5 Décembre : El congo – Chinandega : 53 km (6 848 km)

C’est le cri d’un cochon que l’on égorge qui fait office de réveil ce matin. Après avoir constaté, en ouvrant la porte de l’école, que la pauvre bête se vidant de son sang correspond bien à l’horrible cri de détresse que nous avons entendu nous reviendrons, sans dire mot, à notre campement. Nous avons connu des réveils… bien plus… romantiques !

Comme convenu, nous tirons la porte de la classe puis celle du portail, saluons les voisins et leur cochon désormais sans tête puis reprenons notre route dans la campagne Nicaraguayenne. Comme au Salvador, de superbes volcans nous dominent. Nous admirons la vue des nuages qui viennent s’y accrocher.

Le paysage vallonné est plaisant même si un petit vent de face, que nous avions le plaisir de ne plus ressentir depuis plusieurs semaines, a fait son apparition.

La chaleur et le vent contribuent à assécher encore plus rapidement nos gargantes et nous obligent à faire un ravitaillement en eau tous les 15 km. A chaque fois, ces pauses se révèlent être de superbes occasions pour rentrer en contact avec la population locale. Leurs questions et leur questionnement sont intéressants. Ils se demandent souvent pourquoi nous réalisons ce voyage et surtout pourquoi nous nous embêtons à le faire à vélo. Mais justement, sans vélo nous serions-nous arrêtés dans ces petites épiceries à peine visibles, aurions nous pris le temps de discuter comme nous avons la chance de pouvoir le faire ? A chaque fois, ils nous demandent de faire passer le message que leur pays n’est pas celui dont la mauvaise image est propagée en Europe et nous remercient d’être venus à eux… avec des enfants !

Nous arrivons en début d’après-midi dans la ville pleine de vie de Chinandega. Nous cherchons un hôtel mais mettons du temps à en trouver un qui nous convienne, tant les prix pratiqués par la majorité nous semblent excessifs en cette période de basse fréquentation.

Nous profitons du reste de l’après-midi pour nous promener dans le centre de la ville et leurs parcs bien aménagés pour les enfants. Nous partons également à la recherche de petit matériel que nous avons du mal à trouver dans des cités plus petites et notamment du fil chenille qui permet de faire les petits vélos que nous laissons en souvenir aux personnes que nous rencontrons.

Une petite séance de travaux scolaires, un peu de détente et après quelques courses au supermarché du coin, nous partageons le dîner avant de rejoindre de confortables matelas. Demain, la route continue…

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4 Décembre : La Union – El congo : 30 km (6 795 km)

Dès 6h30 nous nous rendons au service de l’immigration après avoir remercié nos nouveaux amis pompiers pour leur généreuse hospitalité. Une bonne heure de démarche administrative qui nous donne le droit de quitter le pays.

Les tampons enfin apposés sur nos passeports, nous rejoignons le port où nous attend une lancha sur laquelle nous essayons de glisser nos vélos, la cariole et l’ensemble des bagages. Ça fait toujours un peu de volume !!!

Une heure trente plus tard, après avoir pu contempler de magnifiques rivages et déjoué quelques grosses vagues, nous posons enfin le pied sur le sol nicaraguayen. Une arrivée « exotique » puisque nous débarquons sur le sable avant de rejoindre le bureau local de l’immigration.

Là, c’est un peu plus compliqué car, normalement, pour passer par cette frontière maritime, il faut en faire la demande 7 jours avant. Comme nous n’avons pris cette décision qu’hier, nous n’avons évidemment pas le précieux formulaire. L’officier Nicaraguayen est compréhensif mais doit consulter les autorités de Managua afin de s’assurer qu’aucun de nous ne se trouve sur la liste d’Interpol (on a eu peur pour Naïa !). Les moyens de communication sont limités et il nous faudra 2h30 d’attente avant d’obtenir l’aval de Managua.

Ce n’est donc que vers midi que nous avons le plaisir d’effectuer nos premiers tours de roues au Nicaragua. C’est une zone profondément rurale que nous traversons. Un chemin de terre (de pierre parfois !) bordé de rares hameaux et de nombreux élevages bovins. Nous sommes d’ailleurs amenés à rouler plusieurs fois entre les cornes d’impressionnants taureaux.

Nous retrouvons l’asphalte au bout d’une douzaine de kilomètres et après avoir trouvé un petit bar qui nous permet de changer quelques Dollars en Cordobas. Les calculs vont être plus difficiles ces prochains jours car il nous faudra désormais diviser… par 36 !

Nous poursuivons notre route et en haut d’une petite montée apercevons de l’animation. C’est le dernier jour d’école aujourd’hui et le groupe scolaire communautaire a organisé une petite fête de fin d’année. Nous arrivons au moment où tout le monde se disperse. Les enseignantes sont encore là .Nous en profitons pour leur demander si nous pourrions passer la nuit dans la cour de l’école. Pas de problème ! On nous ouvre même une salle de classe en nous demandant seulement de fermer la porte en partant. La confiance est donnée dès le premier regard !

Les enfants jouent longuement dans la cour de l’école où chaque enfant recevra un bracelet confectionné par Lalie et Valérie.

Nous nous couchons peu après la nuit tombée, fatigués mais heureux après cette nouvelle longue journée.

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3 Décembre : Playa de Cuco – La Union : 46 km (6 765 km)

C’est une nouvelle fois un départ matinal qui nous permet de goûter le souffle d’une fraîcheur toute relative. Celle-ci est salutaire notamment pour les premiers kilomètres qui nous font remonter sur la route principale via un chemin de terre et de pierre. Nous ne ferons pas plus de 4 km sur cette première heure de « vélo » mais ces traversées épisodiques par des chemins de traverses constituent de vraies parenthèses sauvages dans des étapes souvent très asphaltées.

Nous nous posons au bout d’une quinzaine de kilomètres pour partager le petit-déjeuner. Juste au moment où nous installons notre « nappe », un cyclovageur circulant dans l’autre sens nous rejoint. Nous échangeons ainsi nos bons plans, nos expériences et nos ressentis avec ce sympathique cycliste. Daniel est Autrichien et voyage depuis 2 ans 1/2. Il a parcouru l’Europe, l’Asie et l’Océanie avant de rejoindre Ushuaïa pour remonter les Amériques. Il compte déjà plus de 40 000 km au compteur et prévoit de terminer son épopée à vélo dans 6 mois à New-York. Il nous confirme qu’il vaut mieux éviter actuellement le Honduras et nous fait, tout comme les autres voyageurs récemment rencontrés, l’éloge du Nicaragua.

Après une agréable demi-heure de partage, nous nous quittons pour reprendre nos routes respectives. Au bout de quelques kilomètres un pneu commence à s’applatir. Nous penserons alors qu’il s’agit de la troisième crevaison du voyage mais après changement de la chambre à air nous constaterons que c’est la valve de cette dernière qui a lâché. Sans doute a-t-elle été victime de ces fortes chaleurs à répétition. Il fait, en effet, déjà très chaud. Le thermomètre atteindra même les 45° vers 11h00 !

Nous atteignons la ville animée de La Union vers 13h00 et nous rendons vers le port afin de voir si une option se dégage pour rejoindre directement le Nicaragua en bateau et éviter ainsi le Honduras. Mais les prix que l’on nous annonce sont bien au-delà de nos moyens et nous partons déjeuner en pensant déjà que le contournement se fera finalement à vélo. Entre-temps, Géraldine des « Chamavelo » nous a envoyé, par messagerie, le nom et les coordonnées de la personne qui leur a permis de faire cette même traversée il y a quelques mois. Nous le contactons. Les prix sont encore élevés mais bien moins que ceux précédemment annoncés. Nous prenons le temps de la réflexion et nous entendons pour faire part de notre décision vers 18h00.

Entre-temps nous trouvons un accueil toujours aussi sympathiques chez les Bomberos de la ville. Nous pourrons camper à l’arrière de la caserne avec accès aux douches, aux toilettes et même… au WiFi.

Après quelques dernières délicieuses pupusas salvadoriennes et avoir pesé les avantages et les inconvénients, nous faisons finalement le choix d’un départ matinal en « lancha », petit bateau à moteur, directement vers le Nicaragua. Merci encore à la famille Chamussy pour cette belle solidarité cyclopédique !

Seul regret pour Christophe, ne pas faire d’étapes dans le pays d’origine d’Humberto, éducateur spécialisé à Boissor, dont il est admiratif du parcours qui l’a conduit à exercer en France.

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El Salvador, una perla

Nouvelle frontière, nouveau pays, nouveau peuple et nouvelles coutumes.

Si les frontières ne sont qu’une invention humaine et n’ont aucun sens pour l’écosystème ambiant ; si elles génèrent souvent plus de difficultés et d’affrontements qu’elles n’apportent de solutions, nous constatons néanmoins qu’elles accueillent toujours symboliquement en leur sein des particularités culturelles qui ravissent les cyclovoyageurs que nous sommes.

Aussi étonnant que cela puisse paraître sur un continent où chacun parle la même langue, quelques mètres d’un côté ou de l’autre de la frontière, et l’ambiance, les couleurs, les attitudes changent.

Nous n’avions aucune idée de ce qui nous attendait en entrant dans ce petit pays : nous n’avions eu que très peu d’échos d’autres voyageurs et ne savions pas du tout quel itinéraire  nous allions emprunter. La campagne, la jungle, la montagne et l’océan font du Salvador un pays aux multiples richesses naturelles.

Nous aurons parcouru de belles routes vallonnées, contourné de superbes volcans et longé une partie de la côte, si appréciée des surfeurs.

Si le pays détient l’un des taux d’homicides les plus importants au monde, ils sont la résultante d’affrontements internes entre groupes criminels. Nous avons évité les grandes villes et toujours choisi attentivement nos lieux de bivouac. Mais de tout notre séjour, nous n’aurons jamais ressenti un soupçon d’insécurité, tout au contraire.

Les salvadoriens font preuve d’une chaleur humaine exceptionnelle ! Pour nous, comme pour tous les voyageurs que nous avons rencontrés,  le Salvador est encore une perle naturelle, préservée du tourisme de masse.

La traversée du Salvador nous aura pour ainsi dire offert « une surprise à chaque tour de roue » ! Un superbe accueil chez Gustavo et Luisa, une belle rencontre avec Denis le Québécois, un reportage TV local très sympa, des parties de « chasse aux crabes » endiablées, des couchers de soleil sur la plage, l’accompagnement des bébés tortues à l’eau-céan, et la dégustation de nombreuses pupusas !

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2 Décembre : Playa de cuco

Dormir sans avoir de programme le lendemain, cela faisait bien longtemps que ça ne nous était pas arrivé…

Si les parents sont réglés sur un réveil biologique matinal, les enfants dégustent eux une rare grasse matinée.

Nous prenons le temps de lire un peu les informations et sommes les témoins impuissants de ce qui se passe en France. La France, notre France vire à l’affrontement entre citoyens. Nous qui l’avions laissée si paisible il y a 7 mois, la découvrons au bord de l’état d’urgence ce matin. Un sentiment de culpabilité nous envahit, nous qui sommes des privilégiés de la vie (même si ce voyage a demandé, en amont, de nombreux sacrifices et une prise de risque certaine pour le retour ,où nous aurons tout à reconstruire). Nous voilà sillonants les routes de notre belle planète alors que la colère et le désespoir semblent avoir envahi une partie de l’hexagone. Assommés, nous assistons également à l’incroyable puissance actuelle des réseaux sociaux sur lesquels sont déversés autant d’informations que de désinformations. La violence des propos relayés ne laissent désormais plus place au respect et à la réflexion, deux notions pourtant si importantes dans une démocratie.

Nous suivrons, bien évidemment la situation avec encore plus d’intérêts ces prochains jours et continuerons à vanter les mérites de notre douce France, un pays qui possède bien des qualités (et des moyens par rapport à ceux que nous traversons) mais que les touristes que nous croisons ces derniers jours risquent bien d’éviter pour leurs prochaines vacances.

Si l’océan pacifique nous enivre, nous découvrons aujourd’hui le côté face de l’éco-tourisme après avoir été séduits par le côté pile hier. Avec un peu d’observation on constate très vite le marketing social (et surtout économique !) caché derrière certaines louables aspirations. Quelques exemples : le savon est certes étiqueté comme bio et non polluant mais les eaux usées sont déversées dans un petit canal derrière les hébergements, petit canal va certainement se jeter dans le Pacifique. Le ramassage des déchets par les touristes est une bonne idée en soit, sauf lorsqu’une bonne partie de ces derniers oublient les nombreuses bouteilles de bières bues au clair de lune… sur la plage ! Le lever du jour sera alors un éternel recommencement sonnant comme une ode à Sisyphe. Enfin le lacher des tortues du jour se transforme très vite en une, toujours très attendrissante, aventure mais surtout en une animation captivant un grand nombre de touristes plus ou moins respectueux de ces petits êtres vivants qu’ils trimballent comme des jouets et à côté desquels ils s’extasient au bout de leur perche à selfies. Les tortues passent ainsi très vite de la bonne action au produit d’appel.

La journée de repos sera bien vite passée et nous aura permis de nous poser pour mieux repartir demain vers La Union d’où nous verrons si nous faisons un crochet par le Honduras (pays dans lequel une certaine tension existe également… mais pour d’autres raisons) ou si nous tentons une traversée maritime vers le Nicaragua.

A cette heure, nous avons encore de nombreuses incertitudes et nous laisserons donc le chemin guider notre itinéraire des prochains jours.

« La France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer » Sylvain TESSON

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1er Décembre : Santa Maria – Playa de cuco : 61 km (6 719 km)

Levés à 5h30 et prêts à partir pour 6h30, voilà un rythme qui pourrait être adopté au cours de ces prochaines semaines afin d’éviter les grosses chaleurs. Ce choix se confirme dès les premiers kilomètres. Nous retrouvons le plaisir de « pédaler à la fraîche » et lorsqu’à 8h00 nous avons déjà dépassé les 20 kilomètres, le moral de la troupe ne s’en trouve que meilleur.

La lumière met en valeur les paysages que nous avons le plaisir d’observer. Nous contournerons l’immense volcan de San Miguel une bonne partie de l’étape. Un appel à l’évasion… Mais pas le temps de rêvasser car la lecture de la carte nous avait prévenu, une belle montée nous attend ! Un petit col d’une dizaine de kilomètres qui permet de passer la barrière naturelle qui sépare les terres du centre, des rives de l’océan Pacifique.

L’arrivée au sommet marque nos retrouvailles avec cet océan que nous avons décidemment du mal à quitter (peut-être que son nom nous attire irrémédiablement ?). Nous plongeons vers lui et, vers 13h30 arrivons dans la cité balnéaire de Playa de Cuco. Des hôtels sont posés tous les 100 mètres en bordure de l’une des plus belles plages du Salvador.

Plusieurs personnes rencontrées ces derniers jours nous ont conseillé une adresse. Un petit complexe hôtelier aux tarifs accessibles privilégiant l’éco-tourisme. Du savon non toxique, des opérations ramassage de déchets menées sur la plage avec les vacanciers et une action quotidienne en faveur des tortues locales. Ces dernières viennent pondre sur la plage, la nuit tombée. Les professionnels récupèrent alors les oeufs qu’ils mettent en couveuse afin de les protéger des prédateurs (l’homme notamment qui braconne ces oeufs…) puis, une fois éclos, relâchent les tortues du jour dans l’océan.

Nous assisterons d’ailleurs à cet incroyable spectacle ce soir. De miniscules tortues qui découvrent le contact avec le sable et l’eau avant de se laisser emporter par le courant. Un hymne à la vie, en espérant que leur voyage évite les nombreux morceaux de plastique qui parcourent l’océan…

Nous fêtons aujourd’hui notre 7ème mois de voyage. Désormais, ceux qui restent peuvent se compter sur les doigts d’une seule main. Il est encore trop tôt pour parler de retour mais nous savons que la formidable aventure que nous avons la chance de vivre va bientôt s’inscrire dans cette perspective. En attendant, nous nous offrons demain une vraie journée sans vélo, histoire de remettre toute l’équipe sur pied (Naïa a encore une petite poussée de fièvre ce soir) et de prendre le temps de retravailler l’itinéraire des prochaines semaines tout en profitant encore une fois de ce beau Pacifique.

Même si avec les températures que nous avons actuellement nous avons du mal à croire que nous abordons le mois de décembre, voici notre petit calendrier de l’Avent ,façon « clichés de voyage » :

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30 Novembre : Usulatan – Santa-Maria : 3 km ! (6 658 km)

Hier en nous couchant allongeant, nous n’avions pas pris en compte deux paramètres : d’une part, c’est la fête de la ville (décidemment !) et des pétards seront allumés jusqu’au lever du jour et, d’autre part, nous nous sommes installés juste à côté du salon TV de la caserne que l’équipe de nuit (qui n’a semble-t-il pas eu l’information de notre présence) écoute à fort volume. Ajoutons à cela, un petit coup de fièvre de Naïa…

Le résultat se voit sur nos visages et notre vitesse d’exécution ce matin. C’est raplapla…

Dur de dire à chacun de se dépêcher après une telle nuit. Nous remontons sur nos vélos mais l’envie n’y est pas avec la fatigue accumulée. Il est 8h00 et la chaleur commence déjà à être pesante. Nous entendons déjà la voix de notre cher Ami « Le Doc' » nous intimer l’ordre de nous arrêter pour tenter de se reposer. Si nous partons, nous en avons minimum pour 50 km avant de retrouver un gros village ou une ville. Impossible dans cet état collectif ! Nous faisons donc le choix de sortir des faubourgs de la ville et d’essayer de trouver un hôtel en périphérie afin de prendre un peu de repos.

Nous trouvons rapidement la perle rare : un gérant qui nous promet du silence tout en nous permettant de rentrer dans la chambre tout de suite sans attendre 15h00, l’heure habituelle du check in. Il y a un endroit pour entreposer nos vélos et même une petite piscine pour se rafraîchir. Le linge sale laissé en instance retrouvera enfin un peu de ses couleurs d’origine et les travaux scolaires avanceront à grand pas une fois qu’un temps de repos ait permis de recharger les batteries. Nous profitons également d’avoir une connection WiFi (de mauvaise qualité mais après 5 jours de sevrage, cela devient du luxe…) pour programmer les prochains articles et répondre à quelques messages laissés en instance.

Après avoir regardé le reportage de Canal 21 diffusé ce soir sur la télé salvadorienne, nous goutons aux promesses d’une nuit plus reposante.

Si vous voulez voir le reportage de la TV Salvadorienne, rendez-vous ici :

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29 Novembre : Zacatecoluca – Usulutan : 63 km (6 655 km)

Grâce à la mobilisation de toute la troupe, nous sommes prêts à partir dès 7h00 !

Il nous faut pratiquement 1/2 heure pour remonter la piste rocailleuse descendue hier et retrouver la route. Les premiers kilomètres se font à la fraîche et en faux plat descendant, parfait pour commencer. Nous allons traverser la campagne salvadorienne aujourd’hui, une campagne loin d’être désertique car ponctuée régulièrement de petits hameaux et de très nombreux mécaniciens et laveurs de voitures.

Nous croisons les premiers cyclovoyageurs depuis bien longtemps. Ella et Tom sont Anglais. Ils ont partis du sud de l’Argentine, il y a 10 mois et ont pour objectif de rejoindre le Canada.

Nous parlons une bonne vingtaine de minutes ensemble, échangeant les bons plans respectifs et les impressions sur les populations rencontrées (toutes très positives !). Encore un charmant couple ! Vous pouvez les suivre sur Instagram : « cycleforthesoul »

Il est déjà 10h00, il commence à faire chaud. Les seuls points de rafraîchissement que nous trouvons sont les stations essence équipées de petits magasins climatisés. Nous y passons à chaque fois quelques minutes, le temps de refaire le plein d’eau fraîche et de descendre en température. A 4 km d’Usulutan nos organismes commencent à être assommés par cette chaleur persistante. Il fait désormais plus de 40°… à l’ombre ! Nous ne résistons pas à une dernière pause, pas très locale mais oh,combien réconfortante, dans une station service.

En repartant, au bout de quelques centaines de mètres, une voiture s’arrête. Le chauffeur sort et nous demande de nous arrêter afin qu’il puisse nous filmer avec son téléphone. Cela nous arrive assez fréquemment et à chaque fois nous essayons de « jouer le jeu » (c’est comme cela notamment que le journaliste de Canal 21 nous avait vu sur Facebook avant de nous rencontrer !). Celui-ci est ému aux larmes. Il vit désormais aux Etats-Unis et il est revenu pour les fêtes de fin d’année. Il nous demande de témoigner de notre ressenti sur le Salvador et les Salvadoriens. Il souhaite montrer ce témoignage à ses amis Americains qui ont une très mauvaise image de son pays d’origine. Nous sommes fatigués mais essayons de prendre tout notre temps pour partager ce moment émouvant avec lui. Avant de partir, il tient à nous aider. Il sort un billet de 10 Dollars de sa poche et nous le tend. Nous tentons de décliner ce geste généreux le plus diplomatiquement possible mais il nous le place dans nos mains qu’il ressert en nous remerciant encore et encore de l’honneur que nous lui faisons de traverser son pays. En ce qui nous concerne, c’est nous qui sommes très honorés de l’accueil incroyable que nous recevons chaque jour… De quoi être déboussolés…

Cet accueil Salvadorien, nous y goûterons encore ce soir. La petite ville d’Usulatan est connue des cyclovoyageurs pour l’accueil chaleureux proposé par les pompiers de la ville (Ella et Tom ont d’ailleurs dormi dans cette caserne hier soir). La confirmation est rapide. Un accueil aux petits soins, une pièce avec quelques matelas, une bonne douche et une table pour les travaux scolaires… c’est encore beaucoup plus que ce que nous espérions.

La journée est bien entamée et nous regagnons rapidement nos matelas pour laisser reposer nos organismes bien sollicités aujourd’hui. Nous jetons tout de même un petit coup d’oeil sur la carte afin d’envisager une dernière bifucartion vers le Pacifique. La baignade dans l’océan passera-t-elle du mirage à la réalité… nous en saurons plus dans les prochains jours.

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28 Novembre : San Juan de Talpa – Zacatecoluca : 30 km (6 592 km)

Si ce n’est un coq un peu matinal qui est venu inspecté nos tentes de très bon matin, nous avons bien dormi près de cette grande église moderne.

Nous saluons Rafaël et sa soeur Marta qui sont venus pour nous ouvrir le portail et reprenons la route. Le relief est bosselé et nous devons faire attention aux camions de canne à sucre qui nous dépassent rapidement. La saison de la canne à sucre vient tout juste de commencer et certains « caneïros » semblent déjà bien pressés…

Nous visons une étape plus courte aujourd’hui, la journée d’hier ayant été suffisamment longue et celle de demain s’annonçant du même acabit.

Nous rejoignons la ville de Zacatecoluca mais à part les fameux auto-hotels, il n’y a pas grand chose pour se poser. L’application « I-overlander » que nous utilisons régulièrement et qui répertorie les bons plans de voyageurs à vélo ou en voiture nous indique un éco-parc dans une zone un peu reculée. Nous faisons un peu de « hors piste » et rejoignons ce magnifique coin de nature. Il est possible d’y louer une cabane et de profiter du parc, c’est parfait !

Après une bonne séance de travaux scolaires et une petite baignade, Lalie ira pêcher dans un des lacs du parc. Une pèche en version « no-kill » où toutes les prises seront rejetées dans l’eau. Esteban, lui, attendait de jouer à la tablette depuis plusieurs jours, voire semaines, le voilà donc ravi de cette après-midi sans vélo.

Un petit film tous ensemble et nous voici déjà couchés en prévision de l’étape de demain que nous avons décidé d’attaquer, à l’aube , afin d’éviter les plus grosses chaleurs.

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27 Novembre : El Zonte – San Juan Talpa : 53 km (6 562 km)

La route que nous prenons ce matin nous éloigne peu à peu du Pacifique. Nous profitons donc des derniers points de vue que nous offre la route escarpée pour mémoriser ces paysages magnifiques.

Nous passons la petite ville de Puerto de la Libertad et en profitons pour retirer de l’argent car nous étions quasiment à sec depuis quelques jours. C’est avec la monnaie de l’oncle Sam que l’on paye ici, au Salvador. Le Dollar est en effet la monnaie de ce petit état d’Amérique centrale depuis 2001. Certains diront que ce choix a été fait pour éviter de trop fortes dévaluations, d’autres ne manqueront pas de préciser que cette mise en place facilita également quelques transferts de fonds plus ou moins douteux.

Nous ne nous attardons pas et filons car cette après-midi, une équipe de journalistes salvadoriens nous attend dans une petite ville située à plus d’une trentaines de kilomètres de là.

Il fait chaud et nous perdons encore plusieurs litres de transpiration que nous compensons par quelques pauses boissons qui constituent à chaque fois des objectifs intermédiaires.

Nous arrivons à San Luis de Talpa,, juste avant l’heure du rendez-vous. Deux journalistes très sympathiques ne tardent pas à nous rejoindre. Avant de nous consacrer au reportage, nous nous assurons que nous pourrons dormir dans cette ville car c’est la fête communale et de nombreuses personnes sont déjà bien alcoolisées en pleine après-midi. Ajouté à cela : la présence des journalistes qui semblent en exciter certains. Nous décidons de poursuivre jusqu’au prochain village, ce qui permet ainsi quelques prises de vues en live.

Nous prendrons même le risque d’une première interview en bord de route (et en sueurs !) avant de poursuivre encore quelques kilomètres. Nous apercevons, en surplomb de la route, une belle zone enherbée et un grand bâtiment. Nous mettrons un petit moment avant de comprendre qu’il s’agit d’une église. Depuis le Mexique nous avons pu apercevoir de nombreuses églises dont nous avons, nous l’avouons, du mal à comprendre toutes les subtilités qui les différencient. Ici, il s’agit de l’église du tabernacle biblique baptiste. Le pasteur nous donne l’autorisation de nous installer sur l’esplanade et permet également aux journalistes de faire leurs dernières prises de vues en attendant une cérémonie qui doit avoir lieu plus tard dans la soirée.

Les journalistes veulent alors nous filmer en train de monter les tentes, de faire à manger, de dormir… Problèmatique car Naïa perçoit peu encore le concept du « faire semblant ». Elle n’a pas envie de dormir… mais veut manger (alors que nous n’avons rien de concret à cuisiner…). Cela fait bien rire tout le monde…

Esteban et Lalie, eux, nous « esplantent ». Ils se sentent désormais tellement à l’aise en espagnol (et avec ces journalistes bien sympathiques) qu’une interview dans cette langue ne semble pas leur poser de problème. Esteban essayant même quelques traits d’humour…

Les dernières prises de vues se font à la nuit tombée , autour de quelques pupusas. Nous allons participer à la fin de la célébration et sommes accueillis très chaleureusement par toute la communauté.

Nous posons finalement les tentes sous un petit auvent susceptible de nous protéger en cas de pluie et nous endormons bien vite après cette nouvelle belle journée salvadorienne.

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26 Novembre : La perla escondida – El Zonte : 17 km (6 509 km)

Denis nous a réservé un petit-déjeuner de rêve : des crêpes que l’on peut arroser de l’inévitable et délicieux sirop d’érable. Ça embaume nos narines et ça enchante nos papilles.

Quel accueil encore reçu ! Quelle belle personne encore rencontrée. Espérons que nous aurons la chance d’accueillir Valérie et Denis dans notre futur « chez nous » lors de leur prochaine épopée cyclotouriste en Europe. Les enfants seront ravis de retrouver leur grand copain !

Avant de partir, Denis nous conseille de nous arrêter au petit village de pêcheurs de El Zonte plutôt qu’à la ville de Puerto de la Libertad (dont le nom évocateur nous avait pourtant attiré). Nous ne ferons encore qu’un saut de puce aujourd’hui mais la perspective de goûter au Pacifique avant de s’en éloigner, peut-être définitivement, est trop tentante. Le phénomène des marées est important ici et notre objectif est donc d’arriver à El Zonte vers 11h00, à l’heure de la marée basse. Nous ne trainons donc pas en route malgré un dénivelé toujours aussi exigeant. De longs tunnels appelent tout de même à la vigilance. Nous sommes bien éclairés mais par précaution (certains camions arrivant bien lancés…) nous sollicitons, à chaque fois, une voiture qui accepte (toujours très chaleureusement) de se placer derrière nous durant la traversée.

Le temps de poser nos affaires à El Zonte et nous partons vers la plage de sable noir qui commence déjà à être recouverte par la marée montante. Des rochers accueillent quelques vasques où la chasse aux crabes bat son plein, Lalie trouvant même une petite écrevisse.

L’hébergement que nous avons trouvé, bien que rudimentaire, comprend une petite cuisine collective. Nous avons quelques pâtes en réserve. Parfait pour recharger les batteries !

L’après-midi passe vite entre travaux scolaires, baignade et contemplation des très nombreux amateurs de surf qui viennent s’essayer sur les plus belles vagues du Salvador.

Après le beau coucher de soleil, nous jetons un oeil sur les actualités françaises. Un article ne manque pas de nous irriter : le Dakar repart encore en 2019 ! A l’heure où les gilets jaunes font part de leurs difficultés suite à l’augmentation du gasoil, comment leur expliquer que le capitalisme festif va bruler plusieurs tonnes d’énergies fossiles uniquement pour se divertir. Plus que cela, c’est le lieu de cette mascarade qui nous exaspère. Durant nos pérégrinations sud-américaines nous avons pu observer à de multiples reprises des stèles dėfraichies érigées en l’honneur du « dieu Dakar ». Nous en avons même trouvé une, immense, qui nous a servi de point de rendez-vous avec les Chamavelo… au beau milieu du salar d’Uyuni ! En janvier 2019, ce sont les dunes du Pérou qui vont avoir « l’honneur » d’être massacrées cette année. Plusieurs pays ont refusé la tentation de la prostitution économique ne souhaitant pas voir leur belle nature maltraitée en échange de quelques dollars. Le Pérou, lui, n’a pas résisté ! Nous imaginons à peine que le prochain terrain de jeu soit un département français… Les gilets jaunes se transformeraient sans doute en gilets rouges… En attendant, ce sont quelques-uns des beaux paysages que nous avons eu la chance d’admirer qui serviront de défouloir ! Jusqu’à quand ?

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Video : Perou 2ème partie

De Cusco à Lima, voici quelques images de ces semaines dans la montagne péruvienne.

Bon dimanche à tous.

On vous embrasse !

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25 Novembre : Mizata – La perla escondida : 22 km (6 492 km)

Nous n’aurons plus besoin d’investir dans des lits à notre retour. Lalie et Esteban se régalent en passant leurs nuits… dans des hamacs !

Bercés par le bruit des vagues toutes proches, la nuit a été douce et nous sommes bien décidés ce matin à partir tôt afin d’éviter les affres du soleil. Nous n’avons pas une grande étape en terme de distance mais nous savons qu’il n’y aura pas de portion plane aujourd’hui. Dès 8h00, nous attaquons la première côte. Ça monte pendant 1,5 km puis ça descend sur la même distance, et ainsi de suite…

L’inclinaison de la pente est variable mais à chaque fois… ça descend fort !

Les remontées sur les falaises nous offrent de belles récompenses avec des points de vue qui nous ouvrent un horizon dans lequel se mêlent un bleu ciel et un bleu maritime. Du bleu de Lectoure à perte de vue…

Nous avons contacté Valérie et Denis du réseau Warmshower et, ce matin, juste avant de partir, nous sommes arrivés à trouver une connexion chez un particulier afin de s’assurer que nous sommes bien attendus.

Après 20 km de montagnes russo-salvadoriennes et le passage de deux tunnels,  nous voici donc aux portes de leur magnifique demeure.

Denis nous accueille avec beaucoup de chaleur et nous met tout de suite à l’aise. Une paillote à étage attend les voyageurs. Lalie et Esteban l’ont vite repérée car on y voit flotter… des hamacs.

Il est encore assez tôt pour faire une séance de travaux scolaires (sur une table !) avant d’aller goûter l’eau du Pacifique qui vient lécher le bout du jardin.

C’est marée haute et les vagues sont toujours impressionnantes, tout comme l’aspiration qui manque, de peu, d’attirer quelques chaussures mal attachées.

Une douche au jet d’eau et quelques jeux viendront contenter tout le monde.

Nous dînons avec Denis qui partage son temps entre le Québec, où il travaille, le Salvador, où il a construit ce superbe lieu, et le voyage à vélo, pour se ressourcer. Son accent, sa joie de vivre et sa générosité nous font passer une superbe soirée qui n’est pas sans nous rappeler la plus pétillante et « choubidoubidou » des québécoises que nous connaissons, notre chère Clarinette.

Une superbe pause en très belle compagnie, la joie du voyage à vélo…

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Un nouvel enregistrement vocal avec la participation active des enfants

La baguette magique de notre magicien franco-danois a encore fait des prouesses ! Voici un nouvel enregistrement matinal avec les douces voix de Lalie et Esteban.

Merci encore à Christophe DELRIVE pour ce gros travail et ce superbe souvenir.

Pour écouter, c’est ici : http://voice4ever.eu/fr/podcast/

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Guate-buena !

Ces quelques tours de roue au Guatemala nous ont littéralement enchantés !

Des paysages verdoyants, des habitants bienveillants et accueillants, une faune et une flore très riches, beaucoup d’endroits pour se baigner, des fruits en quantité et une cuisine délicieuse… de quoi combler les voyageurs à vélo que nous sommes !
Nous n’avons pas pris les routes les plus montagneuses du pays et ne gardons que de bons souvenirs des itinéraires empruntés (une fois « sautée » la portion où le trafic était trop important) !

Nous y avons fait de belles rencontres et avons bivouaqué dans des endroits originaux, agréables et sûrs !

Nous sommes toujours restés vigilants, surtout au moment de choisir notre lieu de campement. La présence de gardes armés nous rappellent que le pays, comme tous les pays d’Amérique Centrale, est parfois instable. Mais nous ne nous sommes jamais sentis en danger. Au contraire, toutes les personnes rencontrées sur le chemin nous ont offert leurs sourires et souvent ouvert leurs bras et leurs portes !

Le volcan El Fuego est entré en éruption exactement le weekend où nous visitions la superbe cité coloniale d’Antigua Guatemala sans que nous puissions l’apercevoir… Nous voyons là comme une invitation à revenir poursuivre nos découvertes dans ce superbe pays !!

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24 Novembre : Sonsonate – Mizata : 43 km (6 470 km)

Nous avons passé une excellente nuit, posés sur l’herbe grasse du petit jardin de cette généreuse famille Salvadorienne. Les enfants commencent la journée par une petite interview, que vous devriez bientôt découvrir. Nous profitons encore un peu de la chaleur de ce foyer avant de nous élancer sur la grande route qui rejoint le littoral.

Il recommence à faire chaud, très chaud ! Heureusement, le profil de l’étape est assez roulant et, peu après 13h00, nous arrivons à Mizata, petit village côtier, que nous avons visé pour notre étape du jour car il dispose d’un camping.

Ce camping est tenu par une très sympathique famille qui nous accueille avec de belles noix de coco qui viendront assouvir notre grande soif. Le lieu est paradisiaque. Des palmiers un peu partout, des hamacs qui appelent à la relaxation et la plage à moins de 30 mètres ! Autant dire qu’après le déjeuner il sera difficile de motiver les troupes pour une séance de travaux scolaires…

La plage de sable noire est magnifique et l’eau est chaude mais il nous faut rester extrêmement vigilants aux vagues et au courant qui ont tendance à tout aspirer vers le large. Mizata est un des meilleurs spots du Salvador pour les amateurs de surf .

On comprend vite pourquoi lorsque l’on observe la formation d’impressionnants tunnels d’eau.

Les chateaux de sable, la chasse aux crabes et un petit apéro en bord de plage combleront très (et trop !) vite cette après-midi de détente.

Pour les deux prochains jours, tous les locaux que nous rencontrons nous promettent l’enfer avec des côtes dépassant les 30 % dans un jeu de montagnes russes qui devrait nous amener jusqu’à la ville bien nommée : puerto de la libertad.

Alors avant l’enfer, nous allons profiter d’une dernière nuit au paradis…

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23 Novembre : Concepcion de Ataco – Sonsonate : 36 km (6 427 km)

Nous quittons ce matin ce charmant village Salvadorien qui n’a rien à envier à Antigua Guatemala avec ses belles façades colorées, ses rues pavées et ses bâtiments coloniaux magnifiquement sauvegardés. Pour la première fois depuis bien longtemps, nous avons ressenti de la fraicheur cette nuit, un petit air frais loin d’être désagréable. Nous sommes à près de 1 400 mètres et cela se sent.

Nous terminons les 7 derniers kilomètres de montée à un rythme lent mais qui nous permet d’éviter de nous arrêter pour pousser. Nous pouvons ainsi admirer les productions des dizaines de pépinières installées dans la montée (moins impressionnantes que celles de Boissor Horticulture mais leur nombre confirme le nom de « la ruta de las flores »).

Nous attaquons la descente ! 1 200 mètres de dénivelé appelé négatif mais extrêmement positif pour le moral. Il nous faut être extrêmement vigilants aux nombreux trous qui parsèment le bitume mais avancer sans forcer est toujours enivrant.

Sonsonate, la principale ville de la région est devant nous. Nous la rejoignons car il nous faut trouver un logement équipé de WiFi car, demain matin, notre magicien danois, de « voice4ever » nous a proposé de réaliser un nouvel enregistrement.

Nous regardons les hôtels de la périphérie et alors que nous nous arrêtons devant l’un d’entre eux afin de nous renseigner sur le prix, un couple passe devant nous en voiture et nous demande en anglais si tout va bien. Nous leur répondons par l’affirmative et ils repartent. Nous les verrons réapparaître quelques minutes plus tard afin de nous indiquer, en espagnol cette fois, que l’hôtel que nous nous apprêtions à rejoindre est en fait un « Auto-Hotel » déguisé en hôtel classique. Ils essayent alors de nous trouver une solution puis nous proposent rapidement de les suivre jusqu’à chez eux.

Gustavo et Luisa ont deux enfants, Luis-Gustavo et Fabiola. Ils vivent dans un petit quartier résidentiel où ils possèdent une maison avec un petit jardin qui sera parfait pour nos tentes.

Ils nous invitent à partager leur déjeuner : une délicieuse soupe de riz et de frijoles (ces haricots noirs qui sont l’une des bases de la cuisine locale) avant de repartir travailler. Gustavo est dentiste. Il nous invite à venir visiter sa clinique en fin d’après-midi, le temps pour nous de prendre une bonne douche et de faire quelques exercices scolaires.

Nous visitons un cabinet ultra-moderne équipé tant pour l’orthodontie, la chirurgie ou les soins courants. Un équipement qui ferait palir d’envie nombre de dentistes français.

Nous allons ensuite chez les parents de Gustavo. Ils tiennent une petite épicerie dans un village voisin. Nous passons encore un délicieux moment au coeur de cette famille, partageant quelques histoires de voyages et de très bonnes pupusas.

Gustavo est un bel exemple d’ascension sociale. Il travaille dur pour y arriver et veut faire partie de la génération qui fera bouger son pays. A cette époque de l’année il est dans son cabinet 7 jours/7, notamment pour soigner les exilés Salvadoriens aux États-Unis qui reviennent au pays pour les fêtes de fin d’année.

Nous apprenons beaucoup de nos échanges avec Luisa et Gustavo et trouvons ici l’une des choses que nous recherchons dans le voyage itinérant à vélo : partager des moments du quotidien de familles croisées au hasard des routes. Ce soir, nous nous couchons tous, le coeur chaud de cette affection salvadorienne que nous avons reçue aujourd’hui.

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22 Novembre : Ahuachapan – Concepcion de Ataco : 5 km + pick-up (6 391 km)

L’hésitation est encore grande au lever ce matin. Gardons-nous l’itinéraire du centre du pays (moins accidenté mais passant par de nombreuses villes) ou essayons-nous de rejoindre la côte pacifique (très montagneux mais plus « sauvage ») ? Ce sont finalement deux éléments qui nous feront choisir la seconde option. Le premier, très « marketing » puisque la route de montagne porte le nom poétique de « ruta de las flores », le second plus guidé par la prudence car les principaux groupes de « Maras » sont positionnés à l’Est et dans les grandes villes du pays.

Les « Maras » sont les groupuscules armés spécialisés dans l’extorsion de fonds et les enlèvements. Leurs crimes sont plutôt dirigés vers la population locale mais mieux vaut éviter de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment.

Le choix montagnard nous impose une première épreuve de force : 1 200 mètres de dénivelé sur les 10 premiers kilomètres. Une mission quasi-impossible pour nous, alors nous jouons la carte du compromis : nous tentons la montée en vélo (et en poussant !) et lorsque tout le monde est d’accord nous tentons de faire du stop. Très tôt certains se voient lever le pouce mais ce n’est qu’une fois le 5ème kilomètre dépassé que le dernier avis favorable au stop sera émis.

L’excitation des enfants face à ce jeu de hasard est grande et l’arrivée de chaque véhicule donne lieu aux plus beaux sourires, le pouce levé. Nous sommes alors les témoins de la belle fraternité du peuple salvadorien. Des véhicules s’arrêtent pour s’excuser de ne pas avoir de place (il est vrai qu’avec tout notre chargement, cela reste impressionnant) ou de ne pas nous prendre car ils s’arrêtent quelques centaines de mètres après. Tous nous souhaitent « bon courage ! » et en moins de 5 minutes voici Lucas et Carlos qui arrêtent leur pick-up pour que nous hissions matériel et personnes à bord.

Les sourires sont larges, d’autant plus que les pentes qui ne cessent de s’affirmer au fil des kilomètres restants confirment que nous aurions encore passé de longues heures dans ce col.

Lucas et Carlos nous déposent à Concepcion de Ataco, un petit village de montagne ,coloré qui nous charme dès les premiers instants. Alors que nous envisagions de poursuivre notre route afin de passer un second col, 7 km plus haut, tout nous indique qu’il nous faut rester ici : les enfants ont trouvé des copains pendant le seul temps du déchargement.Le calme du village et sa beauté invitent au repos et un hôtel pour backpaker propose des chambres avec cuisine collective à un prix imbattable.

Il est déjà midi. A l’unanimité, la journée « de vélo » s’arrête donc ici. Il nous faut savoir écouter nos corps et notre moral pour mieux repartir demain.

Un déjeuner maison avec les légumes du marché local, une lessive, quelques travaux scolaires, quelques livres et l’accès au WiFi permettront une détente revigorante.

Seule la barbe de Christophe résistera quelque peu au coiffeur local avant que nous n’allions déguster quelques « pupusas », les tortillas salvadoriennes fourrées de fromage, de frijoles (purée de haricots noirs) ou de viande.

Il ne reste plus qu’à reprendre la route après une bonne nuit de sommeil…

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21 Novembre : Jalpatagua – Ahuachapan : 39 km (6 386 km)

La nuit sur le terrain de sport a été confortable même si nous avons du rapprocher nos tentes de l’enceinte afin de se protéger de quelques bourrasques de vent.

Nous rassemblons toutes nos affaires, préparons nos vélos et prenons le départ pour une nouvelle journée de voyage, non sans oublier de passer par la Mairie afin de remercier la municipalité pour la mise à disposition du terrain de sport.

Nous commençons par notre dernière côte Guatémaltèque avant de nous poser pour partager un petit-déjeuner sur l’herbe et de plonger vers la rivière qui fait office de frontière avec le Salvador. Jamais nous n’aurons passé une zone frontalière aussi rapidement. Un coup de tampon côté Guatemala et le contrôle de nos passeports côté Salvador. Pas d’interminables formulaires à remplir. Ça paraît même suspect…

Nous avions choisi de passer par ce petit poste frontière afin d’éviter la route utilisée par les camions. C’est bucolique, pas de guėrite, une table en plastique posée sur un trottoir, une chaise de la même matière sur laquelle est assis un douanier Salvadorien.

Cela n’empêche pas un accueil des plus chaleureux et de nombreux encouragements pour les montées qui nous attendent. Adios Guate-linda y bienvenidos al El Salvador !

Effectivement ça remonte sec, tant et si bien que nous effectuerons nos deux premiers kilomètres au Savador à pied, en poussant notre chargement toujours aussi pesant dans ces circonstances.

La suite est moins raide mais continue à affaiblir nos organismes. Au bout de 30 km nous sommes déjà épuisés. Nous aurons mis plus de 6 heures pour faire moins de 40 km aujourd’hui. Il nous faut réviser nos ambitions pour les prochains jours et repartir sur des bases de 3 à 4 heures de pédalage par jour sans quoi les travaux scolaires des enfants et l’état de forme du peloton risquent d’en pâtir.

Heureusement l’accueil, lui, reste toujours au top. Pour regonfler le moral des enfants nous nous arrêtons, peu avant l’entrée de la ville, pour déjeuner dans un petit restaurant qui propose des hamburgers maison. L’accueil y est des plus chaleureux, nous sympathisons rapidement avec eux, échangeons nos regards respectifs sur la France et le Salvador, et ne partons pas sans quelques photos souvenirs et les échanges d’adresses FaceBook.

Depuis le début du voyage, ils sont nombreux ceux que nous avons croisés ainsi furtivement (et intensément !) et qui nous adressent désormais régulièrement des messages. C’est un des nombreux luxes dont nous disposons en voyageant : prendre le temps de discuter avec les personnes que nous rencontrons ! Des rencontres réelles, si vraies, si pures.

Ce soir nous étudions à nouveau les cartes et les itinéraires possibles. Allons nous couper par la montagne pour rejoindre la route côtière ou allons nous poursuivre par la campagne salvadorienne ? La nuit porte conseil…

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20 Novembre : Cuilapa – Jalpatagua : 48 km (6 347 km)

Nous dégustons les moments en famille avant de retrouver la route. Les rues commerçantes sont envahies d’étals colorés et odorants. Le marché municipal regorge de fruits qui viendront constituer de succulents mets pour un déjeuner en terrasse.

Nous quittons la chaleur familiale pour prendre la route du Salvador. Nous devrions retrouver Nicole, Mina et Michel dans une petite dizaine de jours quelque part vers le Honduras ou le Nicaragua, le temps pour eux de partir vers quelques uns de nos beaux souvenirs : la lagune d’Ipala, Rio Dulce, Tikal et Caye Caulker.

Très vite, nous retrouvons les belles côtes guatémaltèques. Ces trois jours à Ciudad de Guatemala et Antigua Guatemala, situées toutes deux à plus de 1 500 mètres d’altitude, nous avaient fait oublier la chaleur de la route. Nous suons à nouveau à grosses gouttes et nous arrêtons régulièrement pour nous recharger en eau fraîche.

Si tout va bien, demain nous passerons la frontière pour rentrer au Salvador. Nous essayons donc de profiter de chaque instant de ces dernières heures dans ce Guatemala qui nous a enchanté.

La population reste toujours aussi accueillante et bienveillante tout au long de notre route. La preuve encore ce soir. Nous arrivons dans une petite ville et nous dirigeons vers la place centrale. Nous discutons avec un groupe de personnes afin de leur demander s’ils connaissent un lieu sûr où nous pourrions poser les tentes. La Mairie est à quelques mètres et avec le bouche à oreille (et les téléphones !), la personne de garde contacte une personne qui appelle le responsable d’un terrain de sport municipal qui vient à notre rencontre afin de nous ouvrir une enceinte dédiée au basket.

Nous passerons donc notre dernière nuit guatémaltèque entre deux paniers, près du rond central où figure le symbole international de Mickaël Jordan s’élancant pour dunker. Un dessin plein d’action qui nous transporte déjà vers de nouvelles aventures.

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19 Novembre : Antigua Guatemala – Cuilapa

C’est un long parcours en bus qui nous attend ce matin. Un premier, pour aller de la belle Antigua Guatemala à la capitale, un second pour traverer la Ciudad de Guatemala et un troisième pour rallier Cuilapa. Nicole, Mina et Michel ont décidé de nous accompagner jusque là,afin de nous voir nous élancer à nouveau, à vélo, demain et de débuter leur parcours au Guatemala et au Belize.

Durant ces quelques premières heures de voyage en bus ils seront vite dépaysés par des choses qui heureusement sont rares en France : une panne de gasoil en plein virage sans poser le moindre triangle avertisseur à l’arrière, le remplissage du réservoir moteur allumé (avec tous les passagers à l’intérieur bien entendu) et d’innombrables ralentissements pour que les personnes grimpent ou sautent du bus qui roule encore, sans parler des chauffeurs qui passent beaucoup de temps au téléphone et font preuve de beaucoup de dextérité pour manier leurs grands volants à une main afin de ne pas lacher leur portable.

Nous arrivons tous, sains et saufs, à Cuilapa, déposons nos affaires à l’hôtel où ont été précieusement gardés nos vélos puis allons dejeuner en ville. Nous tombons sur un petit restaurant communautaire à vocation sociale qui nous régalera à un prix défiant toute concurrence. Nous discutons avec les professionnels et les personnes qui travaillent dans ce lieu, cela nous rappelle de bien beaux établissements français. Sur leurs conseils, nous allons visiter le musée qu’ils gèrent et qui est consacré à la culture Xinca. Ce peuple sans lien direct avec les Mayas vivait dans cette partie sud du Guatemala jusqu’à l’arrivée des conquistadors qui les ont exterminés ou transformés en esclaves. De nombreuses poteries, du petit outillage et des statuettes, la plupart retrouvées à côté de défunts qu’ils accompagnaient en guise d’offrande, sont entreposés dans une unique pièce. Quel plaisir de voir desormais Lalie pouvoir questionner seule la personne qui gère les visites.

Le reste de l’après-midi sera consacré, avec l’appui precieux de Michel, Mina et Nicole à la révision des vélos (que nous équipons notamment de nouveaux pneus pour les 5 000 prochains kilomètres…), du tri des affaires pour repartir demain et de courses pour compléter ou réparer certains éléments. Nous trouverons même un distributeur de billets qui fonctionne avec les Mastercards !

Un petit aperitif dans l’intimité, un repas et nous voilà prêts à reprendre des forces pour ce nouveau départ qui s’annonce demain.

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18 Novembre : Antigua Guatemala

Malgré des conditions d’hébergement à la limite sanitairement, nous nous retrouvons tous ce matin avec le sourire : nous allons avoir la chance de visiter Antigua Guatemala !

Nous voilà partis pour une belle rando, urbaine dans un premier temps en rejoignant la place centrale, puis en arpentant les magnifiques rues du quartier touristique où se tient un festival de fleurs. Nous enchaînons avec la montée au « Cerro de la cruz » une colline surplombant Antigua d’où l’on peut avoir une vue d’ensemble de cette ancienne capitale entourée de volcans.

Nous retraversons ensuite la ville pour rejoindre un grand marché où les allées proposent tant des vêtements que des fruits, des légumes ou encore de nombreux produits « Made in China ».

Nous déjeunons une parrillada (assortiment de viande à la plancha) avant que les filles ne retournent en ville pour arpenter les allées d’un marché artisanal. Christophe lui découvre le mode d’emploi d’un superbe cadeau offert pour son anniversaire , apporté par Nicole et Michel. Nous espérons que vous pourrez bientôt tous en profiter… surprise !

Nous ressortirons en fin d’après-midi avec pour mission d’essayer de trouver un distributeur de billets qui puisse servir les nouveaux arrivants. Mais ces derniers sont confrontés à la difficulté de ne disposer que de Mastercards que snobbent la plupart des distributeurs au Guatemala qui leur préfèrent les Visas (allez savoir pourquoi…). Le monopole d’un réseau bancaire sur Antigua Guatemala ne permettra pas de réussir cette mission. Nous verrons demain… en attendant nous avons toujours de quoi manger…

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17 Novembre : Ciudad de Guatemala – Antigua Guatemala

C’est Noël avant l’heure ce matin ! Les enfants profitent des retrouvailles avec leurs grands-parents pendant que les parents découvrent la valise de matériel et d’affaires qui leur a été apportée afin d’échanger ou compléter certains équipements.

Naïa fait un défilé de robes, transmises par ses cousines, fière de montrer à tout le monde qu’elle est devenue une petite fille. Nous bouclons les derniers sacs puis partons pour prendre les transports locaux qui nous conduiront jusqu’à Antigua Guatemala, autre perle inscrite au patrimoine mondial par l’UNESCO.

Un bus jusqu’au centre-ville de Ciudad de Guatemala puis un autre afin de rejoindre Antigua Guatemala, situé à une trentaine de kilomètres. Il nous faudra tout de même 1h30 pour parcourir la distance avec des temps d’arrêt pendant les bouchons et des temps rappelant quelques manèges à sensation lorsque le chauffeur ne semble plus trouver les freins… Nicole, Mina et Michel auront donc un aperçu de la conduite Guatémaltèque qui les attend ces prochaines semaines.

Nous ressentons un sentiment mitigé lors de nos premières heures à Antigua. Les prix sont trois à quatre fois plus élevés que dans le reste du pays et on sent vite que les relations, modulées par le tourisme de masse, ne seront pas comparables avec l’accueil reçu dans les zones reculées.

Il n’est cependant pas possible de généraliser puisque, par exemple, nous déjeunerons dans un snack où toute l’équipe sera des plus bienveillantes avec notre convoi familial.

En début de soirée nous partons pour un petit tour à pied « by night » dans le centre-ville superbement mis en valeur. Nous assistons notamment à un concert de violon et de violoncelle devant le « Palacio de los Capitanes Generales », un bâtiment de style baroque qui en impose. Classé à l’UNESCO il fut notamment le quartier général de l’administration coloniale en Amérique Centrale.

De retour à l’hôtel nous retrouvons les affres de la médiocrité vendus au prix fort par le seul fait d’être en zone touristique. Des blattes courent sur le sol, les sommiers des lits se désagrégent et une odeur d’humidité malsaine ne peut s’évacuer du fait de l’absence de fenêtres dans la chambre. Réserver sa chambre via Internet, c’est pratique, mais c’est loin d’être toujours une bonne affaire… Nos tentes sont parfois bien plus propres et confortables…

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16 Novembre : Cuilapa – Ciudad de Guatemala, by bus

Les derniers sacs à trier que nous avions laissés hier, sont les plus longs à trier. Souvent composés de petits objets que nous avions laissés de côté lors du premier tri, ils interrogent à chaque fois… notre intuition ! Est-ce que nous aurons encore besoin d’une deuxième bouteille pour le réchaud? Garde-t-on les sous-vêtements techniques au cas où ? Prend-t-on le risque de renvoyer une partie du gros paquet de rayons que nous avions pris puisque jusqu’à présent nous n’en avons pas eu besoin ? Pas facile de savoir si demain nous aurons à regretter certains choix… Mais si tel était le cas nous arriverons bien à trouver des solutions.

Nous prenons la route pour Ciudad de Guatemala en fin de matinée dans l’un des grands bus scolaire américain recustomisé. Les premières minutes pour sortir de la ville auraient dû attirer notre attention. Le chauffeur commence par effectuer un signe de croix devant de petits panneaux affichés à l’entrée , rappelant que « Dieu est sa force ». Puis on nous lit deux versets de la bible avant que les accélérations du bus ne le fassent tellement trembler et virevolter à chaque virage qu’il ne reste plus qu’à espérer atteindre l’arrivée sans dommage. Nous en venons presque à être soulagés lorsque les premiers ralentissements interviennent et que nous nous trouvons enfin au repos dans les bouchons.

Ces journées de transition permettent également d’échanger avec les enfants sur le voyage, notre mode de vie actuel, leurs attentes au retour… Depuis plus de 6 mois nous avons la chance et le privilège de les voir évoluer chaque jour. Comme tous les enfants leur adaptabilité aux événements est quasi-naturelle et impressionne les adultes que nous sommes,  tentés de penser parfois plus au lendemain qu’à l’instant présent.

Nous sommes heureux lorsque nous les voyons exprimer leur émerveillement devant un paysage, extérioriser leur satisfaction devant un bon repas (même après deux jours de sandwichs) ou tout simplement faire part de leur joie de rencontrer de nouvelles personnes. Bien loin du monde virtuel dans lequel a tendance à nous enfermer la société actuelle ils nous donnent chaque jour des leçons de vie. Pour leur avenir, nous espérons bien entendu,  qu’ils arriveront à se débrouiller en Maths et en Français (matières sur lesquelles nous concentrons les travaux scolaires) mais nous souhaitons avant tout qu’ils apprennent quelque chose, ignoré par le système scolaire et professionnel français : l’expression du Bonheur et la satisfaction d’avoir ce que l’on a , sans espérer le reste à tout prix. À eux de compenser ce que le système va exiger d’eux : une école et surtout des études construites sur un mode élitiste où il faut avoir les meilleures notes pour réussir, un milieu professionnel souvent plus guidé par la recherche de biens matériels que par un bien être immatériel. Comme tous les parents, nous ne voulons pas forcément qu’ils soient les meilleurs, nous voulons simplement qu’ils soient heureux.

A eux de tracer leur route mais nous espérons que ce voyage, que ce qu’ils auront vu et vécu, participera à leur construction afin de replacer sans cesse les priorités dans le bon ordre.

Ce soir l’une des priorités est d’accueillir Nicole, Mina et Michel comme il se doit. Cela vaudra bien ces heures de route, une attente tardive à l’aéroport et un peu de retard avant de goûter à la chaleur des retrouvailles.

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15 Novembre : Don Diego – Cuilapa : 47 km (6 299 km)

C’est avec le lever du soleil que la maisonnée reprend vie ce matin. Le va et vient des enfants, voisins et amis apporte une saine agitation où chacun apporte entraide et soutien. Nous assistons ainsi au ballet de villageoises qui viennent, un sceau de maïs sur la tête, profiter du pressoir qui, avec l’ajout d’un peu d’eau, leur donnera la pâte parfaite (la fameuse « massa ») pour élaborer les tortillas du jour. Le troc est alors de mise. Des bananes ou quelques mets maison venant alors compenser l’utilisation du pressoir… et de son moteur à essence !

Nous faisons encore le plein de chaleur humaine avant de repartir sur la route. Et nous en aurons besoin car nous commençons par… 22 km de montée. 22 km qui nous prendront toute la matinée sans pourtant s’autoriser de nombreux arrêts.

Une descente vertigineuse sur une dizaine de kilomètres nous attend alors. Mais l’état de la route et notamment les trous et le changement brusque du niveau de la chaussée nous invite à être extrêmement vigilants en ayant toujours les freins à portée de doigts.

Nous nous arrêtons régulièrement pour faire refroidir les disques et admirons alors le paysage. Une chaine de volcans à perte de vue qui pourrait nous ramener vers le massif central français… les cocotiers et bananiers en plus !

Arrivés en bas, nous remontons sur quelques kilomètres afin d’atteindre la petite ville de Cuilapa où nous espérons trouver un hébergement qui nous accueillera ce soir et pourra, par la suite nous garder vélos et équipements pendant 3 jours. En effet, depuis plusieurs semaines, nous nourissons le secret désir d’être le 16 Novembre au soir , à l’aeroport de Ciudad de Guatemala afin d’y accueillir Nicole, Michel et Mina : la maman, le beau-père et la marraine de Valérie.

Pour cela, nous voulions avancer jusqu’à l’intersection de la route qui descend ensuite vers le Salvador. Nous souhaitons éviter de rejoindre la capitale Guatémaltèque à vélo et envisageons de prendre le bus en mode « backpakers » jusqu’à l’aéroport de Ciudad de Guatemala avant de rejoindre, toujours en bus, Antigua Guatemala afin d’y passer deux jours avec la famille et de revenir tous les cinq sur Culiapa. Nous devrions ensuite retrouver Nicole, Mina et Michel , un peu plus loin sur notre chemin ,certainement vers le Honduras ou à l’entrée au Nicaragua.

En attendant, nous trouvons donc l’hôtel qui répond à toutes nos attentes. Les enfants se font une petite séance de travaux scolaires pendant que les adultes vident toutes les sacoches afin de renvoyer en France tout ce qui n’a pas servi depuis 6 mois ou ne devrait plus servir. Nous ferons nous aussi du troc avec quelques nouvelles affaires que nous apportent les voyageurs que nous retrouverons demain.

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14 Novembre : Agua Blanca – Don Diego : 57 km (6 252 km)

Les pompiers n’ont pas eu d’intervention cette nuit et notre sommeil n’en a été que plus confortable. Nous partageons le petit-déjeuner avec Steven et Fernando nos deux compagnons pompiers qui vont bientôt terminer leur garde de 48 heures. Ils jouent avec les enfants, nous discutons avec eux… nous avons du mal à partir.

La route est toujours aussi vallonnée (nous absorberons encore plus de 800 mètres de dénivelé positif aujourd’hui !) mais les paysages regorgent d’éléments à observer. Des fruits qui nous sont inconnus ,vendus par des marchands de bord de route et que nous goutons avec curiosité, des petits villages pétillants de vie et de créativité, des personnes avec qui nous partageons de fraternelles salutations… et les curiosités locales. Parmi elles : les Auto-Hotels qui fleurissent régulièrement tout au long du chemin. Portant les doux noms de « Venus Hotel », « Love Hotel » ou encore « .G », ils promettent discrétion et confort aux couples utilisateurs. Ces derniers plus ou moins légitimes (plutôt moins d’ailleurs) peuvent donc « pénétrer » en voiture dans un garage qui donnera directement sur la chambre. Les panneaux situés à l’entrée font un état d’un prix à l’heure, d’un forfait « trois heures » ou, pour les plus gourmands , d’un forfait « douze heures ». Certains établissements proposent également des chambres avec des ambiances différentes pour les amateurs de cuir ou de fantaisies encore plus étranges.

Depuis quelques jours , nous voyons également de plus en plus de bus scolaires américains qui ont retrouvé une seconde jeunesse dans les pays d’Amérique centrale. Ces bus qui apparaissent dans toutes les vieilles séries americaines sont jaunes d’origine mais ont parfois été repeints et affublés de luminaires multicolores.

Il est 14h30 lorsque nous nous arrêtons pour déjeuner. Nous choisissons aujourd’hui de déjeuner au restaurant car cela fait deux jours que nous n’avons absorbé que des repas froids à des horaires souvent très décalés. Nous avons besoin de reprendre de l’énergie car nous voulons encore poursuivre un peu cette après-midi afin d’essayer de rejoindre Antigua Guatemala le 17 Novembre où nous retrouverons la famille.

Nous nous donnons pour objectif d’arrêter de pédaler lorsque le soleil tombera à l’horizon. Le hasard de la navigation , au gré de l’astre solaire, nous fera nous arrêter dans un tout petit village. Plusieurs personnes sont en train de discuter auprès de l’arrêt de bus et nous nous approchons pour entamer la conversation.

Une dame qui apprend que nous cherchons un lieu pour poser nos tentes nous propose très spontanément de nous installer dans une pièce vide de sa maison. Nous sommes encore reçus avec beaucoup de chaleur et de bienveillance. De quoi passer une bonne nuit avant de poursuivre cette route si humainement enrichissante.

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Vidéo du Perou : 1ère partie… la voici !

Pour bien commencer la journée voici le dernier film réalisé par Valerie.

Vous y trouverez des images de la frontière bolivo-péruvienne jusqu’au Machu Picchu. Un peu de vélo en altitude, quelques facéties… et beaucoup de tendresse !

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13 Novembre : Ipala – Agua Blanca : 22 km (6 195 km)

Nous n’arrivons pas à partir d’aussi bonne heure que nous l’aurions souhaité ce matin. Aussi, au bout de 10 km, lorsque nous arrivons à l’embranchement de la route qui mène au volcan, l’heure est à l’hésitation. Faut-il se lancer dans cette ascension ou non ?

Le Conseil de famille va être amené à se prononcer. Les parents, qui veulent essayer d’avancer pour arriver à Antigua Guatemala vers le 17 Novembre, ont parfois encore du mal (même après plus de 6 mois de voyage !) avec l’indispensable « lacher-prise » et sont plus tentés de continuer. Les enfants, eux, guidés dans une insouciance bénéfique, votent pour aller voir le volcan. Et comme ils sont plus nombreux… nous commençons à grimper.

Le départ du sentier est situé deux gros kilomètres plus haut. Deux kilomètres pour gagner 400 mètres de dénivelé… c’est dire l’inclinaison de la pente. Les enfants marchent et les parents poussent pendant plus de 500 mètres (qui nous auront pris plus de 30 minutes…) avant qu’un chauffeur de pick-up qui habite un peu plus haut nous double et nous propose son aide. Youhou!!!

Nous arrivons à hisser un vélo, la carriole et tous les bagages. Seul reste un vélo à monter, c’est le pied !

Et heureusement que nous avons eu cet ange-gardien sur notre route car la route se fait encore plus pentue par la suite et aurait été impossible à monter avec tout notre chargement.

Arrivés en haut nous demandons à Romero, notre ange-gardien, comment nous pouvons le dédommager. Il refuse quoi que ce soit et nous dit tout le plaisir qu’il a eu à nous aider. Il en sera de même par la suite de sa cousine qui nous gardera nos vélos et l’ensemble de nos affaires pendant tout le temps de la randonnée. Nous sommes extrêmement reconnaissants envers  ces personnes qui préfèrent conjuguer le verbe être, plutôt que le verbe avoir. Encore de belles leçons d’humanité !

Il faut une bonne heure de randonnée pour arriver en haut. Lalie a retrouvé ses jambes de montagnarde et file devant. Esteban qui marche au moral joue au Lièvre et à la tortue alternant des montées (trop !) rapides suivies de temps de pause. Quant à Naïa, assise confortablement sur le dos de son papa, elle commente tout ce qu’elle voit (les jolies fleurs jaunes, les pierres, les papillons…).

Nous arrivons enfin en haut… et que c’est beau ! Une lagune inonde le cratère de cet imposant volcan. Un paysage à couper le souffle. Nous sommes sous le charme ! Nous poursuivons par un nouveau sentier qui passe par plusieurs miradors et  nous permettent d’avoir une vue en hauteur de ce site magnifique. Une plage d’herbe naturelle a été aménagée afin de profiter d’une baignade insolite. Des algues rouges donnent une coloration surprenante à l’eau…rassurés par leur caractère inoffensif, nous ne résistons pas à un rafraîchissement général.

Un seul regret : ne pas avoir su qu’une aire de camping était également aménagée sur le site car nous aurions bien passé la nuit ici.

Afin de ne pas rouler de nuit, il nous faut déjà redescendre, récupérer nos vélos, remercier tous les villageois qui nous ont si bien accueillis (tournée générale de bicyclette en fil chenille !), de redescendre les fortes pentes et nous retrouvons la route principale. Nous nous arrêtons au premier village sur notre chemin et trouvons encore un accueil fort chaleureux chez nos Amis pompiers qui nous invitent à camper au sein de la caserne. L’autre partie du bâtiment est mutualisé avec la police. Pas de doute, nous sommes en sécurité !

Les enfants assistent à un cours de jeunes pompiers volontaires avant de ramener ces derniers… en ambulance (ici ce sont les pompiers qui gèrent les ambulances) ! Nous partageons la soirée avec l’un des pompiers de garde. Encore un beau moment de partage.

Merci encore au couple de Guatémaltèques rencontrés hier dans la montée du col qui nous a indiqué l’existence de cette lagune au coeur du volcan. Un lieu qui est encore loin d’être happé par le tourisme de masse et qui, pourtant, est un formidable cadeau de la nature.

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12 Novembre : Chiquimula – Ipala : 36 km (6 173 km)

Au bout de quelques kilomètres nous comprenons vite que nous avons fait le bon choix hier en changeant d’itinéraire. Certes, nous le savons, la route va s’élever au lieu de rester dans la vallée mais nous ne sommes plus les yeux vissés sur les rétroviseurs et pouvons enfin regarder devant et profiter du paysage.

Nous passons par de petits villages qui nous permettent de nous réapprovisionner notamment en eau fraîche car il commence à faire chaud. Nous quittons progressivement un climat tropical au fort taux d’humidité pour trouver un climat beaucoup plus sec. Progressivement, la jungle laisse place à des prairies et des forêts de montagne.

Nous arrivons au pied de notre ascension du jour. 10 km pour arriver à un col qui nous ramènera au-dessus des 1 000 mètres d’altitude. Ça monte en escalier : une forte pente autour des 20 % sur 200 mètres qui laisse place à un replat sur une centaine de mètres et ainsi de suite jusqu’au col. Nous roulons un peu et poussons beaucoup. Dans ces conditions, le vélo est finalement un sport complet et nous avons l’impression aujourd’hui de faire bien plus travailler le haut du corps.

Nous mettrons près de 3 heures pour gravir ces 10 km, avançant parfois de 20 mètres en 20 mètres. Mais malgré la chaleur, malgré la violence de certains efforts, nous sommes paradoxalement heureux d’être là et de contempler les montagnes à perte de vue.

Nous redescendons quelques kilomètres vers Ipala. Il est déjà 15h00 et nous avalons des sandwichs avant de passer une paire d’heures dans une piscine tant souhaitée par les enfants. Nous ne pouvions que nous y arrêter en remerciement de la ténacité et de la bonne humeur dont ils ont encore fait preuve aujourd’hui.

Nous voilà désormais entourés de volcans (inactifs, mais impressionnants). Demain, notre route viendra bordé l’un d’eux. Peut-être l’occasion d’une petite rando entre quelques tours de roues…

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11 Novembre : Piedras de sangre – Chiquimula : 14 km + bus (6 137 km)

Notre histoire d’amitié avec ce petit hameau Guatémaltèque se poursuit ce matin. July et son mari nous invitent chez eux pour partager le petit-déjeuner. Un premier repas pour cyclistes avec sandwichs jambon-omelette !

Nous échangeons quelques présents et des moments d’intimité avec cette jolie famille avant de reprendre la route. Cette dernière ne s’est pas améliorée pendant la nuit et même si la circulation est un peu moins dense, de nombreux camions réfrigérés sillonnent encore la voie. Ceux-ci sont notamment les camions de la marque « Chiquita » qui transportent les bananes (le Guatemala est l’un des plus gros producteurs au monde) jusqu’aux différents ports du pays. Nous sommes depuis hier sur l’un des principaux axes routiers entre le Honduras et le Guatemala et cela se ressent.

La petite piste sur le côté de la voie principale disparaît subitement et nous oblige à rester les yeux rivés dans le rétro. Lorsque deux camions se suivent nous savons que le premier a de grandes chances de nous voir mais qu’en sera-t-il du second ? Nous ne prenons aucun plaisir et sentons que nous mettons les vies de toute la famille en danger. Nous nous arrêtons sur un parking pour nous poser et réfléchir. Impossible de continuer à jouer à la roulette russe jusqu’à Antigua Guatemala situé à plus de 200 km. Nous sortons la carte routière, examinons nos applications GPS (très utiles pour avoir une meilleure idée du dénivelé), discutons avec des locaux et finissons par décider de prendre la prochaine route qui part vers l’Est afin de faire une grande boucle qui passe en dessous de Guatemala City. Seul problème, l’intersection en question est à près de 80 km. Personne n’a vraiment envie de remonter sur les vélos alors nous brandissons nos pouces.

Plusieurs chauffeurs de camions « Chiquita » s’arrêtent mais leurs camions sont souvent pleins ou très froids (ce qui pourrait à la rigueur conserver nos vélos mais susceptibles de nous transformer en hibernatus). Ils nous offrent de l’eau, nous encouragent, nous invitent à poursuivre notre route sur quelques kilomètres.

Nous poursuivons donc mais le danger reste le même et profitons du passage d’un mini-bus un peu plus grand que les autres ,équipé de racks sur le toit pour le solliciter. Dans ces pays il y a rarement des problèmes mais souvent des solutions . En quelques minutes nous démontons tout notre équipage afin de le hisser sur le toit avec l’aide précieuse du chauffeur et de son « ayudante ».

Nous mettrons près de 3 heures pour parcourir la route qui nous mènera jusqu’à Chiquimula d’où part un itinéraire passant par quelques volcans locaux. Plus d’une fois, et notamment à chaque nid de poules nid d’autruches nous regarderons à l’arrière afin de s’assurer que nous n’avons pas semé un vélo ou une sacoche.

C’est jour de marché à Chiquimula, il y a de l’effervescence. Il est déjà 15h30 et nous n’avons rien mangé depuis les précieux sandwichs du matin. Nous posons les vélos dans un petit hôtel et partons traverser le marché pour y acheter quelques fruits aussi bons que mystérieux : une variété de litchis à épine rouge, des noisettes taille XXL, des grenades jaunes…

Nous déjeunons dans un restaurant local avant de revenir à l’hôtel pour une petite séance de travaux scolaires et un peu de repos. Qui dit volcan, dit dénivelé. Demain nous repartirons donc à vélo , sur une route de montagne que nous espérons en meilleur état, tant pour les véhicules à moteur que pour les modestes vélos.

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10 Novembre : Rio Dulce – Piedras de sangre : 54 km (6 123 km)

Nos vélos auront décidemment utilisé bien des modes de locomotion. Ce matin, ils repartent en « lancha » pour rejoindre la terre ferme et poursuivre ainsi leur route.

Encore nous faudra-t-il attendre qu’une grosse averse passe. Il en sera d’ailleurs ainsi toute la matinée, un soleil torride laissant la place à de courtes mais intenses averses. A chaque fois que nous recevons les premières gouttes, un sprint intermédiaire est entamé jusqu’à l’abri le plus proche.

L’accueil des locaux est toujours aussi chaleureux et ces courtes pauses nous permettent souvent d’avoir de belles discussions avec certains d’entre eux. Un peuple pacifique et accueillant mais dont les armes portés à la ceinture par certains et les gardes armés à la sortie de chaque gros commerce montrent un certain climat d’insécurité. A ce jour, nous n’avons pas souffert de celui-ci et, au contraire, nous nous sentons en sécurité au coeur de cette population.

Le plus gros danger du jour viendra des camions. Nous sommes samedi et nous sentons que certains sont bien pressés d’avancer avant l’arrêt forcé dû au repos dominical. Ça roule vite, ça frôle parfois et cela nous oblige à une vigilance permante qui nous épuise rapidement. Nous restons sagement sur la bande roulante située sur le bas côté mais celle-ci, d’une largeur et d’une propreté aléatoire, nous oblige à faire, de temps à autres, quelques incursions sur la voie centrale. Une fois encore, les rétroviseurs auront été de précieux alliés.

Nous nous étions fixés une soixantaine de kilomètres mais au bout de 50 nos corps et nos esprits réclament de s’arrêter. Nous commencons à regarder de potentiels lieux de campement et finissons par apercevoir un petit hameau en contrebas de la route.

On nous invite à aller voir le chef de cette communauté qui, après avoir écouté l’avis des plus jeunes, nous invite à nous installer sur la terrasse couverte de l’une des habitations.

Le montage du campement se fera dans l’effervescence locale, tous les enfants des alentours venant commenter, tester et s’interroger sur notre matériel, ceci avec beaucoup de joie et de respect. Les parents participent à ce chaleureux accueil en discutant avec nous et nous proposant douches et tortillas maisons. Nous passerons une délicieuse soirée en compagnie de July et de sa famille. Le hasard nous a encore guidé vers de bien belles personnes !

Demain, nous allons essayer de profiter de la pause dominicale pour poursuivre notre route et étudier d’autres itinéraires plus tranquilles.

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9 Novembre : Rio Dulce

Cette journée de repos prend très tôt un air de journée active. Notre hôtel a mis en place une navette fluviale gratuite… qui part à 8h30 ! Nous nous débrouillons donc pour être prêts pour cette navigation matinale qui nous ramène, en quelques minutes, au port de Rio Dulce.

De là, nous prenons un collectivo (15 à 17 personnes selon les arrêts pour 9 places assises, ça offre une belle promiscuité) pour rejoindre un lieu plusieurs fois conseillé : la finca paraïso. 10 minutes de marche sont nécessaires à partir de la route pour rejoindre une nouvelle merveille naturelle : une large rivière dans laquelle se jette une cascade… d’eau chaude !

Nous voilà donc dans une grande baignoire avec un robinet d’eau brulante qui coule en permanence. L’odeur de souffre rappelant l’activité volcanique se fait parfois sentir mais n’ôte pas le plaisir d’une baignade insolite.

Nous reprenons un collectivo en fin de matinée puis un autre afin de rejoindre San Felipe, village limitrophe de celui de Rio Dulce, qui présente un superbe château datant du XVIème siècle. Nous pique–niquons dans le jardin de ce dernier avant d’aller visiter ce qui fut un rempart contre les attaques des pirates, puis une prison. Une superbe réalisation au sein de laquelle nous nous surprendrons à jouer aux soldats et aux pirates (des Caraïbes, bien entendu !). Des tours de garde équipées de canons, aux réserves de munitions en passant par la chapelle et les dortoirs, nous nous retrouvons dans un véritable décor de film. Et que dire des passages sous-terrains qui permettront de traverser certaines parties par d’uniques tatonnements des parois. Un fort Boyard à la sauce Guatémaltèque !

Après cette belle découverte, nous reprenons une navette fluviale qui nous dépose à l’hébergement. Il nous reste encore quelques heures de soleil pour profiter de la rivière et d’une nouvelle séance de travaux scolaires sur le ponton. Seuls quelques oiseaux et des tortues viendront perturber l’attention de nos écoliers itinérants.

Demain, nous repartons à vélo sur la route d’Antigua Guatemala où est prévue notre prochaine pause culturelle.

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8 Novembre : Balesteras Semox -Rio dulce : 30 km (6 069 km)

Lalie et Esteban auront tenu la nuit entière dans les hamacs (à la grande surprise de leurs parents !). Et ils ont bien fait, car au moment de ranger le campement, nous nous apercevons que plusieurs colonies de fourmis rouges ont été attirées par les sucreries que nous transportions dans certains sacs et dans la carriole. Cela nous vaut un nettoyage automnal de tout notre équipement car il y en a… partout ! Le seul moyen que nous trouvons pour nous en débarrasser est de tout passer au jet d’eau !

Autre surprise en soulevant la tente des enfants, nous apercevons que, sous celle-ci, un scorpion a élu domicile. Il fait le mort jusqu’au moment où il décide de relever son derme et de s’enfuir à toute vitesse. Spectacle saisissant qui nous invitera à continuer à bien vérifier l’intérieur de nos chaussures avant de les enfiler.

Nous quittons notre repère de camionneurs pour rejoindre Rio Dulce une petite cité touristique, située au bord d’une rivière qui s’élargit grandement par moment au point de former d’immenses retenues d’eau similaires à des lacs.

La rue centrale est extrêmement animée et nous sommes un peu perdus après ces derniers jours passés au coeur de la campagne Guatémaltèque. Pour une fois, nous nous laissons aborder par les rabatteurs des hôtels locaux. Nous sommes en basse saison et apparemment tous sont prêts à proposer des tarifs très attractifs. L’un d’entre eux nous propose un hébergement insolite. Une chambre dans un petit hôtel situé dans une branche secondaire de la rivière, uniquement accessible en bateau. Le tarif reste le même que ceux que nous avons pu connaître jusqu’à présent : 160 Quetzals par nuit pour la famille, bateau compris, soit un peu moins de 18 €.

Après nous être assurés que nous pourrons également transporter nos vélos et toutes nos sacoches en deux voyages, nous prenons place pour rejoindre notre lieu de villégiature perdu dans la jungle.

Nous profiterons du reste de l’après-midi pour nous rafraîchir dans la rivière en jouant notamment aux fans de Tarzan,  grâce à une corde accrochée à un arbre qui permet de s’élancer pour se jeter ensuite dans l’eau. Lalie y serait encore si nous n’avions pas enchaîné avec quelques travaux scolaires… sur le ponton voisin !

Nous resterons donc une journée à Rio Dulce avant de reprendre la route vers le Nord et Antigua Guatemala situé encore à près de 300 km.

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7 Novembre : San Luis – Balastrera Semox : 59 km (6 039 km !)

Ce matin encore,en nous levant, nous apprécions de pouvoir repartir pour une nouvelle journée de vélo. Même après 6 mois de voyage « intensif » et malgré une fatigue qui se fait parfois sentir, nous avons tellement conscience de la chance que nous avons de vivre une telle Aventure tous ensemble, que la torpeur de la monotonie est loin de nous rattraper.

Aujourd’hui encore, nous ouvrons grands nos yeux pour observer cet environnement qui nous est si peu familier : ces garçons-vachers sur leurs grands chevaux, ces dames qui portent des charges impressionnantes en équilibre sur leur tête, ces écoliers dans de grandes cages à l’arrière des pick-up… sans oublier cette végétation dense qui semble parfois impénétrable au bord de laquelle s’épanouissent d’impressionnants palmiers chargés de noix de coco.

La population est des plus souriantes et répond à chacun de nos signes de la main par des gestes chaleureux et des souhaits de bon voyage. Les pauses rafraîchissement sont des moments précieux pour partager un moment avec certains d’entre eux, de prendre quelques photos échangées ensuite via Whatsapp ou Facebook.

C’est en haut d’une belle côte que nous passons notre 6 000ème kilomètre. Quelques centaines de mètres plus loin, nous fêtons cela, sous le auvent d’une case, un verre de jus de canne à sucre à la main. Le temps de laisser passer une grosse averse et nous repartons. Nous longeons à nouveau la frontière avec le Belize que nous apercevons de l’autre côté de la rivière. Nous ne nous attardons pas près des postes frontaliers et décidons de poursuivre notre route sur quelques kilomètres afin d’alléger  l’étape de demain.

Nous arrivons dans un gros village et demandons aux personnes que nous rencontrons, si ils connaissent un endroit où nous pourrions poser nos tentes, si possible sous un toit afin de se prémunir des dernières averses de la fin de la saison des pluies. On nous indique la station essence située à la sortie du village. Nous n’avions pas encore testé ces lieux bien connus des cyclovoyageurs qui ont, entre autre, comme avantage de proposer des douches et des sanitaires mis gracieusement à disposition. Et bien ce soir… c’est fait !

Une petite hutte surplombe la zone où est délivré le carburant. Elle est équipée de hamacs aux côtés desquels nous installons notre campement et dans lesquels Lalie et Esteban ont décidé de passer la nuit. Ce soir encore nous sommes les rois du monde…

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6 Novembre : Dolores – San Luis : 49 km (5 980 km)

Cela fait deux soirs que nous arrivons avec le crépuscule après d’ultimes kilomètres à un rythme effréné afin d’éviter de rouler de nuit. Les jambes sont un peu lourdes ce matin. Pour pouvoir bénéficier d’une après-midi plus posée, nous décidons de partir à la fraîche.

C’est toujours aussi bosselé mais ça roule plutôt bien… jusqu’au moment où nous voyons une interminable file de véhicules arrêtés devant nous. Nous les dépassons avec prudence mais comme il n’y a personne en face nous comprenons très vite que la route est bloquée. Un accident ? Non, non… un blocage de manifestants. Nous qui échangions hier sur la situation en France, allons pouvoir vivre en direct un avant-goût de 17 Novembre !

Nous arrivons donc jusqu’au blocage matérialisé par des pierres et des branchages posés en travers de la route. Ce sont des étudiants qui manifestent en raison (d’après ce que nous avons compris) d’une forte hausse des frais de scolarité. Ils portent tous de grandes cagoules pointues, copies conformes de celles du Ku-Klux-Klan sauf que celles-ci sont colorées. Ils ne veulent laisser passer personne… même pas les vélos.

Nous attendrons donc de longues minutes au premier rang de ce spectacle inattendu. Peu à peu, nous sentons la pression gronder derrière nous, jusqu’au moment où un gros 4×4 décide de forcer le barrage. Cela crée un moment de panique et quelques manifestants bienveillants décident de nous exfiltrer en passant sur un côté sous le regard désapprobateur des manifestants les plus déterminés qui ne veulent laisser passer personne. Nous ne tergiversons pas… et filons ! Nous filons, mais il nous faut désormais faire attention aux chauffards excédés qui doublent la file dans l’autre sens…

Cette expérience nous aura au moins enseigné une chose : mieux vaut éviter d’être trop près des manifestants dans cette situation. Une partie de belote à l’arrière aurait sans doute était plus appropriée.

Au bout d’une vingtaine de kilomètres nous arrivons à Poptun . Nous nous lançons dans un nouveau jeu de piste afin de trouver un soudeur qui ait le matériel pour ressouder le porte-bagages avant du Pino blanc en aluminium qui avait un peu souffert lors de notre dernier trajet en avion. De soudeur en soudeur, nous trouvons finalement l’oiseau rare qui s’occupera de notre matériel avec succès.

Nous poursuivons encore notre route sur une vingtaine de kilomètres avant de nous arrêter en début d’après-midi pour déjeuner et nous poser pour un peu de repos et quelques travaux scolaires.

Nous ne sommes désormais qu’à deux jours du lac Izobal où, sur les conseils éclairés de notre Amie Gaëlle, nous ferons un jour de pause avant de poursuivre notre route vers Antigua Guatemala.

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5 Novembre : Santa Ana Vieja – Dolores : 45 km (5 931 km)

La nuit dans notre hébergement communautaire a été bonne et réparatrice. Nous repartons à l’assaut des bosses rectilignes car, en effet ici, on a bien compris que la manière la plus rapide d’aller d’un point à un autre est la ligne droite et même lorsque cela grimpe beaucoup , on ne s’est pas embêté à faire quelques virages pour adoucir les pourcentages. Au bout d’une petite dizaine de kilomètres, au sommet de l’une de ses bosses, la même vision qu’hier : un centre aquatique.

Comme hier, nous déciderons donc de passer les heures les plus chaudes de la journée dans cet environnement. Ces complexes sont essentiellement destinés aux locaux et nous sommes encore les seuls étrangers à y évoluer.

Quand nous repartons, la route ne s’est toujours pas aplanie. Bien au contraire, certaines côtes se transforment en petits cols. Nous montons doucement et retrouvons souvent une allure qui flirte avec les 5 km/h. Ces longues minutes (parfois dizaines de minutes) de montée nous donnent du temps pour réfléchir et échanger.

La situation en France nous interroge et notamment cette fameuse journée du 17 Novembre. Nous n’avons certainement pas toutes les clefs de lecture et nous sommes loin, ce qui a au moins pour avantage de nous protèger de la sphère émotionnelle.

Lorsque nous disposons d’une bonne connexion, nous essayons de lire quelques informations sur les sites de quotidiens français (Le Monde et La Dépêche notamment) et regardons également quelques réseaux sociaux. Nous avons bien entendu que l’origine de cette journée de contestation venait d’une augmentation du diesel (prévue depuis longtemps et dans la majorité des programmes électoraux de la dernière élection présidentielle). Nous comprenons que cette mesure va impacter en premier lieu les ménages les plus modestes et les entreprises alors que d’autres mesures moins « sociales » ont déjà été prises (suppression de l’ISF…) ce qui donne un sentiment d’inéquité.

Nous n’avons quitté notre belle France que depuis 6 mois mais nous devons bien avouer que nous ne comprenons, ni ce motif, ni le mode de contestation.

Sur le motif, cette augmentation serait donc l’élément qui aurait fait déborder le vase de la contestation mais vouloir continuer à consommer des énergies fossiles au moindre coût alors que l’on voit chaque jour notre planète se dégrader n’est-il pas un acte suicidaire plutôt que citoyen ? Lorsque nous voyons la violence de certains propos sur les réseaux sociaux, nous constatons à regret que l’individualisme et l’égoïsme ont de beaux jours devant eux. Dommage que toute l’énergie déployée par certains ne soit pas utilisée dans la recherche d’autres énergies… plus renouvelables ou dans des modes de vie privilégiant la solidarité (via le covoiturage) ou les déplacements doux (comme le vélo bien entendu même si une augmentation avec les beaux jours de Mai aurait été plus motivante qu’en Novembre…). En Amérique du Sud et en Amérique centrale, sans doute moins de 10 % de la population dipose d’une voiture personnelle. Tous, travailleurs ou écoliers, utilisent les transports en commun (fréquents et desservant tous les territoires).

Plus que le motif c’est le mode de contestation qui nous inquiète. Si nous avons bien compris, le 17 Novembre, le mot d’ordre lancé serait de tout bloquer. Des français vont donc bloquer… d’autres français qui n’ont rien demandé alors que la cible de la contestation semble être le Gouvernement. Là, on vous avoue que l’on a vraiment du mal à comprendre. Que fera la personne qui a besoin de travailler ce samedi 17 Novembre et qui ne pourra pas poser un jour de congé ? Que fera l’étudiant qui est obligé de travailler pour payer ses études et qui sera bloqué ? Comment expliquera-t-on aux enfants qu’ils ne pourront pas profiter de leurs activités extra-scolaires parce que des « adultes » ont décidé de tout bloquer ?

Alors que la France est certainement l’un des plus beaux pays au Monde (parole de voyageurs !) on arrive à trouver un moyen pour monter les personnes les unes contre les autres ! Du masochisme républicain ! La démocratie a pourtant inventé une arme redoutable pour exprimer son mécontentement, cela s’appelle le bulletin de vote.

En voyant la violence de certains propos véhiculés, même à distance nous n’avons qu’une peur : que cela dégénère ! Que des personnes qui ont besoin de passer s’en prennent aux personnes qui bloquent (ou inversement !) et que des casseurs profitent de cette aubaine pour semer la terreur. Tout cela faisant le nid d’un extrémisme insidieux et redoutable.

Peut-être que d’en avoir appris un peu plus sur déclin de grandes civilisations comme furent celles des Incas ou des Mayas contribuent à notre réflexion car il semble que leur déclin connaisse une grande partie de son origine dans des changements climatiques qui ont entraîné des réflexes individualistes et un rejet de l’autre.

Depuis plus de 6 mois nous avons été les témoins privilégiés de la solidarité exprimée par les populations que nous avons eu la chance de côtoyer. D’ores et déjà nous savons qu’après ce voyage, plus que jamais, l’environnement et la solidarité seront au coeur de nos préoccupations familiales et individuelles. En attendant, nous gardons un oeil attentif sur ce mois de Novembre français…

Nous nous sommes longuement interrogés afin de savoir si nous laissions ces quelques lignes de notre journal personnel sur le blog mais nos « états d’âme » font partie du voyage et nous avons toujours été transparents avec ceux qui nous lisent et qui voyagent à nos côtés. Comme nous l’avons indiqué à titre liminaire, il nous manque certainement des clefs de lecture et de compréhension mais nous sommes certains d’une chose : la solidarité doit être le ciment de notre société faute de quoi nous ne laisserons, comme les Incas et les Mayas, que de funestes vestiges…

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4 Novembre : El Remate – Santa Ana vieja : 53 km (5 886 km)

Un réveil matinal nous permet de poursuivre notre réflexion sur l’itinéraire à suivre afin d’atteindre Antigua Guatemala, notre prochaine grande étape, située plus de 500 km à l’Ouest. Parmi les routes possibles, une située plus au Nord passe par Flores puis par de nombreuses grandes villes dont Coban et, une autre passe plus au Sud pour venir border les frontières du Belize puis du Honduras avant de repiquer vers le centre. Cette dernière est moins urbaine et nous n’avons pas réussi à trouver beaucoup d’informations de cyclovoyageurs qui, le plus souvent prennent la route de Coban.

La journée d’hier nous ayant laissé quelques pulsions d’explorateurs en herbe, nous choisissons finalement de passer par le Sud. Nous verrons bien…

Et cet itinéraire nous offre une belle première surprise dès le vingtième kilomètre. Alors que nous commençons à souffrir de la chaleur, nous voyons un grand panneau qui indique : des piscines !

Nous nous renseignons sur le prix (moins de 5 € pour toute la famille !) et sommes chaleureusement accueillis par Francisco qui s’assurera de la garde de nos vélos et tiendra à nous remettre un drapeau du Guatemala pour le placer sous celui de la France à l’arrière de la cariole.

Trois grandes piscines, de profondeurs différentes, un grand toboggan et plusieurs jeux permettront un rafraîchissement général et un bien-être certain.

Une grosse averse nous invite à nous mettre à l’abri avant un dernier bain qui nous permet de remonter frais sur nos vélos.

Nous nous donnons comme objectif d’atteindre le prochain village situé à 15 km, mais portés par des jambes de feu et surtout par une température qui a nettement chuté et afin de se trouver en parfaite harmonie avec l’effort cycliste, nous décidons de poursuivre après le village sur près de 18 km.

Nous atteignons un hameau éclairé par les derniers rayons du soleil qui fait une timide réapparition. Une coopérative locale propose des hébergements dans le cadre d’un projet de tourisme solidaire. Ce lieu a été créé par des familles suite aux conflits internes qui ont secoué le pays jusqu’à la fin des années 80. C’est rustique, sans ventilateur, ni bien entendu air conditionné, mais avec des moustiquaires et des matelas qui seront fort appréciés.

Demain, nous poursuivrons notre route sur cet itinéraire… et ses surprises !

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3 Novembre : Tikal !

Les jambes sont encore un peu lourdes de la longue journée de vélo d’hier, mais tout le monde est impatient de découvrir Tikal. Nous prenons un « collectivo » (mini-bus) pour rejoindre le site situé à une petite trentaine de kilomètres. Dans le véhicule, nous faisons connaissance avec un groupe de Chiliens et d’Argentins. Ils ont pris un guide et nous en profitons donc pour nous joindre à eux.

Edin, le guide, est un précieux atout pour visiter le site. Il connait, bien entendu, l’histoire et la culture Maya mais nous apporte également un grand nombre d’informations sur la faune et la flore extrêmement riches que l’on peut trouver dans ce parc classé à l’UNESCO.

Ce qui est magique en visitant Tikal , c’est de passer à côté de collines qui sont en fait des monuments Maya encore recouverts par la végétation. Moins de 20 % du site est visible à ce jour, le reste étant encore masqué par la terre et les arbres. Il flotte donc, comme une ambiance exploratrice qui fait tomber en admiration devant les temples et pyramides déjà mis en valeur. Ce site Maya a été construit entre – 500 avant JC et 800 après JC et il est impressionnant de voir comment l’Homme est capable d’édifier de véritables merveilles. Tikal a été abandonné brusquement avec le déclin rapide de la civilisation Maya. Des changements climatiques (déjà !) auraient créé des tensions et provoqué des conflits politiques mués en guerres intestines (déjà !) et auraient engendré l’affaiblissement puis la disparition de cette civilisation qui maîtrisait pourtant tant de sciences (tient, tient !). L’astronomie (les temples sont placés pour être dans lignée du soleil lors des équinoxes), la gestion de l’eau (avec un système d’irrigation et des citernes naturelles), l’architecture (ces blocs de pierre assemblés parfaitement alors qu’ils pèsent souvent plusieurs tonnes, chacun sont de véritables merveilles), l’agriculture, la médecine… sont autant de témoignages de la richesse de l’humanité.

Les sommets de plusieurs temples sont accessibles (moyennant  de monter quelques centaines de marches… mais ça en vaut la peine !) et permettent d’avoir une vision à 360 ° du panorama. Entre chaque monument, Edin nous montre ici un toucan, là des singes araignées ou nous enseigne quelques vertus thérapeutiques de plantes situées en bordure de notre chemin.

Une visite dense et éminemment instructive dont les enfants profitent pleinement.

En rentrant, il est déjà temps de préparer nos affaires afin de reprendre la route demain et de repartir sur le chemin du Monde à la découverte d’autres merveilles.

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Welcome to Belize, man !

Cette phrase que nous avons entendue tant de fois lors de nos quelques jours dans le pays résume bien l’ambiance et l’état d’esprit des habitants : ouverts, accueillants, et un peu… « reggae », my friend !

Les maisons en bois sur pilotis donnent souvent des airs de far-west. L’influence anglo-saxone est également bien présente, dans les aménagements et l’ambiance qui règne dans les  villes et villages .

Au restaurant et dans la rue on ne mange presque pas de tortillas… le plat traditionnel est un mélange de haricots rouges et de riz épicé à la cannelle (que l’on trouve aussi dans la plupart de leurs pâtisseries). Il y a également beaucoup de hamburgers !

De nombreuses personnes au Belize circulent à vélo. Ces montures sont souvent assez petites mais avec de grands guidons sur lesquels ils transportent des enfants ou de gros paquets.

Belize City ne donne pas envie de s’y attarder : la pauvreté est très présente et l’ambiance, à la tombée du jour, devient un peu inquiétante.

Mais le reste du pays est très vert et accueillant. Que dire des magnifiques petites îles qui parsèment une mer riche d’une faune extraordinaire et d’une splendide barrière de Corail. Les 2 jours que nous y avons passés resteront ,à coup sûr, l’un des plus grands moments de notre voyage !

En clair, nous avons trouvé le pays… UnBelizable !

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2 Novembre : Melchor de Mencos -El Remate : 69 km (5 833 km)

Nous voici prêts pour partir arpenter les routes du Guatemala . La conclusion du jour est que nous avons bien fait de nous poser hier après-midi ! Finies les routes totalement plates de la côte Mexicaine, finis également les faux plats montants et descendants du centre du Belize. Désormais ça grimpe et ça descend tout le temps !

Si les 15 premiers kilomètres de montagnes russo-guatémaltèques se feront sans souci, un « mur » de 1,5 km, avec de nombreux passages à plus de 20 % sous une chaleur dépassant déjà les 40 ° à 10h00 du matin, aura pour effet d’aspirer une grande partie de notre énergie. Résultat : au bout de 25 km nous sommes déjà cuits…

Nous nous donnons alors des objectifs : 5 km pour une pause boisson fraîche et 15 km avant la pause déjeuner. Les centaines de mètres qui s’égrainent sur les compteurs permettent une mise à jour continue des objectifs.

Nous redécouvrons avec joie le fait de converser en Espagnol. Ces 10 jours passés au Belize nous ont permis de réviser notre anglais , mais nous nous sentons bien plus à l’aise dans la langue de Cervantes que dans celle de Shakespeare, surtout lorsque le rythme d’élocution s’accélère, ce qui fut le cas lors de discussions avec des Américains notamment.

Nous observons également la vie qui nous entoure. Les dames qui roulent les tortillas dans des cahutes en bord de route, le ramassage scolaire en pick-up, les animaux de la ferme qui évoluent librement en bord de route.

Nous entendrons aussi de nombreux singes hurleurs (sans les apercevoir !). Leur cri rauque est impressionnant !

La pause déjeuner, qui nous permet, par la même, d’échapper à une averse, nous redonne de l’énergie. Nous remontons sur nos vélos sans savoir si nous arriverons là où nous voulions déjà être, hier. Mais une fois que les kilomètres s’accumulent et que nous sommes à moins de 20 km d’El Remate, un boost psychologique se produit et nous savons que, sauf grosse défaillance ou problème mécanique, nous arriverons au bout.

Les derniers kilomètres se font en longeant de très beaux lacs et dans chaque village traversé, l’animation se situe… au niveau des cimetières ! De la musique, des pique-nique, un air de fête et de partage qui contraste avec nos mornes Toussaint européennes.

Ça y est,  nous y sommes : El Remate ! Un village touristique qui se situe sur la route du site archéologique de Tikal, un lieu historique et culturel que nous avions noté sur nos tablettes.

Nous trouvons un hôtel qui pourra garder nos vélos demain et prenons une douche des plus agréables après cette chaude journée. Demain nous délaissons les vélos pour la visite de Tikal et les tours de pédales pour les marches des temples Maya.

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