11 Octobre : Coco Bongo

Un tour de cadran aura permis de voir des visages reposés ce matin. Nous partageons un petit-déjeuner maison améliorée avant que Valérie ne reparte en bus pour le centre de Cancún. Ses missions : prendre soin d’elle en passant un moment chez une esthéticienne locale et faire quelques petits achats pour ces prochains jours.

Pendant ce temps, les enfants et Christophe font un petit tour dans la piscine, sous une belle averse de pluie, puis se rendent sur un site archeologique tout proche. Ce sont surtout les iguanes, plus que les vieilles pierres Mayas, qui intéressent les enfants. Ils sont nombreux à sortir des fissures pour se réchauffer au soleil. La taille de certains dépasse allègrement les 50 cm et même en sachant qu’ils ne sont pas carnivores, ces gros lézards restent impressionnants.

Après le déjeuner, Naïa ira recharger les batteries à la sieste pendants que Lalie et Esteban se lanceront dans une belle séance de travaux scolaires.

Le retour de Valérie sonnera la récréation… à la plage ! Les vagues sont encore puissantes et il convient d’y rentrer avec prudence alors après quelques virées en planche nous nous adonnons à la réalisation du jeu préféré de Naïa depuis deux jours : les chateaux de sable.

Nous profitons de notre cuisine pour nous concocter quelques plats qui, associés à cette journée de repos devraient nous permettre de poursuivre notre route demain en pleine forme. Des orages et de belles averses sont prévues toute la semaine mais nous essaierons de passer entre les gouttes…

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Le Pérou, terre de contrastes

L’entrée au Pérou nous a apporté nombre de satisfactions après plusieurs semaines passées à parcourir l’altiplano Bolivien : le climat s’est fait plus doux, la nourriture plus goûteuse et plus variée, la végétation plus généreuse et les visages plus ouverts.

Nous avions hâte de découvrir Cusco et le Machu Picchu dont les seuls noms suffisaient à nous faire rêver. Malgré le tourisme de masse qui en gache l’authenticité, nous en avons pris plein les yeux!

Les grandes civilisations qui ont existé dans cette région du monde ont doté le Pérou d’une grande richesse patrimoniale! Au Machu Picchu bien sûr, à Nazca bien entendu mais également au travers du quotidien des péruviens : de leur artisanat, de leurs croyances…

La partie vélo restera certainement marquée par les 15 000 mètres de dénivelé positif effectués pour traverser la cordillère péruvienne ! Nous avons aimé ces paysages de montagne, le côté intact et préservé des petits villages qui la parsèment, le contact avec les péruviens qui y vivent, la persévérance de nos enfants dans ce challenge du maillot à pois…

Le contraste a été double au pied de ces reliefs : les routes sont redevenues planes et rectilignes, et surtout, une fois atteint le bord de mer (malgré tout le plaisir que cela nous a procuré) nous avons eu la triste sensation de rejoindre le flot des touristes et de ne plus pouvoir être les voyageurs à vélo que nous aimons être.

Le plaisir du voyage à vélo relève en grande partie de la joie que nous procure la chance d’être « autorisés » à observer et à s’immerger au coeur d’un mode de vie qui n’est pas le nôtre. Les interactions avec les locaux sont toujours riches et authentiques.

Sur la côte, nous sommes devenus des « gringos » parmi les gringos et avons regretté les relations privilégiées que nous avons eues avec les péruviens , dans des régions moins touristiques.

Enfin, nous avons eu la chance d’être accueillis chez Elena, Victor et Fabiola à Lima. Après 5 mois de voyage, nous avons retrouvé auprès d’eux, la chaleur et l’affection familiale!

Nous sommes heureux de toutes les superbes expériences que l’Amérique du Sud nous a offertes  ! 5 mois extraordinaires que nous ne sommes pas prêts d’oublier! Nous nous réjouissons maintenant d’aller découvrir un continent sur lequel nous n’avons encore jamais mis les pieds et qui promet également de belles richesses : l’Amérique Centrale !

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10 Octobre : Playas de Cancún – Coco bongo : 14 km (4 923 km)

Quelques signes de fatigue se font jour. Des visages qui réclament un peu plus de sommeil, un peu d’inattention ou du manque de dynamisme : il est nécessaire de faire une petite pause, avant de repartir dans notre descente vers le Belize.

La plupart des hôtels de la côte fonctionne uniquement par réservations via les tour-operators. Quelques places sont parfois bradées sur Internet lorsqu’ils n’arrivent pas à faire le plein. Nous tentons alors notre chance sur les sites de réservations en ligne et tombons sur une offre qui nous semble intéressante. C’est un peu dans les prix haut de notre budget mais c’est situé à une petite dizaine de kilomètres seulement. Il  nous faut être à l’écoute de la bonne santé de notre petit peloton.

L’humidité est étouffante. Un ouragan a frôlé les côtes Mexicaines, il y a trois jours et il a beaucoup plu. L’air est chargé en eau et nous sommes trempés du seul fait de nous habiller…

La route passe entre le front de mer (ou plutôt le front d’hôtels et la mer que l’on imagine derrière…) et une lagune d’eau douce dont de nombreux panneaux de mise en garde nous informent qu’elle est infestée de… crocodiles ! Autant dire que nous sommes vigilants au moindre mouvement dans les herbes hautes. Nous croiserons uniquement des iguanes, qui nous regardent, immobiles et impassibles (des champions au 1-2-3 soleil… sauf lorsque l’on se rapproche d’eux !).

Nous trouvons notre hôtel mais les personnes chargées de la sécurité à l’entrée semblent douter, en nous voyant arriver à vélo, que nous ayons une réservation. Quelques vérifications d’usage plus tard, ils nous indiquent une place pour garer nos montures et nous prenons possession de notre appartement qui bénéficie d’une belle cuisine.

Le site est implanté en bord de plage mais les vagues sont encore fortes et violentes aujourd’hui. Les enfants s’essaieront tout de même au wake-board puis profiteront longuement de la piscine dans laquelle ils s’entraîneront au maniement des masques et tubas en prévision des plages plus calmes qui nous attendent au Sud.

Nous profitons de disposer d’un frigidaire pour acheter quelques mets qui nous paraissent désormais » de fête » et profitons d’une belle soirée en famille avant de vivre pleinement une journée, sans vélo, demain. Un seul mot d’ordre : repos !

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9 Octobre : Cancún – Playas de Cancún : 22 km ( 4 909 km)

Un petit-déjeuner sous forme d’un très généreux buffet, de l’eau chaude au robinet de la salle de bain pour se raser… nous sommes un peu déboussolés par tant de luxe mais comme dit notre grand Ami Jojo dans le film de l’Odyssée de l’Espoir : « le confort… on va s’y faire ! ».

Nous partons en fin de matinée en nous mettant à ĺa recherche d’un magasin de vélo. Le premier est à quelques kilomètres mais la circulation urbaine nous semble beaucoup moins fatigante qu’en Amérique du sud, en raison notamment, de la disparition des coups de kĺaxon intempestifs. Nous trouvons un magasin de vélo bien achaĺandé au sein d’un centre commercial. Nous y trouvons tout ce que nous cherchons (un nouveau compteur, un porte-bidon, une mini-pompe avec nanomètre…) et même un nouvel axe de pédalier pour le pino blanc qui craquait depuis plusieurs centaines de kilomètres. Nous tombons sur une équipe extrêmement sympathique qui nous donnera accès à son atelier, nous offrira la main d’oeuvre et quelques cadeaux pour les enfants.

Il ne nous reste désormais qu’à trouver un soudeur pour le porte-bagages avant du pino blanc et nos vélos seront presque comme neufs !

Nous partons en direction du port puis de la zone hôtelière où se trouvent les plus belles plages de Cancún. Nous prenons le temps et y arrivons en fin d’après-midi. Entre les résidences hôtelières de grand standing, nous cherchons un hôtel qui correspond à notre budget. Grâce à l’aide de locaux, nous trouvons un hôtel pour backpakers avec un dortoir qui conviendra parfaitement. Il est non loin du bord de mer et nous profitons de la dernière heure de soleil pour nous offrir notre première baignade dans la mer des Caraïbes. Du sable blanc, une eau limpide et la lumière du coucher de soleil, nous sommes encore les Rois du Monde.

Nous essayons de nous coucher, pas trop tard, afn de poursuivre notre phase de récupération. Demain, nous poursuivrons notre route ĺe long des plages !

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8 Octobre : Lima – Cancún : Avion + 19 km (4 887 km)

Bon, faut pas se mentir, les nuits dans les aéroports… c’est pas le plus reposant. Heureusement, nous étions confortablement installés sur nos tapis de sol  enveloppés dans nos duvets mais entre les appels pour les embarquements, ceux pour les passagers en retard et les lumières qui donnent l’impression d’être en plein jour, mieux vaut ne pas avoir le sommeil léger…

L’avantage c’est que nous sommes sur place et que nous pouvons prendre notre temps pour l’ensemble des formalités. Enregistrements des derniers bagages (en espérant que ceux enregistrés hier et aujourd’hui arrivent en même temps !), fouille, passage de la douane et embarquement, le temps nous offre de la sérénité : c’est déjà ça !

Il faut 5h30 de vol pour rejoindre Cancún depuis Lima et nous n’avons pas à absorber un décalage horaire puisque les deux villes sont sur le même fuseau. C’est une bonne chose car nous allons, à nouveau, effectuer un véritable contre la montre. En effet, une fois les pieds posés sur le sol Mexicain, nous nous mettons en quête de l’ensemble de notre chargement. Tous les sacs et les cartons sont là… et entiers !

Nous passons la douane puis, aussitot arrivés dans le hall principal, cherchons un petit coin tranquille pour procéder au déballage et au remontage des vélos. Il est 15h00, ĺe taux d’humidité est prégnant, le chrono est enclenché car nous sommes à une quinzaine de kilomètres de Cancun et la nuit devrait tomber vers 18h30. C’est donc parti pour un sprint, effectué en duo, dans une ambiance digne des salles d’opérations chirurgicales (« clef de 15 », « écrou », « contre écrou »…). Notre binome commence à être bien rodé et malgré, encore, quelques menues tergiversations, en 2h30 tout est d’aplomb ! Les enfants eux, jouent dans les cartons et ont pour mission de les délester de leur scotch. Comme lors de la séance de remontage dans l’aéroport de Santiago du Chili, les travailleurs locaux ont suivi tout le processus et sont venus sympathiser avec nous.

Dans ce remontage express nous ne déplorerons finalement qu’une petite pièce du porte-bagage du Pino blanc à re-souder et une vis qui ne veut plus se visser (mais l’utilisation du vernis à ongles s’avèrera, une fois de plus, très précieuse). Durant cet exercice, autant mental que physique, nous aurons également la surprise… de sentir notre transpiration ! Cela ne nous était pas arrivé depuis de longs mois ! Le froid de l’altiplano avait finalement du bon.

Nous aurons quelques aménagements et révisions à faire ces prochains jours. En attendant, il nous faut sortir de l’aéroport. Une large bande sur le côté de la route nous permet de circuler en bordure de voie rapide. Il nous faut cependant être vigilants lorsqu’il y a des sorties et que nous allons tout droit afin de couper la voie sortante en toute sécurité. La pénombre est de plus en plus intense et nous commençons à douter du choix que nous avons fait de partir de l’aéroport aujourd’hui… lorsqu’une belle piste cyclable nous tend ses deux voies.

Heureusement, car la nuit est vite tombée et bien que nous ayons mis en marche tous nos éléments lumineux, nous nous sentons bien plus en sécurité sur cette piste dédiée. Malheureusement, au bout d’une petite dizaine de kilomètres, elle se terminera aussi brutalement qu’elle nous est apparue. Nous essayons alors de prendre les petites routes latérales afin de rejoindre un quartier où nous pourrons trouver un hôtel pour cette nuit.

Et c’est la bonne nouvelle de cette fin de journée. Nous sommes en basse saison et les tarifs sont déjà bien remisés. Lorsque les responsables d’un hôtel tout confort nous proposent une grande chambre au 1/4 de son prix, pratiquement au montant Péruvien, c’est la joie et le soulagement au sein de l’équipe. Un rapide bain dans la piscine et nous partons déguster quelques tacos, avant de partir pour une nuit en parfait décalage avec la précédente. De quoi l’apprecier d’autant plus…

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7 Octobre : Lima

Le retour ayant été tardif hier soir et une forte pluie nocturne nous ayant invité à rentrer les cartons laissés dehors afin d’éviter qu’ils ne s’auto-détruisent, nous tardons un peu plus au lit ce matin. Nous savons également qu’il nous faut essayer de faire des réserves de sommeil, car les 24 heures qui arrivent s’annoncent forcément énergivores.

Nous faisons un dernier tri afin d’avoir, à portée de main, les affaires qui nous seront nécessaires pour la nuit à venir. Nous profitons également de la présence chaleureuse de Victor et Elena, essayons de les aider dans des petits travaux en hauteur qui leur sont difficilement accessibles et discutons des différences entre nos deux pays. En ce jour d’élection , ils nous expliquent que le vote est obligatoire au Pérou jusqu’à l’âge de 60 ans. Il devient ensuite optionnel et l’abscence de vote n’est ainsi plus sanctionnée par une amende. Mais dans un pays où la corruption semble encore bien présente, certains candidats n’hésitent pas à favoriser le vote par une compensation financière et le jeu est alors faussé. Le principe « une personne = une voix » devient alors « quelques Soles = une voix ».

De même, il n’existe au Pérou qu’une seule chambre au Parlement, celle des Députés. Un projet de modification de la constitution prévoit de créer une chambre des Sénateurs afin d’essayer d’opérer une plus grande séparation entre l’exécutif et le législatif. Aucun système n’est vraiment parfait, mais il existe une constante : les hommes ont une tendance à être d’éternels insatisfaits.

Avant notre départ, Victor et Elena tiennent à nous inviter à manger dans une « Chifa ». Les Chifas sont des restaurants d’origine chinoise qui proposent un grand nombre de plats à base de riz ou de nouilles sautées. Ils font désormais partie intégrante de la cuisine Péruvienne, riche par sa diversité et ses saveurs (même s’ il y a encore un peu trop de poulet à notre goût…).

A 15h30, le chauffeur de camion qui devait venir nous chercher 30 minutes plus tard, nous adresse un message Whatsapp afin de nous indiquer que, finalement, il nous laissera un peu en dehors de l’aéroport. Quand nous l’interrogeons sur cette modification, il nous indique que les papiers de son véhicule ne sont pas tout à fait en règle…

En essayant de rester diplomates, nous lui expliquons alors que nous ne voulons pas lui faire prendre de risques et que nous allons chercher une autre solution. Nous voulons surtout éviter qu’il nous arrive quoi que ce soit dans un véhicule… « pas tout à fait en règle » !

Nous trouvons assez facilement un plan B qui nous amènera sur le champ à l’aéroport. Nous avons la bonne surprise que la compagnie aérienne qui assure notre vol de demain accepte d’enregistrer nos cartons dès ce soir… et la mauvaise surprise lorsqu’ils nous indiquent qu’il va falloir payer un « petit » supplément du fait de leur taille. Contrairement à ce que nous avait indiqué l’agence de voyage auprès de laquelle nous avions acheté nos billets « tour du monde », les cartons de vélos ne peuvent pas toujours être enregistrés comme deuxième bagage sans supplément. Nous avons sans doute été trop naïfs et nous n’aurions pas dû nous contenter de la certitude apportée par la personne en charge de notre dossier. Nous sommes dimanche. Il est donc difficile de joindre l’agence, nous verrons donc cela par mail la semaine prochaine.

En attendant, Latham nous fait une petite faveur en comptant la carriole comme un bagage pour enfant (donc non facturé) et on nous propose de remplir un peu plus chaque carton pour en économiser un. Nous voilà donc à défaire et refaire les cartons devant les comptoirs d’enregistrement. Heureusement que nous avions prévu du matériel au cas où…

Une fois libérés des cartons (et allégés de quelques dollars, 240 tout de même !), nous nous mettons en quête d’un endroit un peu plus calme au sein du hall principal. Nous en trouvons un, au fond d’un couloir entre la Chapelle et la Police. Nous sommes sous haute protection !

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6 Octobre : Lima

La préparation du transfert se poursuit… Victor qui connaît parfaitement Lima nous amène dans un quartier où des camionneurs attendent de potentiels clients. Il faut alors vérifier la taille du camion et commencer à négocier. Il ne reste plus qu’à espérer que le chauffeur avec qui nous avons fait affaire soit au rendez-vous demain. Au cas où, nous avons pris les coordonnées d’autres chauffeurs libres… mais un peu plus chers.

Demain est un jour d’élection qui s’annonce mouvementé. Afin d’éviter le trafic intense du lundi matin, nous avons opté pour le fait de partir à l’aéroport dès demain après-midi. Nous passerons donc la nuit là-bas, en attendant notre vol prévu à 8h00 du matin.

Nous qui critiquons l’usage à outrance du plastique, devons bien reconnaître que nous en ferons grand usage aujourd’hui. Nous fermons nos cartons et les enroulons à grand coup de scotch afin d’essayer de les renforcer. Il nous faut pratiquement un rouleau par carton sans être certains que cela sera suffira… A nous d’être vigilants ,de bien nettoyer les cartons de tout ce scotch lorsque nous les laisserons à l’aéroport de Cancun. Nous essaierons de remonter les vélos ,dans l’après-midi, afin de sortir de l’aéroport avant la nuit. En cas de problème, nous improviserons…

Ce soir, nous partons rejoindre Elodie afin de lui apporter le bagage qu’elle ramenera en France pour nous. Elle inaugure aujourd’hui son food-truck spécialisé dans la confection de pizzas. Ça tombe plutôt bien, non ?

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5 Octobre : Lima

Comme prévu, nous partons ce matin à la chasse… aux cartons ! Il existe à Lima des revendeurs spécialisés en emballages. Il suffit de leur décrire la taille approximative souhaitée et ils vous trouvent une boîte correspondante. Nous ne trouverons aucun carton de vélo mais on nous fournira des cartons de grandes TV d’un format quasi-similaire après quelques retouches. Le système D semble efficace.

Une bonne partie du reste de la matinée sera consacrée au démontage des vélos et de la carriole. Loin d’être une partie de plaisir, cette épreuve redoutée par nombre de cyclovoyageurs demande un temps certain. La crainte d’abimer nos montures et de réduire à force de montage et de démontage leur espérance de vie, incite à la minutie. Toutes les pièces potentiellement fragiles sont enveloppées dans du papier bulle en sachant pertinemment que cela s’avérera certainement insuffisant, en cas de gros choc ou d’une manutention brutale.

L’après-midi, pendant que Christophe finit le démontage et que les enfants font une séance de travaux scolaires, Valérie part à la reherche d’un grand sac bon marché qui pourra contenir quelques affaires que nous souhaitons rapatrier en France. Il s’agit notamment de vêtements chauds étant donné que, normalement, nous avons passé les périodes les plus froides du voyage. Grâce au groupe Whatsapp « Les frenchies à Lima » nous avons pu rentrer en contact avec Elodie qui a prévu ďe faire un aller-retour en France à la fin de l’année. Elle a accepté de rapatrier, pour nous, un sac que l’un de nos proches récupérera par la suite.

Durant cette quête fructueuse, Valérie trouvera également deux petites tentes autoportante, à la qualité sans doute discutable, mais d’un poids imbattable et au tarif péruvien.

Nous profitons d’avoir accès à une cuisine pour préparer des plats « comme à la maison » et les partager avec Victor et Elena. Leur bienveillance et leur soutien dans cette phase de préparation est aussi agréable qu’utile. Préparer notre transfert vers l’Amérique centrale dans ces conditions est une véritable chance.

Ce soir, la soirée est consacrée au tri de ce que nous gardons, de ce que nous renvoyons en France et de ce que nous allons offrir à des Péruviens. Demain il nous reste à peser les cartons (et jouer les équilibristes autour des 23 kg) et à trouver un moyen de locomotion pour rejoindre l’aéroport, le jour suivant. Nous attendra alors, une nuit à l’aéroport avant d’espérer que tout notre paquetage passe les étapes de l’enregistrement !

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4 Octobre : Lima

Nous poussons notre sommeil entre deux coups de klaxons. C’est saccadé mais cela nous permet de récupérer et nous sentons que nous en avons besoin. En effet, comme souvent, dès que nous nous posons quelque part les premiers jours sont marqués d’une fatigue que nous accumulons mais que nous ne ressentons pas lorsque nous sommes dans l’action de journées passées au grand air.

Nous commençons la recherche du matériel qui va nous être nécessaire pour emballer nos vélos ces prochains jours. Si nous arrivons à trouver assez facilement de gros rouleaux de scotch et du papier bulle, cela s’annonce bien plus complexe pour les cartons. Le plus pratique est de se rendre dans un magasin de vélo afin de le délester de boîtes qu’il vient de recevoir avec des vélos neufs. Oui mais voilà, le premier magasin de vélo se trouve à plus de 10 km et la complexité devient alors sur le moyen de rapatrier les cartons. LES cartons car il ne nous faut pas moins de 6 cartons pour ranger et protéger tout notre matériel dans des boîtes faisant, chacune, moins de 23 kg.

Il nous faudra ensuite trouver un moyen pour transporter ces 6 cartons + le reste des sacs + nous, jusqu’à l’aéroport. Nous avons encore 3 jours pour relever ces challenges. Alors avant de s’y frotter nous avons voulu consacrer le reste de la journée aux enfants.

Nous avions repéré qu’il existe à Lima un parc dénommé Divercity qui fonctionne comme Kidzania que les enfants ont déjà eu le plaisir de tester. Le principe est de placer les enfants dans une ville où eux seuls ont le droit d’évoluer en apprenant différents métiers et en rendant des services citoyens qui leurs permettent de gagner de l’argent virtuel qu’ils pourront ensuite dépenser en s’achetant différents loisirs. La plupart des métiers sont basés sur l’intérêt du collaboration, ce qui rend leur évolution intéressante à observer. C’est ainsi que Naïa, Esteban et Lalie seront aujourd’hui, tour à tour, journalistes, pompiers, vétérinaires, assistants maternels, employés de supermarché, agents de recyclage de papier, sylviculteurs, fermiers, conducteurs de travaux publics ou encore pompistes (un métier qui n’existe plus en France mais qui donne du travail à un grand nombre de personnes en Amérique  du Sud). Naïa se détendra dans un parc de jeu rempli de balles en plastique tandis qu’Esteban rejoindra un entraînement de foot en salle et que Lalie s’adonnera à l’escalade.

Une après-midi encore plus intense qu’une journée de vélo, c’est dire !

Le retour en bus est épique. 1h30 dans un bus bondé où une grande partie du voyage s’effectue debout dans un environnement rappelant le métro parisien aux heures de pointes. Malgré ces conditions, les passagers restent extrêmement courtois entre eux et très prévenants avec nous.

Après un rapide dîner nous regagnons notre chambre afin de recharger les batteries pour « l’opération cartons » qui nous attend demain !

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3 Octobre : Lima

Le calme des nuits lotoises est déjà bien loin. Ces premiers mois de voyage nous ont permis « d’endurcir » notre sommeil pour dormir pratiquement n’importe où… y compris en bordure de la Panaméricaine !

Un petit déjeuner copieux nous attend, des fruits, des douceurs et la chaleur humaine de ce foyer au sein duquel nous sommes accueillis.

Nous partons pour une première journée de visite touristique de cette grande Lima. Un arrêt de bus est situé juste en face de la maison. Nous en prenons un pour nous rendre vers le centre ville et observons le ballet des marchands ambulants qui montent et descendent à chaque arrêt.

Un petit pont piétonnier et quelques cuadras nous amèneront jusqu’à la Plaza de Armas. L’animation est assurée par la relève de la garde devant le palais présidentiel. C’est athlétique et bien rythmé !

Nous poursuivons notre chemin dans de belles rues, dédiées aux piétons et allons visiter le Monastère San Francisco et ses catacombes. Tout y est magnifique, les coupoles au style mauresque, la bibliothèque qui aurait pu servir de décor au « Nom de la rose » et le patio intérieur superbement conservé. La visite des catacombes et les milliers d’ossements qu’elles contiennent sont également de surprenantes découvertes. Nous apprenons beaucoup sur ces siècles d’évangélisation, les croyances (notamment celle qui faisait que tout le monde voulait être enterré dans les catacombes, sous l’église, afin d’être plus près du Seigneur) et la vie quotidienne de ces Franciscains.

Nous enchaînons ensuite avec le Parc de la Découverte, un musée des sciences interactif où les enfants peuvent à la fois essayer de comprendre quelques phénomènes physiques et se mettre en situation pour les approcher. Un beau cours de science qui durera toute l’après-midi.

Le trafic est dense pour rentrer et nous nous trouvons vite coincés dans de monstrueux embouteillages. Le calme de l’altiplano est déjà loin !

Nous partageons quelques pas de danse et le dîner avec Fabiola, Elena et Victor puis repartons pour une nouvelle nuit « sonnant » la Panaméricaine.

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2 Octobre : Pisco – Lima : Bus + 17 km (4 868 km)

Le rangement des vélos dans le bus, comme nous pouvions nous y attendre, n’est pas une partie de plaisir. D’abord parce qu’il faut loger tout notre matériel dans des soutes déjà bien remplies, ensuite du fait que peu importe la fragilité du matériel : on bourre ! Enfin et surtout car tout se fait sous le manteau, il n’existe pas de tarif officiel pour le transport du matériel . Seul le transfert de liquidités dans la poche du chauffeur pourra nous permettre de partir. Il faut donc négocier et ramener la proposition de l’intermédiaire faite au regard de nos faces de « gringos » vers ce qui nous paraît être le juste prix.

Il nous faut pratiquement 5h00 pour rejoindre le centre de Lima situé à moins de 300 km. Le bus s’arrête fréquemment et un peu n’importe où, parfois pour récupérer des passagers qu’il déposera quelques centaines de mètres plus loin.

Nous arrivons enfin à La Victoria, la place centrale de Lima. Le temps de remonter une partie de nos vélos et la carriole puis nous partons affronter la circulation de la 22ème plus grande ville du Monde. Un oeil sur la route, un dans le rétro, un autre sur le GPS… heureusement que nous sommes plusieurs !

Nous prenons les petites rues qui nous paraissent déjà bien grandes, traversons les avenues et évitons les autoroutes sur lesquelles l’application de cartographie tient parfois à nous faire passer, malgré le mode « vélo » bien réglé. Nous utilisons donc les conseils de locaux afin de pouvoir traverser les rivières et les voies de chemin de fer qui nous barrent la route.

Nous pénétrons dans les quartiers périphériques. Les promesses de campagne de tous les candidats, affichés sur d’immenses panneaux, annoncent la couleur : ici le principal objectif est de lutter contre la criminalité. Pourtant, pour nous qui traversons ces secteurs à vélo, ces derniers nous semblent plein de vie. Le commerce de rue y est omniprésent, les gens souriants et la circulation moins agressive qu’en plein centre ville. Notre statut de voyageurs en famille est certainement très aidant.

Il est 16h00, nous nous arrêtons enfin pour déjeuner. La gérante tellement étonnée que nous nous arrêtions chez elle, tiendra à nous offrir une grande partie du repas, par ailleurs excellent. Toute la famille défilera ensuite pour prendre quelques photos avec nous. Les enfants  offriront quelques vélos de leur confection. Nous poursuivrons notre route après cette belle rencontre.

Nous tergiversons un peu, sur la fin, pour trouver la bonne adresse. Elena et Victor habitent une petite maison de la Panaméricaine. Nous y arrivons et sommes accueillis chaleureusement par Fabiola, leur fille et donc la soeur de Maria-Elena. Elena et Victor arrivent quelques minutes plus tard. Nous profitons, tous ensemble, de cette première soirée Franco-Péruvienne… sur le chemin du Monde.

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1er Octobre : Paracas – Pisco : 19 km (4 851 km)

Finalement, nous nous sommes dit que nous ferions bien encore quelques tours de roues en Amérique du Sud. Notre avion pour le Mexique est prévu dans une semaine .Même avec le temps incompressible de l’empaquetage, il nous reste encore un peu de marge.

Et puis il y a cette petite ville, à moins de 20 km, qui borde l’océan Pacifique et dont le nom sonne bien : Pisco !

Alors, au petit matin, nous enfourchons nos montures pour sortir de Paracas. Nous traversons d’abord une vaste zone industrielle où sont implantées de grandes usines spécialisées notamment dans la transformation de poissons … en farine et huile ! Celle, pour qui l’odeur du poisson n’est pas une passion, passera donc ces premiers kilomètres en apnée…

Nous pédalons enfin à quelques mètres de l’océan et la tentation de s’arrêter est trop grande pour y résister. Nous faisons la connaissance d’un pêcheur qui propose de nous vendre du fil de pêche, des plombs et des hameçons. Nous nous lançons donc pour quelques minutes de pêche ,  le long de la jetée, sous l’oeil amusé des goélands.

Nous parcourons les derniers kilomètres qui nous séparent de Pisco, à petite vitesse , comme pour mieux savourer cette dernière escapade.

Il nous faut ensuite résoudre la problématique qui nous attend pour rejoindre Lima. Nous allons avoir la chance d’être accueillis dans une famille Péruvienne, celle de Maria-Elena qui est l’épouse d’un cousin proche de Nicole, la maman de Valérie.

Le problème est le suivant: Lima est une des plus grandes villes du monde avec ses 10 millions d’habitants. Les bus s’arrêtent au centre de cette mégalopole alors que nous sommes attendus au Nord de Lima. Il nous faudra donc improviser demain car, d’une part, aucune compagnie ne veut prendre l’engagement que nos vélos pourront être transportés (il nous faudra demander à chaque chauffeur de bus si c’est possible, sachant qu’il y a un départ toutes les heures) et d’autre part, tout le monde nous confirme qu’il n’est pas possible de poursuivre en bus après le terminal situé Plaza de la independencia, au cœur de Lima. Nous verrons donc demain…

En attendant, nous repartons profiter une dernière fois de l’océan Pacifique. Jeux, baignades et pêche sont au programme. Cette dernière activité se révèle enfin fructueuse avec l’hameçonage de deux petits spécimens qui amuseront bien les enfants avant d’être relâchés.

Nous ne voulons pas passer dans cette ville sans goûter à la boisson éponyme. Nous nous mettons donc en quête d’un bon Pisco qui fera office d’apéritif pour les parents. La discussion du soir avec les enfants tourne autour de la situation au Vénézuela. En effet, depuis quelques jours nous rencontrons de nombreux jeunes Vénézuéliens qui travaillent dans les tiendas ou sont serveurs dans les restaurants. Ils sont à la recherche d’un avenir que leur pays semble incapable de leur offrir. Difficile d’expliquer aux enfants le phénomène de l’inflation galopante et le rôle que peut jouer un personnage comme Nicolas MADURO. Mais ce que nous observons tous, c’est la gentillesse, le courage… et le fatalisme de ces jeunes. Des héros du quotidien, partis vers un monde meilleur… nous le leur souhaitons !

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30 Septembre : Paracas

Nous nous offrons ce matin, comme des centaines d’autres touristes présents ici, une petite virée en bateau pour faire le tour des îles Ballestas. Ces îles situées au cœur du parc national de Paracas sont le refuge de milliers d’oiseaux, de lions de mer et de petits pingouins.

Deux heures en mer à contempler toutes ces espèces se mouvoir dans leur espace naturel. Si accoster sur ces îles est interdit, la présence de l’homme y est cependant visible. En effet, depuis plus de deux siècles, le guano (la fiante) est prélevée de ces immenses roches pour être exporté et servir d’engrais.

Nous revenons sur terre après ce temps de contemplation marine et profitons, pour le plus grand bonheur des enfants, de la plage. Certains coins sont préservés de la prolifération des algues et des sacs plastiques (encore eux !) et permettent à Naïa de construire ses premiers châteaux de sable, bien assistée par ses deux aînés.

Nous avions recherché un hébergement où nous pourrions faire la cuisine. Nous préparons donc un bon repas, bien calorique, après l’effort long de la veille. Un frigo, deux feux, nous cuisinons dans le luxe !

Détente et travaux scolaires seront au programme de l’après-midi avant une dernière virée près du port. Ce soir un « meeting musical » s’installe à quelques dizaines de mètres de notre hébergement. La nuit s’annonce courte…

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29 Septembre : Huacachina – Paracas : 79 km (4 832 km)

L’oasis de Huacachina est pratiquement collé à Ica, l’une des plus grandes villes du Pérou. Aidés par notre outil de cartographie, nous essayons de couper par les quartiers populaires. Quel contraste avec l’oasis où tout était très « feutré ». Pourtant, dans ces rues qui ressemblent parfois à des bidonvilles, vivent certainement nombre de « petites mains » qui font fonctionner Huacachina. La rencontre de deux « mondes » au sein desquels nous déambulons…

La sortie d’Ica est longue et pénible. La chaussée est en partie défoncée et la circulation dense. Notre vigilance est à un état maximum, afin d’anticiper certains chauffeurs (notamment de bus) peu délicats. Nous retrouvons peu à peu le désert mais il est désormais « habité » par d’immenses vignobles dont les ceps poussent… dans le sable ! En cette période de vendanges françaises nous avons forcément une pensée pour nos amis de Cahors et les vendangeurs de Boissor.

Bien que la voie à côté de la route principale permette désormais de rouler un peu plus en sécurité, nous maintenons notre attention en éveil car chaque passage de camion nous transforme en cow-boy de rodéos aux allures de pantins sur des montures peu dociles. Les appels d’air sont parfois violents et nous demandent de garder fermement les mains sur le guidon.

Pour cette dernière étape, déjà longue en kilomètres, le vent de face sud-américain nous salue comme il se doit. Il ne fléchit pas et, au contraire, se renforce à l’approche de la côte. Mais nous sommes bien déterminés à toucher l’océan Pacifique dès ce soir et ces quelques semaines en altitude nous ont donné « la caisse ». Nous regardons les dernières dizaines de kilomètres s’égrener et apercevons enfin un léger rideau d’eau qui s’épaissit à l’horizon. Le Pacifique est désormais à portée de roues. Il vient marquer la fin de cette épopée cyclotouriste en Amérique du Sud et une courte parenthèse, sans vélo  , avant de rejoindre l’Amérique centrale et sa myriade de petits pays que nous avons hâte de découvrir.

En attendant, nous profitons d’une première soirée de détente.

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28 Septembre : Huacachina

Après la journée marathon d’hier, nous laissons tout le monde récupèrer un peu ce matin. Puis après le petit-déjeuner, nous partons, la planche sous le bras, faire du surf sur sable. Une belle découverte, de bonnes sensations, Esteban en redemande !

Le paysage est surréaliste. D’immenses dunes de sable partout où nous posons le regard et, au milieu, une lagune, véritable oasis du désert. Malheureusement, tout cela nous semble très vite « artificiel », les hôtels luxueux construits sur le pourtour du site, les restaurants à l’occidentale, les rabatteurs pour d’innombrables tours en buggy qui dévalent les dunes en toute impunité écologique…

Nous partons déjeuner sur Ica, à quelques kilomètres seulement, afin d’essayer de retrouver un Pérou plus authentique.

Au retour, nous ne résistons tout de même pas à ce luxe qui nous tend les bras et profitons pleinement de la piscine de l’hôtel, bien appréciable avec une telle chaleur.

Le soir, nous partons contempler le coucher du soleil du haut des dunes. Lalie et Esteban, surfers, ascendants Sandboarders, en profiteront pour redescendre sur leur planche.

Nous pensions, au départ, rester deux jours dans cette oasis, mais nous nous y sentons si peu à l’aise après ces semaines passées au coeur du Pérou, que nous repartirons dès demain. Direction le Pacifique, pour ce qui sera peut-être notre dernière étape cycliste en Amérique du Sud. En effet, l’objectif est de rejoindre Paracas, petite ville située en bordure d’un parc national, avant de prendre un bus pour Lima et éviter 250 km d’autoroute sans intérêt et au trafic dense.

Le départ vers le Mexique est prévu le 8 octobre prochain. Il nous reste 10 jours pour profiter pleinement des charmes de cette belle Amérique du Sud.

En bonus, une petite vidéo de notre « Brice de Nice » Lotois !

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27 Septembre : Palpa – Huacachina : 108 km ! (4 753 km)

Nous décidons de partir à la fraîche afin de profiter d’une température raisonnable pour gravir les principales difficultés de l’itinéraire du jour: Une première bosse de 2 km, puis une seconde qui semble pouvoir être évitée grâce à un tunnel. Au moment de nous engager vers ce raccourci un camionneur nous en dissuade. « La route est extrêmement pentue pour accéder au tunnel, mieux vaut prendre la route des camions qui monte moins » nous dit-il. Nous lui demandons si cela fait faire un gros détour et il nous assure que cela est à peu près pareil. A peu près pareil en camion en fait, car en vélo ça grimpe fort… et longtemps. La route des camions passe par le col, 6 km que nous mettrons pratiquement deux heures à gravir ! Même avec l’entraînement de ces derniers mois, certaines portions font monter rapidement l’acide lactique !

Arrivés enfin au sommet, nous sommes alors persuadés que nous venons d’hypothèquer toutes nos chances de pouvoir rejoindre Huacachina aujourd’hui. Nous nous restaurons au bas de la descente entre les orangeraies, les champs de coton et, plus surprenant, de belles rangées de cactus sur lesquelles s’affairent de nombreux ouvriers. Intrigués par cet étrange manège, nous nous renseignons auprès de l’épicier local afin de connaître l’objectif de ces cultures de cactus. Nous sommes stupéfaits et bien amusés à la fois par sa réponse. Ce n’est pas le cactus en lui même qui est intéressant. C’est en fait la cochenille qui élit domicile au sein du cactus qui intéresse les personnes. Ces cochenilles sont délicatement prélevées puis partent aux États-Unis afin d’être utilisées… dans la cosmétique ! Pas très vegan tout ça…

Nous nous élançons ensuite pour 60 km de désert. Pas un village, pas un magasin et seulement un nombre incroyable de sacs plastiques qui virevoltent au moindre coup de vent. Lalie est souvent effarée de l’état dans lequel les humains (dont nous également, donc…) laissent leur planète aux générations futures. Nous avons de belles discussions avec elle. Le réchauffement climatique, la pollution visuelle et olfactive, l’utilisation à outrance du plastique et les déchets ainsi engendrés sont autant de phénomènes dont nous sommes chaque jour, ou presque, des témoins contraints. Sa colère gronde déjà face à certains comportements. Nous réfléchissons ensemble aux gestes qu’il conviendrait d’adopter, pendant le voyage et à notre retour.

Il est pratiquement 15h00 lorsque nous en avons fini avec ce désert fort copieux. Nos estomacs eux sont vides . Pendant la pause déjeuner tout le monde voterait bien pour un arrêt, dès qu’une occasion se présentera. Une petite brise dans le dos s’avère bien agréable à la reprise. Nous engrangeons les kilomètres en visant Santiago, une petite ville située à une quinzaine de bornes.

Il commence à faire un peu moins chaud et tout le monde retrouve une énergie dont nous pensions être désormais dépourvus. En rentrant dans Santiago nous faisons la connaissance de Michel. Il est livreur de pain à vélo et fait chaque jour un grand circuit de 6 heures sur sa monture dépourvue de changement de vitesse. Respect ! Il pédale avec nous pendant plusieurs kilomètres, nous motivant pour aller ainsi plus loin. Il nous offrira deux grandes poches de pain avant de poursuivre sa tournée. Belle rencontre !

Nous entrons dans les faubourgs d’Ica. Il ne reste plus que 10 km, mais désormais c’est un contre la montre qui s’engage. Une course contre le soleil qui ne va pas tarder à se cacher derrière les immenses dunes qui masquent l’horizon. Nous appuyons, appuyons, appuyons…

Nous franchissons les portes de l’oasis de Huacachina au crépuscule. Il nous faut désormais trouver un endroit pour dormir dans cette antre touristique. Les hôtels sont tous plus luxueux, les uns que les autres. Les tarifs sont loin de ceux de l’altiplano. Nous tentons tout de même notre chance . Dans l’un d’eux, on nous indique qu’il y a la possibilité de dormir en dortoir. Vu la taille de la famille ils nous le laissent en exclusivité. C’est un peu annexé et agencé façon « chambre de bonne » mais cela nous permet ďe bénéficier de toutes les infrastructures de ĺ’hôtel dont un parking pour nos vélos et… une piscine ! C’est parfait !

Après cette longue journée de vélo (nous sommes partis à 6h30 pour arriver à 18h00 sans grandes pauses…) nous apprécions déjà la journée de repos qui nous attend demain et qui commencera donc par un lever un peu plus tardif…

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26 Septembre : Nasca – Palpa : 54 km (4 645 km)

Dès la sortie de Nasca, le décor est planté : c’est le désert ! L’un des déserts les plus arides du monde avec seulement… 30 minutes de pluie par an et pratiquement aucun vent. Ces deux éléments ayant permis, selon les experts, la conservation des géoglyphes  de Nazca pendant tant de siècles.

Les lignes laissées par la civilisation Nazca ont été seulement découvertes dans les années 1940, lors de survols commerciaux. Elles auraient été tracées entre – 200 avant JC et + 800 après JC. Il s’agit de faibles sillons visibles parfois sur des centaines de mètres, dont certains ont des formes particulières. Un colibri, un singe, un arbre… d’imposantes figures que Maria REICHE, archéologue passionnée qui a dévoué sa vie à ces lignes, a mis en concordance avec deux éléments : l’alignement des étoiles et les implantations des sources d’eau.

Il faut rouler une vingtaine de kilomètres avant de pouvoir monter sur une petite colline de laquelle on peut apercevoir les fameux sillons. Puis, quelques centaines de mètres plus loin, un mirador permet d’observer trois formes parmi les plus connues : l’arbre, les mains et le lézard (coupé par la route, celle-ci ayant été tracée avant la découverte des géoglyphes….).

Leur conservation est impressionnante. Les sillons sont pourtant très peu profonds mais le jeu de couleurs des différentes pierres permet une visualisation opimale.

Quelques kilomètres plus loin, à San Miguel de la Pascana, nous passons devant le Musée Maria REICHE. Lalie et Esteban sont subjugués par l’histoire de cette grande dame qui a consacré une grande partie de sa vie à la protection et à la mise en lumière de cet incroyable travail réalisé par la civilisation Nazca. Ils insistent donc pour visiter ce bel espace qui présente ses travaux et son cadre de vie. Maria REICHE, de nationalité allemande puis péruvienne, est morte en 1998 à l’âge de 95 ans, après avoir voué près de 60 ans de sa vie aux géoglyphes  de Nazca.

Lalie et Esteban n’oublieront pas facilement cette belle rencontre posthume.

Nous avons pris le temps ce matin et la chaleur du désert est désormais étouffante. Nous trouvons, difficilement, un petit coin ombragé pour partager le pique-nique. Il nous reste encore une vingtaine de kilomètres à parcourir avant Palpa, seule oasis à proximité, avant de repartir pour une bonne portion de désert.

Sur la route, nous nous abrevons de jus d’oranges fraîchement pressés que proposent de nombreux chalands. C’est frais, c’est bon et c’est suffisamment vitaminé pour nous redonner de l’énergie, à chaque fois, pour quelques kilomètres.

Nous arrivons enfin à Palpa. Il fait toujours aussi chaud. Nous nous posons et étudions les prochaines étapes. L’oasis de Huacachina est à plus de 100 km. Y arriverons nous en une. deux ou trois journées ? Réponse… demain !

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25 Septembre : Nasca

Cette journée de pause arrive parfaitement bien. Après ces belles journées en altitude, nos corps ont besoin de se régénérer.

Christophe en profite pour perdre quelques centaines de grammes de poils… en allant chez le barbier ! Lalie et Esteban font une double séance de travaux scolaires. Valérie prend soin de la propreté de notre garde robe et Naïa continue à jouer… en se faisant toucher les cheveux par nombre de passants (elle ne va pas tarder à en avoir  marre… et nous savons qu’en Asie ce sera certainement pire…).

Les rues de Nasca sont animées. Dans 15 jours auront lieu les élections locales et régionales. La grande compétition bat donc son plein. Et il s’agit bien d’une course effrénée, à grands renforts de communication en tout genre. Dans un pays où de nombreux habitants n’ont pas encore accès à l’eau potable, il est d’autant plus difficile de voir les sommes folles dépensées par les différents candidats. Ici tout s’achète ! Les façades des maisons sur lesquelles on peint le nom et le logo des candidats (un véritable désastre visuel !), les voitures des taxis et des particuliers également ornées des logos… et même les personnes pour défiler et faire du bruit dans la rue. Les sommes ainsi investies par les postulants et les entreprises qui les financent sont vues avec beaucoup de désarroi par un grand nombre de Péruviens avec lesquels nous avons pu parler « politique ». Qu’ils n’y croient plus est un doux euphémisme. Pour eux, le pays est enfermé, à tous les niveaux, dans une spirale de corruption. Chaque élu à des dettes vis à vis de ses différents soutiens qu’il devra rembourser d’une manière ou d’une autre par la suite. Et, contrairement à d’autres pays, tout cela se fait de manière apparente…

Des voitures hurlant le nom des candidats et des chansons revisitées pour l’occasion passent toutes les 5 minutes dans la rue, à n’importe quelle heure de la journée… ou de la nuit. Dans cette campagne agressive, nous n’avons jamais entendu l’ombre d’un programme électoral (hormis que chacun indique, qu’avec lui, la corruption « c’est fini » !).

En fin d’après-midi, nous nous rendons au planétarium de Nasca afin d’y observer quelques belles planètes de notre système solaire. Nous en apprendrons également beaucoup sur les fameuses lignes de Nazca dont nous pourrons avoir un aperçu demain sur la route du Pacifique.

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Un reportage audio offert par « voice4ever »

Christophe DELRIVE a entendu parlé de notre voyage itinérant grâce à Raymonde et Michel GARCIA. Il nous a rapidement contacté afin de nous proposer, gracieusement, de nous enregistrer régulièrement et ajouter ainsi du son aux textes et photos déjà diffusés.

Le premier enregistrement a eu lieu en altitude dans des conditions très difficiles. Mais les qualités techniques et humaines de Christophe DELRIVE ont permis de relever le défi.

Nous avons donc le plaisir de partager avec vous le premier épisode de cette série audiophonique :

http://www.voice4ever.eu/fr/podcast/

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24 Septembre : Pampa Galeras – Nasca : 96 km (4 591 km)

Cette dernière nuit en altitude aura donc eu lieu dans l’un des dortoirs mis à disposition des voyageurs par les volontaires du parc national de Pampa Galeras. L’une de ces volontaires se propose justement, ce matin, d’être notre guide afin de découvrir le très intéressant centre d’interprétation.

On peut y voir de nombreux animaux naturalisés afin de mieux comprendre leur interaction avec ce milieu naturel dans lequel évoluent les vigognes. Ce centre a été créé il y a 51 ans par une Lettone, Barbara D’Achille, qui fut ensuite assassinée par un groupuscule Péruvien. Outre les vigognes, les volontaires qui passent en moyenne six mois sur le site, prennent soin de nombreuses autres espèces comme les guanacos (en voie d’extinction) ou les vautours (dont le rôle indispensable pour lutter contre la propagation des maladies n’est plus à démontrer).

Durée de gestation, habitudes alimentaires, prédateurs… nous voilà désormais plus renseignés afin d’observer les dizaines de vigognes que nous aurons encore la chance d’observer de très près aujourd’hui.

Nous les observerons notamment sur les premiers kilomètres en faux plat montant qui nous conduiront vers une longue traversée , à flanc de falaise, surplombant ainsi un vertigineux canyon.

Puis, au bout d’une trentaine de kilomètres, la descente dont tout le monde nous parlait depuis un petit moment s’offre à nous. Une longue descente qui nous permettra de passer de 3 900 mètres à 500 mètres d’altitude en moins de deux heures ! C’est vertigineux et nous nous arrêtons tous les 10 km lors de cette plongée, non pas pour effectuer des paliers de décompression mais pour oberver les changements de notre environnement. De la végétation rase de l’altiplano, nous retrouvons un peu de végétation avant de finir dans un vaste paysage désertique. Nous longerons d’ailleurs la dune de sable de cerro blanco, la plus haute dune de sable du monde qui culmine à 2 080 mètres d’altitude. Imposante !

Dans cette longue descente nous pourrons également vérifier qu’il est possible de regonfler le pneu d’un gros 4×4 avec une pompe à vélo en essayant de prêter main forte à une famille en galère.

Plus nous decendons, plus nous sommes assommés par la chaleur. Nous qui étions, encore cette nuit, blottis dans nos épais duvets, nous voilà désormais à chercher le moindre coin d’ombre à chaque arrêt.

Une piste cyclable permet de rejoindre le centre ville de Nasca qui a presque des allures de station balnéaire. Nous sommes pourtant à plus de 250 km du Pacifique.  En attendant de poursuivre notre route qui nous fera passer par les fameuses lignes de Nasca, après-demain, nous ferons une pause d’une journée dans cette ville.

Après l’acclimatation à l’altitude, voici venu le temps de l’acclimatation à la chaleur…

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23 Septembre : Lucanas – Pampa Galeras : 43 km (4 495 km)

En nous levant ce matin nous savons que la journée va être physiquement intense. Nous savons également qu’il s’agit de notre dernière grosse étape andine.

Nous nous élançons dès 7h30 pour quelques kilomètres de descente avant d’attaquer notre dernier grand col. 28 kilomètres, 1 200 mètres de dénivelé positif avec quelques pentes entre 10 et 20 %… il nous faudra plus de 6h00 de selle (et de siège !) pour en venir à bout.

Entre temps, nous aurons, une nouvelle fois, savouré ces superbes paysages de montagne qui s’offrent à nous. Nous aurons également assisté, totalement impuissants à une catastrophe naturelle. En effet, alors que nous venons de boucler le 10ème kilomètre de cette longue montée, nous apercevons un gros nuage de fumée un peu plus haut. Quelques lacets plus tard, nous constatons que la montagne est en feu. Le vent qui s’est levé porte les flammes vers les sommets alors que les bords de la route ne sont plus qu’un tas de cendres. Dans cette vision apocalyptique nous assistons à une scène surréaliste. Une dame, seule, en bordure immédiate du feu s’évertue à essayer d’éteindre l’incendie avec une couverture mouillée. Le feu s’étend déjà sur plusieurs centaines de m2 et le vent s’intensifie. Devant son désarroi nous essaierons de lui venir en aide en montant des seaux d’eau à l’aide de la carriole. Nous essayons également de discuter avec cette dame afin d’essayer de lui apporter un maigre réconfort. Mais elle nous explique, en pleurs, que l’incendie est sans doute d’origine criminelle, qu’il n’y a pas de pompiers dans cette region du Pérou et qu’elle ne peut se résoudre à regarder le feu emporter sa colline.

Le feu s’étend très rapidement et le vent tournoyant commence à répandre une épaisse fumée. Il est temps de partir afin d’éviter de nous retrouver cernés par les flammes ou incommodés par la fumée. Les hectomètres suivants se feront en pédalage accéléré…

Un petit village était annoncé sur la carte, 8 km avant le col. En fait de village, il ne s’agit que d’une épicerie (fermée !) et d’un poste de péage. Ce dernier possède une salle confortable mise à disposition des voyageurs. Nous nous y installons et faisons les fonds de sacs afin de trouver quelques denrées à partager. Nous mangerons mieux ce soir…

Nous attaquons la dernière partie du col, l’estomac léger et le coeur rempli d’ambiguïté entre la satisfaction d’en avoir bientôt fini avec ces cols Andins et la nostalgie de faire nos derniers tours de roue dans ce massif qui nous aura apporté tant de satisfactions.

Nous passons une dernière fois la barre des 4 200 mètres. Les enfants se mettent alors à chanter « on a fini les cols, mais on n’ a pas fini l’école ! ».

Nous pénétrons dans le parc national de Pampa Galeras qui abrite la plus grande concentration de vigognes au Monde. Et effectivement, dès les premiers kilomètres leur concentration en bord de route est incroyable. Ils nous regardent, impassibles, en train de descendre afin d’atteindre une amplitude relative à l’altitude qui nous permette de rester dans les normes préconisées.

Nous arrivons enfin au centre d’interprétation et au musée du parc. Ce lieu est connu des cyclovoyageurs et figure comme l’un des bons plans transmis lors des multiples rencontres. En effet, des dortoirs sont mis gratuitement à disposition des cyclovoyageurs. De nombreux volontaires travaillent ici et assurent à chaque fois un accueil chaleureux en ce lieu situé de part et d’autre après de nombreux kilomètres de montée.

C’est encore notre cas ce soir. Un bel accueil qui favorise la récupération avant la belle descente qui nous attend demain vers Nazca.

Ce soir, les enfants, heureux de dormir dans ce dortoir reprennent en boucle le refrain de la chanson « frits confits » de Massilia Sound System. Ils ont encore de l’énergie… eux !

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22 Septembre : Puquio – Lucanas : 29 km (4 452 km)

Un réveil un peu plus tardif pour certains, un enregistrement audio pour d’autres, nous prenons un peu plus de temps ce matin.

Après un petit-déjeuner fruité, partagé dans le couloir de l’hôtel, nous arnachons enfin nos affaires sur les vélos et quittons la place centrale fort bruyante en raison d’un débat public entre les prétendants à la Mairie locale.

Pas le temps de s’échauffer, ça monte dès la sortie de Puquio. 9 km que nous effectuerons sans gros problème, les pentes étant accessibles et notre  forme affinée par ces dernières semaines de cols.

Nous nous arrêtons en haut de la montée principale pour grignoter et croisons notre cyclovoyageur du jour. Christian est Colombien, un grand sourire et un plaisir affiché de partager cette pause avec nous. Il est parti de chez lui il y a quelques mois pour rejoindre Buenos-Aires. Il nous parle de son pays avec passion, de la place laissée au cyclisme dans cette nation qui a vu naître de grands champions comme Lucho Herrera ou Naïro Quintana et de l’accueil chaleureux réservé aux cyclovoyageurs.

De nombreuses autres personnes nous ont souvent décrit la Colombie comme étant le meilleur pays d’Amérique du Sud pour voyager à vélo. La spontanéité et l’accueil réservés par ses habitants est une réalité qui a dépassé les frontières. S’il avait été possible de traverser le Darien à vélo, nous aurions sans doute opté pour un passage dans ce pays. Ce sera pour une autre fois…

Nous arrivons à Lucanas vers 14h00 avec l’idée d’y faire une courte pause déjeuner avant de faire quelques kilomètres supplémentaires et d’attaquer le grand col qui nous attend demain. La pluie viendra doucher notre ambition et plus les minutes passent, moins nous avons envie de nous élancer à nouveau sous ce temps capricieux.

Nous avions prévu de camper, mais mieux vaut dormir au sec ce soir et tenter un départ matinal demain. Nous trouvons un hospedaje qui nous permettra de passer le reste de la journée au sec. L’occasion de faire une nouvelle séance de travaux scolaires et de se détendre, avant notre dernière grosse journée de montagne qui se profile demain.

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21 Septembre : Puquio

Cela fait bien longtemps que nous ne nous étions pas posés, par choix. Cette pause est donc la bienvenue avant d’attaquer notre dernier col andin.

Avoir un peu de temps permet de s’occuper de tâches essentielles : la lessive, la réparation de matériels… en délicatesse… et de faire un peu d’activités scolaires (c’est fou ce que les enfants peuvent effectuer comme travail, en une heure, lorsqu’ils sont concentrés…).

Ces pauses nous permettent également d’échanger, de partager nos impressions. Ces derniers jours, dans la montagne, nous ont permis d’observer et de partager, un tout petit peu, les conditions de vie de la population locale. La rudesse du climat (et encore nous sommes à une saison clémente), l’habitat réduit à son stricte minimum (4 murs, 1 toit, pas de chauffage, pas d’eau courante et les toilettes… dans la cabane au fond du jardin), des vêtements pas toujours adaptés aux températures ressenties à cette altitude, peu ou pas de choix dans les magasins… autant d’éléments qui contrastent avec les conditions de vie en Europe.

Une autre observation a également marqué Lalie et Esteban : un grand nombre d’enfants de leur âge travaillent déjà. En plus de leur scolarité à la demi-journée ils tiennent le magasin familial, s’occupent des animaux ou encore, comme ici à Puquio… cirent des chaussures ! L’enfance perd alors sa part d’innocence.

Les échanges que nous pouvons avoir sur ces faits sociétaux sont d’une grande richesse, tant pour les enfants que pour les parents.

En fin d’après-midi c’est feu d’artifice et danses dans les rues. Les collégiens fêtent le printemps dans une ambiance très bon enfant. Nous nous joignons à eux pour quelques rondes…

Ce soir nous dînons avec deux cyclovoyageurs français rencontrés à la mi-journée sur la belle place centrale de Puquio. Annaëlle et Aurélien sont partis fin mai, de Carthagene, en Colombie, et descendent… vers Ushuaïa ! Ils ont connu une mésaventure à Lima où ils se sont fait voler, à la gare, leur sacoche comprenant passeports, cartes de crédit, appareil photo…

Ils ont pu bénéficier du soutien de l’Alliance Française dans cette épreuve et ont positivé. Encore deux sympathiques voyageurs avec lesquels nous aurions aimé pédaler quelques jours.

Demain, nous repartons pour deux à trois jours de montée avant de se laisser descendre vers Nazca puis vers le Pacifique.

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20 Septembre : Condorcoccha – Puquio : 95 km ! ( 4 433 km)

Le chant du coq et un secret désir d’arriver dès ce soir à Puquio, afin de goûter enfin à une journée sans montée, nous motivent pour partir tôt. Le petit-déjeuner est lui bien frugal, une grande partie de nos réserves alimentaires ayant été consommées hier soir. Le réchaud a décidé de faire grève à cette altitude. C’est donc dès 7h00 du matin que, bien couverts afin de supporter des températures encore fraîches (8°), nous poursuivons notre route.

Le premier objectif est d’atteindre Negro Mayo, à une quinzaine de kilomètres, afin de se ravitailler et de partager un petit-déjeuner plus copieux. Trois bosses sont au programme en ce début d’étape. Trois côtes de 2 km qui nous font, à chaque fois, repasser au-dessus de la barre des 4 500 mètres d’altitude. La première intervient juste avant Negro Mayo, mais portés par notre élan et la beauté des paysages nous convenons de faire la pause en haut de la deuxième bosse… puis de la troisième ! Il est déjà 10h00 et nous en profitons pour nous faire un petit « brunch d’altitude ». Nous avons trouvé du fromage, du pain, du chocolat et plein de fruits à Negro Mayo, de quoi se rassasier avec bonheur devant ce paysage toujours aussi époustouflant.

Il nous reste encore plus de 400 mètres de dénivelé positif, répartis sur les 40 km suivants . Une fois de plus, nous prenons conscience de l’incroyable pouvoir du cerveau. Car ce n’est plus avec nos jambes, usées par les efforts consentis ces derniers jours, que nous pédalons. Désormais, seul le mental peut nous faire avancer. Cette aventure nous apprend chaque jour à le muscler et bien que nous ne soyons pas à l’abri d’une défaillance, il reste notre meilleur moteur pour continuer à avancer lorsque la pente se fait à nouveau raide.

Les camionneurs péruviens participent à cet effort mental. Ils sont très nombreux depuis Cusco à nous adresser des petits coups de klaxon d’encouragement ou à lever le pouce lorsqu’ils nous croisent. Difficile alors de poser pied à terre devant leur enthousiasme. Certains s’arrêtent pour prendre une photo et discuter. Nous prenons alors le temps de nous arrêter, de les saluer et d’échanger avec eux. D’autres, conduisent d’une main, tout en nous filmant de l’autre. Un peu plus risqué mais la circulation est faible sur cet itinéraire. D’autres, enfin, s’arrêtent pour nous tendre quelques oranges s’inquiétant de nous savoir à cette altitude à vélo. Tous ces signes d’affection auront permis à notre mental d’accomplir un nombre considérable de kilomètres.

Le paysage également nous porte. Il fait partie de ces pensées positives, tant il est magnifique. Nous découvrons au détour d’une côte un lac d’alitude, puis de nombreux autres. Des vigognes broutent l’herbe généreuse qui poussent en leur bord tandis, qu’à quelques mètres, des flamants roses barbotent et s’envolent parfois à notre passage.

60 km, une dernière belle montée nous attend. Il est 14h00 et la promesse d’un nouveau « brunch d’altitude » au sommet permet, là encore, à notre cerveau de guider nos muscles. Nous savons alors qu’il nous reste 35 km de faux plat descendant puis de descente vers Puquio. Nous savourons !

Soudain, en levant la tête, nous apercevons une énorme nuage noir qui approche à grand vent. Le temps peut changer très vite dans cette region, les averses de neige sont fréquentes et la perte soudaine de dizaines de degrés est complexe à gérer. Nous ne perdons pas de temps et partons pour un véritable contre la montre, le nuage noir se rapprochant tandis qu’au sol un vent contraire ralentit notre progression. Nous relançons entre chaque courbe et atteignons enfin une partie très descendante. Nous semons le cumulo nimbus dans de magnifiques courbes au milieu des rochers. Nous arrivons à Puquio… il ne nous rattrapera plus.

Puquio est situé sur une colline. Il faut donc grimper encore un peu afin de rejoindre le centre ville. Là, nous trouvons un petit hôtel avec douche tiède et du Wifi dont nous avons été sevrés depuis près d’une semaine.

Depuis Cusco ce sont 11 845 mètres de dénivelé positif que nous avons dû grimper en 12 jours. Il est temps de laisser reposer nos corps et de regonfler notre mental. Allez, ce soir : c’est pizza !

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19 Septembre : Avant Pampahuasi – Condorcoccha : 36 km (4 338 km)

La courageuse qui est sortie voir le thermomètre sur le compteur à 3 heures du matin a observé un : – 13,5° ! Forcément, avec une telle température, qui baissera encore par la suite, nous sortons de notre « zone de confort ». Malgré toutes les couches superposées, chaussettes, bonnets et gants pour certains, il fait encore un peu « frisquet » dans nos duvets pourtant bien chauds (- 10 ° pour les enfants et – 5° pour les adultes). Alors nous discutons et attendons impatiemment 5h30 que le soleil fasse son apparition pour réchauffer notre toile de tente.

La sensation ressentie lorsque l’habitacle se réchauffe, grâce à la lumière du jour, est divine. Le meilleur moment de cette courte nuit ! Nous décongelons en douceur  et partageons ensuite le petit-déjeuner pendant que toiles et duvets sèchent au vent. Le panorama nous paraît encore plus splendide qu’hier soir. De magnifiques concrétions de sable laissent apparaître des formes féeriques tandis que se dressent devant nous des cônes de roches, à la façon des demoiselles coiffées.

Une fois ce délice visuel enregistré dans nos mémoires, nous ne tardons pas pour reprendre la route. Une grosse étape nous attend encore aujourd’hui avec deux cols… à plus de 4500 mètres !

Nous commençons d’ailleurs par 10 km de montée. Nos corps ont du mal à démarrer, fatigués par des efforts répétés et des nuits qui ne sont pas suffisamment récupératrices. Nos sentiments virevoltent allant du « P….., qu’est ce qu’on a été se mettre dans cette galère ! » à « P….., qu’est ce que c’est beau, quelle chance nous avons d’être tous là ensemble ! ». Nous avançons lentement , mais nous avançons et nous atteignons enfin le premier col à 4 567 mètres. Nous redescendons pour retomber autour des 4 200 mètres et en profitons pour déjeuner avec un plat chaud. Les pentes du second col nous font face, dès la sortie du village. A nouveau 11 km à gravir. Rarement nous aurons mis nos organismes dans de telles limites. Si l’itinéraire que nous avons emprunté entre Santiago du Chili et Cusco est accessible  à une grande partie de la population, cette portion entre Cusco et Nazca est à réserver aux plus entraînés… ou aux plus légers !

Nous essayons d’accumuler des pensées positives pour ne pas nous laisser submerger par le découragement. C’est là aussi que l’esprit de famille revêt toute son importance. Les encouragements des uns, les poussettes des autres, les calins prodigués à la fin de chaque difficulté sont une ressource qui permet de gravir bien des montagnes.

4 581 mètres, nous y sommes ! Nous avions projeté de faire une quinzaine de kilomètres en plus, afin d’essayer de rallier Puquio après-demain, mais la prudence invite au repos. Nous parcourons donc quelques hectométres et trouvons un hameau quasi-désert. Nous sollicitons les quelques passants que nous trouvons et arrivons à dégoter deux petites pièces pour 20 Soles (5 Euros). Ce n’est pas isolé et il ne faut pas être très regardants sur la propreté. Nous sommes encore à près de 4 500 mètres et mieux vaut être à l’abri cette nuit…

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18 Septembre : Promisa – Avant Pampahuasi : 34 km (4 302 km)

Nous sommes prêts de bonne heure pour affronter les « 7 curvas », notre plat de résistance du jour. Nous visons la deuxième courbe comme lieu de partage du petit-déjeuner. Nous apercevons encore la rivière que nous avons remontée pendant plusieurs jours et que nous venons de quitter pour nous élancer vers les sommets.

Des vizcachas viennent animer ce premier repas de la journée. Ils ressemblent à des lièvres avec des queues d’écureuil et sont d’une agilité remarquable. Ils sautent de rocher en rocher et parfois se figent, en nous regardant, telles des marmottes. Lalie immortalise ce moment et passera d’ailleurs une bonne partie de la journée à jouer à la photographe animalière.

Naïa, elle, profite de ces plus grandes toilettes du monde pour apprendre la propreté. Elle réclame de plus en plus souvent de défaire sa couche lors des pauses (ou se l’enlève toute seule dans la carriole) et surtout demande à ce que personne ne l’aide en disant  » comme Lalie ! ». Cet apprentissage de la propreté est une bonne chose, le seul problème étant que Naïa n’apprécie pas trop de faire ses besoins dans des toilettes traditionnelles. Lorsque nous sommes hébergés, elle réclame d’aller dehors ou refuse généralement de faire son petit pipi.

Les 700 mètres de dénivelé seront, une nouvelle fois, durs à gagner. Quelles leçons nous donnent, à chaque fois, la montagne et le vélo. Cela force à l’humilité et nous rappelle notre modeste condition d’être humain. L’effort déployé est, en partie, compensé par la beauté du paysage. A chaque courbe atteinte, la vision se fait encore plus panoramique. Les sommets enneigés nous font bientôt face. Le col est en vue !

4 235 mètres, nous nous arrêtons pour nous congratuler après une dernière séance de « walk and bike ».

Dans les premières centaines de mètres qui suivent, nous croisons Douglas, cyclovoyageur Brésilien qui voyage depuis deux ans et demi et 20 000 km sur un vélo de ville en Amérique du Sud et centrale. Respect !

Nous nous arrêtons au village qui suit, afin de manger chaud, un petit vent frais s’étant levé.

Nous poursuivons notre route, ravis de retrouver quelques portions qui ne nous obligent pas à forcer à nouveau. C’est vallonné et la végétation rase nous rappelle celle de l’altiplano bolivien. Nous retrouvons également des alpagas par centaines.

C’est d’ailleurs près d’un troupeau que nous établirons notre campement après avoir essuyé une belle tempête de sable.

L’occasion de tester notre matériel dans des conditions extrêmes puisque nous sommes à plus de 4 300 mètres d’altitude.

En bonus, notre montage de tente du soir en timelaps :

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17 Septembre : Chalhuanca – Promisa : 33 km (4 268 km)

Les équipées cyclistes se préparent. Denis et Pascale d’une part et la VeLove Family d’autre part. Il y a une émulation et une solidarité portant chaque voyageur. Nos routes vont en sens contraire aujourd’hui mais l’esprit lui, est le même.

Nous profitons de l’agitation de cette petite ville pour faire des provisions de fruits (Esteban est fan d’abricots et Naïa de raisin) et de pain que nous mangerons en tartines, assis sur l’herbe, à la sortie de la ville.

Pour la quatrième journée consécutive nous poursuivons notre longue remontée de la vallée. C’est toujours aussi beau ! Des paysages « alpins » peuplés de vaches et fracturés par de superbes cascades qui offrent un effet rafraîchissant, bienvenu dans cette journée bien chaude !

Nous remontons au-dessus de la barre des 3 500 mètres et le thermomètre dépasse allègrement les 35 °. Nous essayons d’accumuler au maximum la sensation de chaleur car nous savons que, dès demain, nous retrouverons certainement des températures négatives, au moins la nuit.

En effet, après ces 150 kilomètres de montée le long de la vallée, une montée plus abrupte du col nous attend. Depuis plusieurs jours, on nous parle des « 7 Curvas » comme s’il s’agissait d’un mur infranchissable pour nous autres cyclovoyageurs bien chargés. Nous ne comptons plus le nombre de personnes qui nous enjoignent de monter dans un camion afin de passer cette difficulté. Mais nous savons que d’autres l’ont fait et la perspective de rejoindre les hauts plateaux Péruviens par nos propres moyens ne nous effraie pas encore. Nous verrons donc demain : 7 virages sur 13 km avec 700 mètres de dénivelé positif pour un passage de col à plus de 4 200 mètres.

Nous avons donc visé le bas de cette grosse côte pour nous arrêter pour la nuit. Une fois encore, nous sommes accueillis très chaleureusement par la population locale. Notre mascotte, Naïa, passe de bras en bras avant de trouver des copines. Les grands , eux aussi, trouvent des copains et de nombreux animaux à caresser.

Le réchaud tourne à nouveau (presque) à fond, pour offrir une bonne plâtrée de pâtes à chacun. Des sucres lents que nous dépenserons dans ces fameuses « 7 curvas ».

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16 Septembre : Molino Pampa – Chalhuanca : 31 km (4 235 km)

Nous nous réveillons dans notre petite hutte avec l’activité du voisinage qui se met en route. Nous participons ainsi à la préparation du fameux chicharron au feu de bois.

Encore une famille bien sympathique qui nous a ouvert ses portes et permis de regagner un peu d’énergie. Nous embrassons Doña Flora et sa famille et partons poursuivre notre longue remontée de la vallée. Quelques problèmes de freins (ça monte mais si en plus ça freine tout seul, ça va finir par être compliqué !) et des portions de routes qui se sont écroulées (pas toujours très rassurant !) nous obligeant à emprunter des déviations parfois chaotiques, ralentissent notre progression déjà lente.

L’objectif de rejoindre Chalhuanca à la mi-journée et de pouvoir ainsi bénéficier d’une après-midi plus tranquille motive les troupes et vers 13h00 le panneau de cette petite ville est enfin en vue.

Nous déjeunons sur la place avant de chercher un hébergement qui nous offrira de bons lits et une douche presque chaude.

Nous profitons de tout ce « luxe » car nous savons qu’il nous reste 4 belles étapes de montagne avant de descendre enfin vers Puquio. Il nous restera alors 1 200 mètres de dénivelé à « avaler » avant d’entamer la longue descente vers Nazca.

En fin d’après-midi deux cyclovoyageurs s’installent dans le même hôtel que nous. Denis et Pascale sont Alsaciens et sont partis des Etats-Unis, il y a 7 mois, dans le but de rejoindre… Ushuaïa ! Nos routes se croisent donc dans ces montagnes péruviennes au sein desquelles nous partageons le repas en échangeant impressions et bons plans sur ces mois de voyages. Encore une bien sympathique rencontre.

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15 Septembre : Yacca – Molino Pampa : 58 km (4 204 km)

Nous avons un peu de mal à sortir la tête de la tente ce matin. Malgré le soleil qui vient réchauffer la toile, nous profitons de quelques minutes de sommeil complémentaire. Nos jeunes voisins émergent également les uns après les autres. Bientôt le mégaphone viendra sonner l’heure du rassemblement…

Nous prenons notre temps, partageons le petit-déjeuner et passons un bon moment avec cette délicieuse famille qui gère le site. Les enfants auront même le privilège de faire un tour au sein de l’élevage de cochons d’inde (les fameuses « cuyes » !), plus de 300 boules de poils que les enfants peinent à imaginer dans des assiettes.

Nous sommes encore les témoins de la belle générosité des Péruviens. Au moment de partir, on nous offre un sac rempli d’oranges juteuses et délicieuses. Quelques centaines de mètres plus loin, c’est l’ėpicière avec laquelle nous avions sympathisé hier, qui nous arrête pour nous offrir une barre de chocolat à chacun ! Dans la journée nous recevrons également un sachet de fèves grillées et du Coca frais!

Nous poursuivons notre lente remontée, longeant toujours cette large rivière aux reflets émeraude. Le temps est couvert et nous offre ainsi une température idéale pour rouler.

Au bout de 35 km nous arrivons à Santa Rosa. Nous y croisons deux nouveaux cyclovoyageurs : un couple de Neo-zélandais parti d’Alaska, il y a deux ans, et en route pour Ushuaia, en empruntant quasi-exclusivement des sentiers, sur leurs vélos de voyage en mode ultra-léger.

Nous déjeunons et nous interrogeons sur le choix à faire : soit rester dans ce village et faire une grosse étape demain pour rejoindre Chalhuanca, soit poursuivre un peu, en sachant que le prochain village se trouve en amont à plus de 26 km.

Nous décidons de poursuivre notre route mais notre ambition sera peu à peu rattrapée par la fatigue. Les kilomètres se font de plus en plus longs, la route semble coller sous nos pneus et nos jambes peinent à appuyer avec force sur les pédales.

Il reste 5 kilomètres. La nuit ne va pas tarder à tomber. Ce qui pourrait être une formalité en temps normal, nous semble, à cet instant, d’une rare difficulté.

Une paillotte sur le bord de la route propose des boissons. Nous nous y arrêtons afin de retrouver un peu d’énergie. Les dames qui tiennent cette « Chicharroneria » (plat local à base de gras de porc) nous propose de rester ici pour la nuit. Nous acceptons volontiers . Cette perspective de passer ce qu’il reste de la soirée avec elles, nous enchante.

Notre tente étant trop grande pour tenir devant le restaurant, nous dormirons à même le sol dans l’annexe ouverte de la cuisine. Nous patageons le repas avec Doña Flora, ses deux filles et ses deux petites filles puis allons regagner nos duvets. Demain, la Chicharroneria ouvre à 5 heures du matin !

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14 Septembre : Abancay – Yacca : 40 km (4 146 km)

Choisir des hôtels bon marché, en centre ville, est parfois risqué. Ce matin, nous en faisons encore l’amer constat. Entre l’amoureux éconduit qui frappe à la porte de son espérée jusqu’à en faire trembler tout l’édifice et le couple très alcoolisé qui, à 3 heures du matin, s’invective dans le patio jouant la caisse de résonance, nous sommes servis !

Le départ d’Abancay se fait donc d’un oeil ! Une belle descente nous offre de l’air… et une chaleur à laquelle nous ne sommes plus habitués. Depuis bien longtemps, nous ne sommes pas descendus sous les 2 000 mètres d’altitude . Même si nous savons qu’une longue remontée nous attend, nous profitons de ces températures quasi-estivales.

Nous longeons une rivière qui s’écoule au fond d’un large canyon. C’est magnifique.  La circulation  modérée ainsi qu’une large bande roulante sur le bord de la chaussée permettent de jouir de ces paysages, en toute tranquillité.

Nous remontons doucement. Ce ne sont que les prémices de ce qui nous attend pour les prochains jours. Plus de 150 kilomètres de montée qui nous ramèneront peu à peu sur de hauts plateaux.

Nous décidons donc de gérer nos forces et d’avancer très progressivement sur cet itinéraire qui s’annonce éprouvant. En début d’apres-midi nous arrivons au camping de Yacca. Une belle plaine arborée et un accueil très chaleureux de la propriétaire des lieux  confirment l’intérêt de finir notre journée dans cet espace qui abrite de nombreux arbres fruitiers bien exotiques pour nous. Des mangues, des bananes, des papayes et bien d’autres douceurs poussent ici, appelant à la vigilance ceux qui souhaitent se reposer à l’ombre des arbres mais délivrant des odeurs bien agréables.

Lalie et Esteban feront  une séance scolaire quelque peu exotique (mais très studieuse !) avant de jouer dans ce bel espace où, tout d’un coup, arrivent des mini-bus chargés d’adolescents qui viennent s’installer pour un camp printanier…

La grosse nuit de récupèration se trouve compromise en quelques secondes…

Qu’à cela ne tienne, nous passerons le reste de la journée avec ces jeunes. Dans une ambiance proche du scoutisme, de l’aumonerie ou encore de l’odyssée de l’Espoir, les animateurs enchainent les jeux visant à créer du lien entre tous les participants. Naïa devient vite la mascotte tandis que Lalie et Esteban participent aux danses et jeux d’intégration, ce qui laisse du temps aux parents pour essayer de réparer le matériel défectueux et préparer le repas.

La veillée qui suivra, à quelques mètres de la tente, et surtout « l’after » nous rappeleront quelques souvenirs des merveilleux moments que nous avons eu la chance de vivre durant notre adolescence. Nous attendrons donc encore un peu pour des nuits plus reposantes…

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13 Septembre : Antarcica – Abancay : 46 km (4 106 km)

Plus que fraîche, la nuit fut humide ! La tension de la tente a fait défaut cette nuit et quelques duvets se retrouvent bien mouillés au petit matin. Tout le monde semble toutefois avoir emmagasiné assez d’heures de sommeil pour finir le col ajourd’hui.

Un épais brouillard monte de la vallée et rend difficile le séchage de la tente et des affaires. Dès le petit-déjeuner terminé, nous replions donc tout, en prévoyant un séchage plus approfondi dans la journée.

Il nous faudra encore quasiment deux heures pour arriver au bout de ce nouveau passage à plus de 4 000 mètres d’altitude. Nous avalons quelques fruits et barres chocolatées avant de nous habiller pour la descente… et nous laisser glisser.

Après quelques courbes nous faisons encore une bien belle rencontre : une famille de cyclovoyageurs français qui monte dans l’autre sens. Ces Picards sont partis depuis un mois de Lima pour rejoindre… Santiago du Chili ! Ils effectuent donc notre itinéraire à l’envers. Jérôme, Nathalie, Arthur et Robin sont également partis pour un an et après l’Amérique du sud iront en Nouvelle-Zélande avant de rallier l’Asie du Sud-Est. Peut-être aurons-nous  le plaisir de les croiser à nouveau, car ces quelques dizaines de minutes passées en leur compagnie ont été fort agréables. Les points communs entre nos deux périples et les manières de l’appréhender semblent nombreux.

Nous descendons ensuite vers Abancay, 35 kilomètres de descente ! Ça décoiffe et fait presque oublier ces 3 journées de montée ! Mais nous savons que, dès demain, nous commencerons à remonter dans l’autre sens afin de poursuivre nos montagnes russo-péruviennes.

Abancay est l’une des dernières grandes villes sur notre parcours, avant Lima. Nous hésitons à nous y poser une journée, mais finalement préférons continuer notre parcours, dès demain, afin d’envisager de courtes étapes pour les montées qui nous attendent.

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12 Septembre : Curahuasi – Antarcica : 29 km (4 060 km)

La nuit fut meilleure pour tout le monde . Nous sommes prêts, relativement tôt , pour attaquer la longue montée qui s’annonce. Les premières pentes sont douces et nous sommes « presque » frais après cette journée de repos forcé.

La route fait de longues courbes qui viennent s’encastrer dans le fond des vallées. Nous traversons de petits hameaux et apprécions les nombreux encouragements des habitants. Eux savent ce qui nous attend, nous pas encore !

Par deux fois, pour rejoindre de larges plateaux, la route monte en épingles. La pente se fait alors plus forte, notamment dans les virages intérieurs qui dépassent allègrement les 10 %. Mais nous arrivons encore à grimper. Les jambes se font plus dures, les dos plus douloureux. Nous commençons à compter les kilomètres jusqu’au col.

Christophe avait annoncé la bascule au 25ème kilomètre, mais toujours rien à l’horizon. Au 27ème, nous nous arrêtons pour inspecter le GPS. Coup de massue : il reste encore 10 kilomètres !

Il est 14h30 et nous n’avons pas encore déjeuné (en pensant nous arrêter dans les premières courbes de la descente !). La priorité est donc d’avaler quelque chose. Nous visons le premier bas-côté avec de l’ombre (le soleil à cette altitude est redoutable) et digérons notre déception, en même temps que nous ingérons notre pique-nique.

Il nous faut, au minimum, deux heures pour atteindre le col et les forces commencent à nous manquer. Cela nous obligerait également à commencer la descente dans la pénombre. Nous optons donc pour rechercher un endroit pour la nuit. Deux kilomètres plus loin: une école en bordure de route. Elle est fermée, en ce mercredi après-midi, mais la pelouse située devant paraît accueillante pour notre tente. En plus, il y a des toilettes qui sont ouvertes et des robinets d’eau. Ce sera très bien pour ce soir, même si la fraîcheur de cette nuit à 3 500 mètres s’annonce  dès que les premiers rayons du soleil nous souhaitent une bonne nuit.

La loi des séries vient ensuite tester notre résistance. C’est, tout d’abord, le filtre à eau qui se casse ! Puis c’est le réchaud qui refuse de rester allumé malgré plusieurs séances de démontages, de nettoyages, puis de remontages…

Il nous faut donc, là aussi trouver un plan B. Les filles partent à la recherche d’une épicerie encore ouverte, dans un village situé un peu plus haut. Elles reviennent avec des tomates, un peu de fromage et du poisson en boîte. Avec le pain qui reste, ce sera parfait pour ce soir…

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11 Septembre : Curahuasi

Christophe va un peu mieux ce matin. Les vertiges se sont estompés mais la forme olympique n’est pas encore tout à fait au rendez-vous. Le reste de la chambrée n’a pas passé une super nuit avec des boutons de moustiques qui se sont transformés en démangeaisons. Dès le petit matin, la décision est donc prise : journée de repos pour tout le monde !

Nous en profitons pour répondre aux messages reçus, avancer sur l’article concernant les réponses aux questions que vous avez posées et tout simplement se reposer.

Les enfants ne rechigneront pas devant une bonne séance de travaux scolaires avant de partager un pique-nique dans la chambre.

La sieste de Naïa permettra de s’octroyer une partie de belote, avant de sortir faire un petit tour dans les rues commerçantes et le marché couvert de la ville.

Ce soir nous essayons de nous coucher tôt, afin de tenter un départ matinal demain. 25 km de montée nous attendent ,avant d’arriver au col . L’aperçu que nous avons eu hier laisse entrevoir de longues heures de pédalage et de poussette. Nous verrons donc  l’état de forme de chacun afin d’anticiper où cette nouvelle étape nous mènera.

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10 Septembre : Carmen – Curahuasi : 13 km + … (4 031 km)

Des moustiques voraces qui ont attaqué aussi bien les visages que le jambes, des dizaines de chenilles qui pendent entre le double toit et les chambres, de petits scarabées qui se sont introduits sous les oreillers et les sacs de couchage… le réveil est loin d’être idyllique !

Il faut donc jongler pour mettre les enfants à l’abri, ranger tout le matériel sans laisser d’espaces libres aux insectes pour s’engouffrer dans nos espaces privés et secouer le matériel, en espérant ne pas retrouver de petits voyageurs lors de la prochaine ouverture de la tente.

Depuis deux jours, Christophe n’est pas en grande forme. Il a du mal à s’alimenter et se sent complètement vidé de toute force. Il tient quand même à prendre le départ, quitte à improviser par la suite.

Ça grimpe dur et la vitesse plafonne autour des 4-5 km/h. Nous faisons une courte pause pour petit-déjeuner au bout de quelques kilomètres en espérant bénéficier d’un lieu sans piqûre mais… les mosquitos sont toujours là ! Nous en venons même à regretter les hautes altitudes…

Au moment de repartir , nous croisons notre cyclovoyageur du jour : un taiwannais parti d’Alaska, il y a 14 mois  , pour rejoindre Ushuaïa. Il voyage sur un vélo incroyable. Un banal VTT sur lequel tiennent en équilibre des sacs plastiques, sanglés de manière très acrobatique au vélo. Pas de sacoches, c’est le système D qui prime. Chapeau !

Nous repartons et nous « arrachons » sur chaque dizaine de mètres. Cela n’arrange pas l’état de Christophe qui est obligé de descendre du vélo tous les kilomètres pour s’allonger. 10 km : Valérie et les enfants essaient de le raisonner: mieux vaut trouver un autre moyen de locomotion pour rejoindre le prochain village. Mais il veut encore essayer, en poussant le vélo et en espérant que quelques forces reviennent. Mais rien n’y fait, ses jambes ne le portent plus et la seule position dans laquelle il trouve un peu se répit est celle, allongée. Dur de pédaler dans ces conditions…

Valérie se démène pour pousser les vélos, s’occuper des enfants et gérer la suite. Elle trouve un camionneur qui accepte de nous monter sur les 7 kilomètres restants. Nous chargeons tout et finissons ainsi l’étape du jour.

Christophe passera l’après-midi allongé sur un confortable lit, chouchouté par toute la famille. Sans doute le meilleur médicament !

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9 Septembre : Ancahuasi – Carmen : 63 km (4 018 km !)

Commencer par une montée risque d’être notre lot quotidien, pendant plusieurs jours. Et ce matin nous ouvrons le bal !

7 km afin d’atteindre un petit col à 4 000 mètres , puis commence la première des montagnes russes qui s’annoncent sur les outils de cartographie. Nous descendons donc avec plaisir, mais tout en pensant qu’il nous faudra remonter dans les prochains jours tout ce que nous descendons aujourd’hui.

Et pour descendre, ça descend ! 40 km de lacets et de longues lignes droites inclinés toujours plus bas ! Nous atteignons ainsi rapidement les 2 000 mètres d’altitude… et une température qui s’est nettement réchauffée. Nous sommes même assommés par une chaleur si brutale. Le thermomètre flirte avec les 35 ° alors que nous étions encore sous des températures négatives, ces dernières nuits.

Nous nous arrêtons quelques minutes pour nous embrasser et prendre une photo-souvenir du 4 000ème kilomètre puis poursuivons notre descente.

La carte indique une large rivière au bas de la descente. Nous achetons de quoi pique-niquer (et notamment de nombreux fruits dont nous nous étions un peu sevrés depuis quelques temps…) et visons le pont qui sépare la descente, de la montée pour nous arrêter. Une belle plage de sable gris, accessible moyennant une petite descente sur des rochers, comblera la famille et sa soif de fraîcheur.

Après quelques immersions , nous repartons dans l’objectif de trouver rapidement un lieu de bivouac. Mais, nous le savons, trouver un espace convenable afn d’installer la tente alors que nous évoluons entre la falaise d’un côté et le précipice de l’autre, n’est pas chose aisée. Nous avançons donc, plus que nous le pensions (toujours ça de moins à monter demain !) et trouvons finalement un champ devant une propriété abandonnée qui fera l’affaire.

A cette altitude, les moustiques sont voraces et nous attaquent en masse, à l’approche du crépuscule. Nous nous protégeons donc et pendant que les parents montent et préparent l’intérieur de la tente, les enfants partent chercher de quoi faire un feu de camp. C’est près de ce dernier que nous dînerons, à la lueur du feu de bois, écoutant le maïs qui crépite sur les pierres du foyer.

Deux jours de montée nous seront certainement nécessaires afin d’atteindre le prochain col situé à une quarantaine de kilomètres. Demain, nous visons une courte étape en termes de kilomètres (une petite vingtaine) mais avec 800 mètres de dénivelé positif  , ce qui constitue notre marge de sécurité afin de grimper sereinement.

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8 Septembre : Cusco – Ancahuasi : 49 km (3 955 km)

Après un petit-déjeuner amélioré, grâce à Evelyne et William (deux sympathiques retraités savoyards qui voyagent à vélo depuis Quito, William utilisant un fat-bike impressionnant) et leur ami Patrick venu les rejoindre pour quelques treks autour de Cusco, nous finalisons le rangement des sacoches.

Ce n’est pas si simple de quitter l’Estrellita, ses gérants discrets mais très attachants et surtout cette micro-société de voyageurs au long cours, composée de bien belles personnes. De belles accolades franches et émues font office d’au-revoir (car nous risquons d’en recroiser certains quelque part dans ce beau Monde).

Sortir de Cusco, à vélo, nous remettra vite en jambe. 400 mètres de dénivelé positif à gravir en 8 km, le tout au sein d’une circulation dense et sonore, ça met dans le rythme ! Nous prenons notre mal en patience… et notre dose de gaz d’échappement pour le mois.

Heureusement la révision des vélos se révèle bénéfique . Disposer de toutes ses vitesses n’est pas un luxe pour une telle reprise.

Arrivés en haut, nous quittons l’axe principal des autobus et collectivos qui vont vers le Machu Picchu et commençons à descendre. A 13h00, nous avons fait une petite trentaine de kilomètres et en profitons pour reprendre quelques forces avant d’attaquer un long faux-plat montant.

Nous avons failli ne pas croiser de cyclovoyageurs à vélo aujourd’hui .Mais à quatre kilomètres d’Ancahuasi nous rencontrons Frisch, un allemand parti de Cancun pour rejoindre Santiago du Chili (deux villes qui nous parlent forcément !). Il compte se rapprocher au maximum de Cusco ce soir et aura fait en une journée une étape pour laquelle il nous faudra 3 à 4 jours. Effectivement, nous allons bientôt rentrer dans le « dûr ».

Nous sommes encore à 3 700 mètres et demain après une quinzaine de kilomètres de montée, nous plongerons pour atteindre les 2 500 mètres, puis les jours suivants, il nous faudra remonter au dessus de 4 000 mètres et ainsi de suite à plusieurs reprises. Autant dire que nous allons prendre notre temps.

Les enfants nous réclament un bivouac et un repas à partager sous la tente. L’altitude de demain et  des températures nocturnes plus douces devraient permettre de satisfaire ces désirs.

Pour ce soir, la douche chaude est appréciée afin de se décrasser après cette difficile sortie de Cusco.

PS : Nous avons appris ce matin la naissance de Tiago, décidemment que de belles nouvelles ! Félicitations à Delphine, Luis et Milan, un grand copain d’Esteban.

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7 Septembre : Cusco

Des voix connues qui échangent dans le grand patio de l’Estrellita nous incitent à sortir du lit, pas trop tard ce matin, malgré l’arrivée tardive de la veille. C’est avec grand plaisir que nous retrouvons Kaï et Willy qui sont arrivés hier à Cusco après un bivouac face à la montagne aux 7 couleurs.

Nous partageons le petit-déjeuner ensemble avant de passer à des activités variées . Les enfants font quelques travaux scolaires, Valérie part imprimer un petit montage photos au format carte postale afin de remercier les personnes que l’on rencontre et Christophe bénéficie de l’expertise et de la passion de Willy pour régler tous les problèmes relatifs aux vélos. Willy s’est mis en tête de nous aider à remettre le rohloff en parfait état de marche et après avoir démonté tous les câbles et avoir fait quelques recherches sur le net, il remonte le tout pour un résultat épatant. Tous les problèmes mécaniques semblent le passionner, nous retrouvons en lui de notre Ami Fifou, le même grand sourire, la même ténacité.

Nous partons ensuite acheter quelques pièces en remplacement de quelques unes qui se sont un peu usées puis allons déjeuner, au sein du grand marché de Wanchaq.

Faute d’avoir trouvé d’autres chaussures, nous faisons réparer les nôtres qui retrouvent une deuxième vie entre les mains d’un artisan talentueux.

L’après-midi est déjà bien entamée. Naïa part à la sieste pendant que nous commençons à répondre à vos questions. Merci d’ailleurs pour ces dernières qui nous permettent de nous poser et de répondre à certaines que nous ne nous étions pas… posées !

Merci également à tous les Amis, connaissances et inconnus qui nous suivent. Nous avons été très étonnés et touchés de voir que notre petit voyage familial pouvait intéresser autant de personnes. Nous avons souvent eu la larme à l’oeil en lisant vos commentaires ou certains mails plus privés. Nous en profitons donc pour vous remercier !

Cela nous donne chaque jour une énergie complémentaire pour continuer à écrire et partager quelques photos (comme hier soir lorsque les yeux se fermaient tout seul et que l’écriture ne se faisait plus que d’un oeil…).

Nous partagerons notre dernière soirée à Cusco avec Willy et Kaï. Ils ont bourlingué un peu partout dans le Monde et racontent nombre d’anecdotes avec beaucoup d’humilité. Kaï va bientôt prendre un avion pour les Etats-Unis et Willy poursuivra sa route plus au Nord, mais nous aurons grand plaisir à les rencontrer à nouveau…. sur le chemin du Monde !

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6 Septembre : Machu Picchu pueblo – Cusco

Dès les premières sonneries du réveil, nous nous habillons et préparons nos affaires pour la belle journée qui nous attend.

Nous dépassons la longue file d’attente des personnes qui attendent les premiers bus pour rejoindre les 20% des visiteurs du jour qui ont choisi de rejoindre la cité mythique, à pied.

Nous petit-déjeunons dans la file d’attente, parquée à la grille du space-montain, marquant le début du chemin de randonnée et qui ouvre à 5h00. La sensation d’être dans un parc d’attraction est toujours là…

Un peu plus d’une heure de montée, dont la majorité sur de larges escaliers en pierre grimpant la montagne , pour 400 mètres de dénivelé positif. Une belle balade matinale au cours de laquelle nous pouvons échanger avec les autres marcheurs.

Arrivés en haut, nous faisons encore la queue pour rentrer sur le site et là… on se dit que finalement cela valait vraiment le coup! Quelle beauté !

Nous voyons, de nos yeux, la carte postale que nous avons vue tant de fois en photos. 2km2 d’une cité construite par d’ingénieux incas.

Difficile d’imaginer le travail ncéessaire pour réaliser un tel chef d’oeuvre… et difficile de comprendre donc pourquoi les Incas ont subitement abandonné ce site deux siècles à peine après l’avoir édifié. Jusqu’à 20 000 Incas ont vécu ici. La population de Cahors !

 

Nous écoutons quelques-uns des nombreux guides qui accompagnent les groupes circulant sur la zone et glanons des informations qui nous permettent de comprendre certaines subtilités du lieu.

Nous pensons aussi à la tête que feraient les Incas en voyant que la majorité des personnes préfèrent faire des sourires à leur perche à selfie, plutôt qu’aux gens qu’ils croisent. Drôle de société moderne où les personnes sont prêtes à tout pour accumuler des photos de leur personne !

Nous flânons plus de 5 heures dans cet incroyable tableau, surplombé par le Waina Picchu. Les enfants semblent également subjugués par le site, même si les envies de jouer à cache-cache entre les ruines l’emportent souvent sur l’intérêt à suivre le chemin proposé.

Il est 12h00, l’heure de redescendre et de laisser la place aux autres 2 500 privilégiés du jour, comme nous avons eu la chance de l’être.

En sortant, nous sommes à nouveau surpris en observant l’immense file d’attente devant les bus de la descente. Une fois encore tant de jeunes et de personnes qui semblent en bonne santé et qui vont préférer s’asseoir dans un bus plutôt que de découvrir la superbe flore environnante. Lalie et Esteban (bien dopés par ces semaines en alitude, certes) mettront moins de 45 minutes pour redescendre. En y allant tranquillement 1h00 à 1h15 doivent être nécessaires . Et pourtant nous serons encore bien peu sur ce magnifique chemin, les autres visiteurs étant sans doute pressés de s’asseoir à la terrasse d’un des nombreux restaurants les guettant à l’arrivée. Notre société risque de devenir bien grasse si nous continuons ainsi…

Machu Picchu Pueblo dispose également « d’aguas calientes ». Afin d’attendre notre train du soir dans de bonnes conditions, nous partons nous délasser dans ces eaux thermales situées dans un cadre idyllique.

1h30 de train, deux heures de transport routier et nous voilà de retour à l’Estrellita , conscients de la chance que nous avons d’avoir pu vivre une telle journée.

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5 Septembre : Cusco – Machu Picchu pueblo

Un réveil matinal, pour deux heures de transport routier  , nous attend. Nous attendons sagement sur le trottoir avant de monter dans le véhicule. Les premiers kilomètres, ceux nécessaires pour sortir de la ville, nous laissent entrevoir ce qui nous attend lors de la reprise à vélo : 400 mètres de dénivelé positif en quelques kilomètres. La remise en jambe s’annonce rude !

Nous profitons donc de pouvoir contempler le paysage qui suit, confortablement installés sur un siège, et serrons toujours les dents dans certains virages pris à une vitesse à laquelle nous ne sommes plus habitués sur nos simples deux roues.

Nous nous arrêtons sur la place d’Ollantaytambo, joli village surplombé de vestiges incas. Nous rejoignons ensuite la gare , pour 1h30 de trajet en train à flanc de montagne vers Machu Picchu pueblo. Il nous restera demain, 1h30 de marche , afin d’atteindre le fameux site, l’un des plus visités au Monde. Et cela se ressent dès la sortie du train. Nous avons l’impression de rentrer dans un véritable parc d’attraction. Des centaines d’hôtels, des restaurants en nombre encore bien plus importants… c’est la jungle touristique !

Face à une telle offre, nous ne tardons pas à trouver un hôtel dans nos prix. La haute saison est finie et les hôteliers semblent casser les prix.

Nous nous promenons également dans ces rues commerçantes où se croisent d’innombrables touristes, certains revenant du Machu Picchu, d’autres s’apprêtant, comme nous, à y aller. Mais marcher dans ces rues se révèle un peu désagréable en raison des nombreux rabatteurs situés devant chaque restaurant (donc, au plus, tous les 10 mètres) ou des dames qui proposent des massages et qui n’hésitent pas à couper toute conversation que vous pouvez avoir avec votre voisin. Impossible donc de communiquer sans être interrompu  , parfois de façon sympathique et parfois de façon « très lourde ».

Ces semaines passées dans les zones quasi-désertiques de l’altiplano semblent avoir généré chez nous une intolérance à ce contexte hyper-touristique. Nous frolons l’agoraphobie..

Nous ressortons tout de même dîner avant de rentrer sagement nous coucher. Demain, le début de la rando est prévu pour 4h30 !

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Réponses à vos questions du mois d’août

Les enfants ! Je constate que vous portez régulièrement vos manteaux et vos tuques (bonnets) à l’intérieur des maisons est-ce parce qu’il n’y a pas de systèmes de chauffage dans les maisons. calorifère ? plinthe ? feu de foyer ? Racontez comment ils chauffent leurs maisons l’hiver?

Il ne fait pas si chaud à l’intérieur des maisons car généralement ce n’est pas chauffé. Il y faisait souvent à peine quelques degrés. On a vu quelques chauffages électriques d’appoint dans certains restaurants mais c’est assez rare. Une fois, dans une maison, les gens s’asseyaient autour d’un brasero où des braises du feu avec lesquelles ils cuisinaient étaient placées régulièrement.

Physiquement cela semble difficile. Aviez-vous anticipé le froid ? (merci les doudounes bleues et les bonnets péruviens jusque dans les maisons) .

Nous savions que nous allions passer l’hiver sur l’altiplano et avions prévu des vêtements techniques et de bons duvets tout en essayant de ne pas prendre trop (pour limiter le poids et l’encombrement). Pas simple de viser juste… mais l’hiver n’a pas été trop rude cette année . Nous sommes assez satisfaits des choix que nous avons opérés. La journée il fait généralement bon, et si on peut se mettre à l’abri au coucher du soleil, tout va bien . Nous avons retrouvé plus de chaleur ici au Pérou : nous recommençons à pédaler en t-shirt aux heures les plus chaudes de la journée et c’est bien agréable.

Ressentez-vous les effets de la haute altitude ?

Au quotidien non. Parfois lorsque les pentes sont trop raides et que l’on peine un peu trop on se demande si cela ne joue pas un peu, mais c’est difficile à dire. Nous devons être bien acclimatés sans doute maintenant ! Avant le départ, nous avons eu la chance de bénéficier des conseils du Dr Thierry LECINE et de sa sympathique équipe au centre de vaccination international de Cahors. Nous essayons donc de suivre les recommandations avec des montées limitées à 800 mètres d’altitude par jour. Nous devons surtout faire attention à Naïa qui n’est pas encore en âge de décrire un mal de tête avec précision. Nous n’avons pas hésité non plus à mâcher quelques feuilles de coca (excepté Naïa !) afin de favoriser l’oxygénation.

Comment gérez vous vos déchets… les transportez-vous jusqu’à ce qu’il y ait des poubelles et/ou centre de tri (papier verre plastique métal compost etc …).

Nous les mettons dans un sac plastique et les jetons lorsque nous traversons des villes… mais c’est parfois un vrai casse-tête. Il n’y a que très rarement des poubelles dans les rues. Il nous est arrivé une fois de demander à plusieurs commerçants où nous pouvions déposer notre petite poubelle et avons préféré repartir avec, car on nous proposait de la déposer à la sortie de la ville : un camion devait passer récupérer le tas de détritus… un jour!

Mais ce qui nous a le plus surpris, ce sont les quelques lieux qui affichent un tri sélectif justement : à l’école de José à Sorata ou plus récemment a Machu Picchu pueblo. Dans ces deux endroits nous avons vu le personnel récupérer le contenu des 3 poubelles (organique, non organique, plastique)… et les réunir dans une seule et même poubelle… sous le regard des écoliers ou des passants.

C’est un cercle vicieux : ils voient que ça n’a pas d’intérêt, donc ne trient pas et les employés voient que le tri n’est pas fait, donc mélangent tout. Sans doute également la gestion des déchets en aval n’est- elle pas réellement mise en oeuvre en matière de tri et de recyclage. D’une manière générale la question des déchets est un vrai problème. Il y a quelques villes qui ont pris en compte cette dernière mais globalement la pollution des espaces naturels et notamment des rivières est réelle.

Rencontrez-vous à cette altitude des oiseaux dans votre environnement immédiat lors de vos haltes « sauvages », notamment des rapaces.

On a rencontré assez peu d’oiseau au cœur de la Bolivie. Principalement des rapaces : condors etc . Proche du lac Titicaca, des familles de mouettes et d’ibis, et de tous petits oiseaux aux ailes jaunes.

En observant des fleurs, avez-vous vu des insectes, des abeilles par exemple, malgré les basses températures? Y-a-t-il des Edelweiss ?

Nous avons croisé très peu de végétaux et peu d’insectes sur l’altiplano. Pas non plus d’edelweiss. Le climat semble rude pour toutes les espèces vivantes! En se rapprochant du Pérou nous retrouvons les arbres, les fleurs et les insectes (fourmis, mouches et quelques abeilles) ! Nous traversons actuellement une région où de nombreuses épiceries vendent du miel de fleurs exotiques. Dès que nous aurons fini notre pot actuel nous le goutterons certainement.

Avez-vous été, à un moment donné, effrayé ou attaqué par des animaux (chiens ou faune sauvage) lors des déplacements ou bivouacs dans ces déserts?

Non nous n’avons, pour le moment, eu aucun problème avec les animaux. Il y a beaucoup de chiens en effet, mais généralement ils ne font qu’aboyer sur notre passage et ne montrent que rarement les dents. D’autres cyclos nous ont prévenus qu’ils étaient plus agressifs au Pérou… Nous verrons bien. On nous a donné l’astuce de lever le bras pour faire mine de leur jeter un caillou. Ils sont en effet habitués à ce type de remontrance et sont donc méfiants. Nous avons également des sifflets sur nous qui les font reculer un peu.

Finalement les seuls animaux « sauvages » que nous avons rencontrés sont une poignée de chauffeurs peu attentifs au bien être des cyclo-voyageurs qui partagent la chaussée .

Merci à Lalie et à Esteban de nous dire quel est le prix d’une glace, d’un donuts et d’une friandise de votre choix au Pérou, prix convertis en euros. Vous nous renseignerez ainsi sur la valeur de la monnaie locale.

Une glace type esquimau coûte environ 80 centimes d’euros. Une glace à l’eau, environ 50 centimes. Un menu du jour: soupe + plat coûte généralement 5 soles c’est à dire 1,25 euro. Un lit nous revient le plus souvent à 15 soles… et c’était encore bien moins cher en Bolivie.

Les repas : hormis, les féculents, de quoi sont ils composés ? Ne vous lassez-vous pas d’une nourriture répétitive ?

E : On en a un petit peu marre de manger tous les jours du poulet.

C/V : En Bolivie nous avons eu du mal à trouver dans les épiceries de quoi pique-niquer. Nous avons donc souvent mangé des menus du jour, le midi : généralement truite frite ou poulet accompagnés d’un peu de salade, de riz blanc et de pommes de terre. Le soir nous nous faisions des pâtes (une valeur sûre, quoi que celles achetées en Bolivie étaient souvent très pâteuses) ou un petit resto lorsque nous étions dans de petites villes (mais la non plus, les menus n’étaient souvent pas très variés : poulet, frites, parfois pâtes, parfois salchi-papa (saucisses-frites), parfois hamburgers, et, comble du luxe, parfois pizzas!

Qu’est-ce qui vous manque le plus ?

L : Les gens que j’aime, et en nourriture : les cordons bleus, les steaks hachés, les pizzas maison.

E : Mes copains, et en nourriture : les bonnes pizzas, les bons hamburgers, les bons jus de fruits.

C/V : À vrai dire pas grand chose… hormis peut être de ne pas être présents pour les amis qui traversent une période tourmentée, ou ne pas pouvoir accueillir, comme il se doit, notre nouveau petit neveu!

Si la question concernait la nourriture : en Bolivie nous avions envie de dessert et de spécialités montagnardes de chez nous à base de fromage .

Qu’est-ce qui vous est le plus dur, difficile ?

L : Les montées.

E : Pédaler, un point c’est tout. Si j’étais sur le vélo sans rien faire ce serait beaucoup mieux (rires).

C/V : Peut être quitter les belles rencontres que nous faisons au fil du trajet. Et trouver du temps pour faire tout ce que nous voulons (vélo, cuisine, campement, école, rencontres, jeux et loisirs).

Qu’est-ce que vous appréciez le plus ?

L : Les paysages.

E : Etre en vacances avec mes parents et mes soeurs.

C/V : Vivre une superbe aventure à travers le regard de nos enfants, savourer avec eux les belles découvertes et rencontres que nous faisons. Nous adorons trouver des « petits coins de paradis » et nous y détendre avec les enfants.

Qu’avez-vous préféré en Bolivie ?

L : Faire du cheval, aller dans la jungle et traverser le Salar d’Uyuni avec les 260 litros.

E : J’ai bien aimé la Bolivie car c’était plat, et joli. J’ai bien aimé aussi prendre le téléphérique à La Paz.

C/V : Pour la partie vélo le Salar d’Uyuni reste assurément un best off!

Pour la partie détente et aventure familiale : la jungle!!

Pour la partie expérience humaine : le woofing à Sorata.

Trouvez-vous beaucoup de différences entre les Boliviens et les Péruviens ? dans leur mode de vie ?

E : je trouve les boliviens plus actifs.On voit aussi plus de personnes âgées, obligées de travailler.

C/V : Ce n’est pas évident de comparer vraiment leur mode de vie car souvent nous ne faisons que passer. Mais la remarque d’Esteban nous paraît très pertinente!

En tant que cyclo voyageurs il nous semble que, d’une manière générale, la vie semble plus douce au Pérou (climat, température, accès à l’eau et à une nourriture variée, etc). Les péruviens nous semblent également plus ouverts, très chaleureux et souriants.

Le manque de confort vous est-il difficile à vivre dans votre vie de nomades ?

L : non. J’aimerais juste pouvoir prendre des bains chauds.

E : oui, j’apprécie un bon matelas, une bonne couette, d’avoir un four pour cuisiner des bons plats.J’aime bien le confort d’une maison.

C/V : Le manque de confort ne nous pèse généralement pas, mais nous sommes parfois ravis de le retrouver!

Entre-nous, c’est pas trop dur d’être 24h sur 24 avec ses parents ? N’avez-vous pas envie, par moments, qu’ils vous « lâchent » un peu ?

L : non, j’aime passer du temps avec eux.

E : non, ils sont trop gentils. On a parfois une chambre juste pour Lalie et moi et c’est rigolo.

J’aimerais savoir comment se passe pour vous le programme scolaire? est ce que maman vous sert de professeur (ou papa) ?

Nous devons bien avouer que le climat bolivien nous a invités à lever un peu le pied de ce côté là, durant quelques semaines… Ils ont quand même bénéficié de l’école de la vie et bien progressé en espagnol!

Nous avons fait une rentrée sérieuse en septembre, comme les copains français ! Nous travaillons à partir de la version numérique des cahiers d’exercices que les élèves de Luzech ont en classe, en maths et français. Ça permet d’avoir des exercices et un programme adapté à leur niveau…

Les deux parents jouent les professeurs…. ces derniers temps c’était plutôt papa.
Merci de nous donner quelques précisions sur les conditions de prises de vues : photos… et films. Comment opérez vous pour être 5 devant l’objectif...

Nous demandons aux personnes qui nous entourent de nous photographier ou (le plus souvent) nous posons l’appareil sur un rocher ou une sacoche et mettons le retardateur…

Aller à la rencontre du monde et de l’autre n’est pas tout le temps facile . Tout gérer en permanence n’est – il pas lourd quelquefois ?

La gestion des besoins du quotidien (trouver de quoi manger, dormir, défaire et refaire les sacoches, etc) fait partie du lot des voyageurs nomades… la plupart du temps nous avons le sentiment de bien nous en sortir. Bien sûr, il y a des jours où nous sommes plus fatigués que d’autres et où nous préférerions avoir moins de questions à nous poser, ou plus de temps pour les loisirs… mais généralement nous sommes plutôt sereins.

Quelles sont vos astuces pour prendre soin de vos fessiers ?

Avoir de bonnes selles et ne pas trop forcer! Les seules fois où nous souffrons un peu des fessiers, ce sont les jours où nous devons trop forcer sur les pédales (longues montées ou vent de face). Mais la douleur s’estompe dès que l’effort se termine!

Avez vous été confrontés à d’autres bobologies liées à la pratique du vélo ?

Nous avons eu très mal aux lèvres à plusieurs reprises : le vent, le froid, la poussière, le sel, le soleil… Tout cela a occasionné de belles blessures aux lèvres qui mettent longtemps à guérir. Les enfants ont été plus épargnés : ils ont trouvé l’astuce plus vite : pédaler avec la cagoule ou le tour de cou remontés jusqu’au nez. Et au premier signe de gerçure : un peu de vaseline qui hydrate durant toute la nuit .

Quels muscles avez vous découverts ?

Très récemment, nous avons découvert de nouveaux muscles aux mollets, en montant et descendant à pied les innombrables marches du Machu Picchu!

Sur le vélo, pas trop de problème de muscles, à part peut être ceux du dos et des épaules quand nous devons pousser les vélos.

Des questions pour Lalie et Esteban:

– votre premier anniversaire loin de vos amis français, quel est votre ressenti? de la nostalgie, de la fierté de vivre une aventure exceptionnelle ?

L : Contente de vivre une aventure exceptionnelle!

E : un peu les deux, parce que j’aime bien fêter mon anniversaire avec les copains aussi.

– si vous deviez prendre un objet de plus pour le reste du voyage, lequel?

L : Un hamac

E : Mon lit: si je pouvais le mettre sur le vélo. Sinon des playmobils.

– Que préférez-vous dans les bivouacs, camping nature ou logement urbain/campagne (avec ses rencontres)

L : camper dans la nature, faire un feu.

E : plutôt logement parce que c’est plus chaud. Mais sous la tente, c’est chouette aussi quand il ne fait pas trop froid.

Christophe :

– si tu avais le choix dans un outil bonus, lequel?

La tente auto-portante pour 5 que nous n’avons pas trouvée au départ… maintenant que j’ai réussi à trouver la petite clef torx pour le rohloff

– dans tous tes voyages où l’humain est central, celui-ci n’est-il pas le Graal que tu cherchais?

Chaque voyage est différent. Lors du premier grand voyage en 2001-2002 avec Fifou et Jojo puis Aurélie, nous nous sentions les messagers de l’Odyssée de l’Espoir et avions un but principal : celui de soutenir les personnes concernées par la sclérose en plaques. Il y a eu aussi beaucoup d’aventures que j’ai eu la chance de vivre, marquées par la solidarité et la fraternité. Celui-ci est plus « intimiste » même si nous avons la chance de pouvoir la partager avec un grand nombre de personnes. L’outil numérique et internet ont marqué une évolution dans le voyage. Pour ce voyage, je pense souvent à l’extraordinaire chance que j’ai de vivre cette belle aventure humaine avec la femme que j’aime et nos trois enfants. Voir grandir ces derniers chaque jour, partager de grands moments de complicité est un luxe. Cela a demandé de faire des choix, parfois difficiles, mais cette parenthèse familiale est inestimable.

Val:

– comment trouves-tu ton Indiana Jones, fidèle à tes rêves les plus fous, rigolo sans chapeau, ne sais pas faire du lasso?

J’adore mon Indiana Jones, toujours plein d’idées, d’énergie et de chansons pour pimenter notre aventure et la rendre inoubliable.

– as-tu déjà des idées de recettes que tu auras plaisir à faire découvrir à tes amis autour d’un bon verre de vin?

Oh oui! Du poulet à la broaster (rires)! Non, sans blague, on pense en effet souvent aux repas à thème que l’on fera en rentrant : quesadillas, guacamole, etc ! Et ça ne fait que commencer!

Allez, tant qu’on parle recettes, voici enfin celle du riz au four qui nous vient de Ramona, l’arrière grand-mère espagnole de Christophe :

Préchauffer le four le plus chaud possible.

Dans un grand plat verser 1/2 verre d’huile ; 3 verres de riz (de préférence de cuisson longue) et une dose de safran. Mélanger pour enrober le riz puis ajouter les gousses d’une tête d’ail sans les éplucher ; 5 pommes de terre coupées en petits cubes. Remélanger. Ajouter sur le dessus 2 tomates coupées en tronçons fins. Ajouter 6 verres d’eau, du sel et du poivre.

Enfourner 20′ à 300° puis diminuer à 250° jusqu’à ce que le riz soit cuit.

N’hésitez pas, vous aussi, à partager vos meilleures recettes de famille !

Naïa:

– le top ce roadtrip en team Vélovefamily ?

Elle a l’air complètement épanouie!

– Naïa commence à devenir propre ? Toujours des couches à transporter ? Elle va toujours sur le pot avec plaisir?

Là dessus aussi, nous avons marqué une pause en Bolivie… pas très motivant de mettre ses petites fesses à l’air par grand froid. Mais depuis notre arrivée au Pérou on s’y remet… d’autant que ça y est elle a décidé qu’elle n’était plus un bébé mais une « grande fille ». On insiste pas encore trop. On lui propose régulièrement .Souvent elle joue le jeu et est toute fière de faire pipi comme Lalie. Elle est à l’aise accroupie et utilise peu le pot. Nous nous étions fixé l’Amérique centrale pour passer aux « choses sérieuses ».

– Son vocabulaire s’agrandit et inclut de l’espagnol ?

Oui, elle parle de mieux en mieux et de plus en plus et répète beaucoup ! Elle dit donc souvent gracias, hola, hay alguien? C’est souvent elle qui souhaite, la première, bon appétit quand on passe à table .Elle réussit, d’une manière générale, très bien à se faire comprendre.

– Quand on voit que les enfants vont à l’école, ou qu’ils jouent avec de nouveaux copains, c’est qu’ils se mettent de plus à plus à l’espagnol ?

Oui ils progressent bien! Partager quelques jours de voyage aves les 260 litros les a aussi beaucoup aidés. C’est drôle, car comme nous parlons français avec eux, nous ne nous sommes pas rendus compte de leurs progrès au quotidien . Maintenant on les voit tenir une conversation avec des adultes qui les interrogent sur notre voyage. Ils vont également régulièrement faire des courses , seuls et s’en sortent très bien.

Pourquoi les 260 Litros s’appellent-ils ainsi?

Au début de leur projet ils n’etaient que 2 amis, avec chacun 130 litres de volume en sacoches…

– Vous devez souvent mixer l’anglais et l’espagnol. Pas trop compliqué ?

Cela fait 4 mois que nous pratiquons l’espagnol et nous sentons à l’aise avec cette langue. Lorsque l’on rencontre des voyageurs anglophones, souvent les mots se mélangent entre les deux langues… pas toujours simple et « fluent »;)

– Est ce que parfois vous ne nous dites pas tout pour pas nous inquiéter ? Joker autorisé mais si vous l’utilisez la réponse est donnée hé hé !

Non non, pas besoin du joker, nous ne cachons rien d’inquiétant . C’est juste que nous ne pouvons pas tout exprimer et détailler dans un compte-rendu quotidien, que l’on veut le plus digeste et agréable possible . Tout ce que nous voyons, vivons ou ressentons ne peut naturellement pas y entrer  . Pour l’instant, nous n’avons pas rencontré de grandes difficultés. Il y a parfois des sources d’inquiétudes ou des jours où nous sommes moins en forme, mais rien d’insurmontable pour l’instant. En toute occasion nous essayons avant tout, de nous adapter à la situation.

– A 1/3 du voyage vous pouvez faire une évaluation sur vos facilités d’adaptation: la vôtre, celle de l’autre, celle des enfants, mais aussi celle du matériel, et enfin des vélos … Pour ce qui vous concerne, pas de doute … vos récits nous donnent la réponse, car en vous lisant on n’a qu’une envie, lire l’épisode suivant …

Que le temps passe vite! En effet, nous avons déjà fait 1/3 du voyage!

Nous avons tous été étonnés de la facilité avec laquelle nous avons adopté cette nouvelle vie (et quitté, plus ou moins momentanément, la précédente). Nous sommes heureux de ce que nous vivons et nous sentons « dans notre élément ». Même les enfants, qui ont eu quelques petits coups de blues le premier mois, sont désormais bien dans le voyage… Nous serons bien-sûr heureux de retrouver tous nos proches, mais sommes tous conscients de vivre une précieuse parenthèse dans notre vie. Déjà plein de belles rencontres et découvertes. Des débuts de prises de conscience aussi, qui orienteront, sans doute, nos choix au retour…

Par contre, qu’en est -il pour le reste du matériel, la tente, le réchaud, les « petits trucs » pour la gestion de la vie quotidienne ? Y aurait- il des choses à ce niveau que vous feriez autrement ?

Nous nous disons souvent que nous avons beaucoup de choses inutiles… mais on ne sait pas trop de quoi se débarrasser (!). Nous nous allègerons certainement bientôt de nos doudounes et gros duvets pour passer en mode été (nous sommes en train de voir les differentes options de rapatriement).

Sinon, concernant le matériel, 3 de nos 5  cuillères-fourchettes en plastique Light my fire ont cassé (on nous avait prévenu!) et la poêle Sea to summit que nous avions achetée, attache beaucoup trop (on en a trouvé une, parfaite, légère et toute simple, en Argentine). Les 2 matelas gonflables thermarest se dégonflent dans la nuit sans que l’on arrive à détecter de trou. La tente répond bien à nos attentes, même si nous aurions préféré en trouver une auto-portante.

Le chargeur solaire est efficace, contrairement au chargeur à dynamo que nous n’utilisons pas.

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4 Septembre : Cusco

Après une nouvelle soirée à  regarder queĺques épisodes des « Mystérieuses cités d’or », le lever se fait plus tardif ce matin.

Nous profitons de la matinée pour accomplir quelques tâches nécessaires et en attente : révision des vélos (en cela nous serons bien aidés par un très bon vélociste installé juste en face de l’hospedaje), finalisation de la seconde vidéo sur Cafayate-La Paz, travaux scolaires, linge…

Le Pino rouge, dont l’axe de pédalier claquait depuis deux étapes, avance désormais dans le silence et le rohloff du Pino blanc devrait être revu d’ici la fin de la semaine.

L’après-midi, après une belote familiale pendant la sieste de Naïa, nous partons explorer le très beau centre historique de Cusco,ses marchés, ses petites rues et ses grandes églises.

Nous cherchons, en vain, de nouvelles chaussures pour Christophe. Les siennes semblent avoir vécu. Mais les prix affichés dan le centre tourisique sont déraisonnables. Nous espérons qu’elles tiendront encore quelques jours, notamment jusqu’au retour du Machu Picchu.

Nous achetons de quoi faire un repas « maison » et rentrons partager la soirée avec Aurélie et Romain (de superbes vidéos sur leur page Facebook ou Vimeo « Bike kitchen ») et Nolwenn et Adrien (qui partent vers Ushuaïa et que vous pouvez suivre sur Facebook et Instagram « Tous-en-chaîne »). Une belle soirée ponctuée par de succulentes crêpes cuisinées par Adrien.

Demain matin, c’est le grand départ en direction du Machu Picchu que nous irons visiter après-demain !

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3 septembre : Cusco

Après la soirée festive d’hier soir, Naïa se lève ce matin en réclamant que ce soit son anniversaire aujourd’hui ! Comment lui faire comprendre qu’elle doit attendre encore 5 mois ? Alors, nous jouons le jeu et lui souhaitons un Joyeux Anniversaire…

Le lever se fait en douceur. Un petit-déjeuner dans le grand patio en compagnie d’autres voyageurs (encore de nombreux voyageurs à vélo : un couple de français, trois anglais et deux allemands… l’Europe  représentée en force), un peu de temps sur le net avant que Lalie et Esteban  se solidarisent avec leurs camarades français pour une bonne séance de travaux scolaires.

Nous partons ensuite pour notre mission du jour : trouver le meilleur plan pour aller voir le fameux Machu Picchu !  Il faut l’avouer, c’est un peu complexe. A moins de passer par une agence qui gère tout mais fait payer le prix fort, le reste demande de nombreux calculs. Aujourd’hui, visiter le Machu Picchu est un luxe. Face à la demande exponentielle, l’offre se fait élitiste à tel point que nous nous sommes même demandés si finalement nous allions y aller. En même temps, c’est compliqué d’être arrivés jusqu’à Cusco et de ne pas aller visiter cette merveille !

Nous avons donc questionné les autres voyageurs, cherché des infos sur Internet et étudié les différentes possibilités. Ce n’est pas l’entrée en elle-même qui est hors de prix, quoi que déjà élevée : 120 Soles par adultes (environ 30 Euros) et moitié prix pour les enfants, c’est le trajet qui vient grever le budget. La solution de confort consiste à prendre le train depuis Cusco mais le tarif dépasse les 100 dollars par personne (eh oui, ici les prix se donnent en dollars…). Pour éviter ce coût,  il faut jongler. C’est ce que nous avons essayé de faire. Nous verrons, dans 2 jours, si cela a fonctionné. Taxi, bus, train et marche à pied : voilà le programme qui nous attend avant d’accéder à la montagne sacrée. Il faudra aussi être vigilant avec les horaires car depuis quelques mois, l’entrée sur le site n’est possible que par demi-journées. C’est soit 6h00-12h00, soit 12h00-18h00 , avec à chaque fois , une jauge limitée à 2 500 personnes. Quand on vous dit que c’est de la folie!  …

L’après-midi, un autre temps scolaire (c’est vraiment la rentrée !) attend Lalie et Esteban avant un temps libre où chacun peut lire, jouer ou monter la prochaine vidéo…

En fin d’après-midi nous apprenons , avec bonheur, et après une longue attente, la naissance de Gabriel, un nouveau cousin pour Naïa, Esteban et Lalie. Bienvenue à toi Gabriel dans ce beau Monde !

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2 Septembre : Oropesa – Cusco ! : 31 km (3 906 km)

Une délicieuse odeur de pain chaud vient titiller nos narines alors que nous sommes en train d’arrimer les sacoches aux vélos. L’hospedaje dans lequel nous nous sommes arrêtés est également une boulangerie !

La propriétaire commence par nous offrir un énorme pain. Puis, lorsqu’elle verra les enfants, nous remplit un sac entier de pains chauds. Nous assistons aux manipulations devant l’énorme four alimenté au feu de bois. Des centaines de pains de toutes tailles sont méticuleusement placés et dorent à vue d’oeil. Ça ne chôme pas, la technicité de la personne qui gère le four est un véritable spectacle.

Nous dégusterons notre pain chaud quelques kilomètres plus loin, après avoir trouvé dans une petite épicerie du beurre et de la confiture de fraises. Avec le miel que nous avons toujours dans nos sacoches (nous en sommes de grands consommateurs !), voilà de quoi se préparer un petit-déjeuner d’exception. Entre-temps nous aurons traversé la capitale du cochon d’inde au four. Nous l’avons échappé belle et avons bien choisi notre ville étape !

La longue rentrée dans les faubourgs de Cusco n’est pas des plus agréables. Heureusement que les applications GPS sont là pour nous permettre de visualiser les chemins de traverse afin d’éviter les axes principaux, très chargés en véhicules.

Une fois arrivés à Cusco, il nous faut encore monter. La ville est en pente . Bien qu’une voie soit indiquée prioritaire pour les cyclistes, les nombreux taxis stationnés sur cette voie obligent à effectuer quelques contournements délicats.

Nous atteignons enfin la Plaza de Armas. Une foule immense occupe la place. Nous ne sommes pas encore acclimatés à tant de monde et prenons rapidement le chemin de « l’Estrellita », un petit hospedaje avec cour intérieure qui est connu pour être le repaire des cyclovoyageurs de tout horizon…

Nous repartons en fin d’après-midi, afin d’essayer de dénicher un bon restau. En effet, en plus de fêter notre arrivée à Cusco, Valérie et Christophe fêtent leurs noces de soie aujourd’hui. Que d’anniversaires en quelques jours !