit magnifique (entourés de chevaux, de vaches, de chèvres… le tout autour d’un lac bleu azur) et nous voilà au col. Enfin… au premier col, car par la suite ça redescend et ça remonte deux fois successivement. Heureusement les pentes sont largement acceptables et, bien que la vitesse soit réduite, la route nous offre beaucoup de plaisir. Les camions et les bus ne sont pas autorisés à prendre cet itinéraire de moyenne montagne, en raison de l’étroitesse de la chaussée .La faible circulation nous convient parfaitement.

Nous faisons de nombreuses pauses, souvent pour parler avec des personnes intriguées par notre équipage. Des policiers, des motards, des automobilistes avec lesquels nous partagerons à chaque fois quelques instants fort sympathiques.